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Croiser le fer.

Yamanaka Ao
Yamanaka Ao
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Croiser le fer. Dim 21 Juil - 22:45
Yamanaka Ao
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La première leçon du père


De lui-même, il est revenu. On cogne à la porte de ma chambre en fin de journée alors que maman est partie pour une commission dans un village voisin; ça ne peut être que lui. Il n'aurait pas osé me demander si maman avait été là, c'est certain. C'est mon père, je le connais bien même si lui... il ne me connait plus.

Depuis le tour de magie de l'image miroir, c'est devenu un peu tendu à la maison. Pas à cause de la colère ou de la honte, loin de là, mais plutôt parce qu'il a fallu longtemps à papa pour réaliser que son enfant n'était peut-être plus aussi délicat, fragile, qu'il ne l'aurait imaginé. J'ai changé, j'ai appris, j'ai découvert. La porte finit par s'ouvrir, et je le laisse entrer. Assis à ma petite table, encre aux doigts, j'étais penché sur la rédaction d'un rouleau;

«...Tu peux entrer!» dis-je en déposant mon pinceau et en essuyant mon front. Je ne perds pas une minute, je tourne mon regard vers la porte. La silhouette paternelle franchit le pas. Je ne parle pas. Il prend du temps à parler.

Il n'est pas à l'aise. Il me regarde de haut, il n'a pas le choix vu que je suis par terre. Il ose enfin, en baragouinant;

«...Écoute, Ao.. Je voulais m'ex--
– Oui?»

Il n'a pas le temps. Je ne lui donne pas le temps.

Visiblement, je n'ai pas encore laissé passer cet évènement. Je ne suis pas le plus rancunier, mais je suis un peu plus sec avec lui qu'avec ceux qui passent la porte de mon bureau. Je commence à apprendre ce que c'est que d'avoir une place, un rôle à jouer. J'avais déjà compris quand j'étais petit, quand lui et moi on a eu notre accrochage. Aujourd'hui, je mets mes connaissances en pratique. Il a le souffle court cette fois-ci. Il ne se permet pas d'écart, il me traite comme un égal, finalement;

«Je voulais te demander si ça t'intéresserait d'apprendre le maniement d'arme?
– Oui.»

Je réponds encore une fois, sans hésiter une seconde. S'il veut bien m'apprendre, c'est qu'il a compris. Il est venu à moi en me respectant, chose qu'il n'a jamais eu la décence de faire quand j'étais haut comme trois boules de dango assortis. Ses yeux s'écarquillent très soudainement, il s'attendait sûrement à ce que je refuse. Comme quand j'étais petit.

«– ...Tu es d'accord!? Tu veux vraiment apprendre?
– Oui, ça me ferait plaisir d'en apprendre un peu plus sur ce que tu fais.
«– D'accord! Suis-moi, je passe chercher des armes et on part tout de suite après!»

Il ne m'a pas proposé ce genre de chose depuis une bonne douzaine d'années au moins, depuis que maman a pris son rôle d'instructeur. C'était en partie de ma faute, je le sais bien; j'avais peur des armes, quand j'étais petit. J'ai découvert les shuriken et kunai par nécessité, le reste je l'ai refusé. Avec les années, j'ai appris à accepter que parfois si on ne se défend pas, on risque gros. J'ai compris que les armes sont faites pour faire mal, pas pour faire peur.

Et si quelqu'un veut me faire mal, je lui ferai vraiment mal.

***

Il me guide jusqu'au terrain d'entraînement (oui, là où j'ai appris du "taijutsu" mortel avec mon confrère aussi agressif qu'efficace), un katana dans chaque main. En m'amenant il m'explique ce qu'il compte faire, et c'est assez simple. «Je sais bien que ton point fort n'est pas la puissance et les muscles, alors je vais te montrer des coups qui vont correspondre mieux à tes propres forces. Tu maîtrises ton chakra et tu es très rapide, alors on va travailler là-dessus: ton chakra compensera ton manque de force physique.» Il se souvient. Il a repensé à notre esbrouffe d'il y a un mois.

Ça me fait plaisir de le voir; il apprend ce que je veux, il commence à comprendre que sa manière n'est pas la seule manière, et juste le fait qu'il puisse dire que j'ai mes propres compétences me montre qu'il ne veut plus me juger. Ça va même plus loin que ça.

Il accepte que quelqu'un puisse faire pousser son propre jardin sans nécessairement être la copie conforme du voisin. Il est moins rigide et axé sur la force que quand j'étais sous ses enseignements. Il me tend un katana. «Je reviens.»

Avant, il me l'aurait lancé.

Devant moi, à une quinzaine de mètres de distance, il installe des mannequins de bois en rangée. «Tu te sens prêt à commencer? ... Je te fais la démonstration.» J'ai hoché la tête, il s'est approché et s'est installé à côté de moi. Je prends un peu de distance pour l'observer; s'il s'élance avec sa lame, je la mange en pleine gueule, c'est certain.

J'observe sa posture; il est arqué, ses muscles sont tendus, prêts à bouger. Je sens du chakra qui s'accumule dans le fourreau de son katana. D'un trait vif, il tire sa lame en direction d’un des mannequins. Le chakra s’élance, coupe le truc en deux, net.

Je déglutis. C’est... «C’est la base pour un épéiste. En chargant du chakra dans la lame, on peut le mouler et le projeter. Le chakra perd en compression sur une longue distance; plus tu es près de ton adversaire, plus ça fait mal. Ton tour, cette fois: sors ton arme, pas besoin de fourreau.»

Il se place à côté de moi après avoir planté son épée dans le sol. Du mieux qu’il peut, il m’aide à me placer pour que je sois au moins dans la bonne posture. «Un peu de tonus, le dos droit, et tiens fermement le manche avec tes deux mains. Tu te prépares à donner un coup, ton arme ne doit pas être devant toi.» Je commence à regretter d’avoir dit oui. Je soupire. «J’ai déjà une bonne idée de la posture, papa...»

«Alors donne un bon coup vertical et libère du chakra en même temps, on va commencer par ajuster la quantité de chakra que ça te prendra. Ton but, même si ça ne coupe pas le pantin de bois, c’est que ton chakra s’y rende.»

Je ferme les yeux, les bras levés. Comme avec du genjutsu, le laisse mon chakra se fondre et se glisser dans la lame. Quand je me sens prêt, que l’épée semble un peu plus lourde, je m’élance. Un projectile informe de chakra se jette hors de ma lame et se dissipe en touchant au pantin.

«Pour un premier coup, c’est très bien! Maintenant, je veux que tu recommences mais avec deux fois plus de chakra, que tu vas condenser dans la lame. Tu dois ressentir une pression qui vient de la lame, okay? Vas-y!»

Après ces petits encouragements, j’y mets un peu plus du mien; c’est bien tout ce que ça prend pour me faire plaisir. On recommence une nouvelle fois l’exercice comme il me l’a expliqué. Le résultat est très similaire, sauf que cette fois-ci je vois que la masse de chakra que je libère garde à peu près sa forme.  «On recommence! Encore quelques coups, Ao!»

Ça va me tuer.

***

Une bonne poignée de minutes plus tard, à force d’essais (et d’explications foireuses), mon père me fait pratiquer le mouvement en faisant un pas devant moi, à chaque fois je m’approche un peu plus de monunching bag en bois. Plus j’avance, plus ça se passe bien; je commence à voir de l’amélioration, et mon chakra commence à égratigner la surface de l’objet. «Encore une fois! Plus de TONUS, AO! CRIE AVEC MOI!»

Je fais un pas en avant avant de faire s’abattre sur le pantin toute mon agressivité refoulée depuis je ne saurais dire quand. Je crie comme un débile, mais ça fait du bien! YAAAAH!

Les marques sur le bois (maintenant découvert à force de se faire bombarder) commencent à avoir l’apparence de coups tranchants, mais je n’arrive pas encore à entâmer le bois. Par contre, plus j’avance, plus les marques sont grosses. «DES MOUVEMENTS PLUS RAPIDES, AO!»

Je continue en m’égosillant comme un gros imbécile, mais il y a des résultats!

Je finis devant le billot de bois, très visiblement strié par mes multiples tentatives. Un ou deux pas de plus et ma lame pourrait directement le toucher.

Essoufflé, le patriarche essaie néanmoins de me donner le peu d’encouragement qu’il me manque pour réussir. Même pas besoin. «Ah.. Ao! Un dernier coup, tu es assez près pour que ça le fende en d–!»

«CETTE FOIS JE L'AURAI CE FOUTU BOUT DE BOIS!!!»

Et croyez-moi, je l'ai eu! Je n'ai pas pu voir la figure de mon père, mais je sais qu'il a eu peur. Tout le monde a peur quand je fais "la voix".

Mais j'ai tellement mal à la gorge que je pense que j'aurai besoin d'une tisane au miel par intraveineuse pour les trois prochains mois. À bout de souffle, puant comme un goret pas encore embroché, je laisse tomber l'épée devant le morceau de bois scindé en deux.

Ça m'aura prit deux heures de pur canalisation d'agressivité, deux heures de patience à lancer un peu de chakra sur un truc, mais j'ai finalement appris la base de l'épée. Seulement la base. Je m'installe par terre, mon père me rejoint.

«Euh, Ao... Qu'est-ce que tu fais? C'est pas fini.»

Ah non? «Eh bien... pour l'instant, Oui. Donne-moi une heure avant de continuer, mes bras sont morts.» Qu'il essaie de me dire ce qui est fini ou pas, juste pour voir. «Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais ramper jusqu'à la maison et boire de l'eau avant de mourir.»

«Ah, ne joue pas les dramatiques!»

...
Entraînement au Kenjutsu






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