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"bloody eyes" fb sharingan

Uchiha Akira
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flashback - éveil du Sharingan

☽ • ☾

J’avais compris bien trop vite que les choses ne seraient pas aussi faciles pour moi que pour les autres. J’étais peut-être un Uchiha, le fils de deux légendes, je n’en n’étais pas moins qu’un enfant. Un enfant avec une trop grosse pression sur les épaules… Celle de mon clan était telle un démon s'abreuvant du désespoir de ses victimes, trop puissante pour que je puisse la supporter, mais elle était bien plus faible que les espoirs avoués de mes parents. J'étais leur enfant, l'unique successeur d'une lignée qui serait à jamais gravé dans les esprits, l'on attendait tout de moi, même l'impossible.

J’aimais bien tout ces moments passés à l’académie, j’aimais bien travailler, écouter ce qu’on avait à m’apprendre, c’étaient mes moments préférés. En revanche ce que j’aimais moins c’était la pratique et je m’arrangeais toujours pour savoir quand viendrait le moment de faire ses preuves. On prenait peut-être ça pour de l’enthousiasme, mais ce n’était rien de plus que la peur de ne pas être à niveau. Savoir, c’était pouvoir me préparer, anticiper et déjà pouvoir m’entraîner. Alors à la sortie des cours, au lieu de rester avec les autres aspirants de mon âge, au lieu de jouer avec eux ou de rire, je courus jusqu’à mon endroit préféré, là où personne ne me trouvait jamais et où je pouvais m’entraîner sur tout un tas de choses. C’était mon sanctuaire à moi, ma cachette. Déposant mon sac au pied d’un arbre, je tirais un de ces vieux manuels encore relié à la main et dont les pages jaunissaient déjà depuis quelques années. Il y avait des bases de chaque mouvement, l’explication parfois un peu trop complexe des forces et de la gravité entrant dans l’exactitude d’un lancé. Je relus avec attention chaque page, regardant chaque dessin jusqu’à ce que la théorie soit mienne et puis, je reposais l’ouvrage sur le sol, toujours ouvert. Je voulais pouvoir retourner y jeter un coup d’oeil dès que l’envie me prenait. Glissant ma main dans la sacoche contenant mes premiers shuriken que mon père m’avait offert après ma première année, je sortis une étoile de son antre pour finalement la coincer entre mes doigts.

Au vu de la distance qui me séparait de cet arbre et du vent, je devais viser un peu plus haut, quant à l’anticipation de la trajectoire, je m’étais rapidement dit que le vent ne soufflait pas assez fort pour manquer les écorces de mon poteau d'entraînement de fortune. Grave erreur. Dès l’instant où je détendis mon bras pour lancer cette lame, je compris que je n’atteindrais pas mon but, en même temps, comment en douter quand le projectile partait déjà tout à gauche ? Il y avait quelque chose que je n’avais pas pris en compte, alors je recommençais, encore et encore jusqu’à ce que mon épaule ne soit douloureuse. Peut-être avais-je trop forcé, mais il était important pour moi de partir avec une vrai avance, de continuer à être cet élève modèle, parfait. Je devais rendre fier mes parents, mon clan.

J’en lançai encore un, juste un qui atterrit au pied de l’arbre, mais cette fois-ci pas dans la terre, réellement dans l’arbre. Sautant de joie, je fus toutefois bridé dans ma réussite par un bruit dans mon dos et qui me fit me retourner légèrement effrayer. En soit j’aurais préféré tomber sur n’importe quoi en cet instant, car rien n’aurait été aussi menaçant que lui. Franchement, la vision d'un ninja venant d'un village ennemie ou d'une bête sauvage n'aurait pas été aussi effrayante, mais là...

Mon père était là, son visage était fermé et dur, je lis sur son visage toute la colère et la déception qui régnait dans son coeur. Depuis combien de temps était-il là ? Qu’avait-il vu au juste ? Déjà il m’avait forcément vu sauter de joie pour un malheureux shuriken dans le bas d’un arbre, mais ensuite quoi ? Il avait vu tous ces échecs ? Il voyait forcément les morsures de l’acier dans la terre et les saignés inexistante de mes armes dans l’arbre. Il voyait, il savait… Faisant un pas en avant, je tendis le bras comme pour m'accrocher à lui, mais il baissa les yeux sur le livre ouvert et sans un regard vers moi, il reculait et partit...

Restant immobile à fixer l’obscurité qui semblait l’avoir avalé, je sentis une boule d’angoisse se nouer dans mon estomac, des larmes brûlantes bouillonnant et s’accumulant dans mes yeux jusqu’à ce que la douleur ne l’emporte. Je voulais juste les rendre fier, je voulais juste qu’ils n’aient aucune honte à parler de moi. Je voulais juste… Je voulais juste exister dans leurs cœurs, voir cette joie et cette fierté dans leurs yeux. Je voulais juste pouvoir rentrer à la maison et me faire enlacer par ma mère. Je voulais ce que les autres enfants avaient. Je ne vivais pas pour moi, je vivais pour eux… Ce n’était pas une preuve d’amour suffisante ? Une raison de m’aimer autant qu’un autre ? Penaud, j’avais fini par essuyer mes larmes du revers de la main, rangeant mes affaires avant de quitter ce temple qui n’aurait jamais plus de secret pour lui. Il savait à présent, il savait où me trouver pour découvrir à quel point j’étais une honte pour son sang et la densité de ces feuillages ne pourrait plus me protéger de quoi que ce soit. Il ne me restait plus qu'à rentrer, qu'à espérer que la maison soit déserte, vide de toute activité. Il n'avait pas voulu me regarder, il n'avait pas voulu me faire face... Que pourrait-il à présent faire de pire pour m’énoncer la liste de ce qui n'irait pas ? Il n'en prendrait même pas la peine en vérité, car je n'en valais pas le coup…


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☽ • ☾

Nombres de parents auraient sans doute fait un pas vers leur fils, prit un shuriken dans les mains pour donner l’exemple. Nombres de parents auraient proposé d’aider ou n’auraient pas attendu que leur fils en soit réduit à devoir se cacher pour ne pas les décevoir. Mais mes parents n’étaient pas ainsi. Mon clan était élitiste, sans doute trop pour ne pas avoir quelques cadavres sous un tatami, c’était sans doute normal qu’un tel échec ne puisse être vu ou entendu par quelqu’un comme mon père. Si seulement il avait pu me dire que ce n’était pas grave, que j’étais encore trop jeune ou pas assez fort pour ce genre de chose… Peut-être que je ne me serais pas senti aussi brisé… Mais de tels aveux ne viendraient jamais de la bouche de mon père et j’avais beau avoir passé plusieurs heures ici, ça ne serait jamais rien d’autre que de la poudre aux yeux pour lui. S'entraîner et être concentré sur ça au point de ne pas voir la nuit tomber était pour moi une preuve que je valais la peine d’être aimé, que je ne me reposais pas sur mon nom. C’était une preuve qu’il fallait se battre pour moi aussi… Non ? Pas pour ma famille, pas dans mon clan, pas pour moi.

Tête baissée, j’avais rejoint la maison, retirant mes sandales à l’entrée avant de croiser ma mère et mon père en pleine discussion. J’avais espéré ne croiser personne, pouvoir rentrer sans m’afficher avec honte devant eux, mais le simple fait qu’ils parlent signifiait bien que l’incident ne serait pas étouffé, du moins pas entre eux. J’eus à peine le droit à un regard, l’on m’indiqua qu’il y avait à manger pour moi dans la cuisine, rien de plus. Et en effet, deux onigiri trônaient là, mais rien de plus. Au moins ils étaient au katsuobushi, mais trouver un avantage uniquement dans la nourriture avec cette situation voulait tout dire. Ma mère n’était pas une grande cuisinière, mais elle faisait beaucoup trop souvent passer ses émotions dans la cuisine qu’elle nous servait et ce soir, ce que je mangeais était si vinaigré que je n’avais pas eu besoin d’en savoir plus sur son état d’esprit. Elle était en colère, comme lui.

L’on échangea pas un mot de plus cette soirée-là. Mes parents demeurèrent ensemble tandis que je restais seul dans ma chambre à lire des livres dont je ne saisissais plus vraiment les mots. J’écoutais le silence, cherchant peut-être des éclats de voir, un combat silencieux pour ne pas me condamner, mais rien. Ni ma mère, ni mon père ne prit ma défense ce soir-là et seule la peine de m’avoir dans leurs existences sembla demeurer.

Je ne dormis pas vraiment ce soir-là, la douleur refusant de quitter mon cœur assez longtemps pour trouver correctement le sommeil. Je n’avais jamais eu le droit à des regards chaleureux et empreint d’amour, mais cette colère, ce dégoût… Je n’en avais jamais autant fait les frais. Comment pouvait-on à ce point poignarder son propre enfant ? Comment pouvait-on à ce point penser qu’agir ainsi serait une bonne solution ? Je souffrais, réellement, bien plus que je ne l’aurais fait en me blessant sérieusement et personne ne pourrait comprendre. Après tout, à qui pourrais-je en parler ? Les autres enfants à l’académie avaient des parents bien plus clément que les miens, les membres de ma famille et de mon clan ne pourrait-être que d’accord avec le fait que s'il était important de s'entraîner, la force de notre clan se faisait aussi dans l’inné. Qui pouvais-je trouver comme allier ? Personne.

Il n’y eut pas un mot de plus échangé ce matin-là, juste de la colère lorsque je finis par croiser le regard bleu de mon père. L’on pouvait y lire tout ce qu’un enfant n’aurait jamais voulu voir et pourtant il ne m’épargnait pas. Si seulement je pouvais juste les rendre fier, même quelques instants, cela suffirait à faire de cette brèche autre chose qu’un trou béant de souffrance. Je voulais qu’ils m’aiment, tout simplement...

Je ne fus pas réellement capable d’écouter ce jour-là, les émotions de plus en plus contradictoire finissant par m’égorger au point que la fin des cours fut une réelle libération. J’avais besoin d’air, besoin d’oxygène et vite. Alors je fuis une nouvelle fois, courant comme un homme l’aurait fait pour fuir la mort. Rejoignant par simple réflexe mon repère, je fus obligé de m’arrêter en le voyant lui, accroupis, les mains caressant un sol lacéré par des tentatives infructueuses. Il prenait la mesure, il prenait l’ampleur du chemin qu’il restait à parcourir et mon arrivée ne lui arracha rien de plus qu’un Sharingan qui me fit froid dans le dos. Sa colère venait d’être nourri par ma faiblesse et seul les plus grandes divinités de ce monde pouvaient savoir combien il y avait de lâcheté en moi. Il se redressa, me faisant face, ses bras légèrement tremblant sous un orage qu’il semblait tenter de retenir en vain. Il ne voulait rien qui ne soit à mon avantage en cet instant. Je le savais, je le devinais. Il voulait un fils capable de relever les plus grands défis, il voulait un fils pouvant remporter des guerres, il voulait un fils faisant de sa famille une réelle légende au sein même du clan. Il ne voulait pas d’un être faible, retardé, limité par une puissance infertile. Il ne voulait pas de moi, il en voulait un autre.

J’avais cessé de respirer sans réellement le réaliser, j’avais même reculé jusqu’à être acculé contre un arbre, incapable de fuir davantage. Et puis j’avais vu cette main se glisser dans une de ses sacoches. J’avais vu les lames refléter la faible lumière qui réussissait à franchir l’épaisse couverture des feuilles sur le ciel. Et durant une seconde, son expression changea, durant une seconde je crus que pour une fois, il y aurait une main tendu, une offre, une aide. J’avais cru que mon père prendrait enfin son rôle au sérieux, il viendrait m’aider dans le plus grand des secrets, sans avoir besoin de me révéler aux autres. J’avais cru qu’il serait enfin là, mais à la place il tendit le bras pour laisser la lame lui échapper pour me rejoindre. Elle se planta dans l’arbre derrière moi, saignant l’écorce pour faire couler la sève avant de recommencer, une fois, deux fois, trois fois. Il ne cessa que lorsqu’il n’eut plus la moindre arme à planter dans cette arme.

Une éternité à ne plus respirer, à rester tétanisé à l’idée qu’il puisse me toucher, mais il ne l’avait pas fait. Il avait été d’une précision chirurgicale et il venait de creuser un fossé qu’il aurait dû chercher à réduire. « Tu ne mérites pas ton sang... », souffla t-il avant de s’approcher pour me saisir avec violence à l’épaule et me dégager de cet arbre pour reprendre ses biens. Je ne méritais pas mon sang… Il en était arrivé à cette conclusion glaciale et douloureuse. Je ne méritais pas… Il avait rangé ses armes avant de me retourner et de faire un geste vers moi, l’un de ceux que j’aurais préféré éviter. Le claquement avait été si violent, si dur que mes oreilles en bourdonnaient encore, tout comme la nature autour de nous semblait avoir été réveillé d’un sommeil profond. Une claque, une sanction physique cette fois si pour évacuer la colère qu’il devait avoir contre moi sans doute, « Tu rentrera quand tu seras au moins digne de tenir une arme. », murmura-t-il avant de me laisser là, la joue en feu et le cœur en sang. Digne de tenir une arme… Je n’étais ni digne de mon sang, ni digne d’être un ninja… Je n’étais rien, le néant, un membre nécrosé par l’échec d’une famille pourtant si puissante. Je n’étais rien.



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J’étais resté là, en état de choc pendant de longues minutes. Fixant de nouveau l’endroit par lequel il était parti. J’avais eu l’impression que la nature l’avait avalé, qu’il avait cessé d’être alors que c’était simplement moi. J’avais cessé d’être. J’étais un Uchiha non ? La souffrance ne devrait pas être si forte… Pas si écrasante et pourtant… Chaque traînée d’air pénétrant mes poumons, chaque souffle venait lacérer mes organes avec une violence inouïe. Était-ce ça que l’on appelait souffrir ? Ça qui rythme la vie des plus démunie ? Où avais-je simplement découvert ô combien il pouvait me déconstruire. J’en attendais trop d’une personne qui n’avait pas les mêmes objectifs que moi, j’en attendais trop de quelqu’un ne voulant pas éprouver de faiblesse pour quelqu’un ne pouvant pas le mériter. Le plus ironique dans tout ça était peut-être que lui aussi plus ressentait ça. Que lui aussi en souffrait plus que nécessaire. Après tout c’était lui dont les espoirs les plus ancestraux venaient de disparaître dans un nuage de poussière, moi… Je ne désirais qu’une chose depuis à peine dix ans, lui, c’était bien avant ma naissance qu’il avait espéré avoir un enfant fort et puissant.

Je devais réellement faire plus, je devais réellement me surpasser, mais mes jambes refusaient de me porter, elles refusaient de faire le moindre pas en avant, elles refusaient de me faire bouger. J’étais là, tétanisé, figé dans la glace de ma terreur. Rien ne pourrait me faire bouger, rien n’en avait la force et pourtant j’allais devoir, et pourtant je devais le faire… Sinon je ne pourrais jamais rentrer, je ne pourrais jamais me faire aimer. Ils devaient m’aimer, ils devaient vouloir de moi, me reconnaître comme étant leur enfant. Ils devaient. Et moi je devais combattre cette peur que j’avais ressentie en le voyant pointer des lames acérés vers moi. C’était mon père, il n’avait rien fait de plus que me montrer le chemin et même s'il était dur et brutal dans ses mots, c’était mon père, jamais il ne me ferait réellement de mal, du moins pas physiquement… C’était le rôle d’un père que de secouer son enfant non ? Il faisait ça pour moi ? Pour mon bien ?

J’essayais sincèrement de m’en convaincre, d’y croire, mais même s'il avait les meilleures intentions du monde, déconstruire un enfant n’était pas la pire des choses à faire ? Je n’en savais rien, j’étais trop jeune et trop mature à la fois. Je voulais désespérément les rendre fier de moi, mais j’avais désespérément besoin d’amour, de leur amour à eux. Moi j’aimais mes parents, je les aimais au point que chaque jours était une douleur de plus, mais je les aimais, car ils étaient mes parents et que j’étais certain d’être le problème.

Ce fut finalement le manque d’oxygène, ou de talent pour respirer qui me força à bouger, à faire un pas en avant, à sortir de ma léthargie pour poser une main sur mon torse et tenter de reprendre mon souffle. Je devais me calmer, je devais sérieusement me calmer. Je n’arriverais à rien en continuant ainsi, en perdant mon temps. Je devais faire ce qu’il voulait que je fasse, même si ça impliquait de revivre en boucle de qui venait de se passer. Je devais y arriver et si ce n’était pas pour moi, pour être l’étudiant brillant ou pour récolter des lauriers, ça serait pour lui, pour mon père. Il avait vu l’étendu des dégâts, il avait vu l’étendu de ma souffrance et de mon niveau. Il ne pourrait pas accuser éternellement le coup, il voulait un fils digne de lui, pas une ombre à peine à même d’exister.

Glissant mes mains dans mon sac, j’avais repris mes shurikens, commençant à m'entraîner, comme avant, sauf que cette fois, les foudres de sa colère résonnaient dans mon crâne. Ne pas échouer, réussir, juste réussir. Je n’avais pas le choix, je devais y arriver, je devais le faire.

Lancé après lancé, frappe après frappe, j’échouais pour recommencer, sans cesse, sans m’arrêter. Je n’avais plus le choix, plus la possibilité de revenir en arrière, c’était ce soir ou jamais.

L’épuisement ne fut jamais très loin, mais à mesure qu’il me gagnait, son image et sa colère me revenait, inlassablement, comme une vieille ritournelle. Il frappait, il m’assassinait et la douleur grandissait. La motivation par l’échec était sans doute la plus brutale, mais la plus efficace car après une nuit entière, les premières lueurs du jours furent témoins ma réussite. Une fois, deux fois, trois fois… Ma précision n’était pas chirurgicale, mais je touchais, à chaque fois avec l’impression que tout devenait plus clair, plus précis, mais aussi et surtout plus éreintant encore. Ma rage, ma colère envers moi-même venait de me sortir des ténèbres, ou de m’y plonger, je ne saurais dire, mais elle avait alimenté quelque chose qui me dépassait de loin et qui me rendait à présent tremblant de douleur. Je réussissais. J’y arrivais plus clairement que jamais. Je n’étais pas prêt de disparaître, je pouvais me battre pour qu’ils m’aiment tous les deux, je pouvais réussir face à l’impossible, même si ça impliquait de souffrir, je pouvais. Je venais de le faire, je le referais. J’étais digne d’exister.



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Tremblant, les mains entaillées, j’avais fini par m’arrêter, par ranger mes affaires pour reprendre la direction vers la maison. J’avais couru, même si chaque nouveau pas me donnait l’impression que j’allais m’évanouir, je continuais à courir. Je voulais lui montrer qu’il ne devait pas me juger si vite, que si je pouvais le décevoir, ma volonté pour le rendre fier était de fer. Il devait le voir.

Rentrant dans le clan, j’avais ignoré tout ceux qui avaient pu m’interpeller jusqu’à rentrer chez moi. Abandonnant à la hâte mes sandalettes à l’entrée, j’avais repris ma course, sachant très bien où il se trouverait à une heure si matinale de la journée. Et il ne serait pas seul, ma mère serait là, sûrement déjà au courant de la menace qu’il m’avait faite… En même temps je n’étais pas rentrée, quoi que je n’étais pas certain que mon absence puisse lui faire la moindre peur. Alors oui, je m’étais précipité vers le jardin, le trouvant assis sur le bois entourant la verdure, son thé à la main. Sans réfléchir, j’avais laissé tombé mon sac, glissant ma main dans ma poche pour sortir un shuriken que je lançais vers lui et qui se planta à côté de lui, juste à côté de lui. J’étais épuisé, mes épaules se levant avec force à chaque respiration et pourtant je pris une seconde étoile que j’envoyais à côté de sa jumelle. Ce n’était pas aussi prêt que lui et il y avait un peu d’espace entre les deux, mais c’était là où je voulais que ça aille, c’était clair, évident.

Mon père ne leva pas les yeux vers moi, il continua à boire son thé et ce fut au final ma mère qui releva son regard vers moi. Il y eut quelque chose, comme un sursaut lorsqu’elle croisa mon regard. Une surprise visible, voir même un sourire, non, ça tenait davantage d’un rictus. Mais il y avait eu quelque chose qui la poussa à poser sa main sur le bras de mon père. Elle venait d’attirer son attention et dans un soupir douloureux, il murmura « Ce n’est que deux shuriken, c’était le minimum à fournir depuis longtemps. », jugea-t-il avant de daigner relever le visage vers moi. La même expression s’imprima sur son visage, comme-si quelque chose n’allait pas et sans vraiment prévenir, il se remit debout, sortant de je ne sais où quelques kunai qu’il lança volontairement sur moi. Mon père avait une précision chirurgical, mais j’eus l’impression que pour la première fois de ma vie, son lancé manquait terriblement de puissance, comme si voir son coup était d’une étrange facilité. Je me reculais avant de me tourner, regardant l’acier passer à côté de moi pour finir dans le bois au loin. Il m’avait manqué. Il m’avait visé et il m’avait manqué… Tremblant et étonné, je tournais les yeux vers lui juste avant qu’il ne disparaisse pour apparaître dans mon dos. Il n’avait jamais fait ça, mais malgré sa vitesse, je l’avais senti, il était évident qu’il était là et je n’eus qu’à me retourner légèrement pour voir le nouveau coup que je ne pourrais jamais éviter. Il était trop rapide, j’étais trop épuisé… Alors je me mis en garde tant bien que mal avant l’impact… Qui n’arriva jamais. À la place mon père se tenait toujours dans mon dos, le bras tendu avec un kunai dans la main. « Tiens. », souffla-t-il avant que je ne m’en saisisse incertain. Que voulait-il ? Pourquoi me donnait-il un Kunai ? J’allais devoir me battre ?

Non, à la place il me dépassa, prenant sa veste pour la passer et embrasser ma mère sur la joue avant de se diriger vers la porte en me donnant un dernier ordre, « Je veux que tout soit rangé avant mon retour. », je suppose qu’il parlait de cette tasse qui avait été brisé pendant le combat, des ses shurikens que j’avais lancé et des kunais qu’il m’avait envoyé. Ranger ça…

Ma mère quant à elle me jeta un dernier regard avant de suivre le même chemin que mon père, sauf que elle, elle ne dira rien d’aussi dur que lui, enfin du moins pas dans le ton, « Va te laver et ne sois pas en retard à l’école, ce soir on mangera des Takoyaki. », j’adorais ça, mais ma mère avait horreur d’en faire, réellement. Alors pourquoi on en aurait le droit ? Le fait d’avoir su lancer une arme correctement me pardonnait ? Je n’en savais rien, mais je me précipitais pour ramasser les morceaux d’argile qui formaient avant la tasse de mon père avant de courir vers la cuisine pour les jeter. Ce ne fut qu’en revenant sur mes pas pour ramasser les armes que je me vis enfin dans un miroire, l’éclat écarlate de mes pupilles m’arrêtant presque aussitôt… C’était ça ? C’était pour ça que j’avais eu l’impression de me vider de mes forces ? Pour ça que les choses étaient devenu si claires ? Pour ça que ses coups m’avaient semblé plus lent ? L’on disait toujours que cela n’arrivait que lorsque le pire nous arrivait… Ma mère avait perdu sa meilleure amie, elle était morte dans ses bras quand ce don avait teinté ses yeux. Mon père quant à lui avait dû échapper à sa propre mort pour les voir arriver… Mais moi ? Ma vie n’avait été ni en danger, ni sur le point de m’être arraché. Il n’y avait rien eu de réellement menaçant et pourtant…

Là où mon père m’avait jugé inapte à détenir l’héritage de mon clan, la peur de perdre l’amour déjà inexistant de mes parents avait éveillé mon sang. J’étais un Uchiha, il n’y aurait plus jamais le moindre doute la dessus. Je n’avais rien de commun avec les autres, mes cheveux étaient blanc argenté depuis ma naissance comme personne d’autre dans la famille. Mes yeux étaient teintés du même bleu que ceux de mon père, mais ils n’avaient rien d’autre en commun avec le reste du clan. Sauf que là, à cet instant précis, j’étais bien plus de ce clan que des dizaines d’autres encore en sommeil. Beaucoup relèveraient le pathétique de la situation, du choc m’ayant poussé à avancer d’un pas vers mes ancêtres, mais ce sang, je le méritais. J’étais un Uchiha…

La fatigue et l’épuisement me semblaient bien secondaires dès lors. J’en étais un, je ne pourrais plus décevoir personne maintenant… Même si je ne savais pas, le dojutsu de mon clan pourrait m’aider. Ok, j’aurais encore besoin de travailler, mais j’allais enfin être un véritable génie… J’allais enfin être un digne successeur, un digne représentant… Je sortirais peut-être de cet enfer et ce repas était peut-être un geste, une première attention vers moi…

La peur de ne pas être aimé, celle de décevoir ou de finir seul était une émotion comme une autre, surtout pour moi… J’étais légitime, j’avais le droit de m’éveiller face à cette souffrance… J’avais le droit.

J’étais seulement loin de penser que ce renouveau ne m’aiderait en rien à devenir meilleur… L’impuissance et la lâcheté ne disparaissant pas au bon vouloir d’un don héréditaire. Aussi puissant soit-il. Mais au moins avais-je passé quelques jours de ma vie bercé dans ce bonheur illusoire.




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