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Former l'ennemi, parce qu'il a de l'honneur. [PV Orochi]

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Kisho Benkei
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Le carreau d'énergie fend les cieux, déchirant les nuages en grésillant dans un bourdonnement immonde qui rappel vaguement. En l'absence de volatils nuisibles à abattre, comme par exemple des oiseaux, ou au pire des burakumin, je m'exerce sur les nuages. La flèche électrique virevolte joyeusement en dessinant un motif dans un nuage avant de foncer vers le sol, déchirant une pierre en deux sur son passage hurlant avant de reprendre de l'altitude. L'instrument de destruction longue portée fait encore plusieurs passages en rase motte, pour tester ma précision avec l'une de mes dernières acquisitions, je lance régulièrement des pommes dans les cieux. Fruits qui finissent toujours coupés en deux, voire même carbonisés pour les plus petits, une seule frappe et les résultats sont largement probants. Le carreau hurle à des lieux à la ronde.
Et pourtant, c'est assise sur une vieille souche au bord d'un chemin de montagne que je dirige ma création, en fumant tranquillement comme si le monde ne s'arrêterait jamais de tourner, malgré les temps troubles qui se font de plus en plus envahissant. Ce n'était pas vraiment voulu comme entraînement, je m'accorde d'habitude un jour de pause, mais puisque c'était à mon tour de surveiller le chemin menant jusqu'au village burakumin, et par extension jusqu'à la forteresse si on le dépasse... J'imagine qu'il fallait bien que je me colle à la tâche et que je passe le temps.
Puis j'aperçois quelqu'un, que j'ai déjà vu ici, et ailleurs.
Un jour je vais finir par croire qu'une entité quelconque fait en sorte que je croise toujours sa route, je regarde en l'air en quête d'un quelconque oiseau de malheur avant de me rendre à l'évidence  ; juste le hasard. Sacré hasard.

-Mon seigneur Orochi. Le vent souffle beaucoup, m'interrompant dans ma phrase. J'imagine que vous rentriez à l'Empire. Vous avez fait bonne fortune durant vos péripéties?

Le vent me force à détourner le regard avant que je ne rabatte ma capuche ; les montagnes vertes et grises forment un magnifique panorama, contrastant avec les arbres fébriles autour de nous, dans ce chemin de montagne en direction du village. La forteresse du clan a été construite à proximité d'un col sans toutefois être directement sur son chemin, nous pouvons vivre la nuit sans crainte d'être détecté par les passants, et de là où je suis personne, personne ne peut la voir. Ou du moins, personne ne la distingue, un certain effort a été fait sur la peinture pour empêcher des importuns de nous détecter. C'est fous les résultats qu'un peu de peinture grise et verte peuvent créer. Voir mon ami samouraï ici me réconforte quelque peu, avec un peu de chance il s'arrêtera pour discuter et j'aurais un autre moyen de passer le temps que de dessiner des symboles d'éternité dans les nuages. Je tire sur ma pipe.

-La route n'est pas bloquée cette fois-ci, n'ayez crainte. Je surveille juste que personne ne s'incruste près du village burakumin du coin. Celui avec un odorat sensible détectera très certainement la vague odeur de tannerie qui se dégage du village, à quelques kilomètres d'ici.
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Orochi Otomo
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Encore une journée dans ma vie de passée. Encore un levé difficile depuis mon lit inconfortable mais douillet, encore un repas pris sur le pouce et du bout de la lame, encore des clients satisfaits ce qui m'amène un patron insatisfait, encore une discussion sur le fait que le but d'une auberge et de faire de l'argent, pas de rassasier les gens, encore une fois la tête baissée pour ne pas trouver le courage d'en collet une à ce petit gros, et encore une fois des pas lents vers l'arrière cuisine.

Qu'est-ce que ma vie est maussade lorsque j'y repense. Depuis que ma famille n'est plus, si seulement ses ravisseurs ont trouvés le moyen de la faire ne plus être avec dignité, les petites choses de l'existence ne forment plus un flot continu d'émotions qu'il suffit de vivre pour se sentir heureux. Avant, la routine s'enchaînait aussi bien que la chaine que je porte à la main maintenant, j'allais tuer, je rentrais, je mangeais, je dormais dans les bras de la plus belle créature du monde. Les choses étaient simples et pleines de saveur, quelque chose qui donne envie de continuer et d'avancer.

La mort agit comme un vide, un creux, une anomalie singulière qui vient empiéter dans l'esprit des gens qui nous sont chers. Ma vie était une frise murale pleine de couleurs, la mort est la pluie qui en efface quelques segments avec un ruissellement perfide. Il ne pense pas à s'arrêter, seulement à être assez discret pour n'empoisonner que sur la longueur. Maintenant ma frise à des trous. Trous qui délavent le reste.

Là, par exemple, le fait que je marche en boitant à cause de ma charge exceptionnelle me rappelle la guerre et les marches pénitentiaires, au même titre que de voir des traces de sang sur mon masque me rappelle les efforts et le réconfort d'après la bataille où on festoyait du bétail de l'ennemi. Mais là, rien. Aucune joie ne viendra, même si mon esprit les attend par reflexe. Ce soir, je ne profiterai pas de l'étreinte d'une femme ou des rires d'une enfant, même si j'ai essayé de profiter du sang et des pleurs comme avant, la continuité est brisée à tout jamais.


-Mon seigneur Orochi. J'imagine que vous rentriez à l'Empire. Vous avez fait bonne fortune durant vos péripéties?

Je suis tiré de mes pensées et de mon labeur. Nobushi? Que fait-elle ici?
Je lâche instinctivement mon paquet qui retombe au sol dans un claquement d'acier et un gémissement de douleur.

J'essuie mon armure avec quelques coups de mains assurés. L'escarmouche était certes pas forcément bien payée, mais suffisamment simple pour que cela soit néanmoins rentable. Il n'empêche qu'il n'est pas décent de se présenter ainsi à une damoiselle, boulot pour Tetsu ou non.


"-Dame Nobushi, quel plaisir de vous revoir! Excusez ma tenue je sors d'une douche de sang et de larmes au nom du Shogun."

Je m'avance vers elle et lui tend une main gauche peut ragoutante, mais tout de même existante et suffisamment digne et stable pour être notifiée, de même que ma main droite dans mon dos en signe de respect.

"-Joli cerf-volant."
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Kisho Benkei
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Le samouraï, revenant visiblement d'une journée très chargée au travail, s'epousette prestement avant d'essayer de faire bonne figure. Même si à ses vêtements on voit qu'il a eu moult escarmouches avec des brigands, ou des collègues, qu'importe, je lui proposerai volontiers un bain au domaine familial, mais que je revienne accompagné d'un homme autre que mon mari ferait jaser. Sans compter qu'un samouraï de Tetsu au sein d'un clan de mercenaire ferait probablement hurler les anciens, et les jeunes, tout le monde maintenant que j'y songe. Aussi j'efface rapidement cette idée de mon esprit avant de lui serrer la main, je retiens un frisson en constatant qu'il y a encore une goutte de sang chaud dessus. Je m'essuie discrètement la main sur mon treillis, craignant plus d'attraper une maladie en laissant des résidus d'être humain sur moi que de vexer mon interlocuteur, qui n'est pas très propre il faut l'avouer.
Toutefois, mon carreau d'énergie continue de dessiner dans le cercle en bourdonnant, je ferais bien un peu d'esbroufe, mais les règles de sécurité m'interdisent de le faire. Ce ne serait pas très approprié, spécialement en tenant compte de ma maîtrise encore assez précaire de la technique, surtout en prenant en considération le fait que, les samouraïs sont assez portés sur le protocole.

-Le Shogun sera sans doutes honoré de savoir que vous avez aussi bien travaillé. Je tire sur ma pipe.

J'augmente la quantité de chakra en partance pour mon trait électrique qui se met à hurler de plus belle, haut au dessus de nous. Mon cerf volant est bien capable de transpercer son armure, il faudrait qu'il fasse attention à ce qu'il dise à son sujet. A trop sous-estimé ses ennemis, on finit par chuter. Après, l'orgueil étant une composante intégrale de notre société assez rigide et codifiée, le proverbe tomber huit fois, se relever neuf mérite sa place. Orochi malgré ses manières un peu rustres parfois, a toujours été un homme fiable, on ne peut pas en dire autant de nombre de shinobis que j'ai croisé, là où les deux samouraï qui ont eu une place dans ma vie n'ont jamais déçu.

-Du raiton pur, parfait pour attaquer de loin sans s'exposer outre. Je lui fais un clin d'oeil après avoir observé son sabre. L'idéal quand on doit se battre contre un grand admirateur du kenjutsu, ou contre une bastonneuse de Suna. Toutefois, je sais qu'Otomo a des talents cachés. Un secret pour un secret, je vous apprend à faire du cerf-volant si vous m'apprenez à voler du chakra, c'est quelque chose qui a toujours manqué dans mon répertoire.
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Orochi Otomo
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"-Du raiton pur, parfait pour attaquer de loin sans s'exposer outre. L'idéal quand on doit se battre contre un grand admirateur du kenjutsu, ou contre une bastonneuse de Suna.
Un secret pour un secret, je vous apprend à faire du cerf-volant si vous m'apprenez à voler du chakra, c'est quelque chose qui a toujours manqué dans mon répertoire."


La proposition est alléchante, et les bénéfices potentiels suffisamment grands pour m'obliger à les considérer comme rentable par rapport au temps passé. J'enlève mes gants boueux et les attache à ma ceinture où ils laissent une trace rouge à l'endroit frotté et lustré pas les bouts des doigts couverts de vermeille.

Je fais demi-tour vers mon bagage gémissant dans un fossé au bord du chemin. Il ne faut pas oublier que je transporte un colis pour l'Empire, et que certaines personnes pourraient avoir envie de le récupérer. Je ne suis pas senseur, je ne peux pas savoir si quelqu'un me suit depuis le début, mais je suis malin et suffisamment entraîné pour prendre quelques risques calculés, sans passer par la case témérité.

J'attrape du bout des doigts la lanière de mon sac et l'attache à l'arbre le plus proche avec un nœud double, ce qui lui arrache un petit couinement relativement surprenant. Je cherche donc ensuite un parchemin explosif que j'attache sous ce sac et sur lequel je pose un détonateur au chakra. J'ajuste la sensibilité lentement, avec précision, au doux rythme du souffle saccadé de ma cargaison qui malgré sa situation d'objet ensaché commence à comprendre ce qui se passe. N'importe quel senseur passant trop près fera exploser le parchemin, et donc lui même et la cible dans le processus. J'espère qu'il pensera à crier "Tennô Heika Banzaï" avant que ses intestins aillent nourrir les Chrysanthèmes.

Je me pense sur la toile un peu mouillée par l'eau de la bouche bâillonnée.


"-Si tu as le malheur de bouger, ton cul va te remonter tellement vite à travers la tête que la lune en sera toute rouge."

Un gémissement inquiété et étouffé à la fois me répond.

"-Et c'est même pas une charge creuse..."

Je me remet à marcher en direction de Nobushi qui continue de faire des dessins dans le ciel avec son nouveaux jouet qui attire mon attention.

Hinata avait elle aussi un petit cerf-volant que je lui avait fait faire pour son anniversaire. Un petit bout de tissu rouge rigidifié, avec l'emblême de la Nation dessus. "Pour faire comme papa avec son drapeau dans le dos".

Je me souviens que le regard des deux filles de ma vie était différent les jours comme celui là. Les mission d'assassinat ou de capture ordonnées spécialement à mon attention me faisaient revenir sale et en kimono, contrairement aux campagnes qui me faisaient revenir couverts de médailles et en armure lustrée. Mais là où était la magie, la magie de Tetsu et la magie de la famille, c'était dans l'absence de considération d'Hinata pour la boue et le sang sur mes vêtements, et la bonté d'Hikari à me laver le visage des traces séchés qu'on pouvait y trouver. Une certaine dévotion et considération du travail malgré le fait qu'il soit sale, quelque chose qui me manque.

M'enfin bref. Je m'avance vers Nobushi et enlève mon casque.


"-Qui commence?"
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Kisho Benkei
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Le rônin ôte son fardeau et s'en occupe avec une certaine attention avant de revenir vers moi, toujours aussi sérieux. Je ne commente pas le parchemin explosif sous son sac, ni même le fait que celui-ci bouge tout seul, j'imagine que parfois on ne peut juste se contenter de battre comme du plâtre son prisonnier pour qu'il évite de s'agiter, il faut prendre ses précautions pour le retrouver là où on l'avait laissé. J'ai un sourire en voyant qu'Otomo réussit à concilier travail et culture, c'est rare de nos jours, de voir des individus capables de se poser l'espace d'un instant pour faire le point et échanger avec d'autres. Pour ma part j'ai toujours été très friande de ce genre de moment de détente, le calme avant la tempête, avant les guerres ninjas même. Etant donné la tension grandissante entre les différentes nations, je ne serais pas étonnée qu'un jour nous devions de nouveau devenir des mercenaires, nous les Kisho.
L'Otomo vient me voir, et me demande qui devrait commencer à montrer ses secrets, étant donné que je suis chez moi, et que je me sens toujours un peu redevable de sa présence quasi-miraculeuse durant des situations au mieux cocasse, au pire catastrophique, j'hausse les épaules avant de ramener ma flèche d'énergie à moi. Le projectile électrique se dissipe d'un claquement de doigt alors que je lève une main.

-Je vous apprends à ne pas être un poids mort à distance, ensuite nous verrons. Une orbe électrique se forme dans ma main. Concentrez-vous, la première étape est de réussir à modeler son chakra de forme à obtenir une lance d'énergie compacte. Si vous voyez des éclairs se former, vous êtes sur la mauvaise voie ; le but est d'obtenir une technique qui ne perd pas d'énergie en cours de route, mais plutôt une oeuvre à la finition très soignée. Une fois que vous aurez réussi, refaites le mais avec juste un fil de chakra entre vous et la lance d'énergie, vous allez comprendre la nécessité d'un câble assez tôt.
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Orochi Otomo
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"-Je vous apprends à ne pas être un poids mort à distance, ensuite nous verrons.
Concentrez-vous, la première étape est de réussir à modeler son chakra de forme à obtenir une lance d'énergie compacte. Si vous voyez des éclairs se former, vous êtes sur la mauvaise voie ; le but est d'obtenir une technique qui ne perd pas d'énergie en cours de route, mais plutôt une œuvre à la finition très soignée.
Une fois que vous aurez réussi, refaites le mais avec juste un fil de chakra entre vous et la lance d'énergie, vous allez comprendre la nécessité d'un câble assez tôt."


La notion de poids mort à distance me fait doucement sourire. Bien que potentiellement dérangeant comme tournure de phrase, il s'avère que le combat à distance m'est compliqué. J'ai reçu une formation beaucoup trop sommaire à l'arc pour pouvoir prétendre combattre avec, et mes techniques apprises ne vont qu'à mi-distance. Je ne sais pas si d'autres rônin de Tetsu existent, mais auquel cas je serais bien curieux que de savoir si certain ont renié la philosophie samouraï pour abandonner le sabre et préférer faire le mongol avec ses mains pour lancer du feu d'artifice.

Malgré que l'Empire ait potentiellement eu ma famille, et qu'il compte bien m'avoir également prochainement, je n'en suis pas à ce point là. La philosophie et les méthodes de combat samouraï sont potentiellement les meilleurs techniques de combat au sabre existantes en ce jour, et me délester de tout ce savoir ne m'aurait fait perdre que du temps et du talent.

Il existe un syndrome comme ça chez les déchus, l'effet de négation des savoirs et des liaisons passées. Certains vont jusqu'à nier les faits passés et leur histoire au point d'oublier toute leur vie entre deux points du temps.
J'ai moi même été tenté de tout lâcher, de ranger le sabre et mes bottes afin de mener une vie plus normale, finir cuisinier, et mourir probablement avec un autre entourage et une existence radicalement différente.

Mais bordel, c'est pas comme ça que ça se passe dans le monde. La vie est moche, je vais pas le nier, loin de là, mais c'est pas une raison pour tout abandonner et finir comme un poltron entre les casseroles et les péquenaud dans un villages de gamins. On commence quelque chose, on le finit. J'ai commencé à être un super soldat pour le Shogun, je finirai ce que j'ai commencé. Je deviendrai meilleur encore, comme on m'a appris à m'améliorer dans le temps. J'ai commencé à devenir un expert au sabre, je deviendrai expert au sabre. J'ai perdu ma famille, je crèverai probablement en essayant de les retrouver.

Si cela est encore possible, le problème est bien là.

Une orbe de raiton apparaît dans ma main alors que je serre les dents à l'idée de n'être qu'un clown triste depuis que ma vie à basculé. Je modélise cette orbe en pointe de lance, quelque chose de simple mais relativement efficace. Je la jette dans le sol, avec toute la haine et la frustration du questionnement que je peux avoir en ce moment dans mon corps. La lame vient se planter dans la terre, soulevant un nuage de terre avant de disparaître. À défaut d'avoir une réponse aussi solide que cette flèche, j'arrive au moins à suivre les conseils de Nobushi.

Je retente de créer une orbe alors que les sanglots montent lentement par l'incertitude. Ai-je fait les bon choix dans ma vie de gueunillard, n'aurais-je pas du ranger le sabre et ma personne, ou fais-je bien de continuer à vouloir courir après les fantômes? Je commence à trembler, j'ai besoin d'un verre, si bien que je commence à suer.


"-Je peux vous poser une question un peu plus ouverte?"

Le carreau se forme dans ma main avec un mince fil de chakra entre lui et moi, je le jette dans le ciel pour voir le fil se tendre à l'infini et le rattrape dans sa chute.
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Kisho Benkei
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Le samouraï suit mes conseils, et malgré toute l'efficacité il applique le début de technique qu'on lui prodigue, je sens en lui un grand trouble. Je ne dis rien, le temps qu'il forme la flèche d'énergie avec succès, puis qu'il retente l'expérience cette fois-ci avec un fil de chakra pour faire le lien, à chaque fois le test est une réussite. Par pudeur autant que par gêne d'avoir encore le droit à une crise de larmes, je détourne le regard alors qu'il s'effondre intérieurement, craignant d'avoir encore à gérer une situation émotionnelle tendue ; pourquoi ai-je donc la sensation qu'après lui, ce sera le haut conseiller de Suna qui va me pleurer sur l'épaule? Les hommes que j'estime être des rocs se disloquent les uns les autres autour de moi, et je suis là à ramasser les porcelaines brisées en attendant que les choses se tassent.
Ce qui me dérange, puisque si je déteste être esclave du destin, j'exècre encore plus devoir gérer des situations qui m'échappent totalement la plupart du temps ; endurer n'est pas vraiment l'une de mes spécialités. Surtout lorsque ce sont les larmes d'un homme, si j'ai l'habitude de voir les femmes et les enfants pleurer, cela me fait toujours un choc de voir le sexe fort se réduire à cette ultime faiblesse. Celle qui transforme un mâle en une sorte de brebis apeurée.

-Allez-y.

Je n'ai pas envie d'entendre sa question, et malgré l'air neutre que je conserve, l'idée même d'entendre ses plaintes me répugne. Même si je lui suis redevable en un sens, et qu'en moi il y a une part de compassion pour le samouraï brisé par la vie, tout le problème est là. J'éprouve de la compassion pour un homme briser, un être qui n'est plus l'ombre de lui même, et s'il ne se ressaisit pas la fracture va continuer de s’agrandir. Je tire nerveusement sur ma pipe, incapable de savoir quoi ressentir, ni comment réagir à un cas aussi atypique. A vrai dire, mon esprit se referme comme les herses d'une forteresse dans l'attente des guerres, et moi aussi.
Moi aussi j'attends la tempête qui est en train de me tomber dessus.
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Orochi Otomo
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La réponse aussi affirmative que dubitative de mon interlocutrice me… oh puis merde, je laisse tomber. Pourquoi vouloir toujours penser à tout, essayer de continuer en avant alors qu'on a qu'une seule envie, celle de finir avachi dans la terre et de pleurer les larmes de son corps jusqu'à ce que cette dernière finisse en boue salée…

J'en ai marre, pourquoi lui demander qu'est-ce qu'elle ferait à ma place? Personne n'est à ma place, personne ne pourra jamais prendre ma misère et me laisser avec une situation plus enviable comme j'aimerais. Je commence même à douter du fait que les gens puissent me comprendre, étant donné que je doute du fait qu'il en aient singulièrement quelque chose à foutre. Chacun sa merde je présume, mais pourquoi est-ce que je devrais garder la mienne jusqu'à ce que je devienne os dans le sol?

Je ne lui demanderai pas non plus quelle serait la solution, car rien que le fait d'être en face de mes emmerdes me dégoûte. J'ai envie de dégueuler lorsque je pense à ce qui m'est arrivé, et mon estomac me le fait savoir quand je pense à ce qui m'attend après tout cela. Ne pas savoir où aller est le cadet des soucis lorsqu'on est cerné de murs et qu'on a des aiguilles dans les mains.

Lui demander comment elle va? Pourquoi faire? Demande lui carrément ce qu'elle pense du temps qu'il fait pendant que tu y est connard. J'ai l'intime conviction que lui demander ce qu'il se passe de merveilleux et féérique dans sa vie va me surcasser les couilles tout en me rappelant la dure réalité des choses qui font mal. Si je fais ça, qu'on me seppuku pour délit d'être une victime, un putain de pleutre, quelqu'un qui vit à travers le bonheur des autres pour oublier le sien, parce que bordel je sais ô combien à vouloir être heureux pour les autres, on finit triste pour soi même. Jamais je n'aurais le syndrome de la victime

Sauf si j'en suis une bien sûr, ça n'a aucun sens sinon.


"-Il faudrait vous descendre jusqu'où pour vous faire abandonner, vous ?"

Je pose la question en sachant pertinemment que soit la réponse ne donnera rien, un tant soit peu qu'il y en ai une, ce qui reste incertain, soit je n'aurais même pas la force de l'écouter.

Je serre les poings, la flèche explose dans le ciel après avoir reçu une impulsion par le fil de chakra qui tombe lentement par terre avant de disparaître. C'est parti tout seul.
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Kisho Benkei
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La question que je craignais tant arrive finalement, j'imagine que je pourrais le prendre dans mes bras et lui dire que ça va aller. Que lorsqu'on touche le fond du trou, on peut que s'améliorer, mais ce serait une réponse qu'il aurait déjà entendu trop de fois. C'est le genre de chose qu'on sort à chaque fois que ça ne va pas et je me vois mal lui rappeler, autant lui sortir le fond de ma pensée plutôt que de faire preuve d'une hypocrisie crasse comme l'Empire m'a appris à le faire. Mon carreau d'énergie se matérialise et se braque vers lui, comme un chien d'attaque qui attend l'ordre pour se jeter sur sa pauvre victime. Je tire sur pipe, le tabac et l'opium commencent à faire effet.

-Si j'abandonne, ce sera parce que le jeu m'aura lassé. La perte est une composante intégrale de la vie, les gens s'accrochent désespérément à la vie pour la plupart parce qu'ils ne croient pas en ce qu'ils font. Rien ne les transcende, ils deviennent samouraï pour impressionner une femme, ils deviennent ninja pour oublier qu'ils n'ont pas de passion, il suffit de voir tout ces enfants qui sont rang B, toutes ces personnes qui se définissent par leur nindo et qui se cherchent désespérément une identité, qui ne comprennent pas pourquoi le nindô est insuffisant là où le Bushido peut se suffire à lui même. Ils ne croient en rien. Je le regarde droit dans les yeux, sûre de mes paroles. Le Bushido est le centre de mon existence parce que c'est un concept, qui s'il sera amené à changer restera dans les mœurs sous d'autre noms. Je peux perdre beaucoup, mais on ne peut pas m'arracher ça, parce qu'il y a toujours une façon de servir son idéal. J'arrêterai de vivre quand je me serai lassée du jeu. Même si je peux être dure dans mes paroles, je ne peux pas ignorer la compassion criante qui m'empoigne le cœur en voyant mon confrère samouraï. J'ai foi en vous Otomo, vous êtes peut-être parfois un goujat alcoolique sans manières, mais vous avez des valeurs et prenez vos responsabilités à bras le corps. Une chose qu'on retrouve chez peu de gens, j'ignore si mes paroles vous auront été d'un quelconque réconfort, mais sachez que je vous souhaite de trouver ce que vous cherchez. Et si c'est une quelconque délivrance éternelle dont vous êtes en quête, je veux bien vous la donner, même si ce serait à mes yeux un immense gâchis quand je vois le peu de gens qui ont réellement à cœur un quelconque altruisme. J'espère que vous trouverez ce que vous cherchez, et si je peux vous aider d'une quelconque manière, plus importante qu'en vous enseignant comme tirer un éclair... J'imagine que ce sera toujours plus important que de surveiller un chemin vide.
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Orochi Otomo
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J'écoute lentement Nobushi me déblatérer son speech sur ce qui la lasserait elle. Et même si c'est relativement obscur et personnel, je dois bien avoué que ses mots font mouche.

Aurais-je vraiment pris la peine de vivre si je n'avais rien en moi qui me motivait à le faire? J'ai survécu tout ce temps après avoir pris l'uppercut dans le ventre, est-ce que j'aurais tenu sans moyens de le faire?

Je me repasses les derniers temps dans la tête, car malgré le fait que j'ai perdu toute notion du temps depuis que ma maison et ma tête sont vides de sens, il n'en reste pas moins que j'ai toujours rêvé de quelque chose entre deux verres et que je pensais plus à ce qui me manquait qu'au manque en lui même.

Il serait hypocrite que de m'arrêter là alors que je continue à pisser à la raie de ces Shinobis soit-disant guerriers, alors que je continue de cracher à la tronche des assassins sans honneur, de me battre face aux déchets prétentieux afin de montrer qui a réellement raison d'insulter l'autre.

Je réfléchis alors à tout ces moments qui m'ont marqué depuis que je n'ai nulle part où rentrer le soir, et alors une flamme s'allume au creux de ma poitrine. Cette flamme, c'est celle de l'émotion, celle de la haine du paysan, celle de la fierté de l'Empire, celle de l'indifférence face aux pisseux sans honneurs, celle de joie lorsque la lame tranche la cible, celle de l'amour du travail bien fait, celle de l'exaltation face à la lame qui vibre dans la main alors qu'on passe dans un tissu musculaire, mort ou vif.

Il faut que je me rendre à l'évidence, la pénitence est bien grande, mais je continue de sentir des choses, et aussi misérable que je suis on ne m'enlèvera pas ces conneries du crâne. Je crois que jusqu'à ce que mon casque gise vide, rempli de chair hachée sur un chemin bercé de vermeille, il me restera cette flamme au fond de mon cœur, celle qui fait que la dernière chose que je sentirai sera la douleur d'avoir perdu mélangée à la fierté d'avoir joué au jeu jusqu'au bout, car après tout je continue de le faire aujourd'hui, veuf ou non.

Je retrace un carreau dans le ciel en m'appliquant à le faire proprement, ou à sécher mes larmes. Nobushi à raison, aussi mariée, aussi rustre et aussi raisonnée qu'elle puisse être. La petite pointe claire virevolte et va trouer des nuages.


"-Je vous comprends. Malgré le fait que je ne possède pas le recul nécessaire pour vous confirmer ou infirmer votre justesse, vous tapez avec précision là où j'avais besoin. Je vous en remercie.

Et je pense que l'Empire vous en fera autant."


Je fait poser le carreau dans ma main, d'un geste maladroit mais sans casse.
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Kisho Benkei
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-L'empire veille toujours, et si je peux vous aider un jour, ce sera avec plaisir.

Je m'étire et d'un signe de main, forme un carreau d'énergie qui fonce vers le ciel déchirer les nuages, pulvérisant sur son passage l'oiseau qui volait à basse altitude, et dessinant des motifs dans le ciel, je ne peux m'empêcher de tergiverser avec le samouraï de l'empire qui s'efforce de garder la tête haute malgré l'acharnement du destin sur lui. Tout ce chakra dépensé en vain, pour remodeler des nuages alors que l'électricité qui parcourt cette technique ne servira peut-être jamais à tuer des gens, mais bien uniquement à intimider les moutons des cieux.

-Je me sens lassé de cette technique. Je regarde le samouraï avec un air de défi. Vous deviez m'apprendre une technique non? Le vol de chakra si je me souviens bien.

Il est vrai que ninja est un métier qui nécessite de l'endurance, et si j'ai toujours utilisé mon flegme et mon ingéniosité pour mes manigances aussi industrieuses que fainéantes, il va bien falloir un jour que j'utilise mon endurance brute pour m'extraire de situations à risque. Et pour ça, rien de tel que de s'exercer à récupérer les forces des autres ; un marathon n'est pas à ma portée, mais avec l'énergie des autres la balance peut très vite s'inverser.
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Orochi Otomo
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"-Je me sens lassé de cette technique.
Vous deviez m'apprendre une technique non? Le vol de chakra si je me souviens bien."


"-J'avais oublié."

Après le réconfort, l'effort. Car un système a seulement deux éléments par alternance fonctionne toujours par interposition de ces deux derniers, il falllait mathématiquement que je retourne à l'action après avoir pleuré comme une lavette.

J'enlève alors mes gants que j'accroche à ma ceinture dans un tintement de métal qu'émet la guirlande de Kunaïs que je porte autour de la poitrine. Je m'approche de la Kunoichi et remets mon casque.

"-En temps normal, je suis partisan de l'apprentissage directement en conditions réelles, mais là ça demande un peu de pratique pas instinctive. Je vais vous montrer directement sur vous car il me faut une cible, mais je ne volerai rien."

J'ouvre ma main et la plaque sur son front, avec mon autre index je m'affaire à montrer quelques parties de ma main tout en la regardant lever les yeux comme elle peut.


"-Surtout, ne pas poser la paume, c'est une trop grande surface de contact et ça coûterai trop de chakra que de ponctionner comme ça. Contentez vous de poser uniquement la naissance de vos doigts et les bouts de ceux-ci."

Je lui montre en posant un par un les appuis sur son front à elle, dégageant quelques cheveux au passage.

"-J'suis pas Shinobi de base, alors que pourrai pas dire pourquoi ça fonctionne ni comment, mais tout ce que je sais, c'est qu'il faut faire le mouvement inverse de lorsqu'on veut lancer une technique. Le chakra ne doit pas être concentré dans la main, il doit être concentré au fond de soi afin de créer une sorte de "dépression" dans la main en question. Et naturellement le chakra de l'autre viendra à vous. Ça doit probablement venir du front, cette fuite de chakra."

Je commence la dépression au niveau de ma main de manière à ce qu'elle puisse sentir la sensation que cela procure de se faire toucher par cette technique. Je m'arrête au denier moment.

"-Voilà, à vous d'essayer maintenant."
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Kisho Benkei
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-La kunoichi te touche, la ruine t'accable.

Je pose deux doigt sur son front et essaie de faire le vide en moi, toute mon énergie s'écrase au creux de ma poitrine. Je ferme les yeux et tente de comprendre comment procéder à propos du vol de chakra, le vide dans ma main se fait sentir mais je ne comprends pas, je n'y arrive pas, rien ne circule, rien ne se fait. J'essaie de mon mieux mais rien ne se fait, comme si mon corps refusait d'absorber l'énergie vitale d'un autre, je rouvre les yeux et baisse la main, incrédule et ne comprenant pas ce qui se passe. Puis la lumière vient à mon esprit fait d'ombres et de recoins secrets, il ne faut pas seulement être vide, il faut souhaiter le vide et réussir à utiliser son énergie spirituelle pour prendre celle des autres. Comme pour donner son énergie il faut une profonde abnégation et une grande force d'esprit, mais dans l'autre sens.
Il faut marcher dans les pas de la haine pour comprendre l'une de ses techniques, pour faire émerger de sa matrice aussi sanglante qu'infecte l'un de ses enseignements malfaisants. Je me remémore les nombreuses injustices dont j'ai pu être l'impuissante témoins et pose un doigt accusateur sur l'épaule du samouraï, cherchant à capturer l'âme de mon adversaire mais rien.
Puis une explosion au dessus de nous, je lève les yeux, et constate que la seule chose que j'ai réussi à attirer avec mes efforts et mes enseignements, c'est l'orage. J'ai réussi à faire pleuvoir en essayant d'utiliser le ninjutsu. Je fais la moue, incrédule.

-C'est un résultat que je n'escomptais pas, mais au moins, il y a eu un résultat quelque part. Je suis déçue.
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Orochi Otomo
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«-La kunoichi te touche, la ruine t'accable. »

Ses doigts se posent sur mon front.

Le vide est bien présent, c’est sûr. On peut le sentir à travers ses veines qui ralentissent et sa peau qui semble se ramollir. Mais… quelque chose cloche. Ouaip, y’a encore une paroi entre son vide profond et mon chakra. Comme si… comme si elle se protégeais de l’autre.

Ça m’étonne pas d’elle. Je connais Nobushi depuis un bout de temps déjà, et c’est typiquement le genre de personne en qui je vois une incapacité à marcher sur une corde tendue, le genre de personnes chez qui l’inconfort et l’instabilité est quelque chose d’inconfortable au plus au point. C’est peut-être ce qui fait sa diligence et sa volonté d’être efficace en mission, mais ici est le revers de la médaille. Nobushi, j’ai l’impression qu’elle a du mal à vivre avec sa propre personne.

La vie n’est jamais un long fleuve tranquille, et le simple fait que son existence soit faite pour être aussi sinueuse que les lois de la nature l’oblige lui fait mal. Et la rancune face au destin immuable du Shogûn est inutile, alors elle essaie de grappiller du contrôle là où elle peut. Comme si elle se construisait ses propres barrières face aux tumultes d’un passage sur cette terre. Plus pro qu’elle, ou plus secrète qu’elle, tu meurs.

Le truc, c’est que l’art de vivre, c’est aussi savoir épouser ces courbes pour en faire des jolis coups de pinceau sur un tableau qui finira en beauté. Ici, c’est la même chose, il faut savoir s’ouvrir et pour une fois, s’adonner à la fatalité. Que ça soit le vol de chakra ou une vie rondement menée, un peu d’ouverture face à ce qu’on craint revient parfois avec quelques avantages. Comment aurais-pu apprendre à changer mon Ki en Chakra sinon ?

Il pleut.


«-C'est un résultat que je n'escomptais pas, mais au moins, il y a eu un résultat quelque part. »

Je souris alors.

«-Vous savez, parfois, la rigidité et le professionnalisme, ça peut vous revenir à la tronche plus vite qu’on le pense.

Vous m’avez parlé de toujours s’accrocher à ses objectifs et à sa mentalité, maintenant je vais vous parler de comment s’en éloigner un peu pour faire des miracles. »

Je lui reprend la main que je plaque sur mon front. Machinalement, par son sérieux dont il va falloir la délester, le vide se refait comme lors de la première tentative.

«-Le problème, c’est que vous faites ça comme si c’était allumer une pipe, de manière méthodique et carrée, et vous mettez un paquet d’énergie dans le fait de matérialiser cette technique comme si c’était un moyen de vous refaire une santé au combat. Vous mettez énormément de force à vous protéger déjà au quotidien, alors dans le cadre de cette technique votre posture mentale de préservation extrême liée à votre aspect pro empêche le chakra de passer les couches de peau nous séparant. »

Dis comme ça, c’est vachement malsain. En plus, si je m’amusais à peloter Nobushi, un tant soit peu qu’elle soit d’accord et ne brise pas la mâchoire, et à cocufier son mari, j’aurais probablement une escouade d’assassins impériaux chez moi la semaine d’après. Non, c’est définitivement une très mauvaise idée. Comme si ma nation pouvait me détester encore plus.
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