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La perle du désert

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Sahara Denya
Suna no Jonin
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Sahara Denya

À la recherche d'une perle rare





J'étais sortie du bureau du haut-conseiller le sourire aux lèvres, heureuse comme je ne pensais pas l'être après une rencontre banale pour l'activité que j'exerçais. Il ne m'avait certes pas donné une mission capitale, mais il m'avait tout de même appelée dans son bureau et confié une tâche dont j'allais m'acquitter avec grand plaisir. J'avais craint qu'Akihiko ne fût pas présent, mais ce n'était pas le cas, il m'avait reçue et en cela, il avait répondu à la lettre que j'avais envoyé à son adresse. J'étais satisfaite de cette courte entrevue durant laquelle le blond ne m'avait pas accordé beaucoup de temps, ne prenant pas la peine de me donner quelques détails supplémentaires, mais c'était suffisant pour moi. Akihiko était haut-conseiller et son aval pour que je sortisse du village avait un poids administratif et cela signifiait que de manière officielle, j'étais reconnue apte à accomplir une mission. Les membres du clan Shirogane qui avaient tenté de me convaincre que ma place était à l'intérieur du village et que j'étais trop faible pour faire briller le village du sable avaient là un signe notable qu'un représentant de notre nation me reconnaissait. J'étais donc forte. J'étais capable. Je n'étais pas qu'un membre de la police. Je repensai à ces nombreuses années durant lesquelles on avait voulu me faire dire moi-même que je ne pouvais servir qu'entre les murs et non pas sur le terrain, dans le désert et au-delà. Je me souvins des brimades, des moqueries jamais ouvertement dites, de cette basse considération que l'on avait pour moi à cause de mes bras articulés qui se trouvaient être en vérité aussi efficaces que des bras naturels. Tout cela n'avait pas été balayé, mais il s'agissait à mes yeux d'un joli pied de nez aux événements du passé. Un souffle dans mes cheveux m'avait légèrement décoiffée. Je n'avais eu aucune envie de trainer plus longtemps et avais sorti le rouleau de parchemin.

Je l'avais déroulé et relu attentivement:
 

Le Pays du vent et ses dunes s'étendaient à perte de vue. Son sable, son sable et son sable en faisait un lieu à première vue morose, mais je savais qu'il abritait plus d'un endroit digne d'intérêt. Comme plusieurs habitants de Suna, j'avais vécu dans ces plaines de sable et dû supporter la rudesse d'un climat peu propice au confort suprême. Sans manipuler quiconque, sans créer d'alliance, sans fuir, mon père avait fait vivre notre famille à bord de son échoppe portable et nous avions échappé à la sauvagerie de certaines tribus. Le nom de Chiguru ne m'était d'ailleurs pas familier, je ne l'avais surement jamais rencontré ni même vu. J'allais donc retourner dans un endroit proche de mes origines. À cette idée, j'étais réjouie et avais une soudaine envie de retomber en enfance, cette partie de ma vie où j'avais vécu diverses choses et où j'eus, certes tard, l'occasion de m'amuser avec d'autres enfants. Mon coeur fut réchauffé, mais alors que le bonheur m'envahissait, je pensais à la différence entre le désert que j'avais connu et celui que j'allais revoir. Car je n'allais pas rester dans la région de Suna, mais j'allais vraiment m'aventurer dans des terres arides du Pays du Vent. Je n'étais plus habituée à cela. Pas habituée non plus au gens qui résidaient là-bas, preuve en était que la tribu que j'allais infiltrer était inconnue au bataillon de ma connaissance. Mon ignorance m'effrayait un peu. M'effrayait. Le décor du Pays du Vent devait avoir changé. À quoi ressemblait-il ? Aucune idée.

Nostalgie. Je parcourais ce vaste paysage apparemment vide de toute vie, seuls quelques cactus représentaient la vitalité dans cet espace hostile. J'avais survécu des années durant par ici et tout cela semblait si loin et si proche à la fois. Qu'allais-je donc en penser au vénérable âge de 60 ans ? Ah, cette aridité, cette aridité. Nostalgie d'un temps que j'étais heureuse de voir révolu, celui qui forçait les gens du coin à vivre dans des conditions parfois insoutenables, souvent insoutenables même. Je me souvenais des temps passés à souffrir et bien vite une rancoeur vint m'emplir l'esprit. Ces plaines qui eussent pu tout me prendre des mon enfance étaient ma destination, funeste mission. Dans un lieu dont chaque mètre se ressemblait. Qu'avais-je eu à penser du bien de ce qui m'entourait là ?
Des trésors se trouvaient surement au sein de ruines, certes, mais le vaste terrain chaud était parsemé de petits éléments de flore échappant aux grains. Rien de bien fou, mais le décor pouvait surprendre par endroits. Et alors ? Partout où l'on tournait la tête, on ne pouvait voir qu'un erg s'étendant à perte de vue et d'une monotonie sans nom, un triste spectacle dont la morosité ne me confortait que plus d'appartenir à Suna et d'échapper à ces dunes toutes semblables. Un soleil de plomb tapait et j'étais contente d'avoir amené de quoi me couvrir. Toutefois, la sévérité du climat se faisait ressentir et je commençai à entamer la nourriture que j'avais emmenée avec moi. Trottiner au soleil n'était pas de tout repos, mais Suna méritait que je fisse cet effort.

Un quart d'heures après m'être restaurée, je trouvai des traces de pas dans le sable. Je sortis une carte de mes affaires et la dépliait. Cet objet allait-il m'être utile ? Avec si peu de points de repère, je m'étais surtout repérée jusque là grâce à la position du soleil, une discipline que j'avais apprise auprès de mes parents et qui s'avérait bénéfique lorsqu'on ne pouvait se situer dans un milieu. C'était bien ce qui me semblait, j'étais sur le territoire que parcourait la tribu nomade de Chiguru. Les traces allaient sans doute me mener à un oasis. Par chance, ils y seraient encore. J'avançai donc sous cet astre lumineux qui semblait s'acharner sur moi en observant le sol marqué par le passage d'un groupe nombreux. J'ignorais que faire. Les attendre en oasis ? Les suivre simplement ? Rien ne garantissait qu'ils passassent par le même oasis que moi.

Je n'eus pas besoin de me poser la question bien longtemps. Au delà d'une barkhane qui semblait quelconque se dressait un campement. Je me tapis alors et me trouvais contente d'avoir atteint ma cible. Enfin, pas tout à fait, il me fallait encore trouver Birei, celle dont que ma mission demandait de ramener à mon village. Celle qui était convoité par maints et maints garçons. Cette femme, fille d'Eita, au centre de l'affaire. Celle qui allait permettre de peut-être empêcher que la tribu Chiguru continuât son périple sanglant et ne rougisse le sable de ses massacres. Je me demandais à quoi ressemblait cette femme dont l'existence était l'occasion de reprendre la main sur les hordes libres.

Je remarquai alors que le soir marquait sa présence en obscurcissant le ciel, amenant la fraicheur. Je me dépêchai d'observer les habitats. Repérer la tente de celui qui pouvait sembler être le chef de la tribu était alors capital. J'envisageai alors de contourner le village improvisé pour l'observer sous tous les angles. Une opération nécessaire avant d'entamer toute infiltration. Je plissai alors les yeux et fixai ce que j'avais de plus proche. Il s'agissait de ne pas trainer.



Code repris à MISS AMAZING et Aburame Hako.
Dessin de Glazyrin


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Re: La perle du désert Lun 5 Mar - 20:38
La perle du désert

Perdu au milieu de l'immensité du désert, au détour blottit à l'ombre de quelques rocs sec et déchiqueté s'étalaient un amas de tentes hétéroclites plutôt important. Cette tribu influente comptait de nombreux membre et le campement prenait les allures de petite ville de toile et de bois.
Le pourtour du camp de nomade, donnant directement sur le désert, abritait visiblement les guerriers et membre les moins en vus, ainsi que les conducteurs de bêtes.
Chevaux, dromadaires, ânes et  chiens formaient une véritable ménagerie, sous le regard de leur maître, retirés à l'ombre de tentes sobre où ils fumaient tranquillement et buvaient le thé en poussant des exclamations viriles.

La lumière accrocha à l'intérieur de ces tentes ou à la ceinture des hommes de nombreuses lames de toutes origines.
Le désert était traître et ses hommes rudes le savaient, malgré leur aspect rustique. Des patrouilles vigilantes de trois ou quatre hommes (généralement deux lanciers, un épéiste et un archer) faisaient périodiquement le tour du camp. Le soleil était encore haut, aussi n'étaient-elles pas encore accompagnées de chien à même de repérer le danger dans le noir à l'odorat. Cela se ferait à la tombée de la nuit.

Après cet amas de tente sobre se dressait une palissade sommaire en bois, flanquée de deux tour de guet hâtivement érigée. Avec chacune à leur sommet, deux hommes qui semblaient s'ennuyer. La sunajin peut s'apercevoir que l'un d'entre eux avait un faucon apprivoisé et qu'il s'en servait pour envoyer des messages à leur collègues de factions.

L'intérieur du camp lui-même se blottissait contre la source d'une oasis décorée de grands palmiers et de quelques cultures verdoyantes. Un petit oued alimentait l'ensemble de tentes d'un blanc éclatant ou d'un vert (symbole de richesse et fertilité) liseré d'or. Plus vaste, plus propres et plus complexe, elles abritaient les familles puissantes de la tribu. De lourd coffre à butin était visible et les hommes aimaient exposer leurs richesses et leurs conquêtes, avec des armes et tenus splendides.

Les tentes les plus somptueuses étaient en cercle autour d'un grand foyer, délimitant une sorte de place du village. Des tapis cossus étaient déployé pour accueillir les hommes assit en rond à fumer, discuter, jouer aux échecs et se rengorger de leurs victoires. Les femmes allaient et venaient, mais semblaient avoir un rôle plus subalterne, servant le thé, préparant la tambouille ou houspillant les enfants et les animaux (de nombreux chiens de race). Certaines, silencieuses, presque invisibles et sobrement vêtues étaient probablement des esclaves...

Une tente, légèrement excentrée mais donnant sur la "place" et doté de sa propre barricade de pieux de bois était encore plus belle et festonnée, portant drapeaux et décoration. Elle était d'un rouge sanglant de la royauté, liserée d'or. Encens et musique s'en échappait. Des factionnaires d'aspect imposant et puissamment armés montaient une garde vigilante. Nul doute qu'il s'agissait de la tente du chef.
Elle était suffisamment grande pour abriter plusieurs pièces, dont probablement un gynécée gardé par des eunuques fidèles jusqu’à la mort.



   
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Sahara Denya
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Garnison Chiguru Sam 10 Mar - 20:52



Sahara Denya

Garnison Chiguru






Le soir était présent, mais le soleil aussi, encore. J'étais effarée devant le tableau vivant que dépeignait mon regard et ne m'attendais pas à cela. Ce campement était alerte et bien défendu pour un campement nomade, je l'eusse presque pris pour une base fortifiée. La mise en place d'une telle défense alors que leurs traces dans le sable étaient fraiches me laissa une forte impression, il s'agissait une grande quantité de travail abattu en peu de temps pour un résultat à première vue efficace et imposant. Je reconnaissais là un travail bien fait et une exécution rapide dont la tribu pouvait se féliciter, ce qui ne m'arrangeait pas ; je voyais peu d'ouvertures et commençais à me demander si le conseil de Suna ne s'était pas trompé, si la mission n'était pas une mission de rang B. Je pensais infiltrer un ensemble de tentes gardé par quelques hommes, pas un castrum. L'organisation des rondes et les fortifications relevaient plus de l'exercice militaire que d'une protection basique et à n'en pas douter, les hommes devaient être alertes. Toutefois, ce qui m'inquiétait le plus était la présence de chiens, de nombreux canidés calmes mais qui allaient surement soutenir les patrouilles une fois la nuit tombée. Comme j'avais une odeur propre, quand bien même je m'étais lavée avant de partir, j'étais repérable : j'avais transpiré, sué, j'étais d'ailleurs humide sous ma couverture, c'était fort désagréable : mes vêtements me collaient à la peau. En y pensant, un frisson de dégoût me parcourut l'échine et je me concentrai immédiatement sur ce que j'avais devant moi. En plein jour, j'étais visible, mais de nuit, un animal allait rapidement m'identifier comme présence inconnue et ce même sans que je fusse dans son champ de vision. Cependant, les tours de garde étaient un risque. Je réfléchis alors, observai le campement, puis vis les traces que le vent n'avait pas encore absolument effacées. Il ne s'était que peu levé et avait été peu rafraichissant, mais aussi peu étouffant : je n'avais pas de sable dans les cheveux. Les traces étaient visibles et je me dis que la direction d'où ils venaient pouvait être la direction d'où pouvait  arriver une personne qui les eût suivis, ce qui était en l'occurrence exact et je le savais : j'étais cette personne. Mon raisonnement me fit choisir de ne pas sortir de ma cachette ici, mais de contourner la garnison, car ce n'était plus un simple camp mais un quartier général. Ainsi, je n'allais pas débuter mon opération depuis l'endroit sans doute le plus surveillé. Mais avant cela, il s'agissait d'analyser la ronde des soldats. Je restai immobile et voyais devant moi un véritable ballet. Jamais un chemin n'était emprunté deux fois de suite et l'on se croisait, s'éloignait, se croisait encore, puis l'on répétait enfin le même chemin, on accélérait le pas, puis l'on trottait. Une ouverture par la gauche, puis elle était vite refermée et une ouverture par la droite, aussitôt refermée. Ceci dit, le soleil était de moins en moins haut dans le ciel et j'avais approximativement mémorisé les itinéraires en espérant qu'aucune irrégularité ne survînt.

Les palissades ensuite. C'était impressionnant pour une tâche exécutée en un temps si restreint. Les bâtisseurs étaient à n'en pas douter des exécutants efficaces, habiles dans les tâches manuelles et forts. Mais cela montrait aussi une part plus révélatrice de cette petite société : elle était assurément plus riche qu'on ne le pensait pour se protéger aussi bien ou alors les attaques entre tribus étaient plus fréquentes que je ne le pensais, ce qui était possible : ma mission avait pour origine les pillages orchestrés par ces peuplades. Heureusement pour moi, tout avait été construit hâtivement, aussi la palissade ne disposait-elle pas de portes mais de deux entrées, au sud et au nord. Y passer était tentant, mais pas assez pour risquer d'être repérée et même avec un déguisement, si je choisissais de pénétrer une tente et dérober un vêtement afin de me fondre dans la masse, ne me garantissait aucune sécurité. Il allait falloir pour moi escalader les pieux de bois, j'allais être bien discrète. Il me vint alors une idée. Les tours de guet n'avaient pas été dressées devant les entrées, bien au contraire, elles se situaient à l'est et à l'ouest et en toute logique, les sentinelles observaient au loin et non à leurs pieds afin d'alerter les leurs de mouvements de troupes. La sécurité intérieure était l'affaire des patrouilles. Je savais donc par quel point pénétrer leur dispositif.

L'intérieur du camp abritait des riches. De mes jumelles, je distinguais des tenues décorées et des ornements, ce que les conducteurs et soldats de l'extérieur ne portaient pas. Ce n'était pas non plus le cas des personnes qui, sur les bordures de la banlieue Chiguru, se baladaient et regardaient le coucher d'un soleil qui m'indiquait que je n'avais pas un temps illimité avant qu'il ne se cachât.

Les riches tentes étaient déployées en cercle et l'une d'elles bordée d'une palissade. J'avais repéré l'habitat du chef mis en évidence par ses signes de richesse et sa protection qui en faisait en bastion à l'intérieur du bastion. Pour rester discrète, j'allais devoir franchir la seconde palissade par l'arrière. Une fois arrivée dans la tente, je ferai face à une résistance, surement, mais je ne pouvais avir si aisément Birei à son père. Je m'étais dépêchée de finir d'établir mon plan, il était temps d'agir avant que les meutes ne fussent sorties. À l'horizon, l'astre lumineux se rapprochait d'un grand ghourd. Je n'attendis pas le contact visible entre les deux et comme je venais de l'ouest, je contournai le campement.

Les deux guetteurs étaient apparemment tournés dans ma direction. L'un commença à se retourner. L'autre caressait son faucon. Le premier se gratta la tête. Le second se tourna vers son collège d'en face. Je saisis l'occasion et parcourus la distance qui me séparait des premières tentes et, observant de loin les mouvements des patrouilles, j'avançai vers ma cible. Une première tente. Hors de question de se cacher et attendre trop longtemps, mais je devais attendre le passage d'une première patrouille. Risquer de surgir et de tomber face à eux relevait de la bêtise pure. Trois secondes passèrent. Puis cinq. Six. Di secondes. Vingts secondes, trente, quarante. Une minute. Deux minutes. Deux minutes trente, puis deux lanciers étaient  lentement passés. Puis un archer et enfin un épéiste. Ils marchaient d'un pas régulier mais lent. Je ne vis pas leur visage et ne pus déterminer à quel point ils étaient attentifs, mais il était hors de question de le vérifier à l'instant. J'étais prête à sortir de ma cachette, immobile. Je les entendis s'éloigner... puis bifurquer. Je fonçai alors, pas trop vite mais avec empressement. Je passais entre les tentes à l'affût des voix. Quelqu'un sortit de la sienne, je me planquai aussitôt. Il emprunta le chemin de ronde mais dans le sens inverse et dans sa tenue terne, il avançait lentement. Un vieillard ? Je ne pris pas le temps d'observer en détail, contrairement à ce que je faisais il y avait quelques minutes de cela. Mon but était d'être rapide tout en restant discrète. Je savais par où me diriger. Je slalomai entre les tentes non sans peur, je retenais mon souffle malgré le stress. Je n'étais pas habituée à l'infiltration. Peut-être... oui, il s'agissait bien d'une première pour moi. Je savais être discrète, mais en attente. Là, je devais rester en mouvement, constamment sur mes gardes afin de n'être repérée par personne. Moi qui recherchais à montrer mes compétences, je me découvrais une âme aventurière. Si j'étais restée plus longtemps entre les murs de Suna, j'eusse probablement été sur le long terme inapte à remplir ce genre de mission et ceux qui tenaient à me confiner eussent pu festoyer autour de leur réussite. Mais j'allais représenter mon village caché ! Enfin, non, je n'allais pas le représenter, j'allais rester discrète. Et tout en progressant, je me demandais comment j'allais fuir une femme sous le bras. Emprunter une bête ? Fuir à pieds ? Fuir par mes propres moyens me semblait plus discret, mais combien de temps allais-je pouvoir continuer dans le désert ainsi ? J'avais pu garer l'animal sur lequel j'étais venue plus loin, l'attachant à un cactus, mais le  retrouver allait être de longue haleine. Toutefois, c'était la chose la plus logique à faire à moins d'être repérée, auquel cas je décidai que j'allais emprunter un des animaux aux Chiguru.

J'étais parvenue au pied d'une des tours, enfin, de l'autre côté du mur de bois dressé devant moi. Je ne haletais pas, je n'étais pas épuisée, mais je ressentais une fatigue intérieure notable. La surprise des fortifications et du système de garde n'y était sans doute pas pour rien. J'avais tout de même entamé mon chakra à parcourir ainsi le campement et à sauter de côté au moindre imprévu. Toutefois, rien d'impossible. Je regardai les trois tentes les plus proches de moi et choisis d'escalader les pieux de bois là où j'étais à la fois le mieux cachée des patrouilles et du guet d'en face. J'entamai la grimpe et je parvins à me hisser et à arriver à l'intérieur du quartier riche, au pied cette fois-ci de la tour. Personne n'avait alerté qui que ce fût. Je n'étais pas ninja pour rien.

L'intérieur ! Je voyais des beaux tissus et des armes exposées sur les devantures. Toutefois, ces tentes n'étaient pas aussi nombreuses que celles entre lesquelles j'avais couru. Mais les voir en nombre témoignait de la richesse et de l'importance de ce peuple dirigé par Eita. J'ignorais qu'il avait tant amassé, je n'avais pas consulté le détail de ses méfaits. Je m'étais aveuglément lancée sans m'informer, trop heureuse que Suna me fît confiance. Le roulement sourd de l'oued couvrait les bruits les moins forts, une aubaine pour moi. Mon attention fut attirée par un feu de camp, sans doute celui autour duquel étaient disposées les plus magnifiques tentes. Elles étaient d'ailleurs grandes et ne cachaient pas leur valeur. Des broderies, des ornements, cette bourgeoisie faisait étal de ses moyens. Ce pouvoir d'achat... je songeais à parler de cela à Akihiko à mon retour. Faire de cette tribu une tribu vassale me semblait être une bonne idée, surtout si un impôt était prélevé. Le caisses de notre village cachée n'allaient pas souffrir d'une rentrée d'or tout même ! Cependant, hors de question de voler, j'étais là pour Birei. Je me tapis dans l'ombre et suivis la palissade. Je marchai jusqu'à être cachée par un palmier qui commençait un coin d'arbres par lequel j'allais atteindre la première tente verte. Le coeur serré, je marchais les genoux pliés, me faisant petite et progressant lentement. J'y voyais encore, le soleil restait visible. Des tentes étaient tournées vers la source d'eau. Entre celles-ci et celles qui formaient une place et me tournait le dos, il y avait un angle mort que ne surveillaient que les surveillants, les riches étant occupés à causer et jouer. C'était sans compter les femmes ! Et les enfants ! Et les chiens ! Une femme, justement, venait apporter de l'eau fraiche à l'assemblée de braillards qui semblait en demander encore, car elle fit un second voyage. C'était bon. Non, un troisième. Il allait falloir jouer avec ce paramètre. Et des enfants s'amusaient au loin avec un ballon. Je regardai l'homme au faucon, qui était attentif, mais concentré sur le lointain. L'autre, quant à lui, était appuyé sur le rebord de sa tour et.. se frottait le visage ? Je ne pouvais rêver d'une meilleure occasion. Si, une occasion sans cette femme pour amener des denrées à ces messieurs. N'avaient-ils pas assez à manger ? Les tentes formant la place ne fournissaient-elles pas le groupe en suffisance ? Peu importe, c'était maintenant une occasion manquée. J'observai encore, quand soudain, le ballon arriva dans les fourrées, à mes côtés. Je me dépêchai de doucement le renvoyer, comme s'il avait roulé. J'attendis que les enfants se rapprochassent, espérais que personne ne regardait vers moi et sortis de ma cachette. Heureusement, le ballon était le centre d'attention de ces petits joueurs, mais je m'étais maintenant rapprochée des foyers nomades de tissu et je devais absolument avancer. Que faire ? J'étais plutôt à découvert ! Mauvaise idée, il fallait réagir et j'avais été maladroitement surprise. Une calebasse, là, à même le sol ! Je la pris et la remplis, regardai à droite et à gauche, me dissimulai entre deux tentes. Depuis les tours, on ne pouvait me voir, mais quiconque passait allait se poser des questions s'il tournait la tête et tombait sur moi, tenant de l'eau et ne sachant que faire. Il me fallait agir. La femme sortit une nouvelle fois de sa tente. Du moins, c'était surement elle, mais je n'en étais pas sure. Je jetai un rapide coup d'oeil. Oui, c'était elle. Couverture sur les épaules, je la suivis à découvert, d'assez loin pour que le roulement de l'oued couvrît mes pas. Après quelques enjambées, j'étais arrivée aux tentes. Comme je les pensais, les sentinelles étaient affairées à veiller sur les alentours de la garnison, pas sur son centre. Surement ne devaient-ils pas sembler épier leurs chefs. Surement. J'étais rassurée, je ne m'étais pas trompée, la menace principale venait d'autres tribus qui pouvaient s'en prendre à eux, ce qui expliquait l'absence de patrouille dans l'enceinte de ce quartier.

J'étais proche du feu et entendais les discussions banales qui avaient lieu, des discussions animées ponctuées par des rires crétins provoqués par l'effet de groupe. Des dialogues navrants sans intérêt que je n'avais aucune envie d'écouter. Rasant les toiles, je passai de l'une à l'autre sans me cacher, sans tenter de ne pas être vue. Mais ces femmes, esclaves ou pas, étaient un réel problème. Lorsqu'elles partaient, j'étais leur dos, tant mieux. Mais si elles revenaient, je ne savais que faire, c'était agaçant. Oppressant. Je me sentis impuissante face à des personnes que je surpassais sans aucun doute en combat mais que je ne pouvais attaquer sous risque d'être sous le feu des projecteurs. Je revins alors sur mes pas, jusqu'à revenir à la palissade. Je contournai les maisons mobiles, frôlant le bois, me faisant discrète, lorsque j'arrivai derrière les quartiers d'Eita. Aucun tente derrière la sienne. Je n'avais pas vu ce détail depuis mon emplacement et avec le peu de temps que j'avais, mais elle était légèrement en retrait et surtout plus spacieuse, plus imposante. Entourée de sa propre palissade, de plus. Définitivement, ce campement était de la belle ouvrage et même dans une situation pareille, j'en étais pleinement consciente. Cependant, la faction armée disposait d'un soldat d'élite vêtu d'une solide cuirasse et muni d'un lourd bisento qui posté à l'arrière. Jambières, protège-coudes, casque, il était loin des patrouilleurs que j'avais évités plus tôt et pourtant, c'était lui le principal rempart à ma progression. Il était grand et une barbe longue et soyeuse se balançait jusqu'à son cou. Il clignait peu des yeux et sa vigilance semblait à son paroxysme.  Adossé aux pieux, il se redressa et sembla faire quelques étirements, ce qui m'intrigua et me donna un espoir, mais je déchantai : son regard était toujours animé et il semblait pas s'être relâché. Il s'avança et regarda à gauche. Une ouverture ! Il suffisait qu'il regardât dans l'autre direction, aussi je me déplaçai de manière à pouvoir passer dans son dos sans qu'il ne m'entendît. Il se tourna maintenant à sa droite et comble de la chance pour moi, il fit quelques pas. L'oued roulait toujours, l'homme s'était éloigné, je me concentrai alors et exécutai rapidement les mudras nécessaires à ma technique. SUNSHIN ! Un déplacement rapide qui me permit d'atteindre le haut le la palissade. L'oued couvrait encore le son des déplacements de son roulement. Aucune réaction. Ouf ! Cet oasis était vraiment une aubaine pour moi. J'étais devant la toile et seuls les gens se trouvant à l'intérieur pouvaient me gêner. Mais par où entrer ? J'allais être rapidement repérée si je ne choisissais pas soigneusement le coin par lequel pénétrer l'habitacle. Je restai onze secondes à songer puis approchai une oreille du tissu afin d'entendre une conversation. Savoir ce qui se disait en intérieur pouvait m'aiguiller et m'empêcher de surgir n'importe où. Toutefois, je n'entendais rien émanant de la pièce que j'espionnais quand soudain on écarta violemment le drap qui servait de porte. Quelqu'un était entré. Deux personnes. Un homme grommelait et lâcha, hurlant.


« Maintenant que le campement est installé et qu'on a mangé, tu vas m'expliquer ! D'abord le chef de la tribu Kosko, puis Minami, qui pourtant est un ami de la famille et maintenant Roshi, de la tribu Nebulola ! Et puis non, je ne veux pas entendre tes explications, tu es punie ! Désormais, chaque soir, tu resteras dans cette chambre ! Finis, les eunuques, finie la compagnie de tes amies ! Tu réfléchiras à tes actions et reconsidèreras toutes les propositions de tes prétendants. »


J'entendis le son sec d'une gifle et une personne tombant dans des draps en pleurant. Une fille et des prétendants ? Birei, pensais-je. Je l'avais trouvée. Et elle continuait à pleurer. Ses pleurs devinrent des sanglots que je n'osais interrompre. Quel père odieux dans sa manière de traiter sa fille. Je n'avais le coeur à la surprendre, j'aurais été tout aussi horrible que lui, voire pire à ajouter un traumatisme au sien. Mais que faire ? Attendre qu'elle ne terminât sa fonte en larme au risque qu'il fît nuit noire ? Hors de question, je me devais d'accomplir mon devoir. De toute manière, cette fille semblait forte et déjà, elle reniflait pour se ressaisir. Elle renifla. Renifla, puis j'entendis les draps bouger. Maintenant ! Je savais comment défaire une tente, aussi retirer le coin du tissu épais qui nous séparait Birei et moi ne fut pas compliqué. Je la vis avec une larme coulant encore sur la joue et ne lui laissai pas le temps de réagir, l'assommant sans prévenir. La princesse était maintenant disponible et je la pris sur mon épaule. Je refermai difficilement la tente, ayant posé la jeune femme à terre. C'était en ce moment que je peinais, évidemment. Mais pourquoi ne fermait-elle pas ? Allez ! C'était bon, une frayeur de passée. J'empruntais pour sortir le même chemin que pour entrer, non sans mal, car je transportais une personne et étais donc plus lourde que d'ordinaire. Au sommet des pieux, la suite était plus aisée que dans l'autre sens, mais je n'allais pas rester longtemps en évidence sur la palissade au risque de me faire repérer. Je portai mon attention sur l'entre-deux tentes, droit devant moi. SHUNSHIN ! Cela m'emmena dans l'ombre des toiles et j'esquissai un saut de côté. Dès lors je longeai de nouveau la principale palissade, n'espérant pas le réveil de la princesse en détresse. J'arrivai à la tour de garde la plus proche et gravis le mur de bois sans que personne ne me surveillât, étant justement au pied d'une tour de guet. Cependant, j'avais pris le soin de jeter un regard de l'autre côté et attendis d'être sure que la patrouille avait passé. Quelle chance pour moi, le soleil ne faisait que dire au revoir à la scène que je quittai après un slalom de retour. Cherchant du regard la barkhane d'où j'avais pensé mon plan d'action, je ressortis ma carte, regarda l'astre disparaitre et réussis alors à me situer. Je m'éloignai du campement et retrouvai ma monture. J'étais soulagée et encore surprise de ce que j'avais trouvé dans une mission de rang C. En effet, avec son nombre de patrouilleurs, ses palissades et ses tours de garde, cette garnison était plus qu'intéressante. J'ajoutai à cela les gardes lourdement armés et les eunuques qui, selon Eita, étaient de supplémentaires servants. Tout cela constituait une petite armée que j'allais proposer à Akihiko de soumettre. De plus, nombreuses étaient les autres tribus à convoiter Birei. Toucher les Chiguru allait nous permettre, sans doute, d'obtenir de précieux renseignements. Quoique nous pouvions aussi interroger directement la fille du chef. Je la posai entre la bosse et le cou de mon dromadaire, mais je craignais qu'elle ne se brisât le dos. La nuit pointa son nez et je jetai un regard en arrière afin de veiller. Soulagement : personne. Ma main caressa le du ruminant que je remerciai d'avoir entendu. Il n'avait eu le choix, attaché de la sorte à un cactus, mais je l'estimais brave car contrairement à moi, il n'avait pas de couverture pour se couvrir la quasi-totalité du corps. Je sautai finalement sur ma bestiole et attachai l'otage de Suna à mes genoux pour repartir vers le village du sable. J'étais ravie de ma découverte et savoir les peuples libres aussi puissants me réjouissait.

Alors que je parcourais l'erg avec ma proie, fière du travail accompli, j'entendis le chant des dunes accompagner mon retour. Quelle mélodie ! Je ne m'attendais pas à ce que l'obscurité froide du désert m'offrît comme cadeau ces douces notes qui vint rejoindre un doux vent. Je fus chatouillée dans le cou. Cette douce musique apaisa totalement mon esprit tandis que j'esquissai les gestes d'un chef d'orchestre, tentant de diriger un chant naturel qui ne suivait absolument pas mes gestes. Il était libre et mes cheveux flottaient dans l'air. Je laissai la musique de la nature égayer mon parcours jusqu'à la roche qui s'élevait devant moi, jusqu'à mon village. Les dunes mugissantes m'avaient divertie jusqu'à Suna.

Récapitulatif:
 


Code repris à MISS AMAZING et Aburame Hako.
Dessin de Glazyrin


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