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La fin de la liberté

Akuma Kameyo
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Je tiens la main de ma mère qui marche avec un beau sourire aux lèvres. Ses cheveux volent derrière elle comme une crinière d’un lion noir. Sur son dos elle porte le barda que nous trimballons pour monter notre tente et vivre. Nous cherchons mon clan et pour cela traversons les terres des Tetsujins. Nous sommes que de simples voyageurs, même si mes parents portent haut et fier le symbole de leur clan. Ils marchent d’un pas vif et mon père chantonne doucement heureux de profiter d’un beau soleil et des deux femmes de sa vie. Ma mère se tourne vers moi et me fait un beau sourire, sur le sac pendouille le corps d’un lapin. Elle a chassé notre repas du soir ce matin.

Mon père s’arrête et tourne la tête vers la route dans notre dos. Il grogne en dévoilant ses dents pointues. Que ? Il grogne plus fort et je tends l’oreille. Ma mère fronce les sourcils et échange un regard avec mon père. Ses griffes sortent doucement d’entre ses doigts et elle lâche ma main. D’un mouvement de menton elle m’indique que je dois me cacher. Si on aime parler le soir, dans la journée on reste silencieux. J’obéis aussitôt entendant le bruit d’un galop. Sans attendre je fonce dans les buissons du bas côté et m’y glisse en silence. Mes parents rangent leur griffes, mais je les connais assez pour savoir qu’ils sont prêts à dégainer et tuer au besoin.

Je ne sus jamais pourquoi les samouraïs avaient attaqué sans aucune somation mes parents. Ils se sont défendus avec force et habilité mais au vu de la cohorte de soldats, ils ne purent pas grand-chose. Leur sang coule sur la route et quand je vois l’un des soldats soulève la tête de ma mère, un hurlement de peur sort de ma bouche sans que je ne puisse rien y faire. Un samouraï plonge sa main dans les buissons où je suis cachée et m’en extirpe sans douceur avant de me jeter au sol devant son chef. J’ai arrêté de hurler. Je pleure en silence et pour la première fois de ma vie je cherche au fond de moi la bête dont ma mère m’a parlé. Rien… Je ne trouve rien… Mon regard est rivé sur l’homme qui a mené cette attaque sur mes parents. Le lapin traîne dans le sang. Ils n’ont même pas pus rugir.
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Re: La fin de la liberté Dim 30 Déc - 4:03
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Mes épaules écartent lentement le tissu de la tente noire de jais. Des gens un peu plus petits que moi se précipitent pour en écarter les pans afin qu’ils ne se prennent pas dans mes ornements.

Mes bottes glissent sur le tapis rouge sang et ses dessins brodés avec amour. Le bruit qui en résulte casse le silence impitoyable, réaction naturelle aux bruits de bottes claquées au niveau des talons, dont je ne connais que trop bien la fréquence.

La carte sur la table est déjà prête, et les pions de bois, de graphite ou de jade son déjà apposés sur nos positions actuelles, en haut de la montage limitrophe à nos terres. Le papier jauni, signé de toutes les mains possibles et imaginables, est légèrement plié. J’en toucherai deux mots.

Mes yeux se lèvent sur les cuirasses immobiles qui siègent ici. Lieko toujours aussi tremblotant, bien que sa promotion lui ait été donnée pour actes de courage. Faut croire que les jeunes c’est plus aussi solide qu’avant. Mes pas s’allongent vers le bout de table, ou tient une chaise. Ayaki me la tire, et mes cuissardes viennent frotter sur le rebord en argent cerclé de cette dernière. Je remet mon écharpe pourpre vif en place car elle s’est prise dans le velours de l’assise. Les cliquetis métallique de tout mon attirail fait tressaillir les oreilles de tout le monde alors que mes paumes de fer noir râclent le bord de la table.


«-Bon, qu’en est-il des effectifs ? »

«-Trois cent cinquante trois hommes recensés ce matin, plus la compagnie d’archers que nous avons commandé. Capitaine »

«-Vous ais-je donné l’autorisation de parler ? »

Naturellement je me relève, et mon plastron bute dans le seule meuble de bois traînant dans la pièce. Le tapis en bouge un peu et les pions se secouent et s’entrechoquent dans un bruit de bois. Mes pas se font contraire, je pose la main sur le pommeau flambant neuf et ciré de ma lame. Encore des cliquetis, mais cette fois je m’arrête et tend la main pour remettre le petit cheval de bois et l’archet de charbon sur leurs emplacements respectifs.

Le visage de Leiko m’arrive au niveau du cou, alors je baisse les yeux pour les planter dans sa goutte de sueur qui perle à son front. Ma corne de l’index heurte cette petite bulle luisante à la lumière de l’après midi, timide spectatrice. Elle éclate… pouf.

«-Vous connaissiez le protocole. »

Raclement de gorge, la pomme d’adam fait des allez-retours alors que je vide lentement mes poumons, faisant bien attention à ne pas faire bouger la mèche de cheveux de cette homme immobile. Les mouvements intempestifs me font remarquer qu’il me sens bien, et que j’appuie comme il faut là où il est nécessaire.

«-Votre entraînement n’est pas parfait. »

Mon masque d’os blanc, signe de l’Escouade de la nuit, fait face à la chair blanche et plastifié d’un phasme frémissant. Mes yeux noirs parcourent les siens, font le tour de ses pupilles vides. Vides de mouvement et d’envie de bouger. Vides d’envie, il ne faut pas oublier que la peur n’est pas consistante. Elle est inutile.

«-Vous le savez-vous même. Je n’ai pas besoin de vous le dire, car le simple fait que vous le pensiez prouve qu’il vous reste du chemin à faire. »

Je m’approche son oreille et mes dents de tigre implantés dans mon couvre face manquerait d’écorcher son lobe, le faire saigner un mince filet pourpre comme mon siège qu’il m’a forcé à quitter. La seule vue de la toile beige et de la statue d’Ashikaga haute de trente centimètre en fond me donne la rigueur dans mes mots. Ce que je fais est bon, sinon je ne serais pas là.

«-Enfant de foutre. »

Je me retourne et ma cape rouge brodée d’un Chrysanthème sacré blanc vient buter dans ses jambières encore vierges de médailles. Aucun mouvement. C’est mieux. J’apprécie. Mon regard court maintenant sur ma chaise que Ayaki avait rangé silencieusement durant la petite… perte de temps. Il est compétent, avec lui, nous gagnerons.

«-Pour la peine, vous et vos hommes partirez les premiers. Les flammes et l’Empereur décideront de la pertinence de votre existence. »

De retour devant la chaise, je plaque le bras contre la ligne de galettes d’or, d’épingles d’argent et de croix de platine qui font tant de bruit alors que je m’assois. Je ramène la carte devant moi, la faisant glisser longtemps contre le bois sans défaut.

Un long bruit constant, pas un seul claquement de gorge, pas un seul déglutissement, pas un souffle. Rien que le papier, le savoir, la puissance, qui glisse sur le bois. J’inspire. Je suis le seul ici pouvant le faire bruyamment, il n’empêche que je n’aime pas.

Des hommes me font face, debout sur les côtés de la table. Certains ne sont pas totalement alignés, ce qui fait que leurs bottes non plus. Je n’aime pas. J’en toucherai deux mots. Je joins mes mains, les doigts rosés par le bain récent que j’ai pris, et les paumes d’acier graissé aussi noirs que le ciel nocturne. Seule la peinture blanche que je pote sur certaines de mes épaulières trahit mon escouade d’origine, et probablement les exactions qui en découlent.


«-Vous pouvez vous asseoir. »

Les mouvements sont eux, parfaits. Mêmes mains entre les deux même rivets de dossier, même côté de chaque chaise. Et pour faire l’apanage des meilleurs symphonies, tout le monde rapproche sa chaise d’une seule et même note. J’avale ma salive.

«-Vous avez maintenant l’autorisation de répondre à mes questions sans demander la permission d’ouvrir votre bouche.

Avons-nous reçu des missives du Tout-Puissant depuis hier soir. »


«-Oui Capitaine. »

Toujours le même, il faut croire que le Seigneur lui a fait don d’un quelconque attrait naturel pour le centre des évènements. Je tourne ma tête, et mes cornes de casque fendent l’air dans une vibration qui me résonne dans les tympans, comme un vague vent de repos avant une nouvelle perturbation.

«-Que disent-elle ? »

«-Principalement que le temps nous est toujours compté, mais sans prérogatives différentes de celles initiales.

De plus, Sa Majesté l’Empereur Ashikaga, Souverain de Tetsu, vous salue et vous décerne toute sa grâce et sa compassion dans votre entreprise. »


«-Fort bien. »

Je souffle un grand coup dans mes poumons. Le savoir avec moi est un bien béni. Je n’ai encore jamais eu l’occasion de le rencontrer, mais son cousin, le Glorieux Lesada, était présent lors de ma prise de grade. Ce fut un honneur d’avoir connu un membre de la Grande Lignée. Je ferme les yeux et peut encore sentir Son amour à travers le cosmo, m’imprégnant de force et de courage pour mener ma campagne à son bien. Je vais y arriver. Mes hommes et moi, nous marcherons sur les flammes des impies, sur les cendres des sauvages qui cultiveront notre riz. Notre destin est notre, nous ne laisserons pas la présence d’autres formes de vie inférieures nous gâcher notre grandeur.

«-Qu’en est-il de l’État des troupes ? »

«-Tout est au vert, Capitaine. »

«-Même les sections de cavalerie ? Nous aurons besoin d’elles. »

«-Elles ont été tout particulièrement préparées selon Vos souhaits, Capitaine. Avec elles, la victoire sera nôtre. »

Je reconnais bien Ayaki. Avec sa manie de prononcer les majuscules pour tout les grades des subalternes, et son goût passionné pour la victoire, exprimé de manière prudente mais ferme. Il ira loin.

Je me souviens des tournée enneigées que nous faisions le soir avant de rentrer au camps durant l’annexion de l’Enclave, c’était tordu. Il fallait jouer des pieds et des mains pour ne pas que la neige fonde et imbibe nos tissus de cuirasse encore vierges. Alors, nous les soldats de l’infanterie, les combattants de première ligne, les apprentis de la rigidité, nous utilisions nos draps comme capes improvisées pour ne pas se faire mouiller dans le dos, car la persévérance de l’eau dans nos armures nous aurait congelé sur place. Maintenant je porte une cape, car j’ai monté l’escalier du Mérite, de la Fermeté et de L’Excellence via Ses méthode pour devenir un homme meilleur par le combat et la rigidité. J’ai imité la Lame, me voilà drapé. Je lui en souhaite tout autant, cet homme est capable et malin. C’est pour ça qu’il est mon second.

Une figure entre rapidement par les pans, à l’opposé de ma position sur la tante longue et rectangulaire. Une armure violette. Pas de lame, seulement un éventail dans le dos, de taille ridiculement imposante. Et son masque, un masque au visage seulement drapé de tissu. Pas de fer, pas d’os.


«-CAPITAINE OROCHI, LE SOLDAT SPÉCIAL BUNTA. »

Soldat spécial n’est-ce pas. Autant dire qu’il manie le Ki. Ces soldats qui peuvent faire jaillir les éléments de leur main, changer de place et disparaître, ainsi que lire dans les coeurs des vivants et des morts. C’est plutôt impressionnant. Je dois avouer que la prestance et les titres ne sont pas toujours nécessaires quand il s’agit de se faire comprendre. Mais je les respecte.

Sauf lorsqu’on arrive en retard. Je déteste ça.


«-Vous reverrez votre ponctualité, S.S. Bunta. »

«-Et vous, vos moyens de transport. Je ne sais pas qui dispose les cavaliers comme ceci, mais c’est une vraie Pénitence envoyée par le Seigneur pour vous rejoindre. »

«-Ne jurez pas en Son nom vis-à-vis de mon travail. »

Je me lève et trace vers la tâche prune qui me fait face depuis l’autre bout de la pièce. Le tapis ne frotte plus, le bois non plus. Peut importe si les gens respirent, je m’en moque. Mon visage par contre vient se coller contre le sien, plus proche que n’importe qui ai pu le faire. Mes mains tressailliraient presque tellement je fulmine.

«-Écoutez, ici je suis votre supérieur. Donc vous allez m’écouter. Je donne les ordres, vous obéissez, sinon je vous assure que je vous ferai comprendre qu’à force de vouloir être différent on s’attire des ennuis. »

«-C’est l’écharpe qui vous fait ça ? »

Mes mains se lèvent et je pose délicatement les doigts sur les bords biseauté du heaume drapé de motifs païens. Son poids léger se trouve annulé par la force que j’y met pour le déposer sur le bord de la table, dans un raclement d’acier fugace mais bien audible.

Mon poing vient heurter son visage creusé de toute l’amplitude que je puisse y mettre avec mes épaules lourdes et limitante au niveau des mouvements. Il esquisse un mouvement de recul minimal, et ses mains restent croisées dans son dos. Il tient le coup, il est solide, je ne pourrais pas le punir là dessus. Qu’importe.

«-Je peux vous envoyer user du Ki pour nettoyer les latrines d’où votre pauvre génitrice à manqué à sa volonté de vous noyer.

Maintenant allez voir le sergent Chô et joignez vous à ses hommes. Ou je vous fait couper en deux. »


Il s’exécute. Lentement et sûrement. Je vois sa figure reprendre son casque sans demander la permission, et déguerpir au pas réglementaire avant que je ne puisse lui briser la nuque. Le soleil qui s’engouffre violemment du haut de son zénith lorsqu’il traverse la maigre ouverture du lieu ne fait plier les paupières de personne.

«-Pourquoi faut-il qu’ils se sentent tous aussi insolents, alors qu’il pratiquent une magie impie contre laquelle nous allons nous liguer afin de faire du Sekai une terre propre ? »

«-Peut-être que... »

«-LEIKO, J’AI DIT DE RÉPONDRE AUX QUESTIONS, ET NON AUX ÉLUCUBRATIONS. SACHEZ LA DIFFÉRENCE. »

Je m’énerve, je suis à bout de nerfs. Et dire que certains boiraient un verre ici pour se détendre… je préférerais écouter un bon morceau de musique. Je retrouve la position de ma chaise alors que je fait avancer les petits pions du bout de mes doigts nus, seule partie de peau visible de tout mon être.

«-Pour ce qui est de l’avancée. Prenez note.

La cavalerie avec le groupe de Leiko, vous partez devant. Vous avez pour ordre de phalanger avec tout Sa force si jamais vous rencontré un élément doué de conscience. Humain, connu ou non, qu’importe. Si ça vit, vous bloquez et vous attendez la suite. »


Il acquiesce. Au moins, il souhaite progresser. Il pourrait mieux faire, mais déjà son mental fragile est sur la bonne route. Je pense qu’il faudrait le renvoyer dans les régiments d’infanterie pour qu’il se reforge dans la plus pure des chaleurs de l’Empereur. Ainsi le fer de son esprit n’en sera que mieux fini et plus tranchant.

«-La suite, Ayaki et tout le reste des hommes, les archers en arrière et les troupes de choc en noyaux durs tout les deux bataillons, vous suivez la première partie à raison de trois cent mètres d’écart. Ainsi nous serons discret jusqu’à hypothétique combat.

Et par pitié, calez moi l’unité de Bunta quelque part juste avant les archers. J’exècre l’idée de l’entendre alors que nous nous mouvons.

Nous avancerons tout droit. Inutile de faire autrement, car le Bushido et Son Amour est avec nous. »


Je me lève et sort dehors. Tout le monde comprend qu’il est heure cruciale pour la suite des évènements. Devant moi, trois cent cinquante trois âmes s’agitent pour se former, se renseigner aux registre et aux râteliers pour se préparer. Trois cent cinquante trois force qui feront de l’Empire le seul et l’unique territoire du continent, le meilleur pour tout le pire. Je passe mon doigt sur ma narine, elle me gratte depuis l’apparition de Bunta.

Leiko me passe devant, casque affairé, je lui tend une gourde, il me la rendra bientôt.





***





Pas de flammes cette fois, simplement un mouvement d’arrêt de la cavalerie qui nous apparaissait au bout de notre champs de vision. Signe que les trois cent mètres qui nous séparaient ont été avalés. J’ai accouru sur demande d’un messager à l’armure rouge. Leiko souhaite me voir.

«-J’ai ordonné l’immobilisation de la suite. Faites vite. »

«-Une famille, probablement clanique. Ils nous ont montré signe d’hostilité. Pas de place dans le Sekai pour les insoumis. »

Je descend de mon cheval et rajuste mon gant droit. Mes bottes heurtent la terre, soulevant un petit nuage de poussière. Devant moi une dizaine d’hommes forment un tas et nous empêchent de voir plus loin que l’attroupement de casques vierges. Hommes de terrains, ils font plutôt bien leur boulot. Mais le plus impressionnant reste Leiko alors qu’il me rend ma flasque.

Son teint livide, aucune oscillation dans la voix. Juste la prestance et la rigueur pour invoquer Sa Doctrine que nous suivons tous. Quel changement depuis le briefing. J’en suis plutôt satisfait. Il claque alors des doigts et tout les hommes se mettent en ligne droite, nous faisant un couloir sur la terre jaune claire du sentier bordé d’arbres plutôt imposants. Le changement de paysage n’est qu’une fausse excuse de plus à la désertion, mais j’avance. Leiko me suit.


«-C’est un fort agréable changement dans votre attitude, est-ce l’alcool ou naturellement le combat qui vous fait mériter votre grade ? »

Rien de tel pour détendre l’atmosphère.

«-Le simple besoin exprimé par Sa Majesté l’Empereur Ashikaga, Souverain de Tetsu, que de voir le travail bien fait. »

«-Je n’en doute pas. »

Un sourire s’esquisse sur mon visage. Les têtes défilent sous mon menton alors que les hommes au bout du couloir forment un cercle ceintrant un buisson régulier dans ses ramages. Devant, deux cadavres ensanglantés, encore habillés, percés simplement de deux trous chacun. Les perçages sont de très petite taille, des pointes de Nodashis, et non pas des Katanas.

«-Vos hommes font très bien leur travail. Vous les récompenserez de ma part. »

«-Sans faute. »

Il faut dire que la rigueur du combat faire tout de suite fuir l’esprit vers un autre idéal. Même si ce n’est pas encore la débâcle, j’ai beau aimer mon travail, je n’en suis pas néanmoins plus enclin à vouloir donner des récompenses que des sanctions. Mes pieds touchent du bout de la botte ferrée la tête pouilleuse et crasseuse de l’homme embrassant le sable. Je nettoierai mes vêtements en rentrant ce soir.

«-Procédez. »

Un homme se défait du rang, et d’un seul coup le cercle se reforme pour combler un vide dans son périmètre. Il avance et enjambe la femme des deux cadavres pour tendre la main gantée intégralement dans le buisson. Un couinement en sort. Je ne suis pas surpris. Les ordures semblent se reproduire bien vite dans le monde si on les laisse faire. On me jette la gamine aux pieds. Là, un spectacle qu’il me plaît de voir à chaque fois se donne à moi alors que chaque individu de la structure, l’arène humaine qui nous accueille, dégaine sa lame pour protéger ses chefs. Deux même me rejoignent à mes côtés et je peux sentir leurs dos de coller à mes épaulières, la pointe à une dizaine de centimètres seulement du cou de l’enfant.

Celui de ma gauche en profite pour attraper le lapin qui gisait dans le sang mêler des deux supposés parents de la famille proche que nous venons d’offrir au Tout-Puissant. Il le jette par dessus la muraille d’homme et ainsi nous sort de la vue, avant qu’il ne remette sa pointe vers la jugulaire de l’enfant, pas forcément très vieille.


«-Ton nom, un tant soit peu que tu parles notre langue.

Sinon nous te trouverons bien une utilité. »


Toute fleur à besoin de terreau.
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Akuma Kameyo
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L'odeur du sang sature mes sens. L'odeur du sang de mes parents qui n'avaient rien demandé à personne. Ils traversaient juste l'endroit sans déranger personne. Alors pourquoi ils les ont tué ? L'un d'eux jette la proie que maman a attrapé à d'autre avant de poser la pointe de son arme sur ma gorge. Je respire plus vite et ne bouge pas avant de le regarder surprise. Parler sa langue ?! Mais... Il me demande mon nom sinon je serais utilisé autrement. J'aimerais vraiment reculer mais... Je sens que je n'en ai pas l'intérêt. J'avale péniblement ma salive avant de parler.

" Je m'appelle Akuma Kameyo. "

Et je suis sans défense. Je cherche encore au fond de moi le démon sans savoir où et comment chercher. Maman m'a toujours interdit de le faire. Ma main semble toujours se refermer dans le vide encore et encore. Pourquoi ? L'homme au masque que les deux protègent, de quoi ce n'est pas avec mon apparence de grenouille que je vais lui faire du mal, ne me fait pas peur. Je refuse d'avoir peur de lui. Ce n'est qu'un masque qu'il porte. Je refuse d'avoir peur. Ce n'est pas vrai que j'ai peur de lui. J'aimerais sortir mes griffes, mais papa m'a dit de les cacher aux inconnus. Je ne peux pas les sortir. Je tourne la tête vers ma mère ses griffes sont sorties et maculée de sang. J'ai appris à lire ces marques. Elle a eut le temps d'en blesser un, peut-être même de le tuer ? Mon père... Ses griffes sont brisées, armure ? Je tourne à nouveau la tête vers les soldats. Qu'est ce qu'ils vont me faire ? Je vois que l'un d'eux se tient le flanc aussi discrètement que possible. Un coup précis de griffes entre les côtes. Je sais ce que m'a dit ma mère : il va s'effondrer dans quelques minutes. Voir moins.

J'aimerais avoir le courage d'essuyer mes larmes, mais je sais qu'elles vont revenir. Mes doigts touchent une fourrure soyeuse et je sursaute en éloignant ma main et mon esprit de ça. Je ne dois pas l'éveiller. C'est interdit. Un Akuma, même s'il est le fils de Nibi, est toujours calme mon chaton. C'est ce que me disait papa. Je suis une Akuma pas vrai ? Je me mets à réciter mentalement les textes de littérature que ma mère me faisait lire pendant que mon père faisait à manger. Je sens les battements de mon cœur ralentir même si la peine est toujours là et que je pleure toujours. Il faut que je reste calme et que je cache mes griffes.
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" Je m'appelle Akuma Kameyo. "

«-Tu parles notre langue. Je vais donc pouvoir exiger de toi un respect et une politesse sans faille. Sinon tu seras châtiée de la pire des manières.»

Mes pas s’avancent un peu dans l’arène de terre, soulevant la poussière, et faisant remuer les deux hommes à mes côtés, volontaires pour offrir leurs âmes au Tout Puissant en échange de ma sécurité.  Le seul bruit au loin se faisant entendre est un oiseau chantant sur une branche non loin. Je tend la main en sa direction et aussitôt une flèche part se planter dans son poitrail. Le silence revenu, je peux enfin souffler.

Un autre signe de la main, et les deux hommes arrivent sur la fillette et l’attrapent par les avant-bras. Un coup à l’arrière de ses genoux part et la voilà maintenue au sol. Je n’ai pas besoin de leur dire de la tenir fermement. Après tout le protocole est le même partout sur le territoire du Chrysanthème. Je mets les mains derrière mon dos et fait claquer mes bottes.

Le silence, encore le silence. J’en profite, personne ne respire hormis la petite, c’est plaisant à entendre. Mon regard vient dans le sien et y sonde toute la misère et l’obscurantisme qu’on peut y trouver. Il faudra lui apporter la bonté de l’Empereur si l’on veut lui faire passer le territoire pour une quelconque raison. Pour cela, il faut qu’elle nous témoigne d’une utilité.

Mes yeux tournent alors sur les gens qui m’entourent. Je crois que nous avons un récalcitrant dans le rang, sur ma droite. Je m’empresse alors de me déplacer vers lui au rythme des médailles claquantes sur mon écharpe et mes bottes rutilantes. Je lui met une grosse claque qui me fait plus mal au gant qu’à son visage, à en déduire du fait qu’il n’ait pas bougé d’un pouce.


«-Se tenir correctement est-il trop exigeant en capacités intellectuelles pour votre cerveau, soldat ? »

«-Permission de parler Capitaine Orochi »

«-Refusée »

Mon regard se plante dans le sien, et tout ce que je peux y voir est le reflet de mon masque, et le fond de me yeux parcourant sa pupille. La fine pellicule d’humeur sur le bord du globe traduisant un certain comportement anormal. De plus, on peut voir que l’un est plus irrigué que l’autre, signe d’un problème sanguin externe.

«-Accordée »

«-J’ai été blessé par la génitrice de la petite lors de l’affrontement. »

«-Je vois. »

Il ne bouge pas, moi non plus. Il faut mériter de vivre dans le monde. Lui, il ne bouge pas, ses bras absents derrière sa lame repliée pour que je vienne me tenir face à lui. Peut-être que sa vie lui passe actuellement devant ses yeux. Peut-être que son sang gerbe sous son armure sans la moindre vergogne. J’avale ma salive bruyamment. Pas de mouvement. Il est fort.

«-Autorisation d’aller à l’infirmerie. Le bataillon est situé au milieu de la suite.

Vous y irez seul non accompagné, vous n’avez tué personne aujourd’hui. »


«-Autorisation de parler Capitaine Orochi »

Trois pas sur la droite avant d’arriver au visage frémissant et suant de l’homme qui m’a interrompu. J’espère que c’est pour une bonne raison. Ma main gauche se lève et le gant en acier vient appuyer sur la pointe de la lame afin de la décaler pour que je puisse rapprocher ma tête. Son souffle chaud arrive sur son visage. Il sent la panique.

«-Vous avez intérêt à être pertinent. »

«-Taka est l’homme ayant planté sa lame dans la femme gisant ici. »

«-Vous avez de la chance. »

Un signe de main, le poignet cassé et les deux doigts vers deux personnes. Les voilà parties accompagner le protagoniste de la fin d’une sphère de famille inférieure à l’infirmerie. Il vivra. J’en suis satisfait. Revenons à la petite. Quitte à devoir faire un cadavre de plus, autant tout faire au même moment, les brûler dans un buisson et nous n’en parlerons plus.

Je reprend ma position initiale.


«-Permission de parler Capitaine Orochi »

C’est Leiko, avec un ton absolument absolu depuis l’arrière du rang. Naturellement je tourne le thorax et la tête pour pouvoir apprécier son visage placide mais ferme me regarder dans les yeux.

«-Accordée. »

«-Nous devrions nous dépêcher, le soleil va bientôt tomber et il faudrait établir campement avant que d’autres espèces inférieures ne viennent chercher à nous nuire. »

En temps normal, j’aurais trouvé un tel affront digne du tisonnier. Mais nous sommes en guerre, avec une captive, un blessé et son ton est confiant en plus de son information pertinente. J’accepte donc son information d’un signe de tête et replonge dans le regard de l’enfant où les larmes coulent à flot.

«-Tu es faible et misérable.

Êtes-vous tous aussi sous-développés de ce côté là du Sekai ? »


Un bruit de pas derrière moi. J’attrape l’oiseau mort de la flèche dans ma main droite, le cou et les plumes pleines de sang. Au poids, il est encore plein, alors je le sous-pèse et admire son corps inerte se balancer dans tout les sens au rythme de la gravité et de son inertie.

Je le jette à la gamine, il roule alors jusqu’à buter dans son mollet.


«-Prouve nous que tu peux avoir une quelconque utilité. Nous te regardons.

Ce repas sera le dernier pour toi tant que je disposerai de ta personne. »


Si l’Empereur Tout-Puissant décide de lui offrir de quoi remplir sa panse, alors toute ma volonté sera de faire ce vœu exaucé, il n’empêche que son statut d’enfant, même s’il permet de l’enchaîner sans trop de risques pour le bien de la race supérieur, inclut une dose de conditionnement non négligeable si nous voulons en tirer quelque chose comme un trophée de guerre.
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Je me laisse faire en silence les yeux perdus dans le vague. Je pris tout ce que je sais pour moi et l'âme de mes parents. Je ne sais pas quoi faire je suis trop faible. Je vois le blessé disparaître. Au bruit de ses pas il va mourir. Je veux qu'ils meurent tous. J'entends un bruit de pas presque invisible. Mon regard pivote. Il y a une panthère sur ma droite. Noire, immense, rassurante. J'ecarquille les yeux soutenant le regard doré de l'être qui domine les samouraïs. Elle s'avance encore et s'installe face à moi. Je n'écoute pas ce qu'il se passe autour de moi j'observe l'être. Je souffle très bas.

« Qui es-tu ?
- Un océan sombre dans lequel tu veux sombrer.
- Mère des Mères...
- C'est cela. Je vais te prêter ma force je te le jure. Mais pas tout de suite. Ton corps est trop faible. Grandis encore un peu et je te donnerais ma force. Je deviendrais toi et tu deviendra moi.
- Oui.
- Reste en vie Chaton. »

La panthère disparu quand l'oiseau roule jusqu'à mes jambes. J'observe le samouraï qui m'ordonne de faire à manger. Je tourne le regard vers ma mère un instant avant d'essuyer soigneusement mes joues. J'attrape l'oiseau et brise la flèche pour la retirer en murmurant une prière. Il faut que je prépare... Je pivote le regard vers endroit où a disparu l'homme. Il est mort. J'ai entendu la chute d'un homme en armure. Crève. Je hoche la tête. Il veut du respect ? Je désirerais plus lui trancher la gorge qu'autre chose. Il faut que je survive.

« Bien seigneur. »

Aller. Comme avec maman. Il faut que je survive. Je ferme les doigts sur les plumes en entreprant de déplumer le volatile avec soin avant de reprendre la pointe de flèche pour saigner l'oiseau et le vider soigneusement comme j'ai appris à le faire. C'est un travail que je fais rapidement sans regarder les autres. Survivre. Après je ne peux rien faire d'autres sans feu. Je reste les yeux baissés attendant les ordres suivant en priant en silence.
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«-Permission de parler Capitaine Orochi. »

«-Quoi encore. »

Mon regard se crispe derrière le masque d’os, floutant un peu la vision que j’ai de l’enfant commençant à dépecer l’oiseau. Je crois qu’elle a compris qu’il fallait qu’elle le cuisine, ce qui n’est pas la vérité.

Le fait qu’elle s’affaire à le faire correctement montre un certain caractère docile, et une malléabilité plutôt présente malgré son âge. Son « bien seigneur » énoncé précédemment marque déjà une certaine notion de respect présente dans ses mots. Je n’aurais pas à m’en débarrasser aujourd’hui.


«-Taka est tombé au sol. »

«-Je… Je vais bien, un simple rocher. »

«-Ne parlez pas sans autorisation. Sinon je vous châtre en plus d’abréger vos souffrances. »

Je lève la main et un homme s’en va le relever pour le conduire là où il est censé aller. Alors qu’il s’éloigne, j’observe les mains de la petite ôter la flèche avant de vider le volatile. Elle est précautionneuse, et plutôt rationnelle, même si sa technique pourrait être plus sûre et optimisée, traduisant un certain retard mental. Mes bottes s’avancent et tournent autour de l’enfant. Je ne dois pas la toucher, car me salir avec les races inférieures est interdit, il n’empêche que je peux bien prendre mes mesures.

Ma garde me suit alors que je m’accroupis pour jauger avec mes doigts la largeur de son dos, sa hauteur, le tour de sa nuque et la longueur de ses membres postérieurs. Elle est encore bien jeune, et les rizières ont besoin de personnes durables, sur lesquelles elles pourront compter au moins cinq ans quotidiennement. Mais malgré tout, je ne pense pas que son physique soit adapté, elle est trop frêle, trop cassante. Même si le travail l’endurcirait, il serait mal avenu et la faire travailler ne serait pas la solution la plus rentable.

Je me relève et me retourne vers Leiko, me toisant le visage planté vers le bas tandis que ses pupilles pénètrent les miennes. Mon écharpe cliquette tandis que mon armure m’éblouit quand le soleil se reflète sur mon bras lors de ma relevée pour me diriger vers lui.


«-Autorisation de parler Capitaine Orochi. »

«-Accordée. »

«-Il ne faut pas oublier que le Tout-Puissant, Ashikaga notre Maître à tous, Seigneur et Souverain de l’Empire de Tetsu, possède de nouveaux objectifs. »

J’avais oublié cette variable. Qu’il me pardonne, je réciterai des mantras et prière pour lui demander Son Pardon ce soir, et j’enchaînerai avec un mandala pour expier ma faute grave qu’est l’oubli des Divins Mots.

Au début furent les mots et les mots firent le monde.


«-Il est vrai. »

Je me retourne alors et mes talons s’entrechoque quand mes poignets se serrent entre eux dans mon dos. L’écharpe volant au vent, je plonge dans le corps énucléé de l’animal qui se fait maltraiter par un autre. L’Empereur veut des combattants, des enfants tous, encore faibles. Pas pour les rendre forts, pour en faire des machines de guerre. Pas pour nous, nous sommes déjà bien forts et solides grâce à Sa Volonté, mais pour en faire un divertissement. Telle est sa volonté, je ne dois discuter, je dois me soumettre. Voyons si elle peut être candidate.

Ma main quitte mon dos et mon gant en cuir recouvert d’acier se tend dans un bruit de frottement qui résonne dans mon bras alors que mon index et mon majeurs pointent le corps de la femme. Pour commencer. Ensuite nous verrons.

Autre mouvement qui fait coulisser mes épaulières dans leurs gaines, dans un bruit de roulement parfaitement constant, en direction de l’enfant. Ma garde attrape le corps de la mère par le pied et l’apporte devant l’enfant, à trois mètres de moi, sous le cadavre d’oiseau.

J’approche lentement, ses cheveux volent au vent et mes pupilles, toujours ancrées à elle, remontent dans mes orbites pour la fixer alors que je pose un genou au sol, toujours à bonne distance. Mon avant bras sur la jambe, je lui tend la main pour récupérer le bout de flèche.

C’est une jolie pointe, en acier durci et sans aucune trace de rouille, parfaitement découpée sous la forme des arrêtes d’une pyramide à base carrée. Les ornements froments des feuilles et pétales de Chrysanthème, la plus belle fleur du monde, car c’est le Symbole de notre Maître à tous, l’insigne Divin du Tout-Puissant. Ce qu’on fait de mieux au monde.

Je lui redonne dans la main, dans ses petits doigts tendus que je m’efforce de ne pas toucher pour ne pas faire honte au protocole. Je pourrais apparaître comme un Capitaine bien trop émotif, mais l’Empereur exige des choses nouvelles, alors mon comportement sera nouveau pour répondre à ses Demandes.


«-L’animal est juste plus gros. »
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Akuma Kameyo
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J’entends les commentaires et que le chef des assassins tourne autour de moi. Je refuse de broncher. J’ai promis à Nibi de survivre. Et je le ferais. J’attends le cœur battant et pose dans la main tendue la flèche alors qu’on pose le cadavre de ma mère devant moi. Elle a encore ses griffes de sorties. Je reprends la pointe de flèche avant de comprendre ce qu’il veut. Je ferme les yeux et une colère brûlante se repend dans mon corps. La bête au fond de moi gronde mais… reste sage : mon corps ne supportera pas. Je rouvre les yeux et pose ma main sur le front de ma mère avant de réciter à voix très basse la prière des morts pour qu’elle rejoigne Nibi et que son esprit me pardonne de ce que je dois faire.

Je me penche sur ses griffes. J’ai vu mon père faire ça, une fois. S’arracher une griffe. J’attrape une bande de tissu et l’enroule autour de ma main avant d’attraper une des griffes de ma mère et de tirer d’une certaine façon. La griffe sort de sa cavité et je la teste sur le gras de mon pouce. Toujours aussi tranchante. Le sang qui la maculait a disparu, le métal est particulièrement affûté et brillant. Je jette un regard sur les autres griffes. Est-ce qu’ils ont remarqué ? Je ferme soigneusement les yeux à nouveau. Survivre pour tous les massacrer. Pardon maman, je ferais brûler un village de samouraï pour toi. La bête est juste plus grosse. Surtout dans son armure.

Je baisse la tête sur le corps, c’est un corps. Ce n’est pas ma mère. Tout va bien. J’avale ma salive, mais c’est bien plus difficile qu’un simple oiseau. Je sens mon esprit bien loin de mon corps, je pris avec ferveur en évitant soigneusement de regarder le visage de ma mère. Un corps. C’est un corps. Ce qui faisait ma mère dedans est partit. Depuis quelques minutes. Ce n’est qu’un corps. Je respire un peu mieux. Je ne touche qu’à un corps, l’esprit de mes parents est parti rejoindre Nibi. J’ai du sang jusqu’aux épaules, mais j’ai fini… Plus ou moins. Le geste rituel de trancher la gorge je le fais sans hésiter : on égorge toujours les cadavres avant de mettre le feu au bûcher. J’ai arraché toutes les griffes, une à une, pour m’assurer qu’ils ne remarquent pas que le sang disparaît dessus. J’essuie la griffe sur les lambeaux de vêtements qu’il reste. Je referme les yeux en priant Nibi. Qu’elle les massacre tous.
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Re: La fin de la liberté Jeu 17 Jan - 22:09
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Mon regard parcourt ses longs mouvements, quoique plutôt stables. Sur une simple ligne elle ouvre sa mère en deux, et entreprend de l’évider. Ses mains tremblent un peu quand il s’agit de décoller les organes de l’intérieur des côtes. Le soleil commence à taper fort, il fait chaud sous la cuirasse. Mes yeux se lèvent vers ce dernier, et je remercie le Shogûn pour son levé chaque matin. Ma main gantée vient faire tâche, et je peux admirer l’enfant.

«-Bien. »

Je ferme les yeux un instant, le temps d’apprécier le chant des oiseaux dans le ciel. La Création, cet engrenage parfait du monde, me fait me sentir redevable envers le Maître de l’Empire Suprême. L’air qui rentre dans mes poumons me refroidis, et des picotements se font sentir sous ma peau chauffée par le frottement de la cuirasse. Il faudrait que je prenne un bain. Cela attendra.

Les bruits de dépeçage s’arrêtent. Je m’avance alors d’un seul pas singulier, les mains toujours croisées dans mon dos, et j’entreprends d’examiner le travail fini. Poumons, estomac, reins, tout est là, même la rate… Un peu trop même.


«-Une côte. Tu as enlever une côte. »

Naturellement ma main quitte mon dos, et je lui colle une gifle sur la joue. Je peux sentir l’échauffement soudain sous le cuir de mon gant, si bien que la sensation d’étouffement se fait de plus en plus présente suite à ce mouvement. Je recule.

«-Cela ne fait pas partie du processus de dépeçage. »

Je lui ferai manger ses dents, si elle avait été sous mes ordres. Un homme doit savoir manger par soi-même, ne pas être dépendant des autres. Fort et dur. Survivre. Comme l’acier. Son mental doit être sa plus grande arme. Je me souviens des enseignements de mes supérieurs, c’est ce qui fait de moi aujourd’hui celui qui à été choisi par le Tout Puissant pour commander les troupes et apporter sa lumière sur le monde des rats. Faire parti des élus est quelque chose d’inestimable, envers quoi on doit se sentir responsable et méritant à chaque instant. Ne pas savoir dépecer un simple cafard est éliminatoire, et relègue l’esprit au rang d’esclave subalterne dans les exploitations, car on ne mérite pas de vivre si on ne sait pas faire de son existence une route vers la perfection.

Mais l’Empereur la veut peut-être, et il est de mon devoir d’être un exemple de bonté face à mes hommes. Même si j’ai déjà été clément en autorisant l’un deux à aller se faire guérir, je vais lui faire une fleur, en priant silencieusement l’Empereur Ashikaga notre Maître à Tous de faire en sorte que mon autorité n’en semble point diminuée.

Un autre signe de main, et ma garde ramène l’autre cadavre, plus massif, plus puant à cause des viscères qui doivent commencer à se décomposer à l’intérieur de son corps débilité par ses gènes, plus occupé par des mouches traduisant son appartenance à la caste des futurs éradiquées.


«-Recommence, mais ne te loupes pas.

Garde les entrailles. Sinon il en ira mal de toi. »
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Je sens la claque, mais je me mords la lèvre pour ne rien dire et ne pas pleurer. J’ai déjà eu des coups : mes parents m’entraînent, mais un coup si gratuit. Néanmoins… Ce qu’il a prit pour une côte est bien une griffe. Il n’a même pas vu que je les ai enlevés, ou alors il a vu, mais il s’en fiche. Je détourne le regard en silence. Mon cœur bat trop vite. Il faut que je me calme. Je ferme les yeux et prends une profonde respiration en invoquant la sauvagerie de Nibi en mode. La chaleur de la colère me calme. J’avais l’impression d’avoir froid. Là ça va mieux.

Le corps de mon père. Je fais tourner la griffes entre mes doigts avant de fermer soigneusement ses yeux en murmurant une prière pour son âme et m’excuser. Ses griffes… J’observe un instant ses mains en penchant la tête sur le côté avant de les arracher une à une. Je lève les yeux vers le ciel bleu pour prendre à nouveau une profonde respiration. Ça va aller. L’ombre en moi s’agite un peu en grondant, mais rien ne fait surface. Je reprends ce qu’il m’a ordonné, après avoir tranché la gorge à mon père, en envoyant mon esprit ailleurs. Mes mains travaillent seule, mon esprit vagabonde dans les chansons, les traditions, les histoires, les souvenirs que j’ai en tête. « Que dansent les flammes de notre mère, que sa chaleur nous protège. Flamme du levant, flamme de la vie, ondulent et dansent dans le vent. Flamme du levant, flamme brûlant en nous. Que la mère nous protège et nous guide. Flamme du ciel et de l’orage. Flamme des guerriers, flamme des enfants de notre mère. Puissent-elles toujours nous guider. ». Je prends une nouvelle respiration. C’est finit, comme la bête dans l’armure le voulait.

Un petit mouvement attire mon attention. Un soldat est sortit du rang et a ouvert les sacs de mes parents. Je me mords la lèvre et serre les poings. Il a entre les mains les magnifiques étoffes chatoyants à la lumière du soleil ou des flammes, ce n’est pas une image le tissu est tissé si finement il est magnifique pour les nobles. Mais ce sont des habits de fêtes que mes parents ont fait. Tissés de plusieurs nuances de bleues et rehaussé de motifs de flammes qui semblent presque vivants lorsqu’ils dansaient. Dans le sac de mon père on trouve aussi mes habits de fêtes. Je sais que lorsqu’ils sont trop petits ils sont revendus parce que ces tissus coûtent très cher. On peut trouver aussi des livres, de la littérature classique, une flûte et un tambourin, des vêtements de tous les jours, la tente, les couvertures… Rien de précieux. Les Akuma ne sont pas friands de bijoux. Il y a simplement une petite statuette de Mère Matabi, mais en bois et en argent. Là non plus rien de précieux. Je sens mon cœur cogner contre ma poitrine en voyant les tissus fins et vaporeux être sortit des sacs. Touchez pas ! Je préfère fermer les yeux pour ne pas voir ça… ET ne pas montrer ma colère, je regarde à nouveau la griffe que j'ai en main.
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Re: La fin de la liberté Sam 19 Jan - 22:42
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La regarder finir d’achever son géniteur est un plaisir bien éphémère, car mon inquisition est vite arrêtée par un de mes hommes émettant un peu trop de bruit pour être innocent. Que le ciel soit témoin de ce qui va se passer, car je me retourne dans le vent avec ma cape pour seule spectatrice.
Ma garde me suit alors que je sors du rang et que le cercle humain se retourne autour de la petit affairée à sa besogne.

L’individu bruyant au-delà de la sagesse, courbé par un mal de dos n’ayant pas lieu d’être parmi les Dignes, retourné face à moi dans une posture que le Tout-Puissant veut chargée de honte. Je l’accoste en posant lentement mon gant de cuir sur son épaule cerclée d’une bande rouge, témoignant de son appartenance aux archers impériaux. Il n’a pas reçu d’ordre d’immobilités, certes, car les escouades d’archer sont restée avec la Suite, il n’empêche que personne ne lui a témoigné d’une directive visant à fouiller le matériel païen infect.


«-Je… C’était pour... »

Je soupçonnais d’avoir besoin d’initier le contact vocal en premier, il s’avère que j’avais faux. Qu’Ashikaga le Maître de L’Empire de Tetsu me pardonne. Je racle ma gorge et frotte le bout de mes doigts entre deux, sur l’acier noir et chauffé par l’irradiation du Soleil, preuve la magnificence du Shogun sur la terre entière. Son regard paniqué plonge dans le miens, et l’acier se font sous la chaleur de la culpabilité. Que fait-il ici ? C’est bien la question que je me pose.

Une gifle, encore une de plus, vient heurter son masque, émettant un tintement de cloche caractéristique du fer de ma main sur son heaume, et révélant une certaines disposition à avoir la tête vide, vu la longueur de résonance du bruit en question. Sa main se lève devant son visage, trop tard. Ceci n’est tout de fois pas dénué de sens.


«-Vous ais-je donné l’ordre de parler ? »

Un long silence alors qu’il semble s’affaisser sous moi. Je perçois ses genoux se plier et sa hauteur perdre quelques centimètres, me forçant à baisser les yeux encore plus dans l’ombre que le soleil projette sur lui pour admirer son visage de couard.

«-Je vous ai posé une question.

Répondez. »


«-Personne… Capitaine… Orichi »

J’espère que le Shogun à fait de ses parents des gens riches, ou infiniment intelligents, car avoir enfanté d’une erreur naturelle telle me ferait douter de la bienveillance du Tout-Puissant sur les représentants du Peuple Élu.

«-Et donc, est ce que moi, capitaine Orochi, vous ai donné l’ordre de fouiller dans ce sac ? »

«-Non capitaine Orochi. »

Sa capacité à reprendre ses erreurs me démet de la prérogative de mettre fin à ses souffrances, conformément à Sa Volonté. J’avale ma salive, comptant les secondes qui s’écoulent lentement alors que je perçois son corps, comme une coquille vide, se débattant des circonstances actuelles, qui ne sont pas du tout à son avantage.

«-Vous irez voir le S.S. Bunta, et vous lui demanderez de vous inculquer la rigidité de l’Esprit via son Ki. Vous semblez en avoir bien besoin.

Sinon, je puis toujours le faire moi même, selon vos souhaits. »


Je dois avouer que ça serait pénalisant pour moi qu’il me demande d’effectuer ces manœuvre ainsi, étant donné que j’ai une petite enfant en train de traiter des nuisibles à superviser. Le sable virevolte sous le vent, et vient porter ses pieds alors qu’il part, laissant le sac derrière lui et le tissu coloré au sol, dans un petit nid de poule logé au beau milieu de la piste praticable. Mes genoux se plient dans un crissement métallique et les médaille tapent sur mon torse lorsque je me relève avec les effets personnels de nos martyrs dans les mains. Les dimensions de ces éléments apparemment vestimentaires m’indique qu’ils doivent probablement appartenir à mon hôte cerclée de mes hommes en ce moment même. Ma tête se tourne vers la ronde de murailles noires de jais, sûrement apercevable avec fierté depuis des centaines de mètres à la ronde. Aucun bruit ne s’en échappe. Au moins, eux sont bien formés.

Des pas près de moi, et le visage renfermé de manière inquiétante de Leiko fait son apparition dans mon champs de vision. Il maintient face à la bise sa cape ornée d’un seul symbole floral contrairement à la mienne unie et rouge, tenue en écharpe. Sa voix bientôt casse l’unanimité de l’air dans la direction du vent pour porter des information à mon ouïe.


«-Qu’allez vous en faire, Capitaine Orochi ?

Si je puis me permettre, et si vous et notre Tout-Puissant me permettez de m’exprimer, je crois que la captive à bientôt fini d’énucler son géniteur. »


«-Leiko, vous usez de votre dispense d’autorisation de parler à merveille, si bien que sur vos conseils, je vais m’enquérir de vous demander votre allume feu afin de retourner à la mission très Spéciale d’Ashikaga, le Seigneur de L’Empire de Tetsu. »

«-Le voici présentement Capitaine Orochi.

Si je puis me permettre, je ne pense point être dignes d’autant d’Éloges, si bien que les proférer en vertu de la Rigueur et de la Justesse Divine est quelque peu… déstabilisant des mes us et coutumes sues. »


Il a raison, il m’est forcé de l’admettre. Néanmoins, j’attrape son petit objet métallique vert jade, brodé de deux lames croisées blanches sur le bandeau de cuir brun vieilli tandis que je perce l’intimité du cercle de gardes Impériaux en récitant une prière au Tout-Puissant.

Ses vêtements tombent par terre, et j’ouvre un pan du petit élément finement orné. Sitôt, une étincelle jaillit et l’amas de textile se transforme en un éminent braiser qui aura tantôt fait de signaler notre puissance à la faune alentour.


«-Maintenant, fait cuire l’ensemble de ton œuvre.

Ce sera ta seule chance d’écouter ton estomac avant fort longtemps.

Fait en sorte qu’elle compte. »
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J’observe l’homme. Non. Je ne mangerais pas la chair de mes parents. Par contre, je vais les brûler comme il se doit. Je me lève très lentement avant de m’approcher des corps de mes parents pour les tirer en silence. J’observe les alentours d’un coup d’œil rapide. Pas de bois… forcément… Mais. J’avance vers les sacs de mes parents en respirant profondément. L’être en moi gronde et je tourne un instant la tête sur le côté pour voir une immense ombre noire qui marche à mes côtés. Quant à manger… J’ouvre les sacs et vide méthodiquement le contenu, mettant de côtés les livres avant de trouver ce que je cherche, une gourde rebondit, puant de là où je suis l’alcool, et une bourse d’herbes de purification. Si mes parents vont brûler, l’oiseau va rôtir.

Je lève à nouveau les yeux vers le ciel sans rien dire un instant avant d’attraper à nouveau deux griffes que j’ai gardé. L’oiseau en premier. Je m’installe en tailleurs pour finir de le préparer avant de le mettre à cuir. Et je me tourne vers mes parents. Enfin, de leur corps. Je tourne à nouveau vers le félin obscur qui gronde doucement, mais qui soutient mon regard.

« Que les flammes les accueillent. Ils sont en paix. »

Je répète à voix basses ses mots avant d’arracher de longues lamelles de viandes brûlantes que j’avale en deux coups de mâchoires en restant immobile, réfléchissant. Nouveau coup de mâchoire. Il est l’heure. Je sors une à une les herbes avant de les glisser là où il faut avant de déboucher la gourde. L’odeur de l’alcool à brûler me pique le nez et je ferme les yeux une seconde avant d’arroser copieusement les corps. D’un claquement de griffes, je ne suis pas assez puissante pour faire les grandes flammes bleues, j’embrase les corps. Je lève à nouveau le visage vers le ciel en observant la fumée s’élever. Je ne mangerais pas la chair de mes géniteurs. Je ferme les yeux en respirant profondément avant de jeter les griffes que je tenais dans les mains dans les flammes avant de lever encore que fois le visage vers le ciel.

« Qu’Elle vous accueille et puisse votre flamme guider la mienne. »

Je me fiche qu’on me juge. Qu’on me punisse, qu’on me prive de nourriture : je ne toucherais pas à la viande humaine. C’est comme ça. Je reste près des flammes, je sens leur chaleur sur mon corps, mais je ne bouge pas. Je suis fille de Nibi, je suis fille du feu et fille du ciel. Je tutoie le vent et les flammes dans mes courses, je ne mange pas la chair des miens. Ni même celle des monstres. Je n’en suis pas un moi-même.

« Les monstres sont ceux portant des armures de fer et osant porter les marques du félin sur leur masque grossier. Les monstres sont ceux qui sont autour de nous. Les monstres sont ceux se pensant supérieurs. Tu es peut-être en partie animal… Mais en quoi cela te rend t-il inférieure ? Tu acceptes cette part d’animalité, du démon en toi, et tu la contrôles. Le véritable animal est celui qui se croit totalement humain mais qui laisse ses plus bas instincts prendre le dessus. Connaître sa bestialité et la maîtriser est une force. Oui tu es en partie animal Kameyo, et pourtant, tu es bien plus humaine à cet instant que tous ces hommes qui ont tué pour rien. Un animal n’est nullement cruel, injuste, ou tue par pur sadisme. »

J’observe le félin de nuit et tends la main comme pour le toucher. Elle se glisse sous ma main avant de disparaître, mais j’entends encore sa voix dans ma tête. Je ne suis pas seule, je suis humaine et animal. Et alors ? À cet instant, entre moi et le monstre en armure, lequel des deux est le plus humain ? Je ne cherche même pas son regard, pourquoi faire ? Je détourne le mien dans la direction du sud. Je me promets qu’un jour, j’égorgerais des samouraïs et je retrouverais les miens. Quitte à en mourir. Je suis Akuma Kameyo, aussi bien humaine, qu’animal, et j’en suis fière.
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La voir se lever lentement pour aller cherche une gourde en piteux été puant aussi bien l’alcool que la défaite fait naître en moi un profond sentiment de déception. Un sentiment un peu analogue à lorsque le S.S. Bunta s’amuse à répondre au commandement, un sentiment qui donne envie de châtier sans pour autant faire naître la vigueur du fouet au fond de l’âme, car un sentiment qui fait constater la tristesse de la situation. J’espère que lorsque Hikari aura accouchée, lorsque je serai rentré, que mon enfant ne me fera jamais connaître ce tord boyaux qui m’agrippe actuellement le fond des reins.

Les cadavres prennent feu alors qu’elle déguste sa volaille, me donnant la nausée devant tant d’effronterie de sa part. Je commence à réfléchir au fait qu’il ne faut pas trop que je l’abîme si elle doit finir avec le Tout-Puissant pour ses projets personnels. Malgré tout, si elle veut y tenir un minimum de temps, il faudrait lui faire rentrer du plomb dans le crâne. Mes yeux parcourent silencieusement l’environnement autour de moi, grâce de l’Empereur Ashikaga notre Maître à Tous, qui a fait que l’eau qui coule et le vent dans les feuilles calment mes nerfs durcis dans ces moments.  Une décision sera prise, radicale ou non, tel qu’indiqué dans le code du Bushido.

Je lève un gant, berce son acier dans la lumière céleste du Divin Shogun, et alors les deux hommes de ma garde s’avancent, pensant ce que j’ai pensé. Faisant ce que je veux qu’ils fassent. L’évidence en est ainsi, la lumière du Maître nous commande tous, sans exception, alors les mouvements ne font qu’un à travers le ciel, et bientôt l’oiseau est arraché de la bouche de la proie, et jeté en dehors de la muraille humaine.


«-Tu désobéis. »

Je ne pense plus avoir de temps à perdre avec ça. Je ressors lentement par les deux épaules écartées des masses. C’est la fumée du sable portée par le vent qui vient tâcher mes bottes qui me ramène à la réalité. Je dois savoir quoi faire. Je dois le savoir. Ça fait partie de mes tâches. Les yeux aux ciels ne mènent à rien, il faut serrer les dents. Mon crâne chauve frotte à l’intérieur de mon casque poli alors que je marche en réfléchissant.

«-Permission de parler Capitaine Orochi »

«-Accordée. »

«-Pour l’enfant ? »

Deux simples mots qui suffisent à rendre la réalité tangible. À la rendre aussi tranchante qu’une lame. Ma péricarde me serre alors que je déglutis une salive rendu épaisse par l’eau que j’ai perdu sous le soleil des évènements. Je dois trouver une solution, alors je me concentre. Et je prie. Je prie le Shogun, je prie Ashikaga le Tout-Puissant, Sa Délivrance, lui, l’Empereur de l’Empire de Tetsu, le Maître des Chrysanthème, et dans mes yeux fermés je vois son visage béni par Sa Création, avec son masque nous inspirant tous force et honneur, pour nous faire vaincre n’importe quel ennemi qui pourrait se dresser sur notre chemin personnel de la grandeur, nous donnant la force de terrasser n’importe quel être ou chose. J’inspire. L’air chaud me brûle les poumons alors que je fulmine.

«-Vous auriez eu tort, je vous aurais puni. »

Silence muet de sa part. Le Bushido est fort en lui. Je pense à lui donner une médaille s’il mène ses hommes à la victoire, sa mentalité est prête. Je m’avance vers le palefrenier et la bride de ma monture qu’il me tend. Le poil béni de la bête élevée dans les plus hautes montages du Territoire attrape mes yeux.

Que faire d’elle ? Si je ne fais rien, je désobéis au devoir d’être solide et inflexible pour le Bien et Sa Volonté. Si je fais quelque chose… Quoi ? La brûler ? Cela me semble futile, si peu de temps sera rentabilisé. J’inspire. La donner en mannequin d’entraînement à mes soldats ? Que penseront-ils ? Que je suis un homme cédant à la facilité. Je refuse fermement la moindre de ces issues, personne ne fera de moi un homme faible, car mon coeur et mon âme appartiennent à Tetsu.

Mes pensées vont au projet personnel de Notre Dirigeant. Leiko aurait-il donc raison ? Ce n’est pas une hypothèse exclue d’office, mais je dois avouer que ça serait surprenant étant donné des circonstances. Je m’arrête alors que je comptait pousser sur ma jambe pour chevaucher ma monture.


«-Nous reste-t-il des cages ? »

«-Absolument. »

«-Et la permission de parler ? »

Je plonge dans ses yeux noirs du haut de ma selle, j’ai finalement décidé d’escalader l’animal pour me tenir au dessus de la foule, là où la Lumière nous éclaire mieux. Le ton de Leiko vire au blanc livide, je le vois se retenir de communiquer un sentiment quelconque, et à ma grande surprise, je n’arrive pas à le cerner. Comme si son visage s’était enfermé à double tour sous une cuirasse aussi grande et claquante que la mienne. Les médailles en moins.

«-Peut-importe, vous savez ce qu’il vous reste à faire. »

Mon cheval se met au pas vers la Suite alors que les figures derrières moi deviennent de plus en plus ridicules. Je bois une gorgée de ma gourde. J’avais soif. Maintenant, je me dis que c’est pas plus mal. Elle sera peut-être plus utile à la communauté dans l’Arène Impériale que sur un feu de camp, crachant son dernier soupir dans un tas de cendre pour aller témoigner à ses parents. Les mètres me séparant de Bunta et Ayaki, leurs visages trempés de sueur, se réduisent. Je profite du fait d’être encore inaudible de la masse des mortels pour proférer ma seule insulte quotidienne tolérée.

"Ta gueule furry de merde, retourne yiffer avec les singes"
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