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Surveillance nocturne

Kusaribe Yuuki
Kusaribe Yuuki
Suna no Genin
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La lune brillait haut dans le ciel. Pourtant, impossible de la voir. Les nuages qui recouvraient la cité de Baransu depuis l'arrivée des armées de Tetsu ne s'étaient pas déplacés, plongeant les environs dans une ombre constante. Le crachin qui tombait sans cesse n'aidait pas à la situation, difficile de discerner quoi que ce soit plus loin qu'une dizaine de mètres. Le bruit de la pluie qui martelait le sol et les murs brouillait l'ouie tout autant : il était laborieux de déceler des pas discrets discrets dans la nuit pour tout shinobi n'ayant pas de facultés spéciales. Autant dire que la situation était loin d'être favorable pour tous ceux qui se retrouvaient coincés à l'intérieurs des murs de la ville. Cela faisait plusieurs jours que l'attaque des Samourais avait confiné toute la populace à l'intérieur des murs, sans possibilité de sortie.

Yuuki en était d'ailleurs forcément mécontente. En plus d'avoir froid dès que le soleil tombait à cause des vêtements mouillés, voilà qu'elle était reléguée aux tâches les plus ingrates en raison de son bas rang. Les membres de son équipe s'étaient vus décerner des missions prestigieuses, dont l'une d'elle avait même mené à la capture de son sensei, alors qu'elle devait être au service des médic-nins des autres villages. Il y avait peut-être un Jonin de Suna dans la chaine de comandement de l'équipe médicale, mais si c'était le cas, celui-ci était resté invisible, préférant déléguer les tâches aux autres ninjas. C'est ainsi aux ordres de shinobis de Konoha et d'Uzu - la honte - que Yuuki devait faire des commissions pour eux : aller chercher de l'eau et des bandages au besoin, surveiller les patients, prendre les signes vitaux, rédaction de dossiers médicaux. Tout ça parce qu'elle était une Genin Kusaribe. Si elle avait été de meilleur rang et d'un autre clan, elle aussi aurait pu faire les belles missions.

Au moins, elle était capable de voir le bon coté des choses : ses affectations n'avaient rien de bien dangereux. Au pire, elle avait vu un soldat de Baransu qu'il avait fallu calmer lorsqu'il appris que son fils était décédé pendant les combats. Devenu fou de rage, il s'en était pris à un medic-nin avant d'être solidement entravé par des renforts. Au mieux, Yuuki avait reçu quelques déclarations d'amour de la part de samourai qui déliraient sur les drogues analgésiques. Rien d'aussi extraordinaire, toutefois, en comparaison des exploits de ses compatriotes.

D'ailleurs, le combat pour tenir la porte de Baransu venait de se terminer quelques heures plus tôt. Ageha, sa coéquipière, s'y serait brillamment démarquée en tuant de puissants ennemis et volant une arme légendaire selon les rumeurs qui étaient parvenues jusqu'à Yuuki. La jeune Sunajin n'avait malheureusement pas reçu d'informations officielles : la pragmatique Chuunin ne viendrait pas lui annoncer la bonne nouvelle à moins d'avoir besoin d'être soignée - et encore, il faudrait lui tirer les vers du nez-, et Akihiko avait été enlevé par les forces ennemies quelques jours plus tôt. Mion, pour sa part, aurait été vue en train de noyer son chagrin, s'en voulant de ne pas avoir pu protéger la deuxième personnalité la plus importante du village.

Autrement dit, Yuuki avait été laissée seule à elle même.

Maintenant que les choses étaient revenues au calme, les blessés graves ayant été pris en charge rapidement; les légers, soignés à la hauteur de leurs besoin, la jeune Kusaribe avait été placée à la surveillance des tentes où tout ce beau monde dormait. Pendant que les médics-nin officiels se reposaient suite à cette soirée mouvementée, les moins expérimentés étaient relégués aux tâches infirmières, à savoir monitorer le rétablissement des patients. À toutes les heures, Yuuki devait donc faire une ronde afin d'administrer les médicaments, vérifier les signes vitaux, s'assurer que personne n'était mort dans son sommeil, ainsi que de questionner tout individu louche qui se promènerait trop près des tentes médicales. Après tout, on était jamais trop prudent, et des soldats de Tetsu infiltrés pourraient profiter de la cohue pour finir leur tâche.

L'heure était venue d'effectuer une ronde, et Yuuki se leva de son poste d'observation, prête à effectuer son ennuyante activité de surveillance.
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Nishimura Senzo
Nishimura Senzo
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Nishimura Senzo

Surveillance Nocture

Baransu




Baransu, son festival, son grand bazar, ses marchés et son attrait pour les shinobis. Senzo y était allé chaque année durant son enfance et c'était assez logique pour une famille de marchand nomade de s'y rendre. Tissus, denrées, bijoux, poteries, on y trouvait de tout, en quantité et à des prix dérisoires parfois. C'était aussi, de par le nombre d'acheteurs potentiels, un endroit très prisé des revendeurs du marché noir, qui écoulaient leurs marchandises à l'abri des regards.

La raison de la présence de l'Uzujin dans la cité était tout autre cette année. Il était venu avec la délégation de son village et par conséquent, se devait de suivre les ordres et de ne pas causer de problèmes. Le Jônin connaissait bien la ville, il savait ce qu'encouraient les fauteurs de troubles. Les Chûritsu et leurs samouraîs faisaient régner l'ordre et la paix, on ne donnait pas cher de la peau de ceux qui allaient à l'encontre de la loi. Tout était fait pour que les soucis soient réglés de la manière la moins sanglante possible, de nombreuses arènes parsemant la ville pour régler les querelles comme des "hommes".

Senzo avait donc passer la majeure partie de son passage ici avec ses collègues ninjas. Il faisait partie d'une équipe chargée d'assurer la protection d'un dignitaire venu faire des emplettes et nouer des relations de travail. Courbettes et compagnies en somme, c'était loin de plaire au métis, mais sa mère avait été claire avec lui. " Les Nishimuras ont des relations à Baransu donc ne te fais pas remarquer, il en va de la réputation de la famille !" La voix de Sanada résonnait encore dans sa tête, comme un rappel. Le soldat trouvait qu'elle en faisait trop, mais il ne voulait pas avoir à subir les sermons de son père en revenant et s'était tenu à carreau.

La nuit venue, la troupe fut libérée de ses obligations et ils laissèrent la charge aux samouraïs de la citadelle Chûritsu. Là-bas, le noble ne risquait rien et Senzo pouvait s'en aller vaquer à d'autres occupations. Il avait appris à apprécier cette fête et l'allure que prenait la ville. S'il n'était pas fan de toute cette foule, il aimait cependant l'observer sur les toits, en tout discrétion.

De là-haut, il pouvait apercevoir les gens et s'amuser à noter mentalement leur comportement. Cette vieille femme hautaine qui s'en prenait à une jeune fille, car elle l'avait bousculée, ce vieil homme coiffé d'un sagegasa qui lui, défendait la jeunette, expliquant qu'elle ne l'avait pas fait exprès. Et ce grand homme musclé envoyant valdinguer les passants pour venir asséner une mandale au protecteur de la demoiselle. Par effet boule de neige, une bagarre générale éclata dans la ruelle. Tout cela allait mal finir.

Du coin de l'oeil Senzo aperçut l'homme au chapeau s'échapper, la donzelle sous le coude. Par curiosité, il décida de les suivre. Ils pénétrèrent dans une taverne de fortune, à l'extérieur des remparts, que le ninja d'uzu connaissait bien, il y allait souvent avec son paternel. En soulevant la toile servant de porte, il tomba sur le cul.

« Egao ?! » dit-il, surpris.

Le fils ne savait pas son père présent à Baransu et ne put qu'être encore plus étonné quand celui-ci se retourna à l'appel de son prénom. Il s'approcha de lui, s'apprêtant à lui tirer les ver du nez quand la toile de tente s'envola d'un coup, un vent puissant l'envoyant au loin, faisant virevolter les couverts et trébucher les plus faibles. Il ne l'avait pas remarqué, bien trop concentré dans sa filature, mais le temps s'était salement gâté. Bien trop rapidement pour que cela soit naturel. Un sifflement caractéristique perça l'oreille de Senzo, réveillant ses sens, il devait agir avec rapidité.

« Sous la table, vite !!! »

Il sauta en direction de son père, le plaquant au sol avant de le tirer sous une table solidement maintenue à terre. La volée de flèches que le shinobi avait perçut s'abattit avec violence sur le bazar, décimant par centaines les civils. Senzo serra le poing de colère, c'était un carnage et il ne savait même pas d'où cela provenait, qui avait bien pu s'attaquer à Baransu à cette période ? C'était déclarer la guerre à 3 pays en même temps. Seule une immense puissance pouvait se le permettre.

Il n'eut pas le temps de tergiverser plus longtemps, le sol se mit à trembler de plus en plus fort et à un rythme soutenu, le bruit d'une chevauchée. Il exhorta son père à se lever et à courir de toutes ses forces pour ne pas mourir. A l'inverse, lui comptait rester pour faire gagner du temps à Egao. Son père s'éloigna rapidement et Senzo se positionna pour faire face.

Bientôt, il distingua une silhouette, puis deux puis des centaines. A la vue du nombre d'ennemis, il fit marche arrière. Il n'était ni un couard, ni un lâche, il était juste suffisamment intelligent pour savoir qu'il n'était pas capable de faire face à une telle charge. Il serait bien plus utile pour protéger les remparts de l'intérieur, que mort ou blesser à l'extérieur.

Tournant le dos à la charge, il ne remarqua que trop tard le cavalier et son cheval passer à côté de lui et il ne put rien quand l'ennemi asséna un coup de katana dans le dos de son père, qui s’effondra. Dans un élan de colère, il se propulsa en direction du samouraï, celui-ci se retourna et lança une nouvelle charge, en direction du jônin cette fois-ci. Un kunaï lancé en plein front du canasson le fit s'affaisser vers l'avant, envoyant voler celui que Senzo reconnut comme étant un tetsujin. Il s'écrasa avec violence sur le sol, la boue amortissant sa chute, et tenta de se relever avant que l'homme à la peau mat ne le cloue au sol en enfonçant une arme de jet dans sa gorge.

Reprenant ses esprits, il se dirigea vers son père. Il avait vécu pareille situation de nombreuses fois avec sa mère, s'il s'inquiétait outre mesure, il perdrait le sens des priorités, il devait rester calme. Il attrapa son père inconscient et le cala sur son épaule. Le reste des tetsujin combattait férocement les shinobis et samouraïs de Baransu qui défendaient les remparts. Senzo traversa la porte, cherchant quelqu'un qui pourrait l'aider. Tous étaient bien trop occupés, il fallait défendre la ville et ses murs sans quoi il y aurait beaucoup plus de morts.

L'aîné des Nishimura poursuivit donc sa route, il connaissait bien le lieu, en temps normal il savait se repérer, mais l'épais brouillard causé par la tempête l'empêchait de se diriger. Ne souhaitant pas avancer à l'aveugle, il choisit de se terrer dans une maison dont les habitants étaient partis. Il y passa quelques minutes, s'évertuant à soigner son père avec le peu de connaissance qu'il possédait et d'occire quiconque s'approcherait avec de mauvaises intentions. Il n'en doutait pas, pour mettre en place une attaque pareille, il fallait forcément des agents infiltrés.

Quelques heures passées à se faufiler à travers rues plus tard, il finit par atteindre ce qui lui semblait être la zone de prise en charge des blessés. Trempé et fatigué, il s'approcha de la première personne qu'il put apercevoir, une femme à la peau foncée et aux cheveux dorés, il l'interpella.

« Nishimura Senzo, Jônin d'Uzu, j'ai besoin d'aide, cet homme est gravement blessé, c'est mon père, soignez le s'il vous plaît ! »

Il avait décliné son identité, il valait mieux pour ne pas qu'on le prenne pour un ennemi. Il était calme même si on pouvait sentir l'inquiétude grandissante dans sa voix. Il avait soigné Egao du mieux qu'il pouvait, mais avait pris un temps fou pour arriver jusqu'ici et ne savait pas ce qu'il adviendrait de son père. Il posa son père sur un lit de camp à proximité et changea de sujet, il lui fallait des informations sur les combats.

« Qu'en est-il des combats ? Ils sont finis ? »

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Kusaribe Yuuki
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Yuuki venait de mettre quelques analgésiques dans son sac, et avait sa liste de patients à superviser entre les mains, prête à faire sa tournée, lorsqu'elle entendit des bruits de pas. Deux hommes e'engouffrèrent alors dans sa tente, l'un d'entre eux assez mal en point, supporté par l'autre.

« Nishimura Senzo, Jônin d'Uzu, j'ai besoin d'aide, cet homme est gravement blessé, c'est mon père, soignez le s'il vous plaît ! »

« Bon sang mais vous arrivez d'où comme ça ? » chuchota la Genin, intimant le shinobi à faire de même. Il y avait moult blessés en rétablissement dans les tentes tout près, et Yuuki ne laisserait pas un gêneur briser la quiétude des lieux, qu'il porte un mourant ou non.

Le Jonin ne répondit pas tout de suite, déposant l'homme qui était son père sur une pile de caisses recouvertes d'un drap, un pur lit de fortune tel qu'il l'avait si bien dit. Ce n'était certes pas le meilleur endroit, mais Yuuki était à un poste de surveillance et non pas la tente de réception des blessés, qui devait être vide de ses shinobis à ce moment-ci si les deux hommes étaient venus jusqu'à elle. Les combats étaient terminés depuis quelques heures, et on n'attendait plus vraiment de blessés, sauf peut-être ceux qui seraient trouvés sous les décombres de l'attaque de la porte et des murs. Encore là, ça ne justifiait pas la présence des Uzujin à cet endroit : il y avait normalement quelqu'un qui s'occupait de recevoir tout le monde au triage, et ce en tout temps.

Mais il n'était pas le temps de se poser ce genre de questions : un shinobi gravement blessé venait d'être porté à son attention, et il était du devoir de la Kusaribe de s'en occuper, même si cela ne lui plaisait pas.

« Qu'en est-il des combats ? Ils sont finis ? »

« Oui, ça fait déjà plusieurs heures. La porte a tenu bon grâce à la puissance des shinobis de l'Alliance... » répondit Yuuki de façon évasive, plus occupée à s'enquérir de l'état de santé de l'homme que de taper la discute.

Elle attrapa une paire de ciseaux pour découper les vêtements du paternel, qui semblaient valoir un petite fortune à la douceur de la soie qu'elle touchait, mais la survie de l'homme valait beaucoup plus que les ryos qu'il faudrait débourser pour racheter une nouvelle chemise. De toute façon, cette dernière était trouée et tachée de sang. Elle était bonne pour la poubelle, rien de moins.

" Dis tu m'files un coup de main? " lança-t-elle au Jonin afin qu'il l'aide a déshabiller le patient. Pas que celui-ci soit particulièrement corpulent, mais Yuuki n'était pas assez forte à elle seule pour soulever un homme et lui retirer ses vêtements tout en faisant attention pour ne pas aggraver les blessures.

Une fois le surplus retiré, la Kusaribe approcha la lampe qui procura assez de lumière pour effectuer un examen sommaire, qui allait être compléter avec une technique d'Iroujutsu permettant une évaluation médicale avancée. Une faible lueur bleuté s'échappait de ses paumes, alors qu'elle survolait tranquillement le torse de l'Uzujin, à la recherche d'informations sur les blessures et les soins qui seraient adaptés.  Elle décela nombre de contusions, ainsi une longue blessure qui avait été faite part une arme tranchante, probablement un katana. C'était cette dernière qui était la plus préoccupante : des organes internes avaient été touchés et beaucoup de sang avait été perdu. Elle remarqua aussi que des soins sommaires avaient été réalisés, mais pas d'une main experte, et dont les conséquences auraient pu être désastreuses. Elle soupçonna le fiston d'en être à l'origine.

" Voyons ! Ils ne vous apprennent pas à rafistoler correctement des blessures à Uzu? Et pourtant vous avez le clan le plus prolifique en Iroujutsu de tout le Sekai. Quelle honte ! Heureusement que t'as pas aggravé sa blessure, même une Kusaribe de cinq ans aurait fait mieux... Tu me compliques la tâche, mais au moins tu l'as gardé vivant. C'est déjà ça de pris. Par contre, je sais pas comment t'as fait ton compte, mais son flux de chakra m'a l'air bousillé, ça va prendre du temps à guérir crois-moi..." soupira-t-elle.

Voilà une bonne occasion de pester gratuitement contre le village d'Uzu. Elle n'était pas fâchée après le Jonin, elle s'en foutait complètement à vrai dire.  C'était bien lui le pire si la convalescence de son père prenne plus de temps que prévu cause de son inhabilité à soigner correctement une blessure. D'abord elle n'était pas responsable de l'attaque qui venait de se produire, ni mêmes du rafistolage qui avait été effectuée sur le patient. Son boulot c'était de prendre le relais à ce moment. Yuuki n'avait qu'une obligation de moyens, pas de résultats. Et précisons le mot "obligations", car elle n'était enchantée pour le moins du monde d'avoir été affectée aux interventions médicales. Mais voilà les ordres sont des ordres, et la Genin de Suna avait été entraînée à les respecter.  

La jeune medic allait malaxer son chakra pour débuter des soins de base en attendant un médic plus expérimenté vienne prendre la relève, mais s'arrêta dans son geste. Quelque chose n'allait pas, et certains détail clochaient. Était-ce le fait que Senzo était arrivé avec son père à la tente de Yuuki et non pas à celle qui servait de réception des blessés? Ou le fait qu'il n'ait pas donné le nom et le grade de son père ? Qu'il ait posé des questions sur les combats? Que la qualité des soins donnés soient exécrables connaissant la réputation d'Uzushio?  Ou encore les vêtements de bonne facture du paternel qui n'avaient rien de tenus de shinobi régulières? D'autant plus qu'elle ne ressentait pas les fluxs de chakra lors de son examens... il y avait anguille sous roche. Bien évidemment, une analyse avancée de l'état de santé du père avait permis de déterminer qu'il n'était pas sous l'effet d'un Henge, mais sachant que les samourais de Tetsu n'utilisaient pas le ninjutsu de toute façon...

" Dis, tu veux me répéter ton nom et ton grade... et celui de ton père s'il te plait? Et si en prime tu pouvais me prouver que tu es bel et un bien shinobi, ça nous éviterait bien des soucis à tous les trois..."

À la lueur de la lampe, on pouvait voir briller un scalpel qui venait d'apparaître dans la main de la jeune fille, dont la fine lame acérée était plaquée sur la gorge du père de Senzo. Le moindre faux mouvement de la part de l'un ou l'autre, et il se retrouverait avec la jugulaire tranchée. Même avec des soins médicaux avancées, il se viderait de son sang en quelques minutes...
 
Après tout, les rumeurs d'infiltration courraient, et l'on n'était jamais trop prudent.
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Nishimura Senzo
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Nishimura Senzo

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Baransu



Il avait posé la question comme un réflexe, déformation professionnelle, car après avoir saisi la situation, il se dit qu'il se fichait bien de savoir ce qu'il se passait pour les autres. Quand sa mère était blessée au combat, il savait comment réagir, il n'avait d'ailleurs pas besoin de faire quoi que ce soit la plupart du temps, Sanada était solide et s'en sortait toujours. Mais là, il s'agissait de son père.

Egao était là, posé à même un vieux linges, sur de vieilles caisses dans une vieille tente et Senzo ne savait quoi faire. Il ne s'en voulait pas, rien n'aurait pu prédire une attaque d'une telle ampleur, il redoutait juste ce qui allait arriver à son paternel. L'adrénaline du combat disparu, toutes les informations venaient à lui, son père agonisait et il devait compter sur une jeune fille à la peau mate pour le sauver. Une fille qu'il ne connaissait pas de surcroît.

Sa tête fit un mouvement de gauche à droite, comme pour faire face, dire non. Son père ne mourrait pas ainsi, il en avait vu d'autres avec sa femme, il avait vécu les afres de la guerre dans sa jeunesse, perdu des proches et combattu, à sa manière. Il ne pouvait flancher ainsi, il avait confiance en son vieux et devait rester positif coûte que coûte. Il reprit peu à peu ses esprits après que la jeunette ait répondu à sa question. Elle ne donna pas plus de détail, affirmant juste que les combats étaient terminés depuis quelques heures et que le siège était terminé.

Ceci fait, elle commença à s'occuper du patriarche Nishimura. Elle découpa le haut en soie d'Egao, cadeau de mariage de Sanada. Dans d'autres circonstances, apprendre cela aurait rendu la mère folle de rage et le père aurait dû se cacher quelques temps hors de la résidence, mais c'était obligatoire pour mener à bien les soins. Senzo s'approcha de la kunoichi quand celle-ci réclama son aide. Il fallait y aller avec doigté pour ne pas rendre les choses plus graves. La shinobi passa un certain temps à analyser la plaie, survolant le corps du blessé avec délicatesse et habileté. Senzo regardait cela d'un oeil étrange, il n'y connaissait pas grand chose à l'iroujutsu, et cela, même si Uzu possédait les medicnin parmi les plus talentueux. Il avait eu quelques cours basiques avec sa mère, tout au plus de quoi cautériser des plaies et arrêter les saignements et n'avait pas été très assidus à l'académie, il n'avait cependant pas pu en faire plus étant donné sa situation. La jeune femme posa son regard sur le shinobi, avant de s'exprimer.

« Voyons ! Ils ne vous apprennent pas à rafistoler correctement des blessures à Uzu ? Et pourtant vous avez le clan le plus prolifique en Iroujutsu de tout le Sekai. Quelle honte ! Heureusement que t'as pas aggravé sa blessure, même une Kusaribe de cinq ans aurait fait mieux... Tu me compliques la tâche, mais au moins tu l'as gardé vivant. C'est déjà ça de pris. Par contre, je sais pas comment t'as fait ton compte, mais son flux de chakra m'a l'air bousillé, ça va prendre du temps à guérir crois-moi...»


Elle était cash et n'avait pas froid aux yeux. S'ils n'étaient pas du même village caché, les normes voulaient tout de même un certain respect vis-à-vis d'un ainé, elle, elle semblait n'en avoir que faire. Un rictus s'afficha sur le visage du basané, signe de sa légère irritation. Ce n'était pas dans ses habitudes de réagir à ce genre de piques, mais ce n'était pas un moment habituel. Malgré tout, il ne dit rien, préférant ne pas déconcentrer celle qui avait la vie de son père entre les mains, faisant juste un haussement d'épaules pour réponse. Elle poursuivait donc son expertise, faisant s'écouler du chakra dans la paume de ses mains, comme un ninja médecin savait le faire, jusqu'à ce que soudainement elle s'arrête dans son mouvement, pile au milieu du dos de son père. Le regard du fils se figea dans l'inquiétude et un tourbillon de question souffla dans son esprit.


Avait-il été touché plus gravement ? Avait-elle décelé une blessure plus profonde, son dos était-il atteint, pourrait-il se tenir debout à nouveau ? Ou pire, la plaie était-elle trop dure à soigner pour la jeune ninja qu'elle était ? C'était bien pire. Elle venait de déposer son scalpel contre la lame du vieil homme et menaçait maintenant sa vie, soupçonnant Senzo d'être un infiltré. Il soupira longuement, c'était typiquement le genre de journée qu'il haïssait. Devoir se coltiner un vieux nobliau, croiser son père, le voir être blessé gravement pour au final tombé sur une empêcheuse de tourner en rond. S'il avait été un espion, croyait-elle vraiment qu'il aurait attendu si longtemps avant de l'assassiner ? Bien au contraire, il aurait profité de tous les moments durant lesquels elle était concentrée sur son patient pour se charger d'elle. Il soupira de désespoir en l'écoutant.

« Dis, tu veux me répéter ton nom et ton grade... et celui de ton père s'il te plait ? Et si en prime, tu pouvais me prouver que tu es bel et un bien shinobi, ça nous éviterait bien des soucis à tous les trois...»


Senzo voulut un instant, juste un centième de seconde, lui balancer un kunaï entre les deux yeux pour avoir osé mettre en péril la vie de son père. Il retint cette pensée au fond de lui, c'était un risque inutile, il ne voulait pas tuer une jeune fille, pas devant son père et surtout pas la seule personne présente pouvant le sauver. Il soupira à nouveau, se gratta la barbe avant de prendre place sur un tabouret derrière lui. Il expira longuement puis déclara d'un ton calme et posé.

« Calme toi. Honnêtement, je n'aurais eu aucun mal à en finir avec toi si j'avais été un espion, si tu en veux la preuve.
Il joignit ses mains pour former les signes pour le Shunshin et réapparut de l'autre côté de la tente, assis sur des caisses, laissant un nuage de fumée sur le tabouret. Si mes talents en iroujutsu sont proches du néant, à l'inverse, je peux me faufiler aisément et tu ne m'aurais pas vu venir si j'avais eu pour mission de te tuer. »

Ici, il posa un genou à terre, suivit du deuxième et poursuivit.

« Comme je te l'ai déjà dit, je suis Nishimura Senzo, je suis venu avec la délégation d'Uzu, je pense t'avoir prouvé que j'étais un ninja. L'homme blessé est mon père, Nishimura Egao, il a 52ans et c'est un commerçant, pas un ninja. Il ne mérite pas ce qu'il lui arrive. Il baissa la tête de sorte qu'elle touche le sol et parla à voix haute et intelligible. Alors je t'en supplie, sauve le ! »

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Kusaribe Yuuki
Kusaribe Yuuki
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Voilà, tout s'expliquait maintenant. L'état de la personne qu'elle avait devant elle n'avait pas été empiré à cause de mauvais soins de la part du shinobi, causant l'arrêt de son flux de chakra. Le blessé devant elle n'était rien d'autre qu'un simple commerçant avec de beaux vêtements, un homme tout à fait normal sans grade ni chakra. La jeune fille n'avait pas émi pas un seul geste alors que le Jonin effectua des mudras pour se téléporter à l'autre bout de la tente, prouvant de facto son identité, et qu'il n'était probablement pas un infiltré. Elle ne releva pas la menace à demi-voilée qu'il fit en parlant de ses compétences en infiltration et sa capacité à la tuer si cela avait été son intention. Yuuki était consciente de ses faiblesses, elle qui n'était qu'une simple Genin. Parmi les shinobis du village de Suna, elle devait être la kunoichi la plus vulnérable de tous. D'où la raison pourquoi elle n'avait pas été envoyée sur le front contre Baransu, mais plutôt reléguée à l'arrière plan. Bien sûr, n'importe quel soldat de Tetsu bien entrainé pourrait facilement avoir sa peau s'il le souhaitait. Le Jonin devant elle ne ferait qu'une bouchée de la jeune fille. Mais tous se battaient pour leur vie en ce moment, l'ennemi était partout. L'on était jamais trop prudent en ces temps troublés.

Ce qui la choquait le plus par contre, c'était que ce même ninja plus puissant qu'elle se mit à genoux, la suppliant d'offrir des soins à son père. Et puis quoi encore? Tout le stress entourant le siège, la guerre, les combats, la disparition de son Sensei, tout ça explosa en même temps.  

" Non mais tu veux que je fasses quoi là ? J'ai pour ordres de soigner uniquement les shinobis et les soldats de Baransu, et là tu m'apportes un civil ! Un civil, bordel ! Tu comprends que nos ressources sont limitées en ce moment ? On n'a pas infini de chakra ni de matériel, tu penses qu'on peut gaspiller le peu qu'on à pour soigner un *put...* de civil ? "

Elle n'avait pas prononcé le mot à connotation négative au complet. Sa voix n'était qu'un chuchotement, mais à la façon dont l'air passait au travers de ses dents, en plus du gesticulement de ses bras, il fallait être sourd et aveugle pour ne pas réaliser que Yuuki était dans une colère noire. D'ailleurs, elle tenait toujours le scalpel dans sa main alors qu'elle s'emportait, rendant la scène un peu dangereuse.

" Bon sang, je veux pas m'énerver, mais t'as vu dans quelle merde on se retrouve tous? C'est la guerre ici, des soldats sont morts transpercés par des flèches sur le mur, des shinobis ont failli y passer. On va manquer de bouffe bientôt, on va crever si on ne réussit pas à percer ce siège !  Et toi, toi tu fais quoi? Tu m'apportes ton père pour que je le soigne ! Non mais, ça va pas là ! À quoi t'as pensé? "

Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas soigner le blessé, loin de là. Torturée entre le devoir de répondre aux ordres et faire ce qui était juste, Yuuki se retrouvait prise entre l'écorce et l'arbre. Le cerveau de la Genin avait été bien lavé sur l'importance de la hiérarchie militaire, la chaîne de commandement et le respect des ordres pour la gloire du village de Suna. On lui avait ordonné de soigner uniquement les combattants, renvoyant les civils  plus loin vers l'intérieur du centre de Baransu où ils recevraient des soins appropriés pour leur statut... c'est à dire presque nuls. C'est ainsi qu'elle avait du renvoyer des mères, des enfants blessés, des vieillard qui étaient venus la supplier de soigner des membres de leur famille. Les ordres sont les ordres, qu'elle s'était répété en boucle malgré le sang, l'horreur et la mort qu'elle avait vus défiler pendant près d'une semaine. Puis le flots de passants s'était tari, les simples civils avaient compris qu'ils ne pourraient pas compter sur les ninjas, devant s'organiser eux-même pour sauver les êtres chers à leur coeur. Ils étaient donc presque assurés de mourir s'ils n'étaient pas assez riches ou connus pour recevoir des soins appropriés à leur statut auprès du Daimyo de Baransu.

Il fallait voir les choses de façon réaliste : la majorité du matériel et des ressources humaines de soin avaient été concentrés dans ce secteur de la cité afin de favoriser le rétablissement des combattants, soient ceux qui étaient le plus utile vis à vis la situation de guerre. Le Daimyo s'était accaparé le reste pour sa suite et les dignitaires importants qui étaient présents lors du festival. On n'avait laissé que des miettes aux civils ordinaires. Membres de famille des shinobis inclus.

Car bien évidemment, tous les hommes son égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.

Yuuki n'avait jamais connu son père, contrairement au shinobi qui venait de s'agenouiller devant elle. Elle ne connaissait rien du puissant lien d'amour qui unissait un enfant à sa père, ni à sa mère d'ailleurs. Car si c'était sa mère qui s'était retrouvée dans une mauvaise posture, nul doute que la Kusaribe l'aurait laissée crever là, au beau milieu des explosions et des flèches.  
Si elle aussi avait pu être élevée par un père aimant, aurait-elle eu la même réaction que Senzo ? Aurait-elle défié elle aussi les ordres afin de soigner un membre de famille bien que celui-ci soit une gaspille de précieuses ressources dans un contexte de guerre? Comment déterminer ce qui valait le plus entre un combattant et un parent que l'on voulait sauver ? D'ailleurs, qui avait légitimement le droit de prendre de telles décisions ?

" Ohhh et puis merde ! " Elle posa le scalpel avec force sur la table. " Les Jonins d'Uzu peuvent se les mettre ou je pense, leurs ordres ! Si vous pensez que je vais obéir à un autre village que le mien, vous vous trompez. Je n'ai pas de comptes à rendre à personne de ton village, ni celui de Konoha, est-ce que c'est bien clair ? Je jure que je te jette sous la charette si l'on me pose des questions. C'est toi qui aura à répondre de tes actes auprès de tes supérieurs, ne compte surtout pas sur moi pour te protéger. C'est toi qui m'en doit une, aujourd'hui. "

Obéir aux ordres, oui, si cela venait du Kazekage. Désobéir aux shinobis des autres villages, ça, elle n'en avait rien à chier. Qui étaient-ils pour prétendre avoir de l'autorité sur elle ? Qui seraient-ils pour prétendre avoir de l'autorité sur elle ? Personne n'avait jamais réussi à avoir l'ascendant sur elle avant son entrée à Suna, ce n'était pas la première fois que la jeune fille n'en ferait qu'à sa tête, loin de là. Qui plus est, elle n'avait même plus de supérieur officiel en ces lieux maintenant que Akihiko avait été capturé par les forces Tetsujin.

D'ailleurs, les ordres qu'il lui avait laissée étaient relativement simple : " Fais pas de conneries. Évite de tuer quelqu'un. Ne t'acoquine pas avec les autres nations. Plus important, reviens moi toute entière." Ce qu'elle s'apprêtait à faire respectait d'une certaine façon tout ce que son sensei lui avait dit. De plus, l'idée qu'un Jonin d'Uzu puisse avoir une dette envers elle était quelque chose d'intéressant qu'elle pourrait éventuellement exploiter. Peut-être qu'un jour, c'était elle qui aurait besoin d'une faveur à son tour.

" Et veux-tu bien te relever, tu me gênes à rien faire. Rends-toi utile et vas me prendre une seringue et une fiole dans la caisse derrière toi. Et raconte moi ce qui s'est passé, pour me faciliter les choses. "

La jeune fille composa des mudras pour débuter des soins de base en attendant que le Jonin lui donne ce qu'elle avait besoin. Dans les fioles se trouvaient des analgésiques, qui permettraient au paternel de ne plus ressentir la douleur pendant quelques heures. La blessure par katana était profonde, et les soins que Yuuki pouvait effectuer étaient limités. L'homme aurait besoin de plusieurs jours de repos pour prendre du mieux.
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Nishimura Senzo
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Il la suppliait, la suppliait de sauver son père. Ce n'était pas un geste anodin, Senzo n'était pas le genre d'homme à faire cela, mais à situation exceptionnelle, acte exceptionnel. Pour son père, il était prêt à tout, pour chacun des membres de sa famille d'ailleurs. L'homme qui avait blessé Egao l'avait payé de sa vie et s'il n'y avait pas eu l'urgence de le soigner, il se serait surement déchaîné sur le champ de bataille. Durant un instant, il pesta contre sa propre faiblesse, son échec à protéger son paternel. Il fut vite ramené au présent par la demoiselle.

Quand elle commença à hurler sur lui, Senzo fut repoussé en arrière, comme poussé par une bourrasque. Il leva la tête de sorte à faire face à elle. Elle lui criait dessus comme un parent pouvait gueuler sur son enfant après une grosse bêtise. Un ton moralisateur et emprunt de colère à la fois. On sentait qu'elle avait galéré elle aussi. Tout ce qu'elle disait était sensé et le Nishimura ne pouvait qu'acquiescer en bougeant la tête. Ce n'était pas le moment de vider les stocks, pas le moment d'utiliser du chakra, pas le moment d'amener un civil, tout devrait être contrôlé pour soigner les shinobis, c'était vrai. Mais Egao n'était pas qu'un civil, pas pour Senzo et pour le coup, sur le moment, à l'instant T, lui se fichait bien de savoir si un ninja de Konoha, de Suna ou même d'Uzu périssait ou périrait à cause de lui. Ils ne valaient pas son père, qu'importe la situation. Il avait serré les poings, grincé des dents et ses muscles s'étaient raidis quand elle eut terminé sa phrase. Le mot n'avait pas été terminé, mais il avait bien saisi la teneur de ses propos. Son père n'était pas un putain de civil. La tension était palpable et la sunajin reprit de plus belle son engueulade.

« Bon sang, je veux pas m'énerver, mais t'as vu dans quelle merde on se retrouve tous? C'est la guerre ici, des soldats sont morts transpercés par des flèches sur le mur, des shinobis ont failli y passer. On va manquer de bouffe bientôt, on va crever si on ne réussit pas à percer ce siège ! Et toi, toi tu fais quoi? Tu m'apportes ton père pour que je le soigne ! Non mais, ça va pas là ! À quoi t'as pensé? »

A quoi il avait pensé ? A sauver son père pardi, aurait-il dû le laisser pour mort au milieu des décombres, aplati par les tetsujins au point qu'il en devienne méconnaissable ? Quel fils aurait-il été, comment aurait-il pu faire face à sa mère, à Kaito, Kana et Risa ? Autant mourir sur le champ de bataille que revenir vivant pour annoncer avoir laissé périr son propre père et ne même pas pouvoir lui offrir une sépulture décente. Si sa mère pouvait saisir la chose, étant elle-même une kunoichi, son frère et ses sœurs, Senzo n'aurait plus jamais pu les regarder dans les yeux. Il ne pouvait bien évidemment pas nier l'évidence, c'était une belle merde dans laquelle ils se trouvaient, lui comme elle. Une bataille de ce genre forge les cœurs et les âmes, on ne sort jamais indemne de tel moment, la mort est partout, mais lui ne pouvait accepter celle d'Egao. Alors oui, il l'avait amené ici, faisant fi des principes basiques.

Il se tenait donc face à elle, elle qui s'était mue dans le silence alors que l'instant d'avant elle gesticulait de tous les côtés armée de son scalpel. Elle semblait pensive et Senzo ne voulait la déranger, quand bien même il pensait qu'il valait mieux s'occuper du blessé que de débattre sur les raisonnabilités de ses actes. Le basané se mit un instant à sa place. Elle avait dû voir de nombreuses atrocités. Tetsu n'y était pas allé de main morte et les blessés avaient dû affluer en nombre ici. Les ninjas étaient rompus au combat, mais la guerre apportait son lot d'horreurs et tous n'étaient pas prêts à en voir la vraie nature. Et puis elle avait des ordres, faire fit de la hiérarchie ou la respecter coûte que coûte. Il comprenait tout cela.

Il ne pouvait saisir la pensée de la médic-nin, il espérait seulement qu'elle arriverait aussi à se mettre à sa place. Comment aurait-elle réagi dans le cas inverse ? Un ninja médecin ne le devient pas sans avoir des principes, vous êtes amenés à sauver des gens dont vous ne connaissez rien, c'est un rôle difficile, car tous les jours, vous pouvez avoir la survie de vos compagnons entre vos mains. Ses réflexions furent stoppées quand elle aussi sortit des siennes en s'agitant.

Ses mots remplirent le cœur de Senzo d'espoir. C'était une fille à fort caractère, typiquement l'opposé de ce qu'appréciait le shinobi, bien trop grande gueule pour lui. Elle lui rappela brièvement Sanada. Elle annonça haut et fort qu'elle se contre balançait des directives, surtout de celles venant de ninjas qui n'étaient pas de son pays. Par-dessus le marché, elle affirma qu'elle n'hésiterait pas à dénoncer Senzo aux autorités responsables si elle était interrogée. Celui-ci acquiesça d'un hochement de tête, c'était bien peu si son père pouvait survivre. D'ailleurs, il nierait toute implication de la part de la jeune fille si quoi que ce soit venait à se passer. J'ai rien vu, j'ai rien entendu Mr l'agent.

Finalement, elle demanda à l'ex-nomade de se relever, enfin demander. Elle lui ordonna avec le ton qu'elle tenait depuis le début et lui somma de se rendre utile et de fournir le matériel nécessaire pour soigner Egao. Celui-ci s'exécuta, récupérant le contenant et la seringue situés en hauteur juste derrière lui tandis qu'elle reprenait les soins sur son père. Il les déposa à côté d'elle.

« Je te remercie. Je sais que c'est un choix difficile, tu prends des risques et comme tu l'a si bien dit, je t'en dois une et je suis pas homme à revenir sur une parole donnée. »
Dit-il d'un ton assuré. Il poursuivit.

« Concernant ce qu'il s'est passé. Il se recula pour lui laisser de l'espace. J'étais simplement en repos après une mission à l'occasion du festival et il se trouve que mon père y était aussi. Je l'ai croisé en ville et l'ai suivi discrètement jusqu'aux grands bazars. Là-bas, alors que je l'accostais, Tetsu à lancé son offensive et déployer une pluie de flèches. J'ai réussi à protéger mon père jusqu'à ce qu'un tetsujin à cheval ne l'attaque alors qu'il fuyait vers les portes. J'ai abattu l'ennemi avant de récupérer mon père pour l'amener en sécurité. Il s'arrêta pour respirer un coup. Après quelques heures à ma faufiler en ville et à tuer des infiltrés, j'ai pu atteindre cet endroit. Grossièrement résumé. »

Il s'installa sur une caisse, attendant d'autres consignes tout en se tenant le front. Il commençait à être pris de maux de tête. Toute cette histoire, ces combats, ces cris et son père blessé, c'était trop pour un flemmard comme lui. Il souffla longuement avant de questionner la jeune.

« Et toi donc ? D'abord, pourrais-je connaître le nom de celle qui a la vie de mon père entre ses mains ? Il attrapa une boîte de premier soin qui traînait par là, pensant qu'elle pourrait servir. Tu m'as l'air bien jeune pour être envoyée en mission ici. Il n'y a pas de haut-gradés aux alentours ? »

Il n'attendait pas spécialement de réponse, il tenait juste à faire la causette et se doutait qu'elle n'allait pas forcément donner des informations à un ninja d'un autre pays.

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