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"injustice" kyoshiro

Uchiha Akira
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"injustice" kyoshiro Mar 26 Mar - 23:12
Uchiha Akira
injustice

☽ • ☾

La différence était flagrante, très clairement et plus j’y pensais, plus j’avais besoin de m’entrainer, de réussir autrement. Je n’avais pas de talent particulier, je n’étais pas un ninja d’exception et je ne marquerais clairement jamais l’histoire, mais cela ne voulait pas dire que j’étais condamné à être l’erreur de parcours d’un clan. Je pouvais au moins limiter la casse non . J’en étais convaincu, du moins j’essayais de l’être, j’essayais de croire en çà, mais à chaque fois que j’échouais, à chaque fois que la plus simple des techniques me posait problème, je sentais le poignard brulant de la déception s’enfoncer dans mes chairs. Je n’y arriverais pas, j’avais beau essayer, je n’y arriverais. Alors épuisé et aveuglé par l’obscurité de la nuit, je me laissais tomber à genoux sur le sol, les larmes menaçaient de s’échapper de mes yeux, mes sanglots étant uniquement retenus par la force que je mettais à serrer les dents. J’étais épuisé, à bout de forces, aussi bien mentalement que physiquement et inlassablement, les images de la soirée de la veille me revenaient en tête. Ils le regardaient avec tellement de fierté… Il n’était pas leur fils et pourtant il était tout ce qu’ils auraient voulu avoir. Tensai était l’enfant qu’ils voulaient que je sois et ce n’était clairement pas possible, je ne pourrais pas arriver à son niveau, pas sans des années d’entrainement et même là… Il serait tellement loin… Je serais condamné éternellement à voir l’avenir dans son dos, obligé d’être l’inexorable dernier… Je ne pourrais pas le supporter…

La vie était beaucoup trop injuste, moi j’avais toujours tout fait pour les rendre fiers, du sacrifice de mon enfance à cet avenir incertain que j’acceptais pourtant de leur offrir. J’étais le plus fidèle des enfants, le plus attaché au bonheur de ses parents et pourtant il n’y aurait rien que je puisse faire qui pourrait changer leurs visions des choses. Tant que je ne serais pas le meilleur, tant que je ne serais pas digne de reprendre la tête de notre lignée, je n’aurais aucun crédit et c’était… Injuste. La vie n’était qu’une course que je ne pourrais pas gagner, une course qui m’effrayait tellement. J’avais peur de mourir, peur de céder ma vie à un monde qui était si terrifiant, un monde que je n’avais jamais connu autrement qu’à travers les yeux désireux de grandeur de mes parents. Moi, moi qu’est-ce que je voulais ? Je voulais juste qu’on m’aime, qu’on croit en moi et qu’on arrête d’attendre de moi que je sois un autre. Je ne serais jamais Tensai, je ne serais jamais Kaori, je ne serais jamais ce genre de ninja, jamais ce genre d’être humain. Je ne serais même pas moi-même. Je disparaîtrais simplement dans le néant des ambitions que je ne pourrais jamais supporter… C’était injuste.

Frappant le sol du poing, je finis par me relever pour faire face à un de ces poteaux pour me jeter rageusement sur lui. Une ultime tentative pour me prouver que j’avais encore la chance d’avoir une valeur et qui se solda simplement par une douleur sourde me frappant la poitrine. Retombant au sol, mon front bascula en avant jusqu’à rencontrer la surface rugueuse du bois. J’avais mal, plus mal qu’hier, et bien plus encore qu’avant-hier. Était-ce mal de désirer simplement un peu de bonheur ? Le droit à l’innocence, à l’amour ne devait pas être réservé qu’à une élite, moi aussi je… Une perle salée glissa le long de ma joue, puis une seconde. Je refusais si souvent de craquer que ce simple instant de faiblesse devint bien plus lancinant que ma peine elle-même. Je n’étais qu’un enfant, quoi que ce bandeau sur mon front veuille dire aux yeux des autres, j’étais un enfant, un enfant sans repère, sans personne pour l’aider. Un enfant souffrant d’une solitude bien différente, celle d’être entouré et de ne mériter aucun regard sous peine d’en souffrir davantage. Et aujourd’hui, seul face à cette lune timide je baissais les armes, je m’avouais vaincu, incapable de pouvoir en faire plus, incapable de pouvoir lutter davantage.

Je voulais juste un jour pouvoir arrêter de lutter, pouvoir avoir le droit à un moment de paix… Pourtant à chaque fois que je fermais les yeux, je le voyais lui, mon père, je voyais combien il me jugerait si je n’allais pas plus loin, si je refusais perpétuellement d’être celui qu’on attendait de moi. Ce n’était juste pas de ma faute, j’essayais, j’essayais très clairement, mais plus je poussais, plus j’avais mal et la douleur qui me maintenait au sol en était la preuve. Je ne pouvais pas continuer à lutter ainsi éternellement sans en souffrir encore plus. Il y aurait un jour où je devrais faire un choix, celui de ne plus pouvoir répondre aux attentes de mes parents et ce même si peut-être c’était déjà le cas. Je n’arrivais pas, je ne pouvais pas… J’avais besoin de me reposer, j’avais juste besoin d’un instant pour moi… Alors je gardais les yeux fermés, ma tête toujours contre ce piquet et une main sur la poitrine. J’attendais, j’attendais de pouvoir me relever, de pouvoir rentrer chez moi sans prendre le risque de réveiller toute la maison dans cet état. J’attendais d’avoir le courage d’affronter la vie. Mais rien ne vient, si ce n’est le bourdonnement incessant des battements de mon coeur qui semblait vouloir me tirer loin de ce monde, loin de ma conscience. J’avais été trop loin.


☽ • ☾
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Tadake Kyoshiro
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Re: "injustice" kyoshiro Mar 26 Mar - 23:59
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Injustice  
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Cela faisait à peine quelques jours que le jeune homme avait enfilé sa casquette de senseï, de professeur, de mentor que déjà il était en proie au doute compte tenu du résultat de leur première rencontre. Certes il s'était attendu à un minimum de résistance face à la nouveauté, face à l'arrivée d'un mentor au physique révélateur et aux compétences plus que douteuses, mais il ne s'était pas attendu à ce que la plus grande gueule de tous lui tienne tête d'entrée de jeu. Oh non il n'était pas homme à se laisser intimider pour si peu, en vérité il ne savait pas lui-même si quiconque en ce bas monde était capable d'un tel exploit, mais il espérait simplement que cette première rencontre ne serait pas le reflet de toutes leurs interactions à venir. Catastrophique ? Ridicule ? Risible ? Triste ? Il ne savait pas trop comment qualifier ce qu'il s'était passé sur le terrain d'entraînement, pour être parfaitement honnête, mais il savait que cette transition serait plus compliquée avec certains qu'avec d'autres.
Le jeune Tensai semblait joyeux et volontaire, très semblable à ce que le Tadake avait pu être à sa jeune époque, aussi avait-il le pressentiment qu'il n'aurait aucune difficile à travailler avec le petit génie, mais il ne pouvait pas en dire autant de son...cousin ? Bien entendu s'il y avait bien un homme qui n'était pas du genre à juger un individu trop hâtivement c'était Kyoshiro, le seul à même de savoir qu'il ne fallait pas juger un livre à sa couverture, mais pour le moment cette jeune couverture-là ne donnait vraiment pas envie. Ressassant encore et encore les souvenirs de ce moment-là dans sa tête, se demandant ce qu'il aurait pu faire de mieux pour améliorer la situation ou éviter une telle hostilité, sachant néanmoins que cela ne venait pas totalement de son côté non plus, il décida de se faire une petite session d'entraînement nocturne afin de faire un peu de ménage dans sa tête.
Il était homme à se poser énormément de questions, beaucoup trop pour son propre bien mais n'avait su faire autrement que se remettre en question en permanence. Ainsi, en fin de journée, il se dirigea vers son sanctuaire au cœur même de la forêt qui bordait Konoha et, plusieurs heures durant, il répéta des exercices qu'il connaissait et maîtrisait dans le seul but de se fatiguer. De se vider la tête pendant aussi longtemps que possible. Bien entendu il avait beau être un génie de l'effort il n'en restait pas moins un homme, avec ses limites, limites que son corps ne tarda pas à lui rappeler.

Déjà ? Non, il n'avait simplement pas vu le temps passer. Ce devait sans doute être cela.

Attrapant ses affaires, engloutissant une gorgée d'eau fraîche en guise de maigre récompense, il retourna donc sur ses pas en passant par la terrain d'entraînement où il n'espérait voir – enfin sentir – personne. Se sens de senseur – bravo pour la répétition – finirent par l'alerter d'une présence aux alentours et, après s'être immobilisé pour affiner sa rechercher, ses capacités lui permirent d'identifier sans peine le chakra de ce couche-tard. Que faisait-il ici au lieu d'être chez papa et maman ? Ce n'était pas en restant à dormir ici qu'il ferait la fierté de son clan.
Non, évidemment Kyoshiro n'était pas dupe. Il n'y avait qu'une seule raison pour qu'un homme soit ici, en ce lieu : la même raison qui le faisait se lever chaque matin pour aller se réfugier au cœur de la forêt. Bon d'accord il avait un caractère de merde mais, au vu de la faible réserve de chakra qu'il lui restait, le jeune Uchiha semblait au moins aussi déterminé que son nouveau senseï à donner le maximum.

Hum, finalement peut-être n'y avait-il pas tout à jeter chez ce gaillard.

S'avançant à pas de loups, gardant la trace de chakra de son nouvel élève en tête, l'aveugle arriva à portée et, d'un savant mouvement du poignet, dévissa le bouchon de la bouteille d'eau pour en déverser une petite partie du contenu sur le crâne de celui qui avait connu des jours meilleurs. Sachant pertinemment que le garço se réveillerait ainsi en trombe, probablement furieux qu'on l'ait souillé de la sorte par ce vil liquide, ce fut avec un ton léger dans la voix que l'homme s'annonça :

« Y'a de meilleurs endroits pour dormir, tu sais ? »

À quand remontait l dernière fois où le Tadake s'était presque évanoui de la sorte ? Hum, la semaine dernière très probablement, aussi n'était-il pas très bien placé pour donner des conseils sur la tempérance et la retenue à son jeune élève. Jeune élève...Décidément il ne s'habituerait jamais à dire ces mots l'un à la suite de l'autre. Laissant à Akira le temps de retrouver ses esprits, profitant de ces quelques secondes de répit pour – lui aussi – absorber un peu d'eau, le senseï se tourna enfin vers son élève et lui tendit la main comme un homme le ferait à un autre. Main tendue symbole de réconciliation mais aussi aide indispensable pour se relever, Kyo laisserait au Uchiha l'occasion d'accepter ou refuser son aide mais, dans tous les cas, il l'accueillerait d'un simple :

« T'as faim ? »

Pour s'être aussi épuisé toute la soirée durant, le jônin savait à quel point le travail pouvait donner faim à un individu, ce qui était son cas. Il ne forcerait pas son élève à évoquer sa faiblesse apparente s'il ne le souhaitait pas, pour pour le moment tout du moins car le souvenir de leur première rencontre déplorable était encore trop frais dans son esprit. Ce qu'il pouvait faire, par contre, c'était de mettre l'élève dans de bonnes dispositions en lui offrant à manger.

Oui, il était peut-être nul comme modèle mais ça il pouvait le faire.


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Re: "injustice" kyoshiro Mer 27 Mar - 9:38
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☽ • ☾

Elle refusait de partir, elle restait là, tapie dans l’ombre de mes pensées, dans les cellules de mon corps. Cette douleur refusait de partir, pourtant j’étais épuisé, exsangue de toute force, de toute volonté pour pouvoir ne serais-ce qu’espérer pouvoir me lever. J’étais certain que je pourrais passer la nuit ici, pétrifié par le froid et sans la moindre énergie qu’aucun de mes deux parents ne se mettrait à ma recherche. Je pouvais disparaître, tant que je n’avais pas mérité leur fierté, il n’en aurait que faire de mon avenir. Un nouveau poignard s’enfonça profondément dans mon cœur, un poignard que j’avais si souvent senti et qui pourtant, même au travers d’une conscience relative, réussissait à m’arracher quelques larmes. Sans doute ferais-je mieux de ne pas lutter, de ne pas essayer de faire la différence pour ce soir, mais alors que j’abandonnais l’idée de rentrer chez moi les larmes glacées de la réalité me firent revenir à cette dernière. Ouvrant les yeux subitement, la respiration courte, je me décollais du poteau affolé pour chercher ce qui pouvait justifier une telle présence d’eau sur ma tête et je n’eus pas à chercher très longtemps. Il y avait quelqu’un avec moi, juste ici et tant que mes yeux refuserait de percer l’obscurité pour y voir quelque chose, je ne pouvais que craindre la présence de mon père. Car non, il ne serait jamais venu me chercher, il aurait simplement fait le déplacement pour me remettre une nouvelle fois à ma place.

Mais ce n’était pas mon père, celui qui venait de me sortir de cette sombre inconscience était un autre homme, un homme dont la voix éveilla quelques souvenirs et qui me força à relever les yeux vers lui pour découvrir la raison. Tadake-Sensei… Que pouvait-il bien faire ici et aussi tard et surtout pourquoi avait-il pris la peine de me réveiller ? Suivant sa main des yeux, je vis pour la première fois depuis longtemps, si ce n’est de ma vie une main se tendre vers moi, comme si par ce simple geste les choses pourraient-être différentes. Que cherchait-il ? À m’humilier ? Je n’avais plus quitté sa main des yeux, pas même lorsqu’il chercha à savoir si j’avais faim. J’étais davantage anesthésié par la fatigue qu’autre chose, mais en creusant bien, sans doute pourrais-je y trouver la faim. Sans que pour l’heure, je continuais à le fixer comme s'il venait de faire quelque chose d’impossible. Sans doute, la fatigue jouait-elle, mais je fus incapable de réellement me reprendre pour l’instant, juste en mesure de baragouiner quelques mots pour faire bonne figure et encore, « Vous cherchiez un sens à vos cours dans la nuit... » murmurais-je à défaut d’avoir toute la véhémence du monde pour me défendre.

Levant finalement un bras tremblant vers lui, j’acceptais son aide, à moins que j’acceptais simplement l’idée de ne pas être invisibles aux yeux de quelqu’un, enfin… Je n’en avais aucune idée, j’étais trop épuisé pour faire quoi que ce soit de cohérent de toute évidence.

Me remettant sur pied fébrilement, une nausée me monta violemment dans la gorge quand mon équilibre vacilla une nouvelle fois. Je n’avais pourtant pas l’impression de m’être levé aussi brutalement, mais visiblement mon corps était beaucoup trop éreinté par cette soirée pour supporter le moindre excès. Je priais pour ne réveiller personne, juste pour demeurer invisible à leurs yeux, « Je pense surtout que j’ai besoin de dormir. », j’avais surtout besoin de fuir cette situation, besoin d’aller ailleurs, sans doute pas chez moi dans l’immédiat, pas quand j’avais besoin d’un tronc pour me maintenir debout. Mais je ne pouvais pas rester avec lui, même s'il avait fait que ce j’avais toujours attendu de mes parents, je ne pouvais pas m’exposer à ce point, sinon comment je ferais après ça ? Savoir qui j’étais vraiment serait une porte ouverte à des choses sans doute bien plus douloureuses, peut-être pas, car ça aurait été réellement le cas, mais s’ouvrir à quelqu’un était dangereux, interdit dans mon cas. « Merci pour le réveil. », me contentais-je de souffler avec un manque certain d’arrogance malgré mon envie de le paraître. Me décollant de mon bâton de vieillesse, je fis un pas, puis un deuxième avant que le monde ne se mette brusquement à vaciller, à moins que ce soit ma tête qui me tournait, je n’en savais rien, mais je n’étais pas en état de porter un masque aujourd’hui.


☽ • ☾
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Re: "injustice" kyoshiro Mer 27 Mar - 19:42
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S'il y avait bien un homme en ce bas monde qui n'était pas prompt à juger son prochaine c'était bien le jumeau Tadake, tout d'abord parce que son monde n'était pas fait d'images et de couleurs comme tous ses congénères mais aussi, de façon plus évidente, parce qu'il était le mieux placé pour savoir qu'il ne fallait jamais juger un livre à sa couverture. La plupart des gens ne voyaient en lui qu'une parodie d'être humain, un homme n'ayant pas été correctement terminé, un homme privé de lumière dont la vie se résumerait à un rideau infini de ténèbres et qui ne connaîtrait jamais la joie d'aucune sorte. Mais ceux qui avaient vu et touché l'âme de cet individu savait qu'il valait bien plus que cela, qu'il était plus perspicace et observateur que nombre de voyants parce que personne ne faisait attention à lui, un homme qui avait plus de chaleur et de générosité dans son cœur qu'aucun autre n'en aurait jamais dans pareille situation.
Il avait depuis longtemps appris qu'il y avait autant de raison de se battre que de personnes ayant décidé de prendre la voie des armes, mais il n'était pas du genre à considérer ces raisons comme bonnes ou mauvaises. Non, le mal ou le bien n'était reflété que dans les actes de chacun et non dans leur psyché car, pour ce qu'il en savait, il croyait fermement en l'éventualité que même le plus corrompu des hommes puisse un jour se racheter par une seule bonne action. Une seule, celle qui lui montrerait la lumière et le pousserait à changer la direction de sa vie et, même si la plupart de ces individus se complaisaient dans les ténèbres, la possibilité de rédemption était toujours possible. Pourquoi pensait-il à cela maintenant, en sentant la faible présence de son nouvel élève ? Parce qu'il en avait vu passer des grandes gueules, aveugles par leur propre fierté et le désir de plaire à leurs parents, mais rares étaient ceux qui poussaient leur corps jusqu'à dans ses limites. La plupart se complaisaient dans leur talent inné, se qualifiant de génie à qui voudrait bien l'entendre, rabaissant leurs petits camarades à chaque occasion qui leur était donnée.

Pendant un temps Kyoshiro avait cru que son petit camarade ici présent était de ces hommes fiers mais terriblement plus aveugles que lui, incapable de voir le bout du chemin qui se traçait devant eux. Il y avait cru avec une pointe de tristesse mais, face à ce petit être aux réserves de chakra largement diminuée, probablement incapable de se relever tout seul, il sut que ce garçon était prêt à faire des efforts aussi grands que les siens et cette seule révélation suffisait à représentait sa possibilité de rédemption.

D'ordinaire il aurait été lassé à l'écoute d'une nouvelle pique de son cher élève, tentative de le vexer vouée à l'échec, mais aujourd'hui il sourit en s'accrochant à l'idée que peut-être y avait-il plus à découvrir que le jeune Akira voulait bien le montrer. Rebondissant sur la pique, il tendit sa main tout en lâchant d'un ton plus léger :

« Je cherchais quoi faire de vous, surtout. Mais tu sais, moi, le jour ou la nuit...c'est un peu pareil. »

Il n'y avait bien que lui seul qui pouvait se permettre de se moquer de sa propre cécité, mais de temps à autres, quand il était de bonnes dispositions, il accueillait les moqueries de ses proches avec un doux amusement. Aujourd'hui il attrapa le bras de son élève pour l'aider à se relever, ignorer la propre fatigue de son corps pendant tout le temps nécessaire à l'opération. Voyant son petit élève chanceler de nouveau, Kyoshiro s'approcha et le retint d'une main sur son épaule, pour le soutenir autant que possible. Si Akira le laissait faire, le jeune homme attraperait le bras gauche de son élève pour le passer au-dessus de son épaule, pour l'aider à marcher pendant qu'il n'avait pas assez d'énergie pour le faire tout seul.

« Oula, doucement. Vas-y mollo, t'as trop tiré sur la corde.»

Oui il était très bien placé pour le dire car il avait l'habitude de le faire lui-même, de s'épuiser jusqu'aux limites du raisonnable, chaque jour.

« T'inquiète. Allez viens, t'as besoin de te poser quelque part et bouffer un peu te ferait du bien.  »

Et à lui aussi, évidemment, car il commençait sacrément à avoir faim.



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Re: "injustice" kyoshiro Jeu 28 Mar - 0:25
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☽ • ☾

Un peu pareil ? Je mis quelques secondes à comprendre ce dont il parlait et presque aussitôt je me sentis stupide. Il était vrai que le monde demeurerait éternellement plongé dans la nuit pour lui et que jamais il n’aurait la possibilité de revoir la lumière, alors oui, c’était sans doute cruel, maladroit aussi, mais pas volontaire. Je venais juste de… Je savais bien qu’il n’y avait aucun remord à avoir, après tout j’attaquais pour me défendre, j’attaquais pour me protéger, alors pourquoi regretter mes mots maintenant ? Sans doute car il avait fait quelque chose, un geste vers moi et que je n’étais pas si cruel que ça. J’avais besoin de partir d’ici, mais à peine avais-je fait quelques pas que déjà mon épuisement se rappelait à mon bon souvenir. Je n’allais pas aller bien loin, encore moins si l’angoisse de rentrer chez moi continuait de me prendre, pourtant, après quelques secondes d’immobilité, je sentis une main se poser sur mon épaule, une main qui me fit dans un premier temps sursauter avant que je me tende malgré moi. Ce genre de gestes m’étaient inconnu, et je ne savais pas exactement comment réagir, je restais simplement là figer alors qu’il m’invitait à plus de prudence. Comment des gens pouvaient continuer à agir ainsi ? Comment l’on pouvait demeurer humain alors qu’on faisait face à un monstre d’arrogance ? Je n’arriverais pas à répondre à cette question, pas ici du moins, pas maintenant, pas après ce que j’avais dû essuyer, pas après avoir réalisé combien le monde demeurait injuste. Je devais rentrer chez moi… Pourtant je me retrouvais avec son bras sous le mien, mon poids s’allégeant sur le sien alors qu’il m’assurait que j’avais besoin de prendre un peu de temps, mais aussi de manger…

J’avais du mal à comprendre son comportement, du mal à comprendre tout ce qui pouvait s’articuler autour de moi. Ma vie semblait m’échapper pour de bon et pourtant, dans les ténèbres transperçant de mon avenir se dressait ce qui semblait-être semblable à des lumières, vives, empreintes d’espoirs. Voulais-je y croire ? Je n’étais pas certain que cela soit la meilleure chose à faire, car je ne pouvais pas me reposer sur eux, j’avais besoin d’avancer, de me distinguer, par de réussir dans une masse pouvant me voler tout les mérites. Seulement serais-je un jour méritant ? Aurais-je un jour la possibilité d’être celui qu’on attendait de moi sans avoir à me pousser ainsi dans mes derniers retranchements ? Ce n’était jamais arriver et ce n’était pas maintenant que le monde s’obscurcissait de façon si significatif que les choses changeraient… Je n’y arriverais pas. Alors oui, durant quelques minutes, je m’avouais vaincu. La tête baissée, les jambes cotonneuses, je suivis l’homme sans vraiment réaliser que nous étions rentrés dans les rues commerçantes du village. J’étais tellement perdu dans mes pensées que j’entendais à peine le sifflement étouffé des rares échoppes encore ouverte et pour être tout à fait honnête, je repris le fil de la réalité lorsqu’il me déposa sur un banc face à une table crasseuse. Je n’avais aucune idée de où nous étions et le rapide coup d’œil que j’avais pu jeter autour de moi ne me donna aucun indice sur l’endroit ou nous étions. Un bar ? Un restaurant de rue ? Je n’en savais rien et je m’en foutais assez pour l’heure. J’étais déconstruit, pas tant par mon entraînement, mais bien par les tortures que je m’étais infligé seul. Pourquoi avais-je autant besoin de leur reconnaissance et pourquoi en avaient-ils autant besoin eux-aussi ? Le problème demeurait insoluble et ma tête finirait par exploser avant que je ne trouve ne serais-ce qu’un semblant de réponse.

Alors je fixais mes mains, la tête reposant contre le mur froid derrière moi, je comptais le nombre de coupures maculant de sang ma peau porcelaine, le nombre de blessures que j’aurais à dissimuler au matin venu. Plus mes entraînements marqués mon corps, plus cela signifiait que je repoussais mes limites, pourtant rien ne semblait avoir changé, comme si rien ne pouvait le faire… « Ça vous amuse de me voir comme ça ?! » demandais-je en colère, non pas contre lui, mais contre moi. Si seulement je pouvais avoir ne serais-ce qu’un peu du talent de Tensai, rien de tout ça ne serait jamais arrivé et je n’aurais pas eu besoin de subir cet échec, toutefois, je faisais face à un homme, un homme qui dénotait sur bien des points et après un sursaut de conscience, je me redressais légèrement pour briser complètement la colère que j’avais pu faire naitre, « Je ne voulais pas dire que… Enfin c’était pas l’idée. », moi gêné ? C’était bien une première et pourtant, il avait su me prendre de court avec des gestes, des attentions qui étaient pourtant innocentes, communes pour bien des gens et qui pourtant ne m’avaient jamais été réservé. On ne me tendait pas la main, on ne cherchait pas à prendre soin de moi, d’une quelconque façon… On n’était pas humain avec moi.

« Vous n’avez pas besoin de faire tout ça… », ça n’aurait pas été la première fois que le désire que j’avais de rendre fier mes parents ne m'auraient poussé aussi loin, pas la première fois que je me serai épuisé à en perdre toutes notions. Il n’avait pas besoin de faire ça, de m’amener ici, même si c’était miteux, pour me faire manger. Il n’avait pas besoin… Pourtant, alors que je n’étais qu’un élève, qu’aucun lien du sang nous unissait, il l’avait fait, il était venu et restait là pour moi, à moins qu’il ait un autre plan en tête, mais très sérieusement, j’étais trop épuisé pour ne serais-ce qu’y penser. Je courrais après quelque chose depuis ma naissance et j’étais encore si loin de l’avoir… Même si cela impliquait révéler ses faiblesses, j’avais le droit de prendre une pause non ? Le droit de ne pas toujours être celui qu’on voulait que je sois ? Non, c’était lâche de reculer ainsi et pourtant, que pouvais-je faire d’autres à présent ? Pleurer n’avait soulagé aucune de mes peines, peut-être que quelques minutes au contact d’être humain suffirait à soulager mes épaules du poids qui y pesait. Peut-être.


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Tadake Kyoshiro
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Re: "injustice" kyoshiro Jeu 28 Mar - 7:48
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En voyant ce sourire épinglé sur son visage on pourrait croire que, contre toute attente ; le jeune aveugle avait réussi l'exploit de sourire à la vie malgré sa situation, et cela depuis son plus jeune âge, mais en vérité il n'y avait que sa jumelle qui était capable d'expliquer à quel point cette supposition était à milles lieux de la vérité. Il n'oubliait rien, aucune voix, aucune odeur, aucun chakra et ainsi le jeune Tadake se souvenir parfaitement de ses premières annes de sa vie, de la douleur et de l'indignation grandissantes quand il réalisa enfin sa propre situation. Oh il en passa des jours et des jours à pleurer, à se maudire, à demander à ses parents ce qu'il avait fait pour être ainsi privé de lumière et, si son choix s'illumina très faiblement quand il se déroba à la protection de sa sœur pour enfin être à même d'agir seul, cette douleur resta toujours présente en son cœur. À dire vrai, maintenant qu'il se penchait sur le sujet, Kyoshiro pouvait à peu près affirmer  avec certitude qu'aujourd'hui encore cette douleur était présente mais que, avec du temps et de l'expérience, il avait fini par s'y habituer au plus de ne plus serrer les dents et de ne plus avoir envie de se maudire autant qu'avant.
La sensation était toujours présente et le serait aussi longtemps qu'il serait privé de lumière, jusqu'à sa mort en somme, mais il avait fait suffisamment d'efforts pour qu'elle ne le paralyse plus comme avant. Seule sa sœur était donc consciente d'une partie de ce qui se cachait derrière ce rôle, derrière ce chaleureux sourire, il s'était rapidement forcé à se draper de cette mimique pour donner le changer et éviter que ses proches ne s'inquiètent davantage. Cependant c'était à l'aube de sa nouvelle vie, lorsqu'il passa pour la toute première fois les portes de Konoha-la-Grande que le Tadake eu un avant-goût de ce qu'il appellerait plus tard la satisfaction. Se trouvait devant lui une cité assez jeune en manque de bras pour assurer un futur à ses citoyens et, par le geste le plus insignifiant, grâce à une seule main tendue, il avait pu apporter le sourire sur quelques visages. Ce fut une révélation pour lui, le signe qu'il était peut-être bon à quelque chose : aider les autres.

S'il avait du se forcer pour se draper de ce mince sourire il n'avait eu à répéter ce processus quand il s'agissait d'aller vers les autres, de tendre la main, d'aider car c'était pour lui la chose la plus naturelle du monde. Après tout sa jumelle avait passé sa vie à l'aider et Konoha lui avait donné une seconde chance en l'autorisant à passer ses portes : aider à son tour était donc la moindre des choses qu'il pouvait faire pour rembourser cette dette morale. Il aimait se rendre utile, il n'y avait aucun mal à ça et, dans un sens, en agissant de la sorte il s'assurait aussi que les personnes aidées le voient autrement que comme un homme maudit, interdit de lumière pour le restant de ses jours. Il était un individu à part entière, qu'on se le dise !
Il ne connaissait ce jeune homme que depuis quelques jours et, s'il avait écouté sa logique, il se serait arrêté à la première désagréable impression qu'il avait eu de sa part. Cela devrait être la façon de faire de n'importe quel homme normalement constituée mais Kyoshiro était différent, voyant plus loin si une telle chose était possible et, d'une certaine façon, préférait donner une seconde chance à chacun en partant du principe qu'il arrivait à tout le monde de faire une erreur à un moment donné de sa vie. Une seule erreur ne devait pas condamner la vie d'un individu, chacun devait avoir le droit à la rédemption et c'était la raison:même de cette main tendue.

Sachant très bien où il était situé, le maître aida l'élève à se déplacer jusqu'à un petit restaurant calme à cette erreur tardive, avant d'aider le jeunet à s'asseoir sur un blanc – devant une table – situé juste devant l'établissement. Quand vient la révélation du jeune homme ? Ce ne fut pas lorsque son élève tenta de se moquer de son handicap, une chose plus qu'habituelle pour le jeune homme, mais bien quand il tenta de débuter des excuses qu'il ne savait pas par quel bout prendre. C'était donc ça. Si Kyoshiro souriait à la face du monde pour se vêtir d'un masque qui n'était que partiellement le sien, pour donner le change, son élève avait décidé d'opter pour une approche plus agressive afin de masquer ce qu'il se cachait réellement au fond de son âme. Effectivement s'il cherchait à faire fuir les autres afin qu'on le laisse tranquille c'était sans doute la chose à faire, mais avec Kyoshiro il était mal tombé. S'il y avait bien un homme dans tut Konoha qui n'était pas prompt à abandonner, à lâcher l'affaire, c'était bien lui.

En un instant il leva la main devant lui pour signifier à son élève de s'arrêter là où il était, signifier qu'il était inutile d'essayer de rattraper le coup avec une excuse qui ne semblait même pas sincère. Oh oui ces regards et ces jugement il les subissait régulièrement et un de plus ne lui faisait plus le moindre effort, il voulait simplement éviter au jeune Uchiha l'embarras de chercher ses mots pour poursuivre ses excuses jusqu'au bout. En revanche il laissa le jeune homme s'exprimer une nouvelle fois en lui rappelant que se montrer gentil n'était en aucun cas une obligation, qu'il aurait pas pu passer à côté de lui sans l'aider, comme si c'était ce à quoi le garçonnet était habitué.

Triste, vraiment triste.

« Il ne s'agit pas de besoin. J'en ai envie, je le fais, c'est tout. Je n'ai jamais eu  besoin de raison pour aider autrui et ce n'est pas aujourd'hui que je vais m'en trouver une.   »

Kyoshiro avait toujours été bon pour écouter son cœur mais rarement pour écouter son cerveau, l'exact opposé de sa jumelle pour ainsi dire. Il parlait sans filtre, laissait ses inhibitions derrière lui et agissait comme bon lui semblait, cela avait toujours été sa façon de faire et son jeune élève allait devoir s'y habituer.
Alors qu'il allait formuler une nouvelle phrase le jeune senseï fut stoppé par l'arrivée de la serveuse qui se tourna vers lui, le reconnaissant sans difficulté avant que Kyoshiro ne passe sa commande.

« Du thé vert et deux bols de ramens. Merci.  »

Bien sûr Akira aurait toute la liberté de changer sa commande si cela ne lui plaisait pas mais, si cela se produisait, la serveuse repartir à l'intérieur du restaurant afin de transmettre ces éléments aux cuisines. Ressentant de nouveau le calme qui régnait dans cette rue, sans âme qui vive à une heure pareille, Kyoshiro s'enfonça sur son siège tout en faisant fi de sa propre fatigue, avant de tourner son visage vers le garçon. Oui cela ne servait à rien mais il avait appris que les gens normaux préféraient qu'une personne soit tournée vers eux quand il leur parlait, une convention sociale à laquelle il ne se pliait généralement pas. Sauf aujourd'hui.

Calmement, posément, il tendit une nouvelle fois la main vers son jeune élève sous la forme d'une simple phrase :

« Alors, tu veux me dire ce qu'il se passe ?  »

Aucun être aussi arrogant et suffisant ne serait prêt à s'entraîner jusqu'à la perte de connaissance, aucun homme aussi mordant ne serait prêt à se confondre en excuse s'il était véritablement sincère dans sa démarche. Kyoshiro ne savait pas encore quoi, mais était certain qu'Akira ne lui disait pas tout. S'il y avait bien un moment où il pouvait ouvrir son sac en toute discrétion, sans peur d'oreilles indiscrètes, c'était bien ici. Dans cette ruelle miteuse.





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Re: "injustice" kyoshiro Jeu 28 Mar - 11:41
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☽ • ☾

Pourquoi continuait-il à me sourire comme si je ne venais pas de lui manquer de respect ? Pour était-il si… Si proche de remettre tout en question ? Peut-être étais-je bel et bien trop fatigué pour ne serais-ce que faire face. Peut-être étais-je bien trop affecté par le comportement de mes parents avec Tensai pour ne pas réussir à prendre plus de recul, pourtant il n’était personne, il n’avait pas à avoir un tel pouvoir. Du moins pas aussi facilement. Pourtant, j’avais l’impression qu’il me voyait malgré l’handicap et j’avais encore plus peur qu’il ne dévoile la supercherie. Dans l’ignorance de mes parents, j’étais presque en sécurité. Ils ne voyaient pas toutes mes erreurs, ils ne voyaient pas tout mes défauts. Ils voyaient seulement les échecs, les résultats, mais pas ô combien le chemin fut compliqué et douloureux. Pourtant c’était bien le cas, tout était bien plus douloureux aujourd’hui, chaque décision, chaque respiration pouvant me faire basculer d’un côté ou l’autre, mais c’était moins dangereux. Alors que là, face à la lumière de son attention, je n’étais plus qu’un chiot abandonné, recroquevillé sur le bord d’une route fréquenté, effrayé à la simple idée d’avancer et de peut-être me prendre de plein fouet la réalité. J’avais peur, mais c’était bien moins effrayant de rester dans l’ombre, même si ça faisait mal, même si rien ne pourrait me tirer de là. Alors oui, il me fallait une raison, une logique infaillible à ses gestes. On ne se connaissait pas, il n’avait eu à faire qu’à ce masque d'arrogance et de mépris, il ne pouvait pas se montrer si affable après tout ça. C’était comme si j’avais lacéré chacune de ses convictions, comme si j’avais été à l’encontre de chaque décision et que j’avais fais couler le sang de son humanité. Comment pouvait-il ? Pourquoi cet homme ayant sans doute dû faire face aux pires obstacles de la vie n’avait pas plus d’honneur et d’amour-propre ? Il s’était battu sans doute bien plus fort que moi et il avait su aller si loin, il n’avait aucun compte à me rendre, aucune attention à me porter, pourtant, il le faisait, lui qui avait gagner une place dans ce monde au travers d’actions méritantes et acharnés…

Alors je restais là, à le regarder, comme si une réponse pourrait se dessiner sur son visage, en vain, je ne voyais qu’une conviction aveugle, sans à priori. Pourquoi ? Il était aux antipodes de ce que j’avais attendu du monde, aux antipodes de ce qu’il aurait dû être. Que Tensai soit ainsi n’avait rien d’étonnant, c’était un enfant, puéril, avec des rêves qui n’étaient que des faux espoirs. Il était de ma famille dans un sens, du même clan, qu’il porte son attention sur moi ou qu’il cherche à tisser le moindre lien avait un sens, mais lui ? Lui n’était rien, je n’étais rien pour lui, juste un élève en retard qui ne ferait que le ralentir, juste un poids dont-il ignorait encore la lourdeur. Alors quoi ? Pourquoi ? Pourquoi lui, un infirme, un homme n’ayant plus rien à prouver, un homme ayant combattu le pire des ennemies, pourquoi cet homme s'était un soir penché sur moi pour me tendre une main salvatrice ? Pourquoi lui acceptait mon existence avec autant d’aisance ? Pourquoi lui et pas eux...

La gorge nouée, j’avais refusé de porter ne serais-ce qu’un regard à la serveuse et je l’avais laissé repartir sans même m’opposer à l’idée de manger. Il était un inconnu et il m’offrait bien plus que mes parents me donnait le soir. Une boulette de riz, deux si j’avais de la chance et avec les ingrédients les moins nobles. Ma mère avait bien tenté de se justifier en affirmant qu’elle ne pouvait rien me faire faute de savoir quand je rentrais, mais je n’y avais jamais cru. Simplement, depuis mon échec à l’examen Chuunin, je ne méritais plus que des boulettes froide et fade… Comment s’étonner que je ne sois pas plus gros, ni plus grand avec un tel traitement ? Mais aussi dure soit-elle, ce n’était que le reflet d’une déception et je n’avais pas le droit de lui en vouloir, sauf peut-être ce soir, alors qu’on m’offrait une fois de plus davantage que mes parents ne ferait jamais.

Et puis sa main se tendit à nouveau vers moi et il réclama à savoir ce qu’il se passait. Comment pouvait-il chercher à savoir ? Pourquoi il posait ou faisait toujours ce que eux ne feraient jamais. « Il y a quelque chose de mal à s'entraîner ? » demandais-je brutalement sur la défensive. Avouer qu’on était si nul que la simple présence de Tensai pouvait tout remettre en question n’était clairement pas quelque chose que je dirais, pas plus que j’avouerais combien je souffrais de ça, combien la préférence de mes parents envers mon nouveau coéquipier me briser chaque jours un peu plus. Je ne méritais pas moins d’attention que lui, pourtant c’était ce qui se passerait, « Avec le niveau et la maturité de Tensai il faut bien qu’un Uchiha se charge d’assurer le coup. », continuais-je avec douleur, c’était injuste de s’en prendre à lui, Tensai n’avait rien fait contre moi, il n’était pas en cause, pourtant sa simple existence suffisait à remettre la mienne en question.

Alors pourquoi répondre la vérité, elle dépeindrait une triste réalité, mon enfer personnel. Elle ne m’aiderait pas nous plus à avancer, même une fois révéler. Alors mentir, refuser qu’il m’atteigne, même s'il était le seul à m’avoir traité comme un être humain, le seul à peut-être avoir pris en compte mes émotions… Mais à quoi cela me servirait ? À rien, si ce n’est à souffrir encore plus de ma réalité, de celle ou je ne serais jamais plus que l’objet fêlé d’une ambition demeuré et étrangère à mon cœur. Je n’avais pas le droit… Désolé.


☽ • ☾
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Re: "injustice" kyoshiro Jeu 28 Mar - 18:55
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Bien que généreux le jeune homme n'en était pas naïf ou candide pour autant, il était plus conscient que personne que la vie dans ce bas monde était tout sauf juste, il en était l'exemple parfait, mais cela ne l'avait jamais arrêté jusqu'à présent. Il avait une dette considérable envers Konoha, c'était un fait, la raison principale qui l'avait fait s'engager sur la voir du shinobi d'ailleurs, mais il avait commencé par aider les gens non pas par obligation mais parce qu'il en avait profondément envie. Pourquoi ? Pourquoi lui alors qu'il n'avait rien ? Pourquoi était-ce le plus pauvre qui donnait le plus ? Il s'était très souvent posé cette question sans obtenir de réponses et avait accepté silencieusement cette situation, se demandant si ce n'était pas un test de plus pour jauger la puissance de sa résolution. L'avait-il passé haut la main, ou était-ce un contrôle continue qui ne prendrait fin qu'à son trépas ? Très bonne question, une de plus à ajouter à la liste.
Pourtant il n'était qu'un homme avec un temps limité sur cette terre, il faisait de son mieux mais ne pouvait malheureusement pas accorder tout son temps et toute son énergie à ceux qui en avaient réellement besoin. Il aurait aimé pouvoir le faire, bien sûr, mais il lui fallait être réaliste sur ce point-là. En rentrant dans les rangs de l'armée de Konoha – si une telle chose existait – le jeune homme avait réalisé que les shinobis pouvaient apporter une réelle différence et, à présent, maintenant qu'il possédait le manteau de mentor, de modèle, de pilier sur lequel s'accrocheraient les nouvelles générations, il comprenait comment il pouvait apporter une réelle différence. Certes il n'avait pas perdu son goût de l'action, ce n'était pas prêt de disparaître, mais il savait que viser plus loin était la meilleure chose à faire : il devait aider les jeunes pousses à grandir pour, à leur tour, maintenir la paix et la prospérité dans ce pays.

En écoutant son jeune élève prendre une posture défensive en mettent en avant sa volonté pure de s'entraîner, de se perfectionner à chaque fois que cela lui était possible, Kyoshiro se força pour ne pas sourire par crainte que cela puisse être mal interprété. Ce sourire n'aurait pas été symbole de fierté, bien sûr que non, mais plus le symbole de son propre reflet dans le miroir. S'il y avait bien quelqu'un qui ne pouvait se permettre de critiquer le fait de trop tirer sur la corde c'était bien le jeune Tadake, lui qui s'était allé à l'inconscience plus de fois qu'il ne pouvait le compter, lui qui avait tout à prouver à ce monde contrairement à ce qu'on pourrait croire. Donc non, il choisit de ne pas rabrouer son élève ou d'en savoir plus sur sa motivation réelle, pas pour le moment du moins, mais préféra jouer la carte de l'honnêteté pour le moment.

« Rien du tout. Je serais bien mal placé pour te demander de faire preuve de tempérance.  »

Le plus frustrant n'était pas de voir un garçon fermé comme une huître face à lui, le Tadake n'était pas du genre à s'arrêter à ce genre de détail, mais plutôt d'avoir la sensation que quelque chose se cachait là, derrière le vol, à quelques mètres du bout de ses doigts. Il ne pouvait forcer une personne à s'ouvrir si elle ne le souhaitait pas, tous les sourires du monde ne suffiraient pas si l'individu avait décidé de rester fermé, mais il pouvait au moins tendre la main en montrant que ce n'était jamais un mal de s'exprimer librement. Sans artifice. Sans crainte d'être jugé.
Ainsi, alors que la serveuse vint poser les deux tasses de thé et les deux bols bien remplis, alors que les fragrances venaient chatouiller ses narines, le shinobi fit un léger mouvement de main pour inviter son poulain à se servir. De son côté il attrapa délicatement sa tasse, avec une précision et une maîtrise nécessaires au vu de sa situation, avant de l'amener à sa bouche.

« Dis-moi, je peux te poser une question ?  »

Que pouvait-il demander ? Il le savait très bien mais ne savait pas encore comment le formuler, gardant en tête la possibilité que son interlocuteur se ferme encore davantage si ses mots étaient mal employés. Patientant quelques secondes, il porta sa tasse à ses lèvres et laissa une gorgée de ce chaud liquide venir le réchauffer, lui rappeler qu'il n'avait jamais eu besoin de l'alcool pour se détendre. Le thé avait toujours été suffisant, à même de détendre ses muscles comme son âme.

« Qu'est-ce que tu désires ?  »

Reposant lentement le récipient devant lui, le shinobi détailla son propos en pointant du doigt l'endroit où devait se situer son propre cœur, laissant son élève enregistrer la question, avant de reprendre avec un ton calme et maîtrisé.

« Finie l’esbroufe. Oublie le clan, la pression familiale, les camarades et tout le reste. Qu'est-ce que tu souhaite vraiment ?  »

Il n'était pas du genre à mettre quelqu'un au pied du mur et telle n'était pas son intention aujourd'hui, cela se sentait d'ailleurs dans le ton utilisé mais, s'il voulait envisager d'aider réellement le jeune Uchiha, il devait commencer par savoir ce qui pouvait faire ralentir ou battre son cœur. Était-ce cette rivalité évidente avec Tensai, l'autre Uchiha de l'équipe, ou y avait-il autre chose derrière tout cela ? Il devait le savoir mais, pratiquement certain de ne pas obtenir de réponse de son élève, il tint à conclure son intervention par un simple :

« Ce que tu me diras ne sortira pas d'ici, c'est une promesse.  »

Une promesse. La plupart des citoyens de ce monde ne croyaient peut-être plus en ce mot désuet, ce mot au sens vide dans une société où les mots n'avaient plus autant de sens que les actions, mais Kyoshiro n'était pas de ces gens-là. Si Yuriko avait été là elle aurait pu confirmer que son frère était un homme de parole, un homme qui ne parlait jamais en vain et, ce soir-là, dans cette rue vide de vie et de lumière, sa dernière phrase ne souffrit d'aucune ambiguïté.

Elle était là, cette ultime main tendue. Celle qu'il espérait qu'Akira prendrait mais, même si c'était le cas, il continuerait encore et encore et encore car tel était le genre d'homme qu'il était. Il avait accepté depuis longtemps qu'il était né différent, brisé, en retard mais n'avait jamais arrêté de lutter contre sa propre faiblesse.

Il n'était pas du genre à abandonner, pas quand cela concernait ses proches et, dans le cas présent, il était convaincu que son poulain cachait quelque chose qui méritait d'être vu. Il n'abandonnerait pas.

Il ne l'abandonnerait pas.

Jamais.

Pas lui.



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Re: "injustice" kyoshiro Ven 29 Mar - 10:06
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☽ • ☾

Au moins n’avait-il pas insisté, du moins je l’avais cru durant quelques minutes. C’était un entraînement, rien de plus, juste un exercice normal. Se mener à l'épuisement en revanche ne l’était peut-être pas, mais j’osais croire qu’en l’absence d’une vision clair et précise de moi, il ne pouvait pas pleinement en prendre conscience… Ce qui était stupide, accordons nous là-dessus. Il avait presque dû me porter jusqu’ici, mais… Ma colère contre Tensai était évidente au vu de mes mots, il ne pouvait que déduire que ma justification était la bonne. Il devait le croire… La serveuse revient alors rapidement avec notre commande, déposant le thé et les bols sur notre table avant de disparaître. J’avais beau être épuisé, voir de la nourriture, ce genre de nourriture me fit rapidement saliver, pourtant je ne me précipitais pas dessus, préférant continuer à les bouder pour ne pas alimenter les doutes qu’il pourrait avoir. J’allais bien, je devais aller bien…

Mais avant d’avoir réussi à m’en convaincre, il me demanda s'il pouvait me poser une question, question qu’il poserait même si je disais non, alors je répondis simplement par un soupir avant que ma gorge ne se noue à nouveau en l’entendant. Qu’est-ce que je désirais ? Ce n’était pas tant la question le problème, mais bien la précision qu’il apportait en désignant son cœur. Il voulait savoir ce que je voulais vraiment, comme si cela avait de l’importance, comme si je pouvais lui faire confiance, comme si il le voulait vraiment. Il continuait à aller là où aucun autre adulte n’avaient jamais été, il continuait à me prendre à contre-pied, à me surprendre, à me déstabiliser. Car oui, en cet instant je n’avais pas la moindre idée de comment réagir si ce n’est en le regardant longuement. Je cherchais tous, le moindre détail pouvant me mener à la conclusion qu’il me tendait un piège, mais je vis rien qu’une question sincère et ça faisait mal. Il n’était pas mon père, il n’aurait pas dû me porter autant d’importance, il n’aurait pas du…

Les poings serrés sur mes genoux, j’avais senti mes bras commencer à trembler et j’avais presque aussitôt fermé les yeux pour retenir cette douleur, sauf qu’à la place, je sentis de nouveau des larmes lacérer tristement mon visage. Non, je ne devais pas pleurer, je ne devais pas le laisser m’atteindre, pourtant c’était trop tard et c’était entièrement de sa faute. Il ne devait pas faire ça, il ne devait pas m’aider, je ne devais pas avoir d’importance, je ne devais pas en trouver une dans le cœur d’un autre. Seuls mes parents devaient l’être. Je… Alors le plus silencieusement possible, je me laissais craquer, juste quelques secondes, du moins je l’espérais, mais j’avais trop mal, cette ignorance, cette indifférence et cette colère envers moi était bien trop forte pour mon propre bien. Je… J’avais le droit de vivre non ? Droit d’avoir un peu de joie ? C’était injuste que ce soit cet inconnu qui me tende la main, injuste que je ne sois pas en mesure de lui dire clairement sans que la peur et la honte me rongent à nouveau. Que dirait-on après ça ? Pour la première fois depuis que je l’avais rencontré, cette cécité m’arrangeait, elle me soulageait même. Il ne me voyait pas sombrer et il serait comme la nature face à mon désespoir, aveugle et étranger à ma réalité. Pourtant c’était bien un homme privé de lumière qui venait de toucher ce que personne ne semblait avoir vu, c’était bien un homme comme lui qui avait réussi à voir cette brèche, à la faire céder. J’avais mal, réellement, mon cœur battait vite et douloureusement, ma respiration n’était même pas cohérente, mais je continuais à me contenir, car il était hors de question de sombrer plus profondément encore. « Je… Souhaite honorer mon clan. » parvins-je à dire sans pour autant que ma voix suive ma tentative de me cacher. Elle mentait très mal, elle était étranglée et il n’y aurait rien que je puisse faire pour la faire paraître moins douloureuse.

Serrant un peu plus mes poings, je cherchais réellement à me faire mal, à annuler la douleur de mon coeur par une autre beaucoup moins puissante et dévastatrice, mais rien y faisait, je voyais toujours le sourire de mes parents, leur joie de voir Tensai et toutes ses discussion visant à démontrer combien il était fort et doué. Je voyais ce dos qu’ils me tournaient volontiers, cet abandon face à l’avenir et cette attente de me voir me dépasser sans jamais me tendre la main. Je voyais aussi ces autres parents, hors du clan qui attendaient leurs enfants à la sortie de l’académie, ou les autres allant se perdre dans les bois pour des entraînements improvisé. Je voyais tout ça et je voyais combien le bonheur me manquait, combien la peur d’échouer, de mourir m’étouffait… J’avais besoin d’aide depuis ma naissance et après quatorze années de souffrance, un homme venait me tendre la main… Je voulais le croire, je voulais sincèrement, mais je n’avais pas le droit… « J’ai pas le droit de souhaiter autre chose. » lui confiais-je alors, refusant de parler de moi sans réaliser qu’en fait, je le faisais plus qu’avec n’importe quelles autres vérités « J’aurais le droit de rêver quand je serais enfin celui qu’on attend de moi... » ajoutais-je plus bas avant d’ouvrir de nouveau les yeux et d’essuyer mon visage avec ma manche.

J’étais tendu, pétrifié par la douleur et incapable peut-être de rejeter éternellement cette main tendue. « Je suis juste votre élève ? Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? On vous paie juste pour faire de nous des machines avant de vous attribuer une autre équipe de toute façon. », nous ne serions pas éternellement ses élèves et il devait en prendre conscience. Ou je devais peut-être me protéger. Je tentais malhabilement de remettre ce masque, mais le reniflement de mes narines encombré par mes pleurs ne donnait que très peu de crédit à tout ça. Il avait été trop loin, comme j’avais été une nouvellement fois trop faible pour réellement gagner ce combat. Ce n’était pas de sa faute, c’était la mienne, si je n’étais pas aussi faible, rien de tout ça ne serait arrivé de toute façon.


☽ • ☾
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Re: "injustice" kyoshiro Ven 29 Mar - 20:04
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Le jeune aveugle avait toujours eu un certain talent pour briller en société, pour se faire des amis grâce à son talent pour manier les mots et détendre même les esprits les plus crispés, mais quand il s'agissait de parler de cœur à cœur c'était une toute autre paire de manches. Aujourd'hui il faisait face à un jeune gaçron qui pouvait paraître froid et cassant de prime abord mais, pour une raison qu'il ignorait, Kyoshiro était à peu près sûr que ce rôle n'était qu'une façade pour masquer ce qu'il ne pouvait ou ne voulait pas dévoiler. Comment en était-il aussi sûr ? Parce qu'il usait de l'exact même stratagème, à ceci près que les piques agressives du garçon étaient remplacées par des blagues et un sourire enjôleur pour apporter un peu de lumière dans la conversation. Il était passé maître dans l'art de faire semblant, de tromper son monde mais ce soir-là il ne s'agissait plus de lui, plus de lui mais de ce garçon qui ne semblait pas habitué à ce que tende la main vers lui. En d'autres circonstances le Tadake aurait été ravi que la motivation d'un homme soit de faire honneur à son clan, à sa famille comme cela avait été le cas pour lui d'une certaine façon, mais le trémolo dans la voix de son interlocuteur lui laissait à penser que, dans ses paroles, la sincérité n'était pas du tout au rendez-vous.
Il essayait encore de lutter, encore de faire face mais à l'écoute de cette hésitation le shinobi sut qu'il était en train de tenir le bon bout. Rester sur la défensive n'était pas la clé de la réussite face à ce Uchiha, il suffisait simplement d'être humain et, fort heureusement, c'était un domaine dans lequel l'aveugle excellait.

En revanche, lorsque la seconde phrase du garçon parvint à ses oreilles, l'aveugle ne put ressentir que de la tristesse face à un individu qui avait oublié ou abandonné l'idée de s'autoriser à vouloir quelque chose. Était-ce son clan qui avait écrasé toute trace d'individualité en lui ? Fort probablement et ce seul constat rappelait au Tadake à quel point il était reconnaissait d'être tombé dans une famille aussi aimante et compréhensive. Peu avaient cette chance. Joignant ses mains devant lui, sur la table, sans même toucher à la nourriture encore bien trop chaude à son goût, il tenta d'éclairer la lanterne de son élève sur un premier point.

« Oh que si tu en as le droit. Tu as peut-être fini par te convaincre du contraire, mais je suis là pour te dire que oui, ce n'est pas un crime d'aspirer à autre chose.   »

Cet élève devant lui représentait à merveille le problème de la société dans laquelle il vivait aujourd'hui, un monde où le devoir devait passer avant tous le reste et où les désirs personnels semblaient être considérés comme tabous. C'était sans doute la pire des erreurs car c'était justement cette individualité qui faisait la force d'une personne, mais le Uchiha ne semblait pas en avoir conscience.

« Est-ce que tu t'es déjà interrogé, une seule fois dans ton existence, sur ce que tu attendais de la vie ? Sur quel genre de personne tu voulais être, en faisant fi de l'avis des autres ? Parce que si ce n'est pas le cas, laisse-moi te dire que je suis ici pour rectifier le tir.   »

Si les premières paroles du jeune hommes attristèrent son nouveau mentor, ce que la suite du speech qui lui fit froncer les sourcils depuis le début de leur conversation. Repousser ses propositions était une chose mais l'accuser d'indifférence ? De vouloir faire de ses élèves de froides machines ? De leur apprendre à tuer pour ensuite les abandonner ? C'était à l'opposée de sa volonté mais Kyoshiro ne lui en voulait pas, il ne le connaissait que depuis trop peu de temps pour pouvoir véritablement comprendre l'aveugle. Cela viendrait avec le temps mais, désireux de battre le fer pendant qu'il était encore chaud, le Tadake se redressa légèrement pour clarifier ce point-là.
« Une machine ? C'est ce que tu penses que nous sommes, Akira ? Dans ce cas je vais clarifier quelque chose. Est-ce que tu te rappelles de la serveuse de tout à l'heure ? Si elle est en vie aujourd'hui c'est grâce à toi, à moi, à nous. Nous ne sommes pas des soldats, pas des machines à tuer : nous sommes des protecteurs. Tu peux penser que je joue sur les mots, mais la différence est réelle.   »

Les shinobis étaient pour la plupart respectés et accueillis avec un sourire dans ce village, ce n'était pas toujours le cas ailleurs dans ce monde et il fallait prendre en compte ce point-là. Akira était encore trop jeune pour s'en rendre compte, trop engoncé dans cette sourde tristesse pour réaliser que Kyo l'appelait enfin par son prénom pour la première fois, mais le jônin n'allait pas s'arrêter là. Il avait réalisé toutes sortes de missions, fait des choses dont il n'était pas fier mais l'avait toujours fait en sachant que c'était pour garantir la paix du village. S'il devait transpirer, saigner et souffrir pour que d'autres n'aient pas à le faire alors il poursuivrait ce chemin avec joie, jusqu'à son dernier souffle.

« Nous avons une responsabilité envers les gens de ce village, je ne vais pas dire le contraire, mais nous sommes tous deux des hommes avant d'être des shinobis. Notre devoir ne doit pas définir entièrement ce que nous sommes, car nous avons une vie en dehors de ce travail. Tu ne le vois peut-être pas pour le moment, mais je te garantis que c'est bien le cas et c'est justement cet équilibre qui te permettra de rester sain d'esprit. Crois-moi.  »

Pointant le garçon du doigt, à l'endroit où devait probablement se trouver son cœur, l'organe qu'il écoutait le moins, le shinobi enchaîna sur un ton toujours aussi calme et maîtrisé.

« Qu'on soit clairs, je ne fais pas ça parce que je le dois mais parce que je le veux. Je veux que tu puisse regarder en arrière et être fier de ta vie, comme je suis fier de la mienne. Je veux que tu puisses sourire à la vie au lieu de la subir. Je veux que tu comprennes que je ne fais jamais rien dont je n'ai pas envie et que, dans le cas présent, je veux t'aider. Mais pour ça il va falloir que tu me fasses confiance.   »

Il savait que tout ceci n'était qu'un ramassis de mots auxquels son élève n'était pas obligé de croire, il ne l'avait pas fait jusqu'à présent alors pourquoi est-ce que cela devrait changer ? Non, il savait qu'il devait se montrer plus personnel car ses seules paroles mielleuses ne seraient que des promesses vides de sens. Rabaissant la tête tout en plongeant dans ses pensées, tout en plongeant dans des souvenirs qu'il ne réveillait jamais, il prit une profonde inspiration avant de reprendre sa leçon.

« Et pour en revenir sur le sujet de la confiance, pour faire preuve de bonne foi, je vais te raconter une...histoire.  »

Combien de secondes s'écoulèrent, pour qu'un tel silence s’installe ? Plusieurs dizaines au moins, mais c'était le temps que prenait une telle opération. Il avait repoussé dans un coin de son esprit un paquet de souvenirs désagréables et, aujourd'hui, Kyoshiro avait décidé de ressortir le plus ancien d'entre eux. Ses épaules s'affaissèrent un instant alors qu'il refermait sèchement sa main droite autour de sa gauche, luttant contre la douleur qui allait avec ce souvenir.

Il devait le lui dire, pour lui montrer qu'il n'était pas seul, pour lui donner un exemple concret auquel s'accrocher.

Il devait lui dire ce qu'il n'avait jamais avoué à sa sœur, sa jumelle, sa moitié.

« Jusqu'à mes...dix ans, j'ai eu envie de me donner la mort, chaque putain de jour. J'avais honte de moi, de ce que j'étais et j'avais tout à prouver. À moi, à ma famille, à ma sœur, à tout le monde et j'étais incapable d'être à la hauteur. Un aveugle ne pouvait être destiné qu'à être un boulet, un poids, une bouche en trop à nourrir.  »

Il laissa quelques secondes d’un silence lourd s'installer de nouveau pour permettre à l'élève d'accuser l'information, conscient que de dévoiler une telle faiblesse pourrait briser leur relation avant même qu'elle n'ait commencée. C'était un pari, un pari risqué mais nécessaire afin de débuter sur des fondations stables et claires. Lui aussi avait été faible, frustré, honteux mais ne l'était plus à présent.

« Et pourtant si j'en suis là aujourd'hui, je l'admets, ce n'est pas grâce à ma force de caractère, mais parce que d'autres m'ont montré la voie. D'autres m'ont aidé à y voir plus clair, à m'accepter et à envisager la possibilité d'être heureux malgré ma...différence. Cela peut paraître niais ou cliché, je te l'accorde, mais ça n'en reste pas moins vrai.  »

Sa sœur était la seule raison de sa réussite, la seule source de sa motivation pour rester en vie un jour de plus mais il n'avait pas besoin de le dire. Il avait juste besoin de faire comprendre que, si Akira n'avait pas de proche auquel s'accrocher pour être tiré vers le haut, alors le jônin deviendrait cette personne. Ce pilier. Ce phare dans la nuit. Reprenant une profonde inspiration alors que ses mains étaient toujours serrées l'une contre l'autre, jusqu'à ce que ses jointures ne blanchissent, l'aveugle releva la tête comme si, derrière ses orbites inutiles, il essayait de croiser le regard de son poulain.

« Je ne te dis pas que c'est facile ou rapide, mais que ça en vaut largement la peine. Si moi j'ai pu y arriver, tu le pourras aussi si tu laisses d'autres t'aider, si tu me laisses t'aider. Je ne peux pas te forcer, simplement te montrer que ça en vaut la peine. Tu as peut-être abandonné l'idée d'être heureux, mais pas moi. Je crois en toi, au cas où cela t'aurait échappé. »

Kyoshiro Tadake avait peut-être eu des hauts et des bas, avait peut-être plus souvent douté de lui qu'il ne pouvait le compter mais il avait toujours relevé la tête, encore et encore parce qu'il avait trouvé son credo, sa voie, son but en dépit de ses obligations envers le village. Il avait encore beaucoup de chemin à faire, à n'en pas douter, mais de simple handicapé il était devenu un shinobi d'élite du village par la force de sa volonté mais aussi parce qu'on lui avait montré qu'il était possible de croire. De croire en lui, de croire en un avenir radieux alors qu'il n'avait connu que les ténèbres.

Si un aveugle pouvait ressentir cette lumière, alors pourquoi pas ce jeune garçon ? Il lui suffisait de vouloir, d'accepter la possibilité que quelqu'un veuille l'aider, que quelqu'un puisse croire en lui. Ainsi, joignant le geste à la parole, l'homme se pencha en avant et tendit sa grande et puissante main au jeune Akira devant lui, la matérialisation de leur relation naissante.

« Alors. Tu vas la prendre cette main, ou pas ? »

Il n'y avait aucune pitié dans ce geste, aucun jugement, simplement un homme en aidant un autre. Un homme  prêt à aider un autre à se trouver pour éclairer sa voie.

Il n'avait pas abandonné jusqu'à présent et ne le ferait pas. C'était une certitude.


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Uchiha Akira
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Re: "injustice" kyoshiro Lun 1 Avr - 10:47
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☽ • ☾

J’attaquais, mais lui ne semblait pas vouloir rentrer dans mon jeu, il restait calme, creusant un peu plus la douleur dans mon coeur. Oui j’avais fini par me convaincre de cette réalité, oui je croyais que c’était un crime de penser autre chose, mais c’était le cas. Aux yeux de mes parents du moins et donc des miens. Je voulais qu’ils m’acceptent, qu’il me voit enfin non pas comme un échec, mais comme une réussite et pour ça je ne pouvais pas me permettre de penser comme lui, je ne pouvais pas envisager d’avoir des émotions et des sentiments bien à moi, et ce, malgré le fait que je savais tout le bien que cela me ferait. Seulement, je savais aussi comment ils étaient avec quelqu’un qu’ils jugeaient honorables et je le voulais. Je voulais ce que Tensai avait, je voulais cette reconnaissance. Alors je restais silencieux, incapable de savoir quoi lui dire qui ne serait pas une souffrance de plus, incapable de vraiment me jeter à corps perdu dans cette réalité. Elle me coûterait sans doute plus et je n’étais pas assez fort pour ça, pas assez apte à lutter. Alors que pourrait-il bien faire ? Il était là pour une seule et unique chose de toute façon et nous aider n’en ferait jamais parti, du moins c’était ce que mon agressivité semblait vouloir dire, la vérité était bien que je ne savais pas, j’étais perdu, désemparé et brisé. Il venait déjà de mettre le chaos dans ma vie, il n’avait pas le droit de continuer, il n’avait pas le droit de continuer ainsi. Pourtant il avait raison, grâce à nous, des civils étaient en vie, enfin non, pas grâce à moi, pas grâce à ma lâcheté. Grâce à lui, à eux, à tous ces ninjas qui pouvaient sacrifier leurs vies… Mais moi j’avais peur, bien trop peur pour me donner en sacrifice pour des inconnus alors que j’étais encore si loin d’y arriver, si loin d’être à la hauteur de mes parents. Je ne pouvais pas mourir, alors s'il ne voulait pas faire de nous des machines, je ne serais pas un protecteur pour autant.

Quant à mon avenir, à comment, je ferais pour supporter ma vie et à cette vie privée qui devait me faire sourire et me rendre fière… Je ne l’avais jamais laissé vivre, jamais laissé me nourrir ou me porter, ce n’était certainement pas pour le faire maintenant. Si je me permettais des distractions, l’écart qui se creuserait entre moi et les autres serait d’autant plus grand et l’on ne me pardonnerait pas cet échec pour des choses aussi trivial que l’amusement. Depuis tout petit, je regardais les autres s’amuser, je regardais le monde tourner normalement, et j’enviais chacun d’entre eux. Sans doute aurais-je dû dès le début ne pas vouloir rentrer dans le moule que mes parents m’avaient imposés. Mais comment réclamer à un enfant à peine conscient de ce monde de ne pas suivre aveuglément les directives de ses parents ? Ils étaient censés être des guides, vouloir le meilleur pour moi, pas au contraire faire de moi un être dénué de confiance et amère envers les autres. Alors sans doute, la folie serait bientôt mienne, sans doute finirais-je par perdre pied, par me faire étouffer par la réalité, mais comment dire non à ceux que j’avais toujours voulu honorer ? C’était tout bonnement impossible.

Alors quelle que soit la cohérence de ces discours, cela ne changerait rien dans mon cœur… Je n’avancerais pas dans un autre sens, du moins c’était jusqu’à ce qu’il ne m’offre quelque chose sur son passé et rien qu’à sa posture, je voulais bien croire que ce qu’il s'apprêtait à me dire était vrai. Comment pourrait-il autant maîtriser un langage corporel qu’il n’avait jamais vu ? Bien au-delà de ça, comment pouvait-il mentir à ce sujet. Vouloir se donner la mort ? J’y avais pensé, souvent, mais ma lâcheté me gardait bien trop facilement en vie pour ça. En revanche savoir que lui y avait pensé, qu’il avait exactement les mêmes pensées que moi… Il prenait une nouvelle dimension, quelque chose de plus ancré dans ma réalité. Il avait traversé un désert semblable au mien et oui c’était stupide de dire que les autres étaient la seule solution pour avancer. Il avait eu des gens près de lui, mais moi il me restait qui ? Personne, mes parents ne seraient jamais là pour moi tant que je ne serais pas digne d’être aimé, quant à mes amis ? Je n’en avais aucun et ce n’était pas pour rien, personne ne voulait d’un ami comme moi. Je m’étais isolé pour limiter les distractions, là preuve, la seule personne pour qui j’aurais sans doute tout fait pour avoir sa compagnie était peut-être le moins bon choix au monde. Une Hyuga qui ignorait tout jusqu’à mon existence et qui pourtant faisait s’emballer mon coeur. C’était bien la preuve que rien n’allait bien dans ma tête et que quelque soit l’aide, rien n’irait jamais bien.

Qui pour m’aider ? Lui ? J’imaginais déjà la tête de mes parents si jamais j’acceptais l’aide d’un aveugle… J’étais un Uchiha, un ninja avec un Dojutsu principalement basé sur le Genjustu, comment un homme qui ne voyait jamais rien pouvait être d’un quelconque soutien ? Quant au reste… Demander à Tensai ou accepter Tensai comme était un allié c’était me condamner pour de bon à vivre dans son ombre, à ne jamais exister.... Et je n’existais toujours pas, alors comment faire ?

Ma gorge se noua violemment lorsqu’il finit par dire qu’il croyait en moi, c’était bien la première fois qu’on me le disait et c’était bien la première fois qu’on insistait pour que j’y croie. Il croyait en moi, il croyait au fait que je puisse être heureux, il croyait en moi et je ne fus pas vraiment surpris lorsqu’il tendit une main vers moi, lorsqu’il verbalisa réellement ce qu’il proposait. Accepter son aide ? Accepter de ne plus être un inconnu aux yeux de tous, accepter l'échec, mais continuer à avancer, accepter de ne plus être entièrement dépendant du regard des autres. Juste accepté. « On est assis à une table, je vais pas vous prendre la main... », soufflais-je avec quelques trémolos dans la voix. On n’allait pas faire ça, je n’étais pas encore prêt pour ce genre de chose, pas encore prêt à ce genre d’étape. Une chose à la fois…

« Mes parents… Tout le monde reconnaît leurs excellences… Mon père est un des meilleurs du clan, membre de la police, ma mère… c’est une légende, la meilleure au Katon… Ils attendent de moi la même chose, mais... », j’avais les yeux baissé, les larmes glissant de nouveau sur mes joues, « Si je m’arrête, si je profite de la vie, des autres… Je suis déjà pas à niveau, je… Je suis faible et personne doit le savoir sinon mes parents vont… J’ai besoin que mes parents m’aiment, j’ai besoin qu’ils soient fiers de moi... », que juste une fois ça arrive. Mais bien au-delà de ça, c‘était la première fois que j’avouais mon retard, ma faiblesse, la première fois que j’abandonnais réellement le masque. Je n’étais pas un génie, j’en emprunté seulement les codes, la réalité était que j’étais faible, sans avenir. La vérité, c’était que j’étais loin, « Alors… Vous n’avez pas le droit de me dire ça, sinon comment je vais faire moi derrière ? On ne se connaît pas, c’est pas à vous d’être à cette place, pas à vous de me soutenir ou d’avoir ce genre de discours. », c’était à mes parents, mais ça n’arriverait jamais, car je ne pourrais pas rattraper Tensai. À aucun moment. Je serais à jamais un numéro deux et mes parents n’en voudraient pas.

Le silence retomba finalement quelques secondes, juste le temps sans doute d’avoir moins mal, de retrouver un peu de calme, de maîtrise de moi, mais c’était pas vraiment un franc succès quand je repris la parole, « J’ai jamais mangé hors de la maison avec mes parents... », murmurais-je comme pour compter les points imaginaires de ce que lui faisait pour moi contrairement à eux… « J’aurais voulu nait... », non, je n’avais pas le droit de m’écrouler à ce point-là, je n’avais pas le droit de renier ma famille, mes proches, mes parents. Pourtant, même si je voulais rester humble, c’était impossible pour moi de le faire. Il faisait plus pour moi que personne ne l’avait jamais fait, « Personne n’a jamais cru en moi. » confiais-je finalement, les yeux baissés. Personne ne l’avait jamais fait et c’était… C’était si douloureux et pourtant, c'était ce que je désirais depuis toujours. Qu'on croit en moi.


☽ • ☾
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Re: "injustice" kyoshiro Lun 1 Avr - 18:26
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De prime abord on pourrait croire qu'être aveugle enlevait à un individu toute capacité d'observation et, par cette simple affliction, ces malheureux étaient montrés du doigts ou bien laissés de côté car les gens ne savaient pas trop comment les traiter. Devaient-ils les prendre avec ces pincettes, comme s'ils étaient capables de se briser au moindre choc, ou bien les traiter comme des personnes à part entière au point d'ignorer négligemment leur différence ? Dans ses jeunes années le jeune garçon qu'était le Tadake avait donc appris l'importance de prendre son temps et de tendre ses oreilles, d'écouter le monde autour, d'écouter ses congénères pour comprendre l'environnement dans lequel il était né. C'était donc sans fausse modestie qu'il pouvait affirmer avoir développé un certain instinct pour déchiffrer ses congénères et, lorsqu'il croisa pour la première fois le jeune Uchiha devant lui, il sut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Cela aurait pu être dû à cette attitude agressive et piquante qui déplaisait au jeune jônin, persuadé que le jeune genin ne s'intégrerait jamais dans l'équipe, mais il avait pourtant décidé de lui donner une occasion de lui prouver qu'il avait tort. C'était bien ce en quoi le Tadake croyait, la seconde chance.
D'autres diraient qu'il était stupide et naïf de raisonner ainsi, que la première impression était généralement la plus véridique mais, en se penchant sur son propre cas, il savait bien que rie n'était plus faux que cette supposition. Du premier œil on pourrait considérer Kyoshiro comme un infirme, peut-être comme un clown mais ses proches savait qu'il était infiniment plus profond et complexe que cela. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient pris le temps de creuser, de gratter la surface pour découvrir la véritable âme de l'infirme.
Si d'autres avaient fait l'effort pour lui, lui qui ne le méritait pas, pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant ? Ce n'était pas parce que le jeune Uchiha était persuadé que son mentor n'était-là que pour le formater et l'envoyer mourir quelque part qu'il avait raison et, surtout, qu'il devait continuer à penser de la sorte. Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, une phrase apprise par l'aveugle il y avait très longtemps, qui était marquée dans sa tête et qui n'avait jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui.

Le garçon était hésitant à prendre cette main, par gêne ou parce qu'il n'était pas habitué aux contacts physiques, quelle qu'en puisse être la raison celle-ci trouva une réponse toute faite chez l'aveugle.

« Pourquoi pas ? Il n'y a personne d'autre. »

Même si la rue était bondée le jeune homme aurait agi de la même façon, car il ne ressentait aucune gêne en ce moment. Cette main était le symbole d'une union, de la fraternité et de la consolidation d'un soutien dont le genin avait besoin. Pourquoi en avoir honte ? Pourquoi reculer ? Parce qu'il doutait, il chancelait, il n'avait encore jamais envisagé une telle proximité avec un inconnu. Il allait falloir qu'il s'y habitue, car dans le genre sociable il n'y avait pas mieux que son mentor.

Puis vint le moment fatidique, le moment où la barrière de Akira céda pour laisser éclairer dans la nuit son visage véritable. Il se considérait comme faible et n'avait trouvé que l'agressivité et l'insolence pour tromper son monde, une bonne tactique en un sens mais, à force de la pratique, il allait finir par se tromper lui-même. Il n'était pas ce garçon insolant, il était un garçon recroquevillé dans le coin d'une pièce en attendant que quelqu'un l'aide à l'en sortir. Il avait tellement bien trompé son  monde que personne ne voulait plus l'aider.

Personne sauf Kyoshiro Tadake.

Ce dernier fit disparaître instantanément ce sourire face à cette rencontre avec l'âme véritable de son élève, content qu'il se révèle enfin mais triste de le savoir obligé de se cacher pour éviter de décevoir ses pairs. Oh, mon pauvre petit...
Laissant quelques secondes de silence s'installa, le shinobi se leva de son banc, fit le tour et vint s'asseoir à côté du jeune homme, en position inversée, son dos face à la table. Le visage levé vers le ciel, rassemblant ses pensées, il laissa ses coudes reposer contre la table avant de formuler la première partie de sa réponse.

« Je ne peux remplacer tes parents, c'est certain, mais je te donnerai ce dont tu as besoin. Pas ce que tu veux, ce dont tu as besoin. Tu comprends la différence ?  »

En ce moment le jeune genin avait envie de devenir fort pour gagner la fierté de ses parents, mais au fond de lui ce qu'il avait besoin c'était de s'affranchir de ce regard pour trouver en lui sa propre fierté. Il avait besoin de se plaire à lui-même avant de plaire aux autres, c'était là toute la différence qu'il ne saisissait pas encore. Laissant ces idées faire leur chemin dans l'esprit d'Akira, Kyoshiro défit son bandeau du bout de ses doigts, le laissant reposer sur ses cuisses, avant de tourner son visage vers son élève.

« Regarde-moi. »

Si ce dernier tournait la tête il pourrait plonger son regard dans les orbites immaculées du jeune jônin qui, bien qu'inutiles, n'étaient pas absentes d'émotion pour autant. Les yeux étaient les miroirs de l'âme et, en ce instant, en guise de confiance, Kyoshiro avait décidé de donner au jeune Uchiha une fenêtre ouverte sur sa propre âme. On pourrait y avoir tout un tas de choses, à commencer par de la tristesse, de l'acharnement, une évidente chaleur humaine mais, par-dessus tout, ce qui transpirait le mieux ici était sa conviction évidente, son absence totale de doute. Il agissait parce qu'il devait le faire, parce qu'il en avait envie, parce que c'était la chose à faire et rien ni personne ne pourrait le convaincre du contraire.

« Nous ne choisissons pas notre famille, mais nous pouvons choisir ceux qui nous entourent. Ma place est ici, à tes côtés. Accepte-le, car je ne te lâcherai pas. Maintenant la question que je veux te poser est la suivante : veux-tu que je t'aide à devenir fort ? Veux-tu que je t'aide à devenir quelqu'un dont tu pourrais être fier ?  »

Le garçon n'avait qu'un mot à dire, qu'un tout petit mot et il recevrait le soutien dont il avait toujours eu besoin. L'infirme avait toujours été un homme de parole et, aujourd'hui entre tous les autres jours, cela ne ferait certainement pas exception. Il coupa le contact visuel au bout de quelques secondes, sachant qu'une telle vue gênait la plupart de ses congénères, avant de poursuivre la phrase que son poulain ne put finir.

« Naître dans une autre famille, c'est ça ? Je comprends. Crois-moi, je comprends. En ce moment tu dois te sentir piégé, incapable de te sortir de cette situation mais crois-moi, tu y arriveras. J'y veillerai. »

Combien de fois devrait-il le dire, pour que le jeune finisse par le croire ? Des dizaines, des centaines de fois ? Cela importait peu, il le ferait de toute façon. L'abandon ne faisait clairement pas partie de son vocabulaire, il avait ça en commun avec sa jumelle.
Se tournant correctement face à la table, ramenant son propre bol et ses baguettes vers lui, le shinobi attrapa ses baguettes et poussa délicatement le bol d'Akira vers ce dernier, pour l'inviter à le rejoindre avant que cela ne refroidisse.

« Allez, mange un peu. Ça te fera du bien. Je ne suis pas ton père, mais je peux au moins t'offrir ça, pour le moment. »

Aurait-il voulu être son père, pour qu'il n'ait pas à vivre une telle existence ? Question ridicule. Prenant une courte respiration pour ramener un peu de paix dans son esprit, le jeune homme joignit ses mains devant lui avant de prononcer.

« Itadakimasu. »

Si la main tendue n'avait ps été suffisante pour permettre au malheureux de prendre sa décision, peut-être que ce repas commun parviendrait à réchauffer son âme et ramener sur son visage un semblant de sourire.

Kyoshiro était là, à ses côtés, et y resterait. Il en avait été décidé ainsi.


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Re: "injustice" kyoshiro Mar 2 Avr - 9:45
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☽ • ☾

Je ne voulais pas, je ne pouvais pas prendre la main de cet homme, pas sans que cela soit extrêmement gênant. Je n’étais pas un adepte des contacts physique et j’étais certain qu’il trouverait une bonne justification à cela comme le fait que ce n’était pas parce que je n’en avais pas l’habitude que je n’aimais vraiment pas ça. Alors à la place je fis quelques révélations, je dis ce que je n’avais dit à personne avec l’espoir qu’aucun ne viendrait me le reprocher. J’avouais, peut-être avec honte, ce que je ressentais, ce que je vivais au quotidien. Cette pression que d’être le fils d’un couple aussi puissant et reconnu que mes parents, ce qu’ils attendaient naturellement de moi et combien j’étais loin derrière eux, loin d’être assez fort pour ne serais-ce que faire illusion. Alors à cause de tout ça, il n’avait pas le droit de m’insuffler toutes ces vérités, il n’avait pas le droit de me faire douter, souffrir juste en étant ce que j’avais toujours attendu d’un parent. Sauf qu’il était évident que l’homme n’écouterait jamais ce que j’aurais à lui dire et sans vraiment s’y faire inviter, il se leva pour venir s’asseoir à côté de moi comme l’auraient sans doute fait deux amis, deux vieilles connaissances, deux personnes n’ayant plus besoin de respecter l’espace de l’autre. Mais nous n’en étions pas là. Nous nous connaissions à peine et il venait sans doute de faire plus de dégât en quelques minutes que mes parents en toute une vie, pourtant je restais là, immobile, à l’observer, à chercher à comprendre comment cet homme fonctionnait et par quelle alchimie il existait. Qu’était-il au juste ? Pourquoi était-il ainsi ? Pourquoi moi ? Car je lui rappelais vaguement celui que j’étais à son âge ? Où y avait-il une autre réalité ?

Il brisa donc le silence pour une évidence. Il ne pouvait pas remplacer mes parents, et même s'il voulait… Non, mes parents restaient mes parents. Mais il voulait me donner ce que j’avais besoin et non ce que je voulais. Fronçant légèrement les sourcils quand il demanda si je saisissais bien la différence, je voulus répondre, dire quelque chose de censé et peut-être un peu agressif, mais je connaissais la différence. Je voulais être plus fort, mais j’avais besoin qu’on m’aide, qu’on soit là pour moi… Je connaissais la différence, mais mes besoins n’avaient jamais été qu’un fantasme inavoué et incompatible avec mon existence. Mes besoins n’avaient jamais été prioritaires.

Il retira alors son bandeau, réclamant à ce que je le regarde avant que la gêne ne monte lentement dans mon corps. Croiser son regard, c’était comme regarder la lumière d’une bougie pendant plusieurs secondes, la blancheur de ces yeux fascinaient autant qu’ils dérangeaient, et même si je savais qu’il ne pouvait rien voir, je me sentais vu, observé, prit dans l’étau de sa conscience. Il me voyait, plus que n’importe qui et je ne pouvais pas m’échapper en cet instant, je pouvais juste le regarder, prendre conscience de ses mots, de ce qu’il avait pu dire et de cette porté. Oui il ne voyait rien, oui il vivait avec un fardeau, mais à cet instant je n’étais pas bien sûr que cela en soit un. Il reprit en affirmant qu’on ne choisissait pas sa famille, mais uniquement ceux qui nous entouraient. Il jugeait alors sa place à mes côtés, sur les places vides des bancs laissé vierge par ma famille et les proches que j’avais fini par repousser. Et il y voulait une place, une place qu’il n’abandonnerait pas. Personne n’avait jamais cherché à prendre cette place. Personne n’avait jamais réussi non plus, mais lui si, il voulait plus que quiconque, plus que mes propres parents se faire une place dans ma vie et c’était si… perturbant. Il n’avait pas à faire ça, quand bien même je pouvais lui rappeler chaque jour sombre de sa vie, il ne pouvait pas s’investir à corps perdu dans la cause instable que j’étais. J’étais fêlé, brisé, prêt à disparaître à chaque faux pas, alors pourquoi ? Pourquoi le monde voulait que ce soit cet homme le plus impliqué dans ma vie ? Pourquoi ? Quant à sa question, oui je voulais qu’on m’aide à devenir plus fort, car je voulais l’être pour mes parents, mais devenir quelqu’un dont moi je serais fier ? Est-ce que la fierté que je pourrais me porter passerait par un gain de puissance ? Est-ce là la seule façon pour moi d’un jour pouvoir me regarder dans le reflet d’un miroir sans regretter chaque jour ?

Et puis finalement il sut finir mes mots, comprendre que depuis longtemps, naître dans un autre clan, une autre famille aurait été un soulagement. Mais naître dans ce clan c’était pas une fin à ses yeux et il voulait, il me promettait presque que j’y arriverais. M’en sortir… Je ne savais plus exactement quand j’avais baissé les yeux, je savais simplement que je me retrouvais de nouveau devant un bol de Ramen avec un homme me souhaitant bon appétit et ayant dit des choses qui refusaient de trouver leurs sens dans mon cerveau et qui pourtant n’en manquait pas. J’étais perdu. Alors fébrilement, je lui répondis, une première depuis longtemps, comme si même dans mes repas la solitude était de mise, « Itadakimasu… ». Peut-être n’y avait-il aucune solution dans ce bol de Ramen, mais au moins me donnerait-il un peu de temps pour comprendre, pour analyser ce qui venait de se passer et alors que j’avais à peine mangé la moitié, je reposais mes baguettes sur le bol avant de repousser ce dernier. J’avais beau retourné le problème dans tous les sens, aucunes réponses cohérentes ne venaient, juste des brides incompréhensibles. « Depuis que je suis à l’académie je sais que j’ai pas le niveau, mais je m’entraîne, tout les jours, j’apprends par cœur tout les livres qu’on me donne et ça fait illusion… », soufflais-je, avouant un secret qu’il avait de toute façon commencé à découvrir ce soir, « Je me suis réellement battu pour finir premier à l’Académie, pour passer pour un génie… Je réussissais toujours à savoir un peu en avance quel serait le prochain cours et j’anticipais, je travaillais, comme ça tout le monde y croyait. », ma voix était blanche, quoi que douloureuse, comme si me rappeler de tout ça ne faisait qu’enfoncer un peu plus profondément la lame dans mon cœur. « Quand je suis sortie premier, mon père ma juste dit "Comme il en convient mon fils"… C’était normal pour lui que j’en sois là. Normal de finir premier. Pour lui c’était normal d’être le meilleur, mais… Mais c’est pas normal pour moi. », continuais-je la voix nouée, « C’est des heures et des heures de travail pour ça, c’est des heures et des heures à m’épuiser juste pour quelque chose de normal pour lui… C’est… », injuste, complètement injuste.

« J’ai… J’ai besoin d’aide. », l’échec, j’en avais peur, mais il faisait parti de ma vie. L’échec était commun chez moi, il était tellement… J’avais besoin de son aide, s'il ne me mentait pas, s'il disait vrai, j’avais besoin de lui pour ne plus être aussi au fond du gouffre. J’avais besoin de m’en sortir et si je devais avouer à une seule personne combien j’étais au fond du gouffre, ca serait lui. J’avais simplement à espérer qu’il ne me trahirait pas...


☽ • ☾
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Re: "injustice" kyoshiro Mar 2 Avr - 23:52
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Injustice  
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L'ancien senseï du jeune Tadake lui avait donné tout un tas de conseils sur ce qu'il était important de faire pour être un bon shinobi, pour être un joueur compétent lorsqu'il s'agissait de travailler en équipe mais il ne lui avait jamais préparé à devenir un bon chef d'équipe et encore moins à être un soutien inflexible sur lequel les plus faibles pourraient se reposer. Peut-être avait-il supposé que le jeune infirme trouverait tout seul son propre style, tout comme il avait lui-même développé cette chaleur humaine qui était devenue sa marque de fabrique, mais ce soir-là, dans cette ruelle froide et désespérément silencieuse, Kyoshiro aurait bien aimé avoir quelques conseils à sortir de sa besace. Il voyait bien que son jeune élève était tiraillé par la pression familiale et les attentes de son géniteur, pas besoin de l'entendre pour le deviner, mais il ne pouvait pas totalement se mettre à la place du jeune Uchiha. L'infirme s'était lui-même imposé une pression d'enfer pour être à la hauteur, il n'avait eu besoin de personne pour cela et, si sa situation était opposée à celle d'Akira, il était pourtant persuadé que c'était son rôle que de lui venir en aide.

Comment ? Combien de temps cela prendrait-il ? Autant de questions qui furent reléguer au second plan car avant de rentrer dans le vif du sujet il fallait préparer le terrain, en commencer par convaincre le jeunot d'accepter son aide ce qui était la plus difficile des étapes. Certes il avait enfin retiré son masque pour se présenter à son mentor dans son plus simple appareil, sans artifice, sans pique bien sentie pour masquer son inconfort et c'était déjà un très bon point, mais le travail n'était pas terminé pour autant.  Il laissa donc patiemment le jeune s'ouvrir petit à petit, révéler que son père n'avait que peu d'égard pour lui et ne considérait l'excellence que comme la normalité, le minimum attendu pour un membre qui partageait son sang. Si ce constat faisait froid dans le dos, Kyoshiro ne fut guère surpris et bénit une fois de plus le sort de l'avoir posé entre les mains d'une famille aux attentes beaucoup plus simple : d'avoir un enfant en bonne santé.

Le jeune garçon avait redoublé d'efforts pendant si longtemps...mais il l'avait fait pour de mauvaises raisons. Non pas pour surpasser les autres mais rester au niveau, maintenir l'illusion d'une supériorité qui s'évaporerait un jour ou autre, et c'était sur ce point que Kyoshiro allait devoir insister. Le Uchiha allait devoir commencer par accepter de devenir fort pour lui, de sa propre volonté, avant de le devenir pour les autres. Pour le moment son nouveau mentor ne put que rebondir sur le désir d'excellence de son père par quelques mots simples mais nécessaires.

« Ton père a cru que tu serais...comme lui, mais il a tort. Chaque personne est différente mais, s'il y a bien une chose dont je suis sûr, c'est que tu parviendras à lui montrer que tu peux être fort. À ta façon.»

Les parents étaient censés être les guides d'une jeune âme dans ce monde, leur phare dans les ténèbres, leur inspiration et pas la source d'une profonde déception accompagnée de frustration. L'infirme savait qu'il ne changerait pas le père Uchiha, telle n'était de toute façon pas son intention, mais il pouvait au moins faire en sorte que Akira puisse se regarder dans le miroir sans avoir honte. Ce serait un bon point, le premier d'une longue lignée. Laissant le jeune manger, laissant lui aussi son estomac se remplir pour lui redonner un peu de cette précieuse énergie dont il commençait à manquer, Kyo laissa quelques secondes de silence s'installer avant de reprendre son speech.

« Il te suffit simplement de découvrir comment, de découvrir quel genre d'homme tu veux être et c'est là que j'interviens. »

Voulait-il être un protecteur, un symbole pour les générations futures ou la fierté de ses parents serait-elle à même de le satisfaire? C'était une question qu'Akira ne pourrait que trouver au fond de lui, mais son mentor l'aiderait évidemment à creuser. Lorsqu'il sentit son poulain craquer, avouer à qui voulait bien l'entendre qu'il avait vraiment besoin d'aide, le jônin reposa ses baguettes sur son bol en répondant simplement :

« Je sais. »

Lorsqu'un homme était au fond du gouffre les mots finissaient par perdre leur sens, leur saveur, et pourtant ces mots étaient tout ce que le Tadake avait à offrir pour le moment. Mais si ces mots avaient pu faire tomber le masque du garçon, ils pouvaient tout aussi bien lui redonner la foi. Bientôt la puissante et chaude main du fêtard se posa sur l'épaule gauche du garçon pour matérialiser ce rapprochement, lui rappeler que s'il avait été seul par le passé il n'avait plus besoin de l'être à présent.

Il devait le lui rappeler.

Il devait le lui dire.

« Je sais bien. Je suis là pour ça. »

Il aurait pu dire qu'il était désolé, qu'il aurait aimé avoir pu aider le genin bien plus tôt mais ces mots auraient fait plus de mal que de bien. Au lieu de ces paroles vides de sens, le jônin pointa un point important du futur parcours de son poulain. Il devait lui demander, devait savoir si après toutes ces paroles il avait enfin fait mouche ou non.

« Maintenant la question est la suivante : est-ce que tu me fais confiance ? »

La confiance était la base de toute relation saine, tous les deux le savaient mais Akira n'avait pas encore conscience qu'il devrait complètement s'abandonner à son mentor, qu'il devrait le laisser le pousser dans les flammes pour que ce dernier puisse le reforger en quelque chose de plus résistant. De mieux.

« Si c'est le cas, alors je vais m'atteler à travailler sur ton esprit et ton corps en même temps. Un esprit sain dans un corps sain, ce n'est pas juste une expression. »

Comment lui présenter la chose sans lui faire peur ? Kyo était conscient que le rythme de ses sessions était assez intense par moment, mais i ne pouvait se résoudre à jeter des illusions à la face d'un garçon qui avait plus que jamais besoin de soutien. Sans mensonge, sans embellir leur future relation, il se tourna une nouvelle fois vers lui et lui expliqua ce qui allait se passer aussi clairement que possible.

« On va faire un marché toi et moi. Tous les matins tu viendras me voir et nous irons dans la forêt, là où je m'entraîne, à l'abri des regards indiscrets. Je ne te demanderai jamais  l'impossible, simplement le meilleur de toi et je sais que tu en es capable. Laisse-moi t'aider et je ferai en sorte que tu puisses être fier de toi. En contrepartie, je veux que tu t'enlèves de ta tête l'idée que tu es faible.  Est-ce que ça te semble un marché équitable ? »

Cette explication serait terminée par une main tendue, celle qui scellerait leur accord si le garçon était vraiment prêt à accepter ce changement. Il le fallait, s'il restait dans cette situation plus longtemps il deviendrait fou.


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Re: "injustice" kyoshiro Mer 3 Avr - 11:32
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injustice

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Sur quoi d’autre mon père avait-il eu tord ? Lui qui semblait être si sûr de lui, si prompt à dominer ses auditoires. Il ne pouvait pas entièrement se tromper sur moi et il ne pouvait pas non plus laisser un inconnu le surpasser, le battre dans le rôle de guide, de figure paternelle peut-être. Il était en train de perdre un combat qu’il aurait dû gagner, un combat qui se passait seulement en moi. En qui voulais-je le plus croire ? Celui qui avait à cœur la réussite, la gloire et l’honneur de notre clan ou celui qui avait à cœur ma réussite, mon bonheur et mon avenir ? Tout homme aurait choisi l’aveugle, mais pour moi… J’avais beau souffrir tout restait compliqué, car si je devais y arriver, c’était pour lui, pour qu’il me voit enfin comme quelqu’un à aimer et non une déception à ignorer. Je devais être fort à la façon de mon père, pas à la mienne, pas sans que cela ne soit pas dangereux pour moi. Je devais… Je n’avais aucune idée de quel genre d’homme je voulais être, aucune idée de ce que je voulais devenir, de combien cela pourrait me coûter. Je ne savais pas, j’avançais à l’aveugle dans un monde ou mes propres pensées me semblaient si incohérentes que je ne pouvais pas les écouter. Pourtant il me le demandait, il l’attendait de moi. Comment agir ? Comment faire pour être cet homme ? J’avais besoin d’aide, désespérément et pour la première fois je le dis, je l’avouais pleinement à cet inconnu qui semblait désirer davantage mon bonheur que quiconque ici. J’avouais et ça semblait-être un crime dans mon coeur, une souffrance inouïe de devoir avouer ce que personne n’avait jamais eu à entendre de ma part. J’avais besoin d’aide, quelqu’elle soit, mais je ne pourrais plus continuer en étant si écorché par les espérances de mon père.

Alors, il finit par poser sa main sur mon épaule, m’arracha un nouveau sursaut tant cette habitude n’avait pas sa place dans mon coeur. Aucun geste, mêmes les plus anodins, avaient bercé ma vie. Je ne me souviens même pas d’avoir été étreint une fois dans ma vie, pas plus que je me souvenais de la chaleur d’un baiser sur le front. J’avais été élevé par des maîtres du feu, mais la chaleur avait toujours était glaciale dans nos coeurs, inexistante même. Alors il se désigna une nouvelle fois comme étant là pour ça, pour m’aider, mais j’avais l’impression qu’il le serait pour bien plus de chose et lorsqu’il réclama ma confiance au travers d’une question, mes yeux se baissèrent à nouveau. Je n’avais jamais accordé ma confiance à qui que ce soit, à quoi bon après tout, cela n’apporterait que souffrance et abandon, comme l’amour. Pourtant lui, lui j’avais envie d’y croire, envie de me dire que tous ces discours, que cette franchise écrasante serait peut-être la clé, la preuve qu’une confiance pouvait naître et exister dans mon coeur. C’était possible, quel que soit ce que je croyais, c’était possible et pour une fois, si je devais laisser un autre instinct que celui de la fuite et de la survie prendre le dessus, ça serait pour lui accorder ma confiance, « Oui. », soufflais-je alors, conscient qu’il y aurait sans doute encore un gros travail à fournir pour que cela prenne pleinement son sens, mais j’étais déjà prêt à lui donner ma confiance, restais alors à la cultiver pour que cette jeune pousse encore fragile finisse par devenir l’arbre puissant d’une confiance aveugle. Sans mauvais jeu de mots.

Il ne perdu alors pas vraiment de temps, m’assurant qu’il ferait de moi un être sain de corps et d’esprit, et pour appuyer ses mots, il se tourna à nouveau contre moi, me demandant de faire un marché, de le rejoindre chaque matin pour faire ressortir le meilleur de moi, pour me montrer de quoi je pouvais être capable, je n’avais pour ma part que faire preuve de bonne volonté et essayer de m’enlever de la tête que j’étais faible. Ca semblait sans doute trop beau pour être vrai et cette main, il la tende de nouveau vers moi, et comme à chaque fois, je la fixais, presque effrayé, « Vous n’avez aucune idée de combien je sais camoufler mon incompétence. », murmurais-je la voix douloureuse avant de lever un bras légèrement tremblant - en raison du traumatisme physique que je m’étais imposé en m’entrainant. - pour finalement prendre cette main et la serrer. C’était étrange, presque commun et pourtant complètement nouveau, si bien qu’après avoir serré légèrement sa main en signe de bonne volonté, j’avais libéré sa main pour reposer la mienne sur mes genoux. Je ne serais sans doute pas assez à l’aise avec lui pour le moment, et cela prendrait du temps, mais si j’y mettais de la bonne volonté, j’y arriverais sans doute.

« Et je déteste pas vraiment Tensai… Je lui en veux juste d’être… Je vois comment mes parents le regardent, comment ils parlent de lui et c’est… C’est injuste… Je voulais pas dire qu’il était… C’était juste pour me défendre… », lui confiais-je alors, comme pour faire gage de bonne volonté, comme pour essayer d’être moins injuste. Tensai était un gros problème pour moi et ça n’avait rien à voir avec ses capacités contrairement à ce que j’avais pu dire, du moins pas la nullité que je lui attribuais. Mais c’était bien un problème avec ce qu’il représentait dans le coeur de mes proches, de toutes les personnes l’approchant. Tensai était bon, doué, gentil et le genre de garçon avec qui le temps devait passer plus vite, il était intéressant, contrairement à moi et… « Je vais devoir arrêter de mentir je suppose ..? » demandais-je alors que la gêne grandissait en moi. J’allais devoir avouer que je ne maîtrisais aucune affinité, que mon Sharigan en était encore à ses prémices alors que j’avais quatorze ans, j’allais devoir avouer que si ce n’est en ligne droite, j’étais mauvais au lancé de Shuriken, que je n’avais aucune base en Taijutsu et que la seule chose que j’avais pour moi était le Genjutsu et encore, dans l’unique but de pouvoir disparaître et me cacher ? J’avais de plus en plus de mal à croire qu’un jour je pourrais cesser de croire que j’étais faible, car cela semblait encore si évident à cet instant… Je n’étais pas taillé pour le combat, pas plus que je n’étais endurant, j’étais une illusion.

« Et… Excusez-moi de vous avoir manqué de respect. », concluais-je la tête toujours baissé, comme si devoir réveiller l’animal apeuré et en détresse que j’étais était bien plus douloureux que le reste. Mais je devais sans doute faire l’effort de faire moi aussi un pas vers lui, même si la honte que je ressentais était plus forte que tout. Je devais au moins faire un pas vers lui pour le remercier des mains tendues. Sans doute serais-je encore hésitant, je n’oserais pas aller vers lui naturellement, mais ça viendrait peut-être, avec le temps et avec son honnêteté et sa franchise. Si il était réellement celui qu’il disait être, alors sans doute qu’un jour, je me libérais en partie de ces chaînes qui me maintenaient et me brûlaient sur le sol. Peut-être qu’à défaut de rendre fier mon clan, je pouvais au moins ne pas lui faire regretter l’attention qu’il m’avait donnée.


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Re: "injustice" kyoshiro Jeu 4 Avr - 18:56
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La première étape dans la résolution d'un problème était d'admettre son existence, le jeune homme le savait très bien car il avait eu son lot d'obstacles à surmonter, mais il était devant un jeune homme qui commençait à peine son chemin tortueux et sinueux. Il avait besoin d'aide, c'était évident et, s'il s'était convaincu de ne pas avoir besoin ou ne pas mériter une telle attention, aujourd'hui le jeune Uchiha faisait face au shinobi le plus têtu de sa génération : pour le meilleur, comme pour le pire ils étaient coincés ensemble. Si le Tadake était relativement satisfait de voir que certains de ses mots avaient finalement fait mouche, assez pour faire tomber le masque de son élève et le révéler tel qu'il était vraiment, il ne pouvait s'empêcher de sentir une certaine animosité vis à vis de ce père qui lui était pourtant inconnu. Quel espèce de monstre pourrait faire passer le bonheur de son fils bien après l'honneur de son clan ou la quête illusoire d'une puissance éphémère ? Quel espèce d'enfant de salaud pouvait être père de famille sans être capable d'écouter son cœur, d'écouter son enfant ? L'aveugle tentant de chasser ces pensées de son esprit en sentant la détresse de son élève, mais il n'y parvint malheureusement qu'à moitié. Au lieu de cela il lâcha ce qu'il avait à dire, sans filtre, sans retenue, avant d'écouter la première réponse de son poulain concernant le fait d'arrêter de penser qu'il était faible.

N'avait-il donc rien compris ? Pensait-il vraiment que faire semblant était la solution à tous ses problèmes, alors que c'était la raison précise pour laquelle il était dans cet état-là ? Tromper son monde pouvait peut-être marcher pendant un temps mais, quoi qu'il puisse croire, le jeune Uchiha ne pourrait jamais se tromper lui-même. Kyoshiro était bien placé pour le savoir et tâcha de clarifier un peu la situation.

« Je ne te demande pas de faire semblant, mais de vraiment y croire. Croire que tu peux être fort. Est-ce que tu pourras faire ça pour moi ? Pour toi ?  »

Il n'y croyait peut-être pas pour le moment, doutait peut-être de voir un jour le bout de ce sombre tunnel, mais Akira finirait forcément par y arriver : son mentor s'en assurerait. Avec cette conversation le garçon devait avoir compris qu'il était inutile d'essayer de se tromper car la duperie finirait toujours par se retourner contre lui, sans pour autant crier sa faiblesse sur tout les toits il devait assumer son retard et tout faire pour le rattraper. Ainsi et seulement ainsi il parviendrait à écouter son cœur, à avancer sur le chemin que son mentor allait tracer pour lui.

Vint ensuite le tour d'une autre confession, celle d'une jalousie transformée en haine, celle d'un masque pendant trop longtemps porté. L'aveugle ne fut pas surpris le moins du monde par ces paroles, pas surpris que cette inimitié envers Tensai ne soit que feinte. Ce n'était pas à son senseï qu'il devait dire cette chose-là mais bien au principal concerné.

« Je sais bien que tu l'envies, le contraire serait déjà plus surprenant. Tu n'as pas à te justifier, pas auprès de moi en tout cas. »

Alors qu'il continuait à manger, remplissant son estomac bien trop vite à un rythme régulier, regagnant ses forces seconde après seconde, le jeune jônin fit une courte pause lorsque son élève déballa ce qui semblait être une évidence. Devait-il arrêter de mentir ? Oui et, fort heureusement, il n'avait pas eu besoin du Tadake pour en venir lui-même à cette conclusion. Très bon point pour lui !
« Ce serait mieux, effectivement. Être honnête envers soi-même c'est la première étape. »

Alors qu'il arrivait sur la fin de son bol, se sentant assez rassasié pour le moment, l'infirme fronça légèrement les sourcils lorsque son poulain s'excusa pour son attitude envers lui, pour les piques lancées à son encontre lors de leur toute première rencontre notamment. Pensait-il sérieusement réussi à percer la carapace de l'infirme avec quelques mots ? Pensait-il parvenir à réussir là où tous les autres avaient échoué ? Non, il n'avait même pas ébréché la surface et devait en avoir conscience.

« Hey, pas de ça avec moi. Il en faut bien plus que ça pour me vexer.  »

Il en fallait plus car le principal bourreau de Kyoshiro était bien Kyoshiro lui-même, parce qu'il avait passé une bonne partie de sa vie à se considérer comme un échec, comme un raté, comme une honte pour sa famille, comme une parodie d'homme qui ne serait jamais à la hauteur. Akira n'avait pas à s'en faire, il ne pourrait jamais rien dire à Kyoshiro Tadake que ce dernier ne s'était pas déjà répété des centaines de fois.

« Allez viens, on va marcher un peu. J'imagine que tu n'es pas pressé de rentrer chez toi. »

Ils avaient peut-être fini de manger mais cette conversation ne faisait que commencer, car maintenant que le jeune homme avait l'estomac rempli il comptait bien profiter de cette fraîche nuit pour se dégourdir les jambes un peu plus. Il voudrait bien le faire seul, mais son instinct lui disait que son nouvel élève favori n'avait aucune envie de rentrer tout de suite chez lui.

Cela ne faisait rien, il pouvait rester au côté de son prof aussi longtemps qu'il le souhaiterait.


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