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Honneur, patrie et vertu. [PV Orochi Otomo]

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Kisho Benkei
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J'enfonce mon kunaï dans l'aisselle de mon protégé, jusqu'à la garde jusqu'au cœur, avant de faire un quart de tour de manière à détruire totalement l'organe de l'amour.
Inutile de vraiment parler de comment je me suis enfuis dans la forêt, alors que les autres ninjas escortant notre employeur s'affairaient à défendre son palanquin des nukenins qui fondaient sur nous depuis les hauteurs rocheuses. J'ai juste eu à me tailler un chemin dans les falaises et les cols neigeux, pulvérisant au passage deux jonins qui avaient compris le méfait à l'égard de leur patron ; sans personne pour les payer ils n'avaient plus qu'à récupérer ce que j'avais sur mon cadavre. Autrement dit pas grand chose. J'ai vendu chèrement ma peau, et ait trouvé refuge dans une auberge.

-Par les kamis! Le shuriken dans la main me fait souffrir le martyr.

Trouvé refuge est un terme adapté ; j'ai balancé suffisamment de piécettes à l'aubergiste pour qu'il se taise et nettoie derrière mes traces de pas ensanglantée, me suis posée dans ma chambre avec deux bouteilles de saké, que j'ai bu honteusement en solitaire sur le coup, avant de songer à mes blessures. Rien de méchant, mais rien de bon non plus, du spectaculaire plus que du profond et pourtant, la simple vue de l'arme de jet qui se confond avec ma main me donne des nausées.
Je laisse la flamme acre de mes quartiers miteux lécher la lame de mon couteau, il faut que je cautérise ça. Milles aiguilles qui m'entaillent la main, voilà à peu près ce que je ressens chaque seconde qui passe, avec en plus mon sang qui s'écoule lentement mais sûrement sur le sol. Entre ça et les petites entailles qui me bardent la main, j'ai la sensation que la nuit sera courte.

-Par les kamis, par les kamis. Je répète compulsivement ces paroles, en l'absence d'un morceau de cuir à mordre il faut bien occuper sa langue non?

Les murs en papiers de riz n'offrent aucune insonorisation, et ma silhouette est projetée contre les parois à cause de cette maudite flamme. L'unique fenêtre donne sur la rue principale du village dans lequel je me suis échoué en plus ou moins inconscience des conséquences, et je sens que demain le patron va me demander comptes. Principalement car je vais faire du sale, et surtout malgré toutes mes manières je ne vais pas avoir de quoi éponger, comme si j'avais la volonté de nettoyer derrière moi après une journée aussi infâme.
Par Amaterasu, il faut que je le fasse, sinon la plaie va s'infecter. J'expire.
J'attrape le shuriken planté dans ma main avant de tirer dessus de toutes mes forces, le sang coagulé autour se fragmente et mouchette le sol d'une dizaines de tâches rouges. La seule chose qui m'empêche de hurler à la mort est le manque d'air au creux de ma poitrine. J'attrape le kunaï avant de me faire violence.
Pense à de la glace. Un gros morceau de glace parfaitement cubique, dans une grotte froide quelque part près d'ici, ce glaçon est gelé, quelques gouttes d'eau se forment dessus avant de venir s'écraser dans la neige. Un faible rayon de soleil vient éclairer le tout d'une lueur discrète mais présente, j'observe main qui n'a plus de trou en elle.
Je pleure, des larmes de douleur. Si je ne meurs pas aujourd'hui, c'est parce que j'ai une fille et un mari qui m'attendent à la maison, je n'aie pas le droit de les décevoir, ni de décevoir celui qui a placé ses espoirs en moi pour sa nation. Un sourire dément vient ponctuer cet accès de détresse, je souris parce que je songe avec nostalgie au passé, avec recul du présent et optimisme au futur.

-Le Shogun... Je songe à celui qui dirige l'empire.

Parce que je sais que les kamis ne répondront sans doutes pas aux prières d'une kunoichi je me rabats sur la seule personne qui entendra peut-être, et surtout exaucera mes voeux de sécurité pour cette nuit ; je noie mon pinceau dans de l'encre avec d'écrire grossièrement son nom et de faire une offrande en la qualité du shuriken qui il y a encore peu faisait corps avec moi.
Le sang qui s'écoule de mes coupures me rappel à l'ordre. J'ouvre le flacon d'alcool concentré que j'avais avant de me le vider sur le bras, j'éclate en sanglots de souffrance. La bougie me fait de l’œil avant d'être soufflée.
Brûler une plaie mortelle : oui, passer des coupures au fil d'une lame portée au rouge, certainement pas.
Le sang va coaguler, l'alcool empêchera une éventuelle infection. La grosse blessure est stabilisée, j'ai besoin de sommeil avant d'essayer de faire du petit ouvrage.
Mon front s'écrase une dernière fois contre le sol pour honorer le shogun, individu qui s'est propulsé du rang de simple chef de clan à chef suprême militaire d'un pays de samouraï tout entier. Puis, c'est à quatre pattes que je rampe jusqu'à mon futon avant de m’ensevelir sous mes couvertures à moitié habillée. Le sang tiède et collant, c'est la seule chose qui me tient compagnie alors que je songe encore une fois à cette idée stupide qui était de parer des coups de kunaï avec le bras ; la prochaine fois ce sera à la dague ou au sabre que je dévierai les assauts. Au moins je ne me ferai pas autant d'entaille qu'un hamster qui a crû pertinent d'enlacer un hérisson.
Je ferme les yeux, demain, demain je prendrai une décision sur la suite des événements, mais pour l'instant il me faut une pose.
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Orochi Otomo
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Quel con. Si j'avais su que l'ennemi allait passer dans le seul col des environs où il y aurait suffisamment de neige pour que ma ceinture tente de fusionner avec ma peau par capillarité, j'aurais pensé à déplier mes bagages afin de me préparer.
Le vent souffle dans mon dos, et le sac faussement estampillé "riz" émet des claquements métalliques. Le doux carillon de la marche au creux des éléments me ferait presqu'oublier que je dois suivre les traces de pas ocres.
C'est un simple boulot, une tête, une lame, un peu de discrétion et beaucoup de ryös au final, que demander de plus lorsqu'on peine à se mouvoir encore correctement au combat.
Il y a quand même quelque chose qui me laisse perplexe chez ces gosses. J'aurais aimé savoir un minimum la taille et la destination du gibier avant de pouvoir me lancer en chasse. La seule frontière entre le chasseur et la proie, c'est le taux de connaissances de l'un sur l'autre, et c'est donc au beau milieu des pic, traquant une cible ne sachant même pas que son horloge tourne, que je me sens le plus vulnérable.
Le sol redevient glissant, la semelle de ma sandale s'enfonce plus profondément que je le prévoyais dans la mélasse, le bout de mon orteil m'informe que quelque chose de froid et humide vient de l'envelopper délicatement au cours de la marche. Je grommelle, et continue à m'avancer.

Les traces de pas s'arrêtent dans une auberge, ou du moins devant celle-ci. J'espère sincèrement pour ma santé que je n'aurai pas à liquider une cible capable de laisser des traces sur du plancher traité. C'est que je me fais limite vieux, et que tenter le diable n'a jamais fait parti de la philosophie du Shogun. Je déballe mon sac alors que les animaux de la forêt s'agitent derrière moi et que ceux de la taverne s'agitent derrière les fenêtre éclairant l'extérieur et le portrait que je tiens dans ma main.

"- Hurlecendre – sec nerveuse – soupçonnée de tentative d'assassinat – surveille et élimination si passage à l'acte.
Ils soupçonnent bien les gosses quand même."


Le papier refinit dans mon sac, entre deux pièces d'acier forgé rutillant sur lesquelles la lune vient berçé mes yeux d'un doux reflet. Je ressere la sangle de mes mains usée, couvertes et mouillées. D'eau, pour l'instant.

La porte claque derrière moi et les cris s'arrêtent. Reprennent alors que je m'avance vers une table et pose mon sac à mes pieds. Sous mes pieds, tiens, autant se sentir bien installé. Je croise les mains derrière la nuque et entame un moment de réflexion.
Deux visages me passent sous les paupières. J'espère pouvoir un jour les revoir sans fermer les yeux. Je me passe la main sur la face et essaie d'essuyer les regrets, pour n'en essuyer que les perles de lune qui y subsistent.
Mes yeux se plissent alors que j'essaie d'en apprendre plus autour de moi. Les gens parlent fort, boivent, et s'amusent entre eux malgré leur nombre réduit. L'aubergiste compte ses piécettes depuis un sac en toile grossier, la carte des plats s'efface doucement avec la vapeur du feu tournant à vide dans le brasero. Les verres volent et le liquide s'étend sur le parquet parfaitement propre...
Je n'ai pas besoin d'en savoir plus.

Je me lève et reprend mon sac.

"-Je cherche une ninja, une blessée, sec et nerveuse. Je suis au courant et là pour elle, si vous pouviez m'indiquer sa chambre."

Les escaliers étaient bancals, la porte à un peu grincé, mais me voilà maintenant dans l'antichambre du dénouement. J'en profite pour détacher mon sac et le poser au sol avant d'y détacher mon nodachi très peu discret, certes, mais suffisamment digne pour offrir une mort honorable. Je ne sais pas qui je vais tuer, autant me préparer à agir contre mon épouse, ce qui me reste de dignité dans ce monde de fous à lier. Je met mon masque, plus risquerait de me ralentir.

Je pousse la porte avec la main gauche et serre mon poing droit contre le textile de la poignée qui me rassure quelque peu. J'ai déjà vécu pire avec exactement le même bout de fer dans la main, pourquoi stresser? Parce que ce n'est pas moi qui traque, c'est plus un pile ou face qu'une partie de chasse là où je vais.

Je pose mon sac délicatement par terre, devant le matelas bombé par une forme se gonflant et se visant au rythme d'une respiration régulière suffisamment lente pour m'indiquer que j'ai une marge de manoeuvre. J'en profite pour attacher un parchemin piégé sur un kunaï, que je plante juste au dessus de la tête noyée de cheveux noirs de ma cible. Je m'assois alors sur mon sac et descend un peu la couverture juste en dessous des épaules de ma cible. Cible, quel mot pas rassurant pour ce genre de moments.

"-Désolé, mais j'aime le travail bien fait. Un seul petit mouvement brusque et je torche mon boulot, ce qui serait probablement aussi peu profitable pour vous que pour moi. Autant rester courtois."

Je joue avec mon nodachi planté dans le sol, et que je tiens par la poignée, le bras en l'air. La nuit va être longue. J'ai jamais été contre un peu de compagnie.
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Kisho Benkei
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J'aime le travail bien fait.

C'est dommage, alors que j'ouvre les yeux bien moins enfiévrée que la veille je comprends ce qui m'arrive, et je comprends que le kunai au dessus de ma tête n'est pas qu'une simple arme, mais aussi une note explosive en attente d'un simple mouvement de lèvres pour me transformer en tas de cendre. Ou du moins, c'est ce qu'il pense ; la vérité est que j'ai assez d'énergie pour provoquer un contre souffle suffisamment puissant pour l'envoyer jusqu'au palais impérial sans qu'il n'ait à toucher le sol. Toutefois, parce que jouer la force brute contre un samouraï n'est pas ce qui est de plus recommandé pour prolonger son espérance de vie, je reste stoïque un instant, un peu gêné par ce manque de professionnalisme flagrant. Beaucoup d'assassins aiment bien ponctuer leurs phrases par des effets de style, la vérité est que... C'est très inadapté la plupart du temps, et je pense que certains font ça pour compenser un certain complexe d'infériorité. Il faut savoir séparer travail et loisir comme on dit, et j'ai la désagréable sensation que mon peut-être bourreau n'est pas vraiment du genre silencieux.
Tant mieux pour moi, ça me donne l'occasion de retourner la situation autrement que par la force, comme si j'avais envie de me battre avec un bras estropié. A vraie dire, la situation est gênante, je ne sais pas vraiment quoi dire sans avoir l'air sotte et mon visage l'exprime par un sourire forcée. Dois-je supplier ou injurier? Pleurer ou rager?

-L'Empire veille sur les siens. Je déglutis. Mon seigneur, dois-je conclure de ce dialogue que vous êtes ici pour me ramener à la maison, ou au contraire me faire rencontrer le défunt père de notre Shogun à tous? Il n'a pas l'intention de me tuer, je le sais pour la simple et bonne raison qu'un tueur en mal de dialogue sensationnel n'ouvrirait pas la conversation sur des banalités. Qu'importe, pourrais-je me redresser? Je ne suis guère décente et, si vous êtes ici pour abréger mon art de la conversation, auriez-vous l'amabilité d'enlever cette lame de ma gorge et me laisser m'habiller correctement? Je ne suis pas nue, mais j'apprécierai toutefois un peu de tranquillité pour rajuster mes vêtements. Personne ne devrait mourir dans la tenue qui est celle du jour de sa naissance.

Car, si ce n'est pas le Shogun qui me vient en aide, ce sera Amaterasu, et qui d'autres pour répondre en force que la déesse du soleil? La plus grande boule de feu que les astres aient connus.
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Orochi Otomo
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"-L'Empire veille sur les siens. Mon seigneur, dois-je conclure de ce dialogue que vous êtes ici pour me ramener à la maison, ou au contraire me faire rencontrer le défunt père de notre Shogun à tous? Qu'importe, pourrais-je me redresser? Je ne suis guère décente et, si vous êtes ici pour abréger mon art de la conversation, auriez-vous l'amabilité d'enlever cette lame de ma gorge et me laisser m'habiller correctement? Personne ne devrait mourir dans la tenue qui est celle du jour de sa naissance."

Je fait vibrer ma lame en mettant des pichenettes dedans. La vibration de la lueur qui grimpe sur et éclaire mon masque est bien la seule chose qui bouge dans cette pièce à la fois vide et à la fois pleine.
L'Empire veille sur les siens... Je dois rire ou pleurer? C'est pourtant pas la première fois que cette question me vient à l'esprit, je devrais avoir la réponse depuis le temps. À moins que ça soit un questionnement perpétuel au même titre que le sens de la vie ou pourquoi est-ce qu'un de magicien autiste essaie de m'embaucher dès qu'ils peuvent. Je renifle.

L'intérieur de mon masque tient chaud, et mon souffle inquisiteur fait un peu de buée qui m'humecte la moustache gauche. Mes pieds bougent un peu, un petit frottement se fait entendre. Un claquement de langue vient lui tenir compagnie.

"-Tes hanches."

Un autre frottement de pied vient jouer, histoire de pouvoir retrouver une circulation sanguine à peu près normale.

J'attend, et plonge mon regard dans les yeux bridés et bruns de l'être vivant bientôt passoire. On voit plein de choses dans les yeux des gens. Personnellement, je vois une dose de surprise, et beaucoup de sang-froid innaturel, avec quelque chose au fond de suffisamment difforme pour expliquer un caractère explosif tout en étant suffisamment stable et solide pour m'indiquer qu'il s'exprimera de manière froide et pragmatique.

"-On est ni l'un ni l'autre à notre coup d'essai, à ce que je vois. Tu peux bouger, mais rien en dessous de tes hanches, le buste est ta dernière limite. Et le Shogun, à défaut de veiller sur ses soldats, inculque au moins la fermeté et la discipline à ces derniers.

Je suis là pour faire mon taf, mais vu que j'approche bientôt de la retraite, on va dire que je tiens à remplir mes derniers contrats de manière honorable.

Si tu veux me taper la causette, tu peux. Sinon dis moi juste quand je dois commencer."
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Kisho Benkei
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Quand peut-il commencer?
Quand il veut, ce n'est pas à une femme de dire oui ou non. Pas en face d'un homme du moins. C'est au sexe fort de prendre les décisions et accessoirement de ne pas se laisser influencer par plus faible que soit. Toutefois, j'exploite la faille et me redresse, j'en profite pour étirer le haut avant de faire craquer mon dos et de reboutonner correctement ma chemise. Comme je ne peux pas voir les mouvements de mon prédateur naturel, je suis bien obligé de la boucler, et d'écouter pendant mes fioritures. Si un coup de sabre se dessine dans l'ombre, il n'y aura que mes oreilles pour percevoir le sifflement assassin de la lame qui essaiera de me séparer la tête des épaules. Je pince les lèvres en faisant tourner en boucle ses paroles ; lui aussi est un servant de l'empire, soi disant proche de la retraite. Mais surtout, je suis censé lui donner la permission d'en finir avec mon existence, comme si j'allais le laisser faire. Toutefois, puisque ma survie est en jeu mes jambes restent de marbre alors que mon esprit débite une réponse qui n'a même pas eu le temps d'être avalisée par mon instinct de survie. Quand le cerveau répond avant les tripes, il y a un gros problème.

-Tenhou Henka Banzai neh? Nodachi contre kunai, à supposer que je puisse parer, voir juste dévier le coup j'ai une fenêtre pour le transformer en poussière. La discipline, la fermeté, ce sont les ciments de l'armée, les fondements de l'esprit d'un bon soldat. Mais... Une autre valeur, qui fait qu'un soldat pleure lorsqu'on chante l'hymne de sa nation, qui fait de lui un bon élément et pas un simple mercenaire, c'est sa loyauté. En soldat de l'empire vous assassineriez une de ses citoyenne? La prière au Shogun ne vous a-t-elle pas suffit à vous prouver ma valeur? J'en serais presque choquée. Si vous souhaitez faire outrage aux conventions, en tuant une femme de dos, au saut de sa couche, allez-y. Mais n'attendez point de félicitations de notre maître à tous.

J'attends l'estocade finale, prête à faire démonstration de mes talents cachés. Le Bakuton et la substitution se marient très bien, malgré tout, ce n'est pas dans mes manières d'ouvrir les hostilités physiques. Si nous nous en tenons à l'esprit pour lutter l'un face à l'autre, alors tout se passera bien, hélas si les choses devenaient sportives, je ne réponds plus de rien.
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Orochi Otomo
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"-Non"

Je serre les dents sous mon masque, il gigote un peu et bringuebale vite fait. C'est bien la seule chose instable chez moi lorsque j'entend cette phrase qui me paraît maintenant aussi vide de sens que la mission que je vais accomplir.

"-Garde tes remontrances et ta réflexion pour toi. Je suis là pour t'achever et empocher mon or, ni plus ni moins."

Je me lève et décroche la lame du sol en un crissement qui vient d'un seul coup assassiner le silence pesant de la pièce. La lame valse au bout de mes doigts, et je me concentre pour l'approche à la rase limite de l'épiderme de la catin qui se présente devant moi.

Qu'est-ce qui m'empêche de faire ça vite? Qu'est-ce qui m'empêche de vider le contenu de sa jugulaire sur ses draps et de m'en aller, regagnant même les matériaux de mon piège? Ca serait tellement plus simple, et je n'aurais pas à me péter les dents de sagesse en crispant ma mâchoire pour retenir les insultes.
Je ne sais pas, j'espère qu'elle dit vrai lorsqu'elle clame haut et fort sa prière au Shogun de mes deux. Quel connard peut-encore, en l'an 15, faire disparaître femme et enfant pendant qu'il se fait louer? N'importe qui, en y réfléchissant. Mais avec moi, ça prend pas, c'est pour ça que je me retrouve à laver les tâches en menacant des gens dans leur pieu.

"-Ecoute gamine, je veux juste que ça aille vite, d'accord?"

L'éventualité de mettre fin aux jours d'un des derniers représentants de l'ordre et du bon sens sur ce continent me fait de la peine. La saveur du meurtre associé à la sauve de la vengeance me repaîtrait de violence pour quelques semaines, mais chaque plat a son indigestion, et détraquer mes intestins avec les remors et regrets du foyer aimant ne m'enchante aucunement.
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Kisho Benkei
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Mes lèvres se scellent alors que ses remontrances se font un peu trop agressives à mon goût, comme si ce n'était déjà pas assez agressif de me réveiller avec un sabre à deux mains dans mon lit, dans ma chambre d'auberge, sans même dire bonjour.
Quand je dis que les politesses se perdent. Bientôt les gens vont essayer de me saluer d'un coup de tanto au creux de mes boyaux, que la foule serait bien capable de trouver cela normale. Pourtant, je détecte en lui le syndrome de la victime, non pas que ce soit le genre d'homme à apprécier de voir sa femme se faire besogner par un autre, loin de là, à vrai dire je le sens suffisamment viril pour égorger le porc qui n'oserait que simplement lever le regard sur sa bien aimée. Non, c'est une victime du destin, il veut que ça aille vite pourtant il m'a réveillé, ce qui m'amène à penser qu'il n'a pas l'intention de me tuer. Ou alors il espérait en lui que je débite tout mes péchés dans une vaine tentative de se faire déculpabiliser en éliminant une kunoichi à cœur de charbon, pulsant dans ses veines du poison assez puissant pour faucher un homme dans la fleur de l'âge.
Toutefois, si je suis franche à son propos, et que je pense avoir toucher le centre de la cible, il faut aussi que j'assume moi-même ma propre situation ; je suis dans le pétrin, jusqu'au menton, et pour m'extraire de cette situation, plus que de m'enfoncer dans un concours de force mentale, il faut que je désamorce la situation. Que je fasse comme l'entraînement m'a appris, lorsqu'il faut désarmer un individu.
J'interromps tout de suite mon alter-ego ultra violent, qui a bien grandi depuis le temps ou j'étais gamine : je ne vais pas lui dire de lâcher son arme sous peine de lui briser les jambes, ce ne serait pas adapté non. Toutefois, avant de faire usage de ma force, je dois faire usage de ma parole.
Amaterasu me vienne en aide.
Je me retourne, je n'essaie pas de cacher ma peur, je transpire d'angoisse à la simple idée de ne plus jamais revoir ni mon époux, ni ma fille. J'ai une vie à vivre, et une mort à ajourner.

-Je ne veux pas mourir, si je dois trépasser aujourd'hui sans avoir eu l'occasion d'écrire un dernier mot aux deux êtres qui comptent le plus pour moi, par Amaterasu, je le jure sur le nom de mon clan, je vous hanterai jusqu'à la fin de votre vie. La tristesse se mélange à une émotion bien plus bouillonnante, bien plus animale. Nous nous battons au début d'une guerre parce que nous avons foi en notre clan ou notre nation, nous nous battons à la fin d'une guerre parce que nous avons le devoir de faire honneur à nos camarades tombés au combat. De ne pas déshonorer leur sacrifice en agitant le drapeau blanc, rendant leur propre mort vide de sens, détruisant alors l'essence même des soldats qu'ils étaient. Ne devenons pas un cycle de plus dans ce conflit sans fin, ne devenons pas ce qui a tué nos amis, nos frères, nos soeurs, nos parents et nos enfants. Choisir son destin est un privilège de samurai et de shinobi, j'ai faits mon choix, je souhaite seulement que le jour venu ma fille et mon mari saurons faire le bon. Pour nous tous.
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Orochi Otomo
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Un rire contenu manque de m'étouffer dans mon amas de métal cachant mon visage, et me fait prendre conscience de la chaleur dans laquelle je baigne depuis bientôt cinq bonnes minutes. Je dois avouer que la réflexion de la gamine est intéressante, mais complètement à côté de la plaque. Je ne peux absolument pas lui en vouloir, elle ne sait pas, comme je ne sais pas beaucoup de choses. La connaissance est ce qui détermine proie ou chasseur. Autant essayer de ne pas finir en tapis de peau.

La fille essaie de m'amadouer, ou alors simplement de désamorcer la situation. Il s'offre alors deux possibilités. Soit elle fait ça par pure bonté, ce qui m'étonnerait fortement compte tenu de mes analyses précédentes, ce qui m'amène à penser qu'elle a conscience de sa situation, et du piège qu'elle a au dessus de la tête, et qu'elle essaie de me porter ailleurs pour pouvoir s'en sortir. Ca serait très con de ma part que de mourir dans mes propres pièges, car ma cible en aurait appris plus que moi. Arf. Je me crispe rien que d'y penser.

Je me penche en avant sur le lit et baisse les yeux. Les jambes sont vraiment immobiles sous la couette, et à défaut d'avoir une réponse claire et de pouvoir enlever le tissu pour confirmer mes dires, on va estimer qu'elle fait ça consciemment pour surtout ne me donner aucune raison de la changer en feux d'artifices du nouvel an. La sueur sur son front mêlée à une sensation de constriction dans ses yeux me signal qu'un sentiment d'angoisse est au moins feint, au plus réellement exprimé.

Et dire que je suis censé tuer cette chose. Je déglutis de manière appuyée pour essayer, dans un élan de folie, que je ne suis pas totalement prêt à perforer son foie d'un coup qui me faciliterait bien la vie. La déchirure est trop grande.

Tuer, venger et encaisser? Ou servir, croire et dormir la conscience tranquille?

Je prend le problème à l'envers. Je ne dois pas choisir une option en fonction de mes moyens, mais ajuster mes moyens pour faire les deux à la fois. Je me penche en arrière et joint mes mains dans une poignée qui pourrait ressembler à une prière, mais qui les doigts levés vers le ciel, me suffirait à pulvériser la moitié de cette pièce. C'est toujours sur le bord de la fin qu'on réfléchit le mieux.

"-Je dois t'avouer que je n'ai même pas eu la chance d'écrire une simple lettre aux deux personnes qui comptaient le plus pour moi, donc ce que tu me dis est très vague."

Je ferme les yeux pour mieux utiliser mon nez. C'est un de mes sens les plus développés, mais un des moins conscients que je possède. Il me parle, mais je ne l'écoute jamais, un peu comme ma raison enfaite. C'est un mauvais exemple, je m'égare. Ma raison est en deux moitiés, et je l'écoute trop pour faire un choix.

"-Je devrais donc maudire le glorieux Empire et le Shogun pour ne pas m'avoir laissé cette chance?"

Je laisse ma tête en arrière et rit maintenant de manière claire. Quelle situation grotesque, j'en aurais presque envie de vomir si je n'étais pas entraîné à gardes mes fluides et mes pensées à double tour sous une couche de volonté. Pourquoi faut-il que tout devienne compliqué lorsque la simplicité est apparente? Et pourquoi tout ceci est-il toujours relié au passé abattant l'homme qui n'a que trop vécu?

"-Ecoute, je vais être honnête. Je ne te connais de nulle part, mais j'aime l'empire, et en tant que samouraï j'ai un minimum de dignité et de valeurs pour avoir tout sauf envie de te tuer.

Mais en tant que simple individu humain dans la grande machine du destin, les raisons de mettre fin à tes jours sont nombreuses. Vengeance, professionnalisme, famine, amusement. Appelle-ça comme tu veux, mais ici, je vois un dilemme."
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Moi, une criminelle de guerre? Une mauvaise personne qui mériterait qu'on la sépare de ce monde sous prétexte que les gens sont t pour certains des pêcheurs ? Pourquoi pas m'expédier auprès d'Amaterasu en invoquant la raison divine alors? Je suis une femme de valeurs, je n'aie jamais pris plaisir à faire du mal à mon prochain, l'acte de tuer m'est indifférent, je tire du plaisir dans mon travail pour l'ensemble des compétences déployées durant la mission. J'aime ma profession car l'exploit technique est une source de fierté. Je ne suis pas une mauvaise personne, je suis une disciple de la précision et de l'exactitude, une étudiante de la perfection, une soldate du devoir.
Pas une traîtresse, ni une meurtrière, ni une mauvaise engeance. Le choix à sa question est pour moi tout trouver, sans blague ni mauvaise foi à cause de la menace. Comment suis-je censé répondre à une telle question? Elle n'attend guère de réponse, si ce n'est à la limite une supplique pathétique qui n'irait point à une épouse de samouraï, et encore moins à une kunoichi. Pourtant, je ne peux m'empêcher de sentir le fil acéré de la lame me chatouiller agressivement l'espérance de vie, ce qui ne me plaît pas, du tout.

-Je ne crains pas le jugement, qu'il soit celui de la justice divine car je me suis battue pour ce quoi en quoi je croyais, ni la justice des hommes car j'ai combattu dans le respect des règles de guerre.


C'est tout ce que j'ai à dire.

-Soyons unis, nous sommes de l'Empire. Si on découvre cette affinités interdite ils nous observeront avec méfiance au mieux, ils essaieront de nous tuer au pire. Nous devons êtres unis contre tout les autres dans l'attente de ce jour, en espérant qu'il arrive après notre fin.
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Orochi Otomo
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"-Je ne crains pas le jugement, qu'il soit celui de la justice divine car je me suis battue pour ce quoi en quoi je croyais, ni la justice des hommes car j'ai combattu dans le respect des règles de guerre."

Pfft. Le respect des règles, quelle blague monumentale. Le principe d'une nation c'est qu'elle donne au soldat qui vit pour elle, elle n'essaie pas de l'enfoncer et de lui plonger la tête dans l'alcool et la noirceur en lui enlevant ce auquel il tient le plus. Niveau respect des règles, je pense que tout est discutable. Je me balance maintenant sur mon sac qui se froisse un peu, émettant le bruit caractéristique de l'acier qui frotte, mais étouffé par la grosse toile encore un peu détrempée.

Soudain, une réponse. Non, une prise de parole. C'est moi qui pose les questions ici, car c'est moi qui possède le doigt sur la détente. Mais c'est elle qui parle, sur quelle détente met-elle le doigt?

"-Soyons unis, nous sommes de l'Empire. Si on découvre cette affinités interdite ils nous observeront avec méfiance au mieux, ils essaieront de nous tuer au pire. Nous devons êtres unis contre tout les autres dans l'attente de ce jour, en espérant qu'il arrive après notre fin."

Le truc c'est quelle a raison. En partie. En grosse partie quand même. Les ninjas ne cherchent pas à me tuer, certes, car je bosse pour eux. Mais quelles raisons ont-ils pour me considérer définitivement comme faisant partie des leurs? Je travaille, c'est sûr, mais je n'accepte pas toutes les missions, je refuse certains assassinats, comme celui ci si j'avais su... Et puis hormis deux trois batifolages avec une fille de chef de clan ou deux trois dettes par-ci par là, rien ne me lie à eux... Il est vrai qu'ils auront plus de raison de me supprimer que de m'honorer lorsque je prendrais ma retraite.

Et puis merde quoi, si j'accomplis quelque courses pour ces sectes de magiciens de pacotille, c'est bien parce que j'ai besoin de manger et que servir dans l'Empire me dégoûte. Si rien de tout cela ne s'était passé, si je n'étais pas devenu Rônin, si j'avais encore le choix et la possibilité de retourner dans la paperasse où parmi mes frères d'armes, qu'est-ce que je ne donnerais pas pour qu'il en soit ainsi...

Elles me manquent toutes les deux.

Et voilà que je pleure sous mon masque de fer. L'eau salée vient réchauffer mes pomettes engourdies par le contact de l'acier froid et lisse. Comme une petite goutte de nostalgie au creux du désert de l'expérience.

"-Orochi Otomo."

Je tends ma main vers le Kunaï plante et le récupère ainsi que le parchemin suspendu par le mince fil. On respire mieux en n'étant pas assis sur une arme de destruction massive gardée de l'activation par seulement 3 mouvements de doigts. Je recouvrerai mieux mes esprits ainsi. Et sans mon masque aussi. On se sent vraiment mieux sans.
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Kisho Benkei
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Il désarme son kunai, je me relève lentement en rajustant mon treillis, je me retourne pour faire face à l'homme qui m'a réveillé en pleine nuit ; il pleure? J'en reste bouche bée alors qu'il enlève son masque, révélant un visage qui en a trop vu, et marqué par la vie pour qu'il n'ait nul besoin d'en dire plus comprendre qu'il a eu son lot de combats. Presque dégoûtée par la vision d'un homme en larmes, je croise les bras l'air neutre, c'est embarrassant et malgré mes blessures je ne suis pas certaine de... De savoir quoi faire à son sujet, le prendre dans mes bras? Le tuer pour avoir essayer de me trancher la gorge, voire même d'avoir échouer à faire cela? Je ne sais sur quel pied danser et ça me gène, principalement parce qu'il faut que j'agisse sinon la situation continuera juste d'enfler. Déjà que le réveil n'était pas des plus agréables, le reste de la nuit s'annonce tout sauf torride, ni même angoissant. En fait, je crois que c'est la première fois que je regrette d'avoir un dialogue à la place d'un affrontement, pas après, ni avant, juste une permutation.
Mais je divague.

-Kisho Nobushi. Mon nom est très probablement la première des politesses que je peux lui accorder puisqu'il a eu la décence de me fournir le sien. Les samouraï n'ont pas cette culture des faux noms, alors, qu'est-ce que je risque? Autant descendre, et en parler à tête froide. J'ai besoin d'un verre, et mon bras d'une bouteille. Puisque nous avons tout les deux le même drapeau à coeur, autant partager le peu de connaissances que nous avons sur la géopolitique actuelle. J'ouvre la porte de ma chambre. Vous venez?

Evidemment, cela sous entendra que la nouvelle comme quoi il ne m'a pas assassiné fera le tour du village, mais... Le signal sera fort ; les loyalistes à l'empire ne s'assassinent les uns les autres, encore moins à cause de contrats de rapiats qui pensent pouvoir éliminer des impériaux en les liguant les uns contre les autres. Même si mon allégeance va d'abord à ma famille et dans une moindre mesure à mon clan, je suis toutefois capable de grincer des dents à l'idée de me faire abattre par un ronin mandaté par un Daimyo. Mourir sous les coups de sabre d'un samouraï pourquoi pas, mourir de vieillesse dans mon lit? Avec joie! Mourir à cause d'une entourloupe politique? Jamais. Même si dans le fond, je sais que tout est lié, intimement, on n'échappe pas à la politique sous prétexte qu'on ne veut pas en entendre parler. Tout arrive aux gens, je ne ferai pas exception à la règle.

-Les rapines et les maraudes sanglantes sont du domaine des burakumins, pas des shinobis, et encore moins une discipline de samouraï. Je sors ma pipe, et tout en bourrant le foyer, rajoute, intriguée par l'issue de cette nuit. Les choses vont changer, soyez-en puisque vous avez encore l'honneur d'un samouraï ; vous devriez vous comportez comme tel. J'hume l'air, et alors que j'attendais à sentir la délicate odeur du tabac, je détecte une odeur de saké. Et prendre un bain.
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Orochi Otomo
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Un verre? Je crois que quelqu'un vient de prononcer le mot magique. Celui qui fait disparaître les problèmes et monter l'amertume dans la gorge. Celui qui parle à l'instinct plutôt qu'à la cervelle, celui qui fait qu'on obéis avant même de penser à agiter les pieds. Une fois devant la porte, avec le regard de Nobushi appuyé sur mes iris tentant de me faire comprendre que je devrais la fermer, je réalise que j'ai oublié de poser mes affaires, ce que je retourne faire sans me précipiter. J'en profite pour placarder un parchemin explosif à l'intérieur, car la Glorieuse Nation m'a inculqué le principe qu'à défaut d'avoir l'avantage, il ne faut pas laisser une longueur d'avance à l'ennemi, même une simple cuirasse.

Alors que j'enroule le papier épais et le lie à mon chakra balbutiant de samouraï reconverti (le seul moyen de s'habituer à ces fluctuations d'énergie et ses picotements est de grandir avec) je repense à tout ce que ces bouts de ferraille ont pu voir, et qu'est-ce qu'ils auraient pu voir encore ce soir, si je n'avais pas eu la présence d'esprit et la nostalgie de la maison.

L'épaulette. Je la prend et la porte du bout des doigts. Toujours aussi loudre, toujours aussi rutillante malgré l'écaillage et le verni qui part. On peut encore apercevoir les fleurs de cerisier vaguement imitées sur les coutures, surtout sur celle où les plaques se sont décrochées lors de la première bataille que j'ai mené face à mes anciens frères d'armes. Les combats contre les shinobis sont beaucoup plus reposants que ceux contre les samouraïs, car l'entraînement par le Shogun implique une rigueur qui impose un déroulement strict des actions à effectuer pour avoir la victoire. Il faut penser à contrer le contre que l'ennemi compte faire pour contrer votre contre du premier coup. Repenser à tout celà... Mes oreilles chauffent et je souris. Je souris encore plus lorsque je passe le bout des doigts sur la décalcomanie de deux mains fragiles et délicates m'étant trop familières. Trop.

"-Je mine le sac, question de principes. Vous connaissez le protocole."

Je marche donc vers la damoiselle qui tient maintenant la porte. Le cœur gros des sanglots et de la victoire. Je suis content d'être moi, je ne donnerai ma place pour rien au monde, et je n'ai de comptes à rendre à personne. Cela n'empêche que j'aurais aimé avoir une vie plus facile.

Une fois en bas, sur la table où je me suis posé en rentrant, la bouteille commandée arrive ainsi que deux verres. Je sers ma nouvelle camarade de beuverie potentielle. La couleur et l'odeur du saké me revigorent et plongent mon âme dans une emprise pharaonique, ou seul le signal du levé de coude peut espérer s'échapper. J'attend que Nobushi me serve, ensuite on pourra commencer à oublier tout ça.
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Kisho Benkei
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Miner le sac, je ne dis rien mais prie juste pour qu'il n'ait pas régler le sac pour exploser au moindre coup de vent, j'ai encore quelques affaires à moi dans cette chambre. Nous descendons les marches assez rapidement, et en me retrouvant dans la salle commune en bas, une fébrilité aussi soudaine que passagère m'envahit, rien de trop grave, mais suffisant pour m'inquiéter sur mon besoin de repos. Je me pose à une table un peu plus brutalement que je ne l'aurais voulu, à moitié éreintée par ma nuit, à moitié détruite par ma rencontre inopinée. Inutile d'un miroir pour savoir que j'ai des anneaux noirs sous les yeux ; connaître son visage jusqu'au narcissisme est une composante importante du savoir ninja. Le physique est une arme, aussi bien au combat qu'en psychologie, le regard, les mains, les lèvres, autant de muscles qui peuvent en dire beaucoup sur les pensées de quelqu'un. Je commande une bouteille de saké, et une autre d'absinthe, qui n'est pas pour moi mais plutôt pour mon bras. Repasser un coup de désinfectant ne fera pas de mal, et connaissant la concentration en alcool de la fée verte, je compte sur elle pour éradiquer toutes les horreurs qui pourraient vouloir germer sur mon bras.
On vient nous servir, j'attrape la bouteille de saké, et dans un réflexe d'épouse modèle nous verse une dose chacun, ma main tremble et je frôle la catastrophe plus d'une fois mais tiens bon. C'est avec autant de grâce que le contenant revient sur la table, et que je fais passer tout mes problèmes avec une once d'alcool jusqu'à l'estomac. L'adrénaline redescends, je me sens faible, extraordinairement faible.

-Le... Les trois grands villages semblent au bord de la guerre. Je me ressers une dose. L'Empire penche de plus en plus vers l'état despotique à mesure que les Daimyo perdent en puissance face au shogun. Mauvais temps pour être indépendant.

Et puis... Comme pour chercher l'approbation de mon interlocuteur, je fredonne tout bas, à peine perceptible à ses oreilles un vieux chant qui est appris de beaucoup de soldats. Un parallèle à la conversation qui s'installe.

Marchant dans la neige, glissant sur la glace.
Nous ne pouvons même pas distinguer le chemin de la rivière.
Les chevaux sont crevés, mais nous ne pouvons les laisser.
Quel est cet enfer? C'est le pays de l'ennemi.
Mais nous ferons preuve de bravoure.
Nous ne demanderons rien, si ce n'est du saké...


En bon samourai, il devrait connaître la suite.
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Orochi Otomo
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Alors que mon coccyx grince et penche au dessus du plateau d'un tabouret bancal, mes mains se plaquent le long du bord de table et le tissu de mes manches se frotte à la peau de mes mains pleines de cornes à cause du sabre. Mon postérieur vient se plaquer sur la chaise dans un vacarme osseux que seul moi peut entendre par résonnance. Je remet mes cheveux correctement et mon regard dans le processus se retrouve capturé par le doux flot ambré coulant dans mon verre juste devant moi. Mes pupilles se dilatent et mon verre rejoins la paume de ma main comme s'il était attiré par cette dernière. Le récipient se met alors à léviter vers mes lèvre. Et là, c'est l'apothéose.
Les bruits autour de moi s'effacent et mon champ de vision se trouble progressivement, comme si je venais de passer dans une cascade mousseuse et délicate faite d'alcool et d'odeur. Ma tête se déconnecte de mon corps. Je commence à tourner de l'œil et mon estomac se remplit en un son lointain que mes oreilles endormies ne peuvent entendre. Une fois mon verre finit cul sec comme un coup de bô sur un otage trop récalcitrant, ma tête retombe lourdement sur la table et j'essuie mes lèvres jusqu'à la commissure.

Ca fait du bien, je n'aurais jamais cru que le réconfort viendrait avant l'effort. Mais mes idées ne sont toujours pas alignée correctement. Autant prendre un autre verre, et seul. Au diable les manières.

J'entend un son se fredonner jusqu'à mes tympans alerte, mon verre déborde. J'entame dès lors la suite.

Les poissons qu'on ne mangerait pas deviennent nos plats mi-cuits
Encore peu de temps avant de vivre aussi des jours mi-cuits
Pour ce froid qu'on ne peut endurer, un feu de camp.
Ca va sûrement fumer, mec! Les bois verts couvrants
Prenant un visage aux airs amers, un discours habile
La chose acide qu'est ici, des prunes marinées.


Mon visage s'illumine alors et je lève mon verre vers ma congénère qui se nettoie le bras à l'absinthe.

"-T'as raison ma belle, j'ai bien fait de pas te trouer le bide, j'aurais loupé ça sinon."
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Kisho Benkei
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Un verre et c'est l'homme qui boit le saké.
Un deuxième et le saké qui boit l'homme.
Comment résoudre le problème? Resservir un troisième verre à mon interlocuteur pardi, après tout, n'est-il pas légitime de fêter les grandes occasions? Si en l’occurrence je sirote mon verre avec parcimonie, lui n'hésite pas à lever du coude et à se remplir l'estomac avec l'alcool que j'ai commandé. Alors que je désinfecte mon bras avec un mouchoir, ne pouvant qu'assister silencieusement à la décadence progressive du samouraï devant moi. Il est triste de voir à quel point la boisson peut prendre le pas sur un homme aussi vite, et le voir prendre de tels écarts de langage aussi importants. Je lève mon verre encore à moitié plein et boit à sa santé.
Pour être très honnête avec moi-même, je ne m'attendais pas à être... Heureuse de ma rencontre avec un samouraï? Je sais que c'est devenu une partie de ma culture, à force de vivre à Tetsu une grande partie de l'année, de partager mon lit avec un homme d'arme et d'élever une fille dans le domaine familial. Pourtant je suis toujours aussi distante avec les autres soldats de l'Empire, qui sait pourquoi? Peur de voir un jour mon secret révéler ou alors au contraire, souhait d'en savoir le moins possible sur l'ennemi? Peut-être un mélange des deux, dans tout les cas je suis surprise d'être heureuse de cette rencontre, le fait que je sois en vie y est probablement pour quelque chose.

-Évitons les familiarités pour si peu. Je suis une femme respectable. Une idée de ce que vous allez faire maintenant? Pour ma part je compte bien essayer de voir comment les choses vont évoluer, et pourquoi pas tirer partie de l'agitation ambiante pour creuser mon trou dans toute cette histoire. Je nous ressers un verre à chacun. Les temps s'annoncent extrêmement rudes.
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Orochi Otomo
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-Évitons les familiarités pour si peu. Une idée de ce que vous allez faire maintenant? Pour ma part je compte bien essayer de voir comment les choses vont évoluer, et pourquoi pas tirer partie de l'agitation ambiante pour creuser mon trou dans toute cette histoire. Je nous ressers un verre à chacun. Les temps s'annoncent extrêmement rudes.

Le verre de Nobushi cogne avec le miens dans un bruit de tintement caractéristique des doutes et des regrets qui s'envolent l'espace d'un instant. Je vide mon autre verre et repense à la connerie que j'aurais pu faire en lui trouant le ventre.

Le travail pour les ninjas, c'est bien pour la survie, et c'est la seule chose qui me garde de l'Empire qui malgré mon amour pour lui tient à ce que j'en bave en Son Nom. Mais maintenant, avec cette femme, cette chanson et cet alcool, c'est comme si le malheur n'était jamais arrivé, c'est comme si rien ne s'était passé, et que demain j'allais devoir aller répandre la Gloire et l'Honneur au même titre que le Tennö. Ma vue se trouble un peu.

C'est compliqué d'assumer de faire comme si de rien n'était. C'est compliquer d'assumer d'oublier. De les oublier.

Des larmes. Je crois.

Je les éponge et me sers un autre verre, le quatrième maintenant. Je le descend encore. Les bulles caractéristiques de descentes pentues remontent le col de ma gorge. Je réprime un cri bien plus guttural que celui que je lance lorsqu'il s'agit de répandre la vermeille, et me tourne vers Nobushi, le regard en coin.

"-A mon tour de payer ma tournée maintenant."

Je me donne un coup sur l'épaule, là où un bout de bambou et kaché sous mon kimono afin de parer les éventuels coups d'une bagarre à mains nues.

"-Allez, donne un coup."
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Kisho Benkei
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Il pleure? Encore?
Je dois avouer ressentir un franc dégoût pour les hommes qui pleurent, pour la très simple raison que le message renvoyé n'est pas le même que lorsqu'une femme pleure. Nous, le sexe faible lorsque nous fondons en larme, ne remettons nullement en cause les attributs pour lesquelles les hommes nous choisissent ; nous sommes toujours capable de faire la cuisine, éduquer les enfants, surveiller le foyer familial. A la limite, je pense même que certains hommes peuvent trouver belle une femme qui pleure, pour la très bonne raison que de cet aveux de faiblesse vient aussi une preuve de fragilité, et donc un manque d'indépendance qui se traduira par une personnalité dans le support de son prochain, en tout cas beaucoup qu'un rapport de confrontation. C'est ce qui fait le charme d'une femme après tout non? Savoir que c'est un bijoux précieux, qui seconde son mari avec discrétion mais intelligence, qui est synonyme de chaleur et d'amour. Je sais que le jour ou j'aurais à me battre pour tout ceux en quoi je tiens, mon mari se tiendra à mes côtés, à protéger nos acquis et nos valeurs.
A l'inverse, un homme qui pleure est un aveux de faiblesse, tout le contraire de ce qu'on peut attendre du sexe fort ; comment peut-on compter sur un individu qui n'arrive même pas à contrôler ses émotions pour défendre la maison? Cette confession de faiblesse fait peut-être rougir certaines jouvencelles, mais pour ma part, j'y vois surtout une preuve indéniable d'une incapacité à faire face aux destins, à ne pas accepter la trame des événements pour se concentrer sur la suite. Je détourne pudiquement le regard alors que ses joues deviennent humides, par Amaterasu ce doit être le premier samouraï bipolaire que je croise, ou alors la vie lui aura infligé suffisamment pour le briser, chose qui est plus fréquente qu'on ne le croit. La faiblesse, la faiblesse est le fondement même de beaucoup d'individus, et si il y a un grand respect pour l'armée sur le continent, c'est bien parce que les militaires refusent cette incapacité à se défendre, à subir leur destin. Ils font face.
C'est cela même, qui rend les soldats si attractifs au regard de nombreuses personnes.

-Inutile d'en venir à de telles extrémités. Pourquoi faire? Démontrer un point déjà prouver? Nous sommes des individus de paroles, nos mots ont du crédits parce que quand nous menaçons quelqu'un, c'est pour mettre à exécution nos menaces si nous y sommes forcés. Si nous donnons un ordre à inférieur, c'est pour nous faire obéir, si nous donnons notre parole à quelqu'un c'est pour l'honorer. Si je me suis trouvé un mari, c'est pour accomplir mon devoir de femme. Être obligé de mentir pour arriver à ses fins dévoilent au choix des impératifs majeurs, ou alors une faiblesse d'esprit et de constitution. Hors nous avons été élevé dans des valeurs d'honneur, de travail et de convictions. Mentir ne me gêne pas dans le cadre du travail, en dehors de ce champ j'éprouve une certaine réticence à faussement donner ma parole. Pour en venir à des manières de shinobi, cela doit faire un long moment que vous êtes loin des frontières de l'Empire. J'ai un petit sourire. Dans un réflexe coutumier je sors ma pipe et me permet un plaisir addictif et mauvais pour l'endurance, mais si apaisant. J'ai entendu beaucoup de choses sur les villes frontalières de l'Empire, il faudra un jour se pencher sur la question. Des marchands corrompus, des officiers trop droits, ce genre de choses.
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Orochi Otomo
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"-Inutile d'en venir à de telles extrémités. Nous sommes des individus de paroles, nos mots ont du crédits parce que quand nous menaçons quelqu'un, c'est pour mettre à exécution nos menaces si nous y sommes forcés. Si nous donnons un ordre à inférieur, c'est pour nous faire obéir, si nous donnons notre parole à quelqu'un c'est pour l'honorer. Être obligé de mentir pour arriver à ses fins dévoilent au choix des impératifs majeurs, ou alors une faiblesse d'esprit et de constitution. Hors nous avons été élevé dans des valeurs d'honneur, de travail et de convictions. Pour en venir à des manières de shinobi, cela doit faire un long moment que vous êtes loin des frontières de l'Empire. J'ai entendu beaucoup de choses sur les villes frontalières de l'Empire, il faudra un jour se pencher sur la question. Des marchands corrompus, des officiers trop droits, ce genre de choses."

Les mots défilent dans ma tête et s'imbriquent telles des pierres dans un mur, ce qui contribue à me faire baisser la tête sur mon verre et écouter patiemment, l'oeil vif, et toujours pas embué par l'éthanol courant dans mon corps à la vitesse d'un cheval rasant les rizières. Je regarde le verre profondément, et rassemble ce qu'il me reste de forces pour expliquer à mon interlocutrice qu'il y a quelque chose qui nous sépare moi et elle.

"-Écoutez, je vais vous apprendre quelque chose à mon tour.

Pour que deux personnes se fassent confiance, il faut que l'une croit en l'autre et vice versa.

J'ai cru à l'Empire, et l'Empire à cru en moi. Mais l'Empire ne croit plus en moi et me l'a montré, crois-je donc encore en l'Empire?"

Je me penche vers elle mais garde la tête baissée. Ce qui nous sépare elle et moi, c'est un drame.

"-Si nous sommes effectivement des individus de parole, et que nos mots sont faits pour être obéis, crus ou tenus, alors mes mots m'ont tué par leurs natures propre."

Je me ressers un verre, un demi. Et je m'humecte juste les lèvres avec. Mon cerveau devient froid et un air dur prend place sur mon visage, rigidifiant mes zygomatiques à la limite de l'intelligibilité.

"-J'ai moi aussi juré de protéger ma patrie, puis j'ai donc juré de protéger ma famille, j'ai donné mon sang pour l'une et l'autre. Jusqu'à ce que l'une efface l'autre, je vous laisse deviner laquelle."

J'avale mon verre, il ne reste qu'un quart du saké.

"-Je ne suis pourtant pas un criminel, je suis toujours le bienvenu dans la Grande Glorieuse, mon nom est encore sur la liste de ceux qui veulent verser leur sang pour leur terre, et ce à raison. Mais ce qui m'amène à travailler avec les Shinobis, et même adopter leurs "extrêmes", c'est que la confiance est dure à accorder à quelqu'un abusant de sa position affective dans le Coeur d'un homme de principes les plus purs qu'ils soient.

Ce qui nous sépare est simplement un drame, je pense que vous pouvez mieux comprendre maintenant."

Je finis encore la moitié de mon verre, comme si je tenais à boire sans jamais le vider. Je veux qu'il reste plein, même juste d'une seule goutte. C'est le fait de ne pas boire cette goutte qui me donne la sensation de me raccrocher à cet éclair de lucidité et de conscience qui peine à pointer le bout de son katana dans cette mêlée de tristesse, d'incertitude et de doute.

"-Bon, vous me le donnez ce coup de paluche, oui ou non?"

Je rigole, ce cire amer qui cache du malheur, mais qui permet d'oublier celui-ci tant que le son fort dérangeant fait vibrer nos sens.

J'ai haï ce rire.
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Kisho Benkei
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Ce qui nous sépare est un drame. Un drame?

Plutôt une profonde méconnaissance des lois, et des règles du jeu ; le classique syndrome du ninja, et du samouraï en un certain sens. On sait se battre, on sait tuer, on sait s'infiltrer dans la nuit noire, voir par delà la vision, cracher du feu et convoquer des bêtes de légende, mais pour citer un pauvre texte de loi je dois bien être la seule à savoir de quoi je parle. Le droit de la guerre, le traitement des prisonniers, les conventions qui différencient les crimes de guerre des ruses de guerre, tout cela est soigneusement légiféré. Les gens ne comprennent pas qu'avant de jouer à un jeu, il faut comprendre les règles, ensuite? Ensuite certains ne comprennent pas pourquoi il est illégal de trancher les phalanges d'un petit malin qui s'est déguisé en allié pour passer à travers les lignes et récolter des informations. Pourquoi des criminels de guerre devraient être jugés au lieu de les exécuter sommairement à l'arrière d'une cour.
Mais ça, plus que le comprendre, il faut avoir les tripes de le mettre en application, beaucoup de gens pensent que se lever et prendre la parole nécessite du courage, mais parfois, comme l'a dit une fois un illustre Daimyo d'une île amatrice de thé, le plus dur est de rester assis et d'avaler le problème. Le stoïcisme dont il faut parfois faire preuve, pour comprendre qu'un état n'est pas un père rassurant et humain semble à portée de bras, et pourtant encore aujourd'hui on me prouve le contraire. Les choses seraient tellement plus simples, si les gens comprenaient qu'une nation doit protéger ses citoyens, et que cela passe parfois par faire des choix pragmatiques mais nécessaires? Anti-militarisme, anarchisme, querelle familiale, même combat dans le fond ; une réponse émotionnelle à quelque chose de logique qui s'est avéré fonctionnel. Les gens aiment bien pleurer quand quelque chose qui les arrangeait se retourne contre eux, comble d'hypocrisie hein?

-Un drame et beaucoup de stoïcisme. Pour avancer il faut savoir avoir confiance en soi, ne pas avoir peur de faire du mal aux autres, et être rusé. Je suis née rusée et confiante, pour l'indifférence face à la souffrance d'autrui... La méditation a aidé. Je vois désormais ou vous voulez en venir. Mais je ne comprends pas ce qui peut motiver un tel manque de clarté d'esprit. Pourquoi faire? Je ne suis pas son amie, je ne vais pas faire ça pour lui faire plaisir s'il n'y a pas une justification derrière. Si vous voulez avoir mal, il y a des gens qui n'attendent que nous pour se suicider avec notre assistance. C'est fréquent en territoire Shinobi, les gens qui se suicident de trois coups de sabre dans le dos. Après, ne soyons pas de mauvaise foi, la thèse de l'accident n'est pas à écarter dans ce genre de mort stupide, neh? A moins que l'alcool ne vous donne le besoin impérieux de prouver votre robustesse.

Je tire sur ma pipe avant de souffler une volute de fumée haut au dessus de moi. Comment définir un homme brisé par la vie mais qui cherche à se reconstruire? Comment l'aider à ne plus être un simple mafieux de bas étage?
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Orochi Otomo
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"Si seulement j'avais besoin que d'un seul coup pour me repousser dans mes limites... Je ne serais pas assis avec vous ici."

Je me ressers un verre. L'alcool agit comme un élixir de vieillesse sur moi. Il passe comme les années, d'abord lentement, puis de plus en plus vite pour continuer à me donner la sensation de consommer quelque chose. Ensuite vient le verre de trop, celui qui fait basculer en arrière et tomber dans des gouffres insondables qu'on ne connaît pas lorsque l'on a pas d'expérience. Puis enfin vient l'attente, l'attente longue et inexorable. Celle qui fait mal à la tête et aux genoux, celle qui fait tourner de l'oeil et rend la langue pâteuse. Celle qui précède un nouveau tour qu'on attend avec impatience et stupidité. Ou bien alors celle qui précède la toute fin.

Autant pour les années que pour l'alcool, j'attends la fin... Je suis un vrai héro de la nation.

Je finis mon verre et le repose de manière violente sur la table, mon muscle force un peu trop, si bien que je sens le verre onduler sous ma paume. Dangereusement. Je n'ai pas envie de rouvrir mes plaies par inadvertance.

"Vous auriez dû voir le rapport patriotique des samouraïs en caserne à l'alcool, c'est tellement drôle que cela vous change un homme au point que même un coup de lame n'est plus différenciable par rapport à un coup de poing..."

Je sais bien de quoi je parle. Je me souviens encore de ma première armure et de mes premières beuveries lorsque le sergent tournait le dos ou partait en entraînement. De même, je ne compte plus les fois où j'ai fait passé une bouteille de bière de riz en douce lors des journées d'entraînement à la dissimulation.

"Ma vie d'avant me manque... Se lever le matin avec ses camarades, manier le bô jusqu'au déjeuner, manger avec devant la rituel au Shôgun. Puis ensuite ressortir, partir en campagne pour s'entraîner à se déplacer tactiquement, se dissimuler ou s'entraîner à lame réelle... Pour enfin rentrer et prendre le thé devant des ordres et des informations stratégiques émanant des plus savantes têtes de l'État Major impérial... Et des femmes."

Je finis mon verre, les yeux ouverts sur le plafond penché vers mes yeux relevés et me regardant dans le blanc des yeux. Je trouve que la couleur est plutôt agréable comme fond fixe, elle se marie bien avec le goût et l'odeur du saké de campagne. La dernière goutte me rince.

La dernière. Merde.

Je pose le verre très fort et vite, les vibrations du verre m'indiquent peut-être un peu trop. Je n'ai pas le temps de regarder le récipient danser sur son périmètre et valser que déjà la bouteille décolle du sol pour venir se ficher devant mes yeux.

Rien. Merde.

Je m'agite, mon regard flou cherche une bouteille alors que mes mains tapent sur la table et palpent le bois à la recherche de quelque chose à vérifier. Rien, en vain.

Rien? Rien?

Le tabouret bascule. Mon coccyx lâche, mes jambes partent en avant. Ma tête se projète derrière moi et mon dos heurte le sol.

Réflexe. Un mudra vite fait lors du rebond que mon corps effectue après le choc contre le parquet tout lavé. Je ferme les yeux lorsqu'une volute de fumée commence à émaner des alentours. Dès que je sens la vapeur me faire chauffer les joues, je disparais, tel que je suis censé le faire.

L'alcool ne m'a pas aidé à faire le bon choix lors de la chute, c'est à force de parler du bon vieux temps que les réflexes de combats se ré expriment. C'est néanmoins l'occasion rêvée pour renvoyer l'ascenseur à cette nouvelle compagnie qui m'a permis d'égayer ma soirée. En espérant que de voir une bûche sur une chaise renversée suffise à rendre plus amusante la sienne...

Mon dos retrouve le contact du sol après un infime instant de flottement, j'entends un feu crépiter au dessus de ma tête, de même que des bruits d'eau qui boue.
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Kisho Benkei
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Il s'effondre à peu près à la même vitesse que le respect que j'avais pour lui quitte mon âme, puis, alors que je m'interrogeais sérieusement sur son niveau en tant que combattant chevronné il marque un point. Un petit point insignifiant et misérable, le genre de chose que même un étudiant de l'académie ninja pourrait faire, mais pourtant, cet atome d'entraînement est une pépite. Une pépite d'or. Je retrouve enfin quelque chose qui me semblait perdu depuis longtemps, dans l'abîme de déchéance de l'entraînement militaire ; un réflexe musculaire tout ce qu'il y a de plus authentique, et d'un coup je comprends que tout espoir n'est pas perdu. Que certains ici ont encore les acquis, et que ce que je croyais être devenu des gestes et des habitudes réservés désormais aux soldats d'élite existe encore, sous la forme d'une substitution certes, mais c'est une preuve. Quand on reçoit un messager, qu'importe qu'il soit boueux ou au contraire propre comme un sous neuf, l'important est la lettre qu'il porte pas sa tenue. En l’occurrence, alors qu'il se relève, et que la bûche sur son tabouret en dit long sur lui, je m'émerveille intérieurement devant tant d'assiduité. Dire que certains de mes collègues luttent pour obtenir des ninjas disciplinés, quant moi on me sert sur un plateau un samouraï qui a encore en mémoire ses techniques d'esquive de l'armée, malgré sa désertion plus ou moins assumée. Mon estime pour lui remonte d'un coup.
Je sirote distraitement mon saké. Avant d'hésiter à lui faire la leçon.

-Par Amaterasu, ce que les hommes peuvent être bruyants et vantards. Mon mari lorsqu'il a essayé de m'impressionner en défiant un de ses collègues en duel au bâton. Toutefois, je ne peux que faire part de mon admiration. Avec un air blasé toutefois. Évitons les débordements d'émotions. Des mouvements qui témoignent d'un passage dans une grande institution. J'élude volontairement ses commentaires sur l'armée, j'ai eu mon passage dedans, je sais parfaitement ce qui peut s'y passer. Mais pas aussi spectaculaire qu'un de mes subordonné qui avait électrocuter son chef en sursautant lorsque celui-ci lui a fait une blague. Je finis ma coupe.

Lorsque mon regard sonde les environs, beaucoup nous regarde, comme si nous étions de trop, sans doutes parce que nous le sommes. En temps normaux je n'y aurai pas prêté attention, mais à cause de mes blessures, du sang perdu et de ma fatigue une vague sensation de faiblesse m'envahit, je ne suis peut-être pas en mesure de me défendre entièrement si quelqu'un décide de s'en prendre à nous. Je fais signe à mon interlocuteur de baisser le volume. Je n'aie nul envie de finir encore plus mal que ça, surtout vu tout le chakra que j'ai dépensé pour me sortir de l'escarmouche dans laquelle j'étais engagée. Ou plutôt, pour la conclure.

-Quelle formation? Assaut rapproché? Combat à distance? Guerre asymétrique?
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Orochi Otomo
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"-Quelle formation? Assaut rapproché? Combat à distance? Guerre asymétrique?"

Je me relève et me passe la main sur les cheveux, cheveux aussi grisés que mon esprit vacant qui bringueballe dans ma tête. Je me relève et fait craquer mes articulations, celles qui me servent pour me battre telles que les coudes, les poignets, les genoux et le dos, mais aussi celles qui me servent à exercer ma profession première pour le moment, la cuisine.

Je m'attelle devant le récipient et fait mine de regarder l'eau qui bout en attendant que le chef qui cuisine daigne s'en aller pour me laisser le champ libre. Ce dernier ne bouge pas... comme ces satanés Shinobis de mes deux lorsqu'on leur demande de garder une entrée ou une position fortifiée. Enfin, fortifiée est un grand mot pour définir leur tentes de commandement ou leurs dépôts de matériel. Au petites fins, petits moyens. J'agrippe un litchi qui traînait là sur le dessus de la cheminée et le projette de manière calculée sur le comptoir de l'autre côté de la pièce, dans le but qu'il rebondisse vers le carreau de la fenêtre juxtaposée à celui-ci... Un coup un peu faiblard certes, mais ça fait longtemps que je n'avais pas essayé de reproduire mes exploits d'antan. Dans l'Empire, on nous apprend à lancer toute sorte de chose, au cas-où le besoin s'en ferai sentir un jour, et je trouve que c'est ce genre d'enseignements les plus basiques qui sont les plus utiles.

"-Analyse de terrain et distraction, sous les ordres de l'instructeur Itô. J'ai ensuite commencé à faire de la tactique de terrain, je pensais me diriger vers un poste de stratège de terrain..."

Le chef part, il sort dehors pour voir ce qui s'y passe et son attention passe du récipient chauffé à l'impact sur le carreau. Le moment parfait. Je me penche devant l'eau qui palpite et fait naître de l'écume sur le bord du chaudron léché par les flammes. Je cherche du regard autour de moi quelque chose à faire. Il faut dire que les émotions ça creuse, et puis si y'a moyen de faire comprendre à cette femme que je lui suis reconnaissante, alors autant tenter de faire quelque chose de propre. J'attrape quelques sômen attendant sagement que quelqu'un vienne les chercher, et les jette au feu comme une famille de ninja avant de les aissaisonner avec quelques condiments de bonne figure et un peu de bouillon de poisson.

"-Mais l'endroit où j'ai le plus cafouillé, c'était dans le fait de commander et d'être commandant à la fois. On va dire que j'ai beaucoup de mal avec l'inexactitude que le bouche à oreille d'un champ de bataille peut apporter à une simple phrase telle que "je souhaiterais un thé"... Certains on fini avec un shögayaki comme ça."

Un shogayaki! Quelle bonne idée! Je me dépêche d'aller en cuisine chercher un morceau de porc et un couteau suffisamment aiguisé pour démontrer et appliquer mon théorème d'adéquation du plat à la situation. Je pose violemment la viande sur le comptoir et dégaine la lame. Il faut que je fasse attention à ne pas me couper suite à mon abus de substance psychoactive que je viens d'ingérer sous forme liquide alcoolisée... Repenser tactique, ça faisait bien longtemps que tout ces réflexes de combat ne m'avaient pas réveillés. Quand on travaille pour les Shinobis, le taf est fait et tout va bien dans le meilleur des mondes, mais dans l'Empire il faut également penser armée, et non pas seulement agir militairement. La victoire a besoin de rigueur, qui elle même à besoin de pratique et d'expériences, elles-mêmes issues du conditionnement. Le vocabulaire dans ma tête n'a même plus besoin d'être cherché et réfléchi pour être conci et formulé en ordre, au final.

Otomo en cuisine:
 

Les mouvements sont clairs, le tranchant affuté, les gestes précis et le résultat final plaisant. C'est pour cela que je suis vraiment doué, pour trancher et couper. La sagesse est venue avec l'exercice de cet art qui change un homme. En bien pour la cuisine par exemple, mais qui change un homme quand même lorsqu'il s'agit de tuer. Je ne sais même pas à quoi penser en premier lorsqu'on m'évoque ce que j'ai toujours fait, trancher et tailler en morceaux plus petits. Je pose le porc sur une plaque au dessus du feu jusqu'à ce qu'il grille parfaitement, puis l'assaisonne avec quelques épices de bonnes facture et pose cela sur les pâtes que j'ai égoutté et déposées dans deux bols au préalable.

"-Le poste auquel je suis le plus fort, c'est celui de soldat de choc. Je me suis rendu compte que cela me correspondait plus lorsqu'on m'a appris à faire un mouvement avec un outil dans le but de réduire quelque chose en plus petits bouts. Alors les pensées et les ordres se sont tus de ma bouche et installés dans ma tête à côté de la sagacité du geste, le recul du temps qui passe à faire le même geste et l'âge qui rentre. Je pense toujours, mais pas pareil, ni tout le temps. Et me voilà, moi soldat avant que le drame arrive."

Je pose le shogayaki sur les sômen et apporte les deux plats au moment où la porte s'ouvre et laisse passer un petit homme bourru au tablier grommelant.

"Je ne porte pas de jugement sur mes actes. Par conditionnement plutôt que par incapacité. Les pensées sont bonnes, tant qu'elles restent dans la tête. Et également car une maîtrise de la lame peut servir à cuisiner pour se nourrir durant quelques mois en tant que saisonnier."
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Kisho Benkei
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Il cuisine, à vrai dire, en d'autres temps, sans doutes aurais-je bondi de mon siège pour lui envoyer un coup de poing dans la nuque, histoire de le tranquilliser un peu et simplement profiter de ma soirée. Au lieu de cela j'en viens juste à me souvenir d'une vieille phrase qu'un de mes amis m'avait sorti quand j'étais encore à faire mes classes à l'armée : ne te crève pas l’œil sur ton stylo au moment ou tu t'endormiras assise sur ta chaise. Je pose le coude sur la table, et repose ma tête au creux de ma main alors que l'autre gratte distraitement une aspérité du meuble, le sommeil me donne mal à la tête, le manque de forces m'enfièvre, et je suis en présence d'un ivrogne qui cuisine. Je songe vaguement à me jeter par la fenêtre avec mes affaires et de m'enfuir très vite, très loin, mais d'un autre côté ce n'est pas vraiment ce qu'une bonne ninja ferait, ni même une femme d'honneur qui vient de voir sa vie épargnée par le même homme. Aussi, je ferme distraitement les yeux et me concentre sur ma respiration, essayant tant bien que mal de trouver du réconfort dans la mélodie de cuisine qui se joue à mes oreilles, avec plus ou moins de succès.
Sa vie, ses sentiments qui accompagnent ses grades, pourquoi donc ajouter des paroles à des états de faits qui en dévoilent déjà suffisamment sur une carrière sans doutes auréolée de gloire? Pourquoi donc se rabaisser aux ombres fétides d'un village miteux, à essayer d'assassiner une kunoichi anonyme au nom d'une revanche impersonnelle? Pourquoi faire cela quand on a connu la gloire, le sentiment grisant d'être écouté par ses hommes? J'ai du mal à croire qu'un traumatisme ait pu emboutir à ce point la détermination de cet homme, car même l'armée peut-être un refuge pour l'ascète qui cherche une source de réconfort.

-Je comprends, moi aussi j'ai trouvé de nombreux usages détournés à mes talents, pour amuser ma fille ou mon mari, récolter quelques piécettes lorsque la paix se faisait trop insistante, pour rendre la justice. Pourquoi peu de jugement? Tout cela, j'ai la sensation de l'avoir déjà vécu, probablement car c'est le cas. Je vous remercie pour le repas chaud. Mais qui va payer la note? Même si ce n'est probablement...

Bruit de verre brisé, tout vire au noir une demi-seconde. J'ouvre à peine les yeux, j'ai chuté de ma chaise si je m'en réfère à la douleur lancinante qui me parcourt l'épaule, j'ai mal à la tête. Pourquoi est-ce que je suis au sol? A l'instar d'un chien droguée je me roule sur le dos avant de détourner le regard sur la cible de mes soupçons ; un client navré. Je serre fébrilement le poing avant de me redresser fébrilement, ravivant une courbature au dos que j'avais réussi à oublier. La douleur anesthésie la gravité de la situation, à moins que les deux ne s'anesthésient mutuellement au vu de la légèreté de ma situation. Pourquoi est-ce qu'on m'a lancé une bouteille de saké? Pourquoi est-ce que je me sens si embrumée?

-Salopards de ninjas, vous vous croyez tout permis avec vos manières? Comme si vous étiez chez vous? Le client est normal, je ne sens aucune énergie particulière chez lui, mais pourtant, la situation risque de dégénérer très vite. C'est notre village, et on ne va pas vous laissez faire n'importe quoi sous prétexte que vous êtes des mercenaires. La grogne est montée d'un coup dans l'auberge, alors que je réussis à peine à me mettre sur les genoux.
-A l'aide... Suis-je à peine en mesure de bredouiller à destination du samouraï.

Tout tangue, et la vague de froid qui m'enserre ne vient même pas d'une technique, je crois que la fièvre vient prendre son dû. Je me tasse contre la table, spectatrice de la tornade à venir, et je l'espère, pas spectatrice de ma propre fin.
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Orochi Otomo
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Les pâtes sont un peu crues encore, mais conjugué avec la texture de la viande grillée avec soin cela s'éclipse plutôt vite... Et dire que j'aurais pu encore magnifier la chose avec des épices supplémentaires et une simple cuillère de bois. Je m'adonne au plaisir simple et sain que d'un bon repas, une des rare chose encore possible pour un samouraï, loyal ou pas. Alors que les aliments viennent me lester l'estomac d'un poids quelque peu réconfortant, je me fais interrompre par un client relativement énervé.

Petit, chauve, ridé et un peu gras. Habillée de manière nonchalante avec des vêtements certes entiers mais désaxés. Le fait qu'il porte quelques marques de richesses montre qu'il est un minimum compétent, mais le fait qu'il les accumule sans classe montre également qu'il possède des limites. Je lève les yeux de mon plat, mais continue de le manger. La paix intérieur du corps vient se frotter aux troubles de l'environnement. Seul l'esprit peut encore jouer dessus.

Et plus un esprit est vieux, plus il se rassit comme le pain de riz. Plus il est rassit, plus il est dur à émietter.

"-Salopards de ninjas, vous vous croyez tout permis avec vos manières? Comme si vous étiez chez vous?"

"-Bonsoir."

Je continue de manger en me remémorant les coups de bâton que l'on subissait à l'armée. C'est drôle qu'ils me reviennent, car je n'en n'ai jamais reçu dans un quelconque cadre d'entraînement à la discipline, de par le fait que la discipline était déjà inhérente à notre personne. On n'apprend pas à quelqu'un qui sait déjà. Je continue de manger.

"C'est notre village, et on ne va pas vous laissez faire n'importe quoi sous prétexte que vous êtes des mercenaires."

Je pose mes baguettes. Le repas me tapisse l'estomac et alors que celui-ci remue dans mon corps, une vague d'apaisement m'envahit, comme si l'alcool et la cuisine n'avaient jamais existé.

Pourquoi vient-on me faire chier alors que je mange? Sincèrement? Je n'ai vraiment ni le temps ni le statut pour ce genre de choses. Les péquins s'adressent aux autres péquins, et même si j'ai bien changé depuis les jours où je n'avait même pas à lever la tête pour qu'on me laisse tranquille grâce à mes épaulières ornée, je ne pense pas être descendu aussi bas. Et puis le désespoir n'inclut pas toujours déclassement, c'est évident.

"-A priori, les gens font déjà n'importe quoi, comme balancer des bouteilles vides sur des simples visiteurs, clients qui plus est. Pourquoi voudriez-vous que nous arrêtions de commettre vos erreurs?"

Je regarde Nobushi affalée contre le pied de table, et me lève lentement pour aller la relever en prenant bien soin de la prendre par le dessous des bras, là où la coutume veut qu'on prenne les valeureux et respectueux pour ne pas les froisser où aggraver leurs potentielles blessures de guerre.

Ca va être long, je repère mes baguettes et celles de Nobushi à l'autre bout de la table.

Un samouraï sait se battre, même avec un éventail, alors la peut ne fait plus partie de moi. Si seulement elle pouvait empêcher mon adversaire de faire une bêtise.
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Kisho Benkei
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Mon adrénaline tarde à venir, je prends appui sur la table alors que chaque fibre de muscle dans mon corps lutte pour se contracter et obtenir une pseudo-posture de combat, à moitié avachis sur la table. La fatigue me complexifie considérablement la tâche, en essayant de faire circuler mon chakra pour obtenir une quelconque technique le destin me frappe en plein visage. Je manque d'énergie, et de concentration, je n'arriverai à rien dans mon état, j'attrape l'une de mes baguettes avant de commencer à boiter jusqu'à l'escalier sans que l'on vienne chercher à m'en empêcher, les sens engourdis autant par la fatigue que l'instinct de survie qui me pousse à ignorer le cortège de sensations désagréables qui parcourent ma carcasse de bête malade. Il faut que je prévienne l'autre de ce que je vais faire, sinon il risque d'avoir une mauvaise surprise en se battant avec les autres.

-Je vais ramasser nos affaires, retenez le. Où... Tuez-les. Ca ne m'importe plus vraiment. La douleur lancinante à l'arrière de la nuque est atroce.

Plusieurs clients se lève, du moins, ceux qui n'étaient pas encore prêts à partir à l'action. Je distingue de nombreuses armes improvisées de sortie, et certaines sont vraiment proches de l'arsenal ninja, classique pour une armurerie qui vient d'outils agricoles toutefois. Un coup de serpe reste un coup de serpe, qu'elle ait avant servi à découper des gens ou du blé. Je me fige en constatant le nombre de personnes dans l'établissement ; un samouraï peut tuer tout ce beau monde, mais... A quel prix? Et surtout, j'espère que les clients ne vont tout de même pas se mettre en tête de se battre avec nous. J'ai donné cet ordre pour effrayer, pas dans l'espoir d'obtenir une boucherie.
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