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Chaque fleur attire sa mouche. [Mission D]

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Asa Ageha
Suna no Chunin
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Fiche du Ninja
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Désherbage



Le désert contient son lot de bestioles dangereuses et venimeuses, sans parler de nos propres marionnettistes qui aiment enduire les lames de leurs créations de poison… Nous devons être prêt pour les accidents. Une serre a été aménagée pour cultiver des plantes médicinales, mais ce lieu protégé est aussi un terreau idéal pour pléthore de mauvaises herbes. Aller nettoyer ça, en prenant garde aux plantes que vous arracherez…



Commanditaire : Hôpital de Suna

Récompense :50 ryôs


Ageha entra dans la serre et sentit immédiatement une humidité bien étrange pour les terres arides de Suna l’attaquer. Ses vêtements se collèrent à sa peau et ce fut comme si un étau compressait ses poumons. Derrière elle, un membre du corps médical referma prestement la porte derrière elle, pour conserver le délicat écosystème. Il ne fallut qu’un court instant à la jeune fille pour s’habituer à ce nouvel environnement, moment pendant lequel elle resta parfaitement immobile, les yeux clos. Seuls ses orteils bougeaient, alors qu’elle enfonçait ses talons et voûtes plantaires dans le terreau riche et gras sous ses pieds. Cette sensation était carrément orgasmique ! D’ailleurs, elle se surprit à pousser un petit grognement satisfait venu du fond de ses entrailles tandis qu’un frisson remontait le long de sa colonne vertébrale. Si elle pouvait, elle se roulerait dans l’herbe.

Mais elle ne pouvait pas. Elle n’était pas dans les plaines fertiles qu’elle s’imaginait souvent au-delà de son cher désert. Ici, c’n’était peut-être pas le paradis, mais peut-être son entre-porte. Ici, c’était la vie, et parfois la mort. Le stock d’herbes, fleurs, pollen, sèves, pétales, bulbes, racines... sans parler des insectes qui grouillaient ici... représentait l’un des trésors le plus précieux de Suna. A partir de chaque élément ici présent, jusqu’au moindre petit grumeau de terre, les nin-médecins pouvaient distiller des remèdes, des poisons, des antidotes et les Esprits seuls pouvaient bien encore savoir quoi.

Et c’était à elle qu’on confiait le soin de veiller sur ce microcosme. Pour certains, la mission était une plaisanterie, une infamie même. Un ninja, un guerrier, qui a passé des heures à s’entraîner pour résister aux pires situations, n’avait-il pas mieux à faire ? Pour autant qu’elle fût concernée... non. Etre un ninja, c’était renoncer à l’honneur. Un ninja n’avait ni nom, ni maître. Il ne servait pas un clan, ni des ambitions personnelles. Il s’effaçait pour le meilleur d’une cause, d’un village, d’un pays. Un bon ninja, d’ailleurs, ne devait être connu ni de nom, ni de face. Toute réputation était un fait un échec. Non, seule l’origine du coup devait être su : cet homme était mort de la main d’un ninja de Suna. Le commanditaire ? Ah, libre aux proches de la victime d’enquêter. Mais seul un shinobi de Suna avait été capable de s’introduire dans cette pièce si bien gardée pour assassiner, ou voler. Aux yeux d’Ageha, les grandes batailles en ordre rangé, ou mêmes les attaques sournoises à grande échelle, n’avaient rien à voir avec l’art des ninjas. Le temps de la guerre était terminée. La paix demandait tact et délicatesse, une main souple, mais parfois décidée.

Une main telle celle qui se faufilait à travers les ronces pour venir cueillir les petites baies orangées dont les pépins entraient dans la composition de toniques récupérateurs de chakra, la pulpe dans des onguents cicatrisants et la peau dans des choses auxquelles les maîtres empoisonneurs n’avaient pas jugé bon de l’informer. Qu’est-ce que des égratignures, face à ça ? Le sang perlait, mais Ageha s’en souciait peu. A peine prit-elle le temps de s’essuyer avant de repartir à la chasse aux limaces qui se dissimulaient dans la vigne qui poussait le long de la structure en pierre prévue à cet effet. Les abeilles bourdonnaient autour d’elle, car en haut, nichée entre deux rochers pour profiter du soleil au maximum, la ruche gorgée de miel restait un territoire défendu. Ageha faisait bien attention à se déplacer doucement, pour ne pas attirer l’attention des créatures aussi essentielles qu’anatomiquement mal foutues. Parce que bon, mourir en se défendant, le dard arraché, c’était d’un cosmiquement ridicule. A se demander pourquoi les Dieux leur avaient foutu ce dard pour commencer. La jeune fille avait bon cœur, et n’avait pas envie de voir personne mourir, à commencer par d’innocents hyménoptères, surtout si la corollaire était de s’être faite piquer. Aussi manœuvrait-elle avec beaucoup de précaution, au point d’en oublier ce qu’elle faisait : c’est-à-dire, récolter les limaces. Machinalement, elle plongeait la main entre le feuillage de la vigne, tâtait à l’aveuglette jusqu’à sentir sous ses doigts le renflement visqueux du gastéropode. Sans dégoût particulier, elle grattouillait autour de la petite masse jusqu’à pouvoir la décoller de son support sans blesser la bestiole – ou la faire éclater. Beurk. Non, merci. Et voilà donc qu’à force de faire attention aux insectes volants, elle n’attacha même plus le moindre regard à ses mains, et ce fut par surprise totale qu’un scolopendre la piqua. Le carapacé se carapata en vitesse, n’ayant pas aimé se faire déranger, laissant Ageha crier de effarement et de douleur, agitant contre toute logique la main : à ce stade de son éducation comme empoisonneuse, elle savait que non seulement c’était totalement inefficace contre la douleur, mais qu’en plus, ça avait toutes les chances d’accélérer le transport du venin dans ses veines. Sauf qu’il n’atteindrait pas son cœur : elle serait morte avant. Car l’essaim n’attendait qu’un geste pour fondre sur elle et apparemment, faire le sémaphore entrait dans cette catégorie de menace gestuelle. Et si ce n’était pas l’overdose de venin mélangé, ça serait la chute. A cette hauteur, il n’y avait aucun risque pour un ninja de plus de six ans. Mais Ageha n’était pas un ninja comme les autres – à se demande si elle était un ninja tout court, en fait. Elle n’était ninja que lorsqu’elle le voulait bien. Et là, ce n’était même pas une question de vouloir, mais de pouvoir.

Bon, elle n’avait pas survécu jusqu’à ses dix-sept ans en étant complètement manche non plus ; à défaut de toute autre chose, elle avait l’instinct de survie et ne lui en déplût, les quelques heures d’entraînement péniblement – surtout pour ses instructeurs – accumulés jouèrent d’elles-mêmes. Une réception en roulé-boulé au dessus de l’épaule et la voilà à part. Gonflée et gonflant d’à peu près toutes les zones exposées de sa peau, en ayant piétiné les orties et en ayant écrasé les limaces. Un dégât sur à peu près tous les points possibles de cette mission.
Mais si Ageha n’était pas manche, elle pouvait être particulièrement têtue. Ne se sachant allergique à aucune des trois piqûres qu’elle venait de subir (qu’importe le nom), la blonde s’entêta. Elle allait finir ce désherbage, coûte que coûte ! Et tentant de voir le bon côté des choses : maintenant qu’elle était toute engourdie, elle allait pouvoir y aller « franco ». Les épines, l’urticaire ? Même pas mal ! Sur le coup bien entendu.

Aussi, si le jardin fut rendu nickel, à deux-trois exceptions près – les orties notamment – Ageha gagna son ticket pour les urgences. Toujours aussi positive, elle put surtout se reposer pendant deux jours en toute légalité.  Le pire était peut-être qu’elle adora catégoriquement cette expérience, et qu’elle était prête à signer à nouveau. Les médecins, eux, partageait peut-être moins son enthousiasme.
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