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Open Hearts [PV Tadake Yurikô ]

Tadake Kyoshiro
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Open hearts
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Sang et sueur, tel était le prix à payer pour être un shinobi et le jeune homme en avait fait l'expérience la plus brutale, quelques jours plus tôt. Il avait brisé, écartelé et tordu dans tous les sens possibles et imaginables jusqu'à ce que plus rien ne reste de lui, presque plus rien en tout les cas et pourtant il était en vie. À sa grande surprise il était en vie et, s'il n'avait pas tout de suite compris comment ou surtout pourquoi, il avait accueilli cette résurrection avec joie et bienveillance comme il savait si bien le faire. Il se rappelait d'une des phrases de son mentor qui lui avait dit, un jour, qu'il y avait deux jours importants dans la vie d'une personne : le jour où elle était née et le jour où elle découvrait pourquoi. Il avait toujours cru que le pourquoi de sa vie était de rembourser sa dette envers Konoha, de faire quelque chose de sa vie mais maintenant qu'il avait été au fond du gouffre, maintenant qu'il avait connu intimement l'agonie et le désespoir, il savait que le devoir n'était rien face au cœur et aux liens du sang. Il s'était toujours dit que le monde pourrait être en feu cela n'aurait aucune importance car il aurait toujours sa sœur, il serait toujours au côté de celle qui le connaissait par cœur mais désormais ce n'était plus le cas car il l'avait peut-être perdue.
Il s'était inquiétée pour lui, avait remué ciel et terre pour le retrouver, avait sans doute écrasé et tué bon nombre de ces enfoirés pour le sauver et elle avait réussi : elle pouvait en être fier. Alors pourquoi se sentait-il aussi mal ? Pourquoi était-il heureux de vivre et, pourtant, son esprit continuait de lui dire qu'il aurait mieux faire de mourir dans cette grotte ? Parce que la vie n'aurait jamais plus de sens sans sa sœur, parce que le bonheur n'aurait plus jamais la même saveur sans elle à ses côtés.

Elle avait fait son choix, le choix de se refermer comme elle le faisait toujours tandis que lui, de son côté, avait les nerfs à vif. Bon comme mauvais, meilleur comme pire, il ressentait tout avec une intensité surprenante mais souriait malgré tout. Pourquoi ? Parce qu'il était heureux de vivre et heureux qu'elle soit là. Peu importait qu'elle ne lui parle plus, peu importait que leur lien se soit brisé pour toujours, elle était en vie elle aussi et c'était bien tout ce qui comptait pour lui pour le moment.

Il ferait tout pour elle, même disparaître de sa vie.

Cela faisait une ou deux heures qu'il s'était réveillé, une ou deux heures qu'il était là, seul dans cette maison à laisser la douleur aller et venir avec irrégularité en sentant sa tête tambouriner comme jamais, en se demandant lui-même pourquoi il était aussi content de vivre après tout ce qu'il avait vécu. Il ne comprenait pas, ne savait pas lui-même mais s'accrochait à ce bonheur malgré tout. Après une éternité de silence, après avoir laissé son élève et son aimée retourner à leurs occupations, le jeune homme se redressa très difficilement de son lit. Il lui fallut au moins dix bonnes minutes pour se lever et sortir de la maison avant d'enfin sentir le soleil et le vent sur son visage, marché d'un pas lent et incertain en se tenant les côtes qui le lançaient à chaque nouveau mouvement.

Il reste là un instant avant de laisser ses pieds bandés glisser le long de la terrasse en bois, avançant un pas après l'autre sans vraiment savoir où aller. Il avait retiré les bandages qui entouraient son visage, la partie la moins meurtrie de son anatomie pour laisser le vent la caresser afin de lui rappeler ce que c'était que de profiter de la vie. Il aurait pu se noyer dans l'alcool, se noyer dans le plaisir avec son aimée mais il ne l'avait pas fait car il savait que ce n'était là que la solution de facilité. Il devait accepter ce qui lui était arrivé, accepter ce qu'il avait libéré en lâchant prise, il devait accepté d'avoir abandonné tout espoir dans cette fichue grotte.

Son sourire était sincère mais sa tête tentait de l'effacer, faisant trembler sa main comme un rappel de ce qu'il avait subi. Silencieusement, l'homme l'implora de le laisser tranquille juste pour cette fois, juste pour un instant et étrangement son esprit accepta en faisant cesser ce tremblement jusqu'à ce qu'il vienne s'asseoir au bord de la terrasse en bois.

« Allez, ça fera l'affaire. »

Lentement, délicatement, il défit la chemise qu'il portait avant de la rouler en boule, dans le seul but de créer un oreiller ce fortune. Serrant les dents, le jeune homme vint s'asseoir et, pivotant sur le côté, s'allongea sur la terrasse en reposant sa tête sur l'oreiller improvisé, joignant ses deux mains derrières sa tête en sentant cette fraîche brise le caresser de nouveau. Le reste de son corps était toujours entouré de bandages et le resterait pendant un petit moment, jusqu'à ce qu'il puisse marcher correctement en tout cas, jusqu'à l'avis du médecin mais tout ce qu'il voulait, pour l'heure, c'était de se reposer.
Son corps était en bonne voie mais c'était de son esprit dont il s'agissait ici. En effet si le cœur de Kyoshiro avait déjà compris qu'il était sorti d'affaire, il ne semblait pas être de même pour son cerveau qui continuait de le faire souffrir. Il allait lui falloir un peu de temps mais, pour l'heure, le Tadake se sentait bien ici. 

« Pas si mal. J'pourrais rester ici un moment.  »

Le pourrait-il seulement ? Pourrait-il rester dans un clan dont il ne connaissait rien et laisser Konoha derrière lui ? La question ne se posait pas pour le moment, trop tôt, beaucoup trop tôt mais cette éventualité ne l'avait pas échappé. Mais pour l'heure il préférait simplement rester là, profiter de l'instant et, en temps voulu, il reviendrait vers sa sœur. Pour la première fois de sa vie son sourire n'était pas feint, il n'avait pas besoin de grandir car ce n'était pas la comédie qui guidait ses pas mais la sincérité sous sa forme la plus pure.

Peut-être était-il mort dans cette grotte, peut-être était-ce une nouvelle version de lui qui se tenait là, allongé.

Ou peut-être avait-il simplement pris l'habitude de s'en prendre plein la gueule.

Il était là, il se sentait bien et tout le reste n'avait plus aucune importance.



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" Les pires histoires sont des histoires de famille. "


La jeune femme n'avait pas compté les heures qui s'étaient écoulées depuis qu'elle avait quitté la chambre de son frère. Les mots de Kyoshiro avait échauffé le cœur de la jeune femme de par leur insolente légèreté. En effet, Yuriko était passée par une multitude d'émotion quand elle avait compris que ce dernier avait disparu, et ses tourments avaient commencé au moment même où l'idée qu'elle aurait pu être abandonné par lui avait effleuré son esprit. Que serait-elle devenue sans sa moitié? A eux deux, ils formaient la facette d'une même pièce. C'était ainsi qu'ils étaient nés, ensemble, sous le même ciel. C'était ensemble qu'ils avaient poussé leur premier cri, ensemble qu'ils avaient grandi, ensemble qu'ils étaient entrés à l'académie, ensemble qu'ils s'étaient construits. Et tout cela aurait pu basculer en quelques sombres jours.

Quand il ne trouva à dire que "la pêche" avec désinvolture, ce fut comme s'il balayait d"un revers tout ce qu'elle avait pu ressentir, comme si tout n'était qu'un mauvais souvenir à se débarrasser en un simple soupir. Mais se rendait-il compte de l'angoisse oppressante qui l'avait étouffé comme dans un étau ces derniers jours? Bien évidemment que leur douleur n'était pas comparable et certainement pas à comparer, bien évidemment qu'il lui était difficile d'imaginer le sort qui fut le sien, elle ne l'avait que deviné au vue de ses blessures, au vue de son comportement dans ces souterrains. Elle avait contemplé la bête à laquelle il avait été amené à régresser, elle avait découvert son visage le plus primitif pourtant... elle ne s'était accrochée qu'à l'idée de le savoir vivant. Son frère serait toujours son frère. Il pouvait devenir un monstre, il pouvait devenir un saint. Qu'importait. Il serait toujours Kyoshiro. Il serait toujours sa famille.

C'était pour cette raison évidente qu'il fallait qu'elle se résolut à l'affronter. Elle ne pouvait demeurer éternellement silencieuse et elle ne pouvait pas quitter le clan des Yamanakas sans dire mot, bien que l'idée lui avait traversé l'esprit. Cela n'aurait été que par pure fierté et un comportement bien peu honorable. Et puis, ce n'était pas comme si la tension n'était pas redescendue grâce à la présence d'un nouvel homme dans sa vie. Elle ne s'était pas attendue à le revoir dans de telle circonstance mais le destin se jouait bien de cela. Et puis, Yuriko était une femme qui aurait été capable d'affronter le monde pour protéger son frère, elle ne pouvait pas prétendre ne pas pouvoir l'affronter lui.

Toutefois, elle n'était pas certaine de trouver les bons mots, ou bien la manière d'aborder ces évènements. Il y avait bien longtemps que les jumeaux ne se parlaient plus comme autrefois. Si dans leur enfance ils se disaient tout, dans leur vie d'adulte, ils avaient su entretenir leur propre jardin secret. Le pire dans tout cela était que ce désir là n'était né que dans l'idée de ne pas peser pour l'autre. Ironique que d'imaginer que cela n'avait pas eu l'effet escompté.

Yuriko finit par se décider de rentrer mais elle ne revint pas les mains vides. Comme la digne doctoresse qu'elle était, elle avait fait un détour chez un médecin Yamanaka afin de récupérer quelques bandages propres. Si ce n'était pas elle qui les changeraient, elle en donnerait toutes les instructions à Sayuri. Ce ne fut donc pas sans appréhension que la jeune femme revint dans la maison de son amie mais quand elle arriva, son frère se trouvait dehors. Il se tenait nonchalamment sur la terrasse, allongé sur le parquet de bois. Son visage était découvert de ses bandages et même à quelques distances de là, elle savait - elle ressentait - qu'il était quelque peu soucieux.

La jonin s'avança dans le silence mais sans dissimuler sa présence. Elle savait pertinemment que si son frère ne somnolait pas, il reconnaîtrait ses pas ou même son parfum porté par le vent. Mais quand elle parvint au devant, elle hésita quelques secondes. Il lui aurait été si simple de déposer là ce qu'elle apportait, de laisser une note et de simplement s'en aller. Au lieu de cela, elle serra les poings. Mais elle jeta un regard au corps allongé de son frère, à ses blessures... cela lui faisait mal. Sa poitrine lui faisait mal. Elle ne pouvait pas partir.

Toujours enfermée dans son mutisme, elle fit donc le choix de rester mais elle partie s'assoir de l'autre côté de la terrasse, à l'opposé même de Kyoshiro. Elle veillerait... comme elle l'avait toujours fait... de loin.

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Les deux jumeaux avaient toujours été fusionnels depuis leur naissance, depuis leur premier cri à la face de ce monde et avaient toujours su se soutenir l'un l'autre dans les moments les plus durs. Kyoshiro n'avait aucune difficulté à admettre que sans sa sœur il n'aurait jamais dépassé l'âge de dix ans, il ne serait jamais devenu shinobi et n'aurait pas pu savoir ce que c'était que d'aimer quelqu'un. Donc oui, pour résumer, il lui devait beaucoup et jusqu'à présent il n'avait guère su lui rendre la pareille. Il avait été là pour elle, avait tenté de la faire sourire lorsqu'elle n'en avait pas envie, comme tout à l'heure, mais était-ce vraiment suffisant ? Pas le moins du monde car, de son point de vue à lui, elle avait bien moins besoin de lui que l'inverse et peut-être était-ce mieux ainsi, car tout ce qu'il souhaitait était de la voir heureuse. Avec ou sans lui.
Malgré la douleur, malgré la souffrance malgré le désespoir le jeune homme s'était senti bien en levant les yeux sur les trois être chers à son cœur mais désormais ce bonheur était parti. Pourquoi ? Parce qu'il avait perdu sa sœur et que cette seule perspective pourrait faire couler des larmes sur son visage s'il était encore capable de pleurer, s'il n'avait pas déjà pleuré toutes les larmes de son corps depuis sa naissance. Il ne voulait pas fuir cette peine, il voulait simplement la laisser couler à travers lui pour ressortir lorsqu'il se sentirait prêt, lorsqu'il se sentirait prêt à accepter cette perte mais...en serait-il jamais capable ? Non, pas pour le moment et la seule perspective de perte celle à qui il tenait le plus l'avait empêché de trouver le sommeil sur cette terrasse. Il était là, allongé, les yeux fermés et tout ce qu'il pouvait sentir c'était son corps trembler de...peur ? Oui, c'était bien la peur qui l'empêchait de trouver la  paix, de se concentrer pour sentir l'arrivée de sa sœur quelques minutes pus tard.

Il lui fallut cinq minutes, cinq bonnes bonnes pour savoir qu'il n'était plus sûr. Elle était là, à quelques mètres de lui, silencieuse, n'osant pas ouvrir le dialogue ce qui n'était guère étonnant au vu de leur dernier échange. C'était à lui de le faire, il le savait bien et il ouvrit la bouche mais aucun mort ne sortit. Par quoi devait-il commence ? Il y avait tellement de choses, tellement de secrets qu'il aurait voulu découvrir mais par lequel devait-il débuter ? Oui, au bout de quelques secondes il sélectionné le bon et, ouvra ses yeux inutiles vers le toit et les cieux, il brisa le silence par la plus grande révélation de toutes.

« J'ai souhaité mourir, là-bas. »

Il avait toujours été un modèle de courage et de vaillance, une lumière dans les ténèbres, un roc face aux vagues s'écrasant sur lui mais ce jour-là, sur cette terrasse, il acceptait de dévoiler sa plus grande faiblesse en faisant fi des conséquences. Leurs petits secrets avaient séparé les deux jumeaux plus qu'ils ne s'en rendaient compte et il avait fallu à Kyoshiro la plus grande souffrance du monde pour le réaliser. À ces moments, à cette sombre introduction, l'homme se redressa non sans une dose d'effort de de douleur. Désormais assis au bord de la terrasse, sa main gauche toujours posée sur son flanc gauche douloureux, le regard perdu dans le vide, il plongea dans ses horribles souvenirs et laissa son cœur parler. Sans artifice, sans comédie : il n'avait plus besoin de tout cela.

« J'ai réduit mon espoir en bouillie en sachant que, au bout du tunnel, ne m'attendait que la mort. J'ai souhaité qu'elle vienne, vite, afin de mettre un terme à la douleur. Afin de connaître enfin la paix.  »

Qu'y avait-il à ajouter ? Il n'était qu'un homme et avait atteint sa limite là-bas, les deux jumeaux le savaient bien mais Kyoshiro avait besoin de le vocaliser, de dévoiler l'évidence pour pouvoir aller de l'avant. Ignorer la douleur ne le ferait rentrer que dans ses vieilles habitudes et c'étaient celles-ci qui avaient créé un fossé entre les deux Tadake. Plus jamais, plus jamais ça.

« Mais elle n'est pas venue, elle n'a pas voulu de moi. À la place j'ai...j'ai abandonné, j'ai baissé les bras. J'ai laissé une vie entière de rage et de colère refoulées prendre les rennes, afin d'emporter un maximum de ces salopards avec moi. Parce que je savais que j'allais crever de toute façon.  »

C'était sans doute la première fois de sa vie qu'il dévoilait à sa sœur la présence de la colère et de la rage, la présence d'une part d'ombre dans son cœur qu'il avait choisi d'ignorer pendant tout ce temps. Cette révélation à elle seule lui permettrait de comprendre qu'il en avait fini avec les secrets, que si elle voulait de l'honnêteté alors Kyoshiro lui en donnerait sous sa forme la plus brutale. La plus crue.
Alors qu'il plongeait dans ces douloureux souvenirs la douleur revint de nouveau et, sans difficulté, il sentit ses deux mains trembler comme jamais. D'ordinaire il lui suffisait de souffler un peu pour que cela passe mais pas cette fois, cette fois il décida de ne pas lutter et de laisser une nouvelle vague de douleur venir remplir sa tête. Sa jumelle remarquerait-elle le tremblement ? Remarquerait-elle que chaque mot de son frère décomposait un peu plus le visage de ce dernier ? Que son sourire n'était plus qu'un lointain souvenir alors qu'il se dévoilait sous son jour le plus vulnérable ? Sans doute, c'était un passage obligé pour avancer.

« Mais là encore, la mort n'a pas voulu de moi. J'ai...j'ai mal choisi mes mots, avec ma sœur. J'ai égoïstement laissé la joie de la retrouver prendre le dessus sur tout le reste, en oubliant ce qu'elle avait pu traverser avant de me retrouver. »

il avait été égoïste et le savait, conscient que cette seule action était responsable de l'énorme fossé entre eux et, silencieusement, il n'espérait même pas qu'elle lui pardonne. Il voulait qu'elle sache, qu'elle sache ce qui se passait dans sa tête et si, plus tard, elle souhaitait tout de même s'éloigner de lui alors il l'accepterait tout aussi silencieusement. Se laissant glisser sur le côté, plus proche du centre de la terrasse et de sa sœur, comme une main tendue, le shinobi serra ses mains l'une contre l'autre afin d'arrêter de trembler et de trouver son calme.
En vain évidemment. Sa voix était tremblante, son cœur commençait à s'emballer sous le coup d'une émotion trop longtemps refoulée. Ce fut de cette voix incertaine, brisée, qu'il dévoila le souhait le plus fort qui saturait son esprit depuis son réveil.

« Je...je voudrais simplement prendre ma sœur dans mes bras et lui dire que je l'aime plus que tout au monde. Que sa vie m'importe tout autant ou plus que la mienne, que je m'excuse de ne pas le lui dire assez souvent.   »

Il retroussa ses lèvres pour éviter de craquer, se penchant en avant pour que ses mains viennent entourer son visage, pour essayer de retrouver un semblant de calme qui semblait désormais bien inaccessible. Il allait bien alors pourquoi se sentait craquer ? Parce que c'était elle, parce que une vie sans elle était inconcevable, parce qu'il aurait mieux fait de mourir dans cette grotte si c'était pour passer sa vie éloigné d'elle.

« Je...je n'ai jamais voulu ça. Je suis... »

Il était là, prostré en avant, plus vulnérable que personne ne l'avait jamais vu et il ne voulu pas lutter contre cela. Il...était seul responsable de sa déchéance, incapable de dire à à sa jumelle à quel point il était désolé, à quel point il était le pire des frères sur cette terre.

Il avait tout foutu en l'air. Encore.



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" Les pires histoires sont des histoires de famille. "



" J'ai souhaité mourir, là-bas. "

Ces paroles résonnèrent dans la tête de Yuriko comme un échos lugubre. Elle s'était soudainement raidie face à cette vérité qu'elle ne pouvait ignorer. Elle avait l'impression que l'on venait tout juste de lui enfoncer une aiguille dans le cœur et que tout son corps se paralysait lentement. La kunoichi n'avait trouvé la force que de tourner la tête dans la direction de Kyoshiro, les yeux grands d'une terreur qu'elle ne dissimulait pas. Cependant, il lui était impossible de prononcer le moindre mot, elle ne pouvait que le regarder se redresser comme un spectre blessé.

" J'ai réduit mon espoir en bouillie en sachant que, au bout du tunnel, ne m'attendait que la mort. J'ai souhaité qu'elle vienne, vite, afin de mettre un terme à la douleur. Afin de connaître enfin la paix. "

* Ne dis pas ça. *

Le visage de la jeune femme blêmit. Elle ne désirait pas entendre cela, elle ne voulait pas entendre ces mots sortir de la bouche de son frère. Elle aurait voulu lui dire d'arrêter, de ne pas en dire plus mais il continua son monologue sans qu'elle n'eut le courage de l'interrompre.

" Mais elle n'est pas venue, elle n'a pas voulu de moi. À la place j'ai...j'ai abandonné, j'ai baissé les bras. J'ai laissé une vie entière de rage et de colère refoulées prendre les rennes, afin d'emporter un maximum de ces salopards avec moi. Parce que je savais que j'allais crever de toute façon. "

* Arrête, je t'en supplie. *

Pourquoi? Pourquoi avoir abandonné? Pourquoi n'avait-il pas cru en elle? Elle l'aurait retrouvé quoiqu'il en coûtait. Mais elle aussi les souvenir vinrent la troubler. Elle se rappelait du visage difforme de Kyoshiro lorsque le désespoir l'habitait, elle avait vu son humanité s'échapper de lui comme de la vapeur d'eau. Toute sa lumière avait été absorbée par un gigantesque trou noir pour ne laisser qu'un animal s'acharner sur ceux qui se trouvaient enfermés avec lui. Il était.... comme un inconnu.

Yuriko finit par se tourner définitivement dans la direction de son frère, elle voyait qu'il souffrait alors qu'il se confessait. Elle le vit trembler et elle luttait pour ne pas se jeter à ses genoux pour se saisir de ses mains.

" Mais là encore, la mort n'a pas voulu de moi. J'ai...j'ai mal choisi mes mots, avec ma sœur. J'ai égoïstement laissé la joie de la retrouver prendre le dessus sur tout le reste, en oubliant ce qu'elle avait pu traverser avant de me retrouver. "

* Idiot. Tu es un idiot. *

Les yeux de la jeune femme commençait à s'embuer mais elle se sentait encore capable de retenir ses larmes. Puis d'un même mouvement que son jumeau, elle s'approcha au même titre que lui, glissant avec légèreté sur le bois de la terrasse. Ce geste était purement instinctif mais il y avait encore de la distance entre eux.

" Je...je voudrais simplement prendre ma sœur dans mes bras et lui dire que je l'aime plus que tout au monde. Que sa vie m'importe tout autant ou plus que la mienne, que je m'excuse de ne pas le lui dire assez souvent. "

* Parce que tu crois que ce n'est pas ce que je veux? Tu crois que je ne le sais pas? Idiot. *

La barrière s'effondra bien qu'elle tenta d'y faire barrage en apportant sa main à son visage pour étouffer ses sanglots. Ses joues rosirent et s'inondèrent rapidement mais elle chercha encore à les effacer, à ne rien laisser transparaître, à lutter. Mais pourquoi combattre alors qu'ils désiraient la même chose? Parce qu'il fallait qu'il osa enfin lui dire les choses, parce qu'il fallait aussi qu'elle cessa de fermer les yeux.

" Je...je n'ai jamais voulu ça. Je suis... "

Kyoshiro se prit la tête entre les mains, se penchant en avant dans une posture de supplique qu'elle ne pouvait pas ignorer. Il lui était impossible de rester muette, elle aussi avait tant de chose à lui dire. Entre deux respirations, elle ne trouva qu'une seule chose à dire avec une voix chevrotante.

" Imbécile. "

Les pleurs et la peine l'envahirent comme un torrent, elle qui était peut-être pire que son frère, elle qui n'exprimait jamais rien pour se protéger du monde. Tout aussi vite, elle se jeta dans les bras de Kyoshiro, l'entourant de ses bras frêle et enfonçant sa tête dans le creux de son cou. Elle pleurait, encore et encore comme une enfant qui venait d'avoir eu la peur de sa vie.

" Tu étais prêt à me laisser toute seule!! Tu étais prêt à m'abandonner! Idiot! Idiot de frère! Comment peux-tu croire que je te laisserais! Jamais je ne t'abandonnerais! Jamais! Tu es mon frère! Tu seras toujours mon frère, quoiqu'il advienne! J'ai eu si peur Kyo! Quand comprendras-tu que où que tu sois, quoique tu deviennes, je ne te laisserais jamais seul dans l'obscurité. "

Elle sanglota de plus belle.

" Tes ténèbres sont les miennes. Tes douleurs aussi. Cela ne changera jamais. Ce qui te touche me touche aussi. "

La jeune femme se recula quelque peu, mais au lieu d'essuyer ses propres larmes elle s'occupa de celles de son frère.

" Les liens qui nous unissent mon frère ne pourront être défaits. Qu'importe ce qui arrivera. "

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Même dans les pires moment le jeune homme n'avait jamais oublié les paroles de son père, celles qui lui disaient que même diminué il devait se montrer fort, que même affaibli et au pied du mur il devait continuer à soutenir et protéger sa sœur parce que tel était son rôle, parce qu'un lien entre deux personnes ne serait jamais aussi puissant et intense que celui de deux jumeaux. Il n'avait jamais oublié ses mots et s'était efforcé d'en être à la hauteur, s'entraînant d’arrache-pied jour après jour dans le seul but de pouvoir se montrer digne de cette responsabilité. Mais là-bas, dans cette grotte puante et humide, il avait baissé les bras. Comment aurait-il pu devenir qu'elle le retrouve à temps ? Il avait été la seule cause de sa déchéance, ses vices avaient causé sa perte et il n'y avait personne d'autre à blâmer que lui. Lui et lui seul, comme toujours.
Il avait passé toute sa vie à faire semblant, à repousser ses démons et ses peurs de côté pour être présent pour sa sœur, pour être le pilier dont elle avait besoin mais il n'avait réalisé que trop tard qu'il avait tout autant besoin d'elle. Il pouvait se mentir à lui-même aussi longtemps que possible mais elle verrait toujours en lui comme dans un livre ouvert et, si d'habitude il utilisait son énergie pour faire bonne figure, aujourd'hui il n'avait plus la force ou l'envie de le faire. Fatigué ? Épuisé même mais il avait compris, en la voyant s'éloigner de lui, qu'à force de trop se forcer ses faux-semblants avaient eu l'effet l'inverse, avaient créé un gouffre entre lui et elle. Il pouvait supporter n'importe quelle douleur, il pouvait supporter que n'importe qui s'éloigne de lui parce qu'il savait qu'il aurait toujours sa sœur à ses côtés mais ça...la perdre, elle aussi ? Cette seule idée fit rater deux battements à son cœur à tel point que son corps se figea, tremblant avec une intensité troublante comme tenu de son maintien et self-control habitude. Il n'avait pas l'habitude de parler de lui, pas l'habitude de se montrer vulnérable mais, allongé sur cette terrasse, il décida de laisser tomber toutes ses barrières comme dernier coup de poker. Si elle décidait de s'éloigner de lui, alors elle le ferait en le voyant sous son vrai jour, pas sous celui qu'il s'était forcé à revêtir pendant toutes ces années.

Oui il avait baissé les bras et, pour un homme aimant autant la vie, admettre vouloir mourir n'avait pas été un choix facile. Pendant les premières heures de sa captivité il s'était montré arrogant, plaisantin même en s'accrochant à l'idée qu'il trouverait un moyen de s'échapper. Comment aurait-il pu savoir que sa sœur le retrouverait à temps, elle qui ne devait initialement pas être au courant de sa disparition ? Comment aurait-il pu savoir que ses bourreaux feraient durer le plaisir assez longtemps, en espérant vainement le briser et lui tirer les vers du nez ? Oui il aurait dû espérer, il avait même espérer mais chacun de ces souffles était plus douloureux que le précédent.

Assis sur cette terrasse, sentant son cœur s'emballer, il décida donc de tout dévoiler sur la colère qui l'habitait, sur son abandon et sur l'affection qu'il avait pour sa sœur. Pourquoi ? Parce qu'il ne désirait plus de secret et, s'il pensait que le pire était derrière lui, entendre la voix sanglotante de sa sœur fut pire que tout. S'il était habitué aux boutades et insultes de sa sœur comme une marque de son affection, l'entendre en de telles circonstance brisa quelque chose dans l'esprit du jeune homme qui sentit une larme couler de sa joue pour la première fois depuis...une éternité. En était-il encore capable ? Apparemment oui et il aurait aimé le découvrir en d'autres circonstances. Non...il aurait aimé ne pas le découvrir du tout.

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, ses paroles moururent dans sa voie lorsqu'il sentit le contact de sa sœur tout contre lui, la seule chose qu'il avait souhaité lorsqu'il se noyait dans cet océan de désespoir et d'agonie. Ses bras vinrent entourer le corps de sa sœur avec une vigueur rarement ressentie jusqu'à présent et, malgré la douleur, le jeune homme serrant la belle tout contre lui pour ne plus jamais la lâcher. Il avait été le pire des frères, non pas pour ne pas avoir cru en sa sœur mais pour ne pas avoir cru en lui-même.

« Je...je ne savais pas que cela durerait aussi longtemps. Que tu me retrouverai à temps. Chaque...chaque bouffée d'espoir rendait ma résistance à la douleur plus difficile.  »

Il laissa sa sœur s'écarter de lui et, alors qu'elle passait une main sur son visage pour essuyer ses larmes, lui, de son côté serrait les poings jusqu'à en faire blanchir ses jointures afin que les tremblement cessent. Il lui était dur de lutter contre son propre cœur, le seul combat qu'il avait jamais perdu et aujourd'hui son esprit lui rappelait ce que cela faisait de se mentir à soi-même pendant plus de deux décennies. Il essaya de prendre une profonde inspiration pour se calmer, en vain, puis baissa la tête. Il n'osait pas croiser son regard, n'osait pas affronter son échec, sa trahison, mais tint tout de même à préciser une chose.

« Et pourtant...j'ai résisté, Yu. Je te promets, j'ai résisté. Ils n'ont rien tiré de moi. Pas un cri, pas une supplication, pas une information. Rien. »

Il n'avait aucune raison d'être fier de ce qu'il avait fait ou subi, sauf celle-ci. Il n'avait rien dit, pas crié, pas hurlé alors que d'autres auraient été brisés bien avant cela. Et c'était justement pour cela que la torture avait duré aussi longtemps, assez longtemps pour qu'il perde la raison. Qu'il perdre son humanité. Ainsi, sentant ses mains toujours tremblante, sentant son cœur battre la chamade dans sa poitrine, il tint à lui répéter ce qu'il ne lui disait pas assez souvent.

« Je t'aime Yu. Je...je sais que c'est mon rôle de te protéger, que je suis nul à ce boulot mais...l'idée te perdre...je... »

Il laissa cinq secondes de silence s'installer avant que sa bouche ne parvienne à trouver d'autres mots.

« Te perdre à cause de ce que j'ai fait, de ce que je n'ai pas fait, je...  »

Sentant enfin ses mains se calmer, il vint se saisir délicatement de celles de sa sœur avant de lever enfin les yeux vers elle. Son propre regard ne reflétait qu'une souffrance sans fond, qu'un homme au bord de la rupture et pourtant, étrangement, ce n'était pas cette séance de torture qui avait été l'événement le plus insupportable pour le garçon.

« J'ai eu mal, j'ai eu vraiment mal. Mais...ce n'est rien à côté de la peur de te perdre. Je...  »

La torture il pouvait la supporter. Se faire arracher les ongles, se faire écorcher vif ou se faire écarteler il pouvait supporter, mais vivre en étant séparé de sa moitié ? Vivre avec une part de lui en moins ? Cette seule idée était presque littéralement en train de lui déchirer le cœur. Par ce simple contact physique la demoiselle se rendrait compte que la peau de son frère était presque littéralement en feu, comme si cette douleur était en train de le brûler de l'intérieur, de consumer les derniers morceaux de sa conscience pour n'en laisser que des cendres.

Alors qu'il sentait sa conscience s'échapper de son corps, alors qu'il se sentait perdre de nouveau le contrôle, le jeune homme grappilla une poignée d'oxygène avant de formuler une toute dernière excuse.

« Je suis désolé de...ne.. jamais être à la hauteur. D'être...une éternelle déception. Je...je suis désolé, Yu. »



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Tadake Yurikô
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" Les pires histoires sont des histoires de famille. "



Lorsque les bras de son frère se refermèrent sur elle, Yuriko eut des sanglots qui redoublèrent d'intensité, un flot ininterrompu de larmes qu'elle n'avait plus le courage de combattre. Elle avait bien failli perdre son frère et cette simple idée lui était insupportable car cela revenait à lui amputer une partie du cœur et de son âme. Son étreinte était pourtant le témoignage qu'il était toujours là, bel et bien vivant, toujours lui, toujours son frère.

" Je...je ne savais pas que cela durerait aussi longtemps. Que tu me retrouverai à temps. Chaque...chaque bouffée d'espoir rendait ma résistance à la douleur plus difficile. "

Elle le savait... oui elle le savait mais cela lui était douloureux d'imaginer que l'on avait poussé son frère à désirer la mort, qu'on l'avait brisé au point qu'il soit prêt à abandonner tout ce qui lui était cher pour être délivrer de la souffrance. On l'avait poussé à de tels retranchements que l'on avait réussi à lui faire oublier tout ce qui avait de l'importance. Il lui était insupportable d'imaginer le degré de supplice qui fut le sien pour annihiler tout ce qui avait de bon en lui. Car elle le savait fort, tenace et résistant.... alors, concevoir que tout cela avait été écumé par la lâcheté de quelques lamentables individus... Intolérable.

" Et pourtant...j'ai résisté, Yu. Je te promets, j'ai résisté. Ils n'ont rien tiré de moi. Pas un cri, pas une supplication, pas une information. Rien. "

Kyoshiro baissa le visage comme pour ne pas affronter le sien. L'unique réflexe qui fut celui de la dame était de poser une main rassurante sur sa chevelure argentée. Il avait été brave et elle le savait. Il n'existait pas au monde une sœur plus fière d'un frère que Yuriko. Le monde lui était hostile depuis le jour de sa naissance. Amaterasu lui avait brûlé les yeux pour lui cacher la beauté du monde, et voilà que maintenant on lui en faisait ressentir toute l'horreur. La jeune femme n'avait jamais supporté la souffrance que l'on pouvait infliger à des innocents et c'était peut-être aussi pour cette raison qu'elle voulait soigner les maux de ceux qu'elle avait le désir de protéger. Mais dans le paradoxe de sa personnalité, elle avait tout fait pour ne pas que cette douleur ne l'atteignit comme le jeu d'un reflet de miroir. Elle s'était enfermée avec ces propres émotions., elle reconnaissait la douleur d'autrui mais refoulait la sienne.

" Je t'aime Yu. Je...je sais que c'est mon rôle de te protéger, que je suis nul à ce boulot mais...l'idée te perdre...je... Te perdre à cause de ce que j'ai fait, de ce que je n'ai pas fait, je... "

Le visage de Yuriko était toujours emplie de larmes quand il se saisit de ses mains. Elle était un peu tremblante face à ses sentiments. Elle n'avait jamais douté de lui, elle avait toujours aimé tel qu'il l'était et admiré.

" Je t'aime aussi Kyo. Depuis le jour de notre naissance, cela t'a toujours été acquis. Tu es mon frère. "

La kunoichi serra les mains de son jumeau pour lui montrer qu'elle était là, avec lui, qu'elle ne le lâchait pas et qu'elle ne l'abandonnerait pas.

" J'ai eu mal, j'ai eu vraiment mal. Mais...ce n'est rien à côté de la peur de te perdre. Je... Je suis désolé de...ne.. jamais être à la hauteur. D'être...une éternelle déception. Je...je suis désolé, Yu. "

Comment pouvait-il penser une chose pareille? Comment pouvait-il imaginer ne serait-ce qu'un instant qu'il était une déception? Son amour fraternel et inconditionnel la poussa à le prendre une nouvelle fois dans ces bras. Elle y plaça tout son cœur et tout le réconfort qu'elle était à même de lui donner.

" Cesse de te torturer ainsi... cesse de croire que tu me déçois. "

Les pleurs de la konohajin revinrent lui brûler ses yeux noirs, serrant son frère contre elle comme si cela pouvait tout faire cesser.

" Tout est fini maintenant.... je vais te soigner... je vais m'occuper de toi... je ne te laisserais pas... Tu es le meilleur des frères Kyo... Tu es le plus brave... le plus courageux... le plus borné..."

Yuriko laissa échapper un petit rire entre ses larmes, et lorsqu'elle s'écarta de lui, elle posa son front contre le sien, fermant les yeux, laissant l'instant se passer.

" Nous sommes une équipe tous les deux depuis que nous respirons. Ne nous cachons plus rien... ne laissons pas notre fierté de Tadake... prendre le pas sur notre raison... Je serais toujours là pour toi comme je sais que tu le serais pour moi. Quoiqu'il advienne Kyo... sache que j'ai toujours été fière de toi. Fière de dire au monde que je suis la sœur de Tadake Kyoshiro. "

L'émoi de la kunoichi semblait se calmer un peu alors qu'une brise se leva subitement, balayant leur chevelure à tous deux. Elle se tenait toujours à genoux devant lui, le visage tourner dans sa direction. Comme son frère lui paraissait si fragile à cet instant mais comme elle en était fière. Même dans la douleur, il demeurait son soleil, cette lumière auprès de laquelle elle voulait marcher. Mais elle aussi aurait des choses à révéler, elle aussi aurait à se faire pardonner...

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Depuis son plus jeune âge le jeune homme avait été bassiné par les histoires de son père sur l'importance d'être le chef de famille, de prendre sa place quand il ne serait plus là et de veiller sur sa sœur car telle était la responsabilité d'un homme, de protéger les femmes et, bien malgré lui, le garçon avait adhéré à ces idées sans mot dire. Que pouvait-il rajouter de toute façon ? Son père lui avait donné un objectif, un but et aussi inatteignable soit-il le garçon en avait toujours été infiniment reconnaissant à son géniteur. Il aurait pu le prendre avec des pincettes, le traiter avec pitié et mépris comme tous les autres mais il n'en avait rien fait, il l'avait comme son fils avec ou sans infirmité. Si sa sœur avait été le pilier sur lequel il allait s'adosser pendant plusieurs années, son géniteur avait été le premier à lui montrer une confiance – ironiquement – aveugle. Et pourtant chaque année avait été plus difficile que la précédente lorsque le jeune homme s'était senti incapable de rattraper sa sœur, incapable de la protéger et, pire encore, il avait été celui ayant le plus besoin de sauvetage dans cet éternel duo.
N'y avait-il pas plus pathétique que cela ? Cet échec avait été le premier d'un longue liste, la craquelure originelle par laquelle vinrent s'engouffrer toutes les autres déceptions, toutes les autre frustrations qui vinrent alimenter sa rage. Sa rage envers le monde entier mais, par-dessus tout, sa rage envers lui-même. Il avait plusieurs fois hésité à demander conseil à son père mais savait que cela serait avouer son échec, chose impensable pour lui et, plutôt que de vocaliser son insécurité, il avait décidé de l'enterrer sous un sourire forcé. Pendant un temps cela semblait avoir marché mais, maintenant que les vannes étaient ouvertes et que sa sœur pouvait le voir sous son jour le plus vulnérable, il sentait toutes ses émotions se déverser à travers ses orbites inutiles.

En cet instant il aurait voulu mourir de nouveau, mourir de honte, d'embarras car tel n'était pas la façon dont un homme était censé se comporter. Les paroles rassurantes de sa jumelle furent encore plus douloureuses que toutes les tortures du monde, un rappel brutal qu'il serait à jamais incapable de remplir ce rôle : la protéger. Aussi, tremblant, sentant sa respiration s'emballer, il parvint difficilement à articuler entre deux sanglots vainement retenus :

« C'est moi qui suis...censé m'occuper de toi. C'est le rôle que papa m'a donné. Le rôle que je me suis donné et...bordel j'suis nul ! Ce que je suis nul à ça ! »

Le savait-elle ? L'avait-elle jamais su ? Non, pas le moins du monde car les hommes de cette famille n'avaient jamais été doués pour communiquer. Pas comme cela en tout cas, car ils avaient toujours eu une vision chevaleresque de leur rôle. Puis vinrent quelques secondes de silence à la fin de la tirade de sa moitié et, silencieusement, le jeune homme ferma de nouveau les yeux, utilisant quelques mantras pour se calmer non sans difficulté. Combien de temps resta t-il ainsi, immobile ? Une minute ? Deux ? Dix ? Il ne le sut pas mais, quand enfin il commença à regagner un semblant de souffle, il parvint à dire à la belle ce qu'il avait toujours voulu lui dire.

« Tu es..la meilleure partie de moi. Merci d'exister, Yu.»

Tout douloureux que cela soit pour lui de l'admettre, il n'était rien sans elle. Pas un shinobi, pas un frère, pas un soleil : rien du tout. Chaque minute loin d'elle était une torture et, maintenant qu'il y repensait, cette séparation n'avait sans doute fait qu'alimenter encore davantage cette rage avant qu'il ne la fasse exploser. Il resta donc là, juste devant elle, avant de ne retenir que le plus important dans cet échange intense.

« Plus de secrets...»

Ces secrets avaient séparé les deux Tadake et avaient bien failli sceller cette séparation pour l'éternité. S'il n'avait pas eu de secret il n'aurait pas eu autant de rage, il n'aurait pas été aussi imprudent et, peut-être, ne serait-il pas tombé dans certains vices dont le plus grand d'entre eux avait bien failli lui coûter sa perte. Aurait-il été un meilleur frère, un meilleur shinobi s'il avait été honnête envers lui, dés le départ ? Absolument et, s'il ne pouvait pas revenir en arrière, il pouvait au moins se servir de cette résurrection pour recommencer à zéro, sur de meilleures bases. Ainsi, il vint joindre ses mains sur ses propres cuisses en plongeant dans des souvenirs qu'il ne souhaitait pas ressortir.

« J'ai un truc à t'avouer, alors. Tu sais dans la grotte quand j'ai...»

Ces seuls mots se bloquèrent dans la gorge du garçon et il lui fallut tous les efforts du monde pour sortir les prochains. Il avait honte à l'idée même de les prononcer mais il devait se forcer, faire fi de la douleur qui réapparaissait déjà pour dévoiler sa plus grande honte du moment.

« Quand j'ai massacré l'autre porc. Ce n'était pas que de la rage, pas que de la bestialité. J'étais là, derrière le rideau et j'ai..»

Il avait été là et, avec du recul, peut-être aurait-il pu reprendre les rennes s'il l'avait voulu mais...il avait abandonné autant parce qu'il n'y avait plus d'espoir que parce qu'il en avait eu envie. Envie de faire mal, de faire souffrir autant qu'il avait souffert et de voir, pour une fois, ce que cela faisait de faire tomber le masquer et de toucher lâcher. Puis, dans un murmure, le secret sortit de sa bouche sans qu'il n'ose croiser le regard de sa sœur.

« J'ai pris mon pied. J'ai adoré lui faire du mal, terriblement mal. J'avais tellement de rage en moi que...que je ne me serai jamais arrêté. Je...  »

En avait-il honte ? Oui. Regrettait-il ? Absolument pas car il s'agissait-là d'une juste vengeance et, si c'était à refaire, en sachant comme cela se terminerait, il agirait exactement de la même façon. Il n'était pas que lumière, il avait simplement oublié d'accepter sa part d'ombre pendant trop longtemps. Se sentait-il mieux après l'avoir dit ? À en juger par ses mains tremblantes, non, mais après quelques secondes il parvint tout de même à vocaliser sa plus grande peur de toutes.

« J'ai...peur. Peur de ce dont je suis capable, par amour. Pour toi. Pour...Sayuri. Tu comprends ? »

Il s'en était pris suffisamment plein la gueule pour ne pas avoir peur de la vie ou de la douleur mais les personnes chères à son cœur étaient sa toute dernière connexion avec un semblant de normalité, d'humanité. Se rendait-il compte de l’aveu qu'il venait de faire concernant Sayuri ? Pas du tout mais sa sœur ne manquerait peut-être pas de le lui faire remarquer ou, au moins, de le noter.

Il était à la maison et c'était en vidant son sac qu'il irait mieux.

Il devait simplement se sentir au plus bas pour commencer à remonter.


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" Les pires histoires sont des histoires de famille. "


Les larmes de Kyoshiro avaient toujours été dissimulées derrière ses sourires et en cela les jumeaux ne s'étaient jamais autant ressemblés. Le voir ainsi à découvert ne pouvait qu'ébranler les sentiments de la jeune femme et percevoir le véritable fardeau que ce dernier portait sur ses épaules. Il n'avait jamais autant baissé sa garde en sa présence, il avait toujours préféré noyer ses chagrins dans les plaisirs artificiels.

" C'est moi qui suis...censé m'occuper de toi. C'est le rôle que papa m'a donné. Le rôle que je me suis donné et...bordel j'suis nul ! Ce que je suis nul à ça ! "

Yuriko pensa avoir assez de force pour retenir ses larmes, mais elle ne put en laisser échapper quelques unes qui débordèrent de son regard qui affichait une affection évidente pour son frère. Alors c'était ainsi? Une promesse faite à son père? La jeune femme n'avait jamais estimé avoir le besoin d'être protégée, ni même demander à l'être. Comprendre à cet instant que Kyoshiro se pensait le devoir d'avoir sa sœur en charge lui montrait que jusque là, elle s'était toujours trompée. Vivre avec un tel poids... et elle, elle fut la plus aveugle des deux, la plus naïve, la plus éloignée de la vérité.

" Pourquoi? Pourquoi t'imposer une telle charge? Kyo... si j'avais su... si j'avais compris... je t'aurais immédiatement donner les clefs qui t'auraient permis de te libérer de tes chaînes... Je... Je suis désolée de ne pas avoir compris... Si tu penses être le plus mauvais des frères, cela ferait de moi la plus ingrate... la plus égoïste... "

Ses pleurs roulèrent sur ses joues opalines alors qu'elle porta à nouveau ses mains vers le visage du shinobi pour lui essayer les siens.

" Je suis la plus aveugle de nous deux... Je suis tellement désolée que tu es pris sur toi une telle responsabilité..."

La jonin ne put s'empêcher de le prendre une nouvelle fois dans ses bras, des excuses bien maigres à ses yeux mais les seules qu'elle était capable de lui offrir à cet instant. Il lui était impossible de revenir en arrière, impossible de corriger ses erreurs.

" Tu es..la meilleure partie de moi. Merci d'exister, Yu. "

" Imbécile! Tu es la mienne... tu l'as toujours été. Tu m'as toujours tiré vers le haut, tu as toujours été celui qui m'a poussé à être meilleure... Sans toi... je ne serais pas là...  Le comprends-tu? Nous sommes une seule et unique pièce. Indissociable. Yuriko ne serait rien sans son Kyoshiro de frère. "

Elle prit son visage entre ses mains pour l'obliger à la "regarder" en face. Il ne voyait pas mais il sentait son attention. Il pouvait si facilement la deviner.... mais pas toutes les choses qui se dissimulaient dans l'obscurité qui pouvait aussi l'habiter. Alors, lorsqu'elle guetta le nouvel aveu de son frère, elle n'eut aucun jugement. Elle écouta religieusement ses mots qui lui pesaient tant sur la conscience et le cœur.... car il n'était pas effrayé par son acte mais par ce que cela pourrait faire de lui.

" Quand j'ai massacré l'autre porc. Ce n'était pas que de la rage, pas que de la bestialité. J'étais là, derrière le rideau et j'ai....  J'ai pris mon pied. J'ai adoré lui faire du mal, terriblement mal. J'avais tellement de rage en moi que...que je ne me serai jamais arrêté. Je... J'ai...peur. Peur de ce dont je suis capable, par amour. Pour toi. Pour...Sayuri. Tu comprends ? "

Les mains de son jumeau tremblaient et pour cette raison, à l'instant même où il finit ses explications, elle les saisit fermement mais avec douceur. Elle voulait lui faire comprendre qu'il n'avait pas à rougir de sa confession.

" Kyo... "

La jeune femme prit une grande inspiration et sa voix était paisible.

" ... La peur... ta peur.... est ce qui te rend humain. Et encore une fois, ce qui la guide... c'est ton inquiétude pour les autres. Tu es prêt à te laisser dévorer par elle parce que tu es prêt à imaginer qu'il puisse m'arriver le pire à moi... ou Sayuri. "

Si Yuriko n'avait pas aussi peiné par la situation, peut-être aurait-elle eu un nouveau petite sourire au coin des lèvres à l'évocation de son amie. La jeune femme était bien loin d'être stupide et avait évidemment cerné les sentiments qui pouvaient l'animer lui et le trouble de sa camarade Yamanaka. Il y avait des évidences qui ne pouvaient tromper.

" Tu te bats pour les autres, tu l'as toujours fait. Pour la première fois de ta vie, tu t'es battu pour toi-même, tu as fait face à un ennemi auquel tu ne t'attendais pas et tu l'as vaincu... malgré la douleur, malgré la peur... Tu as atteint une frontière nouvelle et tu t'es en partie découvert. Que tu es peur.... cela me semble normal Kyo. Tu serais véritablement devenu une bête si cela avait été le contraire. "

La kunoichi ne choisissait pas des mots hasards et son discours faisait appel à ses propres souvenirs, une peur qui lui faisait échos. Mais contrairement à son frère, elle n'était pas passée à l'acte... elle n'avait pas goûté à sa vengeance.

A cet instant là, elle laissa planer une longue minute de silence, caressant le dos de la main de son frère avec son pouce dans un geste rassurant. Elle finit néanmoins par se figer et se racla la gorge. Plus de secret, hein?

" Kyo... Tu sais... Il existe quelque part dans le monde... il existe quelque part un homme que je méprise à un point... un point que je me serais incapable d'exprimer... Tu dis... que tu as peur de ce que tu as été capable de faire mais... je pense être capable de pire encore... Je pense qu'il y a en moi un monstre plus terrible... "

Plus terrible... peut-être... car son combat elle ne le mènerait pas pour les autres, une revanche toute personnelle qui la conduirait sur le fil de tout ce pourquoi elle s'était battue... combattre un monstre pour en devenir un à son tour.

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Faire semblant il savait très bien le faire mais où est-ce que cette mascarade l'avait mené, jusqu'à présent ? Jusqu'à la limite de son équilibre mental, sur le fil du rasoir et, dans cette grotte, il avait décidé de cesser de lutter, il avait décidé de se laisser tomber d'un côté sans savoir si ce serait la chute ou le désespoir qui auraient raison de lui. Il ne pouvait que regarder derrière  lui avec honte mais, si d'ordinaire il aurait regardé sa sœur avec un sourire forcé pour ne pas l'inquiéter, il avait appris sa leçon, appris que mentir aux autres revenait à se mentir à soi-même. Comment avait-il pu le faire aussi facilement pendant tout ce temps ? Sans doute parce qu'il n'avait aucune estime de soi et, comme une pâte à modeler, avait donc pu faire à peu près ce qu'il pouvait de sa psyché originelle pour la former selon ses besoins. Ses proches avaient besoin d'un rayon de soleil, d'un pilier ? Alors il serait cet astre solaire même s'il n'y croyait pas, tentant de se convaincre qu'au bout d'un moment, à force de faire semblant, il finirait par croire lui-même à son mensonge. Le pire dans tout cela ? Ce fut efficace, une réussite au-delà de tous ses soupçons et il n'y eut bien que lorsque la solitude reprenait ses droits qu'il fut mit face à l'horreur de son mensonge. Peut-être était-ce  pour cela qu'il avait commencé à prendre un rythme de vie nocturne, s'entraînant lorsque tout le monde dormait justement pour s'occuper l'esprit et fuir cette monstrueuse vérité.
Mais ici, face à sa sœur, il avait décidé de faire face à cette vérité, de la laisser le terrasser afin qu'il puisse se relever. Plus grand, plus fort, digne de l'affection que lui portait sa jumelle. Au début il crut mourir, il crut sentir son cœur s'arrêter une nouvelle fois comme dans cette grotte mais, au lieu de cela, ce furent ses yeux qui s'exprimèrent à sa place. S'il ne pouvait que retenir difficilement le flot de larmes qui coulaient sur ses joues, ne sachant pas si ce torrent prendrait fin un jour, l'homme dévoila à sa sœur le rôle qu'il s'était assigné. Il pensait se sentir mieux ensuite mais la réponse de sa sœur ne fit qu'empirer les choses, lui rappelant à demi-mot qu'elle n'avait jamais eu besoin de sa protection et, plus clairement, qu'il avait gâché sa vie à porter un poids inutile sur ses épaules. Pourquoi s'infliger cela ? Cette question vint alimenter sa colère qu'il laissa filtrer à travers ses dents, dans un ton teinté de honte.

« Parce que sans cela je ne suis rien ! Les...les gens comme moi ne sont pas censés... »

Vivre aussi longtemps, tels furent les mots qui ne purent passer le seuil de sa bouche. La plupart des aveugles ne faisaient jamais long feu, Mère Nature s'en assurerait tout du moins et tout portait à croire que Kyoshiro aurait dû subir un sort similaire. Il n'avait aucune raison d'exister, aucune possibilité que sa vue s'améliore un jour et, de ce fait, il n'avait aucune raison de vivre si ce n'était que de passer le reste de son existence tel un fantôme, errant sans but et sans possibilité de revenir jusqu'au royaume des vivants. Alors il s'était accroché à ce rôle comme un but à atteindre, une raison de vivre et ne plus survivre, une raison d'avoir de l'importance aux yeux de quelqu'un et ne plus être une victime frappée par les ténèbres.
Lorsque la demoiselle se rapprocha de lui, s'excusant de ne pas avoir vu l'évidence plus tôt, l'homme se refusa à la laisser porter cette responsabilité. Elle n'avait rien vu parce qu'il avait souhaité que cela soit le cas, lui et lui seul.

« Tu n'y es pour rien. C'était un choix de ma part. Une volonté de trouver...une raison d'exister. »

Comprendrait-elle ? Peut-être pas, elle avait trouvé un but en soignant les autres et en voulant le soigner de sa cécité. Mais lui ? Lui il trouvait une raison d'exister au travers de ceux qu'il aidait, parce que sans cela il ne se voyait que comme un poids mort de plus. Un homme qui aurait dû mourir avant d'atteindre les dix ans, comme bon nombre d'autres dans sa situation car la vie n'était pas tendre avec ceux de son espèce.


« Je...je comprends. Merci, ma sœur. Merci pour tout.    »

Elle essayait de le réconforter avec ses mots à elle, de lui faire comprendre que le pire était derrière lui et il le savait, il le savait bien mais comme un robinet laissé ouvert trop longtemps il n'arrivait plus à fermer les vannes. Son corps et son âme lui faisaient mal à tel point qu'il aurait voulu de nouveau mais, au lieu de cela, il s'accrocha à sa jumelle  et répondit à la remarque concernant la bête qu'il aurait pu devenir si Yurikô n'était pas intervenue.

« J'ai pensé à le devenir. Ça aurait été sans doute plus...facile, mais j'aime trop la vie pour l'abandonner maintenant. Surtout maintenant. »

Il pensait à sa sœur, à son élève, à celle qui faisaient battre son cœur. En clair, il s'accrochait aux souvenirs des gens qui comptaient pour lui, qui comptaient sur lui pour continuer d'avancer et cette seule pensée parvint à calmer son rythme cardiaque. Alors qu'il sentait ses mains se calmer, sentant celles de sa sœur autour des siennes, il écouta la belle dévoiler à son tour sa part de noirceur. Akira n'avait pas eu besoin de lui dire que sa sœur avait traversé l'enfer pour savoir qu'elle cachait des choses : elle avait simplement troqué le sourire de son frère contre un masque de froideur et de dignité. Qui était l'enfoiré qui était la raison de cette souffrance ?  Il devait le savoir car elle n'était pas encore passée à l'acte et il était encore temps de...de quoi ? De l'aider ou de l'en empêcher ? Car si le jeune homme se sentait mieux maintenant qu'il s'était libéré, rien ne prouvait que la réaction de sa sœur serait similaire.

Ainsi, doucement, le jeune homme caressa de son pouce le dos des mains de la belle afin de l'inviter, doucement, à s'ouvrir à lui comme il venait de le faire.

« Raconte-moi, s'il te plaît.   »

Elle n'était pas seule. Ils étaient là l'un pour l'autre.


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" Les pires histoires sont des histoires de famille. "


Depuis le début des mondes, les Hommes avaient toujours passé leur temps à croire qu'ils pouvaient changer les choses, qu'ils possédaient en eux le pouvoir de détourner les règles. De la même manière, il faisait le choix de porter sur leurs épaules les fardeaux du rôle dont ils étaient devenus tributaires, celui du père, du sauveur, du héros... Kyoshiro en était l'exemple. Il était à la fois la victime d'un héritage paternaliste mais aussi celui d'un homme qui avait besoin de trouver une raison à son existence par le choix de mener de nobles actions. Yuriko, étant issue du même moule, possédait les mêmes défauts, les mêmes failles qui l'avaient poussé à croire qu'elle devait compenser ce que l'on avait refusé à son jumeau. Pourquoi naître sous la même étoile si ce n'était pour ne pas posséder les droits? Et bien qu'elle n'en eut jamais véritablement parlé, la jeune femme avait toujours vécu dans la culpabilité d'être mieux née... alors qu'elle ne le méritait pas. Mais qui décidait du mérite? L'influence de nos actes? Nos rencontres? Le regards des autres? Ou bien l'estime que l'on avait pour soit même?

Kyoshiro avait toujours été pour elle un être rayonnant, et si elle n'était pas aveugle, elle n'en avait pas moins perdu de vue le chemin de sa propre existence pour vivre à travers lui. Elle encourageait chacun de ses exploits, elle était heureuse quand il l'était, triste quand il l'était... Pour finalement se rendre compte que là où elle désirait être un soutien, elle n'en était qu'un poids. Même s'il prétendait que rien n'était de sa faute, elle savait pertinemment qu'une part d'elle était responsable.

" Tu n'y es pour rien. C'était un choix de ma part. Une volonté de trouver...une raison d'exister. "

Elle hésitait un instant à répondre, mais elle se retint. De vieux souvenirs vinrent à frapper sa mémoire. Yuriko se rappelait des reproches d'autrefois de Tetsuo. Finalement des trois shinobis, il avait été le plus clairvoyant. Son frère la remercia et elle accepta ses mots sans avoir quoique se soit à dire. Pourquoi la remercier pour quelque chose qui lui semblait si naturel? Il était son frère, la gratitude n'avait pas sa place, pas à cet instant. Mais elle savait que si elle avait rejeté cela, le quiproquos n'aurait fait qu'assombrir le moral de son frère. Jumeaux peut-être, mais ils ne voyaient pas le monde sous le même angle, sous la mêle lumière. C'était là que résidait leur principale différence.

Néanmoins, Kyoshiro tenta de lui faire comprendre qu'il avait aujourd'hui plus de raisons de s'accrocher à la vie qu'il ne l'avait convenu, qu'il comprenait enfin le rôle qu'il avait à jouer, celui de se tenir aux côtés des personnes importantes, que cela soit d'un élève ou bien d'un amour nouveau. Cela rassura la jeune femme car plus il était capable d'étendre ses attaches, plus ils auraient des cordes auxquelles se raccrocher en cas de chute.

Mais voilà que vint son tour, celui de lui conter sa propre expérience douloureuse si différente de la sienne, plus insidieuse car son bourreau portait un visage, un regard, un parfum. Il avait laissé dernière lui un poison qui agissait lentement, brûlait ses veines et sa peau à chaque souvenir. Il animait en elle toute la déraison du mépris. Kyoshiro avait agi par désespoir, par la rage d'un homme qui voulait vivre.... mais elle, elle possédait le désir sombre et coupable de détruire une vie de la manière la plus ignoble qui soit.

Elle sentir les mains de son frère sur les siennes, lui intimant qu'elle pouvait tout lui dire. Yuriko prit alors une grande inspiration avant que sa voix prenne une tonalité étonnamment distance par rapport aux faits qu'elle s'apprêtait à raconter, comme si cela pouvait lui permettre de se protéger une nouvelle fois.

" Il y a deux ans... j'avais été missionnée pour m'occuper d'un homme suspecté d'avoir assassiné un certain nombre de femmes... Il m'avait fallu plusieurs jours pour étudier ses faits et gestes parce qu'il arborait le masque d'un homme respectable. Il m'avait fallu... l'étudier. J'étais alors accompagnée de deux chuunins, deux braves. "

Yuriko laissa échapper un petit soupir.

" Je ne sais pas si tu te souviens.... mais j'étais rentrée seule. La mission avait été accomplie mais cela avait coûté la vie de mes deux camarades. Et nous en étions resté là... Le devoir accompli. "

La jeune femme retira subitement ses mains de celles de son frère et se releva pour s'assoir à ses côtés, sur la terrasse au plancher de bois. Et si Kyoshiro ne le voyait pas, le regard d'ébène de la kunoichi se perdait sur le lointain. Mais cela ne l'empêcha pas de continuer ses propos.

" Je m'étais contentée de dire dans les grandes lignes ce qui s'étaient passées... mais j'ai volontairement omis quelques passages... car si l'homme que l'on nous avait demandé de nous débarrasser était bel et bien le principal coupable, un autre se tenait dans l'ombre dont je n'avais pas bien estimé l'importance. Une erreur que j'ai payé cher. "

Les yeux de la jeune femme se baissèrent sur ses mains qu'elle observait comme s'il y avait quelque chose sur sa peau.

" Je pensais que cet homme n'était qu'un informateur car il ne se montrait que rarement, et chaque fois qu'il avait pu discuter avec notre cible, cette dernière changeait de comportement comme si on venait à lui donner de mauvaises nouvelles. Mais il était plus que cela... il était le marionnettiste... celui qui poussa bien plus encore ma cible dans ses délires malsains... J'aurais dû.... j'aurais dû le voir venir mais il m'attendait. Il m'a laissé faire mon travail jusqu'au bout pour me piéger en suite. "

Ce fut à cet instant qu'un petit silence s'installa mais elle avait promis qu'il n'y aurait plus de secret...

" Je suis restée enfermée pendant près de trois jours avec lui, incapable de bouger à cause des paralysants qu'il avait employé. Il ne voulait rien de moi, rien de konoha, rien de la shinobi. Il voulait simplement voir... voir le feu qui m'animait s'éteindre. Le premier jour, ce fut les coups, brutaux, primaires, de ceux que tout ninja apprend à encaisser. Le deuxième jour, ce fut la douleur d'une lame et d'un poison qui décuplait la sensibilité. Manque de chance, je tomba vite dans l’inconscience. Le troisième... le troisième.... "

La voix de Yuriko parut s'éteindre et se perdre dans un murmure. Elle se rappelait de tout, et tout demeurait vivace en sa mémoire. Les images l'assaillaient encore, bien que moins qu'avant. Elle se reprit néanmoins et continua son récit.

" ... le troisième... il m'apporta la tête de mes compagnons, leurs yeux arrachés, le visage déformé dans une expression que je ne pourrais oublier. Et je me souviens de la rage et de la colère qui m'avait envahi à ce moment là. Je devais protéger ces hommes, je devais les ramener chez eux. Et lui... quand il a vu ma fureur, il a exulté. Ses yeux sont devenus celui d'un dément et il... il m'a... il a abusé de sa position. "

Yuriko serra ses poings, sa mâchoire se resserra et le ton de sa voix se durcit. Cet homme paierait. Elle en avait fait la promesse.

" Je n'ai rien pu faire... rien à part attendre que l'orage s'estompe... rien à part contempler les orbites vides de mes compagnons... rien. "

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Tadake Kyoshiro
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Kyoshiro était bien conscient qu'il n'avait jamais été obligé de suivre les directives de son père, qu'il aurait bien pu vivre sa vie comme  il l'entendait mais cette même existence le lui avait interdit dés sa première bouffée d'oxygène dans ce monde. Son existence-même lui refusait le bonheur et, le plus naturellement du monde, il s'était accroché à tous les buts possibles, comme s'il avait besoin de justifier son existence car, de son propre point de vue, il n'était qu'une abomination qui aurait dû mourir à la naissance. Pendant un temps cette vie fut donc un fardeau, il lui arriva même de souhaiter que ses parents l'aient tué dés la découverte de sa cécité, cela aurait été tellement plus simple pour tout le monde, mais il était désormais trop tard pour faire machine arrière. Des gens comptaient à présent sur lui et il ne pouvait plus se permettre de baisser les bras, surtout quand il avait désormais trois personnes de sa vie qui dépendaient de lui d'une certaine façon. Cela aurait tellement plus simple si...s'il était mort dans cette grotte. Mais sa vie lui avait refusé cette paix, elle avait voulu qu'il souffre encore et encore afin de lui ouvrir les yeux sur sa raison de vivre, celle qui s'était trouvée juste devant lui depuis le début : Yurikô, Sayuri et Akira. Tous les trois représentaient ce qu'il avait fait de mieux humainement parlant, tous les trois représentaient l'impact que Kyoshiro pouvait avoir sur la vie des gens, pour le mieux, et ces symboles à eux-seuls lui donnaient désormais l'envie de continuer.
Il n'en revenait pas que quelqu'un puisse lui faire autant confiance, que quelqu'un puisse s'en remettre à lui aussi aisément et, s'il ne comprenait pas toujours ce que les autres lui trouvaient, rarement en fait, il avait désormais accepté cette situation sans se poser davantage de questions. Il s'était ouvert à sa sœur et, désormais, en retour, c'était au tour de sa jumelle de pointer du doigt une tâche sombre de son existence afin d'en finir avec secrets qui leurs avaient bouffé la vie. L'homme fit le vide dans son esprit et, dés les premières paroles, reconnut le mode défensif de sa sœur : froid, détaché, dénué d'émotion afin de ne pas laisser ces dernières la corrompre. Il avait son sourire, elle avait son froideur, difficile pour lui de juger cette attitude.

Elle évoquait une mission qui avait mal tourné, une mission où ses deux compagnons avaient perdu la vie et, si d'autres auraient cru que cette seule perte pouvait correspondre au point noir dont la demoiselle voulait parler, son frère sut qu'il n'en était rien. Ils avaient déjà souffert, avaient déjà perdu un camarade et avaient pu continuer à aller de l'avant : aucune chance que cette perte seule puisse affecter sa sœur à ce point-là. Puis la belle se sépara de son frère pour se protéger de ce qu'elle allait dire, de ce qu'elle allait ressentir et, pour une fois, Kyoshiro ne tint même pas à la retenir. Au lieu de cela il se redressa lui aussi, respirant pour calmer son cœur tout en tournant le dos à sa sœur pour lui laisser le temps de vider son sac.
Elle était tombée dans un piège selon ses dires et, si l'aveugle avait assez d'imagination pour deviner ce qui allait suivre, il laissa la nouvelle lui écraser la poitrine et briser toute sa cage thoracique. Il crut s'arrêter de respirer un instant mais l'idée qu'on..l'idée qu'on touche à sa sœur de cette façon...il s'était juré de ne plus se laisser contrôler par ses émotions mais ici, alors que le récit de sa sœur était enfin terminé, l'homme laissa la colère et la rage croître en lui jusqu'à le corrompre de l'intérieur.
Sa sœur l'avait vu lorsqu'il avait perdu le contrôle mais ici, alors qu'il serrait ses poings jusqu'à en faire blanchir ses jointures,  l'homme laissa sa colère l'envahir tout en gardant le plein contrôle. Il savait comment faire à présent, il savait comment faire pour garder le contrôle et ne plus laisser ce feu l'embraser mais, l'espace d'un instant, sans vraiment le faire, il songea à lâcher la laisse.

« Petite sœur, je...   »

Si le ton dans sa voix étant hésitant, si certains pourraient confondre cette hésitation avec de la tristesse ou du désespoir, l'homme peina simplement à articuler ces quelques mots alors qu'une expression mauvaise vint enlaidir son si lumineux visage. Il pouvait souffrir, il pouvait être brisé, on pouvait lui arracher la peau et il le supporterait, mais sa sœur ? Sa moitié ? La lune de son soleil ? Personne en ce bas monde ne pouvait la souiller de la sorte et rester en vie pour en parler.

« Je te promets...une chose...  »

Toujours de dos, les épaules plus tendues que jamais, Kyoshiro serra si fort les poings que les entailles sur ses paumes se rouvrirent et, petit à petit, quelques gouttes de sang vinrent colorer le sol à ses pieds. Et pourtant il s'en fichait car cette douleur n'était rien en comparaison du reste, rien en comparaison de ce que sa sœur avait subi, rien en comparaison de ce qu'ils feraient quand ils trouveraient cet enfoiré. La mâchoire serrée, l'homme ouvrit des yeux pleins d'une haine abyssale sur le monde devant lui et, bien qu'il ne vit rien, il imagina cet enfoiré juste devant lui et tout ce qu'ils leur feraient. Oui, pas juste lui, tous les deux.

« Je t'aidera à retrouver cet enfant de putain et...je...je serai là quand tu...le laisserai vivre assez longtemps pour qu'il sache...quel goût ont ses tripes. Je t'y aiderai.   »

Certains pourraient penser que se venger ne menait jamais à rien, que le frère aurait dû préserver sa sœur de s'engager sur cette voie sombre mais non, car c'était son droit le plus strict de réclamer justice dans le sang. Il s'était abandonné à cette vengeance et s'était senti bien mieux après, il avait aimé ça et, bien que sa sœur ne soit sans doute plus la même après, il voulait absorber une partie de sa douleur et la faire sienne. Il voulait être là quand cela se passerait pour que, à la fin, il reste encore quelque chose de la sœur qu'il aimait et respectait plus que tout.

« Je t'en fais le serment.   »

Il ne pouvait pas la regarder, pas avec cette rage sur le visage, pas avec cette colère dans la voix mais, puisqu'elle le connaissait mieux que personne, elle savait que cette proposition n'était pas négociable. Elle exercerait sa vengeance et lui..lui...il serait là pour achever ce qu'il resterait de cet enfoiré. Il serait là pour que ce salopard souhaite une mort rapide.

Mais celle-ci ne le serait pas. Jamais.

Il aimait sa sœur et plongerait avec elle dans les ténèbres


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La plus terrible des ombres qui pesait sur le cœur de Yuriko portait un nom et un visage : Hiromasa. Bien qu'elle n'en évoqua pas plus à son sujet à son frère, elle lui dévoila néanmoins toute la honte qui était la sienne. De bourreau, elle devint victime, une victime entre les mains d'un homme qui lui avait fait percevoir toute son impuissance et sa faiblesse. La kunoichi était pourtant une femme de contrôle et c'était peut-être en cela que la chute fut plus douloureuse. Elle n'avait jamais eu l'outrecuidance de croire qu'elle était meilleure que les autres, mais elle pensait qu'elle avait au moins assez de force pour lutter face à ce genre d'individu. Pourtant, il s'était immiscé dans son esprit comme un serpent avec une facilité qu'elle vivait comme un profond déshonneur, que cela soit en tant que shinobi ou en tant que femme. Elle était prêtre à supporter tous les supplices, toutes les douleurs mais cet homme avait compris que l'on ne brisait pas un esprit comme le sien si facilement. Il avait compris que pour humilier une femme, il fallait la toucher au cœur.

Elle se souvenait de son rire immonde de victoire quand il vit à chacun de ses coups les larmes perler sur son visage, sa joie à chaque fois que sa colère grognait dans son regard et tout le plaisir que ce scélérat prenait à salir sa dignité. Elle avait pourtant lutté pour couper son esprit, se défaire de son corps pour rendre l'insupportable surmontable mais il avait dressé sur son autel sordide la tête de ceux qu'elle n'allait jamais pouvoir ramener chez eux, telle une encre pour qu'elle demeura dans la réalité. Yuriko pensait que le temps finirait peut-être par étouffer sa rancœur, elle était prête à se convaincre que ce qu'elle avait subi n'était que le juste châtiment pour avoir ôter bien des vies qui ne le méritaient pas. Tout cela était ridicule. Elle n'avait jamais oublié et elle se savait incapable de pardonner. Elle savait uniquement qu'elle pourrait retrouver le repos de l'âme une fois que cet homme ne serait plus, et qu'aucune autre femme ne subirait les mêmes tortures. Mais Yuriko n'était pas naïve. Hiromasa n'était qu'un parmi tant d'autre, mais il avait fait l'erreur de la laisser en vie.

Quant elle eut enfin fini son récit, elle sentit que la colère envahissait aussi son frère. Elle savait pertinemment que cela tournerait ainsi et c'était peut-être pour cela qu'elle ne lui avait jusque là rien dit. Yuriko n'avait pas la volonté de faire partager sa vengeance avec son jumeau, il possédait ses propres maux, elle ne désirait pas lui en ajouter un autre sur les épaules. Pourtant, son aveu ne fit que remplir cette mission. Kyoshiro se redressa et lui tourna le dos pour ne pas lui montrer son visage. Elle n'avait pas besoin de le voir pour savoir qu'il était blessé à l'idée que l'on ait osé lui faire le moindre mal d'une telle façon. Après tous, les deux jumeaux avaient toujours souhaité le bien et la sécurité de l'autre. Il n'en serait jamais autrement.

" Je te promets...une chose... Je t'aidera à retrouver cet enfant de putain et...je...je serai là quand tu...le laisserai vivre assez longtemps pour qu'il sache...quel goût ont ses tripes. Je t'y aiderai. "

La jeune femme se tenait toujours assise sur la terrasse, le regard désolé tourné vers Kyoshiro. Son soleil si lumineux semblait soudain s'éclipser sous la noirceur.

" Je t'en fais le serment. "

Il lui avait demandé de ne plus avoir de secret. Elle venait de lui dévoiler le plus pénible. Toutes les autres confidences qui auraient pu être les siennes ne gagnaient plus en intérêt au point de presque regretter d'avoir accepté de l'en informer. Elle, elle ne désirait pas l'emmener dans les abîmes mais elle savait qu'il la suivrait qu'importe ce que cela lui coûterait, et qu'importe ce qu'elle aurait à dire. La kunoichi ne put retenir un soupir comme si elle cédait à l'entêtement de son jumeau.

" Et bien... la vie de cet homme se conclura par la main d'un Tadake. "

Yuriko se leva et posa une main sur l'épaule de Kyoshiro.

" Je te remercie, grand frère, d'être à mes côtés. Mais ne te ronge pas les sangs pour moi. Pas pour le moment. Je ne souhaite pas penser à cet homme. "

La jeune femme tenta de sourire.

" Tu devrais d'abord te concentrer sur ton rétablissement. Et regarde tes mains... Sayuri risque de s'inquiéter si tu te ré-ouvres les plaies... "

A cette allusion, la konohajin faisait comprendre à son frère qu'elle avait compris ce qui le liait à son amie, qu'il y avait quelque chose de plus profond qu'avec les femmes qu'il avait pu rencontrer. C'était aussi une manière détournée de leur permettre d'avoir des pensées plus sereines et plus agréables, car tout chose arrivait à point pour qui savait attendre...

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