:: Zone Rp - Le Sekai :: Autres Régions :: Nord-Ouest :: L'enclave Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Deux petits bras de l'Empire, et un pont. [PV Otomo]

avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Les samouraïs de Tetsu ont fermé le pont. Donc mon clan a décidé de fermer le pont de son côté, question de principes, après tout, si nous ne pouvons pas passer, nous empêcherons les gens de passer aussi. Le lancier qui garde le pont à l'autre bout me lance un regard amusé, alors que je prends le thé en attendant de pouvoir refouler quelqu'un. Quel plaisir de parfois pouvoir juste briser la journée de quelqu'un en lui annonçant que ses plans sont perturbées, et qu'il va devoir faire un détour de vingt kilomètres juste pour retourner chez lui. La vie, si elle est souvent constituée de plaisirs qui émanent d'une volonté de faire le bien, peuvent aussi apparaître en tourmentant son prochain, et être porteuse de mauvaises nouvelles est quelque fois amusant. Les samouraïs de l'autre côté du pont ne se gênent pas pour jouer aux dès en attendant qu'un badaud essaie de franchir la frontière, tandis que je profite d'avoir un chat à côté de moi. Avoir un gros matou qui ronronne est aussi relaxant qu'avoir une bouteille de saké, et le félin ne réclame pas de pièces pour ses services lui, là où l'alcool sous-entend généralement un aubergiste rapiat, et une gueule de bois.
Je tire sur ma pipe, l'un des nombreux plaisirs de ma journée alors que je garde le pont de mon côté.
L'air pur des montagnes, les prairies vertes et bien grasses ou des animaux vont paître paisiblement,  les montagnes cernant l'horizon et offrant des panoramas magnifiques. Tout cela est apaisant, loin de l'agitation malsaine de la ville. Les voyageurs songent plus à leur voyage qu'à me provoquer en duel pour l'offense, les marchands paient un droit de passage exorbitant, les rônins grincent des dents en constatant que retourner à l'Empire ne sera pas aussi simple qu'il n'y paraît.

-Leyse-san, pensez-vous que nous en avons encore pour longtemps? Grand blanc tout pâle, me dominant d'au moins une tête si ce n'est plus, masse de chair très calme, le géant me toise silencieusement. Après tout, l'Empire est à couteau tiré avec nous. Il hausse les épaules.
-Hm! Nous attendrons le temps qu'il faudra. Très bavard.

Je tente plusieurs fois de relancer la conversation, mais le senseur ne dit rien et clôt la discussion aussitôt que j'essaie de l'amorcer, me laissant pantoise. Les samouraïs nous regardent, hilare de leur côté, Leyse les ignore alors que je finis par bouder, assise en tailleurs sur la rambarde de pierre avec le chat à côté de moi.
Puis vient quelqu'un.
Lui!
Celui que j'ai rencontré dans un bar, qui m'a tiré d'affaires alors que j'étais très mal en point après avoir failli me tuer. J'ignore si je devrais le prendre dans mes bras ou au contraire essayer de le tuer. Dans le doute, je me lève et vient à sa rencontre, m'inclinant bien bas devant lui.

-C'est un honneur, Orochi-San, je suis navrée mais le pont est fermé...
-Regarder! Un samouraï vagabond, moquez-vous de lui!
-L'Empire a décidé de fermer cette partie de la frontière pour une raison que mon clan ignore, aussi nous gardons un œil sur eux. Et bloquons le pont de notre côté pour protester contre ce geste diplomatique agressif.
-Pourquoi est-ce qu'il ne pourfend pas la carne rachitique qui lui parle? Je lui soufflerai au visage qu'elle s'envolerait.
-Silence Yukiteru, je n'ai pas envie de me battre aujourd'hui.

-Il ne faut pas plier l'échine face à l'Empire non? Du moins, pas devant une posture aussi retorse et injustifiée.

Dire que nous bloquons le pont est idiot, il y a juste une planche avec marquée "stop" à la peinture rouge dessus, et encore, c'est de la peinture à l'huile qui n'a pas eu le temps de sécher et qui est en train de couler. Quand en face ils ont une vraie barrière magique à base de chakra.

-Quelle est donc la raison de votre venue ici?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
"Je présumé que le commerce est comme une arme, et que si nous ne laissons à un ennemi la possibilité d'avoir des armes, pourquoi le laisser commercer?"

C'est sur ces délicieux mais néanmoins véridiques mots que mon chef m'eut délivré cette missive au restaurant. Sa grosse moustache brune frémissante, ses traces de variole ridées sur les joues et son œil vif alors qu'il m'eut tendu le bout de papier que je porte dorénavant à la ceinture.

La journée s'avance bien, mais je sens une perturbation dans le fonctionnement normal de ma tête. On s'approche quand même vachement près de Tetsu, et puis demander l'aide d'un rônin seul pour assassiner quelqu'un, je veux bien, mais l'envoyer bloquer un pont... Autant remplir une armure de paille et la foutre sur le milieu de la route, le travail sera tout aussi bien fait lorsque la paie devra tomber.

Quoique... c'est pas anodin, le fait de demander un pont particulier un jour particulier, sur la principale route commerciale de l'Empire de l'Acier, que je ne connais que trop bien. Un convoi est attendu? Je sais que certains petits clans ninjas préparent encore des représailles aux batailles d'indépendances. Les gamins sont les plus a même de se laisser embobiner par ces caudules de terroristes, c'est vérifiable, il suffit de vivre un mois au milieu de leurs trous à rats divers pour s'en rendre compte.

M'enfin bref, je continue à avancer, la tuyère en cuir pendante à ma ceinture et mon sac de matériel bringuebalant dans mon dos au même rythme que mes pas font défiler les cimes des arbres autour de moi. Comment bloquer un pont? Je devrais prendre des pierres et les entasser sur le passage. Mais s'ils les enlèvent? Je sais, je cacherai dedans des parchemins explosifs. Ou mieux, pour être sûr de tuer ma cible qui s'avère plus ressembler à une future victime d'assassinat qu'à un badaud à refouler, je devrais cacher des parchemins sur le pont, mais sans gravats pour maximiser la puissance de l'explosion. Ou alors je me cache et je les lance directement pour éviter qu'ils soient repérés à l'avance? Cela peut être utile. Je prépare deux kunaïs piégés et les prends dans ma mains alors que j'approche du pont.

Des silhouettes? Merde, on m'a devancé. Comme on a devancé Tetsu lors de sa conquête dans les forêts vierges, cela ne nous a pas empêché de les changer en champs de riz ou de coton pour y faire travailler les mammifères qui les occupaient. Je m'équipe de mon armure, m'équipe même de mon casque et ajuste péniblement mon nodachi dans mon dos. Tetsu ne m'a appris à jamais reculer, et aujourd'hui je ne recule devant rien.

Je repense à Hinata et Hikari. Même devant ça, je ne recule pas. Bordel, et si j'avais tout faux depuis le début? Et si je devais abandonner?

Non, le sang va pas se verser tout seul. Lorsqu'on à le choix entre le déshonneur et la guerre, si on choisit le déshonneur, on obtient la guerre. Alors autant se battre, même lorsqu'on y croit plus... On peux peut-être récupérer une tasse de thé au final.

La lame à la main, les kunaïs prêts, les genoux prêts à pousser, l'étendard de mon dos prêt à s'envoler au vent en l'honneur de la glorieuse mère patrie, mes yeux prêts à rougir au nom du peu qu'il me reste, mes larmes prêtes à couler pour le beaucoup qu'il me manque. Je m'élance.

"-C'est un honneur, Orochi-San, je suis navrée mais le pont est fermé..."

C'est une blague? Mes pieds s'agrippent au sol et lèvent une traînée de poussière alors que je me cambre sur mon sabre pour freiner ma course.
Je dois halluciner. L'air de la montagne est bon, les prés sont vers, le vent agréable et le soleil doux. Alors pourquoi vois-je un point bloqué d'un côté par des apprentis peintres sur bois et de l'autre par des samouraïs du pique-nique? Mêmes les blocus noirs des casernes de Tetsu n'étaient pas aussi ridicules et mal organisés, et ils se sont fait détruire par des simples soldats armées de bô. C'est dans ce genre d'évènement que je prend le temps de m'entraîner au raiton, pour immobiliser et faire convulser quelques secondes ces jeunes kimonos avant de leur dire de prendre leurs prunes aux sucre et d'aller se coucher car ils ont école le lendemain.

Le problème avec ça, c'est que je ne suis pas censé être en poste de sécurité civile pour me former, c'est que je suis en mission sérieuse, avec une paie sérieuse, et que je suis censé bloquer ce pont de manière correcte.

Je me relève et ne dis rien, j'ai la singulière impression que l'univers tiens à tester ma résistance au manque de raisonnement logique tangible, car c'est précisément en en manquant qu'on finit par s'asseoir comme des autistes à faire des mudras dans le vide des deux côtés d'un pont en se regardant en chien de faïence et en espérant que l'autre daigne nous balancer des miettes de son côté à la figure afin d'avoir un prétexte pour aller lui briser les molaires.

J'enlèves mon casque, mes yeux bridés arrivent quand même à se plier encore plus, défiant les lois de la physique, inventant une quatrième dimension dans laquelle ils se fermer encore plus tellement je déborde de honte à l'idée de respirer le même air que ces quotas de dégénérés que Tetsu nous oblige à engager au nom de la mixité.

"-Ravi de vous revoir..."
"-L'Empire a décidé de fermer cette partie de la frontière pour une raison que mon clan ignore, aussi nous gardons un œil sur eux. Et bloquons le pont de notre côté pour protester contre ce geste diplomatique agressif."
"-Agressif contre les postérieur surtout, les ankyloser comme ça en les forçant à s'asseoir contre de la pierre, c'est dramatique."

Mais bordel de merde, depuis quand ma patrie est capable de faire de moi une machine de guerre assoiffée de sang et prête à tout pour tuer ses ennemis, peut m'enlever tout ce que je possède et me laisser dans un état de tourmente continue et au final envoyer la fleur de son armée aller faire une dégustation de saké en plein air?

"-Il ne faut pas plier l'échine face à l'Empire non? Du moins, pas devant une posture aussi retorse et injustifiée."
"-Effectivement, les techniques de surprises consistant à faire n'importe quoi pour déstabiliser l'ennemi sont très dangereuses si on les laisse faire..."

Mais pourquoi? Supposons un moment que je soies seul ici, il faut que je me focalise sur le travail... Le travail, et m'en aller vite, très vide, avant que le peu de matière grise qu'il me reste après la mort de mes muses ne soie brûlé par Tetsu et la énième de ses ignominie et affront à la logique.

"-Quelle est donc la raison de votre venue ici?"

"-La même chose que vous, et que Tetsu, et que tout le monde ici en fait. Je suis censé bloquer un truc."

Je range mon sabre et désamorce mes pièges que je remet dans mon sac. Puis pose les mains sur mes hanches. Un pont n'a que deux côtés... Comment faire? Je dois déloger mes coéquipiers? Mais lesquels? Pique-niquer avec eux? Les inviter à faire une farandole car après tout on a du mal à passer à travers une foule dansant sur de la musique paillarde?

"-Mais vu qu'un pont n'a que deux côtés..."

Une idée me vient en tête. Supposons qu'un pont puisse faire passer des gens à pieds, on peut encore passer le pont par dessous en bateau? Bon certes, c'est pas le but d'un pont, même ça sert carrément à rien, mais quitte à faire un pique nique de protestation, autant le faire au bord de l'eau non?

Mes sandales s'enfoncent dans l'herbe qui m'accueille délicatement après que j'ai quitté le chemin de terre battue et de sable. Le poids de mon armure se balance petit à petit alors que je ralentis pour ne pas laisser la masse d'acier m'emmener dans la pente de la rive. L'eau claire et propre me fait maintenant face et on peut y voir quelques moustaches de carpes frétiller.

Si je bloque le cours d'eau, théoriquement, je bloque le pont aussi non? Juste pas de manière conventionnelle, mais est-ce que déguster du saké et marquer "stop" sur une planche est un moyen conventionnel pour occuper une zone? Je ne pense pas. Alors autant jouer le jeu jusqu'au bout et prouver que les renégats d'élite de Tetsu sont vraiment les meilleurs à tout, même aux jeux.

Après tout, un génie peut imiter un idiot, l'inverse est plus compliqué. Prenez en de la graine.

Je m'avance dans l'eau et vais jusqu'au milieu du pont. Mon armure se mouille, mais les plaques ne bougent pas et le tissu reste correctement fixé. Alors j'écarte les bras en T, face au courant qui me vient de face pour passer sour l'arche de pierre dans mon dos.

Voilà, je bloque le pont. L'odeur du travail bien fait me monte au nez et je me sens plein, les bras écartés et les poissons chatouillant mes mollets. Tetsu est fort, Tetsu est puissant! Tetsu domine! Que ce soit sur la terre ou sur la mer! J'inspire profondément et me rend compte à quel point ma formation m'a été utile. On est quand même vachement mieux du côté des sains d'esprits dignes et vertueux que de celui de ces artistes alcooliques ou bidasses joueurs de dés.

Bon. Ce jeu n'a que trop duré. Je focalise mon chakra dans mes jambes et contracte mes muscles. Mes yeux se ferment et la puissance part de mon coeur pour aller dans mes membres antérieurs. Des contractions se font sentir. Des volutes de puissance circulent en moi... Bientôt.

Paf, un énorme éclair jaillit de moi et de mon armure, et part se répandre à toute vitesse dans les eaux jusqu'à la rive. Je me dépêche de sortir pour ma sécurité. C'est stupide, c'est moi qui vient de piéger la rivière avec une ancre électrique qui ne manquera pas d'électrocuter quiconque essaie d'aller faire trempette parcequ'il est fatigué de pique niquer sur la voie publique.

Je m'assois à côté de Nobushi, comme au bar, sur sa droite, et admire l'eau bleue crépitante et parcourue, clairsemée d'éclairs et d'arcs électriques qui de manière récurrente courent à sa surface pour rappeler que le terrain est dangereux. Je m'amuse à admirer des petites volutes de fumée sortir de cette dernière sous forme de bulles, et de compter combien de secondes met le cadavre de poisson tazé à remonter à la surface, flottant sur le flanc et le regard aussi vide que la loqique régnant dans cette zone.

J'approche ma main du chat.


"-Maintenant le pont est VRAIMENT bloqué comme il faut. On va battre Tetsu à son propre jeu" Je ne dis pas si je parle de la bêtise ou du blocus commercial. Je ne sais pas moi même à vrai dire.

"Je peux le caresser?"
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Le pont est bloqué des deux côtés, la rivière est bloquée, il ne reste plus qu'à empêcher le vent de souffler d'un bout à l'autre et nous pourrons dire que nous avons créé un blocus intégral avec l'aide de l'Empire. Le samouraï itinérant me demande poliment s'il peut caresser le chat, j'hausse les épaules, bien sûr qu'il peut, ce n'est pas le mien et s'il est suffisamment docile pour accepter l'attention d'une kunoichi, il l'est assez pour recevoir celle d'un rônin.
Orochi approche sa main et a l'instant même ou il effleure le pelage du chat, celui-ci gonfle à vue d'oeil à cause de l'électricité statique. J'éclate de rire en voyant le gros matou se transformer en une peluche imposante, tout poils dressés à cause de l'armure du samouraï qui est encore chargée en raiton. Celui-ci n'a pas l'air d'en tenir compte et ronronne en constatant qu'un autre humain a décidé de s'occuper de lui, malgré sa fourrure qui a triplé de volume entre temps. Si je ne l'avais pas vu avant, j'aurais bien dit qu'il était obèse.

-Un samouraï qui manie la foudre comme personne, je n'imagine même pas ce que vous pourriez faire face à tout les brigands qui tentent régulièrement de prendre les armes contre nous. Pensant que notre clan s'est définitivement évaporé dans les montagnes. Je me fige en voyant du mouvement à la périphérie de ma vision, en haut.

Je lance un shuriken qui vient frôler un corbeau passant par là, le charognard rebrousse chemin en direction de l'intérieur des terres. Quitte à faire un blocus, autant empêcher les oiseaux de passer à ce point-là, puisque les poissons n'ont pas le droit de se déplacer librement. Le volatil disparaît à l'horizon alors que les samouraïs commencent à nous regarder un peu plus lourdement que d'habitude. Je suppose qu'à un moment ou un autre, il faudra que je me force à prendre action pour que la situation bouge, nous ne pouvons pas rester ici indéfiniment. Où alors il faut que je ramène ma tente, et mon riz.

J'imagine que pour passer le temps, il ne nous reste plus qu'à...
-STOP!
Hurle mon compatriote à s'en déchirer les cordes vocales. J'ai entendu une pièce tombé.

Le silence se fait, même de l'autre côté du pont alors que malgré le bruit de la rivière et son écume, ignorant le crépitement de l'électricité dans l'eau. Nous entendons un bruit métallique, chacun porte son regard sur le centre du pont pour découvrir l'impensable, mais ce qui ferait aussi le plaisir de l'avare ; une pièce de dix ryos roule jusqu'au centre de l'ouvrage sur lequel nous nous tenons. Les soldats de l'Empire nous regardent, tous gênés par la situation alors qu'un seul, rouge comme une tomate est à deux doigt d'exploser.

-C'est ma pièce, n'y touchez pas je viens la chercher.
-Techniquement il n'a pas son nom gravé dessus, et elle n'est pas attaché, elle peut-être à nous. On peut faire beaucoup de chose avec dix ryos. Je m'apprête à pester contre lui alors qu'il ouvre la boîte de pandore. S'acheter une bouteille de saké, aiguiser un sabre. Son regard se porte vers moi. Du tabac. C'est vrai que je vais bientôt en tomber à court pour ma pipe.

Tout les regards se portent sur la pièce, mes muscles se tendent alors que la tension commence à devenir palpable, si Orochi se décide à aller la chercher lui aussi, la situation pourrait évoluer de manière irréversible. Si le dialogue est à privilégier, les choses iront sans doutes plus lentement, mais le risque de créer un incident est bien moindre.
Toutefois, il est vrai que le sabre d'Otomo a mal supporté le freinage, se servir de son arme comme d'un point d'ancrage au sol pour ralentir sa course est intelligent, mais pas le plus agréable pour le no-dachi en question.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Les poils du chat me caressent la main plus que je papouille l'animal, vu la quantité de poils levés en l'air tels une armée de lances Impériales. Je prend la bête dans les bras et la cale au creux de ma plaque de torse. Je peux entendre, ou plutôt sentir les ronronnements de l'animal par résonnance dans l'acier, si bien que les ondes me viennent jusqu'au menton qui claque sous le masque.

J'entend s'agiter derrière moi, et mes deux comparses se lancent dans une discussion acharnée sur que faire de la pièce qui vient de rouler au milieu du pont. Je descend du rebord de pierre avec ma bête et me plante face au reflet jaune brillant qui renvoie le soleil dans mes yeux tout autant que la présence d'un nouvel objet de convoitise.

Mes doigts passent dans la fourrure épatée de l'animal. Bordel, pourquoi faut-il que les êtres humains cherchent toujours une raison pour se battre? Comme si bloquer un pont avec du chakra, des mines et des œuvres d'art dissuasives n'était pas suffisant. J'ai l'impression de me retrouver au beau milieu d'une bataille d'enfants des prés, la course à celui qui aurait plus que l'autre, peut importe quoi, du moment que cela peut susciter la jalousie.

À Tetsu, on nous apprend, enfin... nous formate pour éviter ce genre de choses pitoyables qui ne peuvent mener qu'à la destruction mutuelle de toute forme de vie intelligente. Ironiquement, c'est bien une particularité de Tetsu que de former ses soldats à devenir des gens meilleurs et vertueux, au vu des soldats Ninjas qui se tirent encore la bourre à propos de lopins de terre. S'ils veulent cultiver des choses, qu'ils viennent dans l'Empire, on se fera une joie de les assigner à une bêche et un sillon dans les rizières. Je caresse le chat de manière plus insistée. Il se retourne vers moi, mais je suis trop occupé à contempler cette magnifique situation de misère sociale.

Serait-il trop demander à des samouraïs, infiltrés ou non, que de faire preuve d'un peu de vertu que la Grande Nation s'éventre à leur enseigner pour faire d'eux des humains méritants, que ce soit de vivre sur terre ou de posséder des esclaves? J'ai honte parfois de voir des détritus agonisants et aussi insignifiants que les cadavres de mes ennemis porter la même armure que moi.

Je repense à Hikari et Haruka, ces deux visages arrivent à mettre un petit rictus nostalgique sur ma face et modérer mes ardeurs. Tetsu était une zone où il faisait bon vivre, un temple où on pouvait sortir ce qu'il y a de mieux en nous, une mère aimante nous apprenant les bonnes manières. J'ai tout eu à Tetsu, j'étais un dieu par rapport aux mortels, la supériorité m'avait été accordée par tout les sacrifices. Le sang pouvait être versé, il était légitime. Les familles séparées, elles étaient négligeables. Le territoire conquis, il nous était dû. J'ai eu toutes ces choses, dans ma vie. J'ai été parfait.

Mais le destin à décidé de faire s'effondrer tout ça sur moi même, et a poussé mes deux femmes les plus chères à se tirer le chignon jusqu'à ce qu'une d'elle disparaisse, et sa fille aussi. Ma fille aussi. Où sont-elles? Je ne sais pas.

Je soupire.

Est-ce une vraie raison pour arrêter d'être quelqu'un de digne et de renier ses vertus? Je ne pense pas. Je vis certes peut-être au milieu des rats à présent, parmi des gens que j'aurais sûrement envoyé faire mon bol de riz quelques années en arrière, mais croyez-moi sur parole, si j'ai été un être accompli un jour, je ne retournerai pas au point 0 sans me battre bec et ongle s'il le faut. Les femmes de ma vie sont disparues, ma nation m'a probablement trahie, mais jamais, au grand jamais je ne laisserai ce qu'on m'a appris partir aux oubliettes.

Car c'est ce qui me permet de penser que les gens autour de moi sont des déchets. Et ce qui me permet d'avoir honte de la situation.

Je laisse tomber le chat et m'avance sur le pont d'un air déterminé. Le sabre traînant par terre, aussi ballant que mes bras meurtris et encore un peu électrisés. Le sable se soulève sur mon chemin et les yeux des samouraïs se grossissent au fur et à mesure que les mètres entre nous rétrécissent.

Je me penche sur la pièce.

"-Hey toi! Le rônin là! Bouge de là, sinon l'empire viendra reprendre ton armure sur ton cadavre encore pulsant et brûlant.
-C'est mon budget alcool!
-Ta gueule Yukiteru, j'essaie de paraître intimidant."


Je m'arrête. Peu commun. Cela me rappelle fortement ce qu'on appelle dans le milieu une bleusaille. Un gosse de riche qui pense que la guerre ces des grands mots et des grands gestes faits en l'air avec un bout de fer pour trancher du fromage et récupérer des prairies. Le genre de gosses qu'on se faisait le plaisir de tabasser en caserne lorsqu'ils haussaient le ton pensant être plus forts que leurs aînés qui eux possèdent du galon. Le plus drôle dans l'histoire, c'est qu'ils n'osaient même pas se plaindre au chef de baraque après, et on découvrait nos agissements le lendemain matin uniquement aux traces de vermeil sur l'oreiller et de déjections dans les draps.

"-Tetsu est censé faire de vous des gens accomplis qui méritent mieux que les rats qu'ils combattent, et vous vous battez pour le dixième de votre paie qui partira vous brûler le reste de cervelle encore sobre? La nation aurait honte de vous."

Dans l'Empire, le Grand, le Glorieux, Le Puissant, Celui Qu'on Doit Nommer En Essayant De Prononcer Les Majuscules À L'Oral, prône le partage équitable de la richesse, peut importe sa forme, entre ceux qui valent la peine. Je pense qu'on peut leur faire une petite démonstration.

Je sors mon sabre et jette la pièce en l'air du bout de ma botte en acier avant de la découper en deux de manière bien rectiligne, via une technique que les bidasses en face de moi sont censés connaître depuis qu'on leur a appris à lacer leurs cuirasses. Les deux morceaux tombent à terre. J'en ramasse un, le métal et encore tranchant aux doigts lorsqu'on les passe sur le fil de l'or.

"-N'oubliez pas, vous êtes censés être des gens respectables, pas des barricades au fonction cognitives aussi élevés que celles du maki que j'ai mangé y'a 3 heures."
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
La pièce vole haut au dessus de nous, mon instinct de mercenaire martèle ma poitrine alors que mes jambes se détendent, comme des ressorts, je m'élance pour attraper la pièce et l'échanger avec une pierre pour la sauver de son funeste destin. Le sabre fend l'air avant que je n'ai eu le temps de faire quoi que ce soit, me privant d'une opportunité de refaire ma réserve de tabac à moindre coût. Je me fige en constatant que les samouraï n'ont rien fait pour récupérer la pièce, me laissant la seule à tenter de sauver la monnaie de sa majesté le Shogun.
Un long silence s'abat sur le pont, les deux camps s'observant avec une certaine tension tandis que je prends un certain recul, revenant auprès de mon collègue. Trancher en deux le sous n'était pas la meilleure façon de régler ce conflit je pense, d'autant plus que les samouraï de l'autre côté du pont ne sont pas des plus diplomates, ni des plus intelligents.
Puis le plus imposant de la bande s'avance, un géant avec une naginata émergeant de la masse pour se poser devant le rônin. Le samouraï loyal à l'empire s'incline bien devant son adversaire avant de brandir sa naginata haut au-dessus de sa tête. Engoncé dans son armure lourde, le capitaine se met en position, prêt à disputer un duel d'honneur face à son ennemi de la journée.

-Orochi-Sama, moi Hattori Yoshihige ait servi sous votre bannière et sous vos ordres quand j'étais plus jeune. Malgré tout le respect que je vous dois, et que j'éprouve envers vous, vous avez offensé un de mes hommes et je me vois obliger de réparer cette injure par un duel d'honneur. En garde.

Une fois les salutations et les politesses d'usage échangées, le samouraï s'avance avant de lancer un coup de taille large, mais dévastateur à l'encontre du ronin avant de tenter de le repousser d'un coup de pied sauté qui me fait étrangement pensé à une technique de kenjutsu que j'aurais déjà vu auparavant.

Rapport de situation :
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
-Orochi-Sama, moi Hattori Yoshihige ait servi sous votre bannière et sous vos ordres quand j'étais plus jeune. Malgré tout le respect que je vous dois, et que j'éprouve envers vous, vous avez offensé un de mes hommes et je me vois obliger de réparer cette injure par un duel d'honneur. En garde.

Je lâche la bête qui retombe au sol de même que sa fourrure, sa démarche gracieuse inhérente à sa condition de félin cassant l'immobilité régnante d'une rive à l'autre. On pourrait presque croire que c'est nous qui sommes les pierres de l'édifice, et non pas deux éléments perturbateurs prêts à se taper dessus le temps d'un instant ridicule sur ce que le pont pourra probablement voir dans sa vie.

Faisons en sorte que ce combat soit mémorable, que la pierre en soit encore marquée jusqu'à ce que l'Empire les arrache de la terre pour en faire des maisons ou que les ninjas y mettent le feu par haine et bêtise. Je dégaine mon sabre et me met en position de combat. Pied droit en avant, mains au niveau de la taille, côté gauche. Être gaucher m'a valu des brimades et des coups de fouets lorsque j'intégrais les techniques de combat et prenais le même chemin que mon adversaire après moi. Mais aujourd'hui, je classerais ça comme un avantage, par le simple fait que les gens ont l'habitude de se battre face à des droitiers. Leurs esquives, leurs parades, leurs postures et leurs mouvements, tout cela est teinté de droitisme. Leur instinct est calibré ainsi, toujours la main droite et les mouvements en commençant par la gauche, c'est une évidence pour eux. Moi, j'ai l'habitude de me battre face à ces gens, mais pour eux, c'est une autre histoire. Je suis l'élément perturbateur de ce fameux écosystème de réflexes, je suis là et ma simple présence vient foutre la merde dans le petit quotidien fade de ces soi-disant combattants.

Un combattant est censé s'adapter à tout, allons-voir s'il porte et mérite bien son grade.


"-Hattori Yoshihige, c'est un honneur de vous revoir et de reprendre les armes à vos côté, même si c'est contre vous. La guerre était intéressante et digne d'être vécue lorsque nous étions dans le même campement et que je vous ordonnais de faire atteler les chevaux, j'espère de tout cœur qu'elle l'est encore aujourd'hui."

Je m'incline face à lui et respire profondément.

Des prunes.

Des prunes marinées, j'ai le goût des prunes marinées dans la bouche. La texture qui fait sentir les plis et aspérités de la peau sur la langue, l'odeur salée qui vient déboucher les naseaux enrhumés par des mois de campagne dans les cols neigeux. Puis enfin le goût du sucre avec les petits cristaux qui craquent sur les molaires.
Pourquoi des prunes? Et bien c'est simple, "Yoshi", comme on l'appelait, ramenait des prunes en combat. Toujours. Toujours dans la même sacoche de cuir usée, avec le cordon rose virant au saumon et les trace de marinade qui faisaient puer la peau tannée. Il y avait de quoi rire, car à l'époque, "Yoshi" était grand mais maigre, probablement aussi frêle et malingre que les Shinobis qui cultivaient notre riz du soir. Mais on ne rigolait pas, vous savez pourquoi? Parce que lorsqu'il nous disait que c'était sa maman qui avait fait mariner ses prunes pour qu'il puisse penser à elle et ne pas mourir de faim au front, et bah "Yoshi" partageait. Simplement. Il partageait ses prunes, et personne ne se moquait de rien. On mangeait en silence, et on remerciait cet homme et sa mère.

L'armée, ça mate, ça donne des bonnes manières et ça remet tout le monde au même niveau. C'est ce genre de choses qui nous différencient de Shinobis.

J'esquive le premier coup de hallebarde relativement lent et pataud malgré le fait que je n'aurais pas aimé le prendre en pleine figure. Je rattache et resserre vite la sangle de mon masque au vol alors que je le vois valser et cacher mon champ de vision à chaque mouvement. Je ne vois donc pas venir le coup de pied que je prend en pleine poitrine, me permettant d'apercevoir la force et l'étincelle dans les yeux de mon adversaire. Mes sandales émettent de la poussière alors que je freine comme je peux avec l'adhérence quasi nulle de mes semelles et le poids lourd de ma cuirasse. À mon tour.

Je me sers de la vitesse accumulée pour me propulser en avant. Bien que casse gueule, ceci me permet de profiter de la situation et de me laisser glisser sous la naginata de mon camarade de combat. Même en étant une technique d'esquive que je n'utilise pas d'habitude car j'ai d'autres moyens inadaptés à un vrai duel d'honneur pour me défendre, cela me permet quand même de me repositionner et de porter un coup transversal dans le dos de mon adversaire apparemment suffisamment lent pour ne pas le voir venir.

Pas le temps de voir s'il l'encaisse, tombe ou autre, il faut que je profite de ce mouvement pour devancer mon ennemi. Je me prépare donc à encaisser un prochain coup en bombant les parties impénétrables de ma cuirasse, et me stabilise sur mes appuis pour préparer un coup retourné s'il daigne m'en porter un.

Tout va bien se passer. Je trouve même cela exaltant. Entre nostalgie et contrainte, ce combat promet d'être intéressant. Je me sens vivant.


Récapitulatif:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Otomo esquive sans même montrer signe de fatigue, sans même une émanation de chakra. Toutefois le coup de pied le repousse, il revient à la charge, esquivant un coup de taille de l'imposante naginata sans difficulté. La lame du no-dachi fend l'air en sifflant, venant hurler contre la cuirasse de son adversaire qui encaisse l'attaque sans difficulté, l'expert en Sôjutsu grogne et fait volte-face. Le fer acéré et émacié décrit une longue parabole avant de venir ricochet contre l'armure, le rônin avait tout prévu et l'arme d'hast continue sa course dans l'air.
Entre encaisser le coup de pied et garder le contrôle sur l'extension meurtrière de lui même, le capitaine a fait son choix, ses yeux se ferment alors qu'il est projeté au sol par la riposte éclair d'Otomo. Ses hommes retiennent leur souffle alors qu'il se relève, il a une fierté à défendre, autant envers ceux qu'ils dirigent par l'exemple que celui qu'il affronte pour l'honneur. Le samouraï se relève péniblement, une main posée sur son flanc ; l'armure est cabossée à cet endroit, prenant une inspiration douloureuse, il se remet en garde. Pointe vers le rônin, les pieds solidement ancrés sur ses appuis, presque vacillant malgré l'assaut et pourtant toujours debout. Le buffle des rizières face au tigre des montagnes.

-Vous êtes l'une des raisons pour lesquelles je continue de me battre. Malgré le casque lourd, je perçois un gémissement de douleur sous l'armure. La nation du chrysanthème vous regrette. Il s'élance à l'assaut, sa lame se met à serpenter, sans figure de style : l'arme ondule avant de s'abattre sur Otomo. Même du côté de ces vauriens, vous continuez de vous battre. Vous faites honneur au bushido. Nouvel assaut, féral, passionné, mais expérimenté.

Plus que les coups de naginata frénétiques portés à l'attention du rônin, le samouraï frappe avec zèle et technique malgré ses nerfs portés au vif. Au cœur du vortex de tailles, d'estocades et de contre-attaques savamment mêlés, au delà des frappes rageuses et débordantes d'énergies, des spasmes de douleurs qui parcourent le capitaine à chaque fois que ses foulées sont un peu trop grandes, ses gestes trop brusques, je distingue quelque chose d'autre. L'académisme peu naturels de ses gestes, les bottes que le rônin esquive avec un temps d'avance qu'on ne peut même pas attribuer à des réflexes surhumains ou sa vitesse bien supérieure, les coups portés avant d'ardeur qu'ils ne siéraient pas à un duel d'honneur. Sauf, sauf si tout cela n'est qu'une redite, une ombre imitant l'original, essayant de le dépasser et de s'en montrer digne, faisant fie de la douleur d'un précédent échec par devoir zélé, comme si un jour elle pourrait être plus véloce que l'objet de ses imitations.
Une relique d'un lointain passé, un fragment d'une splendeur qui ne serait plus jamais aussi resplendissante qu'aux premiers jours du rêve éveillé, une expression personnifiée de gratitude pour les services rendus. Tout cela sous la forme d'assauts acharnés, mais presque teintés d'un fatalisme mal dissimulé.

Rapport de situation :
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
La lame commence à vibrer, je ne la vois plus de manière distincte de telle sorte qu'elle finit dans mes côtes avant même que j'ai pu réaliser que je devais esquiver. Le fer me tape contre ma cuirasse et je sens la force de mon adversaire me projeter vers ma droite, mes bras décontractés et aussi faibles qu'une poupée de chiffon ne suivent pas le mouvement, et je m'étale donc contre le rambarde droite du pont avec un sacré mal de dent et un équilibre plus que précaire.

Je me relève rapidement, tels que l'Empire nous apprenait à faire, en bondissant sur les pieds et en dépliant les jambes pour donner une impulsion sur le thorax qui nous permet de nous accrocher. Je n'ai pas moins mal pour autant, mais on va dire qu'il vaut mieux souffrir debout qu'à genoux. Ma tête tourne un peu, heureusement je l'ai lacé mon masque au préalable, sinon ma cervelle serait sûrement grillée par l'eau électrifiées en bas de l'édifice à l'heure qu'il est. Je me concentre et focalise sur la poignée de mon sabre bien au creux de ma main.

La poignée d'un sabre est quelque chose qu'on nous laisse décorer lorsqu'on a fini sa formation. C'est même un atelier d'une journée entière lorsqu'on finit sa première campagne et qu'on devient éligible à certains postes et certaines médailles. C'était relativement comique à voir, un messager venait nous dire que nous étions convoqués dans la grande caserne des officiers supérieurs de campagne, ceux qui ne se battent pas, mais qui donnent des ordres à trois cent cinquante hommes en même temps sur un simple levé de doigts. On avait peur, qu'est-ce qu'on allait foutre là-bas?

Une fois passé la grande porte de bois, car ils avaient une porte de bois sur leur baraque, on se retrouvait face à un environnement surréaliste, un grand tapis rouge et couvert de fleurs de lotus blanches brodées dessus nous attendait, et avec sur lui une dizaine de petites tables où l'on pouvait difficilement passer les genoux avec l'épaisseur des gros coussins rembourrés qui étaient mis à notre disposition. Mais on s'asseyait quand même, à genoux sur le coussin, ce qui constituait souvent le seul moment de luxe que la guerre allait nous offrir, et pour certains soldats issus des campagnes, le premier moment de confort de toute leur vie.

Sur la table, il y avait des tonnes de petites décorations diverses et variées, avec du tissus, des épingles, des aiguilles et plein d'autres petites choses qu'on pensait que seules les femmes pouvaient manier. C'était de l'excellente qualité, quelque chose que je n'ai quasiment pas revu après dans ma vie.

Alors le chef de campagne, le grand Miyamoto Izu pour mon cas, était agenouillé au fond de la salle, avec un sabre dénudé posé sur sa table, et nous faisait signe de poser le notre comme le sien, lame sur la gauche (j'ai failli protester car j'avais plus de chance de me couper le coude qu'autre chose, mais je me suis souvenu à qui j'étais en train de parler) et de faire notre choix.

Il nous a fallu quinze bonnes minutes pour nous décider, à l'aveugle, de ce que nous allions prendre pour étayer la poignée de nos armes. On ne savait même pas que cela existait, et pour la plupart nous n'étions encore que des brutes, des gens ayant fait l'armée, pas la couture. Une fois que tout le monde eut fini, le général passa derrière chacun pour lui montrer, les bras passant au dessus des épaules de l'intéressé, comment faire pour appliquer ses petites touches personnelles de manière correcte sur sa lame. Certains étaient exaspérés de devoir faire "du travail de gonzesse", mais personne ne se plaint, car le respect était présent, encore plus face à cet homme qui sortait de sa grande tour d'ivoire et de privilèges pour venir personnellement mettre la main à la pâte face à ses hommes, ses bidasses, sa chair à canon.

Quand il eut fini de passer derrière chacun, il nous offrit une chope de bière de riz du grand tonneau qu'on avait récupéré lors de la razzia d'avant hier. Il nous annonca que ceux qui étaient ici étaient promis à un grand avenir, et qu'il ne pouvait pas offrir ce genre d'évènements à tout le monde même s'il le voulait fortement. Il faisait tourner sa bière dans son verre transparent contrairement à nos choppes de bois en nous explicant qu'un bon samouraï n'est pas qu'une brute, qu'il a de la rigueur d'esprit et vaut un peu mieux que les rats de gamins qu'on égorgeait à longueur de journée, et donc qu'on devait s'ouvrir l'esprit à ces petites choses qui faisaient de nous des êtres raffinés et qui nous donnaient légitimement le droit d'éventrer des nations pour lui apporter la lumière du Shogun. Shogun qui parfois allait lui même en personne faire ces ateliers avec les fleurons de son armée lorsqu'il le pouvait.

Je serre le poing sur le tissu molletonné et rembourré rouge sang cloué avec des picots dorés, et regarde le petit médaillon d'argent orné d'un chrysanthème se balancer à chacun de mes mouvements. La lame de mon adversaire replonge vers moi, il accélère encore et encore, frappe de plus en plus vite avec de plus en plus de rage. Je vais tomber, si je continue à prendre des coups, je vais encore m'étaler sur la pierre et j'aurais perdu. Je ne dois pas perdre, pas maintenant, pas contre lui, pas face au regard de mon grand Shogun.

Je me focalise sur lui. Ma lame vient s'interposer tant bien que mal le plus loin possible sur le manche de son bâton de mort. Si je pare avec ma lame sur la sienne, mon nodachi va exploser. Si je pare trop près de la lame sur le bois, ma lame va se tordre. Alors je me plie en deux, me focalise sur sa poignée à lui, avec ses décorations, et essaie de la toucher avec le bout de mon arme. Naturellement, les coups sont arrêtés sans dommages, car le couple n'est pas encore assez présent pour faire mal à mon acier.

Son arme, elle, est couverte d'un manchon noir sous sa main droite, un manchon cerclé par deux  anneaux d'or, auxquels pendent deux grelots brillants que je n'ai pas encore entendu. Content de voir que mes hommes réussissent aussi sans ma présence, cela prouve que nous ne sommes pas encore une armée de dégénérés.

Les coups s'arrêtent lors d'une parade particulièrement virulente ou la lance ripa sur le côté de ma lame, et se retrouva donc par transmission d'effort renvoyée en arrière, dévoilant mon agresseur totalement accessible, les bras écartés par le contre coup, et le thorax bombé en avant. Je profite alors de la situation pour charger et tenter de le renverser avec mon épaulière droite, la plus épaisse et imposante, comme bélier.


Récapitulatif:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Le samouraï touche une fois, avant d'envoyer au sol Orochi qui met un certains temps à récupérer de l'assaut. Le capitaine loyaliste a un spasme, brandissant sa naginata haut au dessus de lui avant de s'immobiliser, revenant en garde nerveusement alors que le rônin se relève prestement. Les attaques véloces qui suivent deviennent effrayantes de rapidité alors qu'Otomo tempère l'orage avec beaucoup de technique avant de trouver une faille dans les frappes adverses, et de s'engouffrer dedans en chargeant. Les armures s'entrechoquent dans un vacarme de quincaillerie, le samouraï est projeté face contre terre, laissant aller un râle de douleur avant de se redresser. Chancelant, sévèrement impacté par la charge brutale du rônin, le samouraï titube avant de se remettre piteusement en garde quelques temps. Celui-ci recule avant de se remettre en garde, visiblement diminué par l'impact.
Rassemblant ses forces, celui-ci décide de relancer l'assaut, un coup simple d'hast avant d'enchaîner sur une estocade en reculant.

-Ne m'épargnez pas. J'ai évolué depuis la dernière fois.

Il recule de quelques pas avant de se remettre en garde, visiblement déterminé à attendre le prochain assaut plutôt qu'à en être l'instigateur. Il est vrai qu'Orochi a principalement contre attaqué depuis le début, préférant une posture largement passive dans ce combat.
A lui d'attaquer furieusement puisqu'on lui laisse l'initiative.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
-Ne m'épargnez pas. J'ai évolué depuis la dernière fois.
"-Oh, je vous rassure tout de suite soldat, ne prenez pas la faiblesse que j'éprouve à frapper un de mes homme comme de la compassion."

Je crois que je saigne quelque part, je sens un liquide qui coule sous mes plaques d'acier et qui commence à imbiber le tissu qui me colle à la peau. C'est une sensation très désagréable, mais bien réelle, c'est quelque chose qui fait partie de l'expérience combattante. On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs, alors pourquoi nous battrions-nous sans saigner un peu? À moins que je fasse un petit retour à mes premiers jours de campagne, auquel cas ça va sentir l'urine d'ici quelques minutes. Non, pas possible, j'ai passé ce stade depuis trop longtemps.

Je récupère mes forces comme je peux avant de me décider à faire quelque chose. Mes muscles se contractent de manière archaïque dans le but de m'élancer et de porter un coup droit, une estocade, directement entre les plaques pectorales de mon ennemi. Le nodachi m'accorde une certaine sécurité par sa longueur dans ce genre de frappes, c'est pour ça que l'Empire nous apprend à nous battre avec style, pas comme ces dégénérés de ninjas. Enfin bref, alors que la lame est propulsée en avant, je tourne la tête et attend de sentir une résistance sur l'acier avant de le dévier, de transformer le coup direct en balayement tranchant et de planter ma lame dans le sol. Je m'élance alors afin de porter un coup de pied à mon adversaire au visage, là où les décorations se font plus belles et l'honneur plus fort.

Mon corps retombe lourdement sur le sol, et je récupère mon arme tant bien que mal, le poids de mon armure ne m'offrant guère de stabilité dans ce genre de mouvements périlleux. J'aurais pu le faire rôtir en quarante cinq secondes avec mes techniques raiton, mais l'honneur est plus fort que les techniques Shinobies.


Récapitulatif:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Les deux adversaires se toisent un instant, Otomo s'élance en avant, porte l'estocade à son adversaire qui dévie la lame avec une aisance caractéristique d'un fanatique du Sojutsu, puis s'avance pour contre attaquer à son tour. C'était sans compter sur le fin escrimeur en face qui se sert de son no-dachi comme d'une perche de maintien avant de projeter son pied au visage du capitaine qui, surpris par la technique, encaisse de plein fouet la riposte inattendue. Le samouraï s'effondre au sol, inerte, lâchant sa naginata au passage, laissant tout son parterre de collègues en émois devant ce qui venait de se passer.
Une seconde passe, la main du membre de l'Empire à un spasme, instinctivement je prends de la distance, allant à mon côté du pont, loin de la paire de combattants. Le lancier respire faiblement, et émerge lentement, se redressant avec difficulté, encore sonné par la tournure des événements. Il lève une main fébrile à l'attention de ses hommes, leur faisant signe de ne pas intervenir, son regard se porte sur le rônin qui l'a vaincu. Mélange de honte et d'admiration à l'égard de celui qui fût son mentor, alors que le déshonneur d'avoir été vaincu par un samouraï sans maître commence à l'envahir, malgré tout le respect qu'il peut éprouver pour son ancien professeur. Il faut regarder les choses en face ; on ne peut guère rentrer la tête haute, même si l'on a été défait par celui qui nous a tout appris, surtout lorsque le maître est devenu un vaurien. Dans la tradition populaire du moins.

-Je suis encore loin du compte. Le capitaine se relève, prenant appui contre la rambarde pour se maintenir debout. Je renonce. L'affront a été lavé.

Je détourne le regard, préférant laisser cet instant d'intimité aux deux hommes loyaux à l'empire, même si les retrouvailles ne sont sans doutes pas aussi aimables qu'elles auraient pu l'être. Certaines choses ne peuvent s'exprimer que par la violence.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
-Je suis encore loin du compte. L'affront a été lavé.

Je souffle, fort. Plus fort qu'il ne serait souhaitable. Le vent sortant de ma bouche, car on peut parler de vent maintenant, émet un sifflement grave caractéristique des masques de samouraï, emportant avec lui les douces sonorités de l'acier verni et poli. C'est un moyen de s'identifier sur le terrain dans l'armée, la note du sifflement changeant en fonction du masque et donc du grade, mais c'est avant tout un signe de fatigue intense. Je suis fatigué.

Je m'avance vers celui qui a été un bon gamin sous mes ordres, et un bon combattant sous ma lame. Mes pas sont lourds et mes muscles de jambe semblent s'envoler loin chaque mètre passé. Je manquerait presque de lui écraser les doigts par imprécision de mouvement. Je finis par m'accroupir devant lui.


"-Je ne sais pas qui t'as appris tout ça Yoshihige, mais sache que c'est du très beau boulot, et que tu peux considérer cette bataille comme une victoire de l'Empire. Pas une victoire à défaire un paysan, mais une victoire à enseigner des codes d'honneur et du talent guerrier dans ses plus valeureux soldats."

Je me relève aussi vite que mes muscles me le permettent, c'est à dire lentement et avec précaution. Ma tête tourne dans le processus et mon masque manque de tomber. Je le remet en place, à ma ceinture. Je l'enlève pour éviter de mourir sous les coups de la chaleur venue remplacer la lame de mon adversaire.

La sueur coule sur mon front plus vite que ma main s'agite pour éponger ce dernier. La lueur du ciel me fait plisser les yeux avec force, ce qui accentue encore plus ma sensation de fatigue infinie. Je baisse les yeux. Et tend la main.


"-Maintenant lève-toi, un preux samouraï ne reste pas à terre trop longtemps. Tu te souviens de ce que ça faisait lors de la campagne des grandes forêts face aux hommes singes?"

Je fais signe à Nobushi de venir avec son sac de provisions. Si dedans il y a quelque chose qui permettrait d'aider le pauvre blessé, il y aurait moyen d'unifier le blocus de ce pont, si il est encore un tant soit peu utile de la bloquer. La guerre est bien, source de bonheur et de puissance, et permet d'asseoir sa suprématie impériale. Seulement lorsqu'elle est faite au bon ennemi. Je ne pense pas que nous soyons dans cette configuration. Autant en profiter pour voir s'il ne reste pas quelques prunes à mon adversaire. Elles étaient super bonnes quand même.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
La scène qui se déroule sous mes yeux m'évoque les instants de camaraderie que j'ai vécu à l'armée, dans les forces défensives de mon pays de naissance, avant que je ne devienne une indépendante, avant que le service de réserve ne devienne une routine annuelle que j'accomplissais sans vraiment m'inquiéter du lendemain. Quand Grêle d'Acier était un supérieur hiérarchique et non pas un collègue avec qui je partageais de lourd secrets puant le sang, les félicitations d'Otomo me font songer à ce que m'avait dit mon supérieur, alors que je n'étais encore qu'une chuunin qui faisait du travail de seconde main.
Vous pouvez mettre une main dans votre poche, vous l'avez mérité.
Les samouraïs sifflent, les ninjas mettent les mains dans les poches, chacun a son signe pour distinguer les vénérables des juvéniles et c'est tant mieux. Le respect des aînés est quelque chose qui se perd, alors que le capitaine loyaliste se relève douloureusement après la raclée que le rônin lui a mis. Le loyaliste hoche fébrilement la tête à la remarque de son ancien mentor, la guerre contre les singes, j'en ai entendu parler sans jamais y avoir pris part directement. A mon humble avis l'Empire avait bien raison d'essayer de s’agrandir, plus un pays est fort, plus facilement il peut écraser les inimitiés intestines entre les peuples. C'est probablement pour cela qu'il n'y a aucun conflit interne à Tetsu, alors que le reste du continent reste encore une botte de paille qui peut s'embrasser à chaque seconde qui passe. Je m'approche en souriant.

-Mon clan invite. Je tends au rônin d'une main nonchalante mon sac de provisions. Mon collègue préfère ne pas faire partie des joyeusetés.

Des fruits, et un bandage, au cas-où. Même si à vrai dire je ne pensais pas qu'il aurait un usage dans la journée, je salue d'un signe de tête le capitaine.

-Cela signifiait mourir que de rester trop longtemps le dos à terre. Seule les samouraïs laissent à leurs ennemis l'occasion de se relever, et encore, j'en doute en temps de guerre.

Je ne peux décemment pas dire que je suis heureuse de passer autant de temps avec ce qui était encore tout à l'heure des ennemis. Mais je suis soulagée de savoir que nous sommes dans une phase de détente, et non pas en pleine crispation du conflit. Toutefois le crépitement sous mes pieds me rappel que les poissons, eux, n'ont pas la chance de pouvoir dialoguer avec le barage électrique qui va faire la joie des ours en aval. S'il en reste du côté de l'Empire. Sinon ce seront sans doutes les pêcheurs qui festoieront ce soir.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
-Cela signifiait mourir que de rester trop longtemps le dos à terre.

Je tends ma main vers le sol dans un crissement de tissu glissant sous les plaques d'acier éreintées. Mes doigts se déplient en me faisant bien sentir que j'allais avoir besoin de repos ces prochains jours si je veux reprendre un état de santé correct après cet altercation aussi jouissive que fatigante. La crasse sous mes ongles et incrustée entre les petits plis de mes empreintes digitales ne me facilitent pas la tâche lorsque je relève mon camarade. Car oui, officiellement et officieusement, Yoshihige est toujours mon camarade, peut-être même subordonné si la paperasse de l'Empire à suffisamment ralenti le processus de rétrogradation au mérite. Il est vrai que j'esquive beaucoup de choses, mais du moment que je me pointe aux rassemblements généraux à dates fixes, que j'accomplis deux trois boulots par-ci par-là et que j'invente des missions secrètes toujours plus tangibles les unes que les autres, je ne pense pas avoir de souci à me faire quant-à ma quasi désertion.

J'ai eu de la chance là dessus. L'Empire à une situation assez particulière sur un point, il ne possède pas à proprement parler de bras exécutif à son service de renseignement, pour la simple et bonne raison que ce sont les meilleurs qui sont espions, et les meilleurs qui réagissent. Chaque sergent, maître de bataillon ou lieutenant peut se voir attribuer en plus de ses fonctions officielles des missives à sa propre discrétion, missives secrètes et uniquement destinées à lui. N'importe quel compétent peut devenir espion ou assassin. Ceci est possible pour deux et seulement deux bonnes raisons. La première, l'endoctrinement. Chaque tête et l'esprit qui l'habite, si elle est née à Tetsu, est bourrée d'idée patriotique, de chants de gloire et de grandeur qui ont pour heureux effet que la délation et les rapports d'espionnage se font seuls, comme les grands, par n'importe qui ayant vu n'importe quoi, même le dernier des troufions ayant entendu une discussion peu Shogunesque ira faire son rapport, car même le troufion sait que son Empire est grand.

Le deuxième point est la profusion de soldats et leur entraînement. Même si des escouades d'élite existent, le fait d'avoir beaucoup de sergents et d'officiers sur le terrain permet de facilement en détacher un ou deux dans le but de l'affecter à une opération solitaire. Cela est rendu possible par un simple élément administratif, une simple pirouette qui même si elle est à la portée de tous, n'est appliquée que par la plus grande des nations (évidemment). Tetsu possède un service de suivi d'entraînement et de profilage de ses soldats, et préfère former des logisticiens compétents plutôt qu'une escouade d'assassinat qui se salirait les mains autant qu'un brigadier, mais pour trois fois plus cher.

Il en résulte que n'importe qui peut être appelé n'importe quand, pour ses capacités personnelles et ses talents propres, afin d'accomplir les missions délicates.

Le fait d'être monté en grade m'a permis d'accéder très vite et d'être appelé très vite pour ce genre de missions, et aujourd'hui je ne vis que de ça. Personne ne cherche à savoir si je me pointe aux casernements, tant que les cibles qu'on me désigne par pigeon voyageur est retrouvée noyée dans un ruisseau la semaine suivante, tout le monde me lâche la grappe et c'est très bien comme ça.

Hikari n'aimait pas ça, Hinata non plus, du haut de ses deux ans. C'était pas forcément ce qu'il y a de plus gratifiant, et de moral quand on y pense, mais c'était comme ça. Elles étaient contentes de me revoir, mais elles préféraient tout de même me voir rentrer en armure propre avec des décorations que le kimono tâché d'un mélange de terre et de sang. Passer pour un criminel aux yeux de sa famille est quelque chose, et pas quelque chose de bien. Mais il fallait le faire pour la sécurité nationale, pour le chrysanthème.

Je ne sais toujours pas pourquoi je n'ai pas été dégoûté lorsque tout le monde a disparu, je me poserai la question après.


"-Rester au sol signifiait mourir, certes, mais tu te souviens du moment où les hybrides nous ont sauté dessus tels des chiens galeux enragés? Il avait été ordonné à tout ceux qui avaient des katanas de se baisser, et aux autres de tenir les lances et nodachis pointés vers le ciel.

La pensée de tout ces ordres un peux foireux, qu'on ne comprenait pas forcément, mais qui se révélaient efficaces me fait sourire longuement. C'est vrai qu'on ne se comprend pas toujours entre hommes, encore plus à l'armée où ouvrir sa bouche est une permission à demander, mais j'ai appris par ce fait que croire en ses frères d'armes est profitable, et être discipliné l'est encore plus. Pas besoin de comprendre ou d'avoir la paternité d'un plan pour que ce dernier soit efficace. Les ninjas se crêpent ce qui leur reste de chignons aigris et brûlés par les disputes intestines lorsqu'il s'agit d'échafauder un plan misérable que les samouraïs mettent à mal en moins de temps qu'il n'en faut pour leur enchaîner les pieds. À Tetsu, on obéit, au premier qui a une idée, et si cela ne fonctionne pas, on essaie autre chose, mais tous ensembles. Et ça fonctionne, il suffit de voir qui fouette l'autre pour se nourrir aujourd'hui.

"-Tu en avais empalé combien exactement? Je crois qu'il faut aller demander aux autres aussi, ça pourrait être drôle de faire le compte final de la section."

Je fais signe aux autres loyaux à l'opposé du pont de s'avancer, et je sors les provisions que Nobushi nous apporte. Je pourrais faire un brin de cuisine avec le poisson carbonisé en bas. Ça pourrait être plus marrant que de rester tels des empotés à attendre que l'autre dégaine le premier, peut être même aussi marrant que le combat face à mon ancien camarade de combat.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kisho Benkei
Indépendant
Messages : 222
Date d'inscription : 20/11/2017

Fiche du Ninja
Grade & Rang: Intendante - B
Ryos: 300
Expérience:
72/1200  (72/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Je rabat ma capuche avant de remonter le col haut de ma tenue, cachant une partie de mon visage alors que les samouraïs commencent à parlementer avec le rônin. M'éloignant respectueusement de la conversation après avoir passé le sac, non sans avoir attrapé une pomme, je prends de la distance pour me retrouver de mon côté du pont. Trop de samouraïs pour que je reste à discuter, j'ai une double vie et même si les gens du Sud de l'Empire ne remontent que rarement vers le Nord, je n'aimerais pas que par un doux hasard, quelqu'un me reconnaisse. Le nombre effroyable de rumeurs qui circulent au sein de l'Empire m'ont déjà confirmé il y a bien longtemps que des ragots pouvaient embarrasser une dame. Je peux bien laisser les quelques pommes aux samouraï si ça me permet de rester à l'écart des conversations.

-Beaucoup, beaucoup trop pour que je puisse compter. Le capitaine loyaliste continue sa conversation avec Otomo.

J'en profite pour retourner à ma tâche, privilégiant la discrétion et la précaution à une prise de risque inutile pour faire passer le temps un peu plus vite que d'habitude. Inutile de trop s'exposer, si le rônin est relativement digne de confiance, j'imagine sans peine que les autres soldats de l'Empire se feraient une joie de dénoncer une kunoichi ayant une double-vie au sein de la nation du Chrysanthème. Je décline l'invitation du regard que m'offre un samouraï avant de m'en tenir à mon côté du pont, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Surtout au vu des conséquences catastrophiques qu'un excès de risques pourrait me valoir.
A vrai dire, je disparais aussitôt que ma présence n'est plus requise. Laissant d'autres prendre le relais jusqu'à la fin de cette situation idiote. Même si ce fût un plaisir de recroiser le rônin au grand cœur, je ne peux m'attarder plus que de raison.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Orochi Otomo
Indépendant
Messages : 149
Date d'inscription : 09/03/2018

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 100
Expérience:
515/1200  (515/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
C'est ainsi que j'attrape une pomme du bout des mains et en lance une à chacun des samouraïs plantés ici comme des épouvantails à Shinobis. Je mord dedans à pleine dents et sens le jus qui vient  faire baigner mes molaires dans un mélange salive-sucre particulièrement agréable et détendant. J'aurais pris la peine de faire un commentaire à voix haute et particulièrement ridicule si j'avais été seul. Ceci a toujours fait partie de moi, et en plus de ne pas savoir d'où ça vient, je ne sais pas pourquoi j'arrêterais. Y'a des petits plaisirs comme ça dans la vie, qu'on défend bec et ongle et sur lesquelles on s'obstine à ne pas changer de point de vue car on sait qu'ils sont inoffensifs et sans intérêts. Dès lors, on perçoit toute critique ou pensée autre que la nôtre à leur égard comme une agression et un manque de respect. Demandez à un fumeur de changer de main pour fumer sa pipe. S'il est docile et bien éduqué selon de bonnes valeurs Impériales, il soupirera et s'exécutera, mais pensera quand même que vous lui cassez les burnes. S'il ne l'est pas, il vous dira la sus-dite phrase en face.

Chaque être humain possède un petit truc comme ça. Yoshi partage des noix la tête baissées alors que Shizu jongle avec pour faire rire la galerie qui commence petit à petit à se détendre. Je ferme alors les yeux pour sentir la barrière de chakra avancer et me dépasser dans une sensation étrange, comme si on me plongeait dans de l'eau tiède. Agréable ma foi. Mais je ne peux me résoudre à créer des mini barrières chakraïques pour mon simple plaisir et me masturber sensoriellement. On me retrouverait mort d'épuisement avant la fin de la journée.

Je saute de mon petit siège de pierre pour aller adresser un dernier mot aux samouraïs assis en tailleur devant leur repas que certains vont chercher parmis les poissons grillés de l'eau dessous. Ils jouent aux dés et ricanent des nouvelles recrues ou esclaves. Je ne pourrais dire que c'est la meilleure chose du monde, par sûreté de ne pas être objectif et pour la remise en cause générale que je fais autour de moi ces derniers temps, mais je peux avouer sans trop me risquer que cela me manque, ce genre de moments.

Mais je dois y aller, sinon après la joie et les bon moments, c'est la paperasse et le commissariat de l'Empire qui me rattraperont. Je salue profondément mes interlocuteurs que je tire de leurs jeux et discussions.


"-Je dois y aller, soldats. Si jamais vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, vous savez vous exposer pour que je vous trouve."
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dawn of Ninja :: Zone Rp - Le Sekai :: Autres Régions :: Nord-Ouest :: L'enclave-
Sauter vers:

Cliquez sur une technique de la Bibliothèque pour obtenir son code !
Il ne vous restera plus qu'à le copier-coller ailleurs.