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Justice militaire [Mission Solo rang C]

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Kisho Nobushi
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Coercitif : qui exerce une ou des contrainte(s), obligation(s), règle(s) que cela soit tacite, physique ou dans une loi.

L'état en a le monopole ; la violence est donc un monopole d'état. Pour pousser plus loin le raisonnement, puisque, en tant que jônin de réserve je ne suis pas seulement une fantassin anonyme destinée à mourir au front, mais aussi une officier avec une spécialité, l'application du droit militaire est l'un de mes domaines de prédilection. Mais aussi ô combien inutile : peu de gens ont cure des règles de la guerre, aucun criminel n'a cure des lois, si ce n'est des plus importantes dans l'espoir de ne pas alourdir inutilement sa peine.
De ce fait, lorsque violence est faite sur quelqu'un par un individu autre que l'état, il s'agit de facto d'un crime de lèse-majesté envers le pouvoir en place : en gardant ce genre de petit détail en tête, on peut facilement requalifier n'importe quel acte de violence en atteinte contre le gouvernement. Le droit est une discipline qui se veut odieuse lorsqu'elle est utilisée à des fins personnelles, dans une société civilisée les gens ne comprennent pas les trois quarts des règles du jeu lorsque nous, juriste militaire connaissons les rouages de la machine. De façon cruellement ironique, puisque nous n'avons pas besoin d'expliquer les règles, n'importe quel connaisseur du droit avec la langue bien pendu est en mesure d'enfoncer au fond du trou une personne. C'est triste à dire, mais je pourrai tout aussi bien justifier un quelconque carnage en invoquant la légitime défense, affirmant que puisqu'ils voulaient me tuer j'étais parfaitement en droit de les assassiner de sang froid, même si ce n'étaient que des paysans boiteux.
Je finis ma coupe de saké d'une traite, et je ne peux que constater impuissante que ma bouteille est vide. Le patron, soucieux de bien faire alors que j'attends une occasion pour corriger la bande de soûlards traînant dans son établissement, demande avec tout son courage si l'un d'eux pourrait m'apporter ma bouteille. Après tout, je suis au fond de la salle installée à une table, et pour un vieil homme c'est loin, une dizaine de pas loin du comptoir.

-Pour qui te prends-tu vieillard? L'un des hommes, le mieux habillé et donc probablement le fils du noble, attrape la bouteille et va me l'apporter. Tu devrais boire avec nous. Piteuse tentative de ne pas avoir à se déplacer plus tard ou alors piteuse tentative d'ouvrir la conversation?
-Les hirondelles ne boivent pas avec les porcs. Il s'assoit à ma table.
-Je ne suis pas un porc. Je n'ai pas besoin de prendre connaissance de la suite pour savoir ce que ce début de dialogue sous entend : c'est la traditionnelle chanson du je souhaite un lit chaud et occupé pour cette nuit, veux-tu m'aider? Mon père, il a du pouvoir. Si j'avais été une fille sans vertu, peut-être aurai-je succomber à un argumentaire si riche et si développé. J'ai du sang bleu.
-En effet. Vos vêtements parlent pour vous.
C'est un œuf : dur à l'extérieur mais liquide à l'intérieur. Comme les œufs, je pense pouvoir l'écraser dans ma main. On me surnomme Hurlecendre. Je représente l'état, je suis ici pour faire cesser votre comportement qui vous rend digne des déjeuner avec les cochons. Je me sers un autre verre avant de l'avaler d'une traite. Je vous demande cordialement d'arrêter de passer par ici, en vertu des lois, et de retrouver une attitude digne des hommes. Ricanement dans toute la salle. Le noblion me toise avec un regard amusé, l'uniforme n'a apparemment pas su le mettre sur la voie de la raison. Ni mes paroles. Cette ville, c'est notre territoire. Aux faits pour lesquels on m'a appelé je peux rajouter appropriation illégale de propriété privée et occupation de biens publiques. Sortez d'ici sinon je vais devoir vous montrer comment nous traitons les héroïnes.

Je me lève et me dirige vers la sortie, lui faisant signe de venir régler ça à l'extérieur. Sans surprise, il accepte, lui et son parterre de voyous sans le sous. A l'extérieur avec la lune pour seule témoins, il sort son sabre ; un katana de mauvaise facture mais qui témoigne d'une certaine noblesse, je pince les lèvres. Je ne suis pas censé le tuer, mais juste lui infliger une correction si je ne veux pas avoir des problèmes pour usage abusif de la force, de toute façon une sanction démesurée ne ferait qu’entacher ma réputation et celle de cette petite bourgade. Je feinte un début d'assaut qui le fait sursauter, je convoque mon fouet aqueux avant de voir sa mine s'empourprer ; évidemment quand on affronte une kunoichi la donne change.
La corde d'eau commence à s'agiter et à bouger erratiquement tel un serpent, ondulant avec une régularité quasi-mécanique. Mon arme s'élance presque d'elle même vers mon adversaire qui se décale sur le côté, esquivant trop simplement la pointe du fouet aqueux qui revient s'enrouler autour de sa jambe pour le tirer au sol. Je balaie nos spectateurs d'une explosion qui le projette au sol sans pour autant les blesser, toutefois inutile de les voir pour savoir à quel point ils ont dû être secoué par l'onde de choc.

-Relevez-vous, je n'ai pas terminé. Il s'exécute, la rage a laissé place a de la terreur. Il a compris la leçon, ou du moins, il sait que le village a commandité quelqu'un d'un calibre bien supérieur au sien pour lui inculquer quelque chose. Le fouet aqueux vient lécher le fil de son sabre, rompant la lame dans un claquement qui me rendrait presque désolé pour le forgeron l'ayant créé. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par les conventions international sur le droit ninja en temps de paix, et en accord avec mon devoir, je vous condamne à un châtiment corporel. Je m'approche de lui avant de le mettre au sol d'un coup de pied dans le ventre. Mon pied vient écraser sa poitrine. Que je vais administrer.

Je lui piétine l'estomac, passe mes nerfs sur sa cage thoracique, essuie mes bottes sur son kimono bien taillé, lui écrase les côtes. La violence gratuite ne m'est pas plaisante, j'exécute ma tâche sans conviction mais en suivant scrupuleusement les méthodes qu'on m'a enseigné : toujours viser le torse, les blessures à la tête et aux articulations se résorbent difficilement. Par soucis du détail, et parce qu'il faut toutefois qu'il se souvienne toute sa vie de la correction que je viens de lui asséner, je lui glisse un coup de pied entre les reins. Chose qui ne lui occasion pas grande réaction, déjà terrassé par la douleur qui lui parcours le corps, je déchire un peu son kimono histoire d'enfoncer le clou.
Ensuite? Je m'assois à l'ombre obscure du préau de l'auberge et regarde la scène : une dizaine de soûlards au sol, en train de récupérer difficilement de la bastonnade qu'ils viennent de subir, et un noble au sol à peine conscient. Il vivra j'en ai la certitude. Le premier a se relevé me regarde apeuré, peu certains de son destin.

-Aidez votre bienfaiteur à retourner chez lui. C'est un triste spectacle que de voir un homme en début de trentaine aider un jeune noble à marcher jusqu'au domaine de son père.

Les autres se relèvent un par un au fur et à mesure que la douleur s'estompe, chacun retourne chez soi pendant que je m'assure qu'aucun villageois ne vienne faire d'abus. Certains seraient bien capable d'achever ces ivrognes à coup de pioche pour les tourments causés, mais ce serait de trop, surtout compte tenu de ce qui a été faits.
Au petit matin plus personne n'hante le village, si ce n'est moi. Je suis le seul fantôme à encore traîner, je sais d'avance ce qui va se passer ensuite.
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Kisho Nobushi
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Les samouraï s'inclinent sur mon passage, les servantes aussi, même le second du seigneur est venu m'ouvrir en personne les portes du domaine de son maître. C'est ce genre de détails qui mettent en reliefs le pouvoir, qui instaurent la hiérarchie implicite qui s'est formée avec mon apparition ; parce que les villes et bourgades se réfèrent aux villages cachés pour leur protection, les seigneurs n'apprécient guère les troubles impliquant des ninjas. Tant de petites attentions qui font réalisés que l'ordre des choses sur l'instant présent n'est pas le même que celui qui figure dans les textes de lois. Je suis une kunoichi mais aussi et surtout objet d'inquiétudes ; qu'une ninja ait besoin de venir rétablir l'ordre dans un village peut paraître anodin, mais lorsque le fils d'un noble trempe dans des affaires douteuses le cour des choses semble alors se modifier, on frôle l'incident diplomatique. Le sang bleu ne gicle pas aussi bien au sol que celui d'un roturier, on s'alarme à l'idée de froisser un seigneur, ou pire, un village caché en se plaignant des méthodes de ses agents de l'ombre, on craint qu'à trop râler il n'y ait plus personne pour défendre les maisons et les champs lors d'une invasion sérieuse.
A l'ombre des préaux nos soûlards se croyaient intouchables, bien à l'abri derrière son rang notre petit noble se pensait invincible, les villageois pensaient qu'ils ne pouvaient être domptés. Je leur ai donné tort. Maintenant ils me craignent tous comme on craint l'orage, les tremblements de terres et les éléments, non pas que je sois d'une puissance quasi-divine, mais tout simplement parce que je représente ce corps céleste capable de bousculer l'axe des étoiles, de faire sortir de leur orbite des petits privilèges qui valent tout l'or du monde. Le mot de trop et je peux décider de faire un rapport accablant de mauvaise foi l'attitude du seigneur par rapport aux shinobis indépendants, lui assurant ainsi de sévères problèmes à trouver d'autres mercenaires d'élite si un jour il en a besoin. La sécurité est le besoin le plus important après ceux inhérents au bon fonctionnement du corps humain, de là, l'unique mur entre eux, et le reste du monde, c'est moi, ce sont les shinobis et donc les villages cachés.
Ce serait cruellement ironique qu'on invective alors le rempart représentant la sécurité. Je viens défendre mon cas, mais au lieu d'être traité en criminelle, une servante vient m'apporter du thé après m'avoir demandé si j'avais une préférence au niveau de la boisson.

-Vous excellez dans votre travail, il est normal que sa seigneurie fasse tout son possible pour rendre agréable votre bref séjour chez nous. Explique simplement la jeune femme en me tendant une tasse. Quelques instants plus tard c'est devant le chef de dynastie que je dois m'expliquer.

Son domaine est vieux sans être prestigieux, une petite forteresse qui date sans doutes des guerres samouraïs, les tatamis sont usés mais bien entretenus, les motifs floraux et estampes que l'on peut distinguer à intervalle régulier sont des héritages de familles plus que des commandes faites à des peintres. A une époque il devait être une place forte austère, rude, le genre d'endroit où on vit car l'on est un vassal censé surveiller une zone, mais des efforts ont été fournis pour rendre le tout plus chaleureux. Toutefois, la fonction d'origine des lieux s'en ressent encore, sans doutes au grand dam du propriétaire qui doit regretter que l'un de ses ancêtres ait été catapulté à ce poste sans envergure, presque disgracieux malgré les apparences.
En pénétrant dans la salle d'audience, qu'elle n'est pas ma surprise en constatant le repas qui semble m'attendre, avec du saké, et des sushis. Personne pour nous observer, si ce n'est le fils qui est derrière son paternel, lui n'a rien à se mettre sous la dent contrairement à nous deux.

-Installez-vous je vous en prie. Le seigneur s'incline devant moi, sa tête se rapproche dangereusement du sol. Je m'incline, mon front effleure le tatami. J'ai entendu des choses, à propos de mon fils.
-Elle m'a cassé en deux, et vous l'invitez à manger.
-Silence.
Aboie le père.

J'ai failli avoir un sursaut, chauve, petit, avec barbe blanche qui trahit le passage des années sur lui, je l'imaginais plus souris que lion, ce qui le rend d'autant plus effrayant quand il s'énerve. J'imagine que je vais devoir être extrêmement diplomate durant l'entretient qui va suivre, j'attends que le chef de famille touche à son repas pour attaquer timidement le mien. Les sushis sont délicieux, le riz parfaitement cuit, le saké de première facture, je suis traitée comme une reine.

-J'aimerai entendre votre version des faits. Mon fils m'a dit que vous l'aviez attaqué sans raison, lui et ses amis sous prétexte d'un verre de saké volé, mais je ne le crois pas.

Je l'observe ; sous le kimono je distingue des bandages, toutefois il a l'air d'être en bonne santé si on exclut les dommages dramatiques que j'ai pu lui infligé.

-J'ai été engagé par les villageois pour faire cesser les torts à leur encontre, j'ai demandé aux délictueux de quitter les lieux sous peine de devoir faire appliquer la loi, ils ne m'ont pas cru et j'ai dû me battre avec votre fils qui a sorti un sabre. Je vous prie de m'excuser pour le désagrément occasionné.
-Ce n'est pas un tempérament qu'il est censé avoir, aussi je vous suis... Reconnaissant de lui avoir infligé une correction.
Il prend une gorgée de sa boisson. Tetsuo, présente lui des excuses. Pardon? Je vais recevoir des excuses de l'individu que j'ai frappé jusque l'inconscience?

Le fils s'incline en présentant des excuses, je détourne volontairement le regard, je sais que selon la tradition je pourrais l'agoniser d'injure pour sa conduite déplorable, mais jugeant que cela ne ferait que conforter certains dans l'idée que les ninjas sont des individus sans âme, j'évite. Me contentant simplement de lui accorder mon pardon avant d'en finir au plus vite avec cette conversation qui me gène plus que tout.
Après ces formalités, je disparais bien assez vite de la région, ne souhaitant guère m'attarder, et n'entendant plus parler des frasques de la bande. Mon travail a été fait, j'ai réglé les éventuelles retombées, je peux partir l'esprit tranquille.
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