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Traître, disparu et justiciable [Kuro/Meyo/Aoshi, rang A]

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Mission:
 

Traître, disparu et justiciable.

C’était la première fois depuis un long moment que ça n’avait pas été autant le bordel à la tour du Senkage. Entre les ninjas qui consignaient sur un coin de table tout ce qui avait été su à propos des disparus et du déserteur pour essayer de pondre un rapport à peu près correct pour le taulier, les civils qui s’écrasaient dans un coin en attendant qu’une secrétaire daigne leur accorder un regard et les proches des disparus qui enfilaient tasse de thé sur tasse de thé en priant pour que rien de mal ne soit arrivé à ceux qui étaient des amis, il y a avait de quoi s’amuser. L’agitation qui y régnait ne présageait rien de bon, et en descendant les escaliers qui menaient à son bureau et aux zones les plus importantes de la tour, le chef du village caché du tourbillon comprit que les choses ne s’amélioreraient pas dans l’immédiat. Entre les plumes d’oies qui frottaient frénétiquement le papier et les pinceaux qui se gorgeaient d’encre aussi vite que les encriers se vidaient, les choses mettraient du temps avant de se tasser.
L’un des jônins qui semblait être en charge se mit au garde à vous en saluant Meyo avant de lui faire un très bref résumé de ce qui nécessitait son attention au sujet du triple homicide.

-Senkage-Sama, l’un de nos hommes a entendu dire que vous partiez en mission. Le militaire se frotta le nez, certains ne carburaient pas qu’au café pour rester debout. Il aurait des informations sur notre déserteur, c’était un membre de son peloton apparemment. Il est avec l’entourage des disparus, au rez-de-chaussée en salle de repos. Les cadavres ont été transférés à la morgue de l’infirmerie, si vous voulez les voir avant qu’un bonze ne passe. Le jônin toisa avec un peu de gêne Kuro et Aoshi derrière le Senkage. Je sais qu’on est à la bourre et que chaque minute compte pour retrouver nos hommes, mais quand même, ceux qui sont disparus étaient des pointes dans leurs domaines. Peut-être attendre un peu avant de partir sur leurs traces et se renseigner, ils sont absents depuis deux heures minimum, et environ vingt heures maximum, laissons leur un peu de temps. Et surtout, si ça se trouve ils se sont déjà faits déboîtés par des types sur la route, voir même par le taré qui a sabré les nôtres. Un chûnin qui se farcit trois de ses collègues en une nuit… C’est chaud. On a confiance en vous mais ce serait con qu’il vous arrive quelque chose.

Il était vrai que les disparus au combat n’étaient pas des amateurs ; Jin n’était pas du genre à se laisser mourir, surtout vu ce qu’il savait faire avec un sabre. Nanami savait aussi bien préserver la vie que la reprendre avec son bagage médical et Yamada ne formait qu’un avec les pains de glace qu’il formait. Qu’ils aient pu être décimés semblait improbable, mais si cette hypothèse s’avérait juste cela soulèverait beaucoup de question sur le déserteur. Les deux cas étaient-ils au moins liés ? Ou alors même, l’enchaînement des évènements avait été tout autre, si ça se trouve, la bande de sang, glace et acier avait débarqué dans le dortoir pour faire un carton. Kido n’étant alors pas le bourreau mais la victime, si ça se trouve il était en train de courir à en perdre haleine au milieu de la forêt, talonné par les supposés disparus.
Aucune piste n’était à écarter, mais pour avoir confirmation de l’une d’elle, il fallait encore se donner les moyens d’enquêter.
Le Senkage toutefois, étant gâté par la nature avait vent d’une dispute dans cet étage, quelque chose concernant d’éventuels renforts dont il pourrait avoir besoin et de volontaires. Le sujet de la dispute portait plus sur la nature des renforts que la pertinence d’en embarquer, une éventuelle piste pour grossir les rangs de l’équipe peut-être ?
Toutefois, ce n’était pas la seule chose à prendre en compte ; déjà une carte de la région avait été déployé sur une table et sévèrement annotée et autour de laquelle s’affairait plusieurs ninjas, des éclaireurs pour la plupart, mais il y avait aussi les archives qui valaient peut-être le coup. Après tout, quoi de mieux pour connaître la nature d’un ninja que de regarder son passé ?
Mais chaque instant de passé ici les éloignait probablement de la vérité, et de leur objectif… Juste avant de prendre une décision, l’officier ajouta sur le ton de la confidence.

-Il y a aussi je crois un fermier qui voudrait vous parler de gens qui dormaient dans son étable, mais c’est un peu hors sujet je pense.
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Pourquoi ?

Tandis que j'écrivais, je ne cessais de me poser cette question. Pourquoi ? Pourquoi de tels actes, ici, à Uzushio ? J'avais envie de vomir. Je me sentais impuissant et responsable. C'était ma faute. L'homme providentiel, le héros du village, le modèle de réussite. Toute cette campagne autour de moi n'avait aucun sens. J'étais le dirigeant de ce prétendu havre de paix, et pourtant je n'avais rien vu venir.

Pendant que le brouhaha s'intensifiait, mon esprit refusait de se concentrer sur quoique ce soit d'autre que mes émotions. J'étais perdu. Je me sentais vide et à la fois je débordais de rancœur. Je n'avais pas su gérer mes hommes, certes, mais la traîtrise n'était en aucun cas excusable. C'était la première fois qu'on avait à faire à ce genre de cas. Mon visage fermé, les mains jointes devant la bouche, je fixai le type en face de moi. Il m'agaçait, ils m'agaçaient tous. Y avait-il d'autres types qui me souriaient mais qui ne demandaient qu'à éventrer les leurs ? Je n'en savais rien et ce n'était pas le sujet, en revanche, ce dont je suis sûr, c'est qu'un exemple doit être donné aux petits traîtres en herbe.

Le fait d'avoir été réveillé par une telle nouvelle m'avait fait l'effet d'un coup de genou au plexus. J'enlevais mes lunettes pour masser mes yeux, rougis par le manque de sommeil et la rage intériorisée. Je ne devais montrer aucune animosité, rien ne devait être personnel. Je faisais le vide dans ma tête afin de ne pas aller trop vite en besogne. Nanami.. Non je ne pouvais pas y croire. Personne ne m'empêcherait d'avoir le fin mot de cette histoire.


" Senkage-Sama, l’un de nos hommes a entendu dire que vous partiez en mission. "

Les rumeurs allaient vite. La ligue tenait à me faire passer pour un dirigeant irresponsable. La moindre faille politique était bonne à exploiter, alors j'imagine que faire circuler l'information me fait passer pour un mauvais chef mais je m'en moquais complètement. Ma seule crainte était que la diffamation aille trop loin et que le village remette ma légitimité en question. Mais même cela, ce n'était rien face aux sentiments qui habitaient mon corps et mon esprit. Je devais me libérer de toute cette négativité, pour de nouveau être objectif.

" Il aurait des informations sur notre déserteur, c’était un membre de son peloton apparemment. Il est avec l’entourage des disparus, au rez-de-chaussée en salle de repos. Les cadavres ont été transférés à la morgue de l’infirmerie, si vous voulez les voir avant qu’un bonze ne passe. "

Vide et impassible, je l'écoutais parler et analysais chaque élément, chaque détail. Je jouais nerveusement avec la plume d'oie, la faisant virevolter entre mes doigts et en secouant la tête. Un membre du Conseil s'offusqua face au vocabulaire employé par mon interlocuteur. Je n'avais même pas fait attention. Peu importe, du moment que ça lui permettait d'être efficace, je n'en tenais pas rigueur.

" Je sais qu’on est à la bourre et que chaque minute compte pour retrouver nos hommes, mais quand même, ceux qui sont disparus étaient des pointes dans leurs domaines. Peut-être attendre un peu avant de partir sur leurs traces et se renseigner, ils sont absents depuis deux heures minimum, et environ vingt heures maximum, laissons leur un peu de temps. Et surtout, si ça se trouve ils se sont déjà faits déboîtés par des types sur la route, voir même par le taré qui a sabré les nôtres. Un chûnin qui se farcit trois de ses collègues en une nuit… C’est chaud. On a confiance en vous mais ce serait con qu’il vous arrive quelque chose. "

Attendre ? Non. A l'heure qu'il est ils pouvaient très bien déjà avoir quitté le pays. Je ne crois pas au hasard, selon moi, les deux affaires étaient liées. Qu'il m'arrive quelque chose ? Ce serait une grave erreur de penser que je n'avais aucun ennemi malgré ma notoriété. Il pouvait très bien s'agir d'un piège même si "personne" ne pouvait prévoir que je participerais à la mission. Sur la table improvisée, une pléthore de documents étaient éparpillés. Nous étions pris de court et l'organisation laissait à désirer. Je soupirai longuement, il était l'heure de bosser. Un frisson venait de parcourir ma nuque. En me concentrant, je surprenais une conversation assez houleuse. C'était certainement dû à l'atmosphère qui régnait dans toute la tour. Je me devais d'apaiser les tensions et mettre les choses au clair. Alors que je mettais ça dans un coin de ma tête, l'officier m'avoua qu'un témoin potentiel pouvait nous éclairer.

Comment savait-il tout cela ? Il y avait trop de piste. On aurait dit qu'il essayait de nous noyer sous les informations tel un avocat avec son client. Certes, cela pouvait passer pour de la paranoïa mais qui ne douterait pas après avoir appris l'acte barbare qui avait eu lieu dans la nuit ? Je passais la main sur mon visage et fixais le plafond pour ne pas qu'il surprenne mon regard inquisiteur. J'étais le shinobi le plus rêveur du Sekaï, cela passerait inaperçu. Un peu moins crispé après quelques instants, je reprenais une position normale. Nous avions perdu trop de temps, je me devais d'annoncer l'ébauche d'un plan.

"  Assez discuté, nous devons rassembler le maximum d'éléments. Notre perte de temps doit être un investissement.  Aoshi-san, j'aimerais que tu récupères un maximum d'infos sur les 4 potentiels déserteurs. De leur groupe sanguin, à leur technique fétiche en passant par leur pointure. Je veux tout savoir. Pendant ce temps j'irai à la morgue pour tenter de déceler quelques indices. Si tu as le temps, essaie de voir les potentielles zones à fouiller avec les éclaireurs. Kuro-kun, je te confie le fermier, il a peut-être vu quelque chose, chaque détail compte, tu es jeune tu ne devrais avoir aucun problème à retenir ce qu'il te racontera contrairement à Aoshi-san."

Il fallait détendre un peu l'ambiance, quelques moues boudeuses furent lacérées par des sourires mais ça ne suffisait pas. L'heure n'était clairement pas à la rigolade. Je me levais en continuant d'énoncer le plan.

" Pour moi, ça sera direction la morgue. De par l'autopsie, nous allons pouvoir déterminer les causes de la mort. Je veux que l'on soit capable de trouver le mobile de ce massacre. Faîtes au plus vite. Nous constituerons l'équipe de manière à être le plus en accord possible avec les informations récupérées par Aoshi-san. Ikuso ! "

Sans me retourner, je quittais la pièce après ces mots. Je me laissais guider par mon oreille jusqu'au lieu de la dispute. En frappant à la porte, je sentais déjà que je les dérangeais. M'ouvrant doucement la porte, je pénétrais la pièce et tomba nez à nez avec trois shinobis. M'installant sur le bureau, je battais l'air avec mes pieds et les observais.

" J'ai surpris votre petite conversation et j'aurai bien besoin d'être éclairé. Je pensais être le seul décisionnaire ici mais il semble que vous soyez remplis d'initiative. "

Le sarcasme. J'étais agacé, je n'avais pas saisi tous les propos mais leur comportement égoïste pouvait coûter la vie à toute l'escouade que je prévoyais d'envoyer. Sans que je n'ai à le dire, ils savaient que toute tentative de manipulation sur ma personne était à éviter. Je patientais, sans un mot, le regard lourd d'interrogation.
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Shirogane Aoshi
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Traitre, Disparu et Justiciable [MISSION RANG A - Meyo, Kuro et Aoshi]

"Un chunin se farcit trois de ses collègues", c'était donc pour cela que j'avais été appelé. Beaucoup de mystère plannaient dans cette situation : Quel était le motif ? Comment le meurtre s’étaient déroulé ? Comment un chunin avait pu supprimer sans problème trois camarade ? Oui sans problème puisque si c’était le cas ses blessures l’auraient empêchée de s’enfuir aussi vite et sans qu’il ne soit rattrapé.
Mais le mystère ici qui me concernait était : pourquoi m’avait-on fait venir ?

Heureusement je connaissais déjà la réponse. Uzushio était overbooké par le travail, les effectifs étaient en mission très souvent et quelqu’un de plus adapté que moi n’avait donc pas été dépêché. Mais bon, j’étais aussi un excellent support et adapté au travail d’équipe. C’est d’ailleurs le travail d’équipe avec ma femme qui nous a donné une renommé pendant la guerre.

Je descendais aux archives, là où seuls les membres du villages avec un accès spécial comme moi avaient droit de pénétrer. Sous terre et éclairer par les quelques entrée, troue dans la terre avec grille, pour laisser rentrer la lumière et ventiler un peu les lieux je me déplaçais dans l’immense bibliothèque terne remplies de rouleaux. Une secrétaire, celle qui m’avait accueillis m’avait suivis pour m’aider à trouver ce que je cherchais. Elle avait les noms des Junin puisque comme je l’avais prévus elle connaissait la situation.

Peut-être les connaissais-je ? Après tout, presque tous les junin du village se connaissent entre eux, soit par des missions faites ensemble, soit par l’académie en tant que professeurs ou anciens camarade. Ou soit parce que comme moi vous êtes vieux et vous connaissez presque tout le monde au village. Les chunin j’avais un peu plus de mal a coller le visage avec le nom.
De plus, au village, on connait souvent les apitudes des autres, moi par exemple tout le monde sait, même hors du villages pour ceux qui ont vécu la guerre, que je suis un spécialiste du Fuinjutsu. Tout le monde sait que je ne suis pas un expert en ninjutsu affinitaire, en genjutsu ou autre, mon éventail est court mais je le connais par cœur.
Mqlgré tout, j’allais récupérer ces rouleaux et tous en vider le contenu pour l’incruster dans ma tête. Heureusement que l’étude des rouleaux pour moi et imprimer le contenu dans sa cabosse était une formalité. A force de passer mon temps à apprendre et potasser les anciens rouleau du clan que nous avons sur les Fuinjutsu, pour les décrypter et en tirer l’essence.

« Vous les avez trouvé ? » demandais-je à la secrétaire qui semblait perturbée… Surement à cause du massacre… Je lui demandais

« Vous connaissiez tous ces gens ? Ceux qui ont perdu la vie, le chunin qui la leur aurait ôté ? Les junins qui sont partis à sa trousse ? Secrétaire au bureau du Kage vous devez surement connaitre tout le monde… Et d’ailleurs, vous saviez si les trois qui court après le fugitif se connaissait ? »

Le dernier message était assez clair, s’ils avaient une relation qu’elle était-elle. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si les junin était trois déserteur AVEC le chunin. Aucune hypothèse était à mettre de côté. Soit ce cout était prévus, soit non. Dans le premier cas, nous partions tous dans le mauvais sens, dans le second nous avons encore d’autre mystère a élucidé pour soulever le voile qui plane sur cette affaire.
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Misatachi Kuragari
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kizuna



Meyo & Aoshi & Kuro


J’avais vraisemblablement le don pour me retrouver dans les pires situations qui pouvaient m’arriver. Ah ! La Loi de Murphy, hein ? Un sacré baltringue, si je pouvais me permettre. Sans déconner. C’est comme pour les superstitions, c’est à force d’en parler qu’on finit par nous porter nous-mêmes malheur. Et là, sous prétexte qu’un môssieur sorti de nulle part avait décidé que les pires scénarios porteraient son nom, bah m’en voilà accablé. Je vous jure… C’est ainsi que moi, illustre Genin de rang B, fils de lâche et de mère aimante, me retrouvai dans une pièce sombre, cloîtrée et secrète d’Uzu. Ah ça ! Si seulement je pouvais m’en vanter auprès de Haruka… Mais elle ne me croirait pas. Personne n’en serait capable. Après tout, comment un mec au plus bas de l’échelle aurait pu avoir pareil privilège ?

Même moi je n’en avais pas la moindre foutue idée. Je m’étais retrouvé ici après qu’un garde eût été venu me chercher chez moi alors que j’étais en train de boire mon café. Le salaud, il aurait au moins pu attendre que je finisse ma boisson préférée !!! Mais non. Sous prétexte que « son Excellence le Senkage » avait un message à me faire passer (probablement une convocation à la con, on ne va pas se mentir… du moins, c’est ce que je m’étais dit), alors m’empêcher de finir ma tasse avait été une priorité.

J’étais donc convié à prendre part à une mission avec Meyo et un vieil Uzumaki que je n’avais jamais vraiment côtoyé. Une de rang A. Par Amaterasu, si quelqu’un avait pensé qu’un tel miracle se manifesterait… Encore une fois, si le numéro un de notre nation décidait de garder le secret, alors personne ne pourrait me croire. Sauf ma mère vu qu’elle avait pu lire le mot que j’avais laissé sur la table.
On notera d’ailleurs que j’avais fait l’effort d’aller m’habiller avant de partir. S’agissait de bien présenter, quand même. On n’était pas invité dans son équipe tous les jours. Ah ça non ! C’est donc avec un haut classique, ma veste de mi-saison et l’écharpe qu’Ul m’avait offerte que je m’étais empressé de suivre la milice vers les tréfonds de notre cité…

Une fois arrivé, je m’étais incliné face au Kage et à l’ancêtre du village afin de les saluer. Je n’attendais pas spécialement de réponse de leur part – j’étais probablement insignifiant à leurs yeux. C’est à ce moment-là, d’ailleurs, que le garde m’avait glissé quelques mots à l’oreille. Du genre que j’étais là car j’étais probablement l’un des meilleurs Genin du village, mais surtout grâce à ma polyvalence et… à cause du manque d’effectif. C’était beaucoup moins classe, comme ça. Clairement moins. Bah, je ferai avec. Qui sait, si Dame Fortune était à mes côtés, peut-être pourrais-je négocier une promotion en tant que Chûnin si nous parvenions à réussir cette affaire. A cette idée, un grand sourire s’afficha sur mes lèvres. Allais-je le réprimer ? Bien sûr que non. C’était dans ma nature : toujours jovial et jamais pessimiste pour un sous. Qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’était pas les responsabilités et l’ascendant hiérarchique qui me galvanisaient. Oulah non. Mais le simple fait d’être un peu plus libre de mes mouvement et de POUVOIR SORTIR DE CES PUTAINS DE MURS me rendait heureux.

Finalement, un des assistants (je ne saurais même pas dire si c’était un homme ou femme) prit la parole et tenta de nous exposer les faits. Mais je ne l’écoutais pas. En fait, je ne faisais que choper des bribes d’infos puisque, de toute façon, je n’allais pas être en mesure d’amorcer un plan. c’était le rôle de mes supérieurs. Moi, j’étais là pour bourriner. Et encore : si affrontement il y avait. Mais pour l’heure…
Le jeune (ouais, par rapport au vénérable arbre Mo… au vénérable Uzumaki) Tsuri finit par faire tonner son doux timbre de voix. Il donna quelques ordres ci et là alors que j’étais quelque peu occupé à admirer, contempler la beauté d’une des assistantes de cet endroit où nombre secrets dormaient. Putain qu’elle était canon. Mon esprit ainsi parti à la dérive ne fut captivé de nouveau que lorsque mon interlocuteur m’interpella directement, me demandant d’aller interroger le fermier en question… Ah ouais, celui qui avait des gens qui créchaient dans son étable sans un sous. Bah, juste des clochards. Mais bon. Les ordres étaient les ordres…

Je laissai alors Meyo tourner les talons sans lâcher n’aurait-ce été qu’un regard, tandis qu’Aoshi va vers la bibliothèque (si j’avais bien saisi). De mon côté, j’envoyai un clin d’oeil à celle qui avait réellement capté mon intention et suivis de très loin Meyo. Le fermier que je devais interroger, à en croire notre source principale, se trouvait au bas de la tour, juste devant la porte. Ce n’était pas loin, je n’aurai donc pas à me fatiguer… ni à craindre un quelconque guet-apens. De toute façon, je n’avais pas le droit de sortir du village… Encore moins en de pareilles circonstances. Et surtout s’il y avait un traître parmi nous qui avait zigouillé trois des nôtres… Alors que je descendis les marches, je glissai ma main dans ma poche droite et en sortis mon brillant bandeau que j’avais déjà lustré tout le long du voyage aller. Non sans fierté, je sertis ma tête (ou plutôt, mon front) de ce dernier et fis de grands signes de la main dès que j’aperçus celui que je me devais d’interroger.

« Oy Jii-san ! Je m’inclinai avec respect, grand sourire aux lèvres. Paraît qu’vous avez des infos à nous filer… Ou plutôt qu’vous voulez nous parler d’ces saligauds qui ont dormi dans votre étable… Vous voulez bien m’en dire plus ? J’suis le plus fidèle scribe de notre cher et tendre Senkage ! Me targuai-je, sortant un bloc note, une plume d’oie et un encrier que je posai sur le mur le plus proche. Prenez tout le temps qu’il vous faut pour réfléchir, vous en faites pas ! »
(c) AMIANTE

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Traître, disparu et justiciable.

Le Senkage avait distribué les ordres comme on distribue les cartes, avec un calme qui trahissait une certaine habitude des situations inhabituelles. La blague, bien que douteuse aux yeux de certains suscita quelques sourires stressés, déformés par tout le sang qui avait coulé cette nuit, et ni Aoshi ni Kuro ne trouvèrent quelque chose à redire. Probablement parce que l’un était absorbé par la tâche qu’on lui avait donné, l’autre absorbé par un instinct beaucoup plus primaire mais important pour les animaux n’ayant pas encore de progéniture. Le trio se sépara dans l’agitation de la tour, et le Meyo fit irruption au milieu d’une conversation, apparition providentielle pour les trois jônins qui se disputaient, même si quel que soit la réponse qu’il donnait il n’y aurait sans doute pas trois heureux. Sauf s’il arrivait à faire cohabiter le noir et le blanc, la vengeance et le pardon.
Le sarcasme du Senkage glaça une atmosphère ébouillantée, mais il en fallait plus que ça pour décourager une âme en deuil. Essuyant son nez du revers de sa manche, Mion renifla en essayant de se donner une certaine dignité malgré ses yeux rosés par ce qui avait été la nuit la plus horrible de toute sa vie, et ses joues rougies par une nouvelle bien trop sombre pour une femme de son âge. Au moins elle avait pu avoir son grand frère jusqu’à ses dix-huit ans et quatre mois.

-Mion, donne toi du temps, à ce qu’il parait il y a déjà une équipe qui est sur ses traces…
-Je m’en fous ! Explosa l’archère qui avait déjà son arc bandé dans un coin de la pièce. Son regard dévasté par la perte de son frère se porta sur le Senkage qu’elle salua d’une façon réglementaire, mais rendue grotesque par le stress. Je veux venir avec vous, j’ai entendu ce que j’avais à entendre, laissez-moi venger mon frère putain, laissez-moi venger Kaechi, je suis d’attaque ! J’ai vu… J’ai vu ce qu’il lui a fait, j’ai vu dans quel état il est, s’il vous plaît Senkage-Sama, je ne serais pas un poids mort.

De loin pas en effet, Meyo connaissait assez bien le dossier de Mion ; une archère émérite de rang B, rapide comme l’éclair et douée avec le vent qu’elle pouvait convoquer à sa guise sans aucun mudras. Mais il n’y avait aucun doute à se faire sur ses intentions, ni même sur son état actuel ; elle avait enfilé son uniforme à la hâte et si rien ne manquait à sa tenue de combat, la tenue débraillée trahissait une grosse négligence suite aux évènements.

-S’il vous plaît Senkage-Sama. Implora l’un de ses coéquipiers qui grimaçait. On n’arrive pas à la ramener à la raison. Une paire de bras en plus était toujours utile, mais des bras en état de choc pouvaient s’avérer dévastateurs autant pour l’ennemi que les alliés.
-J’en ai rien à taper de ma raison ! Kaechi était le seul garçon de ma famille ! Je suis la dernière branche de ma dynastie et mon nom est condamné à disparaître, tu crois que j’en ai quelque chose à foutre de ma vie quand le seul héritage que je pourrais transmettre, c’est une maison vide à la municipalité ?

Mion renifla de nouveau, tentant tant bien que mal de camoufler tout le chagrin qui la dévorait de l’intérieur. Ses deux équipiers portèrent leur regard sur Meyo, fallait-il satisfaire la demande de la jônin ou de ses deux subordonnés ? Eux par contre n’était pas en tenue pour partir, ni même prêt au combat ; des rangs C fraichement promus et qui luttaient encore contre le crime organisé sur les quais. Pas vraiment des forces efficaces ni même disciplinées face à un type qui avait massacré sa chambrée.


Aoshi lui, était aux archives avec une secrétaire qui semblait plus intéressée par ses ongles que par les demandes de l’aîné du trinôme, encore stupéfaite par tout ce qui venait d’arrivé cette nuit. Elle mit un certain temps à répondre, le temps de recomposer son esprit et de faire le vide sur ce qui aurait pu advenir des disparus avant de toiser les étagères.

-Oui, je connais Jin et Nanami. Nanami vient souvent chez moi prendre le thé, c’est elle qui s’occupait des brûlures de mon frère après qu’il ait eu un accident à l’entraînement. Elle a toujours été très gentille, elle ne s’est jamais mise en colère, elle prenait beaucoup de rang D ces derniers temps. Jin lui… Il m’apportait des fleurs avant que lui et Nanami ne se rapprochent, il blaguait aussi souvent sur les grands clans du village. Comme quoi les Uzumaki n’étaient dans les petits papiers d’Uzushio que parce qu’à chaque fois qu’on les chassaient par la porte, ils revenaient par les fenêtres. Par exemple. Elle détourna le regard et rougit un brin.

Aoshi eut tout loisir d’analyser les rapports de missions des disparus, mais pas du déserteur ; sans doutes devait-il être un simple membre d’équipe et non pas un chef. Le premier qui fût sorti des étagères fut Jin, qui écrivait sur des parchemins de qualités moindres et avec une encre dont le prix ne devait pas être très élevé. Ce qui se traduisait par des écritures qui commençaient déjà à s’effriter même si elles restaient lisibles pour un habitué des kanjis comme Aoshi. La première chose qui lui sauta aux yeux fut la distance singulière qu’il avait avec les évènements auxquels il avait pris part, et les descriptions extrêmement concises ; Jin allait directement au but. En parcourant plus en détails les rapports de mission à l’attention du Senkage émanaient un certain sarcasme latent à l’égard de sa politique pacifiste, rien d’agressif mais plutôt une critique dissimulée des objectifs de missions. Un sujet qui revenait régulièrement était le manque d’actions directes contre le crime organisé, quitte à froisser la ligue marchande. La description des combats était excessivement brève, à moins que cela ne cache une certaine doctrine d’affrontement ? Jin était réputé pour être un individu assez distant sur ses rapports, la négligence était une probabilité à prendre en compte.

-Voici ceux de Yamada. Glissa la secrétaire en posant à côté de lui une pile de parchemins.

Le style de Yamada était générique au possible ; le vocabulaire était précis et professionnel, le parchemin et l’encre de qualité normale et rien de particulier à signaler. Si ce n’était la sorte de fracture que nota le vieil Uzumaki entre les rapports antérieurs à l’an douze, les plus éloignés étaient chaleureux, des suggestions étaient faites et s’en dégageait un enthousiasme et un engagement certains envers Uzushio. Ceux postérieurs à l’an douze étaient plus froids, plus stricts, il n’y avait plus aucune suggestion ni aucune demande quelconque.

-Et ceux de Nanami. Grogna la blonde en posant deux caisses près de la table.

D’un côté les missions classiques, digne d’une iryo-nin de rang A, de l’autre, toutes les rangs D effectuées. Certaines étaient extrêmement récentes et même si les rapports étaient démentiellement courts de par la simplicité des missions, ils étaient quand même plus longs que ce que devraient être normalement des rapports de rang D. Souvent étaient mentionnés des suggestions pour accentuer la sécurité des villages les plus reculés, quitte à étaler un peu plus les forces du village caché du tourbillon.
Un autre détail qui interpella Aoshi était la retenue extraordinaire dont faisait preuve la jônin et le nombre extrêmement faibles de morts durant la plupart des missions qui lui avaient été assignés, pour un taux de capture hallucinant. Sans compter les innombrables demandes d’obtempérer effectuées.


Pour Kuro, qui était plus occupé à détailler la plastique d’une chuunin aux poumons relativement… Développés, la tâche était beaucoup moins fastidieuse que ce que pouvait endurer Aoshi, ou aussi délicate que pouvait l’être le choix qu’avait le Senkage. Entre deux regards échangés avec la plus belle fille de l’étage, le genin descendit voir ce que voulait le paysan, le saluant chaudement, ce qui rassura le fermier qui semblait bien mal à l’aise pour une simple histoire de squatteurs. Le vieil homme se raidit à l’idée de faire son récit, ce n’était pas rien ce qu’il avait vécu.

-Bonjour Ku… Monsieur. J’ai reçu une visite hier soir, il y avait de l’orage et quelqu’un a toqué à ma porte, au début j’ai pensé que c’était mon imagination, j’habite près de la route et je n’ai pas de voisin puisque mes rizières s’étendent assez loin, mais je voulais être sûr. Jii déglutit. C’était un shinobi je crois. Dit-il sur le ton de la confidence. Il m’a demandé s’il pouvait dormir dans mon étable avec mes mules, je n’ai osé lui dire non il avait l’air fourbu. Je lui ai demandé s’il voulait que je lui offre un futon ou des couvertures, peut-être même partager mon repas, mais il a tout refusé et a juste demandé du riz et de l’eau avant de disparaître dans la nuit. Aujourd’hui il n’y avait personne dans ma grange mais je n’ai pas rêvé, j’ai vu que de la paille avait été déplacée, j’ai vu que certains de mes outils ont été bougés, il n’a pas été le seul à dormir ici. Le paysan jeta un œil au-dessus de l’épaule du genin. Est-ce que ça a un rapport avec toute l’agitation que je vois ? D’habitude Uzushio est une ville paisible.
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J’y avais peut-être été un peu fort. Cependant, c’était un mal nécessaire pour attirer l’attention et calmer les âmes qui semblaient bien en peine. De quoi s’agissait-il ? Pourquoi s’étaient-ils donné la peine de venir jusque-là pour se disputer ? Ces trois individus étaient juvéniles, leur visage me disait quelque chose mais c’était la jeune fille qui captait mon attention. Elle était vêtue comme si elle était en dehors du village, à la poursuite de je ne sais quel artefact. Alors qu’ils continuaient leur scène, m’ayant ajouté comme acteur, j’écoutais ce que la dénommée Mion avait à dire.

Mon état d’esprit changea. Elle voulait se venger, du sang devait couler pour célébrer le deuil de son aîné. Je connaissais ses talents, la magicienne, elle était capable de faire voler des flèches à travers tout le village sans jamais toucher un civil ou ne serait-ce qu’un objet. Elle semblait organisée, ne jamais manquer de projectiles. La kunoichi était considérée Rang B. Elle avait tout d’un bon renfort mais son état mental rendait son CV caduque.

Je n’aimais pas trop la tournure que prenaient les choses. Mon pessimisme m’avait placé le couteau sous la gorge. Il cherchait à me convaincre que si je ne l’emmenais pas ce serait pire. Que cette jeune shinobi va tenter de faire justice d’elle-même, et que ses loyaux camarades ne la laisseront pas partie seule. Nous avions assez à faire avec les disparus du moment, sans compter les membres de l’équipe mise en place qui, au vu du contexte tendu, pouvaient mourir à tout moment.

Elle continuait de me supplier et si elle n’était pas encore en train de se moucher sur mon épaule c’était parce que les deux gamins la retenait. Définitivement, les conflits internes faisaient beaucoup plus de dégâts qu’une horde de sauvage. Je soupirais. J’allais devoir prendre une décision égoïste qui pouvait mettre en péril toute la solidarité au village. Des guerres inter-clans, la pire chose qui pourrait nous arriver. Je fis signe aux deux garçons de lâcher Mion et l’invita à s’asseoir face à la gigantesque baie qui donnait sur le village et ses environs. J’inspirais un grand coup, la laissant m’imiter. Ce rituel était infaillible pour moi. Cette vue apaisait les tensions, je me sentais mieux, le réveil avait été difficile, mais ce n’était pas pour moi. Les hoquets de Mion s’estompaient peu à peu. On aurait dit que tous les habitants prenaient une part de peine et de rage pour décharger la personne dans le besoin.

« -  Ca fait du bien, pas vrai ? Je plaçai ma main chaude sur son épaule comme pour l’apaiser. Ce que je vais dire n’est en aucun cas négociable. Je sentais son membre droit se crisper, comme lorsqu’on s’apprête à recevoir un coup. A Uzushio, la vengeance, tout comme l’égoïsme, ne sont pas permis. Il est inacceptable qu’un Uzujin tue un des siens sous ce prétexte. Mes condoléances, seulement, tu vas devoir te ressaisir car je vais avoir besoin de ton impartialité et de toute ta concentration. Je t’emmène pour que ton frère trouve justice mais en aucun cas ne t'avise de voler la place du juge. Menons la mission à bien et emmenons les fautifs devant la cour. »

J’étais comme entré dans son esprit, juste en touchant sa peau. Ce que j’avais dis allait de soi, mais l’impact était beaucoup plus puissant. Je ne voulais pas que la seule chose qu’elle ait retenue soit «  je t’emmène », c’était sans doute l’information la moins importante de tout ce que j’ai dis. Nous avions un autre membre, plus proche des potentiels déserteurs de par sa fonction. Elle regardait ses amis. Elle était ravie malgré son visage criblé de fatigue, de tristesse et de rage. Eux un peu moins. Il semblait qu’ils avaient peur pour elle, comme s’ils savaient qu’elle allait craquer. Je l’observais du coin de l’œil au moment de quitter la pièce.

« Mion, si tu sais que tu n’as pas les nerfs suffisants, il n’est pas encore trop tard. La seule chose qui me met hors de moi, ce sont les traîtres, les ingrats et l’injustice. Ne sois dans aucun de ses cas de figure. Si tu es toujours sûre de toi, vas donc rejoindre Aoshi-san. Il aura sûrement des tâches à te confier. »

Sans attendre qu'elle me suive ou me réponde, je me dirigeais vers la morgue, je voulais occuper son esprit et lui éviter le funeste spectacle qu’elle avait déjà vu, d’après ses dires. Je fusais dans les rues, esquivant les employés comme sur un terrain d’entraînement et arrivais vers la morgue. Personne ne me suivait. Je semblais attendu par le comité des médecins. Je mettais le masque et les gants, que je faisais claquer contre mon poignet. Après qu’on m’ait salué, je cherchais le médecin en chef. C’est finalement lui qui vint à moi, m’invitant à le suivre dans la pièce où se trouvait les corps.
Devant le spectacle j’eus du mal à déglutir. Je voyais leurs corps totalement inanimés, le visage serré. On sentait bien la mort douloureuse. Je n’avais pas encore vu le corps entier, je voulais écouter le rapport du comité avant de faire ma propre «  autopsie ».

«  Dîtes m’en plus, je vous prie. »
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Misatachi Kuragari
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Meyo & Aoshi & Kuro


Je n’étais certainement pas le plus fûté de l’équipe, et encore moins le plus sage ou le plus à même d’établir des conséquences. Mais une chose dont j’étais sûr, c’est que je pouvais retracer la soirée de ce pauvre paysan sans l’once d’une difficulté ! Armé de ma plus belle plume et de mon bloc notes, je couchai le moindre détail sur ce morceau de papier. Un Shinobi aux airs fourbus avait demandé le gîte, le temps d’une soirée et/ou nuit, forcément que mon interlocuteur n’allait pas vraiment refuser. Après tout, il était seul, âgé et était forcément plus faible que nous autres. Par la même occasion, j’appris qu’il n’avait pas dormi seul cette nuit-là : la paille avait été bougée, pareil pour les outils. Je me demandais maintenant si les outils avaient été retrouvés tâchés ou même émoussés. Cela aurait pu nous en dire beaucoup plus sur ce qui nous intéressait. Toujours souriant, je posai mon attirail non loin de nous.

« Jii-san, je l’interpellai, tout a bien été noté ! Je lui fis relire les notes en question pour avoir son approbation avant de les ranger dans ma sacoche. Maintenant, p’tête que vous voulez en discuter autour d’un p’tit kawa ? Ça vous fera le plus grand bien, j’en suis convaincu ! Je lui proposai avec un énorme sourire aux lèvres. Pour être tout à fait honnête, j’avais vraiment envie d’en avoir un. Mais si ça pouvait le rassurer et peut-être l’aider à se remémorer certains faits, je n’allais certainement pas passer à côté. Ou un thé, un saké… C’que vous voulez ! C’moi qui régale, héhé. » Je lui assurai, histoire de me montrer d’autant plus convainquant.

Ledit paysan finit par me suivre, tranquillement mais sûrement. Mais juste avant qu’on ne commençât à bouger, il se mit à lorgner au-dessus de mon épaule et me demanda si cela avait un rapport avec tout le bordel à Uzu. Honnêtement, je n’en savais rien. C’était peut-être lié mais de là à dire que c’était à cause de ça… Je ne pouvais pas m’avancer. De toute façon, c’était confidentiel tant qu’on n’avait aucune info probante. Et pour l’instant c’était vraiment loin d’être le cas.

« Eh bien… Je souris et haussai les épaules. C’genre difficile à dire, m’voyez… je marquai une courte une pause. Pour l’instant, on est même pas encore sûrs que c’était un Shinobi qui a décidé d’crécher chez vous... Mais y a p’tête bien un lien[color=#B27700], j’expliquai. M’enfin, vous m’en voyez désolé mon brave, mais j’peux pas vous en dire plus. Vous savez, la confidentialité de l’enquête, tout ça tout ça... » Je terminai dire alors que nous nous dirigions sur la terrasse juste en face de nous.

Après quelques secondes, nous y étions. J’invitai le vieillard à s’installer puis je fis de même. Mon carnet, ma plume et mon encrier sur la table, je relisais les notes à la recherche d’un détail qui aurait pu m’échapper. Mais oui ! Je ne lui avais pas demandé dans quel état avaient été retrouvés ses outils. Cela pourrait nous en dire vraiment beaucoup. Je me grattai la tête lorsqu’une jolie voix me sortit de mes pensées et réflexions.

« Qu’est-ce que je vous sers, jeunes hommes ? Demanda la serveuse.
- Un café s’il vous plaît ! Je commandai tandis que Jii-san faisait son propre choix. »

Je le regardai alors. J’avais eu également une autre idée qui allait mettre à profit mes propres pouvoirs et talents… singuliers.

« Jii-san, je l’interpellai. Vous vous souvenez d’l’état d’vos outils ? ‘fin vous m’avez dit qu’ils avaient bougé, pareil pour la paille. Mais j’veux dire… ils étaient émoussés ? Tâchés ? Y avait du sang ? N’importe quoi de différent par rapport à d’habitude ? Je le questionnai, enchaînant littéralement les questions. Et enfin, il va falloir que vous me décrivez sa gueule, si vous pouvez. Et son corps… ‘fin qu’vous me donnez une description physique et ultra précise histoire que j’puisse le dessiner sur le papelard, je dis calmement. Il commença alors à me le décrire comme il le pouvait, tandis que je dressai son portrait sur mon calepin. Puis une fois que mon dessin était fini, je croisai mes mains et y concentrai mon chakra. Une statue grandeur nature de ce qu’il m’avait décrit prit alors vie – ou presque. Ca serait ça, du coup ? Demandai-je finalement confirmation. »
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Traître, disparu et justiciable.

La jônin renifla un grand coup, abattue par la décision du maître d’Uzushio ; le crime était largement établi, pourquoi attendre ? Pourquoi le juger ? L’archère enfouit son visage dans ses mains, humiliées rien qu’à l’idée de ne pas venger son frère dans les plus brefs délais, alors que le Senkage partait déjà pour la morgue.

-Allez tous vous faire foutre! Bande de traîtres! Cracha-t-elle à ses deux acolytes en quittant la tour.

Morgue qui était bien remplie, trois linges blancs pour trois cadavres, dont un encore humide, trempée de larmes, la plupart des médecins s’écrasèrent devant son éminence et seul le médecin en chef était présent dans la salle. Le maître des lieux déglutit, lui-même n’était pas à l’aise avec tout le chaos ambiant, entre la disparition de Nanami qui le privait quand même d’une experte en médecine et tout ce qui se disait sur son assistant, il ne savait plus vraiment où donner de la tête.
-Ils sont morts il y a très peu de temps, je n’ai pu procéder qu’aux relevés les plus simples pour l’instant, mais j’ai déjà pu déterminer quelques détails suspects. Le médecin en chef souleva le linge de Kaechi, maculé de larmes. La chose la plus voyante était l’expression figée de pure terreur sur son regard. Il a été le dernier à mourir, mais le premier à être attaqué ; il est légèrement plus chaud que ses deux compagnons. J’imagine qu’il a dû se faire lacérer dans son sommeil et qu’il n’a même pas eu le temps de réagir aux assauts qu’on lui a fait subir.

Son corps était recouvert de lacérations, ses bras, son torse, ses jambes, il avait été massacré sans aucun répit et n’avait même pas eu le temps de se lever si l’on s’en référait aux explications du légiste. Le déserteur l’avait probablement charcuté en premier, le laissant agonisant dans son lit avant de reporter son attention sur les deux autres.

-Je n’ai pas encore pu examiner les autres, mais si je me réfère au témoignage de l’officier de réveil, je crois savoir déjà à peu près comment la scène a du se déroulé ; Kaechi a été retrouvé dans son lit, baignant dans son sang, alors que les deux autres ont eu le temps de réagir, Otonashi était allongé par terre encore en train de serrer ses draps contre lui, même s’il a perdu une main dans sa fin atroce. Le dernier, Hengsha a été retrouvé étalé sur le ventre en direction de la porte.

Faisant confiance à sa sagacité, le médecin en chef eut un sourire faible avant de pointer du doigt la table ou Kaechi reposait, incapable de délivrer son témoignage.

-Je pense que… Kido s’est levé avec son sabre au beau milieu de la nuit, et a commencé à s’acharner sur Kaechi avant de reporter son attention sur Otonashi qui ne devait pas encore réaliser ce qui se passait. Il a compris la gravité de la situation quand vint son tour, ce qui a laissé assez de temps au dernier pour essayer de s’enfuir, sans succès. Le rictus du légiste s’éteignit bien vite avant qu’il ne s’adosse à un mur, amer. J’ai connu Kido à une époque, c’était un gentil garçon, je pensais en faire mon disciple à un moment. Silence. J’ai du mal à croire qu’il ait fait tout ça, et que Nanami et tous les autres soient aux abonnés absents. Le médecin en chef échangea un regard avec le Senkage. Ramenez Nanami s’il vous plaît, j’ai peur qu’elle se soit faite influencée et qu’on abuse de sa gentillesse. Elle fait partie de ces personnes qui montrent les ninjas sous leurs meilleurs jours, ce serait dommage de la perdre quand on voit tout ce qui se passe autour de nous. Le légiste rajusta ses petites lunettes rondes. Je dois avouer être inquiet de ce qui a pu advenir d’elle ; j’espère qu’elle sait encore faire la distinction entre un ami et un traître à Uzu et qu’elle ne compte pas sauver tout le monde.


Du côté de Kuro, Jii-san s’était montré plus que coopératif et s’était résigné à un petit café, soucieux de ne pas embêter un ninja. Sans compter que quelque part, il avait quand même un peu peur d’une réaction violente : les ninjas n’étaient pas des gens à prendre à la légère. Aussi, il décrivit le plus en détails possible celui qui lui avait demandé asile, veillant à n’omettre aucun détail, rendant le dessin un brin ridicule par son niveau de précision, mais mieux valait cela qu’une caricature. Donnant vie assez rapidement à son œuvre, lui offrant une dimension de plus, Kuro lutta un peu avant de trouver le bon dosage de chakra, mais le résultat escompté fut bien présent. Sur la table un buste d’un Uzujin bien connu du fermier qui confirma les doutes du genin. Une gueule que Kuro avait déjà vu par le passé, l’un des types qui lui courrait régulièrement après lorsqu’il faisait ses conneries avec Haruka ; un jônin qui répondait au nom de Jin. Grand chauve avec des cicatrices et une sale gueule, le genre solide et surtout à ne pas rire de toutes les blagues, Kuro pouvait le confirmer personnellement. Mais sans être un sale con, Jin était aussi un type qui savait mesurer sa force et connaissait parfaitement les limites à ne pas dépasser. Quelque part, ça collait au fait qu’il ait juste demandé asile chez le fermier sans non plus abuser, restait encore à justifier pourquoi il y avait eu de l’agitation dans la grange.

-Mes outils… Ils ont été déplacé mais ils n’ont pas changé, mais dans la grange j’ai peut-être vu du sang. Du sang séché, comme si quelqu’un avait essayé de gratter du sang séché sur sa peau, il y en avait un peu. Les outils n’ont pas changé par contre quelque chose que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’une de mes brebis boitait, elle était tombée dans un trou et même si je l’avais secouru elle boitait toujours depuis ce jour. Et là ce matin je la vois courir et sautiller comme une folle, avant c’était tout juste si elle arrivait à suivre le troupeau. Je ne comprends pas ce miracle. Vous auriez une idée ?
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Je suis en train de rentrer en trombes au Village. L’état d’urgence a été déclaré et ça ne me dit rien qui vaille. J’ai dû rapidement quitter les terres du clan pendant une réunion, mais mon père a compris et il m’a laissé partir avec une phrase qui m’a fait sourire.

- Je suis fier de toi, mon fils.

Je me rapproche d’Uzushio avec une affection particulière en repensant à la scène. Vivement que les aînés disparaissent de la scène, pour que les Hayasa puissent prendre la place qu’ils méritent. Je parviens finalement à entrer au Village et après quelques minutes où je vois les ninjas s’affairer en tout sens et se diriger pour la plupart vers la Tour du Senkage, un Chuunin apparaît à mon côté avec un message à me transmettre. Il s’agit d’une missive de Tsuri-sama, qui me demande de le rejoindre au plus vite en m’expliquant la situation rapidement. Il me suggère également de passer à la bibliothèque pour récupérer les informations compilées par Aoshi-sama et faire des recherches supplémentaires. Je hoche la tête et remercie le ninja avant de me mettre en route en réfléchissant à la situation.

Un déserteur qui tue trois de ses compagnons avant de fuir la ville et la disparition de trois Jônins qui sont visiblement partis pour le retrouver et l’achever eux-même. Mais je n’ai pas plus de précisions à ce sujet. L’affaire est grave, compliquée et je sens que je m’embarque dans quelque chose qui nous dépasse tous. C’est un événement qui n’est pas courant pour le Village, loin de là. Mais s’il faut mener à bien cette mission, ce sera fait. Si Tsuri-sama m’a demandé personnellement, c’est qu’il doit penser que mes capacités sont à même d’être utile dans ce cas de figure, et je dois dire que cette marque de confiance me fait plaisir.

Je parviens rapidement à la bibliothèque, où j’ai la chance de croiser Aoshi-san. Lui expliquant rapidement le motif de ma venue, je lui demande ensuite de me faire un rapide compte-rendu de ce qu’il a trouvé. Récupérant les informations rapidement, je décide finalement de rester encore un peu aux archives pour faire mes propres recherches, me concentrant surtout sur les dossiers personnels de chacune des personnes impliquées. En priorisant le déserteur avant tout, puis les disparus, et enfin les morts. Jin… Je connais ce Jônin. Il y a quelques temps, j’ai dû intervenir auprès de mon clan parce qu’il avait massacré deux de nos membres après une remarque mal placée de ces derniers à son égard. Les Hayasa et leurs grandes gueules. Je soupire en repensant à ça. J’avais dû batailler sévèrement auprès du Conseil Hayasa parce qu’ils voulaient prendre des mesures pour punir l’insulte. Mais je ne me suis pas laissé faire. Il n’était pas question que notre clan se fasse mal voir auprès du Village et en plus, de ce que je sais, Jin pense un peu comme moi à propos de la politique du village, même si ses idées sont plus radicales…

Je soupire et continue mes recherches. Si je devais deviner, je dirai que l’homme est parti de son propre chef pour abattre lui-même le déserteur. Ce que je me demande, c’est si les deux autres l’ont suivi pour les mêmes raisons ou pour le protéger au cas où le traître soit plus puissant que prévu. D’après ce que m’a dit Aoshi-san, Nanami et Jin s’étaient rapprochés et c’est peut-être pour ça qu’elle l’a suivi. S’ils étaient amants ou quelque chose d’approchant, ça aurait du sens. Ce que je ne m’explique pas, c’est Yamada. Lui, je me méfie. Le changement de ton dans ses rapports ne me disent rien qui vaille. Il a peut-être subi quelque chose à ce moment-là… Et il est possible que ce soit de lui qu’on doive le plus se méfier. Si on prend en compte la possibilité que le déserteur n’ait pas agi seul, s’il a un complique, ce serait probablement Yamada.

Je finis par soupirer. Ca doit faire presque une heure que je suis là, et je pense avoir rassemblé tout ce que je pouvais. J’adresse un signe de tête à la secrétaire avant de ressortir des archives. Je parcours la Tour avant de héler un ninja pour lui demander où est-ce que je peux trouver Tsuri-sama. Il me répond qu’aux dernières nouvelles, il était à la morgue. Bien. Si je ne le trouve pas là-bas, de toute façon il n’a pas dû quitter la Tour.

Je me rends donc sur les lieux, juste à temps pour croiser notre Senkage sortir de la pièce. Je me plante devant lui avec les différents rapports, avant de m’incliner respectueusement.

- Senkage-sama. Hayasa Akizuki, au rapport. Vous m’avez fait mandé et comme convenu, je suis passé aux archives avant de vous rejoindre.

Je me redresse, avant de le fixer dans les yeux en lui tendant rendant compte des comptes-rendus d’Aoshi-san, avant de lui exposer mes propres conclusions. Notamment mes soupçons sur Yamada et les raisons pour lesquelles Jin et Nanami ont dû partir à la poursuite de Kido. Puis, je croise mes bras sur ma poitrine et soutiens son regard.

- Je veux en être. Un assassinat à Uzushio, ce n’est pas tolérable. C’est peut-être un signe avant coureur d’un problème plus grave que simplement la trahison d’un Chuunin et j’aimerais aller au fond de cette affaire, si vous le permettez. Quelque soit l’issue de cette affaire et ce que nous allons découvrir, il va falloir prendre des décisions qui pourraient ne pas vous plaire mais qui seront nécessaires à maintenir la paix dans notre Village… Et à nous préparer pour un futur potentiellement plus sombre.

Je n’ai pas mâché mes mots, mais notre Kage sait très bien ce que je pense de la politique pacifiste du Village et du fait que malgré notre prospérité, nous sommes encore trop faibles militairement. Il faut que les choses changent à ce niveau-là et c’est pour ça que je préfère être clair quant à mes craintes et mes doutes. Mais pour l’instant, ce n’est pas la priorité. Il faut retrouver les Jônins disparus, abattre le déserteur pour venger la mort de l’équipe de Chuunin, et découvrir où va la loyauté des ninjas impliqués dans ce crime sordide.

- Quelle est notre prochaine manœuvre ?
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Une vaste blague. Je ne pouvais pas y croire. Je n'entendais même pas ce que disait le légiste. Je m'en foutais, j'avais les capacités pour comprendre ce qui s'était passé en détail. En fixant le regard vide de Kaechi, je voyais la scène comme si j'y étais. Je pensais déborder d'imagination, cependant, même en voyant cela de mes propres yeux, j'avais du mal à y croire. Il y avait là trois ninjas à peine adultes qui s'étaient fait exécutés. Pour quel motif ? Je n'en savais rien. Je n'arrivais pas à penser correctement à ce moment. Ma respiration n'était pas synchronisée. J’inspirais longuement, complètement défait. Je n'entendais qu'un léger timbre de voix, comme s'il était derrière un mur en béton. Comment était-ce possible ? J'en remettais même en question l'existence du village. Uzushio. Ce soi-disant havre de paix. Ces questions revenaient sans cesse. Le pire dans tout cela, c'était que je ne pouvais même pas aller voir la famille et leur présenter mes condoléances.

Toujours à écouter sans écouter, je faisais déjà une ébauche des divers scénarios possibles. Sans surprise, ils se terminaient tous plus ou moins de la même façon. Je me moquais de mon sort. Je voulais juste préserver cette flamme qui anime les nouvelles générations. Je connaissais mon premier échec en tant que Senkage et je devais aller prendre ma leçon. Je n'en voulais pas à Kido, je m'en voulais à moi. J'étais garant de leur sécurité et de leur éducation, tel un père bienfaisant. J'avais été négligent, mais depuis combien de temps ? On ne parlait pas d'une simple désertion mais bien d'homicides multiples. Il n'était pas le plus tendre, c'est vrai. Mais rien, du moins, à ma connaissance, n'aurait pu provoquer une telle haine chez lui. Des railleries ? Non, il en était le roi et savait encaisser les reproches les plus salés. Bref ! Je secouais la tête pour me sortir de mes tourments, et remerciait mon collègue et ami de ma mère. Je comptais quitter la pièce, mais mon coeur se serrait à mesure que mes phalanges craquaient. Je ne pus me résoudre à ne rien dire. Je devais évacuer un semblant de colère si je ne voulais pas faire de bêtise.

" Peu importe l'individu, si quelqu'un s'avise de fouler du pied les préceptes d'Uzushio, il en est obligatoirement un ennemi. C'est à moi d'aller voir ce qu'il en est et d'agir en conséquence. Je ramènerai Nanami. Mais je n'hésiterai à aucun moment à la neutraliser. De manière définitive ou non. "

Encore une fois, des propos très durs mais qui s'accordent à la situation digne d'un cauchemar. J'attendais le retour d'Aoshi et Kuro, il ne fallait pas traîner. Au diable les informations, nous en avions bien assez récoltées. Au lieu de mon vieux camarade, c'est Akizuki qui se pointa. J'avais complètement oublié que je lui avais envoyé une missive. Cependant il était plus astucieux de le prendre lui plutôt qu'Aoshi qui se traînait un peu. Son discours plein d'entrain manqua de me faire vomir intérieurement. J'étais très clairement à fleur de peau. Le fait qu'il ait le même dynamisme que Kido le turbulent n'arrangeait rien. Sans lui répondre, je quittais la pièce et me dirigeais directement vers la ferme pour récupérer Kuro. En revanche je m'adressais une dernière fois au médecin.

" Mion a quitté la tour en pleurs. L'état d'urgence a été donné depuis que l'attaque a eu lieu. Fais passer le mot : Interdiction de la laisser sortir du village si elle n'est pas avec moi. Je vais aux portes voir si je la trouve. Ensuite, nous partirons. Je laisse Aoshi aux commandes du village. "

Mon âme brûlait d'incompréhension et de colère. La remarque d'Akizuki n'avait fait que m'énerver un peu plus. Il remettait ma politique en question. Sérieusement ? Je pensais que nous avions suffisamment discuté pour qu'il sache quand intervenir. Il faut croire que je m'étais trompé. Ce n'était ni le lieu ni le moment.


" Aies un peu plus de respect pour les morts ainsi que pour ton Kage, Akizuki-kun. Je sais ce que j'ai à faire. "

J'étais aigri, et en dehors de la vérité, rien ni personne ne pourrait me sortir de cet état d'esprit. J'avais jeté une seconde couche de froid, tout en quittant la pièce. Ma paume saignait. Tout comme mon cœur. Pour la première fois depuis que j'étais en place, j'allais avoir un excès de colère. Je respirais profondément, prenant la direction des portes avec mon nouvel acolyte. La pluie tombant sur mon visage avait quelque peu calmé le feu qui brûlait en moi. Il fallait faire vite, elle avait beau être faible, à la longue elle effacerait forcément les traces. Surtout si Mion nous faisait faux bond. Nous n'avions le temps d'attendre personne.

" Accélérons le pas, nous n'avons plus de temps à perdre. "
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Misatachi Kuragari
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And the sky

shall unfold



Meyo & Aoshi & Kuro


Quand bien même ce pauvre mais vénérable paysan semblait détendu, il y avait des détails qui ne pouvaient me tromper ; habitué à analyser la moindre macro expression lorsque je faisais mes œuvres, j’avais également appris à les analyser et étais donc familier à la nervosité et ces autres spasmes que peu étaient à même de réellement pouvoir masquer, intérioriser. Mais je ne pouvais lui en tenir rigueur, déjà que se faire interroger par un autre shinobi quand on était un ninja, ce n’était pas des plus agréables, alors de voir subir ça en étant un civil… Je le plaignais, pour sûr.
De fait, je faisais en sorte de le mettre à l’aise, histoire de ne pas ajouter une dose supplémentaire à son stress déjà palpable. Après tout, il avait hébergé notre potentiel agresseur… Rien n’était fondé, mais savait-on jamais, il ne nous fallait écarter aucune piste. Je posai ma main sur son épaule et tentai de lui insuffler quelques bénéfiques et  positives ondes, tentant de sentir un dénouement dans ses muscles. Mais il n’y avait rien à faire, le pauvre vieux était toujours en pleine détresse mentale.

Je bus une gorgée de mon café, à l’instar de mon interlocuteur, alors qu’il me décrivait la gueule et le buste du type qui avait demandé l’asile chez lui. Et plus le dessin prenait forme, plus je commençais à m’inquiéter. Je connaissais un peu trop ce type et, quand bien même fût-il sévère et austère, il restait tout de même quelqu’un de mesuré et droit dans ses bottes. Restait donc à savoir, pourquoi avait-il créché chez le premier paysan croisé et surtout pourquoi il y avait eu un peu de remue-ménage dans son humble grange.
Une fois le dessin terminé, je déglutis quand même et l’allure du visage de Jii-san ne me rassurait pas le moins du monde. Sérieusement, pourquoi un type comme lui avait été là-bas ? En fait, je crois que ça me perturbait plus que ça ne me stressait réellement. C’était… étrange comme sensation, comme sentiment. Dans le fond, je l’aimais bien, ou du moins j’avais un minimum de sympathie pour lui. C’était ce genre de type qui en imposait et qui avait un sens de l’humour, s’il n’était pas restreint, qui était quelque peu… particulier. Si je puis dire. En somme,  il n’aimait pas forcément mes accès de connerie et j’avais souvent tâté de son revers patriarcal. En tout cas, je n’avais aucune foutue en vie de l’affronter, même avec Meyo à mes côtés. Bordel, il était terrifiant ce type quand il s’énervait !

Je soupirai longuement et, après avoir manifesté le buste de Jin, annulai ma composition. Maintenant que je l’avais bien en tête, je n’allais avoir aucun soucis à montrer ceci à mon cher dirigeant. Alors que l’ancêtre rajoutait quelques détails, je regardai au loin, mon visage braqué sur l’entrée de la tour du Tsuri. Il y avait encore un peu plus d’agitation et nombreuses étaient les allées et venues des différents messagers du poing armé d’Uzushio. La tension était palpable également. Déjà avant, logique, mais là c’était encore plus. Etait-ce là la manifestation d’un état d’urgence déclaré ? Il me faudrait poser la question au Senkage.
C’est là que mon vieil ami mentionna sa brebis boiteuse : elle semblait avoir été soignée du jour au lendemain. Et du sang sur le sol de la grange… Autant j’avais peut-être une idée pour les soins de la bête, autant pour le sang… Aucune idée. Et si l’un des disparus avait été blessé, ce qui expliquerait la demande d’hébergement ? Je me grattai l’arrière de la tête et terminai mon café d’une traite avant de fixer l’agriculteur, sans lâcher mon sourire bienveillant.

« Est-ce que le grand chauve semblait blessé ? P’tête que vous avez pu remarquer une tendance à boiter ou j’sais pas trop quoi. Ou même une des personnes qui l’accompagnait ? Je demandai. Quant à vot’ brebis, j’ai p’tête une piste, mais rien de bien sûr. Dans tous les cas, elle a été soignée et j’mets mes parties à brûler que c’est dû à un ninja médecin ! M’exclamai-je, totalement sûr de ce que j’avançais. Soudain, j’aperçus Meyo et un autre gars sortir de la tour, en trompe, alors qu’il s’était mis à pleuvoir. Je haussai les épaules et sortis quelques billets que je mis sur la table. Comme j’vous le disais, l’addition est pour moi. Si vous pouviez prévenir notre aimable serveuse… Je glissai alors que je me tenais debout, prêt à partir. Encore merci pour vot’ témoignage, Jii-san ! Si vous pouviez rester dans le coin encore quelques temps, si jamais… Je le questionnai avant de m’élancer à la poursuite du Senkage et de l’autre type. »

Le duo se dirigeait vers les portes du village, comme s’ils étaient à la recherche de quelqu’un. S’était-il passé un truc grave dans la bibliothèque et la morgue ? Il me fallait le demander. Carnet en mains, je courrai vers les deux Uzujins. Une fois à leur hauteur, je m’arrêtai face à eux, haletant, soufflant. Je n’avais pas pour habitude de courir comme ça sans forcément y être préparé…

« Tsuri-sama, l’apostrophai-je. J’ai fini d’interroger le paysan ! Attirai-je son intention. On sait maintenant qui a demandé à s’faire héberger dans sa grange. Je manifestai la statuette qui était restée en ma mémoire. C’est Jin, vous l’connaissez normalement, ajoutai-je en ponctuant ma phrase du dessin que j’avais également réalisé auparavant. J’avoue n’pas comprendre pourquoi il a fait ça, mais en tout cas il est pas seul. Je réalisai que je venais de dire quelque chose qu’il savait déjà. Désolé pour la redite… M’excusai-je ensuite. Par contre, j’ai appris un truc intéressant : une de ses bêtes boitait depuis des jours et là, ce matin, elle gambadait tranquillement et sautait partout. Parmi les disparus, vous auriez pas connaissance d’un ou d’une ninja médecin à tout hasard ? L’interrogeai-je en me tournant vers son nouvel acolyte, qui semblait avoir remplacé Aoshi. Moi c’est Kuragari, mais appelle-moi Kuro, me présentai-je. S’est passé quoi avec Aoshi-san par contre ? C’était pas prévu qu’il se fasse remplacer ! Ajoutai-je, toujours souriant. »

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Traître, disparu et justiciable.

Les infos récoltées par Akizuki avaient été faibles, mais pas dénuées d’intérêt en elle-même : parcourir les dossiers personnels des quatre avait révélé des détails. L’homosexualité de Kido et les rapports houleux avec sa famille qui en découlait pouvaient être une piste, mais vers quoi ? De façon beaucoup plus concrète, le fait que Yamada ait perdu sa sœur, jônin elle aussi lors d’un combat face à un ninja indépendant pouvait indiquer la cassure ressentie dans les rapports. Une note d’un des médecins de l’infirmerie d’Uzushio spécifiait clairement qu’il alternait entre épisodes dépressifs et investissement zélé dans les missions qu’on lui attribuait. Restait à identifier le passé houleux de Jin qui était déjà adulte lors de la création d’Uzushio et membre d’une petite bande de mercenaires, aussi il n’avait jamais fait de vague si on exceptait les tournois de kenjutsu auquel il participait avec une assiduité religieuse. Nanami elle n’avait plus de famille, sa mère morte à l’accouchement, son père décédé du paludisme alors qu’elle devenait chuunin à dix-huit ans, son frère jumeau mort d’ivresse. Elle faisait typiquement partie de ces personnes à qui le destin crachait allègrement au visage pour le très simple plaisir d’être méchant.
Aurait-elle pu craquer nerveusement ? Jin aurait-il pu décider de tester ses compétences sur ses concitoyens ? Yamada serait-il en train de tenter un suicide par shinobi interposé ?
Toutes ces questions auraient des réponses plus tard, en attendant le groupe s’était réuni sous une pluie fine mais qui menaçait de s’intensifier en orage. Kuro n’avait rien appris de plus auprès du pauvre paysan, le Senkage semblait avoir calqué son tempérament sur la météo et Akizuki en faisait les frais.

« Mes respects Senkage-Sama. » Commença alors une femme menue enveloppée dans un yukata bleu assez modeste. La courbette était peut-être un poil trop prononcée au goût du seigneur d’Uzushio. « J’ai eu vent des nouvelles, et j’ai vu que vous aviez une petite discussion entre vous alors j’ai préféré ne pas m’incruster plus tôt. » En effet, un œil attentif aurait pu détecter que durant le dialogue qu’il y avait eu entre les membres du groupe, elle les observait assise sur un banc. « Mes respects. » Rajouta celle-ci en baissant respectueusement la tête à l’égard des deux subordonnés du Senkage.

Meyo pouvait s’énerver après ses hommes, se mettre en colère contre lui-même et pester contre Mion qui n’était pas en vue, et qui n’avait probablement pas passé les portes vu tout le ramdam qu’elle avait fait. Mais il ne pouvait se permettre de faire ça en présence d’une membre de la ligue marchande ; la blonde qui lui faisait face était peut-être une simple représentante, mais ce n’était pas juste une civile. Kusanagi Yojimbo était de basse ascension, mais elle restait une kunoichi de rang B et une fine observatrice. Pas une bagarreuse, mais un très bon œil pour ceux qui savaient payer, et la ligue marchande aimait bien avoir un aperçu de la situation globale d’Uzushio.
Non pas que lui cracher au visage et lui décocher une gifle bien sentie ne soit pas une solution, bien au contraire ce serait un excellent moyen de l’écarter du chemin. Mais aussi la méthode la plus sûre de s’aliéner l’une des nombreuses ombres que la ligue marchande utilisait pour se tenir au courant des ragots avant tout le monde. Peut-être y avait-il quelque chose à tirer de tout cela au fond.

« La ligue marchande s’inquiète un brin de toute cette agitation en ville. J’ai été sommé de vérifier que ça n’impacterait en rien les affaires économiques de la cité. Mais je vois que les choses commencent déjà à barder. » Elle se racla la gorge et rajusta une mèche blonde qui lui tombait devant son regard saphir, elle n’était pas non plus là pour les empêcher de travailler. « J’ai parlé aux gardes de la porte mais ils affirment n’avoir rien vu cette nuit. » Peut-être qu’un entretien avec un jônin du renseignement leur délierait la langue. « Vous devriez peut-être aller les secouer un peu. » Elle haussa les épaules, comme si elle était consciente que c’était une tâche qui ne revenait ni à elle, ni au Senkage. La kunoichi n’était pas du genre à apprécier la vue du sang et de toute façon, ce n’était pas ses oignons. « Vous devriez peut-être faire un tour aux casernements, j’ai vu Mion s’y diriger. »

Mais l’horloge tournait toujours elle.
Il pouvait bien aller voir Mion, l’arrêter qu’importe ce qu’elle faisait le temps qu’elle se calme. Mais le temps les ignorait, et il continuait sa course effrénée, avaient-ils vraiment le luxe d’aller choyer chaque personne dans le village ? Kusanagi était fort sympathique de partager ses informations avec eux, mais fouiller les archives, interroger le paysan, se renseigner avec le légiste… Tout cela prenait du temps.
Peut-être que le cœur de Nanami venait de s’arrêter de battre, démolie par Yamada et Kido. Ou alors, peut-être qu’ils avaient tous déserté, peut-être que ce carnage était l’œuvre de Jin ?
Ou alors ils étaient déjà tous morts.
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Il y avait beaucoup trop de paramètres que je ne maîtrisais pas. Moi qui me plaignait d'être enfermé dans un bureau.. Il s'avère que j'avais vexé le destin et qu'il prenait un malin plaisir à répondre à mes doléances. Si j'avais su que mes pensées égoïstes allaient être entendues j'aurai réfléchi à deux fois avant de m'imaginer des scénarios mégalo où tout le poids reposait sur mes épaules. Ca y est, je venais d'atteindre la phase où j'étais fautif de tous les maux du monde. C'était désagréable mais je me connaissais. Après m'en être mis plein la gueule, je serai plus à même de réfléchir correctement.

Tandis que l'on parcourait le village, je cogitais à propos du passif des concernés. Je savais pertinemment que je ne saurais pas la vérité, du moins, pas avant de leur avoir poser la question. Cependant, j'avais ce besoin de me concentrer sur un point précis pour rester efficace. Yamada était connu pour être instable après l'humiliation qu'avait connu sa sœur. Mais il n'avait pas le leadership nécessaire pour entraîner Nanami ou encore Jin. Selon mes souvenirs, la kunoichi avait eu un sale passé, les confirmations d'Akizuki me confortaient dans mon raisonnement. Les choses commençaient à s'éclaircir, contrairement au ciel qui présageait comme un mauvais dénouement. Alors que nous arrivions au niveau de la porte, je sentais quelqu'un nous observer.

« Mes respects Senkage-Sama. »

A quel moment était-elle arrivée là ? Je reconnaissais sa silhouette. Mes pensées avaient eu raison de ma méfiance habituelle concernant la Ligue Someï. Il était logique qu'elle s'en mêle un moment ou autre. Ces vils personnages ne pensaient qu'à leur affaire. Je n'étais toujours pas parvenu à leur faire comprendre que le côté humain était important. Je n'avais vraiment pas le temps de parler comptabilité et stratégie marchande et ils le savaient. Alors pourquoi me l'envoyer ? J'écoutais ce qu'elle avait à dire, le regard noir. Je trouvais dommage que son talent ne serve qu'à récolter quelques commérages plutôt que de déceler des potentiels mutineries comme celle de cette nuit. Je n'avais rien contre elle si ce n'est son air malicieux.

Mon visage se desserra un peu lorsqu'elle fît allusion aux gardes. Je jetais un oeil aux patrouilles près des portes en écoutant ses menues révélations. Je n'avais pas le temps pour vérifier toutes ces informations. Et je n'avais pas non plus d'énergie à débourser pour cela. Le plus logique était d'aller vers l'objectif. C'était le moyen le plus simple d'avoir le fin mot de l'histoire. Je me décidai à prendre la parole.

" Arigato, Kusanagi-san, je saurais m'en rappeler. Cependant, le temps presse et les informations de Kuro-kun donnent une piste non négligeable. En ce qui concerne les affaires de la Ligue Someï, je m'en occuperais plus tard."

Je me retournai vers Akizuki, lui tenant l'épaule j'ajoutai :

" Akizuki, je te charge de vérifier ces infos et de récupérer Mion. Kuro et moi allons partir devant. "

Après un signe de tête approbateur, de la part de mes deux shinobis, nous nous séparâmes. Nous allions suivre leur trace à partir de la ferme où Kuro avait pêché ses nouvelles toute fraîches. L'animal avait forcément était soigné par Nanami. Dans l'équipe il n'y avait qu'elle qui en était capable, de plus ça collait avec son caractère. Cette piste était la plus convaincante, la mission était désormais lancée.
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