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Dans l'obscurité [solo]

Yamanaka Sayuri
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Essence

Yamanaka Sayuri

Retrouver son chemin est plus ardu qu'il ne le semble








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***







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Yamanaka Sayuri
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Fureur

Yamanaka Sayuri

outre mesure













***

Tu rentras à toute vitesse au domaine Yamanaka, sans prendre le temps de t’arrêter ou même d’essuyer le sang sur ton visage ou tes mains. Kimono encore à demi défait, tu n’avais pas pris le temps de faire toilette avant de sortir dans la noirceur oppressante de la nuit. Course effrénée dans la forêt, jusqu’à la montagne près du domaine, jusqu’à ta petite maison, où, sans plus de délicatesse tu lanças l’objet que tu venais de récupérer. Tu le livrerais le lendemain, car il n’était pas question de te présenter ainsi devant le conseil du clan, et encore moins à cette heure tardive de la nuit.

Sans hésitation, tu pris une bouteille de saké, et à même le goulot, tu bus. Tu bus encore. Noyer. Tu voulais te noyer. Oublier le trou dans ton abdomen, remettre les pieds sur terre … non les y enlever. Te soustraire à la réalité, oublier le sens même de ton existence.

La chaleur de chaque gorgée s’enfonçait dans ta gorge plongeait dans estomac et te réchauffait lentement. Chose qui t’encouragea à prendre de plus grandes lampées plus rapidement. Tu bus. Tu bus jusqu’à se que tes poumons menacent d’exploser, jusqu’à ce qu’une pause soit nécessaire pour survivre. Tu bus à en avoir mal à l’estomac, à te sentir pleine, littéralement, plutôt que métaphoriquement. À défaut d’avoir un cœur sain, tu pouvais vanter les mérites de foie qui allait devoir te remettre sur pied au matin.

Reprenant ton souffle, tu posas la bouteille sur la table de ta salle à manger, entre deux doses de poisons. Voilà ce que c’était d’être toi. Entre deux meurtres, une bouteille de saké pour bien noyer la douleur. Entre deux poisons, quelques gorgées pour oublier les visions cauchemardesques que tu laissais derrière toi.

Alors pourquoi voulais-tu tant lever les yeux sur la lune. Pourquoi voulais-tu à ce point penser à ses yeux perle et ses cheveux cendre ? Pourquoi te hantait-il chaque fois que tu fermais les yeux ? Le revoir et quoi encore ? Il devait, de toute façon, être aux bras d’une autre à lui faire goûter ce qu’il t’avait donné.

Comment se pouvait-il qu’un homme puisse tant donner et tant prendre ? Il était venu, l’espace de quelques jours dans ta vie. Il avait fait tomber toute tes croyances l’espace d’une soirée. Il t’avait retiré chaque partie qui faisait de toi la personne que tu étais. Il t’avait mise à nue et voilà que tu étais là, dans l’obscurité de ta demeure, une seule bougie brillant à côté d’une bouteille de saké à remettre encore une fois ta vie en question.

Étais-ce son sourire ? Ses manières ? L’instant ? Le décor ? Non. Non ce n’était rien de cela. Rien du tout. Tu n’étais pas une adolescente transie d’amour. Tu n’étais même pas femme. Tu n’avais aucun droit d’y penser. L’effacer. Tout effacer, remettre à zéro les pendules de ton cœur. Remonter le temps. Prétendre que rien n’était arrivé. Voilà la bonne chose à faire. L’unique chose à faire.

Mais tu n’y arrivais pas.

SORS-LE-TOI DE LA TÊTE ! Recommence à zéro, ne joue pas.

Tu avalas une autre gorgée de saké, commençant à en ressentir les effets. Tu serais malade dans la matinée, mais tu n’en avais que faire.

Il t’avait promis qu’il resterait aussi longtemps que tu le désirais, mais où était-il, là maintenant ? Il ne te réconfortait pas. Il n’était même pas là. Il ne devait même plus penser à toi. Menti. Voilà. Il t’avait menti. Et tu devrais vivre avec.

Une autre gorgée.

L’idée même qu’on t’ait servie ta propre médecine te rendait malade. D’un geste brusque, tu reversas les fioles de poisons, les envoyant au sol dans un fracas de verre.

Encore une.

Cette fois, c’est les parchemins de recettes qui trouvèrent leur chemin sur ton plancher. Il t’avait menti.

Gorgée après gorgée, l’alcool démantelait ton jugement, décuplait ta colère.

Le retrouver, lui faire goûter tes nombreux poisons. Lui arracher ses yeux – il ne voyait pas quelle utilité avait-il pour ceux-ci – insulter sa famille, non pas sa famille, Yuriko restait tout de même une femme que tu admirais … L’espace d’une seconde, tu t’imaginas envoyer une lettre à ta tendre amie simplement pour insulter son frère.

Lettre que tu commenças d’ailleurs à rédiger.

Tu lui en voulais. Il t’avait fait goûter l’interdit et tu comprenais maintenant pour ce l’étais. Tu en redemandais, encore et encore, jusqu’à l’imaginer dans la nuit. Tu voulais remonter le temps, retourner dans ce jardin, le mettre sur pause, ne jamais en sortir. Éterniser le rêve. Être humaine.

Non, non, non. Tout effacer. Voilà, c’était mieux. Retourner à la réalité, comme si rien ne s’était jamais produit, somme si tous les fondements de ta personne n’avaient pas été mis à feu à sang. Retourner à avant l’été, avant Ao, avant Yuriko, avant, bien sûr, Kyoshiro.

Tu renversas la table, envoyant lettre et encre sur le sol, écoutant le son de ta bouteille de saké percuter le bois, se fracasser. Le liquide et le verre vinrent chatouiller tes pieds. Tu hurlas. Rage, frustration, haine.

Déception, douleur, espoir.

Tu n’étais plus que fracas sur le sol, comme ta bouteille d’alcool, à jamais perdue. Rien ne pourrait te rassembler comme tu étais avant. Tu n’étais plus indestructible. Ébranlable, fragile, vulnérable, voilà les seules choses qu’il restait encore de toi.

Tu n’avais toujours été que façade et il l’avait bien vu lors de votre rencontre. Alors pourquoi te faire ça ? RESSAISIS-TOI. Tu allais lui faire payer. Ta façade devenait impossible à porter avec chaque jour qui passait. Prétendre être accomplie, prétendre être l’élite t’écrasais la poitrine, coupait ton souffle, te donnait envie d’hurler encore.

Le rendre misérable voilà ce que tu désirais. On te mentait, on ne te menait pas en bateau. Tu étais Yamanaka Sayuri, tu ne ressentais rien. Cette colère sombre qui grondait n’était le résidu du passage du temps, de la mère qu’on t’avait arrachée, du vide qui menaçait à tout moment de te faire t’effondrer. Il n’avait rien à voir dans tout ça. Tu ne l’avais pas cru. Jamais.

Quelles foutaises.

Tu lançais tasses, bols et plateaux au travers de ta maison, jusqu’à se qu’épuisée, tu t’effondras au sol. Lamentable. Pathétique.





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Brisée

Yamanaka Sayuri

Tour de verre, explosée en millier de morceaux













***

À genoux contre le sol de bois, trempant dans un hideux mélange de poison et d’alcool, les sens affaiblis, l’esprit en lambeaux, tête penchée vers l’arrière, ton regard absent fixait le plafond de ta maison. Silence simplement perturbé par le trémolo de souffle encore court, émotif, blessé. Il te fallait faire la paix avec toi-même, avec lui, avec ça.

Tu avais failli à ton devoir et jamais tu ne pourrais l’effacer. Une erreur toute banale qui allait laisser dans ton âme une marque indélébile. Celle de l’abandon. N’était-elle pas déjà gravée un millier de fois sur ton cœur de toute façon ? Que pouvait donc bien faire une fois de plus ? Tu ne regrettais pas réellement l’instant partagé. Il te manquait. Tu voulais le récupérer et de le savoir si loin, hors de ta portée, t’empêchait de ramener tes pieds sur terre, de te reposer à nouveau, d’être qui tu devais être.

Il t’était impossible de te reconstruire comme l’araignée venimeuse que tu avais été si longtemps, parce qu’un homme à qui tu avais admis ta vulnérabilité, ton secret le plus intime, ton unique rêve : d’être à ton tour humaine, te l’avais accordé sans hésitation, sans question. Il t’avait fait ressentir un monde d’émotions sur lequel tout contrôle t’échappait.

Tu t’effondrais. Pas ton corps, il était déjà au sol, de toute façon, mais ton âme, ton cœur, l’essence de ta personne en était encore secouée. Abandonner. Il te fallait lâcher prise. La vie t’avait déjà réservée bon nombre de surprise, bon nombre de déception. Elle n’avait pas encore fini son œuvre, d’autres viendraient à coup sûr. Tu ne pouvais te permettre d’ainsi te détruire pour quelques heures de tendresse. Mais tu ne trouvais pas la force de te relever, de reconstruire ce qu’il avait, très probablement brisé par inadvertance.

Il n’avait aucune idée de la personne que tu étais, comment aurais-t-il pu savoir qu’une seule nuit, que de te faire sentir ainsi désirée allait causer ta perte ? Il ne pouvait pas le savoir … Et toi non plus. Tu ne pouvais pas t’en vouloir de t’être laissé aller à la tentation d’un peu d’amour, d’un peu de tendresse et pourtant, te voilà chez toi, à tenter de te recollée, morceau par morceau.

Il n’avait pu envisager que derrière tes nombreuses façades ne se cachait qu’une poupée de porcelaine. Une poupée emplie d’un vide béant, d’un vide dévorant qui n’attendait qu’une occasion de se manifester depuis si longtemps. Et ce vide maintenant à nu t’avalait toute entière sans que tu ne puisses l’en empêcher, sans filet, sans cran de sureté. Tu tombais, une chute sans fin.

Tu savais que rien n’arrivait sans raison, mais tu peinais réellement à voir celle qui se cachait derrière cette rencontre. Tout ce qui en découlerait, tout ce qui pouvait en découler. Des épreuves n’en avais-tu pas déjà eues suffisamment ainsi ? Te fallait-il réellement ce qu’on ajouta au lot un cœur brisé, des espoirs anéantis et l’échec ? L’échec avec un grand E, celui ou tes convictions t’avaient fait défaut, où tes désirs t’avaient mené à la douleur et à un désespoir total, car tu n’avais aucune idée de la façon dont tu allais te remettre sur pied.

Les paupières lourdes, l’esprit embrumé par l’alcool et la douleur, étendue à même le sol humide, tu te sentais dérivée, glisser dans l’inconscience d’un sommeil sans rêve, sans lumière. Tu n’avais ni la force, ni l’envie de lutter, tu te laissais aller entièrement, accueillant se repos avec une certaine joie. Cela te donnerait quelques heures où tu pourrais l’oublier.

Lorsque le soleil serait haut dans le ciel, tu te réveillerais de nouveau. Tu recommencerais lentement à ramasser les fragments éparpillés de ton cœur. Un jour peut-être trouverais-tu l’équilibre que tu n’avais pas atteint. Tu ne saurais dire quand. Tu ne saurais si c’était même possible, mais d’ici là tu ferais la seule chose que tu savais bien faire, tu continuerais de dévouer corps et âme à ton clan, à ton sang, à ton nom.





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