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Vient l'orage [Pv. Tadake Kyoshiro, Tadake Yuriko et Uchiha Akira]

Yamanaka Sayuri
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Vient l'orage

Tadake Kyoshiro,Tadake Yuriko, Uchiha Akira et Yamanaka Sayuri

Je n'arrive pas à me convaincre que je n'ai besoin de rien ni personne 









***

Depuis quelques semaines, tu te remettais lentement de cette rencontre, de tes états d’âme, de tout ce qu’on t’avait impunément arraché. Le trou dans ton cœur qui s’était ouvert une nouvelle fois, tu étais parvenue, avec difficulté, à le remplir. Mission après mission, mensonge après mensonge. Étouffer, tu avais tout étouffé. Retourner à zéro, redevenir la kunoichi que tu avais été. Ce n’était pas ta force qui faisait défaut, ce n’était pas ton savoir, non plus, mais ton cœur. Ton cœur n’y était plus, plus entièrement.

Plusieurs longues journées avaient été nécessaires et même un voyage pour rencontrer ton père avant que tu n’arrivasses à remettre en place ce masque que tu avais tant l’habitude de porter. Dans ta tête, tu l’avais insulté, tu l’avais maudit, tu l’avais remercié, tu l’avais admiré, le tout, tout en même temps. Lorsqu’il t’avait serré dans ses bras, lorsqu’il t’avait offert de passer la nuit avec lui, il avait, sans le savoir, ouvert une boîte de pandore. De cette brèche, s’étaient enfuit tous les maux de ton âme …

Alors qu’enfin persuadée d’avoir tourné la page sur cette soirée et les émotions que tu y avais ressentis, il fallait que cela te revienne au visage. Entre tes mains reposait, arrogamment, une lettre envoyée par ton amie, Yuriko. Son frère avait disparu depuis quelques jours.

Son frère qui te hantait.

Son frère dont le sourire et les mots avaient su mettre un baume sur ta souffrance, souffrance à laquelle tu étais devenue si habituée que tu en avais oublié l’existence.

Tu ne voulais pas y croire. Repousser, refuser cette réalité que tu ne pouvais tout simplement pas accepter. Dire que tu avais réussi à te le sortir de la tête. Le prix d’un esprit tranquille était-ce qu’on le tourmentât qu’un peu plus dans l’avenir ? Il faudrait t’y faire alors, jamais ton esprit ne serait serein.

La lettre glissa entre tes doigts, tombant au sol silencieusement. D’un geste brusque, tu renversas les fioles de poisons en préparation sur ton comptoir, répandant leur fluide toxique sur ton plancher, une fois de plus. Tu étais à la croisée des chemins. Y aller, l’aider et courir le risque de te perdre une fois de plus ? Rester, ignorer cet appel et le regretter à en perdre ton sommeil ?

Ton regard glissa vers le poison qui tranquillement imbibait le plancher de ta demeure. Cet homme, pouvais-tu réellement le laisser à son sort ? Pouvais-tu l’abandonner ainsi ? Certainement, voyons. Tu étais Yamanaka Sayuri. Tu ne ressentais rien, tu n’étais rien si ce n’était l’arme des tiens, qu’une fleur empoisonnée que l’on offrait dans le secret de la nuit.

***

L’air froid de la nuit caressait ton visage alors que tu courais à toute vitesse entre les arbres. Tu ne t’étais donné aucune chance de reprendre ton souffler. Le temps passait, tu n’avais pas le droit d’être en retard, car si tu manquais ce rendez-vous Kyoshiro pourrait en perdre la vie. Tu ne pouvais laisser une telle chose se produire.

Trop de questions, trop de sentiments. Il devait y répondre. Et cette promesse … Tu ne lui avais pas donné la permission de partir. En aucun cas, tu lui avais donner le droit de te laisser derrière, tu avais encore besoin lui.

Ton cœur battait avec tant de force qu’il te faisait mal à la poitrine alors que tu courais encore plus rapidement vers le lieu de rendez-vous. Tes jambes, tes poumons, tout ton corps était feu et la sueur de l’effort commençait à perler sur ton front et glisser dans ton cou. Presque, tu y étais presque.

Quelques minutes passèrent avant que le village mentionné derrière la lettre n’apparaisse sous ton regard. C’était un vague de soulagement qui t’envahit d’un coup lorsqu’enfin tu te permis de ralentir le pas. Sans te soucier de ton visage rougit d’effort, de tes cheveux encore un peu emmêlés – ça ne faisait pas si longtemps que tu étais réveillée après tout – ou de tes vêtements d’entraînement qui n’avaient rien à voir avec tes beaux kimonos, tu te rendis sur à l’orée du village.

Ton regard azure scrutait la nuit avec impatience, voire même un peu de peur. Tu désirais le voir arriver tout pimpant et lâcher une de ses plaisanteries dont tu ne saisissais pas toujours toutes les nuances. Tu espérais voir Yuriko arriver et te dire que ce n’était qu’une fausse alarme qu’il n’avait été retenu que par un caprice de dame nature.

Toute la nuit, tu restas sur place toute la nuit à attendre, à espérer les voir arriver. La poste n’était pas instantanée. Peut-être étaient-ils en chemin pour Konoha déjà ? Non, ils t’auraient laissé un message … certainement.

Insupportable, l’attente était insupportable. Ne rien savoir, ne rien pouvoir faire, d’où tu étais t’enrageait. Les limites de ta patience testée au maximum, alors que quelques curieux te pointaient du doigt. Tu les ignorais du mieux que tu le pouvais, mais ce n’était pas tâche facile. Étant seule avec toi-même, avec tes pensées qui ne faisaient que s’assombrir à chaque minute qui passait.

Assise sur le côté du chemin, les genoux contre la poitrine et le menton contre les genoux, tu dans un geste absent tu tournais et retournais une fiole d’Onguent de Paix. Peut-être était-il temps de rentrer, peut-être les avais-tu réellement manqués ?





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Vient l'orage
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" La vie de famille requiert une force, une persévérance, un oubli de soi dont le bonheur de ses membres est le fruit. "




Aussi loin que pouvait remonter ses souvenirs, Kyoshiro avait toujours été là pour elle, son sourire, sa force et son courage pour faire face à l'adversité. Et alors qu'elle le portait à la force de ces bras sur son dos, les images de ce qu'il avait été jusque là lui revenait à l'esprit comme un film un peu vieilli. Elle se souvenait du petit garçon auprès duquel elle se tenait pour être ses yeux, elle se souvenait de l'adolescent qui n'avait ne cesse de lui faire des blagues d'un goût douteux, elle se souvenait de l'homme adulte qui lui inspirait de la fierté. Pourquoi avait-elle l'amère impression que tout cela ne serait plus, que cette personne là n'existerait plus? C'était comme si la pellicule de leur histoire prenait lentement feu pour ne devenir que cendre.

Combien de temps à présent depuis qu'elle et le jeune Akira l'avaient retrouvé? Peut-être quelques heures car la nuit était tombée. Elle ne savait plus car la fatigue la saisissait. En effet, Yuriko avait dépensé beaucoup de chakra afin d'apporter les premiers soins à son jumeau, et même avec le sacrifice de son énergie, il y avait encore beaucoup à faire. Si elle avait pu refermer les plaies des mutilations les plus profondes, son corps était recouvert de blessures qui prouvaient que les hommes qui s'en étaient pris à lui savaient pertinemment où taillader pour faire mal, où frapper pour briser. Lamentable dans un combat direct mais bel et bien les rois dans les pratiques les plus lâches.

La tête de Kyoshiro reposait sur son épaule, lui permettant ainsi de s'assurer qu'il respirait toujours guettant la moindre irrégularité dans son souffle. Bien que la jeune femme était dotée d'une grande force, le poids de son jumeau lui paraissait étonnamment lourd et cela ralentissait son avancée. Puisque toute son attention était retenue par la charge de son aveugle de frère, elle comptait sur la présence d'Akira pour la guider sur le chemin vers le village qu'elle lui avait indiqué. Il serait son escorte et son guide.

" Dépêchons-nous Akira-san! Nous devrions ne plus être très loin. Mon amie doit nous attendre... "

Cette remarque était en réalité plutôt adressée à sa propre personne, pour se motiver, pour ne pas lâcher. De toutes les manières, la détermination de la jeune femme a sauvé son frère était telle qu'elle aurait pu continuer en rampant à le trainer jusqu'au point de rendez-vous si cela avait été nécessaire.

" Tiens bon Kyoshiro. Nous y sommes presque. "

Pas après pas, Yuriko portait son regard au devant, sur la si petite silhouette du genin qui devait faire beaucoup d'effort à son tour. Lui aussi devait être éreinté par la situation. Il avait vu.... beaucoup trop de chose pour quelqu'un comme lui. Mais leur délivrance arriva bientôt quand ils parvinrent miraculeusement à destination. Un chemin, la silhouette d'une femme assise, et la lumière de la lune qui éclairait ses cheveux d'une couleur si caractéristique. C'était Sayuri. Elle avait pu venir.

" Sayuri-san! "

La voix de la kunoichi trahissait les efforts qu'elle déployait et son allure.... l'incident. Elle était couverte de sang, de celui de ceux qui s'étaient dressés sur son chemin, de celui de son frère. D'ailleurs, Kyoshiro était toujours inconscient sur son dos et portaient les affaires qu'Akira avait pu trouver sur place.

La konohajin regarda son amie avec une mine attristée mais elle voulut la rassurer immédiatement.

" Il est en vie.... mais dans un mauvais état... "

Yuriko se sentait encore le courage de le porter, elle y laisserait toutes ses forces si c'était nécessaire car rien n'avait d'importance si ce n'était son frère.

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vient l'orage

☽ • ☾

J’étais terrorisé, interdit d’être tétanisé pour l’heure, obligé d’avancer tel un chien devant guider un aveugle - Sans mauvais jeu de mot. - . J’avais peur, réellement, mais j’avançais, prudemment, parfois chancelant quand les bruits devenaient de plus en plus réelles autour de moi. On pourrait se faire attaquer à tout instant et à en croire l’état de la jeune femme, je ne me faisais guère d’illusion sur notre survie. Quant à moi ? Si je réussissais à nous guider entre les arbres, je doutais de fort avoir la moindre chance dans un nouveau combat. J’étais étrangement bien plus fatigué qu’à l’accoutumé, mon Sharingan me drainant plus d’énergie à chaque seconde, pourtant il m’était indispensable. Bien évidemment que je ne pourrais pas nous éviter la mort, mais si je pouvais la prévenir… Si je pouvais voir les choses arriver pour qu’elle puisse éviter le choc… Au moins serait-il réellement sauvé non ? Me sacrifier, en serais-je capable dans le fond ? J’avais bien su sortir du village pour autre chose qu’une mission officielle. J’avais bien su partir dans mon coin pour trouver des indices, j’avais même été jusqu’à suivre une femme pratiquant le plus vieux métier du monde juste pour trouver une piste. Et j’avais lancé un Genjutsu à cette dernière, comme j’avais finalement eu du sang sur les mains avant de voir une personne que j’avais cru infaillible être réduite en cendre par la violence de son emprisonnement. J’avais su faire des choses aujourd’hui. J’avais su me dépasser, repousser la violence de cette réalité pour finalement atteindre mon but. J’avais su… Mais j’avais été effrayé à chaque pas, chaque souffle. J’avais peur et la peur, bien qu’elle m’ait donné du courage, n’allait certainement pas me pousser jusqu’à ce sacrifice ultime qu’était ma vie.

J’avais honte, sincèrement, mais que pourrais-je y faire au final ? Pas grand chose. Je ne serais qu’une ultime déception pour un être qui cette fois-ci trépasserait à cause de mon incompétence. La seule chose positive à tout ça serait peut-être qu’il ne reprendrait jamais connaissance et que donc, il ne saurait jamais réellement à quoi je l’avais condamné.

Ces pensées étaient mauvaises, malsaines, mais réelles. J’étais tant sortie de ma zone de confort qu’un rien pourrait tout faire basculer. D’ailleurs ma nervosité me trahit à l’instant même où la Kunoichi entreprit de briser le silence pour me presser. Sursautant alors, je ralentissais pour la regarder, comme si mon changement d’allure pourrait y faire quoi que ce soit. Elle semblait épuisée, à bout de forces et je ne comprenais pas bien ce que j’aurais pu faire de plus si ce n’est la guider jusqu’à cette destination. Nous ne pouvions pas aller plus vite, l’état de l’homme ne le permettait pas et si seulement je n’étais pas aussi petit par rapport à elle, je me serais bien proposé pour l’aider à porter, mais là… Je ne serais qu’un poids très peu endurant dans tous les cas… Je ne pouvais rien faire.

Me retournant sans un mot, et ce malgré le nœud qui finirait par me broyer l’estomac, je repris la route, essayant de ne pas me concentrer sur autre chose que cette route. Si j’avais peur de chaque craquement, comment pourrions-nous arriver à destination ? C’était impossible. Fort heureusement le bois des arbres finit par céder sa place à des espaces plus dégagés et avec eux se révéla une jeune femme au loin. Elle semblait douce, fragile peut-être, mais elle n’avait pas la même brutalité que d’autre et c’est pourtant avec prudence que je franchis la distance qui nous séparait. Elle était une amie de Kyoshiro et de sa sœur, je doutais sincèrement qu’elle puisse être une menace, mais j’étais si… Épuisé et mon maître si blessé que le doute resterait permis, du moins pour l’instant. L’observant donc prendre conscience de notre présence, je finis par m’arrêter à quelques mètres d’eux. Les observants comme un spectateur pourrait admirer une pièce. Je ne la connaissais pas. Je ne connaissais pas plus la sœur de mon Sensei. En fait la seule personne qui ne m’était pas étrangère était actuellement dans un sommeil inconscient. Incapable de nous rejoindre, de nous parler. Il était au plus mal et la Kunoichi ne tarda pas à le signaler. Certes elle avait indiqué qu’il était encore en vie, mais cela demeurait qu’une question de temps avant qu’une infection où je ne sais pas quoi attaque son sang. Qu’une question de temps avant la mort…

Qui qu’elle soit, elle devait le sauver. La soeur du blessé avait préféré venir la voir elle, une étrangère au village et elle nous avait ainsi coupé la retraite vers le village. Nous ne pourrions pas faire demi-tour, plus maintenant, et l’avenir de l’homme se jouerait entièrement ici.

Étais-je prêt à le voir partir ? Je n’en avais aucune idée, mais mon regard carmin se posa finalement sur lui, détachant chaque blessure, chaque saignement traversant le tissu. Il avait sans aucun doute vécu l’enfer, il en était ressortie à peine vivant… Mais il s’en était sorti. Il ne pouvait pas mourir maintenant non ? Cela serait beaucoup trop injuste, anormal même. Nous étions venus à la rencontre de cette Sayuri, nous avions fait tout ce chemin pour elle… Elle devait pouvoir faire quelque chose, ne serait-ce que pour soulager mon cœur qui ne saurait pas tenir plus longtemps. Il y avait trop de… Trop de souffrance. Trop de douleur. J’avais peur d’une multitude de choses, mais sa disparition à lui me semblait-être de plus en plus douloureux à accepter. Impossible même. Alors je ne pouvais pas m’y résoudre. Je devais simplement… Je devais simplement laisser une chance à l’univers de tourner droit pour une fois. J’avais aidé à le trouver non ? Je n’avais pas complètement échoué, alors il devait survivre, juste pour me prouver qu’il y avait un sens à tout ça. Que se mettre en danger pour quelqu’un qui en valait la peine rendait les choses réelles justement. Je ne pouvais pas, je ne pourrais pas. Même si j’avais vu les pires choses en si peu de temps, je refusais de le perdre… Si ça arrivait… Sans doute que je ne saurais réellement pas m’en remettre… Je perdrais le peu d’espoir qui avait pu naître en moi. Elle devait réellement le sauver.


☽ • ☾
ft. Sayuri, Kyoshiro & Yuriko


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Vient l'orage

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Je n'arrive pas à me convaincre que je n'ai besoin de rien ni personne 









***

Des ombres se détachèrent deux silhouettes, celle d’un jeune garçon suivit d’une autre grande, difforme comme si deux êtres partageaient le même espace … comme si quelqu’un portait le poids du monde sur son dos. À leur approche, tu pus confirmer que c’était bien le cas. Yuriko portait son frère, inconscient. La tête de Kyoshiro était appuyée sur l’épaule de Yuriko, les yeux fermés. Du sang. Du sang sur elle. Sur lui. Sur l’enfant. Du sang partout.

Tu voulus ouvrir la bouche, dire quelque chose, mais tu en étais incapable. Ce spectacle t’avait coupé le souffle, arrêter le train de tes pensées. Dans ta poitrine, ton cœur se remit à battre avec force, alors qu’autour de toi, la réalité vacillait.

D’où pouvaient-ils venir dans cet état ? Que c’était-il passé ? Ce sang, tout ce sang … Était-il de Kyoshiro ? Non, c’était impossible. Sinon il serait déjà mort. Il ne pouvait pas l’être. C’était impossible.

Tu avais encore besoin de lui.

Tu te levas à la hâte et allas à leur rencontre à grand pas. Tes yeux ne quittaient pas la silhouette inconsciente de Kyoshiro. Ils piquaient, tu ne comprenais pas pourquoi. Le voir dans cet état, voir ton amie ainsi également. Horrible. Tu te sentais horrible. Tu n’avais pas pu leur venir en aide plus tôt. À la place tu avais attendu, tu avais hésité et perdu ton temps. Tu n’avais pas été là lorsqu’ils avaient eu besoin de toi, le vide, le mal que cette réalisation créait en toi.

Tu t’approchas d’eux d’un autre pas, lent, hésitant. Tes sourcils se froncèrent, ta bouche restait légèrement entreouverte, alors que tu désirais bien dire quelque et que les mots se dérobaient avant même que tu puisses les dire. Tu avais l’air anéantie, du moins pour quelqu’un qui te connaissait un minimum.

Ton esprit enregistra à peine les informations que te donnait Yuriko. Tu tournais en rond, te ramenant toujours au pire. S’il n’était pas mort, il le serait bientôt. L’espoir ne faisait pas parti de ton vocabulaire et toujours tu te préparais pour le pire, n’accordant à ton coeur aucune lueur, aucun peut-être … mais tu avais encore besoin de lui.

Tu posas ta main sur sa joue. Ce n’était pas que tu ne la croyais pas, mais, plutôt, que tu avais besoin de confirmation. Tu avais besoin de te prouver qu’il s’en sortirait. Il était encore chaud et il respirait. Ton souffle trembla, car cet espoir qu’habituellement tu te refusais, commençait lentement à s’infiltrer. Tu allais tout faire pour qu’il se réalise, car il t’avait promis et tu avais encore besoin de lui.

Il y avait un nœud dans ta gorge, un poids dans ton ventre. On t’avait tant pris, il n’était pas question qu’on te l’arrache aussi. Angoisse prenante, dévorante. Tu tournas le regard vers Yuriko.

« Dépêchons-nous. »

C’est à ce moment que tu te retournas vers l’enfant. Ses yeux étaient rouges. En plus du sang, en plus de son expression de chien blessé et son teint pâle, il y avait ses pupilles, trésors des Uchiha. À le voir, il devait être passé par un cauchemar duquel il n’arrivait à se réveiller. Si c'était un cauchemar pour Yuriko et toi, tu ne pouvais même imaginer la douleur de cet enfant. Il ne devait pas avoir goûter à toute l'horreur du métier qu'il avait choisis ...

« Nous irons chez moi, c’est petit, mais au moins nous auront de la tranquillité. »

Il fallait te détacher pour formuler des pensées rationnelles. Il fallait remettre le masque de l’araignée et reprendre le dessus. Sa vie était entre vos mains et tu ne pouvais te permettre de perdre plus de temps. Te mettre à bouger, répondre à l’urgence de la situation. Tu gérerais tes émotions plus tard, quand il sera stabilisé, quand sa vie ne sera plus en danger.

Une bonne inspiration et tu pris l’avant du groupe pour les guider en direction du domaine Yamanaka. Les poings serrés, une nouvelle détermination dans les regards, tu te mis en marche. Tu n’offris pas à Yuriko de porter son frère, bien que tu y eusses penser, surtout en voyant l’état de ton amie, mais tu te dis qu’elle ne voudrait s’en délester. Pas lorsqu’ils étaient si près l’un de l’autre, pas l’autre qu’il était à fil de la mort.

Le domaine n’était pas très loin, seulement heure et demi de marche, un peu moins à la course ninja. À votre arrivée, tu indiquas à Yuriko qu'elle pouvait installer son frère dans ton lit alors que tu allas préparer une bassine d'eau.





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Vient l'orage
ft Sayuri & Yurikô & Akira







Bon nombre de sages esprits s'étaient penchés sur la signification des rêves, comme le reflet de l'inconscient et la manifestation des désirs profondes chaque individu. Le royaume des rêves était nimbé de mystères, un monde où un enfant pouvait s'imaginer arriver tout nu à l'école tandis qu'un père serait réuni avec femme et enfants perdus depuis bien trop longtemps, un monde où joie et malheur coexistaient dans une harmonie chaotique. Bon nombre de fois le jeune homme avait entendu ses petits camarades parler entre eux de leurs rêves mais jamais il n'avait pu en discuter avec eux, car jamais n'avait-il eu le privilège d'être touché de la sorte par le maître de ce monde...ou de s'en souvenir, en tout cas. Ses rêves à lui étaient l'odeur des fleurs de son jardin secret, la peau douce d'une femme sur ses doigts, le goût métallique du sang dans sa bouche et la saveur sucrée de quelques boissons prohibées aux mineurs : le reflet de sa vie, en somme. Regrettait-il de ne pas pouvoir voyager vers quelques contrées inconnues où ses rêves les plus fous prendraient vie ? Ne souhaitait-il, même en rêve, pouvoir observer les yeux de sa sœur ou de celle qui faisait battre son cœur ? Il le souhaitait, plus profondément et intensément que n'importe quoi d'autre mais la vie en avait décidé autrement, elle avait établi que lorsque le jeune Tadake s'endormirait il ne verrait que les ténèbres et ne sentirait que le lourd poids du silence. Rien de plus, rien de moins.
Mais ce jour-là, au milieu de ce silence, la vie décida de faire une exception à la règle en lui permettant de se rappeler de son passé, son plus récent passé en tout cas car cette inconscience n'avait été aucunement souhaitée par l'aveugle. Pendant ce qui lui avait semblé être une éternité, plusieurs jours pour ses proches en tout cas, son esprit alterna entre le bon et le mauvais, entre rêve et cauchemar sans qu'il n'ait aucun contrôle dessus. Il se rappelait de la dernière fois où il avait été sur la tombe de son ami, de sa rencontre avec celle qui faisait battre son cœur, de sa fugace nuit de plaisir avec la dénommée Kumako, de la conversation qu'il avait eu avec son cher élève Akira et, lorsqu'il commençait à se sentir pousser des ailes, son esprit tint à lui rappeler l'événement qui l'avait brisé. Corps et âme.

Au début ce ne fut qu'un murmure, qu'un remous juste sous la ligne de flottaison lorsqu'il se rappela sa perte de conscience initiale et la garce qui en avait été le principal instrument. Puis les vagues gagnèrent en intensité et, seconde après seconde, heure après heure, son esprit fit remonter à la surface chaque petit moment de sa captivité et tout ce qui était passé par sa tête à ce moment là. Sa volonté de vivre, son acceptation de la mort, la volonté que sa sœur tourne vite la page quand il mourrait et, enfin, un souvenir plus puissant vint percer les vagues pour se diriger droit vers les sombres cieux. Le moment où il avait cessé de lutter, où il avait baissé les bras pour laisser sa bestialité prendre les rennes en emportant le maximum de ces enfoirés avec lui. Il ne s'était pas attendu à survivre, juste à partir de la plus sanglante façon possible et pourtant il savait qu'il avait survécu, car même en état d'inconscience il se rappelait de la chaleur de sa sœur tout contre lui. Il se rappelait des sanglots dans sa voix, de son corps tremblant et, surtout, du rappel qu'il n'avait pas le droit de l'abandonner.

Oui..elle avait raison. Quand avait-il oublié ? Quand était-il devenu assez stupide  pour se penser assez insignifiant pour que sa jumelle puisse jamais l'oublier ?  N'était-il pas censé être celui qui lui redonnait l'espoir au lieu de la tirer vers le bas ? Que pensait-il qu allait arriver si elle avait appris sa mort, au lieu de le retrouver dans un aussi pitoyable état ? Non, même inconscient il savait que le pire scénario possible s'était produit : elle l'avait vu telle qu'il n'aurait jamais voulu être. Pendant longtemps il avait souhaité être le plus vertueux des hommes, le plus brave, le plus courageux, le plus acharné de sa génération, celui vers qui tout le monde se tourner en cas de coup dur.
Comment pourrait-elle encore le faire, elle qui l'avait vu sous son jour le moins flatteur ? Aurait-elle jamais confiance en lui maintenant qu'elle savait de quoi il était capable quand il était acculé ? Maintenant qu'elle avait vu à quel point la vertu était absente chez lui ? Le plus dur n'avait pas été la douleur, pas le traumatisme ou la proximité avec la mort, non.

Le plus dur était que, en ayant lâché les rennes ainsi, Kyoshiro avait peut-être perdu sa jumelle pour toujours.

Combien de temps dura cette rêverie ? Combien de temps lutta t-il pour repousser ce dont il ne souhaitait pas se souvenir ? Une éternité et même lorsque son esprit regagna le royaume des vivants il ne se sentait pas sorti d'affaire pour autant. Il lui fallut deux  bonnes minutes pour comprendre qu'il n'était plus au royaume des songes et deux minutes de plus pour sentir qu'un doux tissu était en contact avec ses mains. En rouvrant ses yeux inutiles en direction du plafond il réalisa qu'il n'était plus dans cette grotte, plus enchaîné à cette fichue chaise et, alors que son esprit allait s'enquérir de l'état de sa sœur aimée, ses pensées furent écrasées par le bruit d'un tambour qui lui faisait un mal de chien. La tête toujours reposée sur l'oreille, il porta faiblement une main jusqu'à son crâne tout en serrant les dents face à cette douleur qui pulsait à intervalles réguliers.

« Ma tête...»

Les maux de tête ne lui étaient pas étrangers, ces derniers allaient de paire avec le syndrome de la gueule de bois devenu son compagnon depuis mais ici c'était différent. Il avait l'impression d'avoir la tête dans un étau et, en sentant cette douleur se faire de plus en plus intense il usa de ses coudes pour se redresser. Serrant les dents face à la douleur qui lançait ses côtes sensibles, il fut un instant captivé par les senteurs de fraîcheurs et autres odeurs singulières qui vinrent titiller ses narines, mais déjà la douleur revenait à la charge
.
« Put...»

Sa main vient enserrer son crâne, attrapant son cuir chevelu comme si ce contact pouvait arracher cette douleur de son crâne, en vain. Alors qu'il se pensait tiré d'affaire, alors qu'il pensait résister à ce flot continue, son esprit fit rejaillir de la surface le souvenir de cette captivité et la douleur qui allait avec. Une main sur le crâne, Kyoshiro serra les dents en sentant une vague foudroyante de souffrance l'envahir comme si toutes ses blessures s'étaient rouvertes d'un coup, comme si son esprit avait cru bon de lui rappeler sa perte de contrôle et les sensations qui allaient avec. Sa main gauche tremblante vint agripper le drap qui le couvrait, alors que sa peau prenait presque littéralement feu, brûlant d'une chaleur bien plus insoutenable que pendant n'importe quelle nuit passionnée déjà vécue.

Il avait mal mais savait que cela ne venait pas de son corps. De sa tête, uniquement de sa tête. Le seul adversaire contre qui il ne pouvait pas faire grand chose.

Sentant ce brasier monter en lui jusqu'à sa gorge, sentant sa respiration se bloquer alors que son cœur battait la chamade, alors que sa poitrine lui faisait un mal de chien là où se trouvait la plus grosse et longue estafilade jamais reçue, l'homme aurait voulu crier mais rien ne sortit de sa gorge. Prostré, sa main tenant douloureusement son crâne et sa crinière, sentant qu'il allait de nouveau perdre la boule sous le poids de ce traumatisme qu'il essayait d'oublier, Kyoshiro couvrit subitement ses oreilles de ses deux mains avant de se courber en avant de douleur. Enfin, enfin il parvint à expulser toute la rage, la colère et la souffrance accumulées dans sa poitrine dans un cri...non, pas un cri, pas le hurlement d'une bête mais la complainte d'un homme.

« QU'EST-CE QUI M'ARRIIIIIIIIIVE ???»

Presque assez puissante pour faire trembler les fenêtres de la modeste demeure où il se trouvait, cette complainte ne fut pas aussi libératrice que prévue car, si le tremblement dans les jambes du jeune homme avait cessé, la douleur était toujours bien présente. Elle allait passer, elle devait refluer comme les vagues face à la marée et pourtant Kyoshiro avait l'impression de se battre contre un flot ininterrompu. Le dos courbé, les épaules voûtées et les mains plaquées sur les oreilles, comme si ce geste devrait couvrir le bruit du couteau tranchant sa chair ou le son qu'avait fait la bête au moment de massacrer son bourreau, l'homme serra les dents pour juguler la douleur.

Il avait peut-être été brisé mais il était encore Kyoshiro, Kyoshiro Tadake. Il avait déjà baissé les bras une première fois et n'était pas prêt de recommencer. Il ne pouvait pas faire grand chose pour le moment  à part lutter contre la douleur, lutter contre son esprit en attendant que cela passe et après...après il pourrait faire le bilan de ce qu'il restait vraiment de sa psyché brisée. Après il pourrait entamer sa reconstruction.

Brisé mais pas vaincu.






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Yamanaka Sayuri
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Vient l'orage

Tadake Kyoshiro,Tadake Yuriko, Uchiha Akira et Yamanaka Sayuri

Je n'arrive pas à me convaincre que je n'ai besoin de rien ni personne 









***

Les jours succédaient, mais tu ne voyais pas d’amélioration concrète de sa situation. Tu tournais en rond chez toi, ne sachant pas quoi faire. Tu n’étais pas médecin, tu ne pouvais donc rien pour le soigner, il fallait t’en remettre à Yuriko. Inutile, tu étais entièrement et complètement inutile. La seule chose que tu pouvais faire était de le veiller quelques instants, de mettre une serviette humide sur son front et essuyer la sueur de temps-en-temps.

Tu n’avais même pas averti Ao de la situation, préférant rester chez toi, juste au cas où il se réveillerait et de toute façon, Ao était l’intendant du clan, il avait beaucoup à faire, alors ton absence ne devrait pas être remarquée, de toute façon.

Assise à ton bureau de travail tu lisais quelques rapports de missions, sans vraiment les comprendre, car tu n’avais pas la tête à ça, tes yeux se levant sans arrêt des lignes habilement écrites pour se poser sur l’homme encore endormi dans lit. Tu l’observais respirer, te rassurant ainsi qu’il allait s’en tirer.

La concentration te fuyait, tu n’arrivais à rien depuis leur arrivée chez toi. Entre l’humeur sombre du gamin, les blessures de Kyoshiro et tes tentatives plutôt maladroites de remonter le moral de Yuriko (en lui proposant par exemple de boire), il t’était impossible d’être productive dans n’importe quelle tâche – la seule ayant actuellement porté fruit était la fabrication de quelques-uns de tes poisons, puisque l’exercice t’absorbait tout entier.

Malgré les trois âmes de plus entre ses murs, ta maison demeurait relativement silencieuse, chose étrange, tu devais bien l’admettre. Tu te serais attendue à plus d’action, mais tu n’allais pas t’en plaindre, tu aimais la tranquillité.

Tranquillité qui fut rompue par une voix que tu ne pensais pas entendre avant encore plusieurs jours. Aussitôt tu laissas tomber ton parchemin pour prendre place près de lui. Pourtant, tu ne fis rien. Tu étais là, mais tu ne savais pas comment l’aider. Appeler Yuriko ? Il semblait tellement en souffrance …

Ta main suspendue entre vous. Tu aurais le prendre dans tes bras, tenter de le rassurer comme il t’avait déjà rassuré, mais était-ce bien la chose à faire ? Allait-il te repousser ? Il avait probablement oublié les instants passés avec toi, même si, toi, tu t’y accrochais avec force et malgré toi, car les dieux peuvent bien témoigner de tes nombreuses tentatives pour l’oublier ou pour te convaincre que tu n’avais pas besoin de lui.

Sa main serrait le drap avec force. Ce n’était pas le temps de t’apitoyer sur toi-même et toutes tes émotions qui faisaient tempête. Tes doigts, toujours aussi froids, vinrent se poser sur sa main alors que tu murmurais :

« Je suis là, ça va aller. »

Tu savais qu’en général ces paroles étaient réconfortantes, mais le serait-elle pour lui ? Tu en doutais, après tout, il n’allait probablement même pas te reconnaître. Tu savais que c’était le karma qui te punissait d’avoir vécu la vie que tu avais toujours vécue (et que tu ne comptais pas abandonner), mais tu espérais. Tu espérais arriver à lui apporter un peu de réconfort.

Mais ses mains attrapèrent son crâne de chaque côté, alors qu’il se repliait lui-même sous le poids de la douleur. Le regarder souffrir te faisait mal, trop mal. Et ta main resta contre la couverture, immobile, impuissante. Tu ne pouvais chasser sa douleur et tu n’avais aucune idée de ce qu’il ressentait ou du souvenir qu’il revivait. Tu l’observais, silencieuse, mais surtout inquiète.

Il était comme le soleil, mais en ce moment, il te faisait davantage penser à un soleil que l’on avait noyé dans l’océan, jusqu’à en éteindre les flammes. Et son cri. Son cri glaça le sang dans tes veines, tu fis retenir ton souffle.

Que pouvais-tu bien faire ? Rien. Rien du tout. Tu avais beau être une Yamanaka, tu avais beau être l’une des femmes les plus puissantes de ton clan, tu avais beau être là … Tu ne pouvais qu’être témoin silencieux de cette douleur. Et tu sentais ton cœur s’effriter dans ta poitrine. Il avait su te tendre la main, mais tu ne pouvais lui rendre la pareille. Tu ne savais ne savait tout simplement pas comment le faire.

Les autres ne devaient pas être bien loin de toute façon, ils arriveraient bientôt. Peut-être sauraient-ils le réconforter ? Ils devaient de toute façon mieux le connaître que toi qui n’avais partagé que quelques jours avec lui.

Avec hésitation, tu pris l’une de ses mains entre les tiennes et l’attiras vers toi.

« Je suis là. J’ai encore besoin de toi, tu sais … »

Égoïste ? oui et tu ne t’en cachais même pas. Tu avais besoin de lui, tu avais besoin de sa lumière, de ses sourires, de sa façon si positive d’aborder la vie. Peut-être qu’il ne serait pas capable de te la montrer avant quelque temps, mais tu avais besoin de la revoir. Le long moment entre vos deux rencontres te l’avait bien fait comprendre. Tu avais besoin lui et tu n’y pouvais absolument rien.

Ta voix était implorante et tu te sentais pathétique, mais tu n'en avais plus rien à faire. Tes doigts resserrent leur prise sur sa main. Tu étais là et peu importe ce qu’il avait besoin, tu ferais tout ce que tu pouvais pour le lui donner.





CSS par Gaelle



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Vient l'orage
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" La vie de famille requiert une force, une persévérance, un oubli de soi dont le bonheur de ses membres est le fruit. "


Un vent léger s'était levée, caressant la peau opaline d'une jeune femme dont le regard noir s'était perdu il y a quelques instants encore dans le lointain. Ses cheveux dansaient par intermittence au grès du souffle de dame nature et les ombres des feuillages dessinaient des figures fantomatiques sur son corps présentement endormi. Yuriko s'était assoupie depuis quelques minutes, adossée à un arbre tout près de la maison de son amie Sayuri. Cela faisait des jours qu'elle n'était jamais loin de ce lieu, des jours où elle avait donné toute son énergie et son chakra pour sauver son frère. Des jours où elle se refusait tant qu'elle pouvait le sommeil comme si chaque minute, chaque seconde avait son rôle à jouer dans les soins qu'elle donnait à Kyoshiro. Son comportement était sans nul doute déraisonnable mais il s'agissait de la vie de son jumeau....


Quelques jours plus tôt...

Ce fut dans un état effroyable que les konohajins étaient parvenus dans le village des Yamanakas, et dans le chaos le plus total que la kunoichi avait concédé à déposer le corps de son frère dans la maison de celle avec qui elle partageait Kyoshiro. Elles n'avaient d'ailleurs échangés que bien peu de mots depuis leurs retrouvailles car leurs intérêts étaient tournées dans la même direction : sauver un homme qu'elles aimaient toutes les deux.

Tout fut précipité, tout devait se faire vite.

" Il faut trouver d'autres médecins... il faut des bandages, des pansements, beaucoup... il nous faudra aussi des anesthésiques... Il faut faire baisser sa température..."

L'épuisement de la jeune femme était palpable car elle était essoufflée, elle avait puisé dans toutes ses forces pour faire le nécessaire... mais elle conservait toute sa lucidité, tout son sang-froid. On voyait à son regard, prisonnier de son émotion mais aussi de sa détermination, qu'elle avait déjà eu affaire à des cas désespérés, qu'elle avait déjà été amené à sauver ses compagnons dans la détresse la plus complète. Elle ne lâchait rien. Elle ne l'abandonnerait pas.

" Je me suis occupée des hémorragies les plus importantes, mais il a été maltraité pendant plusieurs jours.... Il faut que l'on s'occupe d'éventuelles... d'éventuelles infections... Il faut... il faut désinfecter.. tout... "

Yuriko tomba subitement à genoux, ses jambes tremblaient et son teint, malgré le sang qui la recouvrait, on la devinait blême.

Malgré les conseils, malgré les remarques, la konohajin avait refusé de quitter la chambre. Elle avait seulement accepté de s'assoir sur une chaise tout près du chevet de son frère et de s'assurer de chaque geste des Yamanaka médecins. Elle ne doutait pas des compétences de ces derniers mais elle savait où agir et comment pour plus d'efficacité. Cela dura des heures et des heures. Yuriko avait refusé de manger, de se laver tant qu'elle n'était pas certaine qu'il serait sortie d'affaire. Tel était la dévotion de la jumelle à son jumeau.

La jeune femme ne se relâcha que lorsqu'elle sut que le plus dur était derrière eux, mais elle n'était qu'une ombre à ce moment là. Après avoir mangé, avoir s'être enfin changé, elle demeura près de Kyoshiro, la main posée sur la sienne pour qu'il sache que sa sœur était là. Elle alternait ainsi la surveillance avec Sayuri, et même Akira... toutes les journées qui suivirent.


A présent...

" QU'EST-CE QUI M'ARRIIIIIIIIIVE ??? "

Yuriko eut un sursaut. Cette voix, c'était celle de son frère. Elle en devinait toute la douleur, toute la souffrance, et elle n'avait jamais été aussi prompt à se lever. Face à cet appel, elle courut directement dans la maison de Sayuri. Cette dernière était restée dans la maisonnée et grâce à tous les dieux, elle était avec lui.

" Kyo!!!! Kyo!!!!!! "

La jeune femme se précipita aux côtés de Sayuri.

" Nous sommes là mon frère.... Calme-toi... tout est fini... Tu ne crains rien ici... Tu es sauf..."

Yuriko porta son attention sur son amie, toutes les deux avaient la même expression, une forme d'inquiétude. La dure réalité avait failli leur arracher Kyoshiro, mais elle ne savait pas ce que l'on avait bien voulu leur laisser de lui. Mais l'aveugle était un homme fort. Elles ne devaient pas douter. Elles devaient croire en lui.

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vient l'orage

☽ • ☾

Les choses n’avaient pas été réellement faciles depuis que nous étions ici. Il y avait eu beaucoup de moments ou la solitude, ou l’éloignement s’était fait sentir. Clairement, je n’étais pas à l’aise ici, pas certain d’avoir une place, pourtant je restais, car j’étais là pour lui et qu’il semblait aussi impossible que je puisse rentrer seul sans craindre la mort. Alors j’étais resté là, figé dans un état second dans lequel je n’arrivais pas réellement à sortir. Cette femme, le salut qu’elle représentait avait bien su me trouver, mais passé cet instant, il n’y avait guère eu plus d’animation. C’était l’attente, uniquement cette dernière qui m’animait. Je ne voulais pas qu’il meurt, naturellement, mais plus le temps passait et plus je me disais que cela finirait par arriver. On avait mis quoi ? Deux, trois, quatre jours pour arriver ? Pour venir l’aider ? Ça avait sans doute suffit à le faire tomber et une fois que son coeur cesserait de battre, le peu d’espoir qui m’animait encore et qui me retenait encore dans ce monde finirait par disparaître.

Je disparaîtrais, sans doute pas comme ça, pas physiquement, mais je plongerais dans les ténèbres que l’on m’avait offertes, je sombrerais dans un monde où seule la reconnaissance aurait sa place. Je ne pourrais pas faire vivre ses mots en moi, ils disparaîtraient, comme lui, comme mon innocence, comme mon enfance.

Il n’avait pas le droit de mourir…

Seulement avais-je vraiment mon mot à dire ? Pourrais-je réellement l’en empêcher ? Je n’en étais pas bien sûr. J’étais même certain de n’avoir aucun poids dans la balance. Alors je ne pouvais qu’attendre, qu’occuper mon esprit du mieux que je pouvais pour ne pas penser au pire, pour ne pas voir ces images se répéter en boucles dans mon esprit. J’avais fini par sortir les documents trouvés sur place et après avoir effacé le sang de mon corps et habillé ce dernier de vêtement bien trop grand, j’avais trouvé une place dans un coin de la maison, sur le sol, pour les lires. J’étais invisible, caché derrière un meuble assez grand qui me rassurait dans un sens. Je n’étais pas chez moi, en train de lire je ne savais quoi pour occuper mon esprit et ne pas penser à ce qui pourrait arriver. Alors oui, je restais là, à l’abri des regards, même s'il était plutôt évident qu’elles pouvaient me trouver, il n’y eut pas réellement de confrontation. Non, ni elles, ni moi n’étions réellement bavard et c’était bien ainsi. Seulement, au fil de mes lectures, j’avais fini par trouver une sorte de journal, un registre de ce qui avait été fait, des informations obtenu. Il était question d’un homme aux cheveux blanc, aveugle, de Konoha. Dès les premières lignes, un certain malaise me prit à voir ce qu’il avait pu subir et le constat qu’il pouvait très bien ne pas s’en sortir me revient en plein visage… J’avais dû changer de lectures, passer sur autre chose et prier pour que le sadique qui avait écrit ça ne l’avait fait que pour se venter. Mais quelles en était les chances ? Aucune.

Je peinais à trouver mon calme, tout comme je peinais à manger, ou même à dormir, seulement mon corps était épuisé et bien souvent, je m’endormais, la tête contre le mur. Ces nuits ne duraient jamais longtemps, les cauchemars et les visions d’horreur se succédant bien trop rapidement dans mon esprit pour me permettre de réellement me reposer. Le futur serait fait ainsi ? De souffrance ? De sommeil douloureusement réel ? Je ne l’espérais pas, mais rien ne me laissais croire le contraire. Une punition, un châtiment ? Comment définir ce qui m’arrivait ? Je ne pouvais pas me plaindre encore, l’homme pour lequel nous étions venus ici était encore en vie, ça voulait bien dire que le pire n’était pas encore arrivé… Seulement à penser comme ça, j’allais finir par réellement sombrer, par m’écrouler et même la lecture de tout ça n’auraient aucun sens.

Ça n’avait aucun sens de toute façon, mais… Mais quoi ? Qu’est-ce que je cherchais à faire au juste ? Qu’est-ce que j’attendais ? Je… J’entendis alors un bruit venant de la chambre, une voix qui n’était pas celle de la Yamanaka. Une voix d’homme. Durant une seconde, voir même plus, je ne fis rien d’autre que fixer la porte, comme si quelque chose allait en sortir. J’avais peur de cette réalité et pourtant, s'il y avait une voix masculine, c’était bien qu’il était… Me relevant légèrement tremblant, je laissais tomber les feuilles sur le sol, oubliant tout ce qu’il y avait autour de nous, oubliant les fioles, les parchemins, oubliant l’existence même du monde. Juste cette voix… Il… Je devais en être sûr. Alors je fis un pas de plus, j’avançais vers elle jusqu’à ce que des mots hurlé ne percent la porte et ne me fige définitivement.

On parlait souvent d’un sursaut de vie avant la mort et ce cri y ressemblait parfaitement.

Voyant alors la sœur de mon maître se précipiter dans la pièce, je ne pus qu’entendre les mots des deux femmes cherchant à le rassurer, à le calmer. Il était vivant… J’avais besoin d’en être certain, moi qui n’avais jamais été le voir durant son inconscience par peur de voir la mort en face. M’avançant encore un peu plus, je poussais la porte pour dépasser l’encadrement de la porte et le voir enfin. Il était rongé par les blessures, brisé et les deux femmes à côtés de lui cherchaient en vain de le calmer. Au vu du nombre de bandages qu’il avait sur lui, je doutais que le moindre mot puisse faire quoi que ce soit, il allait simplement souffrir, physiquement, sans pouvoir rien y faire. C’était injuste, terriblement, et le temps que l’on avait mis pour arriver, pour le sauver s’était soldé par une blessure de plus, par une souffrance muette. C’était à cause de nous. À cause de moi… Je savais qu’il n’était jamais absent. Il aurait prévenu… Pourquoi j’avais attendu ? Pourquoi je n’avais pas été plus franc dans mes doutes ?

Alors, quand il se tordit de nouveau de douleur, je fis marche arrière, reculant jusqu’à buter contre le mur. À moins de quitter la pièce, je ne pourrais plus fuir la réalité. Ce qui me faisait le plus peur, c’était bien de ne plus pouvoir décrocher mon regard de lui et c’était ce qui était en train d’arriver. J’avais peur, j’avais mal à le voir ainsi, mais j’étais incapable de bouger. Juste… Je restais là, à le fixer, à espérer. « Il… Il y a rien pour qu’il ait moins mal ? » murmurais-je la voix tellement noué que je n’étais pas certain qu’on puisse m’entendre. On devait le soulager, on lui devait bien ça non ? Mais qu’est-ce qui pourrait le faire ? Quoi pour qu’il n’est plus mal ? Je n’en savais tellement rien… J’ignorais comment faire, j’étais là, tremblant, en vie face à un homme que la mort semblait avoir rongé et je n’étais même pas capable d’aider… Il souffrait et cette vision me consumait bien plus que je ne l’aurais cru.


☽ • ☾
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Vient l'orage
ft Sayuri & Yurikô & Akira







Comme tous les shinobis le jeune homme avait déjà eu son lot de blessure et une relation particulièrement intense avec la douleur, intime sous bien des aspects mais c'était à force de pratique et de temps qu'il avait pu s'accoutumer à cette dérangeante proximité. Il vivait pour se battre et, depuis qu'il avait accepté ce combat, il avait appris à accepter la douleur et laisser ses craquelures se referment ensuite plutôt que de s'épuiser à vouloir vainement lutter. La douleur n’était qu'un signal électrique, qu'une simple information attestant de l'état physique d'une personne et, en sachant cela il était plus facile pour les guerriers de l'ombre d'accepter ce changement comme ce qu'il était : temporaire. Si la mort n'emportait pas un shinobi de ces blessures, dans la majorité des cas ces dernières finissaient par se refermer pour ne plus devenir qu'un lointain souverain les lançant de temps en temps, par jour de pluie par exemple.  Oui, avec le bon traitement la plupart des blessures pouvaient être guéries et la souffrance pouvait être repoussée pour ne plus jamais revenir. Mais alors pourquoi continuait-il de souffrir ? Pourquoi malgré tous ses entraînements et ses mantras ne pouvait-il pas juguler cette douleur pour passer à autre chose ? Parce qu'il s'agissait du cerveau et, si la souffrance corporelle pouvait être acceptée, l'esprit était une toute autre paire de manches.
L'esprit du jeune homme avait toujours été son pire ennemi car il n'avait jamais souhaité lui mettre de barrières, préférant librement et aussi intensément que possible pour écarter tout regret de l'équation mais ici, ce jour-là, engoncé dans ces draps doux et étouffants, il aurait souhaité avoir abordé les choses différemment. Pourquoi n'avait-il pas été plus prudent, plus précautionneux et sage comme pouvait l'être sa sœur ? Parce qu'il n'était pas comme elle, ne pourrait jamais totalement l'être et c'était leur différence qui faisait la force de leur lien. Mais aujourd'hui cette idée était envolée, aujourd'hui il souffrait et serrait les dents en sentant sa tête sur le point d'exploser, comme si son cerveau se compressait autour de son cerveau jusqu'à la destruction totale.  

Il savait que les souvenirs qui martelaient son esprit n'étaient qu'ancrés dans le passé à présent, il savait qu'il avait survécu et n'était plus aux mains dans ces deux empaffés alors pourquoi est-ce que son esprit ne semblait pas le comprendre ? Pourquoi sa psyché s'amusait-elle à le faire souffrir encore et encore ? Non, il savait que ce n'était rien de plus qu'une leçon sous sa forme la plus brutale, un rappel de ce dont il était capable, un appel à ne pas renier cette partie de lui et pourtant...pourquoi cela devait-il lui faire aussi mal ? Peut-être parce que cela faisait trop longtemps qu'il mentait, qu'il se mentait à lui-même. Oui, cela devait être la bonne réponse et pourtant le résultat n'en était pas moins désagréable. Il...pourquoi n'avait-il pas tenté de briser ce mensonge avant que la soupape ne se brise ? Parce qu'il était stupide, stupide, entêté, borné et il en payait désormais le prix.

Combien de temps resta t-il prostré ainsi ? Il l'ignorait et pourtant chaque seconde était plus insupportable que la précédente, chaque respiration était un supplice, chaque nouveau souvenir semblait capable de lui arracher la peau jusqu'à ne plus laisser que ses nerfs à vif. Et pourtant il résistait, il serrait les dents car résister était ce qu'il savait faire de mieux, même s'il ne savait pas quand est-ce que ces vagues de souffrance pure allaient refluer. Puis vinrent quelques mots, une voix qu'il n'avait pas entendu depuis une éternité et dont la main plongea jusque dans son cœur pour en chasser les ténèbres, non sans difficulté. Il...elle ? Avec lui ? Parvenant à peine à comprendre la situation, pas encore en capacité de pouvoir étudier son environnement sans souffrir davantage, il laissa cette douce et froide caresse chasser bon nombre de sombres pensées qui rampaient à la surface en laissant l'une de ses mains venir s'écarter de sa tête.
Il ne comprenait pas tout, n'était pas en capacité de tout comprendre mais cette peau fut le seul premier contact familier depuis...sa perte de conscience ? Oui il avait tourné de l'oeil comme une faiblard parce que, même si cela coûtait de l'admettre, il avait atteint ses limites dans cette grotte. Une heure de plus et Kyoshiro Tadake n'aurait été qu'un nom sur une stèle, un shinobi de plus mort au combat...même si la vérité aurait été bien moins glorieuse.

Au milieu de cette tempête qui grondait le jeune homme capta une autre voix, celle qu'il ne pourrait jamais oublier même s'il perdait l'ouïe, celle qui avait à ses côtés depuis le début et qui le resterait jusqu'à la fin. Même sourd il la reconnaîtrait, même mort il l'identifierait encore avec une facilité déconcertante. Conscient d'être entouré, entendant les mots lancés à son attention, le jeune homme resserra sa main autour de des fins doigts de celle qui faisait battre son cœur, son plus évident point d'ancrage qu'il utilisa pour résister, vague après vague.

« Je pe...»

Il aurait voulu dire qu'il était en train de perdre la tête, de perdre la raison mais ses mots moururent dans sa bouche alors qu'une nouvelle vague menace de l’engloutir. Mais cela n'arriva pas, mieux encore il commençait à sentir son souffle revenir à lui comme si la présence des deux femmes de sa vie était à même de résorber les fissures de son esprit. Soudainement le jeune homme la sentit arriver, la dernière vague, la plus puissante d'entre elles, celle lui rappelait ce que signifiait la rage à l'état pur accompagnée d'autres émotions qu'il se refusait à admettre. Il crut mourir, il crut se sentir partir en vrille mais au lieu de cela il rejeta brutalement sa tête en arrière, ouvrant la bouche comme pour crier aux cieux la rage qui l'animait encore, mais pas un mot ne sortit.

Rien. Le néant.

Puis enfin le Tadake perça les nuages de ténèbres et, alors que son torse et sa tête retombaient lourdement sur le mur derrière lui, peinant à sentir son rythme cardiaque se calmer, il sentit aussitôt sa poigne se détendre et ses épaules se détendre. Enfin il était débarrassé de ce poids et, si la douleur perçait toujours ses tempes, elle ne le paralysait plus comme avant. Sorti d'affaire, oui, mais pour combien de temps ? Car il savait qu'elle reviendrait, il ne le savait que trop bien. Il resta là ainsi immobile pendant deux bonnes minutes, sentant sa poitrine se gonfler et s'affaisser à un rythme décroissant, sentant sa peau se rafraîchir davantage et, surtout, se sentant capable d'aligner deux pensées sans choper un mal de tête monumental digne de ses plus mythiques gueules de bois. Instinctivement sa main gauche, libre, passa le long de son visage avant de ressentir les bandages serrés qui entouraient ses yeux.

Bandages ? Ah oui il avait été blessé, il avait presque failli oublier que son corps n'était pas dans un meilleur état que sa tête. D'un main lente et faiblarde il arracha les bandages sans plus de cérémonie, se sentant enfin libre de poser ses yeux immaculés sur la pièce devant lui. Il ne voyait toujours rien, certes, mais fermer les yeux demandait un effort constant dont il se passerait bien aujourd'hui, au lieu de cela les personnes l'entourant auraient toute l'occasion d'observer ces yeux qui n'avaient rien perdu de leur éclat. Oui ils brillaient d'une souffrance sourde, souffrance qui le forçait encore à serrer la mâchoire car pas encore totalement disparue mais pourtant il allait bien mieux. Il avait bien l'impression de l'être en tout cas.

Lentement, délicatement, sa main droite se sépara de celle de son amante pour remonter le long de son bras, avant de venir entourer ce doux visage. La paume contre sa joue, la tête tournée dans sa direction, l'homme l'accueillit d'un sourire et de quelques courts mots qui en disaient suffisamment.

« Salut, ma belle. »

Si elle croyait qu'il avait pu l'oublier alors cette idée s'envolerait rapidement, elle n'avait jamais quitté ses pensées pendant un seul instant depuis leur séparation. Il avait été brisé mais n'avait jamais oublié qui il était, n'avait jamais oublié ce qui faisait battre son cœur et...ne le pourrait jamais, en fait. Sa sœur ne savait peut-être pas à quel point leur connexion était forte mais, aujourd'hui, elle en aurait un petit aperçu. Instinctivement le jeune homme fit glisser sa main gauche le long de son corps, la tendant vers sa jumelle pour établir un contact ardemment désiré. Pas le même genre de passion, pas le même genre de connexion mais pourtant toute aussi intense.

« Bonjour, toi. »

Après deux minutes de plus d'un silence pesant, s'autorisant enfin à desserrer la mâchoire, l'homme engloba les deux femmes de son regard immaculé avant de se draper du sourire qu'elle le connaissaient si bien, avant de sentir une troisième présence. Quelques secondes de plus furent nécessaires pour identifier...son élève ? Que fichait-il ici ? Était-ce un choix ou sa présence avait-elle été imposée ? Quelle que puisse être le réponse, il accueillit le garçon d'un sourire rassurant et d'un hochement de tête discret.
Peut-être était-il moins radieux que d'habitude, plus fatigué en tout cas mais assurément tout aussi doux et avenant. Fatigué, traumatisé, épuisé et sur les nerfs, peut-être, mais ces deux femmes et son élève avaient le don de faire ressortir ce qu'il y avait de meilleur chez lui. Ainsi, souriant malgré la fatigue qui alourdissait ses membres et rendait ces mains tendues très douloureuses, il les accueillit à nouveau avec légèreté et humour. :

« Ça va vous trois, sinon ? La pêche ? »

Oui, il était bien là. Bien présent. S'inquiétant plus pour ces trois-là que pour lui, comme à son habitude.

Brisé mais reconstruit.

En phase de reconstruction tout du moins.

« Au fait, sans vous embêter, il y aurait quelque chose à grignoter dans le coin ? Je crève la dalle, j'vous raconte même pas.  »




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Yamanaka Sayuri
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Tadake Kyoshiro,Tadake Yuriko, Uchiha Akira et Yamanaka Sayuri

Je n'arrive pas à me convaincre que je n'ai besoin de rien ni personne 









***

Il souffrait. Beaucoup. Trop. Tu n’y pouvais rien et ça t’enrageait. S’il y avait bien une chose que tu détestais c’était d’être impuissante. Sa main entre les tiennes, ce contact devait te calmait plus qu’il ne devait le calmer. Tu étais une femme égoïste, tu le savais, tu l’avais toujours su, mais à quel point ? Ça te frappait cette journée-là. Le voir éveillé te rendait heureuse, bien qu’il soit dans d’atroces souffrances.

Yuriko entra, se jetant à tes côtés pour être près lui également. Tu hésitas même à t’éloigner pour lui laisser plus de place. Tu avais vu tous les efforts qu’elle avait mis pour lui venir en aide et le soigner. Tu avais été le témoin silencieux de sa dévotion pour son frère. Peut-être avait-elle besoin de quelques instants pour être seule avec lui ?

La façon dont elle avait appelé son frère et les mots qu’elle avait choisi. Elle y tenait tellement, tu avais presque l’impression que tu n’aurais pas dû être, qu’il serait mieux de les deux ensemble, temps de son réveil du moins.

Tu laissas la question du pauvre Uchiha au soin de ton amie. C’était elle le médecin après tout. Toi aussi, tu étais comme lui, incapable de dire ou faire quoi que se soit. Vous étiez tous les deux, simplement les témoins de sa souffrance. Il n’y avait rien que vous puissiez dire ou faire qui pourrait l’aider. Et vous saviez autant l’un que l’autre. Spectateurs impuissants, voilà votre rôle dans ce drame.

Mais avant même que tu aies pu bouger, il resserra la poigne qu’il avait sur tes doigts et il entama une phrase qu’il ne finit jamais. Tellement de douleur, tellement de souffrance. Tout ton corps s’était tendu, alors que tu ne pouvais que le regarder, que tenir sa main et espérer. La tête envoyée par l’arrière, un cri silencieux aux lèvres, tu fermas les yeux. Trop, c’était trop pour toi, tu pouvais le regarder dans cet état sans ressentir sa douleur jusqu’au plus profond de toi. Tes doigts serraient les siens, tremblant légèrement. Si seulement tu avais les mots qui pourraient le rassurer, le ramener vers toi.

Tu le sentis se détendre, mais tu n’osas pas ouvrir les yeux. Tu avais peur de ce que tu verrais. Alors tu attendis en silence, dans l’obscurité. Tu attendis que son souffle se calme, que sa douleur s’estompe un peu. En fait, tu gardas les yeux clos jusqu’à ce qu’il libère sa main des tiennes.

Le temps s’arrêta, alors tu tombais. Évidemment qu’il ne voudrait pas la garder là. Qui étais-tu de toute façon pour lui ? Une étrangère qui avait partagé son lit une fois ? Avec un peu de chance, peut-être te voyait-il comme l’amie de sa sœur et non un parfaite étrangère …

Mais sa main remonta le long de ton bras, te faisant frissonner par la même occasion. Le temps se remis en marche et ta chute s’arrêta nette, tes yeux grand-ouverts sous la surprise, sous cette petite attention délicate. Puis, sa paume sur ta joue … tu te laissas à aller à ce contact, penchant légèrement vers sa paume. Tu refermas les yeux, mais cette fois-ci ce n’était pas pour fuir, mais mieux savourer l’instant.

Il était là. Il était vivant. Il pourrait guérir. C’était la seule chose que tu avais besoin de savoir.

Mais cet homme savait comment te prendre au dépourvu. Il savait t’en donner toujours plus que ce que tu espérais. Il s’adressa directement à toi, tout d’abord. À son choix de mots, tu compris qu’il n’avait pas oublié. Tu souris alors que tu posais une main par-dessus la sienne.

« Bonjour. Je n’ai pas réveillé, n’est-ce pas ? »

Un petit clin d’œil au seul matin que vous aviez partagé ensemble, où tu lui avais posé exactement la même question. Bon, s’il remarquait ce petit clin d’œil, cela resterait encore à voir, mais tu voulais lui montrer que toi non plus tu n’avais pas oublié.

Sa main libre alla chercher celle de sa jumelle qu’il salua sur le même ton. Il avait encore mal, c’était évident, mais c’était surtout son corps qui souffrait, pour l’instant. Il avait réussi, au moins à paraître d’avoir repousser les ténèbres dans lesquels il avait été forcé d’être plongé.

Tes yeux s’ouvrirent de nouveau, pour se fixer sur son visage. Il était salement amoché, mais il survivrait. Il pourrait se reconstruire et rester l’homme qu’il était avant tout ça, enfin, peut-être pas entièrement. Une telle expérience laissait des cicatrices même sur les cœurs les plus forts, mais il n’avait pas perdu l’étincelle qui faisait de lui la personne qu’il était. Et ça te donnait de l’espoir. Celui de pouvoir mettre tout derrière vous et de continuer à avancer.

Mais la légèreté avec laquelle il lança son dernier commentaire te laissa bouche-bée. Comment faisait-il pour rayonner avec tant de force ? Comment faisait-il pour tourner même une situation de la sorte en plaisanterie ? Tu combattais l’envie de le réprimander et celui de simplement le serre dans tes bras et lui dire qu’il n’avait pas besoin d’en faire plus que nécessaire. Qu’il avait le droit de prendre son temps pour guérir, que tu ne lui en voudrais pas s’il le faisait.

« Mieux. Mais je te retourne la question. »

Puis, il mentionna sa faim. Tu repoussas sa main de ta joue et te levas promptement, avant de lâcher tout bas un :

« Je vais préparer quelque chose. Yuriko, Akira, restez ici, ce ne sera pas très long. »

Tu sortis rapidement de la pièce avant même que quelqu’un puisse te retenir, car tu savais que si l’on te retenait ne serait-ce qu’une seconde, tu ne voudrais tout simplement pas quitter la pièce.






CSS par Gaelle



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Tadake Yurikô
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Vient l'orage
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" La vie de famille requiert une force, une persévérance, un oubli de soi dont le bonheur de ses membres est le fruit. "


La jeune femme se tenait aux côtés de son amie, à genoux comme une implorante au chevet d'un homme mourant. Cela aurait pu se produire si cette dernière et Akira n'étaient pas arrivés assez tôt. Une possibilité qui lui glaçait le sang. Alors, quand elle entendit le hurlement de son frère, aussi terrible aurait-il pu paraître, ce fut une vague de soulagement qui avait envahi la konohajin. N'importe qui aurait pu être terrifié, n'importe qui aurait pu être troublé mais pour elle, cela signifiait qu'il était en vie et c'était tout ce qui comptait. Le reste prendrait le temps qu'il faudrait.

Quand elle arriva dans la pièce où était prostré Kyoshiro, Sayuri lui tenait la main, une attention qu'elle avait noté sans faire la moindre remarque. Le jeune Akira était aussi présent mais la lumière de ses yeux trahissaient l'inquiétude de l'enfant qu'il était encore malgré les horreurs auxquelles il avait assisté. Quant à Yuriko, elle cherchait à happer son attention par sa voix, cette voix qu'il avait l'habitude d'entendre depuis l'enfance. L'aveugle était ainsi entourée par les trois principales personnes qui ornaient sa vie actuelle, l'incarnation de tout ce que pouvait désirer un homme, la sainte trinité : la famille, l'amitié et l'amour. Est-ce que tout cela serait assez puissant pour lui rappeler qu'il y avait tant de personnes qui tenaient à lui?

Oui. Car son frère n'était pas un lâche. Car con frère était un battant depuis toujours.

Mais qu'importait le courage car dans cet instant présent, il n'y avait que la douleur et le vestige de souvenirs douloureux. Yuriko avait été aux côtés de nombreux shinobis dans leurs pires moments, elle connaissait toutes les étapes de la reconstruction, et elle reconnaissait ce visage qui ne trouvait pas ses mots, ni l'air nécessaire pour relâcher tout ce qu'il pouvait avoir dans le cœur. C'était pour cette raison qu'elle pouvait paraître parfois moins sensible que les spectateurs non initiés, car elle avait déjà été éprouvée par ces tristes expériences de son métier.

Quand elle entendit le murmure du jeune Uchiha, la konohajin se tourna dans sa direction avec une esquisse légère au coin des lèvres afin de le rassurer.

" Il… Il y a rien pour qu’il ait moins mal ? "

" Ce mal là ne peut être soigné par nos onguents. Mais ta présence va l'aider, Akira-san. "

Il fallut un long silence, une longue attente avant que l'aveugle ne puisse retrouver ses mots. La première personne à qui il les adressa fut Sayuri. Il fallait être plus malvoyant que son frère pour ne pas s'apercevoir des sentiments réciproques qui les animaient tous les deux. Yuriko n'en prenait pas ombrage car elle en percevait la sincérité. Ce ne fut qu'après leur petite interlude que son jumeau tendit la main dans sa direction, main qu'elle saisit avec toute la douceur qui était la sienne.

" Bonjour, toi. "

" Bonjour, mon frère. "

Il n'y avait pas de vrai sourire sur le visage de la jeune femme, une simple esquisse qui aurait pu en être un si tentait qu'elle en avait la force. Mais cela s'effaça lorsque ce dernier fit un trait d'humour, de ceux auxquels elle était habituée. Il agissait toujours ainsi pour minimiser les tensions ou faire en sorte de n'inquiéter personne. Toutefois, cette fois-ci, cela ne prit pas avec elle, et elle relâcha sa main pour prendre du recul et ne répondit pas à sa désinvolture.

Maintenant que l'orage était passée, c'était le tonnerre qui voulait gronder.... mais elle ne se le permit pas car son amie était là. Akira aussi ne comprendrait peut-être pas la colère qui pourrait la saisir. Yuriko préféra se refermer sur elle-même. Si la situation avait été autre, elle l'aurait sans doute gifler, de la même manière qu'elle avait voulu lui remettre les idées en place lorsqu'ils firent ensemble leurs adieux à Tetsuo.

" Au fait, sans vous embêter, il y aurait quelque chose à grignoter dans le coin ? Je crève la dalle, j'vous raconte même pas. "

Ce fut Sayuri qui répondit à l'appel de son estomac.

" Je vais préparer quelque chose. Yuriko, Akira, restez ici, ce ne sera pas très long. "

La konohajin ne fit qu'un mouvement de tête affirmatif en guise de réponse, avant de laisser la Yamanaka quitter les lieux pour chercher de quoi lui redonner des forces. Mais pendant ce temps là, Kyoshiro devait sentir le poids du regard de sa sœur à son encontre. Il se doutait pertinemment que son trait d'esprit ne pouvait la faire rire, ni même la soulager.

" Libre à toi de jouer cette mascarade devant Sayuri-san... mais ne me fait pas l'affront de me jouer ta comédie. "

Le ton était froid. Ce n'était plus celui d'une sœur éplorée et inquiète. Mais puisque sa vie n'était plus en danger, cela ne signifiait pas qu'elle le ménagerait. D'ailleurs, Yuriko n'était pas gênée par la présence d'Akira. Il était son élève, il aurait des missions à mener en sa compagnie, il fallait qu'il connaisse aussi le revers de la médaille.

" Mange. Repose-toi. Mais ne reviens me parler que lorsque tu auras grandis. "

Yuriko se leva, glaciale dans l'attitude, mais il était facile de noter la petite émotion de sa voix sur ces derniers mots. Elle posa une main plus chaleureuse sur l'épaule de l'Uchiha, signe qu'elle lui en confiait la garde. Ne désirant plus échanger le moindre discours avec son frère, elle quitta simplement la pièce. Silencieuse. Agacée. Peinée. Soulagée.

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☽ • ☾

Les choses semblèrent aller très vite et peu après que je me sois inquiété de la douleur, il sembla se reprendre, revenir réellement à lui et c’était un soulagement que de voir un sourire s’étendre sur son visage. Il allait donc s’en sortir ? Sinon il n’aurait pas souri ainsi, c’était impossible. Je comprenais peu à peu combien j’étais étranger à ce monde. Notre hôte et mon sensei semblait partager plus qu’une amitié tandis qu’avec sa sœur… Et bien c’était sa sœur, alors naturellement la relation était profonde, mais moi ? Que venais-je faire ici ? J’étais juste son élève, un étranger qui n’avait pas sa place au tableau de ses proches, j’étais… De trop. Mais j’étais suffisamment soulagé pour ne pas savoir bouger, j’avais besoin d’emmagasiner ce sentiment, cette expression qu’il avait sur le visage. En plus il avait faim, ça ne pouvait-être qu’un bon signe non ? Du moins ça le fut jusqu’à ce que la femme aux cheveux semblables à des fleurs de cerisier ne parte pour répondre à sa demande. Elle nous avait laissés avec l’aveugle et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, les choses glissèrent dans le mauvais sens.

Yuriko sembla s’animer sous la colère, demandant à Kyoshiro des comptes sur son comportement avant de lui demander de grandir faute de vouloir répondre. Se retournant alors, elle s’arrêta juste pour poser une main sur mon épaule avant de disparaître en me laissant l’impression d’avoir été avalé par une tornade. Que c’était-il passé au juste ? Pourquoi une telle réaction alors que l’homme semblait aller bien malgré ses blessures. Elle aurait dû être contente non ? J’avais le droit d’être content moi ou je devais aussi réaliser qu’il se passait quelque chose ? Je n’en savais rien, tout ce que je savais c’était que j’avais beau fixer cette porte, rien ne changerait. Elle ne reviendrait pas, sa décision ne serait pas différente et le froid qu’elle venait de jeter ne disparaîtrait pas…

Tournant finalement les yeux vers mon maître, je sentis ma gorge se nouer lorsqu’il fut temps pour moi de briser le silence. Je l’avais vu se battre pour lui, faire le plus grand des massacres pour le sauver, pour le tirer de là. J’avais vu, alors… « Elle… Elle s’est inquiétée… Elle a cherché dans tout Konoha pour vous trouver… » murmurais-je alors, la gorge douloureuse tant je n’avais plus l’habitude de parler, ni de défendre une cause qui m’échappait. « Et… » commençais-je avant qu’une violente vague ne me prenne, paralysant mon cerveau d’émotion plus brutale. « On… On a pas a été assez rapide… On… On a pas… On a vraiment cherché… On a vraiment cherché et… Quand on a trouvé une piste… On… » des larmes avaient commencé à couler le long de mes joues, des larmes brûlantes qui transpiraient dans ma voix. J’étais pris au piège dans mes émotions, j’étais pris au piège dans la douleur des souvenirs qui montaient en moi à mesure que je voulais justifier la douleur hypothétique de la jeune Kunoichi. Car c’était pour ça qu’elle avait réagit ainsi non ? C’était pour ça qu’elle n’avait pas été tendre… « Ils parlaient vraiment mal de vous… Ça les amusaient et elle a… Elle a… C’était… Elle était hors de contrôle, ils… Ils tombaient tous et… » et je revoyais parfaitement le sang jaillir de chaque corps, je revois la mort s’imprimer sur le visage des tortionnaires de l’homme, c’était violent, c’était des images que je ne voulais pas revoir et qui pourtant ne m’avaient plus jamais quitté.

Cette violence elle resterait imprimée dans mon sang, dans mon corps et je devrais apprendre à vivre avec. Alors oui, sans doute avait-elle était violente, mais elle s’était inquiété non ? « On a entendu un hurlement et quand on est arrivé… C’était trop tard… On est arrivé trop tard et… Elle était… Il ne faut pas… Il faut pas lui en vouloir. », je ne voulais pas plus de violence pour ce soir, je ne savais pas ce qu’il avait vécu, du moins je refusais de croire ce que j’avais vu. Je refusais de penser que c’était possible et pourtant, si il avait bien vécu un tiers de ce qui était indiqué… C’était inhumain, impossible d’être encore en vie, pourtant c’était le cas et… Je ne pouvais pas demander à quelqu’un d’avoir de la clémence pour un autre quand lui-même venait de vivre l’enfer. Pourtant elle s’était battu pour elle, elle s’était déchaîné, elle avait implosé, explosé de rage, elle avait vraiment tout donné pour lui. Elle avait repoussé les barrières de la violence et j’en tremblais encore.

« Mais vous êtes là et… Vous êtes en vie et… » et je manquais d’air, je n’arrivais plus à respirer, je n’arrivais même plus à voir ce qui se passait devant moi. J’étais dépassé, je craquais, littéralement, je m’écroulais sur place, je m’effondrais car je lui parlais, car je me souvenais, car je parlais, je disais les choses à haute voix, je les rendais réelles et c’était trop, beaucoup trop à présent. J’étais bien plus déconstruit que je ne l’aurais voulu, bien plus affecté alors que réellement, je n’avais pas souffert physiquement, pas comme lui tout du moins. « J’ai torturé une… Une civil car… Elle avait vaguement parlé d’un aveugle… » avouais-je face à ce que sa soeur m’avait signalé, de cette interdiction que j’avais de m’en prendre à des civils, mais avec ce qu’on avait fait après… « Et… J’ai pas fait exprès… Il a foncé sur moi pour lui échapper à elle et… Je ne sais pas, c’était comme un réflexe… J’ai tendu mon Kunai et il… Il… Il est tombé et… C’était la première fois… Alors on pourrait pas juste… », posant une main sur mon torse, j’essayais sincèrement de me calmer, mais c’était impossible, « On pourrait pas juste être content de tous être là ? On… On… Enfin vous… Vous devez vous reposer, sinon… Il faut… ». Je manquais clairement de cohérence dans mon esprit, il n’y avait aucun sens, seulement je ne voulais plus y penser, je ne pouvais plus y penser, sinon j’allais vraiment être incapable d’avancer. J’allais vraiment être incapable d’aller plus loin. J’avais juste besoin qu’on souffle là, qu’on profite qu’il soit en vie, qu’il veuille manger, je voulais juste ça. Alors je relevais la tête, cherchant à effacer mes larmes sans grand succès alors que la réalité s’était abattue devant mes yeux. Elle avait des raisons de souffrir, il devait juste savoir combien c’était vrai, combien je m’en voulais de ne pas avoir réagi plus tôt.


☽ • ☾
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Vient l'orage
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Bien sûr que le jeune homme était content de voir son aimée, de sentir son visage contre sa main et pourtant il n'oubliait pas à qui il devait son sauvetage, il n'oubliait qui était la raison pour laquelle il était encore capable de respirer aujourd'hui. Il serait sans doute mort des dizaines de fois avant d'atteindre l'âge de dix ans sans elle et, pour cette seule raison, il lui serait éternellement reconnaissant. Elle avait ses yeux, ses jambes, son monde pendant une éternité jusque ce que lui, l'aveugle, désire qu'elle puisse avoir son monde à elle où elle n'aurait plus à le surveiller. Il la voulait heureuse, libre et trop préoccupée par son propre bonheur pour regarder si son aveugle de frère était toujours dans son sillage. Oui, il n'y avait qu'en trouvant son propre bonheur qu'elle pourrait se libérer des chaînes du passé, qu'elle pourrait vraiment sourire à la vie. Un poids pour elle ? D'une certaine façon oui mais ce jour-là il n'y pensait plus, il était simplement heureux de la voir à un tel point que ce bonheur pouvait écraser sans mal de petit martellement à l'arrière de sa tête.
Alors pourquoi ? Pourquoi cette froideur face à ce trait d'humour, face à ce qui reflétait l'état mental du Tadake ? Il ne faisait pas semblant, il n'avait plus besoin de le faire mais...était-elle seulement capable de le reconnaître ? Pas du tout, pas pour le moment en tout cas et ce constat brisa quelque chose dans le cœur du jeune homme. Son organe vital rata un battement ou deux en sentant sa jumelle s'éloigner de lui, conscient que , comme il l'avait craint depuis sa reprise de conscience, il avait probablement perdu de sa sœur à tout jamais. Instinctivement sa main se posa sur sa poitrine, à l'endroit où devait se trouver son cœur brisé comme si ce seul contact pourrait faire repartir cet organe mais, au lieu de cela, ce fut la voix discrète et tremblotante de son élève qui le fit reprendre vie.

Lui qui avait été si incertain de ses propres capacités, que faisait-il ici, si loin de chez lui ? Kyoshiro aurait voulu l'amener près de lui, le couper dans ses explications mais il était suffisamment rare qu'Akira s'exprime de la sorte pour que son mentor ne souhaite pas le stopper. Assis sur son lit, la main droite sur son flanc gauche douloureux, l'homme écouta attentivement et silencieusement chaque parole, chaque mot de son élève et le ton qui allait avec. Il était perdu, traumatisé même et la vue de son mentor brisé y était sans doute pour beaucoup, mais pourtant il avait encore assez d'énergie en lui pour exprimer le fond de ses pensées désordonnées.
De ce qu'il comprenait des propos de son élève, sa sœur avait pété les plombs durant sa captivité et le jeune Akira, si jeune Akira, avait été forcé de se salir les mains pour le bien d'un homme qu'il ne connaissait que depuis peu. Il avait fait un choix, un terrible choix et on avait l'impression qu'il le regrettait presque ce qui n'avait rien d'étonnant. Aucun garçon aussi jeune ne devrait sentir le sang chaud sur ses mains et pourtant lui l'avait connu, il allait simplement lui falloir un peu de temps pour s'en remettre.

« Hey, hey, hey. Viens à côté de moi, c'est fini.  »

Sentant son élève s'emballer, le jeune homme lui tendit la main pour qu'il vienne le rejoindre au bord du lit. Serrant les dents, repoussant les draps qui couvraient son corps, le shinobi pivota sur le côté jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol glacé d'une maison dont il ne connaissait rien. Ce mouvement à lui seul semblait l'avoir vidé de toute énergie et, à présent qu'il touchait enfin le sol, il pouvait prendre quelques secondes pour reprendre son souffle et rassembler ses idées. Au bout d'une minute, sentant la douleur s'en aller un peu plus loin sans vraiment disparaître, l'homme posa une main caleuse et puissante sur l'épaule du garçon avant de tourner sa tête vers lui. D'un ton compatissant il tint donc à rassurer son élève comme lui seul savait le faire.

« Je n'ai jamais voulu ça, tu sais. Je n'ai jamais voulu que tu te salisses les mains pour moi, surtout pas pour moi, mais il est trop tard pour faire machine arrière. Tu te souviens de ce que j'ai dit, l'autre fois ? Tu es un homme et aujourd'hui tu as pris une décision d'homme.   »

Le Tadake ne souhaitait cette vie à aucun autre garçon de ce monde mais pourtant rares étaient ceux à avoir le choix. Il aurait voulu lui épargner cette expérience, garder son innocence encore un peu plus longtemps mais ce n'était désormais plus envisageable. Gardant sa main sur l'épaule du garçon, le shinobi enchaîna avec la suite de sa réponse.

« C'est normal de se sentir perdu la première fois, le contraire serait étonnant. Mais tu sais quoi ? Tu as agi, tu as agi et pour cela je suis fier de toi. Tu m'entends ? Fier de toi.  »

Même s'il n'en parlait pas Kyoshiro se rappelait très bien de son premier meurtrier, de sa première victime et celle-ci n'avait jamais vraiment quitté sa tête. Elle était désormais rangée avec toutes les autres, dans un petit coin de son cerveau où elle ne pourrait pas venir le perturber. Serrant les dents tout en se redressant, frissonnant en sentant une petite décharge remontant le long de son échine, l'homme laissa le silence s'installer un peu plus avant de laisser un petit sourire couler sur ses lèvres. Un sourire de nostalgie, probablement.

« Je ne te l'ai peut-être pas dis, mais nous ne sommes pas si différents toi et moi. Avant qu'on se connaisse tu masquais ton inconfort derrière ton attitude et tes provocations, tandis que moi je masquais mon malaise derrière des sourires forcés. Je trompais mon monde, je faisais croire à tout le monde que j'allais bien, mais je n'ai pourtant jamais réussi à tromper ma sœur. Tu vois ? Pas si différents. »

Peut-être était-ce un pari risqué de se livrer autant mais le jeune homme sentait que c'était le moment, que cette résurrection devait signifier un certain renouveau pour lui, à commencer par l'acceptation de son mal-être sans faux-semblants. Une vieille habitude, une sale habitude qu'il ne se sentait plus obligé d'utiliser depuis son réveil car, pour la première fois de sa vie, malgré la douleur dans sa tête et les blessures lancinantes, il allait réellement bien. Revenant sur le sujet de sa sœur et de son évidente inquiétude, le mentor se tourna une nouvelle fois vers son poulain pour lui expliquer la situation de son point de vue à lui.

« Je mettrais le monde à feu et à sang pour elle et elle en ferait de même pour moi. Nous tenons l'un à l'autre à ce point-là et sa réaction, là, c'était son moyen de se protéger. Elle a eu peur de me perdre, tout comme j'ai eu peur de la perdre, de vous perdre tous les trois. C'est pour ça que je ne lui en veux pas, que je ne pourrai jamais lui en vouloir.  »

Si elle voyait en lui comme dans un livre ouvert, jusqu'à présent en tout cas, l'inverse était tout aussi vrai. Qu'elle s'en rende compte ou non son petit jeu n'avait jamais pris avec lui. Il avait son sourire, elle avait sa froideur : chacun leur façon de masquer les émotions trop intenses. Mais si lui était capable de surmonter cela, s'il était capable de surmonter un océan de douleur et d'agonie, ne pouvait-elle pas envisager qu'il puisse vraiment aller bien ? Non, bien sûr que non. 25 années d'une vieille habitude ne s'effaçaient pas comme cela, du jour au lendemain.

« Tu l'as dit, je suis en vie. Je respire, je tiens à peu près sur mes deux jambes, je suis vivant et c'est tout ce qui compte pour moi. Ils m'ont brisé, fait souffrir au-delà de l'imaginable jusqu'à ce que je souhaite mourir, mais pourtant je m'en suis sorti. Je suis toujours là. Tout va bien aller, d'accord ? »

Son élève était un homme à présent et, s'il ne se sentait peut-être pas ainsi, son mentor avait bien l'intention de le préparer à la rude réalité du terrain. Il en avait eu un aperçu et il était temps de rappeler au Uchiha que son mentor n'était qu'un homme, qu'un homme qu'on pouvait briser avec suffisamment de patience et d'application. Mais être brisé ne voulait pas dire être détruit et c'était là toute la différence. Craquelé mais pas détruit, brisé mais pas disparu. Souriant en réalisant tout ce qui arrivait à son élève en ce moment, ne pouvant qu'imaginer son état mentor, l'homme passa une main dans les cheveux du Uchiha pour l'ébouriffer un peu, pour mélanger un peu ses sombres pensées afin qu'elles ne prennent pas trop racine.

« Mon pauvre. Je t'en ai fait voir de belles, hein ? Tu dois regretter de m'avoir comme senseï !  »

Le pensait-il vraiment ? À moitié seulement, le reste n'était plus qu'une simple boutade pour le faire sortir de son désespoir. Se passant une main dans la nuque pour venir frotter cette dernière, comme pour la détendre un peu, le shinobi repensa à ce qu'il s'était apprêté à faire avant l'intervention de son élève. Il était tombé à point nommé celui-là. Certes Kyoshiro avait toujours un paquet de choses à dire à sa sœur sur son petit séjour en captivité et les leçons qui en furent tirées mais, quand il le ferait, il n'aurait plus ce ton froide et acerbe dans la bouche. D'une certaine façon le désespoir de son élève l'avait rappelé à l'ordre, rappelé ce qui était vraiment important et l'aveugle tenait à le lui dire.

« Je dois te dire merci, en tout cas. J'étais parti pour l'envoyer bouler comme jamais, tu as réussi à m'en empêcher. Merci, Akira. Ne lui tiens pas trop rigueur de son attitude, toi aussi, d'accord ? Elle est tellement habituée à me voir faire semblant que, pour une fois, cela lui est inconcevable de penser que je vais vraiment bien. Sans artifice ou comédie. »

Attendant quelques secondes de plus, laissant la pression retomber, l'homme se tourna une nouvelle fois vers son élève avant de l'inviter doucement, délicatement, à prendre congés de lui. S'il refusait, le shinobi insisterait davantage car il avait vraiment besoin d'espace pour avoir les idées claires.

« Tu veux aller te reposer un peu, à côté ? Je vais rester là, un moment.  »

Alors que son élève s'en irait sans doute, fermant partiellement ou complètement la porte de la chambre, le jeune homme laisserait la pression retomber sur ses épaules tout en se penchant en avant. Coudes posés sur les cuisses, mains pénétrant son cuir chevelu comme pour chasser les sombres idées qui zébraient encore en surface. Il avait été si heureux de les revoir, si heureux de la revoir pour...ça ? Elle semblait tellement certaine d'avoir raison, de connaître son frère par cœur qu'elle ignorait ce qu'il était capable de surmonter pour la retrouver. Laissant sa poitrine douloureusement se détendre sur le poids d'une lourde respiration, l'homme se laissa aller à un soupir de plus.

« Superbes retrouvailles...  »

Peut-être aurait-il mieux faire de mo...non, il ne pouvait pas penser comme cela, il ne devait pas penser comme cela. Elle avait été inquiète et avait décidée de se protéger en l'envoyant chier. Ils n'en étaient pas à leur premier rodéo, cela finissait toujours par leur passer mais, cette fois-ci, Kyoshiro serait franc envers elle. C'était le moins qu'il pouvait faire.


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Yamanaka Sayuri
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Vient l'orage

Tadake Kyoshiro,Tadake Yuriko, Uchiha Akira et Yamanaka Sayuri

Je n'arrive pas à me convaincre que je n'ai besoin de rien ni personne 









***

Tu avais promptement quitté la pièce, pour t’atteler à lui préparer un encas. Tu fouillas ta penderie quelques instant avant de réaliser que d’avoir nourri Akira et Yuriko durant quelques jours, sans vraiment sorti de chez toi – donc sans aller faire les course – avait un peu vider tes réserves. Tu fixas donc ta cuisine quelques instant, te demandant ce que tu pouvais bien préparer avec le peu d’ingrédients qui te restaient. Il y avait un peu de riz, un peu de pain, mais plus grands choses pour leur donner de la saveur. Tu hésitas entre aller chercher quelque au village ou simplement lui demander pardon de ne pas avoir plus à lui offrir pour l’instant.

Un soupir franchit tes lèvres. Tu n’étais pas une excellente cuisinière, certes tu en connaissais assez pour te nourrir de façon équilibrée, mais là, maintenant ce n’était pas si évident de concocter quelque chose. Tu déplaças quelques fioles pour te faire une peu d’espace alors que tu saisissais du pain pour le trancher. Mais tu entendis la porte de la chambre s’ouvrir et quelqu’un traverser la pièce. Son pas était furieux. Tu tournas la tête pour identifier celui ou celle qui sortait. C’est à ce moment que tu vis ton amie traverser la pièce et sortir de la maison. Que s’était-il passé ? pourquoi était-elle fâchée ?

« Yu … »

Alors que tu te retournas pour l’intercepter, la manche de ton kimono se prit dans l’une des bouteilles traînant sur le comptoir, l’envoyant se fracasser au sol sans plus de cérémonie. Bon, ça t’apprendra peut-être à laisser des fioles partout …

« Merde »

Un nuage noir se dégagea des fragments de verre au sol. La Petite Ombre. Tu connaissais très bien les effets de se poison et tu ne désirais réellement pas en être la victime. Tu abandonnas donc la poursuite de ton amie pour prendre l’antidote du poison. Le goût amer, mais rassurant du médicament empli tes papilles. Tu grimaças un instant puis reposant le petit récipient, tu attrapas une miche de pain avant de te diriger vers la chambre, le temps que le nuage se dissipe.

Lorsque tu arrivas, tu pus entendre la voix de Kyoshiro. Il rassurait le petit Uchiha encore ébranlé des péripéties des dernières journées. Le pauvre garçon semblait être dans tout ses états …

Tu pris soin de camoufler ton chakra et d’entrer en faisant le moins de bruit possible, pour éviter de les déranger. Tu ouvris lentement la porte et la refermas avec la même délicatesse. Tu restas contre la porte, ne souhaitant pas entrer davantage dans cette discussion qui ne t’étais pas destinée.

Étrangement, tu l’écoutais tenter de rassurer cet enfant troublé. Ces mots étaient doux rassurant. C’était un talent qu’il avait, d’être ainsi capable de trouver les mots que tous avaient besoin d’entendre.

Ces mots avaient un quelque chose de magique, si rassurant, réconfortants, ils arrivaient même à te calmer toi qui n’avait, encore une fois, aucune idée de la situation. Tu les observais silence, miche de pain toujours à la main, tu ne voulais pas l’interrompre pour un bout de pain – probablement un peu sec déjà, de toute façon.

Et il prit même le temps de protéger sa sœur, demandant au garçon de ne pas la juger. Tu souris à ce commentaire. Comment faisait-il pour toujours penser aux autres, même dans une situation comme celle-ci, il tendait la main à ceux qui en avait le plus besoin. Par contre, tu te demandais comment il allait, sous toutes les couches d’humour et de gentillesse qu’il arrivait à revêtir. Était-il possible qu’il ait réellement bien ? Tu en doutais, mais peut-être que ce n’était qu’une bonne humeur passagère ? Ou peut-être qu’il était réellement indestructible ?

Tu restas silencieuse jusqu’à ce que sa petite discussion avec Akira soit terminée et lorsqu’il se laissas tomber sur le lit, marmonnant une petite phrase tu souris, déposant le pain sur la table de travail. Il n’en voulait probablement plus de toute façon. Tu allas ensuite à sa rencontre, t’assoyant sur le côté du futon.

« J’ai apporté du pain si tu en veux encore. »

Ton chakra camouflé t’était sorti de la tête, un peu comme le fait qu’il ne t’avait pas vu arriver, étant aveugle. Tu te maudis en silence avant de lui dire simplement :

« Désolée de t’avoir surpris … Je … »

Tu inspiras un bon coup, abandonnant l’idée de lui dire quoi que ce soit de plus. À la place, tu passas ensuite une main dans ses cheveux, lentement, doucement tentant de lui communiquer ton affection.

« Si tu as besoin de quoi que se soit je ne serai pas loi, appelle-moi. Pour l’instant, repose-toi, tu en as grand besoin. »

Laissant ta main glisser le long de sa tête, jusqu’à sa joue où elle resta quelques longues secondes, tu te relevas pour lui laisser toute la place.






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☽ • ☾

J’étais confus, aveuglé par des émotions trop importantes alors que j’essayais sincèrement de garder la tête hors de l’eau. Seulement, lui parler, lui raconter tout ça n’était vraiment pas sans conséquence et alors qu’on aurait du s’occuper de lui, se préoccuper de son état, je me fissurai et me brisai face à lui au point qu’il ne soit obligé d’agir. Il réclama à ce que je vienne, ce que je n’aurai pas fait s'il ne s’était pas mis à bouger pour se rapprocher. Faisant alors quelques pas vers lui pour l’empêcher d’aller plus loin, je sentis sa main se poser sur mon épaule avant qu’il ne reprenne. Il m’assurait n’avoir jamais voulu que je fasse ça, mais il était trop tard à présent et il voulait juste que je me rappelle de notre première vrai discussion. Nous étions des humains, des hommes et j’en avais fait la démonstration en prenant une décision. Mais est-ce que prendre une décision justifiée tout ? Un massacre, un génocide, une violence, pouvaient-ils être assumés uniquement comme ça ? Car on avait pris une décision ? J’aurais tellement aimé que ce soit si simple, pourtant dans mon esprit, la différence était mince, douloureusement mince même. Mais il était fier de moi, fier que j’ai agis et après avoir levé les yeux pour l’observer, je ne pus que le croire. Pourtant c’était étrange non ? Être fier d’un meurtrier c’était… Être fier de la mort et… Pourtant l’entendre me desserra un peu le cœur, comme si de simples mots en avaient la force. C’était le cas malgré tout, car je ne l’entendais jamais réellement et qu’encore une fois, il faisait ce que j’aurais tant voulu que mon père fasse. Il m’aimait.

Il avait mal, non pas car il me parlait, mais car je le forçais à bouger et même avec ça, il trouva la force de sourire, de continuer là où il aurait dû se reposer. Nous étions semblables à ses yeux, nous nous cachions et pourtant il ne savait pas duper sa soeur. Il était différent, on parlait d’aller bien et de courage, deux choses différentes. Lui il avait eu le mérite d’essayer au moins, moi… Si ce n’est quand j’étais face à lui, j’abandonnais, je ne réussissais pas à faire preuve de quoi que ce soit d’autre que de lâcheté et bien rapidement je courbais de nouveau l’échine face à mon père, face à ceux m’en demandant toujours trop.

Et puis il exposa ce qu’il pourrait faire pour elle, et je savais que la réciproque était de mise, je l’avais vu en action après tout, mais ce qu’il voulait dire, c’était qu’il savait pourquoi elle agissait ainsi et il ne lui en voudrait pas, quoi que je craigne. Il ne lui en tiendrait pas rigueur. Un nouveau combat n’aurait donc pas lieu ici et c’était un poids de moins sur mes épaules.

Il était en vie et bien qu’il avait subit des sévices inimaginables, il s’en était sortie et il allait bien. Voulait-il savoir que ses tortures avaient fait l’objet d’une écriture ? Je n’en savais rien, dans un sens c’était sa souffrance et il ne voulait peut-être pas l’exposer, mais c’était peut-être important et ce n’était pas à moi de prendre cette décision. « Je sais… J’ai pris avec moi tout ce qu’il y avait comme papier au cas où l’ordre de mission et le rapport était là… » commençais-je pour justifier que je sois en possession de papier important. « Et dedans il y avait… Un journal de torture… Ils prenaient le temps d’écrire ce qu’ils faisaient… Ca les amusaient… » et moi ça me dégoûtait au plus haut point. Comment pouvions-nous faire ça sans avoir de cas de conscience ? Je n’en savais rien, mais malgré le détachement que je mettais souvent dans mes relations, dans mes réactions et mes décisions, jamais je n’aurais pu faire de telles choses, jamais. Je n’étais pas cruel, j’étais peut-être brisé aujourd’hui, mais je ne serais jamais cruel.

Ébouriffant mes cheveux, il fit un trait d’humour pour me détendre sans doute, affirmant que je devais en voir des belles et que je devais regretter de l’avoir en Sensei. Il essayait sincèrement de prendre soin de moi, de ne pas me laisser me détruire… Il était… « Je ne connais pas beaucoup de Sensei capable de rassurer un élève alors que lui-même vient de traverser un enfer… », murmurais-je les yeux baissé, le coeur lourd et douloureux, « Et j’en connais pas non plus beaucoup qui puisse dépasser le Sharingan pour se demander si il n’y a pas autre chose qu’un Uchiha arrogant en face… », c’était de l’humour, je savais, mais… Je venais de vivre les pires moments de ma vie, mais je ne regrettais pas de l’avoir eu comme Sensei. Vraiment pas. Il avait commencé à me sauver de moi-même et même si je n’étais pas un élève appliqué sur ce point, il avait quand même cherché à faire ce miracle. Il avait essayé. Et il continuerait, j’en étais sur.

Il me remercia alors, car il allait réagir peut-être plus à chaud avec sa soeur et que j’avais évité que ça arrive. Il me demanda d’ailleurs de ne pas lui en vouloir, ce qui n’était absolument pas le cas. Même si je ne comprenais pas sa réaction aussi bien que lui, je n’avais aucune envie de la juger. Elle était en droit d’agir comme elle l’entendait. « Je ne lui en veux pas… Je sais ce qu’il s’est passé et c’est impossible que je le fasse. » affirmais-je donc simplement avant qu’il ne me lâche et ne demande à se reposer un peu.

J’avais quelques remords à le laisser seul, mais je pouvais aussi comprendre qu’il ait besoin d’espace. Alors je me reculais simplement avant de me retourner pour me demander si je ne devais pas prévenir quelqu’un et c’est là que je la vis. Contre la porte. Ce n’était pas la première fois qu’elle me faisait le coup. Elle était plus silencieuse qu’une ombre et elle venait de me faire sursauter. Depuis combien de temps était-elle là exactement ? Je n’en sus rien, mais je finis par essuyer mes yeux du revers de cette manche trop grande pour éviter de trop m’exposer. On avait pourtant passé du temps ensemble, mais… Ce qui se passait avec Kyoshiro était sans doute différent qu’avec les autres et il gardait ce privilège.

Baissant donc simplement les yeux par honte, je la laissais s’avancer pour quitter les lieux sans dire le moindre mot. Il ne serait pas seul et… Enfin je n’étais pas à l’aise avec les relations humaines, mais je savais qu’il se passait quelque chose et je me doutais que pouvoir se retrouver seul pour parler ne serait pas de trop sans doute.

Rejoignant la pièce principale, je remarquais rapidement du verre cassé dans un coin de la pièce et si je venais de me diriger vers lui dans l’idée de le nettoyer, quelque chose finit par m’arrêter. Elle n’était pas du genre à malmener ses affaires non ? Alors si elle avait laissé ça là… Il était préférable que je n’y touche pas, au cas où. Alors je fis tout simplement demi-tours pour retrouver mon coin rassurant et reprendre mes recherches dans ces documents. Je n’avais pas mieux à faire de toute façon, pas tant qu’il n’irait pas bien, car une fois que ce serait le cas, je devrais lui donner tout ça pour qu’il puisse ne pas échouer sa mission sans doute. Oui, je devais lui simplifier la tâche, continuer à faire ce que je pouvais malgré le manque évident d’utilité dans la situation.


☽ • ☾
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Vient l'orage
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En vérité, même s'il ne pouvait pas encore l'avouer le jeune homme était lui-même le premier surpris de son état mental, surtout après ce qu'il avait subi durant ces derniers...jours ? Oui, il avait un peu perdu la notion du temps dans cette grotte et pourtant, d'expérience, il savait que n'importe quel autre homme aurait sombré dans la folie dans la même situation. Peut-être que quelque part il avait peur, non pas peur pour cela recommence mais plutôt peur de ce qu'il était capable d'encaisser pour être réuni avec ceux qu'il aimait : il ne s'était jamais pensé capable de posséder une telle force de caractère. Et pourtant c'était bien le cas, pourtant malgré la douleur qui tambourinait sa tête il avait fait fi de cette souffrance pour reporter son attention sur le jeune Uchiha qui, peut-être, avait encore plus besoin de soutien que lui. Le garçon avait vu et fait des choses qu'aucun autre garçon de son âge ne devrait jamais avoir à vivre, pas par choix en tout cas et si l'aveugle s'en voulait de l'avoir entraîné là-dedans il savait que c'était de sa responsabilité de mettre de l'ordre dans les pensées du garçon. Il était responsable de sa déchéance alors qu'il lui avait promis de l'amener vers la grandeur, mais peut-être qu'il fallait commencer par lui faire se sentir mal avant qu'il ne commence à aller mieux. Tout comme le métal peut-être fallait-il le chauffer, le brûler avant de lui faire prendre la forme désirée.

Cela prendrait du temps mais, maintenant qu'ils étaient réunis de nouveau, rien ne pressait. Le jeune homme laissa donc parler son cœur sans filtre, comme d'habitude, avant d'écouter son élève faire mention de l'existence d'un journal de torture. En d'autres circonstances, s'il avait capable de lire le jeune Tadake aurait bien voulu feuilleter ce rapport afin de voir si la frustration de faire chou blanc pouvait se lire dans ces lignes mais il se ravisa, peut-être demanderait-il plus tard à sa sœur de lui faire la lecture quand...quand quoi ? Quand ils iraient mieux ? Quand ils recommenceraient à se parler de nouveau ? Quand ils ne seraient plus en froid ? Peut-être bien oui, mais de toute façon le jeune homme ne pouvait s'imaginer repartir d'ici sans avoir renoué contact avec sa jumelle. Des disputes entre frères et sœurs arrivaient tout le temps, c'était presque la base de leur relation, leur façon à eux de montrer à quel point ils tenaient l'un à l'autre mais ici c'était différent. Ce n'était pas une dispute ordinaire, plutôt une brisure, une fracture que Kyoshiro allait devoir résorber.

En supposant qu'il le  puisse.

« Rien d'étonnant à cela, ils ont bien pris leur pied. Je te le confirme. »

Ce fut étrangement un petit sourire narquois qui se dessina sur le visage du jeune homme, se rappelant l'empressement de ses bourreaux à lui tirer les vers du nez. Il se rappela son acharnement, les blagues sur la mère de ce porc et  la frustration dans sa voix en se rendant compte qu'il ne cracherait rien. Il avait résisté jusqu'au bout et c'était avec fierté qu'il y repensait, fierté et amusement.

« J'en ai bavé, je ne vais pas te le dire le contraire. Mais c'est justement pour cela que je suis capable de « voir » plus loin, au-delà des apparences. Tu mérites ce qu'il y a de mieux, tu mérites qu'on te montre ta vraie valeur et c'est pour cela que je suis là. C'était vrai lors de notre petite discussion, c'est toujours vrai aujourd'hui.  »

Il laissa ensuite son élève quitter la pièce et, alors qu'il se pensait seul, l'homme sentit son cœur presque s'expulser en dehors de sa poitrine lorsqu'une voix familière vint à ses oreilles. Posant sa main contre son torse, surpris par cette arrivée qu'il n'avait pas sentie venir, ce fut avec un petit sourire amusé et un rire dans la voix que le jeune homme accueillit la belle.

« Si tu voulais me tuer une seconde fois, t'as bien failli réussir ton coup !  »

Il accepta bien sûr le pain comme seul repas frugal de la journée, car il n'était guère difficile lorsqu'il s'agissait de nourriture. Il aurait sans doute apprécié la compagnie de la belle un peu plus longtemps mais il devait se montrer raisonnable, remerciement doucement son aimée avant de la laisser retourner à ses activités.

« Merci ma belle. Je vais me reposer un peu et j'irai sans doute prendre l'air, après. »

Quelques secondes plus tard le garçon s'autorisa une bouchée de pain, assez pour rappeler à son estomac ses fonctions primaires, tout en s'allongeant de nouveau dans le lit. Il était en vie, il avait l'impression que son crâne allait exploser mais il était en vie. Il était mort dans cette grotte, l'ancien Kyoshiro était mort sur cette chaise mais il renaissait à présent de ses cendres.
Alors qu'il repensait à cette captivité et à tout le reste, il sentit sa main gauche trembler. Excitation, peur ou les deux ? Cela importait peu, la peur n'avait plus sa place ici maintenant qu'il n'était plus enchaîné. Calmement, doucement, il prit donc une inspiration tout en tentant de juguler ce tremblement. Il ne pouvait pas oublier, ne pourrait pas même s'il le souhaitait mais il allait désormais bien...enfin mieux. Le bien viendrait bientôt, quand il aurait renoué le contact avec sa sœur, quand il aurait passé un peu de temps avec son aimée.

« Arrête de trembler, saleté. C'est fini. »



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