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La foire aux fourneaux

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Sahara Denya
Suna no Jonin
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Orochi Otomo,


Onryou Maho &


Sahara Denya


Annonce d'une manifestation culinaire


Le bureau de la police venait d'enregistrer une toute nouvelle plainte pour vol à l'arrachée, la cinquième en deux jours. Si la pègre était un gros morceau dont il fallait absolument se charger, il ne fallait négliger les affaires moins importantes. L'éradication du crime à grande échelle et les enquêtes sordides n'étaient pas légion, mais lorsque ces événements avaient lieu, ils étaient éreintants tant ils mobilisaient le chakra et la concentration. M'occuper de larcins de cet acabit allait me changer les idées, c'était certain. J'allais proposer un chef de notre service de prendre en charge le cas, mais mon père débarqua dans nos locaux le sourire au lèvre dans un vacarme digne d'un éléphant dans quelque magasin que ce fût. Plan panoramic, balayage de la salle : cible repérée. Moi ! Je n'eus pas le temps de le saluer correctement qu'il me tendit une feuille de papier. Une grossière feuille de papier, pas bien attirante, mais son contenu, lui, avait un intérêt tout particulier.

Foire aux fourneaux !

Cet été, rendez-vous à Karawar pour une rencontre exceptionnelle autour de la cuisine.

Concours de plats divers

Débats et conférences sur la gatronomie

Démonstrations de fours

Stands de casseroles poêles et ustensiles de cuisine

Cours de cuisine  donnés par des chefs réputés

Dégustations

Cuistots, gastronomes de tous genres, nous vous attendons cet été pour une manifestation de bon goût !


Intéressant ! Rien de tel n'existait à ma connaissance, il s'agissait d'une première. L'ambiance peu joviale entre les villages n'invitait pas à ce type d'événement, aussi je saluai intérieurement le courage des organisateurs de tenter un pari aussi osé alors que tout pouvait exploser et que la guerre ouverte pouvait en tout temps être déclarée. C'était un chouette projet qui donnait bien envie de se rendre là-bas, car l'activité culinaire n'avait pas quitté mes habitudes et je cherchais toujours à me perfectionner. Présenter une nourriture variée était un plaisir que je m'offrais et qui égayait des soirées en lecture ou expérimentations.

Des conférences sur la gastronomie, carrément ? Il y avait donc de quoi débattre à plusieurs au point d'émettre des arguments pertinents hors du cadre d'un cours de cuisine-même ? Alors la table de demain allait être un sujet abordé, c'était l'évidence et ma curiosité était plus que titillée. Je frémissais d'excitation à la vue de l'annonce de concours. En tout cas, je comprenais qu'il fût enjoué devant cette affiche. Je me tournai vers lui, mais il était bien plus heureux que je ne l'imaginais. C'était son visage d'enfant que je voyais.


Une forte intention de s'y rendre se lisait dans ses yeux, mais pourquoi venir m'en parler durant mon travail, durant son propre travail ? La manifestation avait lieu, mais pas nul besoin de mon approbation pour s'y rendre, je n'avais aucun pouvoir décisionnel sur ses déplacements.

« Denya, tu as vu cet événement, tu as vu ? Je vais m'y rendre, tu penses bien, c'est l'occasion de vivre une expérience unique. Mais toi, ma fille... serais-tu intéressée ? Suivrais-tu ton vieux père dans les plaines fertiles pour regarder des fours et écouter des gens parler du goût des aliments ? Serais-tu prête à consacrer du temps à ton vieux père ?»



Sa demande était complète et me faisait passer pour une fille ingrate, mais telle était parfois sa manière de parler à sa progéniture. Que lui répondre ? Je ne pouvais décider de cela tout de suite, je devais prévenir ma hiérarchie au préalable et rien ne me garantissait que j'obtinsse cette permission. Si la manifestation n'avait été publique, j'eusse pu m'y rendre incognito, mais là, j'allais m'exposer, même en n'étant pas au centre des animations.


Je vais voir avec mes supérieurs, papa...
Je peux te donner réponse demain ?




Je ne voulais pas le décevoir et avais l'impression d'être observée par tout le monde, mais il y avait une procédure à respecter. Il accepta cela, du moins en apparence, tourna les talons et quitta l'établissement, me laissant seule face à la réflexion. Après qu'il eût claqué la porte, voulais-je vraiment mettre cette foire aux fourneaux en avant en m'y présentant ? Est-ce que je n'abandonnais pas mon village pour un autre trésor ? Telle fut la question que je me posai toute la soirée.

J'étais seule.

Il n'y avait aucun bruit, tout le quartier dormait.
Étais-je la seule éveillée.

Qu'allait penser Suna de mon sentimentalisme, un sentimentalisme amenant à ne pas considérer les besoins du village caché ?

Mais qu'allait aussi penser ma famille si je refusais d'accompagner mon père ?

Suna, mon père, les deux ne méritaient-ils pas la même considération ?

Et en quoi est-ce qu'accompagner mon père était un abandon des miens ? Qui pouvait bien penser cela ? Et pourquoi imaginais-je que quelqu'un allait penser cela ? Qui étais-je pour tenter de penser ce que les autres allaient penser ?

Ces questions tournaient en boucle dans ma tête et revenaient même si je venais de raisonner à leur propos.

Était-ce un abandon ?

Pourquoi me venait-il à l'esprit que j'étais coupable de haute trahison ? Quel parcours les pensées avaient-elle fait dans la tête pour que germât pareille idée ?

Je répondais parfois moi-même à mes questions avant d'oublier le fruit de ma réflexion.

J'étais fatiguée. Je n'avais rien fait de bien difficile, n'avais appréhendé personne et pourtant c'était comme si j'avais soulevé une petite montagne. Était-ce une bonne idée de quitter le Pays du Vent ?


Ce n'est que le lendemain, aux premières heures, sans réponse à l'interrogation de la veille, que je fis ma demande de congé.

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Orochi Otomo
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La chaleur des fourneaux m'étouffe et la vapeur de l'eau bouillante remplit mes narines affairées à dénicher une excellente variété d'épice parmi celles à ma disposition sur l'étagère de la cuisine dans le but de préparer mes ramen. Pourquoi des ramen, je ne sais pas, c'est un plat suffisamment simple pour être fait par tous, suffisamment nourrissant pour être consommable par les paysans, et vraiment basique, au point de pouvoir être accessible à ces derniers. Alors pourquoi venir me demander de les préparer? Pourquoi venir dans une échoppe en plein centre ville, à de kilomètres des champs, se ruiner pour un plat qu'on pourrait faire soi-même? C'est bien là la question.

J'ai déjà eu des réponses, lorsque j'étais trop fatigué et énervé pour pouvoir la maintenir au fond de mon esprit, des réponses qui varient énormément, allant du "c'est plus pratique de venir ici" et du "j'ai pas le temps de cuisiner comme ça" au "Je ne sais pas le faire" surprenant et au "Vous faites ça vraiment trop bien" incompris.

Le fait qu'on puisse aimer la cuisine, je veux bien l'entendre, mais pas de là à se ruiner et se déplacer dans une auberge dans la recherche d'un raffinement inexistant. La reconnaissance est quelque chose qui comme la confiance, ne doit pas être accordé à la légère, et cela m'est rentré dans le crâne au fil des années, car même les plus grands peuvent décevoir, j'en ai vécu la preuve vivante. Alors qu'on puisse détester et en vouloir à quelqu'un car il a des liens douteux avec une disparition douteuse d'un groupement qui vous est cher, je l'admet volontiers même si ma vite gravite autour des différents points de vue de cette notion, mais être déçu par un plat de nouilles raté me fait amèrement penser que la notion de priorité n'est pas encore acquise par tout le monde.

Et merde, voilà que j'ai dépassé le temps de cuisson de quelques minutes, je vais être en retard sur mes commandes... L'improvisation, je sais. J'attrape les nouilles et les fait passer dans une sauteuse tout juste lavée dans la bassine de bois, avant d'agripper quelques oignons et condiments, un peu de bouillon de poisson et quelques tranches de porc crues. Je passe le wok sur les flammes, et fait en sorte que celles-ci lèchent lentement le fond du récipient de manière égale et intermittente en faisant un geste circulaire, remuant les pâtes qui crépitent de plus en plus. Alors je pose le wok sur les flammes et m'attelle à sortir mon couteau de son étui en cuir tanné pour m'occuper des tranches de viande. Quelques coups simples, parfaits, précis et efficaces me suffisent pour les réduire en tranches. Je m'arrête en cours de route.

Enfaite, je n'ai fait que couper toute ma vie. Des papiers, des Shinobis, puis de la viande, en essayant de couper court au temps qui passe, à cause des ponts coupés entre les tranches de ma vie d'avant. Je tourne la tête et émet un soupir de réflexion à mesure que mes muscles se décontractent et que mon regard croise celui d'un homme dodu au tablier, tapant du pied et ayant de graver sur les pupilles qu'il faut que je me dépêche si je veux pouvoir rester dormir à l'étage ce soir.

J'attape les oignons et les coupe en rondelle, que j'agrémente des condiments et mélange afin d'en faire une pâte de morceaux émiettés. Je fais des tas sur les lamelles de porc, et en fait des petites boulettes de la taille de litchis. J'enfourne le tout dans les pâtes, recouvrant avec ces dernières les fruits de mon ratage total de recette, avant d'y ajouter des filets de bouillon et de tout faire tourner encore.

Une fois le produit fini dans l'assiette que j'envoie en salle, j'attrape cette fois un verre bien mérité et une bouteille bien pleine. Verre plein je te vide, verre vide je te plains. Le tout en quelques minutes, pitoyable. Le whisky est pas mal, un peu fort étant donné que mon pêché mignon se compose la plupart du temps de saké artisanal, mais le fait d'avoir quelque chose qui cogne et bref me donne un coup de fouet, et diminue mes risques de finir en loque comme avec Nobushi lors d'une mission d'assassinat ratée.

On m'appelle en salle. Le chef me fait un signe de la main que son ventre graisseux exécute à merveille. J'arrive et croise les mains dans le dos, n'osant pas regarder le fruit de mon désastre, et essayant de réfléchir mentalement au fait que samouraï ou pas, habitué de la lame ou nom, il fait quand même froid à dormir dehors.

"-Vous devriez participer au concours culinaire, je suis sûr que vous gagnerez."

Je me met à rire en regardant le client aux joues rebondies par les nouilles, si bien que le chef m'en colle une et que j'ai le supplément regard noir en plus de l'obligation de retourner en cuisine. Nan mais ils ont cru qu'ils parlaient à un cuisinier? J'ai coupé des foies et des membres sur les gens aussi vivants que vous et moi avant de me rabattre sur des carcasses au propriétés culinaires, alors la déformation professionnelle ne fera pas des miracles.

M'enfin, je suis curieux quand même, et comme je n'ai pas d'endroit où dormir cette nuit, je monte dans ma chambre chercher mes affaire et les rassemble dans mon sac, me cognant le petit orteil dans l'armoire en convulsant à cause de mon rire ininterrompu. Puis je prend la porte sous le regard acide de mon ex chef et du gourmand ayant fini de déguster ma merde sans nom.
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Onryou Maho
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Le gardien d'Inari

Il n'était pas rare, pour qui osait s'aventurer dans les entrailles d'Inari, d'apercevoir la fougue démesurée des autochtones. Pourtant l'être surexcité qui traversait à toute allure le monde des arbres sortait quelque peu de l'ordinaire. Maho n'était pas spécialement connu pour étaler de façon aussi expansive sa bonne humeur néanmoins, aujourd'hui, sa réserve semblait s'abstenir. Dès que l'annonce de la Foire aux fourneaux arriva dans la grande forêt, ni les Gardiens, ni le Soleil rouge ne purent calmer l'enthousiasme du singe. D'ailleurs qui s'y tenteraient? Le Gardien consacrait sa vie entière au bien être des siens aussi, pour une fois qu'il s'occupait de lui-même, personne ne lui en tiendra rigueur.

Parcourant la forêt à une vitesse phénoménale, l'Onryou traînait avec lui un solide sac de toile, le remplissant petit à petit d'herbes et de racines étranges. On pouvait y trouver tout et n'importe quoi, cela allant du Laurier sauvage à la menthe glaciale, des graines de Cumin aux copeaux de cannelles. Cette fois, le guerrier ne rassemblait ni les armes ni les combattants : il cueillait des épices.
Un féroce Garde d'Inari portant le chapeau de cuisinier? Curieuse chose que voila, cela ne la rendait pas fausse pour autant. Maho aimait la cuisine, et même s'il manquait absolument du style gracieux des gens du dehors, nombreux sont ceux à considérer ses plats rustiques absolument délicieux. En général il faisait tout pour éviter le sujet, ne souhaitant pas plus que ça attirer l'attention sur son "don". Ceci dit quand venait l'heure de déguster le résultat d'une chasse, plus d'une fois ses compagnons lui laissait le champs libre.
Cependant ce n'était pas pour assaisonner du cerf ou du chevreuil qu'il ratissait la forêt. Non, cette fois il allait s'attaquer à l'inconnu, salivant d'avance sur tous les mets étranges qui l'attendait à Karawar. D'ailleurs il n'avait plus une seconde à perdre! Enfilant son pitoyable manteau de voyage, il attacha fermement deux sacs à son bâton, s'élançant sans frémir à l'assaut du merveilleux festival.

En général, l'Onryou préférait voyager discrètement, évitant autant que possible le contact des gens du dehors. Pourtant cette fois, il ne prit même pas la peine d'enfiler sa capuche tandis qu'il se rapprochait de Karawar. De toute-façon il n'était pas seul, et ce devait être bien la première fois que personne ne s'inquiétait de ces habits poussiéreux. Tout ceux se rendant dans la ville magique s'en foutait complètement de son apparence, ou de celle de quiconque aux alentours. Ils partageaient tous le même objectif, marchant d'un pas gourmand vers ce qui s'annonçait comme un temple de l'art culinaire.

Que le festival commence!

lumos maxima
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Sahara Denya
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Préparatifs Sam 5 Mai - 0:04
Mille excuses:
 


Orochi Otomo,


Onryou Maho &


Sahara Denya


Préparatifs


Couper les oignons finement, les faire frire, vérifier leur état au détriment des yeux dont allaient couler quelques larmes. Réitérer l'opération, plus vite encore. Puis une nouvelle fois. Il s'agissait d'améliorer ma vitesse d'exécution avant de se mettre en route avec mon paternel que j'aimais tant. Mes yeux se reposèrent sur l'annonce de l'événement, que je parcourus avec attention. Une annonce qui commençait par un concours auquel j'avais l'intention de me présenter. Toutefois, un inconvénient venait me gêner : j'étais douée mais dans des tâches répétées. En effet, l'échoppe de mon père présentait une palette réduite de menus et je m'étais souvent cantonnée au riz, aux ramens, aux oden, à des plats simples, mais le confection d'un plat particulier, dont je pouvais véritablement être fière, n'était pas un exercice auquel je m'étais déjà prêtée. J'allais faire face à de redoutables opposants, des professionnels ou alors des amateurs passionnés et je ne pouvais me dire passionnée tant mon travail prenait des heures dans mon emploi du temps et tant les recherches effectuées afin d'améliorer les plats de mes parents étaient, de ma part, inexistantes. Il allait falloir que je m'améliorasse.



Si je me lançais dans un tel concours, en tant que ninja, j'allais représenter le Pays du vent et un échec public était à éviter au même titre qu'un échec qui n'allait pas faire parler de lui. Me voici garante de la réputation de ma nation alors que je pensais ne faire que participer à une confrontation dans le domaine culinaire. Ou alors ne s'agissait-il que de cela. Mais tout de même, perdre ne faisait pas partie de mon programme, peu importe l'activité et je restais convaincue que mon implication avait une signification politique. Aussi, il fallait briller. Les Pays du feu et des tourbillons allaient peut-être envoyer une délégation officielle. C'eût été étrange toutefois, car la manifestation n'avait pas une énorme poids et semblait adressée aux amateurs plus qu'aux observateurs de l'actualité internationale.

Je me surpris à me perdre dans des considérations bien éloignées des fourneaux et je repris ma réflexion. Que préparer ? J'avais jusqu'à l'arrivée au festival pour me préparer, il ne démarrait pas immédiatement, mais mon père allait devoir se déplacer, un long voyage car il n'était pas ninja et ne se déplaçait pas bien vite. Les débats pouvaient me donner des idées, les ustensiles que je trouvais pouvaient me permettre de mettre en place une nouvelle manière de préparer mes plats mais si je n'avais aucun met à proposer. Je trouvais les plats ordinaires délicieux, mais le suprême de la cuisine était bien plus complexe, bien plus difficile à obtenir au moyen de savants mélanges et d'une méthode de cuisson impeccable. Il me manquait de l'expérience.



« Tu veux participer au concours ? Je comprends ton souci et j'aurais le même à ta place, nous ne sommes pas des experts cuisiniers mais de modestes artisans qui ne se renouvellent que rarement. »


Quel père rassurant, n'était-il pas ?

« Nous n'avons pas beaucoup de plats raffinés au Pays du vent, tu sais. Nous n'avons pas énormément de ressources. Tu vas devoir composer quelque chose d'original avec peu de moyens, mais justement, ça montrera que tu es douée. »



Je vois. Merci papa !





Il me conseillait donc de créer un plat typique de pays avec des ingrédients propres à Suna. Une idée pourvue de sens, mais je constatais ne pas connaitre notre plat national. Mon père non plus ne le connaissait pas. Les gens du quartier ne surent me répondre. Personne ne savait.En avions-nous un, au moins ? Une interprétation personnelle de notre spécialité gastronomique était à exclure. Autant dire que j'avais le champ libre pour moi-même créer la spécialité de Suna, mais représenter ma nation avec un plat inachevé était un risque énorme, mais une des possibilités qui s'offraient à moi.

Les deux autres étaient simples : je pouvais perfectionner les recettes actuelles afin de confectionner des oden, ramen, takoyaki hors norme du niveau d'un grand chef. C'était là un moyen de rester dans une zone de confort très agréable et je me sentais prête pour ce défi. Cependant, le jury allait-il se laisser impressionner ? J'en doutais fort. Non, il allait falloir un plat plus raffiné et aucun insecte, aucune plante du désert ne m'évoquait ce potentiel. Cependant, le sujet méritait d'être étudié. Une étude peut-être trop longue, pensai-je. De toute manière, le concours se déroulait peut-être en plusieurs manches, à la manière d'un tournoi, auquel cas je devais réfléchir à deux plats, voire plus. Un travail de titan se présentait devant moi et je n'avais pas un mois pour les préparatifs. L'organisation de ce festival laissait à désirer.

Perfectionner ses plats. Pas impossible, plus à portée en tout cas que la création d'un plat original. Peut-être que le concours allait avoir lieu au milieu de la manifestation, me permettant ainsi de m'imprégner de l'endroit et de trouver des idées dans ce à quoi il était possible d'assister. Je l'espérais, souhaitant alors être en possession de suffisamment de moyens pour finalement me montrer au sein de ce point culminant avec une grande préparation de me cru.

Il me restait du temps, un temps précieux dédié à mon village caché. Combattre le crime était la priorité. Les moments à accorder aux fourneaux étaient si rares que je devais consacrer mes jours de congé à la lecture d'ouvrages de botanique qui allaient me permettre de savoir quels fruits locaux étaient les plus consommables et les plus aptes à me permettre d'écraser mes concurrents.

Peu de temps aussi à découper des patates, à faire bouillir des oeufs et à sentir la vapeur humidifier mon visage tandis que la chaleur du four contenait de délicieuses odeurs qui, à l'ouverture, envahissaient la pièce et mes narines. Une bonne odeur. Pas assez bonne, cependant. Il allait falloir faire mieux car la date de note départ à mon père et moi était proche.




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Orochi Otomo
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Il pleut.

C'est quelque chose de suffisamment rare pour être notifié.

Je suis mouillé, par conséquent. L'eau imprègne le tissu dans mon dos et je pourrais carrément sentir les gouttes d'eau dans mon dos collant et suintant à grosses gouttes. Le bruit de mon sac qui bringuebale dans mon dos est légèrement distordu par la texture de la toile grossière et le clapotement assourdissant du pavé humide et sec que je bat tel un manant.

Enfaite, en tant que manant, si je veux gagner ce concours de cuisine, il faudrait que j'arrive à imiter la pluie. Faire un plat brutal, qui frappe en bouche de par sa présence. Mais pas un gros coup tel une droite dans la figure, qui frappe par l'omniprésence de plein de petits détails. Il faut qu'on perde de vue ce qui vient ensuite, et ce qu'on en attend, afin d'être vraiment aussi captivant qu'une averse.

Il faudrait ensuite que les effets s'en fassent sentir, et que plus on s'expose à la bouchée, plus le goût acquière une certaine profondeur, et qu'il finisse par nous coller à l'intérieur des joues et nous détrempe les papilles avec toute une palette de sensations qu'il faut prendre le temps de ressentir.

On pourrait aussi, dans le cas d'un plat composé, faire en sorte qu'une part de hasard rentre en compte. Qu'est-ce qui peut amener quelqu'un à goûter encore et encore un plat autrement que par la surprise? Il faut que chaque bouchée soit unique, que le plat lui même soit un mélange surprenant de choses captivantes singulièrement. Il faut des notes foudroyantes, d'autres plus douces et brumeuses, sur une base un peu fade à côté mais qui mène à un point de repère pour que le juge fasse des mélanges à chaque coup de baguette. Au même titre que la météo s'amuse sur le contenu des averses, quand on y pense.

Je lève les yeux au ciel et aperçoit les gouttes d'eau par le dessous. Pas bien longtemps, j'ai les yeux mouillés et mes paupières se ferment par réflexe, mais suffisamment pour pouvoir admirer un craquement lumineux et une beauté sans pareil, qui me reviennent tout les deux dans les tympans.

Si je veux gagner, il va falloir que je suive ma doctrine, et que j'essaie de faire de mon mieux, pour que ma victoire soit comme un éclair. Si ses chances d'arriver sont aussi brèves qu'un flash, autant faire en sorte qu'elle soit aussi intense que les explosions au dessus de ma tête.

Le Hall marchand qui fait office de théâtre pour le concours est devant moi. Je ne sais pas ce qui me prend de tenter ma chance... Ou même de me pointer ici. J'aurais plus de chance de gagner que de retrouver ma famille, certes, mais l'un fait partie de moi et de mon quotidien, tandis que l'autre est tellement soudain et impensable qu'il contribue à générer la gêne en moi. Que diraient-elles en me voyant ainsi, moi, Orochi Otomo, porte bannière et bretteur d'élite de la Nation du Fer, père de famille et mari aimant, en kimono bleu et sale, tout ce qui reste de mon passé dans mon dos et mon âme.

Elle me verraient trancher, découper, saper avec art et délicatesse brutale. Si je participe, je vais pouvoir trancher, passer le fer dans la chaire rouge et sanguinolente pour jeter la carcasse dans un quelconque brasier et voir le tout se noircir pour l'Empire du Chrysanthème.

Elles seraient probablement fières de moi. Je pourrais abandonner et essayer de passer à autre chose, continuer ma route pour rererererere-tenter de faire ma vie ailleurs. Mais pour sortir mon sabre sur un champ de bataille, pour redécouper la chair, pour l'Empire, pour ma famille, pour rire un peu aussi, je vais le faire. Je pense.

Je pose mon sac par terre dans un coin obscur, près de l'entrée des artistes, et m'en sers comme oreiller. Je commence à m'endormir et à sécher progressivement, la chaleur d'un objectif en tête et l'anxiété du combat prochain m'aidant. J'ai quelques provisions, beaucoup de provisions, dans mon sac. Elles proviennent de l'Empire. Je peux m'en servir pour cuisiner lorsque le concours commencera, je représenterai ma nation, ma chère et tendre muse. Et j'espère que les deux autres seront là pour m'observer le faire pour elles, un peu, aussi.
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