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[Mission rang A] Libérer, délivrer [Kameyo & Kumako]

Nara Towa
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Mission:
 

Libérer, Délivrer

Je sors de la demeure du seigneur de Beheko, Hikarimasu Gaku, le commanditaire de la mission que je suis venue effectuer. J'attends à quelques pas de l'entrée l'arrivée de mes partenaires, j'observe donc les passants. Je me demande ce dont sont capables les deux femmes qui vont m'accompagner, à savoir Akuma Kameyo, la mère des deux petits monstres que Shika et moi avons gardés, et Nara Kumako, membre du clan auquel j'appartiens mais femme avec laquelle je n'ai pas encore eu l'honneur de travailler. D'habitude, je ne travaille pas en équipe. Je n'aime pas ça... Cependant, les attentes de la mission et sa difficulté font que je ne peux me débrouiller seule. En même temps, mes aptitudes physiques sont loin de celles d'un homme et mes techniques ne sont pas terrifiantes, en elles-même.

En tous cas, ce travail sera un véritable test psychologique. On verra si je ne suis pas trop assaillie par de mauvais souvenirs et si malgré ceux-là, je reste capable d'effectuer correctement une tâche confiée. Si le niveau est si élevé que cela, je pourrais même être capable de développer de nouvelles capacités ou du moins de faire germer des idées dans mon esprit. Toute nouvelle expérience ou connaissance est la bienvenue tant que celle-ci peut me permettre de me rapprocher de mon objectif. Or, quel genre de connaissance ne pourrait pas s'y prêter ? La réussite ne tient pas qu'à la force et je le prouverai à ceux qui en doute.

Les rayons du soleil caresse mon visage malgré la fraîcheur de la brise. Mes mains sont camouflées par les manches de ma veste de kimono sous laquelle des bandes retiennent ma poitrine. Je porte un hakama, des chaussettes tabi et des waraji. Le symbole de mon clan est visible dans mon dos. Mes cheveux sont relâchés, comme d'habitude, tandis que mon visage laisse entrevoir une légère agitation qui m'est inhabituelle. Je soupire. Suis-je impatiente d'éliminer la source du mal qui sévit dans les environs ? Probable...

J'ai hâte que mes collègues arrivent pour que l'on puisse enfin prendre la direction de Fukaido, capitale de Beheko, où nous sommes censées retrouver le commandant Yuko Takade. Je passe ma main droite sous ma veste, vérifiant que la lettre de recommandation soit toujours là, il n'y a pas de crainte à avoir...

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Akuma Kameyo
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Death mode activé

J’étais restée longtemps immobile en écoutant les dernières nouvelles de mon clan. Les missions. Je n’avais pas frémi d’une paupière. Comme une panthère dans l’attente de la chasse. Une tension s’était installée dans la moindre fibre de mes muscles et même mes filles s’étaient tu. Un silence glaçant m’avait entouré et les autres Akuma m’avaient observé avec attention. Même Kokkai s’était tue au fond de moi. Et quand je m’étais redressée, j’avais presque senti le moindre muscle bouger et derrière moi la haute silhouette d’un sombre félin de feu se dresser pour m’entourer. Je m’étais avancée vers les chefs et j’avais soutenu leurs regards et enfin j’avais parlé pour demander la mission avec les Nara.

La haine des samouraïs battait lentement dans mon corps, investissant la moindre particule de mon être. Même Kokkai restait sagement en retrait. Ce n’était pas sa haine. C’était la mienne. Ma propre haine. Qu’elle n’avait nullement besoin d’intensifier ou quoi. Elle brûlait en moi avec force. Je me contrôlais, c’était une rage glaciale, elle intensifiait les sensations autour de moi, un simple battement de cœur semblait être aussi puissant qu’un gong de guerre. À nouveau, les samouraïs allaient goûter à la haine et à la force de la bête qu’ils avaient eux-mêmes créé. Et ils pourraient prier et hurler des suppliques… Personnes ne les entendraient, sauf Mère Nibi. Et elle allait se régaler de les entendre ainsi qu’entendre le bruit de mes griffes déchirer leur chair et entendre leur sang ruisseler.

Je m’avançais vers Towa et hochais la tête avec respect. Je n’allais pas l’agresser, ni elle, ni l’autre Nara. Mais il fallait avouer que j’étais très tendue. Une vraie corde d’arc prête à lâcher. Mais, je me contrôlerais, j’y arriverais. Ce n’était pas à eux que je devais faire, du mal c’était à d’autre. Je tournais légèrement la tête pour voir Kokkai se glisser contre moi et m’entourer.

« Tu vas les massacrer. »

J’eus un petit sourire. C’était… au-delà. J’allais devenir le pire cauchemar de Tetsu. Au-delà de toutes limites. Ils avaient réveillé le démon, ils ne pourraient s’en prendre qu’à eux. Tant pis si j’en mourrais. Je n’arriverais pas à me contrôler si je devais commencer à les massacrer. Mais si je pouvais dans le même temps sauver des gens de l’esclavage, je n’hésiterais pas. Mais s’il fallait une diversion, je la donnerais sans aucune hésitation. Je m’agitais un peu et observais le ciel. C’était fou comme ce petit ciel m’avait manqué des heures durant… Maintenant, c’était à moi de le rendre à d’autres. C’était beau.
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Nara Kumako
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[mission rang a] libérer, délivrer
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Quitter Honchū avait été particulièrement compliqué. Kumako avait accepté d’accompagner Towa dans cette mission, membre de son clan avec qui elle n’avait jamais accompli de mission, mais elle ne doutait pas de ses capacités. C’était une Nara, sa cadette disposait d’une multitude de ressources. Seulement, elle ne connaissait pas le troisième membre de l’équipe et s’adapter à quelqu’un de nouveau en si peu de temps … Non, elle ne devait pas penser ainsi. C’était le sourire aux lèvres, en le confiant au reste du clan, que Kumako avait quitté son fils. Une mission de rang A sous entendait qu’elle ne verrait peut-être pas le jour se lever demain matin. Lâchant un rire nerveux en attachant ses cheveux en queue de cheval, marchant vers sa destination, l’ourse se sentit néanmoins déterminée dans sa mission. Tetsu no Kuni. Voilà trois mots qui avaient suffit à la faire accepter cette mission : si elle pouvait se débarrasser de quelques uns de leurs hommes qui mettaient en péril la paix fragile établie, c’était avec plaisir qu’elle botterait leurs culs. Les battre, anéantir la menace, c’était aussi protéger son garçon.

Et si vraiment quelque chose devait arriver … Et bien, elle était médecin, autant que ça serve le plus possible à ses camarades.

Avançant, elle offrit un sourire de sympathie à Towa, posant sa main sur son épaule pour la soutenir. Envers sa nouvelle partenaire, elle fit un geste poli de la tête. A partir de maintenant, elles étaient sœurs d’armes et leurs destins étaient liées. Elles devaient retourner chez elle saines et sauves, là où leurs familles les attendaient. Kumako se demanda si elle était la plus vieille de ce groupe de kunoichi … Si c’était le cas, sans s’en rendre compte, elle venait de se mettre une pression supplémentaire sur les épaules.

Vérifiant sa besasse une dernière fois, Kumako fit un signe de la tête vers la route.

- « Towa, tu as la lettre n’est-ce pas ? Allons y. Ne perdons pas de temps. » elle lui fit un sourire rassurant, ce sourire qu’elle faisait à Honchū pour le rassurer avant chaque départ. « Tout ira bien, j’en suis persuadée. »

Ah. Comme si tout pouvait aller bien dans le monde des shinobis. C’était presque une triste blague répétitive : tout allait mal dans 90% du temps. Mais bon, il ne faut jamais râler sur le job et le faire.
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Libérer, Délivrer

La mère des deux petites Akuma ou Onryou que nous avons du gardé, Shika et moi, est bien silencieuse de sorte que je me demande s'il y a quelque chose qui ne va pas. Elle ne prononce pas un mot. J'incline néanmoins le buste en réponse à son hochement de tête. Ses problèmes ne me concernent pas tant qu'elle ne met pas la mission en péril ni même nous. Je respecte donc son silence et j'attend l'arrivée de la dernière, la cherchant parmi les passants. Je reconnais Kumako assez rapidement, elle me sourit. En soit, je n'ai rien contre un sourire, surtout venant de quelqu'un de mon clan, mais je me dois de garder le contrôle de mes expressions. Un masque de glace, il n'y a rien de mieux pour protéger et se protéger. Je ferme les yeux quelques instants tandis qu'elle pose sa main sur mon épaule. J'incline légèrement la tête.

- « Towa, tu as la lettre n’est-ce pas ? Allons y. Ne perdons pas de temps. Tout ira bien, j’en suis persuadée. »

Ce sourire... C'est le genre de sourire que je n'aime pas... Car, si par malheur il venait à arriver quelque chose à sa détentrice, à savoir ma camarade Nara, je me sentirai coupable. D'autant plus qu'elle a un enfant, si je ne me trompe pas, qui attend certainement son retour. Je n'ai pas envie de le priver de sa mère, je n'en ai pas le droit... Mais, je ne peux pas mourir non plus, la sagesse m'attend et je ne peux compter que sur moi-même pour réaliser mon rêve. A trop croire les autres, on finit par être déçu. J'ai envie de croire mais cela m'effraie... Tout ira bien, hein ? Avec Tetsu, tout va toujours mal. Ces samouraïs sont les ennemis naturels des ninjas, il est impossible que nos deux mondes puissent subsister en paix.

Arrivées à Fukaido, nous cherchons le commandant Yuko Takade à qui je présente la lettre du commanditaire.

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J’observais mes deux compagnes de voyages en silence. La lettre tout ça… J’avais l’impression de sentir deux cœurs battre à l’unisson dans ma poitrine. Le mien et celui de Kokkai ? Ou le mien et celui de la haine ? Je n’en savais rien. Je levais les yeux vers le ciel. Combien de fois avais-je prié pour le revoir encore une fois ? Pour revoir le soleil se lever, sentir le vent sur mon visage ? Combien de fois avais-je plongé mes griffes dans ma propre chair pour contenir le monstre en moi ? Combien de fois avais-je supplié qu’on me laisse tranquille ? Combien de fois étais-je morte à l’intérieur face à la violence qu’on m’infligeait ? Je me souvenais encore de la délectation que j’avais eu à massacrer les samouraïs, à leur infliger la peur de leur vie et à les voir reculer face à la bête qu’ils avaient créée.

J’observais la ville pendant une bonne minutes. J’avais été silencieuse tout le long du voyage, préférant conserver mon calme et me replonger dans mes souvenirs pendant un long moment. Je n’avais pas grand-chose à dire pour l’instant aux Nara, nous verrons une fois sur le terrain. Je sentis un frisson me remonter l’échine face à la ville. Je n’aimais pas les villes. Pas du tout, du tout. Mais puisqu’il fallait passer par là… Je suivrais sans rien dire le mouvement, me glissant derrière les deux Nara pour faire oublier ma présence aux autres. J’étais plus petite, plus mince, plus quelconque que les deux belles plantes, on m’oublierait. Aussi simplement que cela. Je remuais le nez en me retenant de me boucher les oreilles, trop de bruits et de trucs à regarder et à voir. J’avais du mal, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’écouter si je n’entendais rien d’intéressant. Après tout… la mission débutait toujours un peu avant.
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Nara Kumako
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[mission rang a] libérer, délivrer
nara kumako feat. nara towa &akuma kameyo
Le silence était presque pesant, donnant le ton : cette mission était périlleuse, dangereuse … Tout le monde se préparait psychologiquement, en amont, au risque de voir au détour d’un carrefour. Se mouvoir dans une ville pouvait être dangereux quand la cible que l’on traqué avait connaissance d’être devenue une proie, tentant de reprendre le contrôle de la chasse en faisant du prédateur le prédaté. Seulement, Tetsu n’avait pas encore connaissance de leurs plans. Ce n’était peut-être qu’une question d’heures, voire de minutes avant que l’information que trois kunoichis se dirigeait vers le bureau du commanditaire de la mission visant à les stopper, ne remonte à leurs oreilles. Kumako n’avait aucunement envie de se faire sottement assassiner par manque de vigilance, de concentration … Surtout aux vues de l’ennemi. La Nara avait appris depuis bien longtemps à ne pas sous-estimer Tetsu.

L’ourse regarda du coin de l’œil l’Akuma. Discrète, à côté des deux Nara. Ironique, cela aurait dû être l’inverse. Particulièrement à l’écoute de son environnement. Peut-être même, la plus apte à l’offensive dans ce groupe. Les possibilités étaient multiples, mais l’organisation était essentielle. Elles auraient bien à communiquer à un moment ou un autre si elles souhaitaient réussir cette mission. C’était du moins l’objectif de Kumako, se refusant à une autre solution. Il y avait bien trop à perdre pour qu’elle ne se permette de disparaitre de cette terre. Pas tout de suite. Meurs un autre jour. Et il n’était pas uniquement question de Honchu, elle devait aussi ramener Towa à la maison. Elle ignorait si elle oserait regarder leur chef dans les yeux si Towa venait à mourir lors d’une mission où elles étaient ensemble. Il était hors de question de perdre qui que ce soit du clan, tant pis si elle devait se vider le chakra pour soigner chacune de leurs blessures.

Suivant Towa, la brunette observa attentivement son environnement, les différents comportements, suivant l’exemple de la troisième kunoichi. Et puis, enfin, elles arrivèrent devant celui qu’elle avait à rencontrer pour que tout commence.
©️junne.
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Libérer, délivrer.

Après quelques jours de marche dans les contrées de l'Enclave, c'est au petit matin que les deux Nara et l'Akuma parviennent à la cité de Fukaido. Plusieurs bâtiments y sont érigés, entourés de remparts faisant offices de protection, bien que la construction paraisse assurément trop fragile pour repousser une éventuelle invasion. On y trouve trois rues principales, la rue des rempart nord au nord, celle des remparts sud au sud et la rue du château au centre, parallèles les unes des autres et traversées par un dédale de ruelles dans lesquelles il ne fait pas bon traîner tard la nuit. La population qui foule les rues pavées de l'endroit y est plus dense que partout ailleurs dans la région et nombre d'habitants semblent ne pas avoir d'autres moyens que de mendier leur pitance pour survivre.

C'est d'ailleurs au détour de l'une de ces ruelles que les trois jeunes femmes croisent un duo de mendiants. A l'affût de la moindre information qui pourrait se révéler utile et attirées par la discussion que les deux hommes entretiennent, Kameyo et Kumako marquent un temps d'arrêt à leur hauteur, tandis que Towa ne tarde pas à les rejoindre, interpellée par cet arrêt brutal. Vêtus de guenilles et dépossédés de quelques dents, tandis qu'il semble également manquer un œil au type de gauche, ils sont en train de converser d'un homme étrange, client régulier de la maison close. Lorsqu'ils aperçoivent les potentielles mécènes, ils cessent leur échange pour se tourner vers elles en tendant la main.

-S'il vous plaît, vous n'auriez pas une petite piécette pour manger charmantes damoiselles?

Sans hésitation, Kameyo leur cède un ryo qui illumine leurs visages pendant qu'elle profite de l'instant pour leur demander plus de précision sur l'homme dont ils parlent. Les yeux ronds, les deux se regardent avant de répondre dans une mise en scène digne des plus grands théâtres burlesques, chacun rebondissant sur les paroles de l'autre comme s'ils avaient appris leur texte par cœur.

-Merci beaucoup mademoiselle...

-Comme c'est généreux de votre part...

-Savez-vous mesdames quel est le plus grand avantage à traîner dans la rue?

-C'est que nous voyons tout...

-Que nous entendons tout...

-L'homme dont il s'agit doit venir ici demain...

-C'est d'ailleurs pour ça qu'on en parlait...

-Il vient ici chaque semaine...

-Toujours le même jour...

-Et c'est demain...

-Il est grand...

-Il marche comme un prince...

-Mais il est inquiétant aussi, il a une grande balafre qui lui traverse tout le visage en passant sur son œil...

-D'ailleurs il est comme toi, il lui manque cet œil ah ah ah...

-Son regard est froid...

-C'est un habitué de la maison close, il y passe un bon bout de temps...il paraît même qu'il change de partenaire à chaque fois...on se demande si son objectif n'est pas de coucher avec toutes les femmes du lieu...

-Et d'ailleurs il fait toutes les semaines le même trajet...un passage à l'hôpital, une visite à l'orphelinat, puis il s'attarde au bordel pour finir...

-Et ensuite il repart vers les montagnes...

A cette évocation, les deux gars commencent à digressé avec nostalgie, en évoquant leur jeunesse passée à rêver de trouver une mine de diamant dans les montagnes de Nu, sans plus jeter le moindre regard vers les trois coéquipières qui décident donc de prendre congé. Après quelques minutes passées à déambuler dans les rues, le petit groupe arrive enfin aux portes de la demeure du commandant Yuko Takade. Elles sont reçues par sa secrétaire, qui les accueille avec satisfaction avant de les inviter à la suivre jusqu'au bureau de son supérieur.

Le commandant est surpris lorsque les portes s'ouvrent. Décroisant rapidement les jambes étendues sur son bureau, en espérant que personne n'a eu le temps de le voir, il perd l'équilibre et laisse tomber au sol une tasse de café qui manque de peu de venir lui ébouillanter la main posée en appui sur le sol pour retenir sa chute.

-Bordel, Kanzaki, j'avais dit de ne me déranger qu'en cas de guerre mondiale ou d'arrivée des shinobis attendus !!!

Ajustant sa paire de lunettes, la secrétaire ose une timide réponse.

-Mais...jus...justement commandant...ce sont les personnes qui ont été dépêchées ici pour la mission...

Afin de confirmer les paroles de la fille, Towa extrait la lettre de recommandation cachetée à l'ordre du commanditaire de la mission et la tend vers le Takade. Ce dernier reprend une assise stable, puis se lève en ajustant sa tunique militaire, un air dubitatif affiché sur le visage. Droit comme un i, il affiche son imposante stature et son crâne luisant aux trois jeunes femmes. La mâchoire carrée, les traits saillants, son visage est surmonté d'une moustache aussi dense qu'elle est longue. Il ne cesse de la rouler entre des doigts plus épais que la moyenne, en observant silencieusement les kunoïchis, avant de reprendre d'un ton pour le moins hautain.

-Des femmes? Voilà bien une idée curieuse. Les ninjas sont donc si démunis depuis la fin de la guerre? Tous les hommes sont-ils donc en mission? J'aurais apprécié un peu plus de respect à l'encontre de l'enclave.

Tout en passant de l'une à l'autre des trois filles, il les reluque de haut en bas d'un regard insistant, puis se rassoit, tapotant frénétiquement le rebord de la table des doigts de sa main gauche, pendant que de l'autre il attrape un crayon qu'il fait tournoyer nerveusement sur lui même plusieurs fois, avant de le briser entre son pouce et son index.

-Des femmes...un soupir...maintenant que vous êtes là autant que vous serviez à quelque chose...mettez vous à votre aise, je vais vous expliquer de quoi il retourne...un regard pour leur indiquer les trois sièges installés à leur intention...comme vous le savez sûrement déjà, plusieurs personnes ont disparu ces derniers temps. Sept au total. Tous des hommes entre vingt et trente cinq ans. Après enquête, nous pensons avoir déterminé qui était à la tête de ces enlèvements. Il s'agirait d'Hidoi Daiki, un samouraï déchu. Nous suspectons une tentative de rapprochement avec son ancienne patrie en menant un trafic d'esclaves à destination de Tetsu ou de contrées plus lointaines encore. Pour l'instant nous savons que le repère des criminels se situe dans les montagnes de Nu, non loin d'ici, mais il nous a été impossible de localiser l'emplacement exact de cette cachette. Peut-être aurez-vous plus de chance que nous...une pause marquée par un nouvel entortillement de moustache...bien que j'en doute en vous regardant...dans trois jours un convoi commercial mené par de jeunes gens se rendra dans les montagnes pour servir de leurre...vous prendrez part au voyage, à moins qu'une meilleure idée ne vous vienne d'ici là...trois jours...c'est donc le temps que vous aurez pour vous organiser et enquêter, à la recherche d'indices pouvant nous aiguiller un peu plus sur la menace...tenez...il tend un morceau de papier plié en deux...c'est un plan de la ville avec les principaux sites de l'endroit...servez-vous en pour vous orienter et choisir les endroits qui vous semblent les plus appropriés à la prise d'informations...et n'oubliez pas que c'est souvent en prenant le temps nécessaire pour se fondre dans le décor qu'on obtient les meilleurs résultats...vous avez également une chambre réservée à l'auberge...c'est un peu spartiate, vous devrez la partager, mais vous vous vous y ferez...on y sert le meilleur saké de l'Enclave et les parties nocturnes de cho-han rameutent pas mal de monde...

Il se remet debout, exposant fièrement son menton proéminent qu'il oriente légèrement vers le haut, puis d'un geste négligeant de la main.

-Allez, hop hop hop, débarrassez-moi le plancher maintenant, j'ai autre chose à faire...rendez-vous ici dans trois jours pour un rapport détaillé de ce que vous aurez appris...

Tandis que la porte se referme derrière elles, Kameyo, Towa et Kumako peuvent entendre un discret ''bon courage'' laissant entrevoir un semblant de délicatesse chez le type exécrable qui vient de les recevoir.

Nous sommes à l'aube du premier jour.


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Libérer, Délivrer

Je n'aime pas cet endroit... Il y a du monde et cela me met mal à l'aise bien que je tente de ne rien laisser paraître. Je vérifie plusieurs fois que la lettre est toujours en ma possession. S'il y a des mendiants, il doit y avoir également des voleurs... Car, certains humains ne sont pas si bons ni purs que les autres... Je n'aime vraiment pas cet endroit. Perdue dans mes pensées, je ne remarque que tard que mes collègues se sont arrêtées il y a quelques mètres. Je les rejoins, me demandant ce qu'il y a de si intéressant pour qu'elles se stoppent en cours de route.

Un homme qui fait toujours le même trajet ? Étrange... Une grande balafre, qui plus est ? Il pourrait s'agir d'un shinobi, d'un samourai ou de quelqu'un ayant effectuée l'une de ces "professions" à un moment de sa vie. Qu'est-ce qui me permet de dire ça ? La balafre, son regard froid et sa démarche de prince. Les deux premiers éléments laissent penser qu'il a déjà vécu une expérience éprouvante, peut être un guerre... Quand au dernier élément, cela traduit une certaine éducation, or lorsque l'on possède une telle éducation, on maîtrise souvent l'art du combat. Et, s'il effectue toujours les mêmes déplacements, alors il y a de forte chances pour que l'on soit un espion, un informateur ou que l'on aille à la rencontre de pareille personne. Ainsi, il pourrait être intéressant de se pencher sur ce type... Mais je suppose que cela dépendra des consignes du commandant, en espérant qu'il nous laisse un peu de liberté.

Nous reprenons notre chemin quand les deux hommes commencent leur digression. Je soupire. J'ai peur que cette mission ne soit galère... Mais, je dois l'accomplir et je compte bien le faire, en priant pour qu'il n'y ait pas trop de complications.

Je me tiens droite. Yuko Takade élève la voix, contre sa secrétaire. J'incline le buste, lorsque la femme nous présente, et je tend la lettre à l'homme. Je n'aime pas sa façon de parler... Les femmes peuvent être bien plus terrifiantes que certains hommes, mais je ne dis rien. C'est lui le chef, ici. Il nous rappelle l'objectif de la mission et ses étapes, en plus grand détail que ce que nous avons pu avoir jusque là. Il a pris un certain nombre de précautions, nous laissant quelques jours pour investiguer en nous réservant une chambre et nous préparant un convoi à destination de la montagne. Ce n'est pas un commandant pour rien. Il a su gagner mon respect pour tout ceci. Certains hommes auraient tout laissé aux ninjas employés quand lui, a fait quelques efforts pour nous faciliter le travail bien qu'il ne soit apparemment pas assez compétent pour récolter des informations. Une fois qu'il a fini de nous exposer la situation, il nous met à la porte.

Nous avons trois journées devant nous que nous devons optimiser... Il est donc nécessaire que nous discutions de la démarche à suivre ensemble. Je me lance et leur fais une proposition.

- Je serais tentée d'enquêter sur le balafré et vous ? Il pourrait connaître un réseau d'informateur ou en être un lui-même. De ce fait, j'aimerais me rendre sur les lieux cités par les mendiants, qu'en dites-vous ?

Après délibérations, il a été décidé que Kameyo irait à l'orphelinat et que Kuma enquêterait à l’hôpital. Il ne me reste donc plus qu’à prendre le chemin de la maison close. Ce que j’en pense ? C’est qu’il s’agit d’un travail comme un autre. Je me sépare donc de mes camarades pour m’acheter un yukata, puis je vais me changer, utilisant le Fuuinka no Bousu pour sceller des senbons dans ma langue, camouflant ainsi le sceau et les seules armes que je vais porter, car je doute que quelqu’un demande à voir ma langue. Je me maquille et défait un peu ma tenue de sorte à dénudée mes épaules et à laisser une certaine vue sur ma poitrine, après avoir utilisée le Dai Henge, au cas où l’on aurait pu me reconnaître.
J’ai mémorisé le plan de Fukaido et me dirige donc vers le bordel et, une fois à deux rues de celui-là, je commence à jouer la comédie. Je tiens à me faire passer pour une jeune femme désespérée, ayant été trompée par son amant et laissée sans le moindre sous, une jeune femme dont la mère est souffrante et qui n’a plus d’autre recourt que s’abandonner à la prostitution. Je me présente aux portes de l’établissement et je supplie les premiers employés que je croise de me laisser travailler ici, mettant en valeur mes atouts.

Evidemment, je compte écouter les conversations de mes collègues et des clients. Quand on fait une infiltration, on fait les choses à fond ou l’on ne les fait pas. Je joue la fille désespérée, alors j’obéis à tout ce qu’on pourrait me demander. En plus, il est plus facile d’ouvrir son coeur à quelqu'un dans son intimité... Et peut être qu’après avoir gagné la confiance de certains et certaines, je pourrais poser quelques questions sur le balafré... Je sais que je suis professionnelle et que je saurai garder en tête mes objectifs sans me laisser contrôler par mes instincts les plus primaires.

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Je n’aimais pas du tout les villes… Je me crispais involontairement en tournant la tête en écoutant les conversations… Qui me mènent vers deux mendiants. Et sans hésiter je leur donnai un peu d’argent pour qu’ils parlent. J’écoutais avec attention. Si j’avais eu des oreilles d’un chat, elles auraient été pointées en avant vers ces deux hommes. D’anciens esclaves ? Leur corps supplicié me rappelait une partie de ma vie. Je fus très attentive en notant le moindre de leur mot, leur offrant à nouveau une écoute et un regard humain. Je savais ce que c’était les mauvais jugements. À la fin je replongeais à nouveau ma main dans ma bourse pour leur offrir à chacun quelques ryos. Je finis par les remercier d’une voix douce :

« Pour vous informations. En vous remerciant je vous souhaite une bonne journée messieurs. »

Je leur souris et inclinais la tête vers eux avec un profond respect avant de suivre mes compagnes de missions. Je regardais avec attention autour de moi. Je me sentais véritablement toute petite… L’orphelinat. Je passai ma langue sur mes lèvres. Mon instinct maternel s’éveillait à nouveau, mais je suivis en silence les Nara.

J’entendis un homme se casser la figure quand on ouvrit la porte ainsi que son cœur battre. Je restais de marbre face à sa remarque. Je m’en fichais royalement. Il pouvait me détailler comme il le voulait, je m’en fichais également. Le seul homme à qui j’avais autorisé à me toucher sensuellement c’était mon Maho. J’écoutais avec attention, nous avions trois jours pour faire nos investigations. Parfait c’était assez.

Je demandais à m’occuper de l’orphelinat, je serais des plus à l’aise avec les enfants, clairement. Je m’y rendis tranquillement en m’efforçant de paraître plus à l’aise. Plus petite et avec un visage encore un peu jeune, je proposais une petite animation pour les enfants. Quelques balles cerceaux et pitreries pour amuser les enfants. Je proposais mon aide aux éducateurs avec un sourire et attrapant au vol une petite qui avait glissé dans les escaliers.

« Allez Kameyo, bats des cils ça va passer. »

Kokkai, boucle là ! Après l'animation je discuterais un peu avec les enfants. On pouvait me fouiller : je n'avais pris aucune arme pour l'instant. Juste mes griffes mais ça… personne ne le savait.
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Nara Kumako
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Chaque information était importante dans ce genre de missions ; plus le rang était haut, plus les risques de voir les choses mal se passer à cause d’un simple oubli étaient grands. Alors, quand deux hommes attirèrent son attention, elle s’arrêta un instant. L’Akuma – Kameyo était son prénom, n’est-ce pas ? Elle n’était même pas sûre tant elle avait peu parlé – en fit de même. Des hommes ayant soufferts des sévices de la vie, peut-être plus, peut-être moins. Towa les rejoint alors que la plus petite donna une pièce à ces hommes qui commencèrent à déblatérer un texte, comme récité par cœur. Une de ces pièces de théâtre comique qu’elle apercevait de temps à autre lors de ses voyages, de villes en villes. Pour peu, elle aurait lâché un rire amusé devant ces étranges mendiants. Mais la gravité de la mission la retint de tout écart. Et pour dire vrai, elle ignorait s’ils étaient véritablement fiables : il n’était pas rare dans des affaires de rapts que les indigents soient grassement payés pour aider à ces enlèvements. De même, si Kumako se souvenait bien, il y avait de potentiels mercenaires en jeu, et leur petite représentation théâtrale semblait presque surjoué. L’ourse se décida de graver leurs visages, leurs emplacements et leurs carrures dans sa mémoire. Juste au cas où.

Les jeunes femmes repartirent, analysant ce qui avait été dit. Trois lieux : l’orphelinat, l’hôpital et un bordel. Trois lieux potentiels de sources d’informations. Elles étaient trois, se séparer pourrait être une bonne idée. Tout en étant particulièrement risqué. L’hôpital était évident un endroit où elle pourrait facilement se fondre, mais cela signifiait laisser la maison close à l’une de ses deux camarades … Et dans le fond, Kumako n’avait aucune envie d’imaginer la jeune Towa dans un bordel. Appelez ça l’instinct maternel.

Mais Kumako n’eut guère le temps de se soucier de quoique ce soit, du moins pas pour l’heure que déjà, elles se trouvaient devant l’homme qui avait appelé les différents ninjas de tous horizons à lui venir en aide. Et il n’eut pas besoin de dire plus de deux phrases pour que la mère de l’ourson ne veuille lui décocher une gifle qui lui ferait traverser les murs de son foutu bureau. Tiquant légèrement de l’œil, droite, elle l’écouta déblatérer sa verbe machiste et misogyne. Argent, se rappela Kumako, dès qu’elle aurait l’argent entre les mains, elle aurait tout à fait le droit de lui briser le nez. Elle devait se concentrer sur une seule et unique chose : l’ordre de mission. Elles avaient trois jours pour enquêter avant de partir pour jouer les leurres dans les montagnes de Nu. Là où se trouvait une mine d’or si elle se souvenait des dires des vieux mendiants, ou quelque chose comme ça. Les parties de Cho-han serait aussi un très bon moyen de réunir des informations sans attirer l’attention, simuler l’ivresse, flirter, encourager, dépouiller quelques pigeons … Ce jeu avait tendance à attirer la racaille, excellentes sources d’informations selon son humble avis. Mais elle verrait cela plus tard.

Trois jours, elles avaient trois jours pour récolter le plus d’information possible Jetant un coup d’œil à la carte, Kumako haussa un sourcil.

- « Et bien … notre balafré aime faire de sacrer détour … » souffla la Nara pour elle-même avant de redresser la tête. « Je suis d’accord. C’est le meilleur point de départ que nous avons. Au pire, ces zones sont toujours des points de rapts idéals. Le public y est toujours vulnérable et fragile … »

A partir de là, elles décidèrent ensemble de qui irait où. Kumako eut l’hôpital. Un choix tout à fait logique, au vu de ses connaissances … Cela ne l’empêcha de lancer un regard désespéré à Towa et à lever la main presque pitoyablement en voyant sa cadette se rendre à la maison close. Ah ! Si jeune ! Quelle injustice. Et quel professionnalisme. Kumako aurait eu presque honte d’elle-même. Presque. Lâchant un soupir, elle se ressaisit avant de se rendre elle-même vers l’hôpital, réfléchissant à comment infiltrer le plus simplement possible et recueillir des informations sans mettre en péril la mission. Il lui faudrait certainement jongler entre plusieurs Henge. Hum, elle se promit mentalement de travailler son Dai Henge avec plus de sérieux en rentrant. Profitant d’une ruelle à l’abri des regards, Kumako fit son premier henge avant d’entrer dans l’hôpital sous les traits d’une vieille dame toute rabougris, trapu, aux traits malades, lui offrant la possibilité de se balader au sein de l’établissement, à la recherche « de la chambre de mon mari, oui, je connais la route, vous êtes si aimable ».

Chaque pas est un moyen de repérer plusieurs zones : celle de soin, les zones de visites, le nombre de chambres environs, où se trouve le bureau des médecins, des infirmières, s’il y a un laboratoire médical ou non, où potentiellement les dossiers médicaux pouvaient être, tout en laissant trainer les oreilles.

Après tout, les mamies adorent les ragots.
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Après la palabre, les kunoïchis se mirent d'accord pour se séparer afin d'optimiser le rendement de leurs recherches, du moins en terme de quantité. L'Akuma pris la direction de l'orphelinat, tandis que Kumako se rendit à l'hôpital dans l'espoir de mettre à profit ses capacités, la maison close étant dévolue à Towa.


La maison close.

En partie débraillée, la fausse Towa se présenta en apparence mal en point à l'entrée du bordel. Les coups frappés à la porte attirèrent quatre filles qui l'accueillirent avec toute la gentillesse du monde malgré l'inquiétude que l'on pouvait lire sur leurs visages.

-Viens par ici, on va t'arranger ça...

-Entre donc...tu veux une tasse de thé pour te réchauffer?

-C'est qui l'sagouin qui t'as mise dans cet état? Encore un de ses salops c'est ça?

-Ne t'inquiètes pas, la patronne ne devrait pas tarder à revenir...installe-toi et raconte-nous tout ça en prenant le temps de respirer...tu es en sécurité maintenant.

Tout en fournissant les explications qu'elle souhaitait à ses hôtes, rapidement rejointes par les autres filles du bordel, la Nara pu constater une absence totale d'hommes, si ce n'était ceux qui redescendaient les marches menant vers les chambres, juste avant de quitter l'endroit. A tour de rôle, les filles prirent le temps de conter leurs histoires à Towa. Similaires pour la plupart. Un mari violent, des parents décédés très jeunes, des marchands d'esclaves, etc. Rien de très reluisant. Mais malgré leurs déboires et ce que la vie leur avait réservé pour s'en sortir, elles paraissaient heureuses, chacune piaillant ses anecdotes les plus farfelues depuis qu'elles avaient commencé à bosser ici. La cloche de l'entrée sonna quatre fois, pas une de plus, pas une de moins. Le signal pour les clients du matin. C'est avec regret qu'une rousse se dirigea vers la porte pour ouvrir pendant qu'une autre chuchota à l'oreille de Towa.

-Cui là, on l'aime pas...il nous prend pour de la viande...mais Kuina dit qu'il rapporte gros alors faut qu'on fasse un effort...

C'est un homme aux traits rudes qui entra, saisissant la rousse par le bras avant de l'entraîner vers les chambres jusqu'à ce qu'il croise la Nara du regard. Instinctivement, il relâcha sa proie et s'adressa à la manipulatrice d'ombre.

-Je donne le double et c'est celle là que je veux.

L'une des filles lui expliqua qu'elle ne faisait pas parti de la troupe, mais cela ne sembla pas le dissuader pour autant. Il s'avança dans la direction de la kunoïchi à la hâte. Plusieurs filles se mirent en travers de son chemin mais il les repoussa toutes violemment les unes après les autres, jusqu'à atteindre la kunoïchi, une main dans la poche, prêt à en sortir quelque chose, lorsqu'il fut interrompu.

-Va t-en d'ici, et ne revient jamais ou je te crève vieux pervers...

Une lame sous la gorge, l'autre sentit ses testicules remonter dans son pantalon, quelques grosses gouttes de sueur perlant sur son front graisseux. Il ne se fit pas prier pour faire demi-tour et quitter le lieu.

-Kuina...tonnèrent en cœur les prostituées.

Une femme brune, les cheveux détachés, longs et frisés, disposant de formes plus que généreuses était plantée devant Towa. Un air presque hautain accroché au visage, elle avait fière allure dans une longue robe mauve qu'elle portait avec classe et qui mettait sa poitrine en valeur. Elle semblait sûre d'elle.

-Je m'appelle Kuina...c'est moi qui dirige cet endroit. Les armes y sont interdites. Les habitués le savent et deux colosses viennent s'assurer que la consigne est respectée une fois le soir venu. Tant pis pour lui. Il était au courant qu'ici on ne fait pas de mal à mes filles. Quiconque essayera le paiera d'une manière ou d'une autre. T'es peut-être pas une de mes filles mais si t'es là, c'est tout comme. De toute façon ça faisait un bout de temps que je comptais le virer. Jusque là je le gardais parce qu'il me servait de vache à lait quand les temps étaient durs, mais tout est beaucoup plus simple maintenant. Si tu veux bosser ici, je t'offre le couvert, un toit et ma protection en échange de tes services charnels. Les portes de l'établissement sont ouvertes au grand public de treize heure à vingt et une heure. Les matinées sont dédiées aux réservations, que j'accorde aux clients les plus riches en quadruplant le prix mais avec le possibilité d'être avec deux filles en même temps. Les hommes sont faibles et finalement nous ne faisons rien d'autres qu'utiliser nos talents pour leur faire cracher leur fric. Après vingt-et-une heure on ferme. Ca évite de se confronter aux ivrognes indécrottables. Plus aucun client n'est accepté et vous pouvez disposer de vos soirées comme bon vous semble.  

Plusieurs filles se regroupèrent et marmonnèrent quelques paroles à propos d'un homme qui semblait avoir quelques privilèges, comme celui par exemple de pouvoir rester jusqu'à l'heure qu'il désirait et qui se pointait ici une fois par semaine. Un certain Yuzu, caractérisé par une balafre significative sur le visage. Kuina interrompit les murmures d'un ton sec.

-Lui c'est différent, et vous le savez très bien. Et en plus, a t-il déjà fait le moindre mal à l'une de vous? Tiens d'ailleurs c'est demain qu'il doit venir. J'espère que vous êtes prêtes. Quand à toi...à l'attention de la Nara...prend ces quelques sous et va t'acheter des fringues et tout ce que tu voudras. Je ne veux pas entendre que mes filles sont mal entretenues. Du moins si tu es bien ici pour postuler. Réfléchis bien et reviens me voir quand tu le souhaiteras. As tu d'autres questions à me poser?


L'orphelinat

-Merci madame...dit la petite avec un grand sourire après que Kameyo lui ait évité de tomber de l'escalier.

La kunoïchi semblait à son aise ici, offrant un spectacle de cirque sous les regards médusés des éducateurs qui avaient rarement vus les enfants aussi calmes. L'un d'eux eut même la larme à l'oeil en regardant le plus chétif sourire comme jamais.

-Tu...tu n'es pas du coin, je n'ai pas souvenir de t'avoir déjà vu par ici...merci pour eux en tout cas, ils n'ont pas souvent l'habitude de s'amuser comme ça. Encore moins en ce moment. Trois d'entre eux ont disparus ces derniers mois. C'est pour une inscription? On a toujours besoin de bras supplémentaires pour entretenir la maison. Faut dire que les trois qui ont disparus étaient parmi les plus participatifs et c'est à eux que l'on confiait les tâches les plus difficiles...

-Enfuis...enfuis est plus juste que disparus...tonna une voix derrière la jeune femme, alors que deux fillettes de deux ans tout au plus et parfaitement identiques s'accrochèrent à ses jambes et qu'un silence jurant avec l'ambiance précédente s'installa dans la pièce.

-Oui enfin, c'est pas ce que disent les autorités...

Il ne reçu qu'un regard sombre en guise de réponse.

-Une nouvelle enfant serait-elle arrivée...je suis Roishi, le directeur de cet endroit! A qui ai-je l'honneur? poursuivit-il en parlant de l'Akuma.

En se retournant, cette dernière tomba sur un homme de taille moyenne, bedonnant, le crâne dégarni et muni d'une paire de lunette qu'il ne cessait de remonter d'un doigt sur son nez suant.

-Tes petits tours sont intéressants...suis-moi je vais te faire faire le tour.

Roishi prit les devants, d'un pas hésitant. Il fit découvrir à l'Akuma les différents lieux sans jamais toutefois s'attarder trop longtemps, comme s'il ne souhaitait pas que certaines choses ne soient détaillées. Il avait l'air nerveux, quelques gouttes de sueurs glissant le long de ses joues rougies par l'effort. Les dortoirs étaient au premier étage. Couloir de gauche pour les filles, celui de droite pour les garçons.

-C'est une bien triste histoire, des enfants que nous élevons depuis leur plus jeune âge et qui nous font faux bond quand ils commencent à être autonome. Oui jeune fille, nous vivons avec cette ingratitude au quotidien. Tiens, ce sont ces trois là...exprima t-il en montrant une photo sur laquelle les trois semblaient joyeux, se tenant les uns aux autres par le cou.

Les muscles saillants, il avaient pourtant l'air d'être de robustes garçons, peu à même à se laisser kidnapper sans broncher. Roishi continua le tour du propriétaire en indiquant la cuisine, les sanitaires, une salle de classe sur la porte de laquelle était écrit "labo" sur une affiche, puis son bureau, dans lequel étaient répertoriés sur une étagère l'ensemble des dossiers des enfants vivants dans l'orphelinat, chaque dossier regroupant le jour d'arrivée, le jour de départ et la famille d'accueil pour ceux qui avaient eus la chance d'être adoptés. Il invita la jeune femme à s'asseoir face à lui après avoir pris soin de fermer la porte derrière vous. Marquant un temps d'arrêt, il observa Kameyo avant de plonger son regard dans le sien et de reprendre d'une voix glaciale.

-De vous à moi, même si vous en avez fortement l'apparence, vous n'êtes pas une gamine n'est ce pas? Alors dites-moi ce que vous êtes venu faire ici? J'ai eu vent de l'enquête en cours à notre sujet et sachez que ça me déplaît fortement! Si vous avez des questions, posez les et fichez le camp d'ici!


L'hôpital

Habilement métamorphosée en mamie, Kumako prétexta un mari malade pour déambuler librement. Si le préposé à l'accueil s'interrogea en toisant de haut en bas cette vieille femme qu'il n'avait pas l'impression d'avoir déjà croisée dans la ville, il fut interrompu dans sa réflexion par la demande d'une infirmière qui lui remit le dossier d'un patient à traiter de toute urgence. Occupé à cette nouvelle besogne, il laissa finalement filer la Nara en accompagnant son départ d'un geste de la main, bien content que l'autre connût le chemin.

La première allée comprenait l'accueil, ainsi que quelques salles de premiers soins dans lesquelles les patients se succédaient pour les moindres maux. Ainsi, dans l'une d'entre elles, Kumako pu observer et entendre une fillette se plaindre d'un bobo survenu à la suite d'une simple chute en jouant au jeu du chat. Dans la suivante, un homme exposait au médecin une toux certes bruyante mais qui tenait plus du simple rhume que de la tuberculose. Dans une troisième, quatre docteurs conversaient du cas d'une vieille femme qui était alitée depuis maintenant cinq mois et dont le cas semblait préoccupant bien que son état soit pour le moment stationnaire. Et ainsi de suite dans les pièces suivantes.

S'il n'était finalement pas si étonnant de voir des gens se faire soigner dans un hôpital, la Nara tiqua un peu en repensant aux conditions de vie régnant dans l'enclave d'une manière générale. Comment des personnes aussi pauvres pouvaient-elles  se permettre d'accéder aux soins pour des blessures ou des maladies aussi bénignes? Pourquoi n'appréhendaient-elles pas ce genres de problèmes par elles mêmes?

Au bout du couloir, un autre, perpendiculaire et offrant deux chemins. Côté droit, un corridor circulaire, au centre duquel trônaient les différents blocs opératoires. Six au total, apparemment équipés de ce qui se faisait de mieux à l'heure actuelle en terme d'outils médicaux, comme Kumako pu le remarquer en jetant un œil dans l'entrebâillure de la porte de l'une de ces salles, juste avant que le médecin qui venait d'y pénétrer ne lui lance un regard noir. Côté gauche, plusieurs salles d'attentes dans lesquelles les patients étaient répartis en fonction des raisons de leur présence ici. En poussant un peu plus loin dans cette direction, on pouvait découvrir une petite allée bifurquant vers les bureaux, dont celui du médecin en chef, duquel semblait provenir une certaine agitation lorsque la fausse grand mère Nara s'en approcha. C'est sans doute ici que devaient être réunis les dossiers de l'endroit. Tendant l'oreille après avoir vérifié que personne ne traînait autour, la manipulatrice d'ombre entendit clairement deux hommes en pleine conversation, sur un ton qui ne respirait pas la sérénité.

-...depuis quatre, cinq mois...ça va durer combien de temps encore? J'en ai plus qu'assez. Il commence à y avoir trop de risques, et il est hors de question que je mette qui que ce soit de ma famille en danger. Je crois qu'il faudrait le dire aux autorités.

-Moins fort Kibaku...et garde ton sang froid bon sang! Ça durera autant de temps qu'il faudra! Tu sais bien tout ce que nous leur devons...un conseil, calme-toi, sinon tu ne seras plus d'aucune utilité...

-C'est une menace?

L'autre marqua une pause conséquente avant de reprendre.

-Juste un avertissement...alors reprenons nos esprit et discutons de ça à tête reposée. Ce soir, chez moi...

-J'en ai assez entendu comme ça, il n'y a plus rien à discuter...

Quelque chose valsa dans la pièce avant que des pas décidés ne se dirigent vers la sortie, à l'endroit où se trouvait Kumako, en même temps que la femme fut interpellée par une voix teintée d'agressivité.

-Que faites vous ici madame? Ces lieux sont réservés au personnel de l'endroit !!!

La porte s'ouvrit de concert, laissant apparaître un homme irrité qui bouscula la Nara avant de s'excuser et de continuer, non sans avoir refermé derrière lui. Au fond de la pièce, la kunoïchi eu tout juste le temps d'apercevoir un autre type se tenant derrière un bureau rempli de paperasses et autres fournitures et plusieurs armoires à tiroir, contenant sans doute les dossiers de l'hôpital.

Le gars qui l'avait interpellé s'approcha, menaçant, en attente d'explications autant que pour la conduire ailleurs.

Premier jour. Milieu de journée.

Récapitulatif:
 
   
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Les femmes de l'établissement sont gentilles. Elles m'accueillent avec plaisir et s'occupent de moi, la façon dont elles se comportent les unes envers les autres me fait penser à une famille. Elles semblent vraiment proches. Je leur conte "mon histoire" et elles me content la leur. J'écoute et je les plains.
Un client arrive, celui qu'elles n'aiment absolument pas. Il me veut et s'approche. Ici, je n'ai pas le droit de dévoiler mon identité de kunoichi, je ne peux la dévoiler qu'à condition que ma couverture soit percée à jour. Je ne peux donc pas me défendre et je feint la crainte, essayant de simuler des tremblements. Elles ne l'aiment pas et il est violent, il faut que ma réaction soit à la hauteur de la menace bien que ce soit difficile. Je me lève et recule de deux-trois pas avant de trébucher et de tomber en arrière. Par terre, je continue à feindre d'essayer de mettre de la distance jusqu'à ce qu'une femme arrive et menace l'élément perturbateur.

C'est elle, la gérante.

Elle n'a pas eu peur de lui et l'a chassé. Elle est forte, pour une civile. Je l'écoute attentivement, prenant une posture plus adéquate à la communication. Kuina est une femme de valeur, une femme très intelligente et méthodique, en prime. Cela me ferait presque mal de devoir la tromper. Sa façon de penser et la mienne sont proches... J'aurais presque envie de la rallier à notre cause... Mais même si je pense que cette histoire d'esclavagisme pourrait la toucher, il ne faut pas éliminer la possibilité qu'elle se renferme sur elle-même en apprenant que je suis une kunoichi, ce qui serait mauvais. Je m'incline devant la gérante.

- Je vous remercie pour votre hospitalité.

Les autres, regroupées, discutent et évoquent le balafré. J'ai maintenant son nom, Yuzu, et je sais qu'il passera demain à la maison close. Un homme privilégié pour une raison qui m'échappe... Cela m'intrigue...

- Quand à toi prend ces quelques sous et va t'acheter des fringues et tout ce que tu voudras. Je ne veux pas entendre que mes filles sont mal entretenues. Du moins si tu es bien ici pour postuler. Réfléchis bien et reviens me voir quand tu le souhaiteras. As tu d'autres questions à me poser?

Je hoche la tête et m'empare de l'argent que la patronne me tend. Il n'y a pas moyen que je laisse passer cette opportunité.

- Je vous suis infiniment reconnaissante et sachez que vous pouvez compter sur moi pour vous offrir mes services.

Je salue tout le monde, futures collègues et je sors de l'établissement pour filer faire les boutiques afin de me procurer quelques vêtements, bijoux et produits. Il faut que je sois présentable pour Yuzu... Quoiqu'il en soit, en allant au marché, je prends le soin de tendre l'oreille et d'observer la foule. Je ne veux rien louper qui soit susceptible d'être bénéfique à ma mission. Un nom, un lieu, un événement, un objet... Je recherche quelque chose sortant de l'ordinaire caché au beau milieu du brouhaha.

ft. Kameyo & Kumako

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Je souris au petit garçon que j’avais rattrapé au vol. J’avais de l’entraînement avec mes filles. De vraies petites singes qu’il fallait toujours surveiller. Enfin singe… quand on voyait le père c’était logique aussi en même temps. Des vrais animaux. Je rendis l’enfant à ses tutrices avec un sourire. Ces dernières m’invitèrent à divertir les enfants. Pas de problème pour les amuser, c’était aussi amusant pour moi, au moins ils étaient plus faciles à divertir et à concentrer que mes propres filles. Je faisais tout mon possible pour leur faire plaisir et les faire rire. Je les laissais s’approcher, une petite taille ça aide pour les confessions. J’écoutais avec attention le tout petit m’expliquer qu’il y en avait déjà trois qui avaient disparu. Je fronçais légèrement les sourcils sans l’interrompre.

Je relevais la tête surprise vers la femme qui tenait deux petites au niveau des jambes. Des jumelles. Je fronçais les sourcils davantage avant de sourire aux jumelles. Je pouvais pas faire grand-chose pour eux pour l’instant… Je saluais le directeur en hochant la tête pour saluer le directeur avant de répondre.

« Kameyo. »

J’allais taire mon nom de famille bien que je n’en ai nullement honte. Mais quand même. Je suivis l’autre homme sans rien dire, les mains dans le dos en écoutant soigneusement le cœur de l’homme pour m’assurer de ne rien manquer. Je battis vivement des cils et activais l’œil de mon clan en examinant les lieux pour voir si je ne voyais rien. J’observais les photos sans rien dire. Ingratitude ? J’avais comme un doute. Mais… pourquoi pas ? C’était étrange malgré tout. Labo ? Je fronçais les sourcils. Je m’assis en silence face à lui, je n’avais même pas les pieds qui touchaient par terre. Je soutiens son regard sans rien dire. Je secouais doucement la tête.

« Non, je suis une adulte. Je suis venue régler le problème des disparitions, je suis une mère, j’ai deux filles et j’ai été pendant une grande partie de ma vie esclave. Je veux retrouver ces disparus et vous les ramener, ou du moins expliquer ce qu’il s’est passé et protéger les autres enfants. Et… empêcher qu’un commerce d’humain se fasse. Je ne veux pas que vos protégés souffrent de ce que j’ai souffert. Dîtes simplement ce que vous savez sur ces disparitions ou si vous aviez vu, entendu, ou remarqué quelque chose d’anormal avant ces… départs. Dîtes moi juste tout ce que vous savez et je ne vous dérangerais plus. Je ne reviendrais que pour divertir les enfants, ou si j’ai d’autres questions à vous ou des informations à vous communiquer. »


Je soutenais son regard sans rien rajouter. Il me fallait des réponses, et je les aurais.
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La petite vieille avait avancé sereinement dans l’enceinte du batiment, avançant à petit pas feutré, le dos vouté et les mains derrière le dos. Pour peu, elle se serait permise de faire des commentaires déplacés comme le faisait sa propre grand-mère. Mais trop se laisser aller à certains penchants lui aurait fait perdre de précieuses informations. Tout d’abord, la raison des visites à l’hôpital. Pour beaucoup, il s’agissait de ce que Kumako appelait de la bobothérapie : rien qui incitait à se rendre à l’hôpital, surtout au vu de l’état économique des lieux. Pour faire tourner un hôpital, se permettre de soigner de tels banalités, c’était que les finances étaient là. Or, rien dans cette ville ne le laissait sous-entendre. Les soins étaient couteux. Si Kumako était sans scrupule, elle forcerait les autres à la payer pour chaque soin qu’elle portait, elle serait la femme la plus riche du Sekai. Elle garda cette information dans le coin de sa tête alors qu’elle continuait d’avancer. Le plus intéressant resta tout de même la petite discussion que la jeune femme entendit, au bout d’un couloir, après avoir vérifié les appareils médicals. Quelque chose s’était produit il y a de ça quelque mois, quatre ou cinq. Et cela durait depuis. Kumako écouta, d’une oreille attentive, récoltant le plus d’informations possibles et inimaginable. Il y en avait peu.

Très peu. Trop peu. Mais suffisamment pour avancer. Ce soir, il y aurait peut-être une discussion chez l’interlocuteur de ce Kibaku. Si seulement, elle possédait l’adresse. Elle avait le nom de l’interlocuteur mais pas celui qu’elle voulait. Peut-être qu’en regardant plus tard dans les dossiers de l’hôpital … Mais une hypothèse était encore trop intangible. Enfin, ce fut le cas jusqu’à ce qu’un idiot vienne s’interposer. Enfin, il faisait son travail mais tout de même.

- « Que faites-vous ici madame ? Ces lieux sont réservés au personnel de l’endroit !! »

Kumako jeta un dernier regard, scanna l’ensemble de la pièce de ses yeux bleus avant de se tourner vers le personnel soignant, un sourire bien aimable sur le visage alors qu’elle remettait doucement ses bras dans son dos. Après tout, la sciatique était une réalité de la vie des vieilles personnes. Kumako bénissait son iroujutsu qui lui éviterait bien des tourments quand le temps viendrait lui rappeler son devoir.

- « Mah. Vraiment ? » une voix qui partait légèrement dans les aigus, tremblante, nasillarde. Comme sa grand-mère « Je m’en excuse, j’ai du prendre le mauvais virage ? Est-ce que vous seriez bien aimable pour me ramener au niveau des chambres ? »

Reprenant doucement sa marche de petits pas feutrés, suivant l’homme, le cerveau de Kumako réfléchissait à sa prochaine marche de manœuvre. L’hopital était riche, bien trop riche pour que cela soit logique ou colle avec la situation de cette ville. De plus, il y avait ces évènements de quatre cinq mois … Comme la vieille dame, non ? N’était-ce donc pas parfait qu’elle soit elle-même aujourd’hui une vieille dame ? La Nara regarda du coin de l’œil l‘extérieur. Il devait être aux alentours de midi. Cela lui donnait une excuse. Prenant congé de l’homme – non sans l’avoir chaudement remercié, vraiment qu’est-ce que ferait les vieux comme elle sans une jeunesse si serviable – la brunette, pour l’heure argentée, s’avançait vers la chambre de la vieille dame qui était alité depuis quatre à cinq mois.

Coïncidence ? Kumako avait cessé de croire aux coïncidences depuis longtemps.

Toquant à la porte, la ninja pénétra dans la chambre en saluant aimablement de la tête.

- « Bien le bonjour madame. Comment allez vous qui visitent bénévolement les personnes hospitalisées. Pour leur tenir compagnie, leur parler. Les rassurer.[/color] » En tant que médecin, Kumako appréciait grandement ce genre de choses. Alors autant jouer dessus. « Et comme l’heure du repas approche, je me suis dis qu’une petite compagnie vous ferez du bien … vous êtes ici depuis longtemps, de ce que j’ai pu comprendre. »

Allez mamie. Sois bavarde. Lâche tout.

- « Oh. J’aurai dû prendre mon tricot. »


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Le marché

Après avoir offert ses services puis salué ses nouvelles collègues, Towa se dirigea vers le marché en soupesant les piécettes léguées par la gérante de la maison close. Bien peu d'argent en comparaison de ce qu'elle même pouvait habituellement gagner.
Après quelques minutes de marche pendant lesquelles elle put observer de près la misère environnante, bifurquant plusieurs fois dans des ruelles aménagées en dortoirs par leurs occupants, la jeune femme arriva enfin au marché. Ici, rien d'extravagant. Tout juste une quinzaine d'étals, certains ne présentant que de vieilles fringues typiques du coin, accolés à d'autres plus spécifiquement dédiés à l'armement ou a la nourriture, quand le dernier regroupait un ensemble d'ustensiles divers. On pouvait y voir des miroirs, des outils de jardinage, pelles, pioches et râteaux artisanaux, ainsi que plusieurs bâtons de sourciers permettant selon les croyances du coin de repérer les points d'eau à plusieurs mètres à la ronde, du moins si l'on savait comment s'en servir.

A l'affût du moindre indice, de la moindre parole, la kunoïchi surpris la conversation de deux femmes d'une trentaine d'années, plantées devant le marchand de légumes, sans réussir à se décider entre choux fleur et salsifis pour accompagner la purée de pomme de terre qu'elles comptaient cuisiner le soir même.

-T'as entendu la dernière, il paraît que Kuina a encore recruté une fille dans son harem...

-Oh oui, j'ai appris ça y a pas cinq minutes par la vieille Harano, il paraît qu'elle a tout pour se faire une bonne place là-bas...la pauvre, d'après ce qu'on dit, son mari l'aurait frappé avant de la chasser de son village sans un sou, et ensuite elle se serait réfugié ici...en tout cas, on peut dire qu'elle est plutôt bien tombée avec Kuina si elle cherchait un endroit pour se protéger...

-C'est sûr...faut dire qu'avec ses dons pour le combat, elle est un peu effrayante...l'autre jour je l'ai vu cracher du feu sur un type qui refusait de payer. Elle lui a cramer la moustache, lui a pris son fric de force et lui a ordonné de ne plus jamais mettre les pieds chez elle s'il tenait à la vie...l'autre a pas demandé son reste, crois moi...

Décidément, les nouvelles se propageaient à une allure ahurissante à Beheko. Le commérage se poursuivit par diverses futilités pendant lesquelles plusieurs habitants en prenaient pour leur grade, jusqu'à ce qu'une frêle main ne s'agrippe au kimono de Towa.

-Dis gamine...c'est toi la nouvelle pute de Kuina!!? Prononca une voix plus affirmative qu'interrogative.

Cette accroche pour le moins abrupte était le fait d'une vieille femme aux traits rugueux, ne dépassant pas un mètre trente de hauteur et arc boutée sur elle même, qui se tenait derrière un étal de fringues.

-Suis-moi donc la môme...

D'une démarche saccadée elle entraîna la Nara dans un dédale située à l'arrière de son présentoir et donnant sur une boutique beaucoup plus vaste.

-Vu comment t'es nippée, c'est sûrement Kuina qui t'envoie vers moi pour qu'j'te rende plus présentable...

En échange de la monnaie en possession de la kunoïchi, elle la para des plus beaux vêtements en sa possession, ajoutant quelques bijoux aux goûts de la jeune femme.

-Et voilà...tu s'ras parfaite comme ça la môme...t'es sacrément belle tu sais, tu vas faire un malheur...mais reste sur tes gardes si tu veux pas qu'il t'arrive des bricoles...méfie toi de Kuina aussi, elle n'est plus la même depuis qu'elle a rencontré ce type...j'me rappelle plus de son nom...

Alors qu'elle terminait sa phrase, la vieille remarqua que le regard de la ninja était attiré par trois objets un peu particuliers.

-Tu te d'mandes c'que c'est hein gamine? C'est mon trésor de guerre! Deux lots de trois parchemins dans lesquels ont été placés un peu de chakra. Dans le premier lot, il y a un parchemin doton, un suiton et un katon alors que dans le second il y a un parchemin fuuton, un raiton et un doton...mais ils ne sont pas à vendre...

Un silence, puis elle se ravisa.

-...mais tu sais quoi la môme, j't'aime bien alors on va dire qu'tu peux en choisir un parmi les deux...c'est cadeau...


L'orphelinat

Plutôt que de confirmer les doutes de Roishi quand à la présence de l'Akuma ici, elle ne fit que les empirer. Pourquoi lui parlait-elle d'esclavage ou encore de commerce d'humains. Ces mots le firent tressaillir. Etait-elle au courant de quelque chose qui pouvait l'impliquer, alors qu'il s'attendait à un simple contrôle sur le bien vivre de ses résidents. Sa crainte s'amplifia encore un peu plus lorsque son regard se figea dans celui d'une Kameyo dont les pupilles changeaient de forme d'une manière absolument pas naturelle. Cette femme était-elle une kunoïchi? Les yeux avisés de la jeune mère ne purent passer à côté des grosses gouttes de sueur qui se mirent à ruisseler sur le front de l'autre, trahissant ainsi une inquiétude grandissante. Sa voix hésitante trahissait également un manque d'assurance certain quand aux réponses à apporter aux questionnements de l'autre.

-Euh...je...je ne comprends pas de quoi vous voulez parler...je n'ai jamais entendu parler de quelconque commerce d'humains ici...

Arborant une fausse assurance qui ne pouvait masquer sa déstabilisation initiale, il se leva d'un bond hors de sa chaise et frappa violemment le bureau de ses mains, reprenant sur le ton de la colère.

-Comment pouvez-vous vous permettre de nous accuser de quoi que ce soit...mon orphelinat est tout à fait respectable...savez-vous au moins combien d'enfants nous avons recueillis ici pour les faire grandir dans un cadre serein? On va pas tout remettre en cause parce que quelques petits ingrats ont décidé de s'exiler...

A l'affût du moindre détail, l’œil félin de la femme profita de l'envolé de l'autre pour parcourir la pièce de long en large, jusqu'à tomber sur un morceau de papier dépassant d'un dossier sur le coin opposé du bureau. Sur cette feuille, un tableau associant plusieurs noms à des notes de compétences avec la mention ''Labo'' au dessus. Il y avait une note de force, une autre d'intelligence et une dernière d'endurance.

En voyant la kunoïchi s'attarder un peu plus longuement sur ce dossier, il s'empressa de poser la main dessus pour le dissimuler avant qu'elle ait eu le temps de tout détailler. Furibond, il la tança un peu plus franchement.

-Pour qui vous prenez vous pour espionner ainsi sans en avoir demandé la permission avant...je vais vous devoir vous demander de partir d'ici et de ne plus jamais revenir...au revoir madame, je n'ai plus rien à vous dire...

Il laissa doucement glisser ses mains tremblantes sous le bureau afin que Kameyo ne puisse les voir, aux aguets de toute réaction adverse, tout en essayant de garder le plus de contenance possible le regard plongé dans ces pupilles si inhabituels.


L'hôpital

L'homme qui avait surpris la Nara dans le couloir ne sourcilla pas lorsqu'elle lui demanda de la remettre sur le bon chemin. Il la pris même par le bras pour soulager un peu des articulations qui devaient la faire souffrir à un âge aussi avancé. C'est une fois dans l'allée regroupant les chambres des malades qu'il prit congé, la laissant vaquer à ses envies et répondant poliment aux remerciements du henge. Karma ou simple coïncidence, elle se retrouva face à la chambre de la vieille femme qui faisait tant débat un peu plus tôt, ce dont elle s'assura en faisant corréler les informations, tant physiques que situationnelles, acquises au cours de la discussion, avec la personne qui se trouvait face à elle.

Elle pénétra à l'intérieur de la pièce et s'approcha du lit sur lequel la vieille était étendue. La chambre était aménagée avec goût. Plusieurs tableaux représentant des samouraïs étaient accrochés aux murs et de nombreuses plantes investissaient l'endroit. Tout était soigneusement organisé, chaque arbuste taillé, chaque vêtement ordonné dans le placard permettant de les ranger. Sur une table basse, un petit sac en toile de lin fermé par une simple lanière de cuir, apparemment plein à raz-bord et duquel dépassait assez largement une feuille de papier usée et roulée sur elle même.
Sur l'étiquette regroupant l'ensemble des soins médicaux et placée au pied du lit, un prénom, Mizumi, mais impossible de trouver la moindre trace du nom de cette femme, ce qui étonna la Nara. Peut-être la lecture de son dossier lui apporterait-elle un peu plus d'informations sur l'identité de cette dame. A moins qu'elle ne la renseigne elle-même plus précisément.
Sur l'étiquette, Kumako put également remarquer que la femme était traitée pour un problème d'arythmie cardiaque pouvant entraîner l'infarctus à tout moment. Un choc mental violent doublé d'un âge avancé étant apparemment à l'origine d'un état de santé maintenu stationnaire malgré une paralysie partielle. Une batterie d'appareils médicaux tous plus novateurs les uns que les autres étaient harnachés à Mizumi. Appareils respiratoires, drains et autres nécessaires à survie de premier choix.

Finalement, la kunoïchi s'installa à côté de la vieille et lui offrit un peu de compagnie en même temps que son hospitalité. Son intervention ne reçut dans un premier temps que quelques grommellements en guise de réponse, puis peu à peu, la malade tenta tant bien que mal de s'exprimer, d'une voix tremblotante, difficilement audible.

-Yuzu? Djà...m'vieille tête mlade...temps...qu'est-c'l'aut dvient?

Elle marqua un temps d'arrêt, puis ouvrit difficilement un œil en posant sa main gauche sur le bras le plus proche de la Nara, qu'elle palpa quelques secondes avant de pencher la tête dans sa direction.

-Z'êtes pas Yuzu...z'êtes pas Yuzu...z'êtes pas Yuzu...répéta t-elle affolée, en même temps que son cœur s'accélérait.

Dans un effort surhumain, elle fit glisser sa main valide jusque sous les draps pour attraper un petit interrupteur qui déclencha un gong qui résonna dans la pièce et sembla se propager dans plusieurs endroits de l'hôpital. Une sorte d'alarme composée de plusieurs cloches? Sans doute, car la kunoïchi transformé en vieille femme ne tarda pas à entendre plusieurs bruits de pas dans le couloir, tous convergents à la hâte vers sa position actuelle. Kumako allait devoir faire des choix et trouver de bonnes excuses.

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Nara Towa
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Le marché est vraiment un endroit pratique lorsqu'il s'agit de récolter des informations bien que je n'y sois pas dans ma zone de confort. Je surprends une conversation particulièrement intéressante, à propos de la gérante de la maison close. Je fais mine de regarder les produits exposés tandis que je tends l'oreille. Les commères parlent des exploits de la femme. J'avais été témoin de son courage, de sa confiance en elle et de sa force, dans une certaine mesure. J'avais rapproché ses méthodes, sa façon d'être de moi. Cependant, je n'aurais jamais songé qu'elle maîtrise le Ninjutsu, ou plutôt, je n'avais rien de solide qui me permette de penser cela même si mon coeur avait perçu quelque chose. La même affinité élémentaire que moi... Ce ne peut être qu'un signe du destin ! Mais, reste encore à savoir si nous sommes destinées à nous affronter ou à combattre côte à côte car, le monde des ninjas est bien dur et il reste rare de former des alliances avec des inconnus surtout lorsque ceux-ci mentent.

-Dis gamine...c'est toi la nouvelle pute de Kuina!!?

Je hoche la tête puis j'observe la femme qui m'a saisi la manche, avec attention. Je la trouve vraiment petite, mais je garde le silence. Je me contente de l'écouter et de la suivre. Puis, nous faisons un échange : elle m'offre des vêtements pour que je sois plus présentable comme elle le dit si bien et je lui tend l'argent de la patronne.

-Et voilà...tu s'ras parfaite comme ça la môme...t'es sacrément belle tu sais, tu vas faire un malheur...mais reste sur tes gardes si tu veux pas qu'il t'arrive des bricoles...méfie toi de Kuina aussi, elle n'est plus la même depuis qu'elle a rencontré ce type...j'me rappelle plus de son nom...

Je penche la tête sur le côté, le visage interrogateur puisque je me demande, à juste titre, pourquoi elle me conseille de me méfier de Kuina et comment cette femme a pu changer bien que cela semble lié à notre homme mystère, quand je remarque quelque chose d'intéressant : des lots de parchemins. L'habilleuse du bordel accepte de m'offrir un lot malgré sa réticence de départ. Je lui offre un sourire et sélectionne le deuxième lot. Normalement, j'ai d'autres choses à faire, mais je choisis de questionner la femme avant de partir.

- Est-ce que je pourrais savoir en quoi... pourquoi je dois me méfier de Kuina ? Et, que voulez-vous dire par changement ?

Je marque une pause avant de reprendre.

- Votre homme... Est-ce qu'il s'agirait d'un certain Yuzu, un balafré ? Je... Des femmes de la maison en ont parlé mais Kuina est intervenue...

Je reprends, exprimant un sentiment d'incertitude, une certaine réflexion, hésitation.

- Je... Je ne sais pas si c'est correct de vous questionner et je comprendrais que vous refusiez de me répondre, mais... Je... J'ai l'impression d'être un peu perdue... Et... Kuina m'a sauvé, mais... Je ne veux pas avoir à... Placer de faux espoirs en elle...

ft. Kameyo & Kumako

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Akuma Kameyo
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Je n’aimais pas l’odeur de l’homme. Il suintait la peur et l’angoisse. Je voyais les gouttes couler sur son visage et son horrible odeur de transpiration. Je sentis Kokkai se dresser en grondant prête à lui arracher la gorge. Je respirais profondément pour éviter de sortir mes griffes. Il se passait un truc pas net dans cet orphelinat. J’allais le tuer. J’allais le tuer s’il touchait ces gosses, s’il osait les vendre en tant qu’esclave.

« Tue le Kameyo… Tue-le, et fais lui avouer ses crimes en hurlant.
- Non. Il faut attendre. Je le garderais sous surveillance. Et après avoir eut les preuves de sa culpabilité… Je me ferais un plaisir de le faire se pisser dessus de trouille. »

Il croyait vraiment me faire peur ? Les mains sous le bureau… Je posais les miennes dessus et inspirais profondément avant de faire craquer mon cou d’une manière menaçante. Essayez d’être menaçante quand on fait quarante kilos tout mouillé. Je me redressais en le dominant comme je le pouvais avant de siffler en activant mon œil du traqueur. J’aurais pu sortir mes griffes… mais je me contiens. Je soutenais son regard et laissais l’aura de Kokkai se rependre autour de moi.

« Je en vous accuse de rien, et vous n’avez jamais entendu parler ? Sourd quand on veut ?. Si vous vous sentiez coupable et agressé par de simples suppositions… peut-être que c’est parce que vous êtes coupable. Vous suintez la peur… Est-ce que quelqu’un vous ferez chanter pour avoir des enfants ? Peut-être qu’ils les utilisent pour des combats d’humains. Sinon jamais il n’y aurait ces notes sur les capacités de ces gamins. Je vous laisse une chance de m’expliquer… et si vous n’êtes pas coupable, vous n’avez rien à craindre de moi… »

La menace s’il était coupable était à peine voilée. Le découper ne me ferait pas peur. Les Samouraïs avaient tenté de tuer mon humanité. Ils risquaient d’être déçu face à ce que je pouvais faire pour me venger.
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