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Savoir renoncer. [Solo]

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Savoir renoncer. [Solo] Ven 9 Mar - 0:37
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Un mois de service militaire chaque année dans mon village caché.
D'habitude, il consiste à s'entraîner, à former de nouvelles recrues, parfois à participer à un exercice de grande ampleur ou assurer la sécurité pour une rencontre officielle pour un événement lambda. Je n'aurai jamais songé toutefois devoir poursuivre celui qui m'a appris beaucoup lorsque j'ai eu à faire ces services régulier au nom de la nation. Grêle d'acier n'a jamais été homme à se confesser, et le fait que je sois une simple collègue justifiait amplement le mutisme dont il pouvait faire preuve à propos de ses problèmes personnels. De ce fait, et en partant de l'hypothèse qu'un ninja de rang A doit régler ses affaires seul, je ne m'imaginais pas devoir un jour lui porter assistance, s'il a besoin d'assistance. C'est bien cela qui m'inquiète ; celui qui fut mon supérieur et professeur durant mes passages régulier dans la grande institution de mon pays de naissance n'a jamais eu besoin d'aide, de quelque façon qu'il soit et même durant les heures de crise ses aptitudes ont toujours surpasser les miennes. Du moins, jusqu'à ce qu'il ne disparaisse mystérieusement il y a quelques mois, laissant dans son sillage un silence assourdissant.
Personne n'a eu l'orgueil de penser que j'aurais pu le retrouver, du moins pas à première vue ; d'abord les chiens ninjas qui ont essayé de le pister avant de s'arrêter au portail de la base, les senseurs spécialisés dans la traque de déserteurs ont échoué à retrouver une quelconque trace de lui, les services de renseignement du Daimyo n'ont jamais eu un indice sur son existence après sa disparition. Même lors durant d'échanges diplomatiques personne n'a jamais pu dire ce qui lui était advenu, aussi c'est en désespoir de cause que je fus appelé, même pas vraiment dans l'espoir de le retrouver. J'étais de trop cette fois-ci, on voulait se débarrasser de moi pour éviter d'avoir une kunoichi trop compétente pour juste surveiller des recrues, m'éviter l'ennui tout en évitant l'embarras d'avoir des appelés en trop au contingent.

-Hurlecendre. Le ton est monocorde, dépourvu de sentiment. Le clone aqueux qui me fait face se contente simplement de rester adossé contre la porte. Qu'est-ce que tu fais ici? J'hausse les épaules. Je suis venu rendre visite à un supérieur dont personne n'a de nouvelles. Comment m'as tu retrouvé d'ailleurs. J'ai tenté le diable.
-Un jour, en ma présence, vous aviez mentionné une vieille demeure familiale aujourd'hui abandonnée, dans cette forêt. Il était de mon devoir de vérifier, puisqu'il me semble que vous n'en n'aviez jamais parler à personne. Le clone soupire.
-Je suis ici pour des motifs qui n'importent que moi, il en va de la sûreté de l'état. Vraiment? Je suis sceptique sur les chances que mon instructeur ait été un membre des forces d'élite, voire dans les petites papiers de notre maître à tous. Si l'envie te prend de continuer, entre donc.
-La résistance est plutôt molle pour un homme qui gère des secrets d'état.
-Je suis un clone, il n'est pas de mon devoir de répondre à ça. Je garde une entrée, je fais mon travail.
Ce qui sous entend que j'ai un passe droit. Le gardien s'écarte de l'ouvrage de bois moisi.

Je pousse la porte qui manque de s'effondrer, et pénètre dans ce qui semble un endroit figé dans le temps ; depuis combien de décennies quelqu'un n'était-il pas entrer ici? L'herbe grasse a envahit les jardins qui devaient jadis resplendir, la mousse sur les portes en papier de riz, le plancher semble faiblir toujours plus à chaque seconde qui passe. Le domaine dans lequel je suis est... Pour le moins étrange, il s'en dégage une sensation de puissance, jadis bon nombre de ninjas ont du y séjourner si je me fie aux nombres d’appartements qui y sont présents. Pourtant, en suivant les traces de pas qui se dessinent dans l'agrégat de boue, de poussière et de mousse qui recouvre les sols, l'équilibre paisible de la nature a été troublé il y a quelques temps.
En y songeant à deux fois, j'imagine que Grêle d'acier a du développé un potentiel insoupçonné si ses clones sont capables de parler, voire même d'avoir un libre arbitre à la façon dont il s'est adressé à moi. Ou alors pire, il a développé la capacité de voir à leur travers, et de s'en servir comme avatar de son esprit à distance, ce qui serait alarmant pour ma sécurité. Si mes présomptions sont justes, je suis face à un ninja qui ne fera qu'une bouchée de moi et mes capacités. Si je me sais talentueuse, j'ai aussi très largement conscience d'être la dernière des jonin bien plus que la première de mon grade. Je déglutis alors que la lumière du soleil donne une atmosphère tamisée et paisible à l'environnement autour de moi.

Ennemi.

Ma vision se grise, mes yeux se transforment en tunnel alors que je ne perçois plus qu'une simple raie d'énergie au centre de ma vision, toute la périphérie du regard ayant viré au noir. J'ai à peine le temps de sentir affluer toute mon énergie vitale entre mes mains et mes genoux que je me rends compte de ce que j'ai en face de moi ; le sifflement assourdissant qui me crève les tympans ne correspond à rien de ce qui se présente à moi. Je recule faiblement, l'adversaire devant moi bouge vite, trop vite... Est-il réellement en train de dépasser le mur du son en tant qu'être humain? D'avoir autant de contrôle sur ses mouvements? J'ai déjà vu des individus briser la barrière du son en ligne droite, mais jamais en zigzagant à des intervalles aussi courts.
Le cercle bleu électrique crépitant se fige devant moi. J'abandonne toute tentative de résistance ; si je ne suis même pas en mesure de comprendre comment fonctionne mon adversaire, comment puis-je élaborer une réponse adaptée?
Ma vision me revient entièrement, j'observe l'énigme devant moi et la contourne, ce n'est pas une orbe comme je le pensais au début, mais une flèche électrique. Je connaissais, et prêtait à Grêle d'Acier une bonne affinité avec le Raiton, mais à un tel point... J'ai aussi cette affinité, et même si je ne l'aie jamais développé, j'ai conscience des mécaniques inhérentes à la manipulation élémentaire. La flèche de foudre se dissipe d'elle même, je poursuis ma route en ayant pâli. Qu'importe ce qui se dresse devant moi, c'est avec une certaine dose de dialogue qu'il va me falloir l'affronter, je n'aie guère la possibilité de faire quoi que ce soit face à ça.
Dire que lors de ma jeunesse, j'imaginais pouvoir un jour vaincre Grêle d'Acier en profitant de ma dite jeunesse, et du crépuscule de son bel âge pour lui soutirer une victoire lors des rares duels que nous avons disputé. Maintenant, j'ai deux hypothèses à ce sujet ; soit il ne faisait pas plein usage de sa force pour me vaincre, soit en l'espace de quelques années il a progressé à une vitesse et avec une marge d'évolution qui dépasse tout ce que j'ai pu voir depuis mon entrée dans cet ordre prestigieux qu'est celui des Shinobi. Qu'importe, aujourd'hui n'est pas le jour d'une victoire face à lui.
Hélas ou heureusement ?
Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités, ou du moins, les gens nous attribuent des responsabilités. Pour ma part je ne souhaite pas être en pleine lumière, devenir une héroïne n'est pas mon plan de carrière car il sous entendrait que je fasse attention à la moindre de mes actions. Hors ces derniers temps, kunoichi est plus un sport qu'un métier pour moi ; j'ai une vie de famille, des amis, de l'argent et des hobbys. Le ninjutsu se rapproche plus du loisir que d'une réelle activité professionnel par moment.

Le voilà...

Dans la cour intérieur du domaine, assis en tailleur à côté d'un feu de camp avec plusieurs parchemins empilés juste à côté. Tant de savoir, si près d'une si belle occasion de le détruire à tout jamais, toutefois le souvenir de l'objet volant à haute vitesse qui a failli m'emporter est encore trop frais dans mon esprit pour réveiller toute forme d'agressivité. Ma capacité à faire des traits d'esprit s'en révèle, elle aussi, anesthésier par les faits.

-Senseï. Il rejette cette position d'un geste de main. Que faites-vous ici? Il a un soupir.
-J'ai eu tort de vous tutoyer il y a un instant ; vous avez bien assez appris pour que vous puissiez me considérer comme un collègue plus que comme un élève. Grêle d'Acier observe le feu devant lui. Asseyez-vous, il fait frais et vous avez dû marcher un long moment pour arriver jusqu'ici. C'est l'armée qui vous envoie je suppose. J'hoche la tête en m'exécutant. Malgré le masque toujours sur son visage, il a un geste d'agacement. Je vais rentrer. Son regard se pose sur moi. Toutefois, avant, trinquons. Il me tend sa gourde que je devine remplis de saké.

J'en bois une gorgée.
Puis par courtoisie je finis la gourde d'une traite avant de m'effondrer au sol.
Quitte à être empoisonné, autant profiter de la boisson non? Si le poison est suffisamment puissant pour fausser le goût du saké, c'est qu'une gorgée suffit pour être en proie au mal.

-Je vous dois des explications, mais pour éviter de vous poser un cas de conscience, j'ai jugé qu'il était plus courtois de vous faire dormir le temps de brûler des documents qui ne devraient pas tomber entre de mauvaises mains. Rien de trop grave, juste une affaire de fierté familiale. Bonne nuit.

Mais il n'est même pas encore midi...
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Re: Savoir renoncer. [Solo] Ven 9 Mar - 15:56
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-Vous assumez votre erreur?

Non. Je rends tripes et boyaux dans une mare orange, à l’écart de tout avant d’essuyer mes lèvres d’un revers de manche. Avec l’estomac vide je pense pouvoir affirmer clairement que les nausées devraient passer assez vite, et en attaquant ma gourde je me rends compte de toute l’eau que j’ai dû perdre à force de rendre mon repas du matin depuis une dizaine de minutes. Qu’importe la nature du poison, il a dû y mettre la dose pour que j’abdique ainsi, ça et le fait que j’ai vidé sa gourde n’ont pas dû aider. Je me sens sotte. Tout cela par pur politesse, Grêle d’acier m’observe alors que la cendre dans le feu témoigne de l’autodafé qui vient d’être commis. Quel gâchis, bouter le feu à tout cela n’était certainement pas le moyen de mettre en sécurité ses techniques ; son corps risque un jour d’être récupéré par des ninjas voleurs de techniques, et ça personne ne pourra rien n’y faire s’il déserte.  S’il est encore considéré comme un soldat à la limite l’armée pourra prendre en charge son cadavre, mais si à l’état-major ils le considèrent déjà comme un traître ça ne me laisse guère le choix si je veux m’assurer que personne ne saura jamais les techniques qu’il connait.
Mais le tuer n’est pas dans mon domaine d’expertise. En combien de temps peut-il invoquer une flèche électrique, matérialiser un clone aqueux ? Combien de centièmes de secondes pour qu’il se rende compte que je prépare une attaque ? Lorsque que j’ai rencontré le trait d’énergie bourdonnant je n’aie même pas eu le temps de rassembler assez de chakra pour un poing explosif que le projectile aurait déjà pu me transpercer. A l’extrême limite l’empoisonner serait dans mes cordes, encore faudrait-il que j’arrive à tenir le temps que le poison fasse effet ; quand il se rendra compte que je l’aie empoisonné ce ne sera qu’une question de secondes avant que je ne sois anéantie. Sans compter de trouver un produit assez foudroyant pour le tuer pour de bon.

-C’est triste. Son regard se perd parmi les flammes qui dévorent le papier. De voir à quel point l’être humain peut-être fourbe. Il n’est pas censeur au point de lire en moi comme à livre ouvert, si ? C’est même ironique de voir que c’est vous qu’ils envoient après tout ce temps. Je crois que mon heure a sonné. Le travail est le travail n'est-ce pas.

Je me redresse en prenant appui contre une poutre, ma vision se transforme en tunnel, le voile gris devant mon regard est sans doutes le premier d'un autre linceul apposé sur mes yeux.

-Vous allez me tuer? Il me regarde surpris.
-C'est vrai qu'avant de tuer des gens j'aime les empoisonner et avoir un dialogue philosophique avec eux. Le monde s'éclaircit de nouveau, le chakra quitte mes bras. Je vous pensais plus évoluer que les singes que nous affrontons. Je viens de brûler un contrat que ma famille avait souscrit auprès de la vôtre ; explosion d’un domaine rival à ma maison, d’après les notes laissées par mon père le vôtre a fait un excellent travail puisqu’il a de nouveau souscrit à ses services pour quatre autres assassinats. Mon père avait cette manie de revenir avec une odeur de sang qui lui collait à la peau, je suppose que ça fait partie du personnage. Toutefois cela ne fait pas sens. De quoi parle-t-il.
-Vos archives familiales? Grêle d'acier hoche la tête.
-Que voulez vous que ce soit d'autre? Je suis un ninja, pas un inventeur de techniques. Il soupire. Parfois il n’est pas question de pouvoir, ni de techniques, juste de vieilles rancœurs. Le poison n'était pas spécifiquement destiné à votre égard. Disons simplement que j'appréhendais une réaction violente.
-Et maintenant ?
-Maintenant ? Je vais continuer de brûler mes archives de familles.

-Pourquoi tant de précautions si ce n’était que des archives ?
-Car elles contiennent des informations sensibles ; à ma mort certains auraient pu se mettre à chercher sur mon nom, dans l’espoir de trouver des parchemins de techniques ou autre. Je suis un ninja prolifique et avec quelques découvertes à mon actif je craignais que des curieux ne viennent mettre à jour des documents dont l’existence ne devrait pas fuité.
-Vous n’êtes pas encore Sannin à ce que je sache.
-Il est vrai, mais je ne suis pas non plus un misérable. Plus que pour mon savoir, je craignais de remettre à jour des tensions ; de ce que j’ai pu lire dans ces parchemins des traîtres à certaines nations se sont reconvertis dans des administrations, d’autres ont commencé une carrière dans une zone occupée avant de la finir dans un pays libre. Je ne suis pas ici pour rendre justice, et maintenant que les blessures de la précédente guerre se referment, il y en a d’autres qui se préparent. C’est ma façon de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Voyez-y un acte de lâcheté ou au contraire de pragmatisme, dans tout le cas j’ai déjà brûlé le plus embarrassant.
-Si vous me permettez une question…
-Permettez-vous ce que vous voulez, si j’avais des choses à cacher vous n’auriez pas dépassé le portail. Un raisonnement logique qui se tient.
-Jusqu’à quel niveau ? Certains Daimyo seraient-ils impliqués dans de vieilles affaires ? Il secoue la tête. Pas des Kage, n’est-ce pas ? Mon supérieur ricane.
-Non, juste du petit peuple et la bourgeoisie pour la plupart, mais c’est déjà amplement suffisant pour ranimer les rancunes. Comme si de toute façon nous avions les moyens d'être dans les petits papiers des Kage.

Finalement, en y réfléchissant bien il n'y a guère à sauver des flammes, je m’assois sur le rebord du plancher, je ne suis pas d'humeur à me poser en tailleur quand je viens de passer quelques heures à agoniser dans un demi sommeil trouble, pour ensuite rendre corps et intestins suite à des nausées torrentielles. Pour être sincère le simple fait de manger m'effraie, et je préfère me tenir à l'écart de la fumée qui se dégage du feu ; je ne sais pas si c'est de l'encre traditionnelle ou bien au contraire son équivalant ninja qui se consume, mais la brume qui s'en dégage mais semble un brin trop noir pour être simplement le fruit d'une combustion incomplète du papier. En y songeant à deux fois il ne fait rien, si ce n'est renforcer le statu-quo et encore, si lui brûle toute cette paperasse maintenant, j'imagine aisément qu'à Suna, Uzushio et Konoha perdu dans des archives il doit rester des registres de collaborateurs, de traîtres et de sympathisants. Sauf que lui n'a pas les moyens de les protéger et donc préfère les brûler.
Le puzzle fait sens.
Maintenant, encore deux dernières questions et je serais fixé sur le contenu de mon rapport.

-Pas de techniques à faire disparaître? Grêle d'acier se tape le front du doigt. Tout est là dedans alors. Il hoche la tête. Pourquoi avoir fait cela maintenant?
-Ma soeur ne voit plus le jour se lever depuis deux mois.
Depuis le début de sa disparition en somme. Puisqu'elle était la dernière à vouloir reprendre le domaine familial, et que mon avenir se trouve loin d'ici, je n'aie aucune raison de laisser des informations confidentielles exister à la merci d'inconnus. Il n'a pas mis deux mois pour retrouver le chemin du domaine et allumer un feu de camp. J'ai pris soin de quelques détails avant de venir ici. L'enterrement, s'assurer que rien de compromettant n'a été laissé derrière... J'ai une question à vous posez. Vais-je garder le silence? Comment devons nous repartir? Vous me tenant par le bras, les mains attachés dans le dos? Je n'aie cure de ces affaires de famille, et de ces techniques qui disparaissent. Dans le fond si elles lui ont été spécifiques ça n'importe que lui et sa famille, dans la mesure ou il mourra avec.
-Je suis venu vous chercher, dans la mesure du possible j’intercéderai en votre faveur auprès du chef. Je vous dois bien ça. Il s'incline avec le respect d'un condamné qui vient d'être gracié. Si un jour le cœur vous en dit, vous me transmettrez le secret de la pointe d'énergie que vous avez failli m'envoyer au visage.

Malgré le masque, je perçois derrière une pointe d'amusement.
Un service contre un service n'est ce pas?
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Re: Savoir renoncer. [Solo] Lun 12 Mar - 22:29
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-Stop. Le ton est irrévocable.

Je me retourne, un pas à faire et nous sommes de retour dans le village caché ou notre devoir est de former les futurs genins qui protégeront le pays. Pourquoi donc devrions nous cesser ici notre marche? S'il y avait eu un quelconque problème lors du trajet il y aurait largement eu possibilité de nous arrêter, l'idée qu'il m'ait suivi jusqu'ici pour m'assassiner et faire de moi un exemple pour une quelconque raison m'effleure l'esprit avant de mourir juste après. Pourquoi donc? Pourquoi faire cela quand ma visite n'était même pas prévu, qu'il appréhendait ma réaction à l'idée de brûler des archives de la dernière guerre? Pour la première fois depuis... Douze ans de service de réserve à la nation, je découvre l'un des aspects les plus secrets de Grêle d'acier ; je distingue de la crainte dans ses yeux, malgré le masque. Plus le temps passe plus l'idée que le regard est le gardien de l'âme me semble réaliste, à vrai dire, je suis mal à l'aise au simple fait de le voir inquiet. C'est un peu comme voir ses parents effrayer par quelque chose ; pourquoi donc le centre de l'univers devrait-il craindre quelque chose? Comment un individu capable d'autant de clarté d'esprit et de maîtrise technique devrait-il craindre son retour à la maison? Je lui aie offert mon appui, et je doute que notre village puisse se permettre de juger l'un de ses meilleurs éléments pour une disparition de deux mois, justifier en partie qui plus est.

-Deux mots, et nous pouvons faire demi tour. Nous sommes sur le pas de la porte pour ainsi dire, ce n'est pas vraiment le moment, mais s'il a besoin de temps je suis prêt à lui en accorder. Nous ne sommes plus vraiment à ça près.

Malgré... Malgré tous ce que j'ai pu pensé, et dire, je ne peux pas simplement échanger ma parole contre une technique, ce serait contre l'éthique même des samouraï, qu'importe ce que l'on peut en dire la frontière est très faible entre nos deux métiers, et je sais que des adeptes du Bushido se sont momentanément transformés en soldat de l'ombre. Faire preuve d'honneur n'est pas uniquement l'apanage de nos rivaux de toujours, c'est même l'une des preuves de grandeur dont nous pouvons être capable car au fond nous sommes humains, descendons du même sang, des mêmes valeurs et de la même culture. Ce qui est amoral pour un ninja l'est tout autant pour un samouraï, je ne vais pas  effacer toutes les fois ou Grêle d'acier a fait preuve de patience à mon égard, de vertus et de sens du devoir pour quelques secrets.

-J'oublie tout. A la limite, j'aurais cru à un "je t'aime." Non pas que l'idée qu'un homme puisse nourrir secrètement des sentiments envers moi n'aie jamais été flatteuse à mon esprit, mais plutôt que j'aurais plus facilement assumer cette raison de malaise que ces deux énigmatiques paroles. Je ne veux plus rien savoir de certains de nos compatriotes, ou de leurs parents. Il a l'air sévèrement atteint par ce qu'il a pu lire dans les archives de sa famille. Savoir que certains cadeaux que j'ai pu recevoir d'eux, financé par des héritages familiaux imbibés de sang. Grêle d'acier détourne le regard.
-Ne dites pas ça. Maintenant il a le pouvoir d'influer sur eux, de prendre revanche s'il le souhaite. La plupart ont mon âge, ils n'avaient pas conscience de ce que leurs parents faisaient, vous pouvez retourner ce que vous savez contre eux, certains crimes ne devraient jamais êtres oubliés.
-Justement...
Il regarde la ceinture de Shuriken qui barre son torse, par dessus son brelâge. C'est exactement ça dont je parle, vous ne comprenez pas. Il n'est pas toujours question de revanche, le pardon est parfois le mieux à faire. Le pardon a deux formes ; celle du candaule qui ne peut riposter et se résigne donc à pardonner ceux qui lui ont faits du mal en ultime désespoir de cause, et celle qui est une démonstration de pouvoir. S'effectuant après une punition ou un acte inconsidéré. Je pensais pouvoir garder loin de moi tout ce que j'ai pu découvrir chez moi, mais non. Tout cela est le fruit d'innombrables rancunes, querelles et bains de sang. De quoi a-t-il si peur? J'entends les conclusions d'un homme qui vient de se gorger de décennies de haine et d'affrontements, il devrait être en colère, pourquoi donc un chagrin de père enterrant son fils? J'aurais dû tout brûlé, sans ouvrir un seul de ces parchemins.
-Je vous dois des excuses, mais je n'arrive pas à percevoir ce qui vous effraie.
-C'est tout le problème Nobushi. Personne ne va comprendre si je ne leur en parle pas, et puis si j'en parle ils auront peur de moi parce que je suis le meilleur de nos quartiers.
Je crois cerner son raisonnement... Le problème n'est pas de susciter la crainte, ou encore d'avoir peur du lendemain, de porter tout ces secrets. Le noyau dur de mes angoisses, c'est de me réveiller un matin, et de faire un carnage en me disant que quelqu'un doit payer pour tout ça. D'exterminer tout mes collègues parce que je sais que leurs parents auront faits les pires saloperies. Tout le mal qui a été faits à ma famille, par réaction en chaînes avec d'autres atrocités commises par d'autres, le fait de savoir que si je tue quelqu'un, il y aura toujours autant de meurtriers dans le monde. Non, c'est faux, j'ai moi même du sang sur les mains, et je sais que même si l'assassinat n'est pas la meilleure façon de procéder, j'ai assaini le continent de plusieurs salopards. Je refuse de laisser un proche se laisser descendre par de fausses idées humanistes.
-La question n'est pas d'être un meurtrier, la question n'est pas de savoir combien de litres de sang nous avons sur les mains, elle est de gratter sous toute cette seconde peau rouge qui nous caractérise et de savoir si oui ou non elles sont blanches en dessous, ou au contraires noires. Notre passé nous définit, à la naissance on peut déjà distinguer le bon du mauvais, et je refuse de me laisser influencé par les événements ; on peut blanchir, on peut noircir, tout est question de volonté et de foi. Seulement, nos actes s'ils nous définissent plantent aussi ce que nous pouvons devenir, le changement est possible. Tuer est amoral dès lors qu'il est fait gratuitement, mais sinon, il n'est pas forcément moralement répréhensible.
-Je sais, je le sais parfaitement. La question ici... Il a un hoquet. Il pleure? Est de ne pas se laisser emporter par les émotions, parce que quelque soit le choix que je prendrai je sais que j'ai seulement l'option du moins pire. Grêle d'acier attrape l'un de ses shurikens. Si je les massacre, je vengerai nombres d'orphelins de guerre et de veuves, à peu près autant que j'en créerai. Le reste arrive un peu tardivement, alors que l'étoile de lancer tombe à ses pieds d'un spasme de sa main tremblotante. Soit je ferme les yeux, je déshonore nombre d'âmes en attente de justice et j'évite de perpétuer ce cycle infâme. A vrai dire, jamais je n'aurais pensé être un jour confronté à ce choix.

Ils devraient mourir, tous. Le cycle vertueux de la vie en somme ; manger ou bien être mangé. Ce ne serait que de justice que d'être abattu par le plus fort, l'âme vengeresse, pourtant... Accepter cela signifierait très probablement la fin de notre société, la justice des hommes est censé s'occuper de ce genre de cas. Mais... Le jour ou ma famille sera personnellement atteinte je sais que le raisonnement qu'il tient, et le dilemme moral qu'il me présente n'atteindront même pas mes pulsions meurtrières lorsque tout cela arrivera. Alors... Qui serais-je pour le dissuader de faire ce que tous réprouveraient, en pensant alors qu'il s'agirait simplement d'un pauvre hère qui aurait sombré dans la folie la plus sanglante qu'il soit.
Je suis sa disciple, en quelque sortes, et une camarade. Le jour ou le village devra être défendu nous serons en première ligne, nous nous battrons autant pour la survie de l'autre que notre propre préservation, laissant de côté nos différents pour une cause plus globale qui nous dépasse. Du moins, j'espère que c'est ainsi que les choses se passeront.

-Je vous conjure de ne pas prendre acte, vous valez mieux qu'eux. Tant de gens ont déjà souffert, nul besoin d'entrer dans une compétition de la souffrance, ce ne sont pas des choses qui devraient êtres comparées. Commettre le pire n'arrangerait rien. Grêle d'acier prend une longue inspiration, presque semblable à un râle d'agonie à cause du masque de bois entre lui et moi.
-Vous avez raison. Il me dépasse, nous passons la frontière qui délimite la liberté d'action du devoir auprès de la nation. Même si votre père était l'un des pires. Je sais que vous valez bien plus que lui.

Tout est une question de point de vue.
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