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Sous le couvert de la nuit [Pv Tadake Kyoshiro]

Yamanaka Sayuri
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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind 









***

Avec lui, il t’était difficile de te laisser happer par tes mauvaises habitudes, puisqu’il occupait tout l’espace dans ta tête et dans ton cœur. Tu n’avais pas touché à tes bouteilles de saké depuis son réveil, optant à la place pour du thé. Tu n’avais non plus enchaîné les missions, ou ne t’étais pas entraîné jusqu’à ce que tu tombasses en pièces détachées au sol. Sa simple présence suffisait à te calmer. À apaiser une partie de tes souffrances habituelles, celles que tu réglais habituellement en te réfugiant dans la boisson, à l’abris des regards, entre les murs de ta maison.

Depuis qu’il était là avec toi, tu arrivais à étouffer cette douleur, le trou dans ta poitrine se remplissait, petit à petit et tu avais l’impression de pouvoir enfin respirer, d’être à ton aise. Enfin, la plupart du temps. Il n’était pas rare qu’un éclair de tristesse vint passer dans tes yeux lorsque ton regard se posait, accidentellement, sur ton équipement de ninja. Tous les sacrifices, tous moments qui t’avait mené à le devenir. Tu avais l’impression d’être à la croisée des chemins. Profiter des instants avec lui allait directement en contradiction avec ton devoir et ton envie d’être kunoichi.

Tu ne voulais pas d’un autre homme. Lui simplement lui. Ce simple fait, cette émotion plus poignante que tout, allait rendre ce que tu faisais plus compliqué, plus difficile. Être kunoichi entrait en contradiction avec cette relation naissante, par ce qu’exigeait ton devoir de toi. Peut-être en toucherais-tu un mot à Kyoshiro, lorsque vous aurez une idée plus claire de l’avenir ?

D’ici là, à chaque tes yeux tomberaient sur ton équipement, un étrange sentiment de contradiction viendrait s’emparer de toi. Tu aurais l’impression que ton bonheur nuisait à ton devoir. Ton devoir de toujours poursuivre la puissance, de cultiver ton savoir, d’étouffer tes émotions, afin de ne jamais faiblir dans une mission. Alors, lorsqu’il était venu te dire qu’il allait dormir, tu lui avais souhaiter bonne nuit avec baiser et tu lui avais dit que tu le rejoindrais un peu plus tard, que tu n’avais pas vraiment sommeil.

Tu étais restée quelques minutes dans l’obscurité, immobile à ressasser l’entraînement que l’on t’avait donné quelques années plus tôt. La douleur. La peur. L’effort continuel que tu avais dû y mettre et que tu y mettais encore. Et lui. Lui aussi s’entraînait. Il s’entraînait même lorsque son corps devait se reposer. Sur ce plan, il te ressemblait. Soif de devenir plus fort à en négliger son corps, sa santé. C’était d’ailleurs l’une des raisons pourquoi tu avais préféré l’aider plutôt que de l’empêcher la journée précédente. Tu étais mal placée pour l’empêcher de faire quoi que ce soit, car probablement que tu ferais bien pire. Jusqu’à tout récemment, qu’une seule chose t’animait : ton devoir et ni personne, ni paroles n’aurait su te retenir de t’entraîner et tu te doutais qu’il était un peu comme ça lui aussi.

Les minutes s’enfilèrent et, plus tu restais statique, plus tu t’enfonçais. Plus tu avais besoin de te prouver que tu étais kunoichi. Jamais, même dans des instants comme ceux-ci, il ne fallait pas que tu te laissasses avaler par ton bien être. Grandir, toujours. Il te faudrait être implacable pour mettre la tête de l’enfoiré qui avais tué ta mère au bout d’une pique.

Tu t’étais prélassée trop longtemps dans ton bonheur. Tu avais profité de sa présence, de ses bras bien. Tu en avais oublié ta quête, ton devoir et tout ce que cela impliquait. Il était de bouger. De recommencer. Alors qu’il dormait, il ne pourrait pas te distraire ou encore te donner envie de repousser tes ténèbres à plus tard. Plus tard, c’était, maintenant, dans cet instant. Saisissant tes rouleaux d’armes, tes senbon, tes kunais, ton fil et même tes shuriken, tu allas dans le jardin.

S’il fallait y passer la nuit, tu le ferais.

Faisant un clone de toi-même, tu commenças ton entraînement. Simple échange de coups au départ. Pied, poing. Acrobaties et danse agile. Même la façon dont tu combattais trahissait le temps que tu mettais à t’appliquer sur ton image. L’habitude, probablement. Une dernière pirouette pour esquiver un nouveau coup avant de faire signe à ton clone de prendre une pause, le temps de reprendre ton souffle. L’échauffement était le bienvenu. Après quelques jours à rester immobile, à ne pas t’entraîner réellement (tu ne comptais pas comme un entraînement tout ce qui était arrivé avec le petit Uchiha, c’était plutôt une … Distraction …)

Encore. Tu recommenças l’échange avec ton clone. Encore. Et encore. Et encore.

Éventuellement, tu passerais aux choses sérieuses, quand tout tes muscles seraient en feu et que l’adrénaline provoquée par se soudain changement de rythme dans ta routine serait à son paroxysme.





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Sous le couvert de la nuit
ft Yamanaka Sayuri







Conjuguer vie privée et travail n'avait jamais été très compliqué pour le jeune homme puisque sa vie privée s'était toujours résumée à des soirées alcoolisées qui se finissaient en charmante compagnie, un passe-temps très peu chronophage qui lui laissait toute la latitude pour poursuivre entraînements et mission à un rythme effréné dont il avait le secret. Mais ici, dans ce lieu qu'il ne connaissait pas, il sentait déjà les choses se complexifier alors qu'il était allongé dans ce lit, les bras croisés derrière la tête. Pourquoi avoir dit qu'il allait dormir alors qu'il n'avait absolument pas sommeil ? Sans doute pour se convaincre qu'il pouvait retrouver un rythme de vie normal, qu'il pouvait vivre le jour au lieu de s'entraîner jusqu'au petit matin mais ici, la tête reposée sur l'oreille, il sut immédiatement que cela ne pourrait pas être le cas. Pas tout de suite en tout cas.
Sa belle n'avait pas sommeil tout comme lui et, s'il ignorait ce qu'elle faisait pour passer le temps dans des moments comme celui-ci, il laissa ses pensées passer à travers lui pendant quelques minutes. Pourrait-il s'habituer à cette vie ? Il le souhaitait, oui, mais de là à y arriver il y avait un peu qu'il ne se sentait pas en mesure de passer pour le moment. Pourquoi ? Parce que la voie du shinobi était trop importante pour qu'il envisage prendre sa retraite si tôt, parce qu'ils faisaient tous les deux partie d'une cause bien plus grande qu'eux et, si leur amour les unissait au-delà des frontières, peut-être que la vie choisirait de les mener vers un autre chemin. Que se passerait-il si jamais, au cours d'une mission, ils se trouvaient l'un contre l'autre ? Il ne voulait pas y penser, il ne pouvait pas y penser mais ignorait de quoi demain serait fait.

Il resta ici pendant plusieurs dizaines de minutes, à laisser ses pensées s'écouler à travers lui en se demandant s'ils pourraient y arriver, s'ils pourraient trouver quelque chose mais déjà l'absence de sa belle vint l'arracher à ces questionnements. Se levant, habillé d'un simple pantalon, pieds nus, il traversa la maison et, lorsqu'il ne la trouva pas, il laissa son ouïe le guider jusqu'à l'arrière de la maison. Un pas après l'autre, il finit par s'immobiliser, croisant ses bras contre sa poitrine tout en posant son épaule gauche sur le mur.

Elle était là, fière et belle, s'entraînant à la faveur de la nuit, profitant d'une séparation momentanée pour renouer avec la voie qu'elle avait mis entre parenthèses pendant plusieurs jours. Il comprenait très bien le besoin qu'elle avait de retrouver une certaine activité, une discipline mentale et, en la voyant se fatiguer ainsi, Kyoshiro chassa de sa tête l'idée de la rejoindre. Elle l'avait fait par inquiétude pour lui, mais ici ? Elle était en pleine forme, n'avait pas besoin d'assistance et, à en juger par le spectacle, n'avait pas besoin d'aide. Laissant un sourire discret sur son visage, l'homme s'autorisa à penser à voix haute tout en tournant les talons.

« Retour des bonnes vieilles habitudes. »

Il ne parlait pas seulement d'elle mais de lui aussi car, d'expérience, il savait qu'un peu de sport était tout ce qu'il lui fallait pour trouver un morceau de sommeil. Elle entendrait sa voix, tout comme ses bruits de pas mais ce qu'elle en ferait ne tenait vraiment qu'à elle. Ainsi, pas après pas, l'homme s'éloigna pour rejoindre la cour et, s'il s'autorisa une petite minute de pause pour rassembler ses esprits, il finit par s'immobiliser au milieu de la cour.

« Suiton : Kirigakure »

Le signal fut donné dans un souffle, à peine plus qu'un murmure, alors qu'il malaxait son chakra tout en utilisant l'humidité ambiante. Bientôt, lentement, une légère brume vint entourer une partie de la cour réduite pour saturer le champ de vision de tous ceux qui viendraient s'aventurer par ici. Des camouflages du genre ne fonctionnaient par sur Kyoshiro, pour des raisons évidentes, mais ses adversaires ? Une toute autre paire de manches.

Il ne lui fallut que quelques secondes de plus pour dissiper cette brume, sans pour autant être satisfait du résultat. Il ne pouvait pas sentir son champ d'action à propre parler, mais il pouvait sentir que la brume n'était pas assez épaisse, pas assez opaque pour cacher quoi que ce soit. Passant les deux mains dans ses cheveux, il s'avança un peu plus, pieds nus, en rassemblant ses pensées.

S'entraîner une fois la nuit tombée, aussi naturel pour lui que de respirer.







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Sous le couvert

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Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

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***

De te mettre en action avait un effet sur ton corps … Tes émotions en devenaient vaguement engourdies et qu’une seule chose venait faire son chemin dans ton esprit. Plus. Encore plus. Toujours plus. Mais au travers de l’épais brouillard qui régnait en maître dans ton esprit entendis sa voix. Immédiatement, tu t’immobilisas. Mais ton clone ne s’arrêta pas, lui. Son poing fonça directement dans ton estomac, te faisant te plier en deux sous l’impact.

L’air s’expulsa de tes poumons et tu lanças un regard sombre à ton clone qui cessa à son tour de bouger pour te fixer froidement.  Son regard croisa le tien. Grognement, alors que d’un geste tu dissipas la copie avant de te redresser la main sur ton ventre.

« Vielles habitudes dis-tu … »

Tu le vis s’installer un peu plus loin et commencer lui-même à s’entraîner. Un sourire naquit sur tes lèvres. Était-il réellement entre toi et ton devoir ? De vouloir être avec lui, était-ce réellement de mettre une pause à tes responsabilités ? Il devait y avoir un moyen de consigner le tout. Bien que tu ne le connusses pas encore.

Tu t’approchas donc de lui alors qu’une fine brume se levait autour de vous, Mais rien d’exceptionnel. C’était clairement une technique, de lui d’ailleurs. Tu viens prendre place derrière lui pour l’enlacer, appuyant ta tête contre son dos. Tes doigts croisés ensemble devant son torse.

« non, mais ce n’est pas si mal Kyo. Essaie de concentrer plus ton chakra, j’ai l’impression que c’est trop diffus. »

Tu t’éloignas d’un pas. Avant de faire quelques pas de côté avant de te retrouver devant lui. Tu étais assez surprise de le voir là, tu pensais qu’il dormait. Et le voyant là, tu n’avais qu’une envie, rester avec lui. Mais pouvais-tu te le permettre ? Combien de temps serait-il encore là de toute façon ?

Était-ce encore une option de te laisser happer dans ses bras ? En était-ce un de ne pas y aller ? Il semblait être là pour s’entraîner, peut-être pouvais-tu en profiter. T’entraîner avec lui ne semblait pas si mal, il était définitivement compétent.

Tu posas une main sur sa joue, avant d’aller chercher un baiser sur ses lèvres. Peut-être que si tu t’entraînais avec lui, tu pourrais y voir plus clair. Ce qu’il y avait entre lui et toi et si tu pouvais ou non concilier ce que tu ressentais à cet instant, tout ce qu’il t’offrait, avec ta carrière de kunoichi ?

Bien sûr d’autre problèmes se profilaient déjà dans ton esprit, mais tu ne voulais pas te laisser avaler. Tu avais peur. Plus que de raison. Cette connexion, cette relation que tu partageais avec lui. C’était ta première expérience amoureuse, malgré tout et tu savais pertinemment quel genre de personne tu étais. Tu avais peur de tout détruire et de t’effondrer. Le dernier mois en était la preuve. Sans lui, tu ne fonctionnais plus bien, tu te laissais avaler par tout ce qui était horrible en toi.

« Je pensais que tu dormais. J’espère que je n’ai pas fait trop de bruit. »

Ta main avait retrouvé sa place à l’endroit où ton clone t’avait frappé. Ça ne faisait pas si mal que cela, mais l’inconfort restait. Tu n’allais pas t’arrêter pour te questionner davantage sur ça …

« Mais encore une fois, je ne connais pas réellement le Suiton, alors qu’est-ce que je peux te dire de plus là-dessus ? »

Tu inspiras profondément. Hésitante. Allait-il te trouver embêtante à toujours aller mettre ton nez dans ses entraînements ? Car tu savais que toi, en temps normal, quelque chose du genre t’énerverait. Mais tu n’aimais pas les contacts humains, en général … à l’exception du sien, bien sûr, sinon tu ne le rechercherais pas.

« Si tu veux … »

Tu ne continuas pas ta phrase, te ravisant. Non, il te l’aurait proposé si c’était dans ses plans. Tu fis un pas pour t’éloigner.

« Aller, je te laisse à ton entraînement … »

Ta voix sonnait plus dépitée que prévu. Après tout, depuis qu’il était, tu avais simplement cessé de jouer la comédie … peut-être trop même …






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Sous le couvert de la nuit
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S'entraîner...cela avait été toute sa vie pendant des années qu'il ne s'était jamais imaginé ne pas y avoir recours, même pour une seule journée, même en étant à bout de force, mais pourtant ici cela faisait bien plusieurs jours qu'il était coincé dans ce lit. Bien sûr jamais encore il n'avait été affaibli à ce point là mais, d'une certaine façon, il avait l'impression de s’affaiblir chaque jour supplémentaire où il était forcé à une énervante immobilité. Oh il connaissait les risques, savait que trop en demande à son corps ne ferait que rouvrir certaine blessures, sa sœur le lui avait fait remarquer à plusieurs reprises, et pourtant il n'avait pas chassé cette idée de sa tête. Pourquoi ? Parce qu'il avait encore tout à prouver, tout à accomplir et même la plus profonde douleur ne pourrait le retenir indéfiniment. C'était pour cela qu'il avait tourné les talons pour aller s'essayer à cette nouvelle technique de camouflage et, bien que cela ne soit pas un franc succès pour le  moment, il avait appris avec son entraînement de la veille que la réussite résidait dans la répétition de ses efforts. Son corps n'était pas à sa forme optimale mais chaque jour il sentait ses forces croître un peu plus, chaque jour lui permettait de se rapprocher du shinobi qu'il fut jadis et, désormais, il se sentait prêt à mettre son corps à l'épreuve comme si cela pouvait accélérer sa guérison. Ce n'était pas le cas, bien au contraire, mais si on le qualifiait de têtu ce n'était pas sans raison.

Ainsi, après le premier essai de sa technique, l'homme laissa cette brume se dissiper alors que ses quatre sens, eux, captèrent l'arrivée de sa belle tout contre lui. N'avait-elle pas un entraînement à faire ? Souhaitait-elle, une fois de plus, mettre s vie entre parenthèses pour lui ? Il espérait bien que non, sinon il se sentirait encore plus mal qu'il ne l'était réellement. Puis vint la question sur le sommeil et, dans un calme olympien, l'amant formula sa réponse.

« Pas du tout, je dors très peu en général.  »

Il avait essayé, essayé de dormir, essayé de trouver un rythme diurne mais de toute évidence cela n'était pas prêt d'arriver. Il goûta alors à ces lèvres sucrées une fois de plus et, alors qu'il s'interrogea sur le morceau de phrase formulé à son attention, il fut surpris de voir la belle s'éloigner. D'ordinaire il l'aurait laissé faire mais quelque chose dans sa voix trahissait autre chose qu'une volonté d'aller reprendre ce qu'elle avait laissé sur le feu. Que pouvait-elle donc ne pas lui dire ? Au lieu de la rattraper, de la force à rester, l'homme se tourna vers elle et tendit sa main à travers ses propres mots.

« Tu peux rester, si tu veux. Si cela ne gêne pas ton propre entraînement, bien sûr. »

Laissant ses yeux errer dans le vague, dans ses pensées comme il en avait terriblement l'habitude, il laissa une petite expression mélancolique se dessiner sur son visage avant que ses mots ne trahissent ses pensées.

« Ta présence m'apaise, m'aide à mieux me concentrer d'une certaine façon.»

Si elle ne s'en rendait pas compte au moins le savait-elle à présent. Qu'elle décide ou non de le rejoindre, le jeune pivota et prit une profonde inspiration. Elle avait raison, il y allait bien trop souvent avec le dos de la cuillère par peur de trop en faire, parce qu'il n'avait pas confiance en ses capacités et cette confiance, justement, il devait accepter de l'embrasser. Joignant ses mains devant lui en une série de signe, il diffusa son chakra de façon plus concentrée pour créer une brume bien plus opaque que la précédente.

« Suiton : Kirigakure »

Cette fois-ci il n'y alla pas avec des gants, il diffusa ce chakra de façon plus intense et, non content de créer une brume bien plus rapidement que la fois précédente, il sentit à l'humidité ambiante que le rideau de brume était bien plus épais que la dernière fois. La belle confirmerait-elle la qualité de cette brume ? Peut-être, si elle était encore là du moins et, si elle n'était pas repartie à son propre entraînement, alors le jeune homme avouerait son besoin à demi-mots.

« Ta présence me sera utile pour la prochaine technique, si tu veux rester.  »

Le verrait-elle dans cette brume ? Peut-être pas mais elle pourrait se repérer au son de sa voix forte et chargée de détermination. La prochaine technique n'était pas du suiton mais, malheureusement, ce n'était pas vraiment une technique dont il pourrait éprouver l'efficacité en étant seul. Oui, pour une fois, il avouait avoir besoin de quelqu'un pour quelque chose. Un fait assez rare pour être noté.

Ce n'était pas quelqu'un, pas n'importe quel quelqu'un. C'était...elle.







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***

Tu cherchais à comprendre. Toi, lui, vos métiers, vos façons de faire … Si différents pourtant vous faisiez la même chose. C’était la première fois que ton esprit formulait ce genre de réflexion, la première fois que tu t’y intéressais d’ailleurs. Tu cherchais à comprendre pourquoi vous étiez si semblable et si différents en même temps.

Il ne dormait pas beaucoup ? Était-ce à cause de cauchemars somme toi (bien qu’ils n’étaient plus vraiment présents ces temps-ci) ? Et les questions apparaissaient petit à petit dans ton esprit. Peut-être qu’au final, cet endroit n’était pas aussi bien qu’il te l’avait dit la soirée précédente, peut-être t’en faisais-tu tout simplement pour rien ?

Inspirer. Expirer. Tu avais l’habitude de te couper de tout et ainsi tu ne ressentais rien … ou presque. Mais c’était différent lorsque Kyoshiro était là. C’était différent lorsqu’il te parlait ou te serrait contre lui. Tu en voulais toujours un peu plus et tu espérais qu’il ressentait exactement la même chose.

« C’est bon … je crois que j’avais fini. Enfin, l’échauffement. »

Ta main frotta encore ton ventre. Ça allait passer, non ? Probablement. Tu n’étais si forte que cela, tu étais surprise qu’un simplement coup de poings te fasse tant de mal. Peut-être n’étais-tu pas assez reposée ? Peut-être t’étais-tu ramollie depuis ton dernier entraînement ? Non, probablement pas ça …

Son commentaire suivant t’arracha un petit sourire. Encore un fois, les doutes qui te faisais hésiter, il les balayait d’un commentaire. Comment faisait-il ? Encore une fois, il opérait cette magie que lui seul pouvait faire. Quoi que son expression te laissât perplexe, voire inquiète. Tu restas silencieuse jusqu’à ce qu’il se retournât pour faire la technique.

Elle semblait réussie cette fois-ci. Tu souris. Il n’avait pas besoin toi, clairement. Peut-être devrais faire de même ? T’entraîner seule. Même s’il était là, tu n’avais pas particulièrement envie de continuer à échanger des coups avec ton clones. La technique que tu mettais au point ne pouvait être faite seule … Il était bien ardu de toute façon d’apprendre des techniques de l’âme seul … Un soupir. Tu avais bien compris.

« C’est bien gentil de part. Mais ton visage ne semble pas d’accord … »

Ces mots, tu les avais chuchotés, n’osant pas les dire trop forts, mais ne voulant pas les garder pour toi seule non plus. C’était un peu un entre deux inconfortable avec lequel tu savais jongler.

Pourtant, lorsqu’il ouvrit sur la seconde technique qu’il voulait expérimenter, tu t’immobilisas, rapidement, très rapidement. Enfin quelque chose où tu pourrais aider. Lorsqu’il était blessé et inconscient, à l’exception de t’en faire, tu n’avais rien pu lui offrir. Et depuis son réveil, tu ne faisais rien de très concret aussi. Simplement là, à tenir sa main, lorsqu’il te la laissait. Pathétique ? oui. Tu te sentais pathétique, comme une adolescente à sa première amourette. Quoi que dans ton, cas, c’était réellement la première fois que tu t’ouvrais à quelqu’un de la sorte.

« Par rapport, à la première technique … Dis-moi … Comment est-ce que ça t’est venu à l’esprit ? À moins que tu la connaissais depuis longtemps déjà … Je ne cherche pas à … »

Bien que tu ne cherchasses pas à lui voler de renseignement, tu ne pouvais t’empêcher de te demander si ce qu’il avait cette soirée-là était quelque chose qu’il savait faire ou non. Tu étais curieuse sur la personne qu’il était. Avant tout ça, mais à l’instant également. Quel genre d’homme était-il, en général, loin de toi ? Comment combattait-il ? Le savoir n’était pas pertinent, mais tu ne pouvais t’empêcher de vouloir en savoir plus sur lui.

« Et cette nouvelle technique, qu’est-ce que c’est ?  Qu’est-ce que je dois faire pour t’aider ? »





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Ils avaient tous les deux leurs propres façons de vivre avant de se connaître, leur propre vision du monde et de leur fonction de shinobi, on pourrait croire que leur rencontre pourrait mettre un terme à cela pour leur permettre de vivre plus harmonieusement mais, dans les faits, il n'en était rien. Ils avaient chacun leur propre style, leur propre façon de se battre et, si avec un peu d'entraînement ils pourraient parvenir à se coordonner, pour le moment ils en étaient encore à la phase où ils se découvraient l'un l'autre. La belle avait voulu lui tenir une nouvelle fois compagnie et, si cela gênait le jeune homme de l'accaparer ainsi en la poussant à laisser de côté ses propres activités, il n'eut pas le cœur de la renvoyer car, pour une raison qu'il ne pouvait expliquer, le fait de la sentir juste derrière lui permettait de calmer quelque peu son cœur. Lui qui d'habitude aimait s'entraîner seul pour des raisons qui ne regardaient que lui se trouvait, aujourd'hui, à la recherche de compagnie : un fait assez étrange pour être souligné.

« Je...désolé. J'avais la tête ailleurs ?»

Que pouvait-il dire de plus ? C'était bien là le problème de vouloir vivre tout intensément et sans barrière, sans mensonge : il ne pouvait plus masquer le véritable éventail d'émotions passant quotidiennement sur son visage. Il s'interrogeait sur son futur, sur leur futur, sur le lieu vers lequel la vie les mènerait et le fait de ne pas trouver de réponse était la cause de cette frustration mêlée de mélancolie. Il devait arrêter, arrêter de se poser trop de question, arrêter de se demander de quoi demain serait fait  : rien de bon ne sortirait de tout cela.

« Ne t'en fais pas pour ça. J'en avais entendu parler il y a un moment et je n'avais pas encore le temps de me pencher dessus. Maintenant que ça va mieux, j'en profite un peu. Tu vois ?   »

Un petit sourire se dessina sur son visage face à la maladresse de la belle qui, avec ses mots à elle, essayait sûrement de dire qu'elle ne voulait pas se montrer trop curieuse. En effet pour battre un shinobi il fallait d'abord savoir comment il se battait et, ainsi, les techniques maîtrisées par ces guerriers de l'ombre étaient jalousement gardées. Se montrait-elle trop prudente, trop polie, ou venait-elle juste de se rappeler que leurs deux camps n'étaient pas alliés au sens propre du terme ? Là n'était pas la question, il avait pleinement confiance en elle, aucune raison de lui cacher quoi que ce soit à présent. Puis vint ensuite l'explication sur la technique qu'il allait utiliser, celle dont un ou deux senseurs de Konoha lui en avaient déjà parlé mais avant cela il devait lui demander l'autorisation de...la sentir. Sans connotation, aucune.

« Ne bouge pas, tu vas voir. Ce n'est pas une technique impressionnante, visuellement parlant. Mais elle a son utilité. Avant cela j'aimerai avoir ton autorisation. Puis-je...fouiller en toi ?   »

Bizarrement formulé ? Sans doute mais il ne savait pas trop comment l'expliquer pour l'heure. Sentir une présence était une chose, détecter des signatures de chakras en était une autre mais celle-ci étai bien plus...précise. Plus intime, d'une certaine façon et, si la belle n'avait pas voulu trop en demander sur son style de combat, il lui devait au moins le respect d'en faire de même.

« Cela peut sembler étrange comme demande mais...je ne sais pas comment le formuler autrement. Je comprendrai que tu refuses.   »

Si elle refusais alors il reporterait cette technique ultérieurement, à son retour à Konoha sans doute. Mais si elle acceptait, alors, il se tournerait vers elle avait de fermer les yeux, laissant le côté senseur de son esprit prendre le dessus en plongeant en elle, en reportant son attention toute entière sur elle pour sentir de quoi elle était faite. Non, c'était bien plus que cela, cela permettait en théorie de connaître ses affinités, entre autres choses et c'était du fait de cette intimité que le jeune shinobi préférait demander le feu vert avant. Il fit donc travailler son esprit et, au bout d'une dizaine de secondes, il sentit un picotement à l'arrière de sa tête.

« Affinité Su...  »

Il hésita un instant en sentant cette douleur familière revenir dans son esprit, celle dont il pensait être débarrassé et bientôt, sentait son crâne et ses jambes faiblir, il posa un genou à terre tout en serrant les dents. Une main entourant son crâne, l'autre serrée tout contre lui jusqu'à en faire blanchir les jointures, il tenta d'utiliser ses mantras pour calmer son esprit.

« Ah, put... »

La douleur était forte, pas aussi forte que jadis mais assez pour le paralyser l'espace d'un instant. Là, agenouillé à terre, il serra les dents en laissant cette souffrance le traverser comme il l'avait déjà fait plusieurs fois.

Dérangeante ? Oui. Menace ? Non. Il y était trop habitué pour la considérer ainsi.





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***

Il ne sembla pas prendre ta question comme une menace ou une recherche d’information, heureusement. C’était un homme honnête, il n’était aucunement méfiant envers toi. C’était bien différent, même des gens de ton propres clan qui te prenaient encore par les pincettes lorsqu’ils s’adressaient à toi. C’était étrangement rafraîchissant pour toi aussi de de ne pas avoir à être sur tes gardes en parlant. Donc, sa réponse, bien que peu détaillée, t’allait parfaitement et suffisait à ta curiosité.

Il enchaîna ensuite avec la description de sa nouvelle technique et tu dus te retenir de rire. Personne n’entrait mieux dans la tête d’un autre qu’un Yamanaka, mais peut-être ne le savait-il pas encore ?

« Comment vas-tu pour entrer dans ma tête ? Quelles informations veux-tu en tirer ? Aller, montre-moi ça. »

Tu étais curieuse. Curieuse de voir ce qu’il voulait dire par entrer dans ta tête. Tu étais une experte des fouilles de l’esprit après tout. Avais-tu oublié une technique ? Non, il n’y avait aucune chance qu’il tente d’apprendre une technique Yamanaka. Enfin, à moins que tu ais laissé des rouleaux traîner … Non il était aveugle, il n’aurait pas pu le lire. Mentalement, tu te rappelas que tu n’avais pas à remonter tes murs immédiatement. Tu avais confiance en lui, tu savais qu’il n’allait pas te voler tes techniques ou les secrets de ton clan. Tu n’avais pas à t’inquiéter.

L’espace d’une seconde, le temps que ton raisonnement fasse son chemin jusque dans ton esprit, tu fus inquiète. L’idée que ton bonheur actuel cachait autre chose était … Cette simple idée t’anéantissait et il n’était pas question d’y croire. Kyoshiro était un homme honnête. S’il était curieux sur ton hidden, il te poserait des questions, non ? Et à ses questions tu reponderais du mieux que tu pouvais sans révéler plus d’informations que permis.

« Des intrusions dans ma tête, j’en ai eu toute ma vie et, laisse moi te dire, elles étaient assez violente.s J’ai plus l’impression qu’elle ressemble aux techniques de détection des senseurs … »

Tu dus retenir un frisson aux souvenir de ton entraînement avec le vieil Ichizo. Cet homme était implacable lorsqu’il était question d’entrer dans la tête d’un autre. Et le souvenir des différentes altercations n’était aucunement chaleureux. En fait, cet homme t’avait même torturée. Alors bien qu’il t’eût élevée au niveau ou tu étais, tu accueillais toujours ces souvenirs avec inquiétude et parfois, même de l’horreur.

Tu tentas vainement de réprimer le frisson qui parcouru ta colonne vertébrale. Non, tu voulais te concentrer sur lui. Tu ne voulais pas repenser à tes années de formation et donner toute ton attention à Kyoshiro devant toi qui ne semblait pas à son aise.

Tu te secouas et franchis rapidement l’espace entre vous, le prenant immédiatement dans tes bras.

« Hum-hum. Mon affinité primaire c’est le suiton. »

Tu caressas sa nuque du bout des doigts. Tu le forças à pencher la tête vers toi et tu posas un petit baiser sur son front.

« Shhh. Prends ton temps. Ne te force pas trop. »

Tu tentais tant bien que mal de la rassurer, mais de te rassurer toi-même qu’il irait bien. Ton cœur s’emballait. Normalement, dans une technique d’infiltration de l’esprit, ce n’était pas l’utilisateur qui devait souffrir. Et dans ce domaine, tu t’y connaissais assez pour dire que cette douleur n’était pas normale. Tes doigts continuaient de le caresser doucement, anxieusement.

Tu attendis quelques instants avant de reprendre la parole.

« Kyo … Est-ce que ça va mieux ? Les techniques de ce genre, normalement, elles ne sont pas supposées te faire du mal … En général, elles … »

Peut-être devrais-tu te taire ? Tu n’avais pas particulièrement envie d’aborder ta spécialité en mission immédiatement. Tu voulais prendre le temps de préparer la nouvelle et tâter le terrain …

« En général, elles servent à la collecte discrète … Enfin … discret, on peut en reparler, mais … ce n’est pas le point. As-tu besoins de te reposer ? »





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Sous le couvert de la nuit
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Sans pour autant se juger comme un excellent juge de caractère il serait naïf de penser que le jeune homme accordait sa confiance. En effet beaucoup voyaient ce sourire radieux comme une marque de partage, de confiance mutuelle mais cela ne pourrait pas être plus loin de la vérité car, au fil des ans, le jeune homme avait pu constater ce que l'humain avait de plus laid et n'accordait désormais sa confiance qu'à de rares élus. Si son élève était en cours d'acquisition de cette confiance, le cap était depuis longtemps passé pour la belle et quant à sa sœur...elle était la seule à n'avoir jamais eu besoin de passer ce test. C'était justement parce que le jeune homme faisait pleinement confiance à son effet, à la femme de ses jours et de ses nuits, qu'il ne voyait aucune menace au travers de la curiosité qui animait ses mots. Elle souhaitait en savoir plus sur ce qu'il voulait éprouver non pas pour noter des informations sensibles, mais pour comprendre sa démarche et l'aidait si cela lui était possible. Mais en fait, si jamais ce n'était pas le cas, quel mal cela pourrait-il lui faire ? La base de toute relation était la communication et Kyoshiro comprenait mieux que personne à quel point garder des secrets pouvait être toxique pour lui, comme pour elle. Il avait donc décider de tout lui dévoiler, le bon comme le mauvais, en attendant de voir si elle continuerait de l'aimer malgré tout.

Pour une fois il devait se concentrer sur lui, sur le développement de ses propres techniques et cela commençait par le domaine sensitif qui faisait sa spécialité. Certains pourraient croire qu'il était naturel et inné pour un shinobi aveugle de se tourner vers ce domaine mais, comme tous les autres, Kyoshiro avait été contraint de lutter ardemment pour parvenir à la maîtrise de ses sens qu'il possédait aujourd'hui. Il était assez satisfait de ce qu'il avait pu accomplir jusqu'à présent mais, intérieurement, il savait n'avoir fait que gratter la surface. Il y avait tellement plus à découvrir, à sentir et cette seule perspective le força à ne pas se jeter uniquement à corps perdu dans le développement du Suiton. Les deux domaines avaient leurs utilités respectives et, bientôt, lorsque sa belle identifia sa technique comme du domaine des senseurs, Kyoshiro acquiesça.

« C'est bien le cas. Je ne savais pas trop comment le formuler. Elle permet d'analyser la cible plus en profondeur, au niveau de son chakra, ses affinités et tout ce qui s'en suit. »

Comment expliquer cela autrement à un non-initié ? Elle semblait habituée aux fouilles mentales et, si cette information piqua la curiosité du garçon, ce dernier repoussa l'idée pour se focaliser cette technique qui réveilla une douleur sourde. Un genou à terre, les dents serrées, il sentit le contact de la belle tout contre lui et cette dernière, d'un seul toucher, pourrait sentir sa peau se réchauffer et son cœur s'accélérer. Pourquoi son esprit décidait-il de réveiller cette souffrance maintenant ? Oui elle était moins violente que les fois précédentes, plus diffuses, mais assez intenses pour que le jeune homme peine à formuler sa phrase. Son aimée était aussi surprise que lui de cette douleur et, lorsqu'elle mit l'évidence en lumière, l'homme répondit difficilement.

« Je sais. Ce n'est pas la technique qui...»

S'accrochant au contact de sa belle, s'accrochant à ce qu'il avait vécu depuis son arrivée ici, il laissa la vague de douleur passer en lui, restant immobile jusqu'à ce que l'orage s'éloigne. Sentant ses épaules se détendre, il attrapa une main de la belle, caressant le dos de sa main de son pouce pour la rassurer à demi-mots.

« C'est bon, c'est passé. »

Passé, oui, mais pas disparu. Il lui faudrait des semaines ou des mois pour trouver de nouveau le repos et, en attendant, il devait simplement se donner du temps. Le temps d’apaiser son esprit, le temps d'aller mieux et, pour l'heure, il se contenta de s'asseoir par terre tout en gardant la main de sa belle au creux de la sienne. Il se concentra de nouveau, utilisant cette technique qui, cette fois, ne provoqua qu'un léger picotement à l'arrière de sa tête : une broutille. Enfin il sentait cette affinité plus clairement et, bien que cette information puisse lui être utile en situation de combat, il savait qu'il devrait pouvoir en tirer davantage. Mais quoi ? Il allait devoir réessayer pour cela.

« Suiton, en effet. Mais ce n'est pas suffisant, pas tout à fait. Il faut que je réessaye. »







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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

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***

Tu le gardas dans tes bras quelques instants, le temps que ses épaules se calmèrent, que la douleur passa. Quand reviendrait-elle ? Tu n’en avais aucune idée, tu espérais simplement être là, être capable de le prendre dans tes bras, de le rassurer du mieux que tu pouvais. Cet homme, il était devenu tout ce qu’il y avait de plus doux de plus gentil en toi. Chaque instant avec lui t’éveillait à sentiments nouveaux, avec lesquels tu ne savais pas exactement comment jongler. Tu avais l’impression, avec chaque jour qui passait, que tu lisais davantage ses émotions, Tu avais réalisé à quel point tu étais plus aux aguets de son bienêtre que tu ne l’avais été avec n’importe quel autre être humain, mais tu n’avais pas l’impression d’y changer quoi se soit. Et cette façon qu’il avait de toujours te rassurer … De ton point vu, tu faisais si peu pour lui et lorsque tu pouvais faire quoi que se soit tu sautais sur l’occasion, pour lui montrer que toi aussi tu pouvais lui être utile de la même façon, que tu étais là pour lui, quoi qu’il arrive.

Alors lorsqu’il prit ta main, y caressant le dos, te disant que c’était passé le laissa faire. Tes yeux bleus comme le ciel de midi le fixaient, un peu inquiet à la recherche d’un signe sur son visage, quelque chose qui te prouverait son état réel, s’il allait réellement mieux ou si, au contraire, il tentait simplement de se montrer fort. Il n’était certes pas menteur, mais la peur qu’il tentait de te ménager restait dans un coin de ton esprit, toujours. Tu n’étais pas une de ses femmes fragiles et, pourtant, chaque instant passé en sa présence, tu avais toujours davantage l’impression de te montrer vulnérable, effrayée, fragile même. Quelle bêtise réellement.

Tu restas entièrement immobile jusqu’à se qu’il relâcha ta main pour faire les mudra de sa technique. Tu ne fis que t’asseoir dans l’herbe, ramenant les genoux vers toi pour y appuyer ton menton, le tout, sans jamais décrocher tes yeux de lui.

Les rayons de lune qui caressaient ses cheveux, le contour de son visage, qui se reflétait dans ses opalescent … C’était une vue dont tu ne te lasserais pas de sitôt et qui toujours te renvoyait à cette première soirée passée en sa compagnie, celle qui avait marqué le début de la fin, mais également le commencement d’autre chose. Quoi exactement ? Tu ne saurais le dire. La seule chose qui comptait c’était que lui aussi le vit plus ou moins de la même façon. Cette fois-ci, tu le savais, il ne t’oublierait pas – même s’il ne l’avait pas fait la première fois – et cela te suffisait amplement, pour l’instant.

Alors qu’il tentait sa technique, tu restas silencieuse attendant le résultat avec impatience. Bien sûr, tu espérais qu’il réussi rapidement, non pas par contrainte de temps, mais tu étais la première à trouver cela irritant pratiquer encore et encore la même technique. Tu n’avais jamais eu beaucoup de patience …

« Malheureusement, à moins que j’apprenne des techniques élémentaires et de nouvelles affinités dans mon sommeil, tu ne risques pas de trouver bien plus que ça … À moins que te technique te permette également de découvrir tous mes talents … »

Ça, par contre, tu n’y avais pas réfléchi. Et si sa technique de senseur lui permettait de découvrir que tu étais une maîtresse des poisons, de la filature, du mensonge et de la manipulation de l’esprit … qu’allais-tu lui répondre ? Qu’allais-tu lui dire ? Non je jure que ce que tu ressens pour moi est authentique ?

Tu te raidis un peu dans l’attente de sa dernière tentative. Dans l’attente de voir ce qu’il pourrait bien apprendre sur toi. Tu ne voulais pas sciemment lui mentir sur tes talents de kunoichi, mais tu devais admettre qu’à ce moment précis, tu aurais bien aimé partager quelques des talents d’Ao ; ils avaient, après tout, une consonnance moins sale que les tiens.

Tu avais beaucoup à lui expliquer. Mais les mots te manquaient. Encore. Tu ne savais comment le lui expliquer, comment le lui partager. Ce que tu étais … Ce que tu faisais. Tu ne voulais pas lui apporter plus de souffrance, à lui qui ne commençait qu’à peine à se remettre de ses récentes épreuves.

« Dis … est-ce qu’après, quand tu seras satisfait de ta technique tu me permettrais d’essayer quelque chose ? »

Étape par étape, oui, voilà ton plan. Tu allais faire tomber les couches … une par une, lentement, sans le brusquer. Sans te brusquer. En fait, dans cette histoire, c’était toi qui n’étais pas prête. Tu avais peur de son jugement, peur qu’il pensa que tu faisais avec lui, ce que tu avais fait à tant d’autres. C’était paralysant, étouffant, obnubilant. Le moment où, concrètement il saurait quel genre de femme tu étais … Mais de le lui cacher te semblait bien pire.

« Ce que je te propose, je ne le maîtrise pas encore, bien sûr je connais la théorie, ça fait un moment que je pensais à la tester … Tout à l’être tu parlais de fouiller moi … Je vais te permettre de le faire … littéralement. Je … Tu rappelles, la dernière fois qu’on s’est vu … À Konoha, je veux dire. Je voulais te montrer les jardins Yamanaka, puisque tu m'avais apporté à un tel endroit ... Est-ce que tu me permets, de partager avec toi une de mes perles ? Je voudrais te le montrer, de la façon dont je m’en souviens … Je comprendrais si tu préfères que non. En général, on refuse de laisser l’accès à sa tête à une Yamanaka … »

Tu avais, vaguement, très vaguement expliqué à ton amant ce qu’il retournait de ta technique, tâtant toujours très prudemment le terrain. Cherchant maladroitement à lui faire savoir que s’il refusait, tu ne lui en tiendrais aucunement rigueur. Konoha et les Yamanaka n’étant pas officiellement alliés, il y avait de quoi s’inquiéter, quand même. Tu n’avais aucunement l’envie de le forcer à accepter un tel accord. Ta voix avait été hésitante, preuve concrète que tu tâtais la situation, que sa réaction t’inquiétait. Tu étais Yamanaka et de jouer avec les esprits était un de tes meilleurs atouts, lorsque tu te retrouvais sur le terrain.





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Il s'étonnait lui-même, il s'impressionnait lui-même d'une certaine façon et cette perspective lui faisait parfois peur. Il ne pouvait oublier ce qu'il avait subi, ces souvenirs seraient à jamais gravés dans sa tête, mais pourtant d'autres à sa place n'auraient pu s'en relever, d'autres à sa place auraient sombré dans la folie pour ne plus jamais en ressortir. Alors comment faisait-il ? Il ne s'agissait pas juste de sa force de caractère car il avait véritablement baissé les bras dans cette grotte, alors quel pouvait bien être l'élément déterminant ? Il le savait bien mais se refusait à l'admettre, comme s'il voulait naïvement se donner tout le crédit de cette réussite alors qu'il n'en était. Sa sœur avait joué un rôle dans sa guérison, son élève l'avait aussi aidé à sa façon mais aucune autre personne que la belle, devant lui, n'avait joué un rôle aussi déterminant dans sa résurrection. S'en rendait-elle seulement compte ? Réalisait-elle que sa seule présence parvenait à chasser la douleur qui martelait la tête de son amant, avec une facilité époustouflante ? Peut-être pas, pas au début en tout cas mais à présent que le jeune homme parvenait à accepter cette souffrance sans être paralysé, elle devait commencer à s'en rendre compte.
Il l'espérait en tout cas.

L'apprentissage de cette technique était long mais, fort heureusement, quand il savait que cela en valait réellement la peine, le jeune senseur était capable d'une patience tout à fait respectable. Il était capable de faire taire ses instincts et, aujourd'hui, assis par terre, c'est ce qu'il fit en joignant ses mains une troisième fois devant lui. La douleur était plus diffuse, plus supportable, bien plus supportable et désormais l'aveugle pouvait sentir les choses avec plus de clarté. Il ressentait toujours l'affinité Suiton chez sa belle, de cela il en était sûr mais, alors qu'il se concentrait davantage, il eut une idée plus précise de sa réserve du chakra qui était tout à fait semblable à la sienne. Le verre n'était pas rempli à ras bord mais assez plein pour lui laisser de la marge, assez plein pour lancer bien d'autres techniques et cette révélation rassura le jeune homme : il était en bonne voie pour maîtriser cette technique. Il connaissait la base, savait l'utiliser tout à fait correctement mais seule l'utilisation en champ de bataille éprouverait véritablement l'usage qu'il pourrait en faire. Ainsi, laissa ses bras retomber le long de son corps, il se contenta de dire :

« Allez, ça devrait faire l'affaire.  »

La conversation resta sur le même sujet lorsque son aimée, à son tour, lui demanda son assistance pour quelque chose, sans en dire plus. Devait-il à son tour jouer les cobayes ? L'idée ne l'inquiétait pas plus que cela car, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, après ce qu'il avait traversé rien ne pourrait plus le surprendre. Aussi sa réponse ne se fit pas attendre.

« Bien sûr, c'est le moins que je puisse faire. »

Rien n'était encore capable de le surprendre ? S'il croyait fermement en ces mots il réalisa son erreur lorsque la demoiselle détailla une proposition. S'il crut au départ qu'elle voulait simplement le mener aux jardins des Yamanakas, l'évocation que cela impliquait une technique et un souvenir fit pencher le jeune homme sur une voie qu'il ne connaissait pas encore. Partager ses souvenirs, était-ce donc ce qu'elle avait en tête ? La surprise put se lire sur le visage du jeune homme qui, d'un bon, se redressa en laissant son visage parler pour lui.
« Attends. Est-ce que tu me proposes ce que je crois que tu me proposes ? Est-ce que c'est seulement possible ? »

Partager ses souvenirs à travers les yeux de la belle, cela voulait-il dire qu'il serait en mesure de voir pour la première fois de sa vie ? Cette seule idée le fit trembler car, si jusqu'à présent il avait fait la paix avec cette cécité, acceptant que jamais il ne connaîtrait autre chose que les ténèbres, son aimée lui proposait une alternative temporaire à laquelle il ne s'était jamais préparé. Comment aurait-il pu le faire ? Il n'était même pas sûr de vouloir voir, pas sûr d'apprécier ce qu'il verrait mais, maintenant que la proposition était lancée, il pouvait difficilement la refuser. Surtout pas à elle.

« Je...je ne sais pas quoi te dire, je t'avoue. »

Lentement ; très lentement, il tendit la main à la femme de sa vie pour qu'ils rejoignent tous deux la terrasse de la maison pour plus de tranquillité. Son cerveau fourmillait de questions et de doutes mais, au bout de quelques secondes, il parvint tout à même à vocaliser une réponse en l'accompagnant de quelques questions de vérification.

« Évidemment que je le veux mais...je ne me sens tellement pas prêt pour ça, c'est dingue. Ça fonctionne comment, au juste ? Un partage mutuel, ou à sens unique ? »

Fouiller dans les souvenirs de quelqu'un n'avait jamais été une idée qui lui traversait la tête mais, avec quelques mots, la belle avait su lui couper le sifflet. Était-ce vraiment réalisable ? Le fait qu'elle ne maîtrise pas cette technique, cela pourrait-il impliquer que des souvenirs non-désirés rejaillissent à la surface ? Cela n'était pas à écarter mais, pour l'heure, il préférait laisser Sayuri mener la danse. Pour une fois.





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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

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***

Il semblait surpris. Sincèrement surpris. N’avait-il jamais attendu parler des talents de ton clan ? Apparemment non. C’était à la fois rassurant et surprenant, car, après tout, Konoha faisait souvent appel à vous … Tous les villages cachés faisaient appel à vous pour vos talents si particuliers. Tu l’observas d’un œil amusé la surprise sur son visage. Il semblait particulièrement déconcerté. Et les mots qu’il laissa sortir semblaient plus ou moins organisés, incertains. C’était bien rare que tu fusses celle qui lui coupait ainsi le sifflet.


Peut-être n’aurais-tu pas dû lui en parler ? Il semblait incertain. Il n’était pas prêt … Bien sûr, s’il voyait tes souvenirs, ce sens qui lui manquait … il allait y goûter. Tu n’y avais pas pensé, pas du tout. Comment avais-tu pu omettre ce détail ? Mais une nouvelle fois, tu sentis un poids dans ton estomac. Et si ce n’était pas son manque de vision le problème, mais plutôt l’inquiétude de partager un moment aussi intime avec toi, car il fallait être honnête, échanger un souvenir n’était pas quelque chose fait à la légère. Toi-même tu avais hésité longuement avant de le lui proposer, car tu ne savais pas à quel point tu pourrais contrôler ton esprit.

Il semblait si surpris, si choqué d’apprendre qu’une telle chose était possible. Tellement que tu eus sincèrement peur qu’il se rétracte. Il semblait chercher ses mots … Mais toi tu restais silencieuse, de marbre même et immobile aussi.

Mais tu le laissas te guider vers la terrasse, où t’y posas, lentement, prudemment. Écoutant ses réticences et ses questions.

« Ce n’est pas pas … Je ne t’y force aucunement Kyo. Si tu n’es pas prêt, c’est normal. Entièrement compréhensible. »

Personne ne mentait comme toi, enfin si, mais très peu. Tu avais méticuleusement pris soin de camoufler la déception dans ta voix, pour la laisser sonner plus calme, plus compréhensive qu’elle ne voulait paraître. Tu tentais de retourner te cacher derrière un masque. Tu ne voulais pas lui imposer quoi que se soit, mais d’entendre qu’il n’était pas prêt, ce n’était pas quelque chose que tu appréciais particulièrement.

« La technique que je te propose d’essayer est une technique de mon clan. Une de nos bottes secrètes. Ça fait un bout de temps que je comptais la pratiquer, mais je ne trouvais pas de partenaire avec qui je … Je ne trouvais personne en qui j’avais assez confiance pour tenter. »

Tu repensas aux détails précis de la théorie. Il fallait le lui expliquer, mais sans trop en révéler. C’était bien ça le problème avec votre situation. Il n’était pas de ton clan, tu n’étais pas de son village. Peu importait ce qui se passerait, il y aurait toujours un certain degré de secret enter vous.

« C’est un échange. Un souvenir pour un souvenir. Ce que tu partages, c’est exactement ce que tu te souviens. Odeur, toucher, image, son, même le goût. La procédure n’est pas très compliquée, simplement … abstraite. Normalement, chacun doit choisir le souvenir qu’il désire partager »


Bien sûr, il y avait toute la théorie derrière, celle qui expliquait comment les souvenirs passaient d’un corps à un autre, ou encore, comment les esprits se touchaient à moment comme celui-ci, mais tu n’entrerais pas dans les détails. Se serait révéler bien trop sur ton clan et tu n’en avais pas le droit, malgré tout.

Ta main n’avait pas quitté la sienne depuis qu’il l’avait prise, tu refusais obstinément de la laisser aller. Tu aimais ce contact, même si tu mesurais avec attention le ton de ta voix, le rythme de ta respiration et même l’expression qu’il ne voyait pas sur ton visage tentant de prétendre être calme et compréhensive. Tu attendais tout de même son verdict. Petit à petit, tu grattais dans le puit sans des choses que tu ne lui avais pas dites à ton propos et chaque fois que tu réussissais, tu avais peur qu’il parte en courant loin de toi.

Tu n’osais plus le regarder. Tu avais peur de voir le rejet de cette idée sur son visage. Bien sûr si c’était bel et bien le cas, tu saurais ne pas lui en tenir rigueur, mais la déception n’en resterait pas moindre.

« Est-ce que tu es d’accord d’essayer avec moi, tout de même ? »

Cette fois-ci, tu n’avais pas maîtrisé ta voix. Il pouvait très bien y entendre la crainte grandissante, l’incertitude qui s’y trouvait. Tes doigts tentèrent de s’échapper de sa main avant d’entendre sa réponse, alors que ton regard ne quittait l’herbe devant toi. Ton corps était légèrement tourné pour lui présenter ton flanc et une partie de ton dos. Tu te refermais lentement sur toi-même, espérant éviter qu’il ne se sente mal si jamais il en venait à te refuser cette demande, très intrusive, il fallait bien l’avouer, de ta part.




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Même si cela n'avait pas été facile, le jeune homme avait fini par accepter l'idée que ses yeux resteraient totalement inutiles, et cela jusqu'à son dernier souffle. Cela n'avait été guère aisé d'accepter cette affliction, surtout à un si jeune âge, mais avec un peu de temps et d'introspection le jeune aveugle y était parvenu. Sa sœur s'accrochait bien au fait de le soigner grâce à ses talents médicaux impressionnants mais, s'il n'en disait mot, le jeune Tadake voyait cela plus comme une chimère qu'autre chose. Alors pourquoi cette surprise sur son visage ? Pourquoi cette hésitation dans sa voix ? Parce qu'ici ce n'était plus un projet obscur et lointain, ce que la belle lui proposait était bien réel, plus un projet lointain mais une réalité qui pourrait rapidement prendre corps. Le plus amusant dans tout cela – bien que le jeune homme n'ait aucune envie de sourire – c'était d'entendre sa belle essayer de rationaliser son hésitation. Qu’en savait-elle ? Elle avait toujours connu la clarté aveuglante du soleil jusqu'à ce que cela devienne naturel, acquis pour elle, alors comment pouvait-elle savoir ce qu'il se passait dans la tête de son amant ?  Ce dernier savait qu'elle ne pensait pas à mal, aussi le lui tint-il pas rigueur de ces quelques mots, mais voulut tout de même enfoncer une porte ouverte.

« De toi à moi, un aveugle ne sera jamais prêt à l'idée de voir pour la première fois.  Mais cette idée, cet...espoir, c'est...difficile à expliquer à quelqu'un qui vit dans la lumière.»

Instinctivement il baissa la tête jusqu'au sol, fermant les yeux tout en plongeant dans de lointains souvenirs, afin d'expliquer à la belle la nature de son hésitation. Elle pouvait essayer de le comprendre mais ne le pourrait jamais vraiment, aussi désirait-il lui décrire la situation selon son propre point de vue, très certainement biaisé. Prenant une profonde inspiration, cherchant ses mots pour ne pas brusquer ou choquer son aimée, il sortit de son silence au bout d'une minute complète.

« J'ai fait mon deuil de tout ça, il y a bien longtemps. Je me suis fait à l'idée de vivre dans les ténèbres jusqu'à mon dernier souffle mais ceci...j'ai peur que cela me donne un espoir dont je ne veux pas. Que cela me donne le goût de quelque chose que je n'aurai jamais.  »

Il avait accepté sa malédiction, accepté qu'elle la suivrait toujours sans qu'il ne puisse y faire grand chose et était désormais en paix avec cette idée. Le fait qu'on lui donne la vue, l'espace d'un instant, pourrait le dégoûter de ce qu'il verrait ou, à l'inverse, de rendre cet état permanent alors qu'il savait cela impossible. Dans la grotte il avait vu quel mal il y avait à espérer et, fort de cette douloureuse expérience, il ne pouvait pas se le permettre une nouvelle fois. Il ne voulu pas devenir accroc à cette vie, il avait trop lutté pour ne plus s'y accrocher mais, désormais, silencieusement, il écouta les explications de la belle sur le déroulement de la technique.
Un souvenir contre un souvenir...que pouvait-il bien lui montrer ? Leur première soirée ensemble, selon son propre point de vue ? La première fois qu'il avait mis les pieds dans ce jardin d'Éden ? Il y avait aussi un autre souvenir douloureux, plus vivace, plus récent et Kyoshiro luttait tellement pour ne pas y songer qu'il était désormais au centre de ses pensées. Pas celui-ci, surtout pas celui-là, elle ne devait surtout pas ressentir ce qu'il avait ressenti dans la grotte. La souffrance, la faiblesse, le désespoir, la certitude de mourir : elle n'avait pas de rien de tout cela. Personne d'autre que lui ne devrait assister à cela.

Ainsi, lorsque la demoiselle lui demanda s'il voulait poursuivre, une hésitation évidente dans sa voix, Kyoshiro sentait une crainte enserrer son cœur jusqu'à le faire suffoquer. Ainsi, instinctivement, il rompit le contact avec la belle, avant de se lever de la terrasse.

« Laisse-moi deux secondes, s'il te plaît.  »

Il avait besoin d'espace pour respirer, pour réfléchir et ainsi, faisant plusieurs pas pour s'éloigner, il joignit ses deux mains sur le dessus de son crâne en une posture de réflexion intense. Il ne se voyait pas refuser, cette chance ne lui serait pas offerte tous les jours mais...que se passerait-il s'il en demandait plus ? S'il voulait que cela dure pour toujours ? Il n'avait jamais été doué pour résister à ses vices et, aujourd'hui, il craignait que cela se répète encore.
Ainsi, fermant les yeux, il baissa la tête et se murmura quelques paroles à lui-même, comme s'il essayait de se convaincre d'une chose.

« Ne t'y accroche pas. Ne t'y accroche pas. Ne t'y...accroche surtout pas.  »

La belle pourrait-elle l'entendre d'ici ? Si elle tendait l'oreille, peut-être, mais sinon ces paroles n'auraient l'air que de murmures incompréhensibles. Il resta ainsi une bonne minute de plus, à calmer son cœur et son âme pour se mettre dans de bonnes disposition,s pour se rappeler qu'il était plus fort que cela et que  lui et lui seul choisissait de céder ou non à cette envie. Il pouvait profiter de cette opportunité pour ce qu'elle était sans laisser l'espoir le corrompre, il avait déjà prouvé sa détermination à de nombreuses reprises et il en serait encore de même, aujourd'hui. Ainsi, au bout d'un moment, il brisa le silence et revint s'asseoir à côté de la belle ? Mains sur ses propres cuisses, la paume vers le haut pour inviter la belle à la prendre si elle le souhaitait, l'homme tenta de maîtriser sa voix pour former sa réponse.

« Allons-y.   »

Allons-y avant quand je change d'avis, aurait-il voulu dire, mais il s'abstint. La demoiselle avait suffisamment hésité pour que le Tadake ne vienne pas rajouter son grain de sel.

Il devait ignorer cet autre douloureux souvenir, il devait écraser tout espoir dans la paume de sa main de nouveau.

La lumière n'avait jamais partie de sa vie et il en serait toujours ainsi, jusqu'à son dernier souffle. Il devait s'en rappeler.



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Yamanaka Sayuri
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de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind









***

Tu le laissas parler, tu l’écoutais avec attention, mais il avait raison. Tu ne pouvais pas comprendre le mal qui le rongeait. Tu ne comprenais pas ce qu’il ressentait ou ce qui pouvait se passer dans son esprit. Tu n’avais pas une idée claire de ce que représentais ce que tu lui proposais. Su le coup tu n’y avais pas pensé. Bien sûr tu voyais d’où venait ses réticences, son manque de vision. Pourtant, tu n’imaginais pas une seconde l’impact de tes mots sur lui. L’espoir, l’envie, la peur, le changement que cela pouvait bien représenter chez lui. Bien sûr, tu n’avais jamais perdu la vue. Tu n’avais jamais eu à accepter de jamais voir, tu ne pouvais pas comprendre. Et peut-être était-ce la raison pourquoi sa réticence t’attristait ainsi ?

Il s’éloigna, mais tu n’osas pas poser tes yeux sur lui. Il hésitait, peut-être cherchait-il à se convaincre ? En fait, tu n’en savais strictement rien. Ta poitrine était serrée. Et tu connaissais cette sensation. Le rejet. Tu avais l’impression d’être rejetée. Mais tu ne voulais pas lui en faire part. Il en faisait déjà énormément pour toi et tu ne voulais pas lui en mettre plus sur les épaules.

Puis, il revint vers toi et s’assit. Il présenta sa main et tu le fixas quelques secondes, surprise. Tu t’attendais à ce qu’il rejeta tout en bloc, mais lorsqu’il prononça sa réponse finale, tu hoquetas de surprise. Mais ne la remis pas en question. Tu pris sa main, serrant ses doigts, doucement. Tu te levas de la terrasse. À pas lents, tu l’entraînas avec toi à l’intérieur et t’assieds sur ton lit, entraînant toujours ton amant.

« C’est mieux ici, je crois. »

Tu posas un baiser sur son front. Tu voulais lui montrer que tu étais là pour lui, lui donner une dernière chance de se défiler aussi. Puis, prenant place face à lui, tu fis les mudras spéciaux de ton clan et posas ta main froide sur son front. Inspirant un bon coup, tu fermas les yeux. Cette technique demandait de l’utilisateur une discipline mentale extraordinaire, car il fallait revivre ton propre souvenir, vivre celui de ton partenaire et maintenir le flot chakra.

Et tu envoyas le chakra dans ta main, sur sa peau, le projetant en lui. Ton esprit se tourna vers le jardin de fleurs, les odeurs. Le chemin qui sillonnait entre les buissons et arbustes. Tu revis ta mère, dans son kimono rose aux motifs de fleur de pruniers … Mais de revoir le visage de ta mère t’envoyas ailleurs. Le visage ridé de ton maître, son air sévère, sa main pointer vers toi, la peur dans ton ventre. Une autre image, une pièce sombre, lueur paresseuse des bougies, ton visage, quelques années plus jeune devant un miroir. L’air froid caressait ta peau nue. Tu étais dégoutée. Entre tes doigts, un kunai. L’homme derrière toi passas ses mains sur tes flancs. L’image changea de nouveau, tu étais de retour dans le jardin, toute petite, ta main dans celle de ta mère et tes yeux posés sur son visage au traits délicats, aux longs cheveux blonds, ses grand yeux bleus. Tes mains tremblaient. Ce n’était pas exactement ce que tu voulais lui montrer.

Ton esprit s’était égaré, passant de ta mère, à ton mentor, de ton mentor à ce qu’il t’avait enseigné à mère encore une fois. Tu avais perdu ton chemin dans tes propres souvenirs et tu en avais un peu honte.

« … Désolée je … Je n’ai pas … »

Ta respiration était rapide, tu retenais tes tremblements pour te concentrer sur peu importe ce qu’il te montrait …




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Recap:
 


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Sous le couvert de la nuit
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La communication était la clé dans une relation, le jeune homme savait au moins cela pour avoir négligé ce point pendant de longues années, il connaissait l'importance de dire les choses et de chasser les secrets, mais...ce n'étaient que des mots, des paroles sans substances. Pendant longtemps il n'avait fait que dire ce que les autres avaient besoin d'entendre, que montrer ce que les autres voulaient voir pour les rassurer, pour maintenir cette image solaire qui était la sienne...mais plonger dans ses souvenirs ? Montrer ce qu'il y avait dans sa tête ? Même sa sœur n'y avait jamais eu le droit, même sa sœur ne connaissait pas la totalité des démons qui habitaient le jeune homme et pour cause : se montrer ainsi briserait l'image qu'il s'était forgé au fil des années. Il savait qu'il ne fallait plus garder de secrets, pas s'il voulait se forger un futur avec cette déesse et pourtant, pourtant...il y avait des choses qu'il n'était pas prêt à montrer à qui que ce soit.
Telle était la source de son hésitation qu'il tenta de faire taire pendant quelques secondes, prenant sa respiration pour repousser vague après vague, jusqu'à ce que son cœur parvienne finalement à se calmer. Il...même si cela lui était douloureux il devait faire confiance à sa belle pour ne pas le juger à travers ce qu'il allait lui montrer, comme l'inverse était tout aussi vrai et, fort de ce constat, le jeune homme se laissa mener jusqu'à la chambre. Ils allaient avoir besoin de tout le confort du monde pour se mettre dans de bonnes dispositions, de cela il en était à peu près sûr.

Son monde avait toujours été fait de sensations, d'odeurs, d'émotions et ne s'était jamais imaginé ressenti quoi que ce soit d'autre mais, lorsque les premières images apparurent, lorsque ses orbites inutiles purent capter cette lumière qui lui avait toujours été refusée, il sentit deux larmes jumelles rouler le long de ses joues. C'était...il n'y avait pas de mots pour décrire ce qui se déroulait sous ses yeux, pour décrire la tempête d'émotions qui faisait rage dans sa tête en réalisant tout ce qu'il avait raté, tout ce dont il avait été privé pendant toutes ces années : sublime. Juste sublime.

« C'est... »

Il tenta bien de l'exprimer mais, au vu du tremblement dans sa voix et des frissons qui parcouraient sa peau, la belle se rendrait compte de l'état de vulnérabilité émotionnelle dans laquelle se trouvait son amant. Comment en aurait-il pu être autrement, de toute façon ? Semblable à un sourd entendant pour la première fois de sa vie, le jeune homme retroussa ses lèvres pour ne craquer, mais bientôt ses deux larmes jumelles furent rejointes par beaucoup d'autres. Toutes ces couleurs qu'il ne pouvait nommer, toutes ces formes captivantes, toute cette beauté au-delà de tout soupçon : comment avait-il pu passer à côté de cela pendant plus de deux décennies ? Mais alors qu'il s'émerveillait, il reporta son attention sur le sens que les images revêtaient et supposa que quelque chose clochait. Un homme au visage dur, le sublime visage de celle qu'il supposait être son aimée, un homme aux intentions aussi claires que repoussantes et, pour finir, une toute dernière et triste réunion avec celle qu'il supposait être la génitrice de son aimée. Rien de tout ceci n'était joyeux et, de ce fait, l'aveugle supposa que quelque chose n'allait pas.

Sentant l'hésitation et la panique de sa belle, il caressa le dos de sa main de son pouce comme pour lui rappeler sa présence, avant de tenter de retrouver lui-même son calme.

« Respire, ça va aller.  »

Sa voix était presque aussi assurée que d'habitude, presque, mais cela devrait faire l'affaire pour le moment. Ainsi, conscient qu'il ne fallait pas que la demoiselle se concentre trop sur ses mauvais souvenirs, il plongea dans sa propre tête pour ressortir le souvenir qu'il souhaitait faire ressentir. Ainsi les images furent balayées et ne restèrent plus que les ténèbres dans lesquelles Kyoshiro se sentait si bien, que les ténèbres et quelques sensations faisant frémir le bout de ses doigts. Il était là dans ce jardin et, à force de laisser glisser ses mains de fleur en fleur, sentant son odorat titillé par les parfums enivrants, il s’écorcha le doigt sur l'épine d'une rose.
Une petite goutte de sang perla le long de son doigt et, instinctivement, son esprit piocha dans ce sang et cette douleur pour ressortir un souvenir bien plus récent et vivace. Le parfum des fleurs avait été échangé contre l'odeur de l'humidité et cette sensation de liberté avait été troquée contre des chaînes autours de chevilles et poignets. Non, pas ça...tout mais pas ça. Pas ici, pas maintenant, pas avec elle.
Il se rappelait de cette grotte, des chaînes, de cette fichue chaise et, par-dessus tout, au milieu de ces tébèbres une voix tristement familière se fit entendre.

« J'crois que t'as pas mal de trucs à nous dire. »

La même que celle entendue à son réveil, celle de l'un de ses deux bourreaux ayant été l'instrument de sa déchéance. Cette voix était le symbole de cette douleur et, sachant pertinemment ce qui allait suivre, Kyoshiro serra les deux en sentant une lame venir mordre la chair de son bras gauche. Deux autres douleurs vinrent se succéder et, finalement, lorsque cette lame vint se planter tout en haut de son torse, sachant pertinemment qu'elle allait le traverser de part en part, Kyoshiro broya la douleur dans sa main et rompit le contact de la façon la plus violente possible.

« NON !  »

Se redressant d'un seul bond tout en brisant ce contact physique, sentant son cœur battre la chamade, sentant sa peau en feu à un point que cela en devenait douleur, l'homme reconnut le goût du sang dans sa bouche et quitta la chambre sans hésiter. Les deux mains entourant sa tête, comme si elles étaient capables de faire le ménage dans sa tête, l'homme s'approcha de la table dans la pièce de vie et se pencha dessus.

« Non, non, non, non, non. »

Ses deux mains quittèrent son crâne pour venir se refermer sur les bords de la table devant lui alors que lui, de se côté, baisser la tête et courbait l'échine en tentant d'oublier ce qui venait de ressortir. Non, jamais il ne pourrait oublié cela mais c’était l'une des choses qu'il aurait aimé emporter avec lui dans sa tombe, sans que personne ne le sache. Ses bras tremblaient, ses jointures blanchissaient et sa tête lui faisait toujours aussi mal mais pourtant, entre deux vagues de douleur, il parvint à balbutier quelques mots que sa belle pourrait entendre, même depuis la pièce d'à côté.

« Je...tu n'étais pas censée voir ça. Personne d'autre que moi ne devrait se souvenir de ça.  »

Personne, pas même son élève, pas même sa sœur. Ils l'avaient vu sous son jour le plus bestial, le moins flatteur mais, à cet instant, l'aveugle se rappela des mots de son élève. Celui-ci avait avoué trouver cette seule vision douloureuse mais il n'avait aucune idée de la souffrance infinie de celui qui avait été brisé jusqu'à devenir ainsi. Si cette vision était aussi douloureuse qu'une lame dans le cœur, alors la somme de toutes ces blessures était comparable à se faire écarteler encore et encore et encore : une souffrance que le jeune homme ne souhaiterait jamais partager avec qui que ce soit. Il ne s'agissait pas d'un désir de garder une partie de sa vie privée, ou bien d'un manque de confiance, mais bien d'épargner à ses proches de vivre et revivre ce qui l'avait brisé. Il n'avait pas honte de cette période, il avait fait son deuil mais n'avait aucune envie que cette corruption s'étende à d'autre : surtout pas à elle.

Il en avait trop vu, en avait trop montré.

Plus jamais.




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Yamanaka Sayuri
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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind









***

Au départ, tu croyais avoir réussi ta technique, mais les images se succédant dans ton esprit et ton état fragile te firent rapidement perdre le contrôle. Plutôt que des souvenir, tu lui montrais des images statiques et certainement pas tes préférées. Lorsque la panique monta en toi, malgré le choc que tu lui faisais vivre, il prit ta main. Il était là. Toujours là, avec toi. Ce contact chassant une partie de ta peur, de ce simple geste. Quelques mots pour te réconforter, dont seul lui avait le secret. Quelque chose dans sa voix t’inquiéta. Tu n’arrivais pas à mettre le doigt dessus exactement, mais elle tellement plus fragile comparer à son habitude, mais tu mis la faute sur les images que tu lui avais envoyées. Tu t’y abandonnas l’espace d’une seconde, à sa présence, à l’affection qu’il ne cessait de te montrer.

« Désolée, je voulais te montrer quelque chose de plus beau que … ce n’est pas important »

Tu te concentras sur les sensations qu’il t’envoyait en guise de souvenir. À l’aveugle, tu eus du mal à situer ce souvenir. Sous tes doigts, tu sentais la douceur d’un millier de pétales. Leur arôme chatouillait tes narines. C’était doux, c’était confortable. Mais bien que les quelques que secondes passées dans se jardin étaient des plus exquises, il te fallait prendre notes. Cette technique devait être exécutée avec rigueur. Laisser ton esprit vagabonder, non seulement changeait le souvenir, mais en plus faisait perdre en précision, en vivacité, d’où les images et l’absence de mouvement dans celles-ci.

Tu sentis la peau de ton doigt se déchirée sur l’épine d’une de ses fleurs et … Le souvenir changea. Oui, il fallait avoir de la rigueur, ne pas laisser son esprit vagabonder, qu’importe ce que l’on montrait. Tu étais désormais enchaînée. Que se passait-il ? De ne pas pouvoir voir t’enrageait. Mais ton corps était lourd, douloureux. Ce n’était pas ton souvenir. Ce n’était pas … À ce point-ci, pouvais-tu encore dire que se souvenir n’était pas le tien ? Bien sûr tu n’avais jamais été dans cette situation, mais te voilà à vivre ce moment avec lui …

Une voix. Immédiatement tu sentais la haine monter en toi. Que se soit la sienne ou la tienne, tu ne pouvais pas trancher, mais cet homme était responsable. Il était le responsable de ce qui avait- allait suivre. Mâchoire serrée, quelque que chose à l’intérieur de toi savait ce qui allait suivre. C’était, après tout, un souvenir. Ce moment déjà vécu que tu partageais avec lui. Ce ne fut pas bien long avant que tu ne sentisses une lame pénétrer ta chaire, celle de ton bras. Tu expiras, un bon coup. Tu n’allais pas rechigner, tu n’allais pas chialer. Tu ferais honte à ton maître si une telle chose venait à t’arracher ne serait-ce qu’un couinement.

Mais une fois n’est jamais suffisant lors d’une torture … Toi-même tortionnaire, tu le savais. Tu ressentis deux autres entailles être appliqué à ta peau. Mâchoire toujours serrée, tu enduras, comme il l’avait fait. Tu te doutais que ce n’était qu’un fragment de ce qu’il avait vécu. Alors tu endurais. Et la colère montait, montait, sans cesse. Il n’y avait de doute, cette fois-ci. C’était bien la tienne. Tu étais en colère. Tu voulais partir les traquer, et leur faire goûter leur propre médecine. Et tu y prendrais plaisir. Tu leur arracherais la peau, les ferais tester tes poisons – ô comme tu an avait une grande variété – et tu leur ferais toucher leur propre trippes.

Et la lame vint trouver le haut de ton corps, de son corps. La douleur, tu n’allais pas l’oublier, car tu la leur rendrais, cent fois, non mille fois pire. Qu’il t’ait partagé se souvenir en particulier te laissait un peu surprise, mais tu n’allais pas le rejeter. La souffrance, la peur, ce que ça pouvait bien signifier pour lui, tu l’accepterais.

C’est pourtant à ce moment-là qu’il coupa le lien entre vous et tu ouvris les yeux pour bien l’observer. Il avait rompu le contact si rapidement, si … violemment. Dans l’obscurité de la nuit, avec pour seule lumière celle de la Lune, tu l’observas à quelque pas de toi. Ta mâchoire était encore serrée. Ton souffle légèrement désorganisé. Tu cherchais à te calmer. Tu n’étais pas en état de calmer qui que se soit alors que vague après vague, la haine et la colère venait t’envahir. Tu n’avais qu’une idée en tête, mais elle était irréalisable pour l’instant, tu n’en savais pas assez.

S’ils voulaient des renseignements sur Konoha, c’est qu’ils étaient prêts à agir, où à revendre l’information. Si les responsables directs de ses souffrances avaient déjà payé, tu n’allais pas t’arrêter avant de remonter à la source et de lui faire mal. Très mal.

Tu fermas tes yeux quelques secondes, le temps de tout remettre au fond, tout étouffer. Tu n’avais pas le choix. Il fallait, pour ne pas te laisser avaler par cette rage qui montait, que te reposas sur ton visage, ton masque. Un peu plus froid, un peu plus détaché qu’il ne t’avait connue, mais il le fallait, sinon tu craquais, explosais et partais à leur recherche dans l’immédiat. Chose que tu ne pouvais faire. Il était là et il avait besoin de toi.

Tu te levas de ton lit et vint mettre ta main sur la sienne qui serrait les coins de ta table de travail. De ton autre main, tu vins effleurer sa joue, lui suggérant, en appliquant que très légèrement de la force dans ce geste de tourner la tête vers toi. S’il le faisait, tu poserais sur ses lèvres un petit baiser qui se voudrais, enfin tu l’espérais, rassurant.

« Ça va aller. Même si je ne devais pas le voir … Même si tu voulais le garder pour toi … Je suis heureuse que tu m’aie partagé ce souvenir. Involontaire ou non. Ce … Ce n’est pas le plus beau, évidemment, mais ça fait partie de toi, maintenant. Et … »

Trouver les mots n’était pas facile. Tu optas donc pour le silence, le prenant dans tes bras. Ton cœur battait à tout rompre, bien que ta voix était calme et ton souffle de nouveau stable.

« Je suis là. Je … »

Inspiration, expiration. Mettre ces choses en mot t’était encore difficile.

« Je t’aime et ça ne changera pas. »





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Kyoshiro avait compris depuis longtemps qu'il ne pourrait jamais partager toutes ses pensées avec quelqu'un, pour garder un tout petit jardin privé, pour ne pas devenir transparent et, au fil des années, il s'était rendu compte que certains souvenirs étaient juste trop douloureux ou embarrassant pour les raconter à n'importe quelle âme vivante. Il ne s'agissait pas ici de vie privée et de son respect, mais bien de souvenir que personne au mode ne voudrait entendre. Cette grotte était de ces souvenirs là car, si son élève et sa sœur avaient imaginé le pire en voyant Kyoshiro brisé, la réalité était infiniment plus douloureuse que cela. Était-ce donc étonnant qu'il veuille préserver ses proches de pareille vision ? Pas le moins du monde et, même s'il avait gardé cette idée en tête à l'écoute de la technique concernée, il avait préféré faire confiance à sa belle. Bien mal lui en prit car désormais il sentait son cœur battre à tout rompre, sentait tout son corps trembler et surtout le goût écœurant du sang dans sa bouche. Non, pas maintenant...il avait trop lutté pour être en paix avec cela, pourquoi maintenant ? Non !

Il avait donc fui comme il le faisait si peu souvenir, s'était réfugié dans la pièce voisin afin que sa belle le trouve ainsi, déboussolé, mais aussi pour laisser le temps à son esprit de se calmer. Plus facile qu'à faire car, si cette douleur n'était vivace que celle expérimentée à son réveil, elle avait le mérite de le paralyser presque totalement sur place pour contrôler ses tremblements. Sa belle essaya de le rassurer, de lui dire qu'elle était content qu'il ait partagé cela avec elle mais il ne pouvait la croire, il ne pouvait croire que quelqu'un soit content d'assister à l'épisode de plus violent et honteux de son existence.

« Si tu voyais le reste...  »

Ainsi, sans vraiment s'en rendre compte, il se laissa avaler par les ténèbres alors que son corps, lui, était toujours en train de trembler sous le coup des émotions qu'il pensait avoir géré jusqu'à présent. Même là, dans les bras de sa belle, la chaleur fut noyée sous cette vague de ténèbres qui vint étrangement rafraîchir cette peau et éteindre le soleil qu'il avait toujours été supposé être. Les dents serrées, la mâchoire tremblante, il parvint à balbutier quelques mots sortis tout droit de son cœur.

« On raconte toujours comment la vengeance est exquise, mais ça n'a jamais été plus éloigné de la vérité. Je me suis vengé et pourtant je me sens toujours aussi...vide. Comme si une partie de moi était morte, là-bas.  »

Lentement, il s'écarta de l'emprise de son aimée et laissa ses bras retomber le long de son corps, les mains serrées jusqu'à en faire blanchir ses jointures.Il tourna le dos comme s'il souhaitait se diriger vers la sortie.

« Plus de colère, plus de joie, plus de rage. Rien. Je n'arrive même plus à être en colère contre ces enfoirés !  »

Il lui arrivait d'être joyeux, paisible ou légèrement irrité mais ces émotions ne restaient jamais bien longtemps, comme balayées par les vagues qui faisaient rage dans sa tête. Il avait cru au départ que le calme qu'il ressentait était normal, que tous passaient par là après un événement traumatique, mais maintenant qu'il se rappelait de cet événement sans ressentir autre chose que de la honte, il réalisait que rien de tout ceci n'était normal. Était-ce la façon qu'avait son esprit de le protéger, en l'empêcher de ressentir la moindre de ces émotions passionnées ou destructrices ? Possible, tout à fait possible et, alors qu'il se posait la question, l'homme osa poser la question la plus simple à voix haute.

« Comment est-ce que tu peux m'aimer ? Je n'ai rien d'un...soleil.   Rien de l'homme qui te tirera vers le haut. Rien...rien.   »

Aimer un homme était une chose mais de son point de vue à lui, Sayuri était en train d'aimer le modèle d'un homme idéal qu'il n'était pas. L'homme d'avant, l'homme pur, l'homme n'ayant pas encore connu la plus haute souffrance et le désespoir le plus profond. Celui-là elle l'aimait, mais la nouvelle version de lui ? Trop tôt, beaucoup trop tôt pour le dire. Finalement, alors que les ténèbres ne faisaient que croître dans sa tête, l'homme s'avança vers la sortie et s'arrêter sur le pas de la porte, levant les bras pour prendre appui sur l'encadrement sans tomber en avant. Les poings toujours serrés jusqu'à ce que cela devienne péniblement douloureux, la tête penchée en avant et les épaules creuses, l'homme laissa cette vague de ténèbres ressortir une idée qu'il avait en tête depuis son réveil...non, depuis beaucoup plus longtemps que cela.
Il n'était rien, personne, personne d'important et le monde se porterait sans doute mieux sans sa présence. Voilà la pensée que remontèrent les ténèbres qui, à force de temps et d'insistance, percèrent cette fragile carapace pour qu'il s'autoriser à vocaliser ce qu'il n'avait jamais avoué à personne.

« J'aurai mieux fait de rester mort, dans cette grotte, plutôt que de rester aussi...vide. Sans substance. Inutile. »

Il avait souhaité mourir, plus d'une fois, pour épargner au monde et à sa sœur le poids de sa présence et, maintenant qu'il avait tout perdu, il s'interrogeait sur le sens de cette nouvelle vie qui, sous certains aspects, lui semblait vide de sens. Aimer, était-ce suffisant ? Faire son travail, était-ce suffisant ? Faire en sorte que sa sœur soit heureuse, et après ? Il avait vécu, s'était battu et avait péri : ne pouvait-il pas se reposer, à présent ? Une vie vide de sens, vide de saveur : était-ce tout ce à quoi il avait le droit, maintenant ? Il...s'était bercé d'illusions pendant trop longtemps et, maintenant qu'il était révélé sous son vrai jour, il croyait fermement que sa belle ne voudrait plus de lui.

Un mutant, une anomalie, un homme sans saveur.

Il n'était finalement que cela.

Il en était convaincu.


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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind









***

Il souffrait, bien clairement. Tes mots n’avaient pas eu d’effet. Il semblait s’enliser un peu plus dans la souffrance qui l’avait happé. Mais tu ne reculerais, pas cette fois-ci. Tu allais rester, tenir sa main s’il te le permettait, lui dire à quel point comptait pour toi, tu allais lui faire comprendre qu’il faudrait bien plus que cela pour te refroidir. Le seul problème, c’était bien de le lui faire savoir. Il parlait, te disant un millier de choses que tu aurais préféré ne pas entendre, mais tu restas. Cette fois-ci, lorsqu’il parla tu n’allas pas te réfugier dans ta chambre. Mal ? oui. Énormément, mais tu te sentais paralysée. Paralysée par lui, pour lui.

Il s’était éloigné de toi, mais tu tendis la main. La posant sur son poing fermé. Tu cherchais tes mots, car ils semblaient tous inutiles. Tu cherchais les actions, mais aucune ne semblaient suffisamment forte pour lui faire comprendre. Les yeux fermés, tu inspiras. Un bon coup. Sa dernière phrase avait l’effet de couteaux plantés violemment dans ta poitrine. On t’arrachait le cœur et le piétinais alors que tu regardais, impuissante.

« Kyo, assis-toi. On risque d’y passer la nuit. »

Sans équivoque, ta voix ne tremblait pas. Elle n’hésitait pas. Directe. Tu allais tout lui dire. Qu’il en pense ce qu’il en voudrait bien. Son opinion de toi n’était qu’un faible prix à payer pour lui faire comprendre que tu l’aimais lui. Que tu n’étais aussi belle que tu le prétendais, que ton passé était tout aussi stigmatisé que le sien, mais d’une autre façon. Si tu devais passer la nuit à tout lui raconter, tu le ferais. Si tu lui faisais mal en faisant de la sorte, qu’importe. Ses mots t’avaient arraché le cœur, mais tu remettrais le sien en place. Qu’importe le temps, qu’importe ce que tu devrais faire.

« Si de penser que mourir est la chose à faire lorsqu’on se laisse emporter à des actions inhumaines … Je serais morte un millier de fois. Je te l’ai dit. Je n’ai rien d’une sainte. Je suis plus près de tes tortionnaires qu’autre chose. »

Mais ce n’était pas ça que tu voulais lui dire. Ce n’était pas ça qui importait. Réorganiser ta tête, tes pensées. Il s’était vengé. Tant mieux, non. Ça ne te donnerait pas le reste. Tu sentais toujours la colère gronder en toi, tel un orage inarrêtable.

« Tu t’es vengé. Tu y as pris du plaisir. Et puis ? En quoi est-ce que c’est mal ? Dis-le-moi, je ne comprends pas. Nous sommes des ninjas. Et ce n’est pas vrai que ce n’est que le devoir qui nous anime. C’est impossible. Je ne connais personne qui œuvre dans ce domaine sans en tirer une satisfaction personnelle, sans y prendre un certain plaisir. J’ai tué. À de nombreuses occasions, mais tu le sais déjà. Et certains de ces meurtres, de ces exécutions, soyons honnêtes, merde. J’y ai pris plaisir. »

Tu repris ton souffle. Ta voix n’avait plus rien de chaleureux. Tu ne parlais jamais avec chaleur du métier que tu faisais, des gestes que tu posais. Tu savais le mal que tu faisais. Tu le sentais, le ressentais, mais tu avais appris à étouffer la douleur et même à y tirer une satisfaction, mais contrairement à ton amant, tu n’avais pas peur de l’avouer.

« Un animal ? Oui, certainement. Du sang ? Partout. De la violence inutile ? Ça aussi. Je t’ai dit que je ne suis pas belle. Et pourtant tu insiste pour dire que je le suis. Alors pourquoi insistes-tu pour prétendre ne pas être un soleil. Même comme ça, même si moi je suis belle ? »

Tu le fixais et les mots coulaient, sans agressivité, mais durement, froidement, rythmés par le flot de colère et d'incompréhension qui te submergeait. Un rappel à la réalité. Tu détestais le voir en souffrance, mais il fallait défaire le nœud. S’il ne voulait plus t’adresser la parole par la suite, tu comprendrais. Mais pour l’heure, ça n’importait pas.

« Tu ne brille pas. Tu es plongé dans le noir. Tu souffres, mais tu te relèves. Tu as choisi d’être humain où j’ai choisi d’être un monstre. Tu m’as tendu la main, à moi. Je me fiche de ce que tu penses. Tant que tu es à mes côtés, tu seras toujours un soleil pour moi. Une raison d’être humaine. Si tu as mal, je ferai de mon mieux, si tu as l’impression de te noyer, je sortirai la tête de l'eau. »

Ton autre main vint chercher la sienne. Avec chaque phrase, ta voix se faisait plus déterminée, plus forte. Tu ferais le pas, tu apprendrais à gérer la masse infinie d’émotions qu’il engendrait d’une seule attention à ton égard. Tu serais l’appuis dont il avait besoin, le temps de guérir.

« Je suis mal placée pour dire ça, mais la vengeance … Ce n’est pas toujours la solution. Ce n’est pas ce dont on a besoin pour se relever. Il reste toujours des questions, des pourquoi. Même s’ils sont morts. Pourquoi toi ? Et si ce n’était pas toi, que ce serait-il passé ? Si elles ne sont pas répondues, jamais tu ne te relèveras, jamais tu ne trouveras ce que tu as perdu. Enfin. Ça c’est mon cas, peut-être que je projette … »

Tu parlais avec le cœur, avec les mots qui te venaient. Tu ne cherchais plus à comprendre, à expliquer ou à ménager. Tu cherchais simplement à attraper sa main quelque part dans l’obscurité où il se trouvait.

« Et … Si je savais que ça ne te ferait pas de mal, si j’avais une façon de m’assurer que se souvenir ne te blesse pas davantage, je regarderais le reste, je le vivrais avec toi. La douleur ne m’a jamais arrêtée. Je n’ai pas non plus peur de l’ombre. Je n’en suis pas encore sorti, de toute façon. Il n’y a littéralement rien que tu puisses avoir fait, dit, pensé ou même ressenti qui pourrait me faire reculer. Alors je le répète. Je le répéterai autant de fois que nécessaire. Je t’aime. J’aime tout ce que tu es, lumière, comme ombres. »






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Sous le couvert de la nuit
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Il avait beau dire que les secrets étaient derrière lui, il ne pouvait retenir une vie entière de mauvaises habitudes et de dénigrement constant masqué derrière un sourire qui n'était là que pour sauver les apparences. Le masque était tombé et désormais le jeune aveugle ressentait tout avec une intensité renouvelée, sans filtre, jusqu'à ce que les ténèbres viennent obscurcir son jugement, qu'il s'en rende seulement compte ou non. Quel homme sain d'esprit avouerait à son aimée qu'il souhaitait mourir ? Aucun et cela révélait donc la fragilité mentale de cet individu qui, silencieusement, laissa la demoiselle s'approcher de lui avec des mots qui eurent l'effet d'une claque en pleine tête. Il savait qu'elle avait raison, qu'elle avait vécu dans les ténèbres aussi longtemps que lui et pourtant elle avait été aimée, elle était toujours aimée, alors pourquoi lui-même se refusait-il pareille éventualité ? Parce qu'il ne le méritait pas, parce qu'il ne voyait rien de bon en lui, rien qui vaille la peine d'être aimée : voilà ce que les ténèbres avaient fini par lui faire croire.
Il resta là pendant les prochaines dizaines de secondes à écouter ces mots qui suintaient la vérité sous son aspect le plus brutal et chaque parole, chaque syllabe, chaque nouvelle vérité calmait son cœur un peu plus jusqu'à ce que cette douleur s’estompe. Il arrivait à respirer, arrivait à penser droit et, finalement, lorsque la belle lui rappela qu'il n'était pas tout seul et ne le serait jamais, qu'il serait toujours aimé même s'il était convaincu du contraire, il sentit un énorme poitrine être retiré de contre sa poitrine. La tête baissée, les yeux fermés, se concentrant pour retrouver sa respiration, il brisa le silence installé depuis une petite minute.

« Quand ?  »

La question pouvait sembler vague, floue, mais bientôt, alors que le shinobi se levait de sa chaise, prenant une profonde inspiration pour maintenir la paix qu'il forçait en lui, il précisa le fond de sa pensée.

« Quand est-ce que je me suis oublié ? Quand est-ce que j'ai cessé d'être qui je suis, pour devenir ce que les autres attendent de moi  ?  »

Pivotant pour montrer son dos nu à la belle, ses muscles tendus et ses épaules solides, il s'approcha d'une des fenêtres par laquelle il sentait filtrer une légère brise, tout en redressant la tête vers l'horizon. Elle avait raison, elle avait toujours eu raison comme lui-même avait raison au sujet de cette déesse. Il s'était forcé à être un autre pendant si longtemps que, désormais, il n'était même plus capable de se reconnaître. Il était devenu...un autre, un étranger, un homme qui se mentait à lui-même et qui mentait aux autres pour ce qu'il pensait être leur propre bien. Comment pouvait-il espérer que cela finisse bien ? Les mains fermées et  posées l'une sur l'autre, il laissa son cœur parler alors que chaque mot, chaque parole chassait ces ténèbres un peu plus loin.

« Quand est-ce que j'ai arrêté de vivre, pour me sentir exister au travers des autres ?  »

Sa sœur avait été la seule à voir clairement en lui, à savoir qu'il vivait pour les autres et jamais pour lui-même. Kyoshiro n'avait jamais eu besoin de le vocaliser mais, aujourd'hui, il en avait fait le choix.

« Quand est-ce que je suis devenu réellement aveugle ? Quand est-ce que je suis devenu stupide ? »

Toute sa vie durant il avait vécu dans le noir, fait des ténèbres son foyer et s'y était sentit comme chez lui, alors pourquoi ce revirement ? Pourquoi ces ténèbres semblaient-elles désormais plus opaques et inconfortables que jamais ? Il ne s'agissait pas de lui, non, mais des autres. Jusqu'à présent il avait toujours fait semblant, toujours prétendu qu'il n'était que lumière que personne ne regarde le reste mais maintenant ? Maintenant qu'il était vulnérable, sans armure, il avait peur...peur que ces ténèbres fassent fuir tous ceux qui s'accrochaient un tant soit peu à son cœur meurtri. Lumière comme ténèbre il ressentait les deux, s'y sentait toujours aussi bien mais, désormais, il avait peur que cette proximité force cette déesse à plonger dans ses ténèbres et, bien qu'elle soit habituée aux horreurs et au sang, quelque chose en lui criait de ne pas la laisser rentrer, pour son propre bien.

La peur de laisser quelqu'un entrer dans son monde et le connaître sous son jour le moins flatteur, dans ses bons comme dans ses très mauvais moment : voilà ce qu'était sa plus grande crainte. Mais alors qu'il se faisait cette réflexion, une question lui vint en tête. Si sa belle avait été capable de faire cet effort, de se faire accepter avec sa part d'ombre, pourquoi lui n'en serait-il pas capable ? Il...avait passé trop de temps à se faire rabaisser, jusqu'à se convaincre qu'il ne valait rien, et l'idée même que quelqu'un pouvait l'aimer lui paraissait saugrenue à présent. Et pourtant il avait senti le cœur de sa belle et celui-ci ne mentait pas, alors pourquoi la rejeter ainsi ? Parce qu'il avait essayé d'être parfait pour répondre aux attentes de ses pairs en sachant pertinemment qu'il ne le serait jamais, parce que...parce qu'il avait été celui que les autres attendaient de lui et pas celui qu'il voulait être mais aujourd'hui, ici, il était fatigué de revêtir un rôle qui ne lui allait pas.

Il voulait être souriant et sombre, voulait avoir ses moments de doutes, ses moments où il préférerait rester seul et, malheureusement, ce rôle de soleil l'en empêchait, mais au moins la belle Sayuri avait raison sur un point bien précis. Il était humain avec la faiblesse qui allait avec et, bien qu'il ait toujours pensé le contraire, ce n'était pas mal que d'avouer avoir besoin d'aide de temps en temps. Quand avait-il oublié ce simple fait ? Non, il ne l'avait jamais oublié mais l'avait ignoré pendant trop longtemps. Respirant enfin, il pivota et vint retrouver sa place originelle sur cette chaise, en face de sa belle, les yeux toujours fermés.

« J'ai...deux dernières choses à te montrer, si tu veux bien. »

Joignant le geste à la parole, il poserait ses deux mains sur ses cuisses, paumes vers le haut. Si elle acceptait, si elle créait ce contact alors le jeune homme puiserait dans sa tête pour lui montrer cette perte de contrôle, le moment où il avait baissé les bras pour laisser cette rage inhumaine l'envahir. Elle sentait la douleur, la rage aveugle, la cervelle sur les doigts, le goût du sang dans la bouche et, surtout, elle sentirait le crâne de ce bourreau se briser un peu plus à chaque nouveau fracassement sur le sol. Si elle était à même de l'aimer alors le jeune Kyoshiro ferait le choix de lui montrer l'épisode le plus honteux de sa vie, celui où il avait décidé de s'abandonner à cette colère en sachant pertinemment qu'il allait mourir. C'était un test, l'ultime test qu'il pouvait faire passer à son aimée.
Puis, lorsque le calme reviendrait, l'homme plongerait dans un souvenir qui était l'exact opposé du premier : celui où il s'était senti le plus vivant depuis une éternité. Quel serait ce souvenir ? Celui de leur rencontre intime dans ce jardin, à Konoha, et celui de la danse des plaisirs qui suivit immédiatement. Il voulait qu'elle sache ce qu'il ressentait pour elle, à quel point il la savait belle même sans ses yeux pour le lui dire et, surtout, à quel point il n'avait jamais désiré une femme aussi intensément qu'elle auparavant. Ce n'était pas un appel à renouveler cet exercice, pas un message subtil mais si elle devait l'aimait, alors il préférait lui montrer le très mauvais comme le très bon.

Le choix serait entre ses mains, ensuite.


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Yamanaka Sayuri
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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind









***

Lorsque tu lui dis s’asseoir, il s’exécuta sans un mot. Tu t’attendais à ce qu’il refusa, mais aux vues de son état, tu n’étais, finalement pas si surprise. Il t’écouta, sans rien dire, sans t’interrompre. Tellement que tu te demandas s’il t’écoutait, s’il n’était simplement en mode automatique à attendre que tu terminasses de parler. Mais, de toute façon, qui t’écouterais, toi, lorsqu’il était question du cœur ? Tu ne comprenais pas la moitié de rouages. Tu n’étais pas la mieux placée pour en parler, pour le conseiller. Mais, ce soir-là, tu avais cessé de penser, tu parlais avec ton cœur, avec ton instinct. Les mots que tu disais, aucun d’entre eux n’étaient calculés ou pensés. Ils ne faisaient que couler dans une honnêteté troublante, même pour toi. Alors s’il ignorait tes conseils, tu pouvais comprendre.

Mais une minute passa et Kyoshiro reprit la parole. Un mot. Un seul. Une question à laquelle tu n’avais pas la réponse. Pourtant ce mot, cette question était la preuve qu’il t’avait écoutée, qu’il avait entendu ce que tu lui disais. Maintenant tu espérais qu’il comprenne l’ampleur de tes mots, de ta déclaration.

Et les questions fusèrent, questions auxquelles, encore, tu n’avais pas la réponse accueillie en silence, les écoutant attentivement, cherchant à saisir toutes les dimensions de ses mots. Et ses questions, bien que tu ne pusses les comprendre, te firent comprendre bien des choses le concernant. Il s’était éloigné alors qu’il avait commencé son questionnement. Mais tu ne l’avais pas retenu. Tu étais restée sur place, tu l’avais observé en silence et lorsque ses questions prirent fin de nouveaux, tu lui répondis, la seule chose que tu pouvais encore lui dire :

« Je ne sais pas. Ça ne fait pas si longtemps qu’on se connait … Mais on peut chercher ou on peu avancer. On peut s’attarder sur ce qu’on a fait de mal dans le passé. Faire comme je fais. D’expérience : ça me fait juste tourner en rond. Ou on peut avancer, voir où tout ça nous mène. Tu peux décider d’être toi et, moi, je peux décider d’arrêter de tout étouffer toujours. De ressentir. »

Chimères oniriques, peut-être était-ce ça que proposais, mais il te donnait l’envie d’y croire. Surtout ce soir-là, où ses défenses étaient tombées. Il t’avouait ses pensées les plus obscures, de choses que tu persuadée qu’il gardait pour lui, mais tu ne pouvais t’empêcher d’être ravie. Il te faisait confiance. Il t’écoutait.

« Et moi, suis-je stupide d’avoir voulu être une arme ? Si ce n’est pas le cas, ne te torture pas inutilement avec ça. Ce qui ne s’applique pas à moi, ne s’applique pas à toi. »

Tu jugeas d’ajouter ces quelques phrases. Tu détestais qu’il se dépréciât ainsi. Était-ce qu’il ressentait lorsque tu te traitais de monstre ? Maintenant, comprenais un peu mieux la raison de son opposition si farouche à tes propres insultes. Un petit sourire naquit sur tes lèvres.

« Je sais que je suis mal placée pour ce genre de conseils, moi qui ne gère pas encore mes émotions. »

Tu ne voulais mettre ça au clair, lui montrer que tu étais parfaitement consciente de la qualité de tes conseils, que peut-être ils maladroits. Il ne fallait peut-être pas te prendre au pied de la lettre.

« Oui, tout ce que tu veux. »

Tu n’allais pas le lui refuser. Peu importe ce qu’il voulait te montrer, tu l’accepterais. Avant de t’exécuter, tu pris ses mains et au creux de chacune d’entre elle, tu posas un baiser. Une fois cela fait, tu composas les mudras de ta technique. Cette fois-ci, tu ne laisserais pas ton âme divaguer et te concentrerais entièrement sur le souvenir, mais d’abord, il faudrait que tu vives ce qu’il voulait te montrer.

Tu fermas les yeux alors que la douleur du premier souvenir venait submerger tes sens. La mâchoire serrée, tu vécu son souvenir avec lui. Chaque moment, chaque douleur, chaque geste. Ce moment, tu le savais, tu le ressentais, c’était son souvenir, mais il te le partageait si volontairement, si ouvertement. Bien sûr, quelques petits grognements franchir tes lèvres alors que l’intensité du moment te traversait. Le crâne d’un homme, son bourreau, te le sentis se fracasser contre le sol, mais tout comme Kyoshiro, tu y ressentais un plaisir fou. De savoir la violence qui l’avait emporté. De sentir sous tes mains sa vie le quitter, son crâne s’exploser, son sang …

Mais la pression tomba immédiatement, lorsque l’odeur des fleurs vint chatouiller ton nez. Il te montrait l’horrible de lui, mais aussi ce qu’il ressentait pour toi, car tu reconnu, malgré tout ce qui se passait. Tu reconnu l’instant partagé avec lui dans ses bras. Il était étrange d’avoir accès à ce souvenir d’une autre façon que celle dont tu avais l’habitude, c’est-à-dire de revivre le moment alors que ses mains se baladait sur ton corps, alors que la lueur de la lueur vous gardait et que les fleurs vous espionnaient. Il était étrange d’être à sa place à ce moment précis et, pourtant, tu comprenais exactement pourquoi il te partageait cet instant précisément. Et bien que son but ne fût pas d’éveiller tes sens, il fallait bien avouer que tu te retrouvais toute émoustillée par cet échange.

« À mon tour. »

Inspirant bien fort, tu ressemblas ton courage. Ce que tu désirais lui montrer, ce n’était pas tout rose, mais s’il t’avait montré un instant de faiblesse émotionnelle, tu voulais lui montrer que toi aussi tu t’effondrais. Surtout lorsqu’il n’était pas là. Tu lui montras donc l’une des soirées que tu avais passées, bouteille de saké à la main. À le maudire, à l’aimer, à l’attendre, à l’espérer. Tu lui montras l’instant de colère, la lettre à demie écrite, la table renversée, les poisons au sol. Tu lui montrais un instant de pure faiblesse.

Mais tu enchaînas, sans prendre de pause, pour une scène très récente. Votre entraînement. Tu voulais qu’il ressente ce que tu avais ressenti. Tu voulais lui faire comprendre que tu voulais être là pour lui lorsqu’il brillait, mais également lorsqu’il peinait. Tu désirais qu’il le voie, qu’il le ressente jusqu’au plus profond de lui.

Tu l’aimais, tout entier. Tu aimais chaque parcelle de lui. Les bonnes, comme les mauvaises. Il était ta raison de ressentir, de ne pas tout repousser. Tu n’avais su te le sortir de la tête, tu n’avais su le laisser aller. Il était temps qu’il le sache, qu’il apprenne qu’il était maintenant irremplaçable dans ton univers.

Tu avais compris le secret de cette technique. Il fallait le vouloir, vraiment, pour qu'elle fonctionne. Elle demandait un effort de concentration hors norme pour te couper de ton environnement et t'abandonner à quelque chose qui ne se déroulait pas réellement.



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Récap:
 


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Sous le couvert de la nuit
ft Yamanaka Sayuri







Pendant longtemps le jeune homme s'était considéré comme le plus faible des hommes, comme un poids, un boulet, sans doute parce que c'était ainsi que le commun des mortels le voyait et il avait fini par y croire. Il avait fini par croire qu'il ne valait rien, croire que le monde se porterait mieux sans sa présence, croire qu'il n'était qu'une bouche de trop à nourrir. Il ne se souvenait plus comment était né ce sentiment, quelle remarque avait pu faire germer cette idée dans son esprit mais elle prit racine très rapidement, jusqu'à ce qu'il soit impossible de l'extirper sans provoquer d'irréparables dégâts. Il avait donc décidé de faire semblant, de se forcer à sourire pour faire semblant que tout allait bien en espérant que, un beau jour, il finirait par se mentir à lui-même et réussite à se convaincre que tout  allait bien. Mais non, tout n'allait pas bien chez un garçon qui, durant les dix premières années de sa vie, était paralysé par sa volonté de mourir chaque jour.
Chaque jour. Sans exception.
Le petit gamin terrifié en avait fait du chemin depuis ses jeune années car, si tout n'allait pas comme sur des roulettes pour le moment, il avait appris de la façon la plus dure qui soit qu'être honnête envers soi-même était la clé pour trouver la paix intérieure. Il avait appris que se mentir était la plus sûre façon d'ouvrir une porte dans son esprit pour que colère, désespoir, rage et idées suicidaires y rentrent pour ne plus jamais en ressortir. Il avait toujours essayé de se convaincre qu'il était plus fort que les autres, que cette garce appelée la vie lui en avait foutu suffisamment dans la gueule pour qu'il devienne plus endurant qu'aucun autre avant lui. La réalité ? Il s'était trompé, sur toute la ligne. Il n'était pas plus résistant, il s'était simplement menti pendant assez longtemps pour finir par croire à ce mensonge éhonté. Il avait craqué, avait laissé tout espoir s'échapper par tous les pores de sa peau et maintenant qu'il était mort, maintenant qu'il avait tout perdu, charge à lui de récupérer morceau après morceau ce qui faisait de lui l'homme qu'il devait être.

La toute première étape n'était pas de regagner confiance en lui mais d'arrêter de se mentir, d'arrêter de se croire invincible car cela n'avait jamais été le cas et il fallait l'accepter. Après un travail sur lui-même, après avoir ouvert les vannes et laissé les émotions le détruire et le reforger lentement, très douloureusement, l'homme ici présent avait fait le choix de s'ouvrir à sa belle plus honnêtement qu'il n'aurait cru cela possible. Il avait donc posé à voix haute toutes les questions qui ne hantaient et, lorsque la belle tenta de le convaincre que si elle avait réussi à changer grâce à lui, lorsqu'il comprit que l'inverse était tout aussi possible, il murmura à demi-mots.

« Tu as raison. Il faut que j'arrête. »

Il devait arrêter de porter sur ses épaules un poids et une responsabilité qui n'incombaient pas qu'à lui, il devait arrêter de se mettre une pression inutile pour répondre aux attentes illusoires d'un monde dans lequel il ne se reconnaissait pas. Il devait accepter de vivre pour lui et pas pour les autres, un concept étranger et donc très compliqué à accepter pour un homme tel que lui, mais il y arriverait. Il ne pouvait en être autrement.

« Tu as fait plus de chemin que tu ne le penses. Crois-moi. »

S'en rendait-elle seulement compte ? À force d'entendre son amant l'entendre le lui dire, oui, l'idée avait sans doute fait un chemin jusqu'au creux de son crâne mais, pour l'heure, Kyoshiro laissa ses pensées de côté pour se concentrer sur les deux souvenirs les plus vivaces encore présents dans son esprit. Il se concentra donc sur ces souvenirs, pour ne pas les altérer en aucune façon et, bien que cela lui soit douloureux de s'ouvrir ainsi, il laissa ces sensations passer à travers lui sans les retenir, sans les repousser, sans chercher à les fuir comme il l'avait fait toute sa vie. Puis vint son tour de devenir le spectateur, de poser ses yeux sur ces couleurs et ces formes dont il ne connaissait rien et, clairement, le premier souvenir fut celui qui lui fit le plus de mal. Elle...l'avait maudit pour le changement qu'il avait apporté dans sa vie et, s'il avait su qu'une telle évolution ne se ferait pas sans douleur, il s'était bercé d'illusions en espérant que cela puisse se faire en douceur. Ce ne fut pas le cas, pas du tout.
Le second souvenir, en revanche, chassa toutes les ténèbres de son esprit lorsqu'il comprit à quel point la belle avait besoin de lui. Il...comment faisait-elle ? Que voyait-elle en lui ? Il le comprenait à présent et, lorsque la réalité reprit ses doigts, il serra plus intensément les mains de la belle avait de lui murmurer faiblement :

« Je t'aime. Ici, maintenant, pour toujours. »

Que pouvait-il dire de plus qu'elle ne savait pas déjà ? Qu'elle n'avait pas déjà entendu plusieurs fois ? Ses mains vinrent bientôt remonter le long des bras de la belle, avant que sa main droite ne vienne entourer son doux visage, pour ensuite déposer un doux baiser sur ses lèvres sucrées. Une façon de la remercier, peut-être, ou de lui rappeler que même tous ces souvenirs ne pourraient jamais chasser l'amour qu'il ressentait pour elle. Il n'en revenait pas de pouvoir aimer autant quelqu'un alors qu'il avait si peu à offrir mais maintenant il l'acceptait, il l'acceptait en posant son front contre celui de celle qui faisait battre son cœur.

« Je sais que je te l'ai déjà dit mais...»

Mais quoi ? Que ne parvenait-il pas à dire ? Voulait-il lui dire que malgré la répétition de ces mots la puissance était toujours aussi vive, inaltérable ? Ou peut-être qu'il souhaitait simplement le lui rappeler ? Aucune réponse cohérente ne vint dans son esprit.

« Mais rien, en fait. Je tenais juste à le dire, encore, et encore, et encore. »

Front contre front, ses deux mains descendirent le long du corps de la belle, jusqu'à se poser sur sa taille, avant que Kyoshiro ne s'autorise un petit sourire amusé.

« Tu me crois si je te dis que tu es la première à qui je le dis ? »

Il était un homme à femmes, il ne l'avait caché mais jamais il n'avait aimé et il le comprenait à présent. Et aujourd'hui, face à cette déesse, il était prêt à le faire.

Prêt à passer le reste de ses jours à ses côtés.


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Sous le couvert

de la nuit

Tadake Kyoshiro et Yamanaka Sayuri

When darkness crawls from the corner of your mind









***

Deux cœurs mis à nus sous le couvert de la nuit. Échange nécessaire, mais involontaire. Tu n’avais jamais imaginé que de ton entraînement nocturne, tu en apprendrais tant sur lui. Tu n’avais jamais pensé qu’il portait un tel poids sur ses épaules. Mais tu ne voulais pas reculer. Il aurait peut-être été plus logique de le faire, mais, depuis votre rencontre à Konoha, tu savais qu’il était trop tard. Il était dans ton cœur, bien trop ancré maintenant pour que tu ne puisses l’y en chasser. Il avait fait une marque indélébile sur ton âme, il faudrait maintenant que tu apprennes à vivre avec elle, avec ses émotions qu’il faisait rugir, d’un simple geste, ou d’un mot doux.

Il était devenu tout. En quelques heures, il était devenu tout, en quelques jours, il tenait entre tes mains une chose que tu ne savais posséder, ton cœur. Tu laissas tes doigts glisser le long de sa joue alors que tu rompais la connexion avec son esprit. Ce que vous aviez partagé, c’était bien au-delà de la simple intimité et ton cœur battait à tout rompre dans ta poitrine. Tu lui avais montrer quelque chose de laid, d’horriblement laid. Tu lui avais montré à quel point tu avais besoin d’être aimée, par lui et personne d’autre. Tu lui avais montré à quel point tu étais perdue sans lui sans sa guidance, sans sa présence. Tu lui avais aussi montré à quel point le simple fait qu’il soit près de toi apaisait toutes tes inquiétudes, engourdissait la douleur dans ton âme, te laissait goûter au bonheur.

Et chaque instant semblait renforcer cet amour qui s’était installer bien malgré toi dans ton cœur. Dormir à côté, vivre en sa présence, l’avoir toujours si près … Tu te voyais goûter à cette tranquillité encore longtemps. C’était déroutant, mais tellement confortable, tellement chaud.

Sa déclaration te serra le cœur, car même si tu l’avais entendu plusieurs fois depuis quelques jours, même si sa véracité n’était plus à prouver. À chaque fois elle te laissait sans voix, faisant naître des frissons sur ta peau. Ces mots pourtant si doux te secouaient à chaque fois que tu les entendais.

Et ce que tu aimais les entendre.

Et les lui dire.

« Moi aussi. Moi aussi, je t’aime »

Lorsqu’il sembla hésiter ou chercher ses mots, tu souris. Son front contre le tien, tu fermas les yeux, pour mieux te concentrer sur tes autres sens. Sur ses mains qui étaient posée sur toi, sur les nouvelles paroles qu’il prononçait et qui faisait accélérer le rythme de ton cœur, sur la traînée de feu que ses doigts laissèrent dans leur sillage alors qu’ils prenaient place à ta taille.

« Ça tombe bien … J’aime t’entendre dire ça. »

Et tes mains vinrent se joindre derrière son cou, alors que lentement tes doigts caressaient le haut de sa colonne vertébrales et sa nuque. Tu étais bien, malgré tout ce que vous veniez de partager. Tu étais en paix avec les décisions que tu avais prises. Tu avais l’impression de flotter sur une vague de bien-être. Tout le laid, tout l’horrible, il l’acceptait, il le prenait et le transformait en chaleur qu’il te rendait par un baiser et quelques mots. Voilà le pouvoir qu’il avait sur toi. Il était bien trop tard, tu lui appartenais corps et âme et, bien que cette réalité te percutât de plein fouet, tu ne désirais pas y changer quoi que ce soit.

Sa dernière question te laissa sans voix. Bien sûr que tu le croyais, même si tu en étais surprise. S’il ne te l’avait pas dit, tu imaginais que plusieurs autres femmes auraient été à l’origine de telles paroles, d’une telle promesse.

« Oui, je te crois. Est-ce que toi tu serais surpris si je te renvoyais le même commentaire. Si je te disais que c’est la première fois que je me sens comme ça ? »

Un petit rire t’échappa. Bien sûr qu’il n’y avait pas de surprise, pas avec une femme de ton genre. En fait, le contraire aurait été étonnant. Tu restas quelques secondes dans cette position, front contre front, tes avant-bras posés ses épaules, tes doigts entremêlés caressant doucement le haut de son dos, alors que ses mains étaient posées sur ta taille. Tu profitas du contact, de la sensation de bien être qu’il te procurait, avant de te lever lentement.

« Viens, il se fait tard. Mieux vaut profiter des dernières heures de la nuit pour dormir. Demain, j’aimerais t’apporter quelque part … »

D’une de tes mains tu l’incitas à te suivre sans le pressé outre mesure. S’il te suivait, tu l’entrainerais vers le lit pour y dormir. S’il ne te suivait pas tu poserais un baiser sur son front avant d’aller t’installer, pour les quelques heures qu’il restait à la nuit.




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Sous le couvert de la nuit [Pv Tadake Kyoshiro] Untitl25
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