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La chute d'un espoir ft. Ao - Sayuri - Shika

Yamanaka Ao
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  • Yamanaka Sayuri
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La chute d'un espoir
J’ai cogné avant d’entrer, comme à mon habitude; j’avais déjà préparé mes affaires pour partir, plusieurs tenues de rechange et des petites provisions. C’est une mission qui s’étendra probablement sur plusieurs semaines, alors j’ai pris de quoi me rendre sur place et pouvoir y rester un petit moment. La connaissant, elle devait avoir fait pareil. J’ai limité un peu mon arsenal pour pouvoir voyager assez léger et sans risquer d’accrocs en chemin.

J’ai dit aurevoir à mes parents, je suis passé m’occuper du jardin de fleur une dernière fois avant de partir, j’ai pris le temps d’organiser mes affaires au bureau. Cette fois, je pense être prêt à partir, et même si j’ai une petite boule au ventre, signe d’inquiétude, je me rassure à la voir répondre à l’appel. Je n’ai même pas eu à entrer, elle a fini par m’ouvrir. «Je suis prêt à y aller. Tu es prête aussi?»

***

En route pour la sortie du domaine, je prends le temps de garder en mémoire chaque petit détail. Ça fait longtemps que je n’ai pas participé à une mission de cette envergure, aussi loin de chez moi. Je n’en ai pas perdu l’habitude, pourtant le stress me prend de court. En marchant, à sa suite, je finis par cracher; «Il faudra aller chercher Shika, aujourd’hui. Je suis allé le voir il y a dix jours, pour demander s’il avait quelqu’un à envoyer avec nous. Il a choisi de nous accompagner; j’ai pensé que c’était une bonne idée puisqu’il est médecin, et son utilité n’est plus à prouver depuis longtemps.» Pour un petit moment, j’ai arrêté de parler, juste pour penser un peu de mon côté. On descend la montagne, peu à peu, pour retrouver la forêt.

Après m’être assez penché sur la question, je finis par communiquer ce que je pense, pour obtenir un avis et établir à l’avance un plan d’action, histoire que nous soyons bien sur la même longueur d’onde.«Pour le déroulement de la mission et notre arrivée à Tetsu, comment tu veux procéder? Une fois entrés, dans la capitale, je me suis dit que le mieux serait de simplement se fondre dans la population pour une semaine, peut-être deux, à voir comment ça se passe dans les alentours. Connaissant Shika, je pense que ça risque d’être toi, l’exécutrice de Tatsui, surtout puisque c’est en plein dans ton champ de compétence. De mon côté, j’essaierai de m’approcher de la pègre, de trouver des informations sur lui, de quoi faire basculer sa légitimité. Pour ce qui est de Shika, je ne sais pas encore ce qui serait le mieux. Je ne sais pas comment on devrait se séparer, mais je pense qu’au moins, je ne devrais pas être à tes côtés trop souvent, et que ça serait mieux que je traîne surtout avec Shika, pour éviter que tu ne te fasses remarquer indirectement à cause de moi. Mais encore, il serait peut-être mieux que Shika soit séparé de nous aussi, qu’on ait l’air de ne pas vraiment se connaître..?»

C’est sur ce dernier point que j’hésite; si Sayuri est l’exécutrice pendant que je tire les ficelles dans l’ombre, Shika devrait normalement être ma protection contre le danger. Ça me semble être le plus judicieux, surtout si je compte me faire passer pour un nouveau poisson dans l'étang qu'est le milieu du crime et l'antre des trafics et autres affaire "honteuses".

***

On finit par rejoindre le domaine des Nara, où je me permets d'entrer, en passant devant la première maison de l'endroit, celle où j'ai revu la mère du chef. Je m'avance assez lentement, en guidant mon amie jusqu'à la bonne porte. Je frappe, deux petits coups pour commencer. Il n'est pas très tôt, il ne devrait pas dormir.

«Shika? Est-ce que tu es bientôt prêt? C'est Ao, on t'attend pour partir!»

Mission rang A – Chute d’un espoir // Ao, Sayuri, Shika
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Yamanaka Sayuri
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La chute d'un espoir

Nara Shika, Yamanaka Ao et Yamanaka Sayuri

Mission de rang A 







Tu t’es préparée des mois durant pour une mission de cette envergure. Enfin, on te donne une mission à ton niveau. Tu trépides à l’idée de d’enfin faire quelque digne de ton temps et de ton talent. Ton est prêt, en fait, il est sur le pas de la porte depuis que l’assignation de la mission. Tu n’attends que ton équipier faisant l’inventaire de tes poisons et affutant tes armes avec impatience.  Lorsqu’il arrive, tu saisis ton sac et hoche la tête. Bien sûr que tu es prête.

Sur le chemin, Ao t’informe de la présence de Shika. Un autre hochement de tête, celui-ci confirmant que tu as bien compris l’information donnée. Le voyage n’est pas très long avant d’arriver au domaine Nara. La dernière fois que tu as vu Shika, tu avais plus ou moins dix ans et, depuis, tu avais changé, tellement changé. Ce qui te fait t’arrêter, te questionner. A-t-il changé autant que toi tu l’as fait. Tu verras bien en arrivant.

« Effectivement, se séparer semble la meilleure idée. Mais nous serons trop loin pour communiquer. Je ne pourrai pas intervenir rapidement si un problème se pointe. Il faudra que toi et Shika vous vous démerdez. Mais c’est, d’après moi la meilleure solution. »

Lorsque vous arrivez, tu suis Ao, te permettant de regarder partout, d’un air curieux. C’est la première fois que tu vas dans le domaine de ce clan après tout et tu es surprise de constater à quel point cet endroit est différent du domaine dans lequel tu as grandi.

Tu attends que Shika vous ouvre la porte. Il faut partir et bientôt si vous désiriez atteindre l’auberge que tu as prévue avant la nuit. Normalement, si tout allait comme prévu, le voyage ne durerait qu’une poignée de journée. La mission par contre, sera une mission de patience, d’observation, de séduction peut-être, dépendamment de la cible en soit. Tu le traqueras, l’étudieras, tu trouveras chacune de ses faiblesses pour t’en resservir contre lui, du moins c’est ce que tu as prévus.

Tu élabores déjà quelques plans dans ton esprit. Mais ils ne sont que des ébauches, car, après, n’étant pas sur place, tu ne sais pas exactement quelles seront les circonstances.  





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La chute d'un espoir


-Ça y est, c'est le grand jour, en route pour Tetsuuuuuuu!

Sans mal, tu ouvres les yeux d'un coup, te redresses sur les fesses tel un ressort, puis t'étires à grands renforts de bâillements, tandis qu'un rayon de soleil traverse la lucarne de ta chambre pour venir t'éblouir. Ça fait un petit bout de temps que tu la prépares cette mission. Dix jours officiellement, mais une éternité dans ta tête. Depuis que tu as accompli ta vengeance à dire vrai, soit un peu plus d'un an. Bien sûr, tu as rendu quelques services rémunérés entre temps, mais aucun ne relevant de ce que tu considères comme étant une réelle mission ninja. L'infiltration. L'assassinat discret, ou sournois selon les points de vue. Bien que tu refoules désormais allègrement cette partie là de ta personnalité, préférant réorienter ta vie et tes ambitions différemment, elle n'en est pas moins inscrite dans tes gènes. Elle représente tout un pan de ta vie dont tu ne peux faire totalement abstraction.

Matraquant tes joues de petites claques pour achever ton réveil, ton regard se plante sur une tenue étrange accrochée à un cintre dans la penderie et reflétant la lumière un peu partout dans la chambre. Ao s'est pointé il y a dix jours et ce n'est finalement que tard dans la soirée d'hier que tu as terminé cet équipement des plus singuliers, réalisé en l'honneur du territoire sur lequel vous vous rendez. Tu étires un grand sourire de satisfaction en le contemplant. Il fait parti de tes préparatifs en plus des techniques apprises pour l'occasion et des makibishis achetés chez Yakari Nara, un original du clan qui en plus d'être affublé d'un bandeau frontal en tissu agrémenté de quelques plumes, fait également office de marchand d'armes pour le clan. Il n'a en effet pas son pareil pour récupérer les armes les plus affûtées sur les corps de ses victimes . Malgré la désapprobation parentale, tu as confié les clés du clan à ton père et au conseil qu'il représente, en leur recommandant de s'appuyer sur Towa au besoin.

Desserrant l'étreinte autour de ton drap, tu sors du lit et prends la direction de la penderie pour récupérer l'apparat de ta création afin de l'enfiler pour le montrer à tes camarades Yamanaka, lorsque plusieurs coups frappés avec fermeté sur la porte d'entrée font trembler les murs. Ao-kun? Sayuri-chwan? Déjà? Ils sont en avance dis donc. Curieusement, la porte s'ouvre sans que tu n'en ai donné l'autorisation. Rien de très rassurant généralement, ce qui est confirmé quand à ton grand désarroi, la voix de ta mère retentit avec la grâce habituelle dont elle fait preuve.

-SHIKAAAAAAAAAA...mon imbécile de fils! Où es-tu? J'ai deux mots à te dire...

Tu t'empresses d'enfiler ta tenue et de récupérer un long morceau de bois, travaillé par tes soins, taillé en pointe et légèrement incurvé, avant de rejoindre le petit jardin jouxtant le mur extérieur de ta demeure et sur lequel tu as disposé en triangle, trois mannequins en bois récupérés auprès d'un marchand ambulant.

-SHIKAAAAAAA...pas la peine de te planquer, je sais que tu es là!!! Alors montre-toi!!!

Non mais sérieux, elle compte te casser les oreilles encore longtemps avec ses braillements. Par jeu autant que par désinvolture, tu gardes le silence, si bien qu'il faut quelques minutes à Tami pour te localiser. Inutile de dire que l'effort nécessaire à ses recherches n'a rien fait pour calmer ses envies velléitaires. Agitant son poing au-dessus de sa tête comme pour indiquer son envie de t'éclater la mâchoire, elle se fend d'un regard noir à ton encontre.

-Bordel Shika! C'est quoi cette histoire de mission? Tu comptais me prévenir quand tu serais parti? Tu es maintenant le chef de ce clan je te rappelle! LE CHEF DE CE CLAN!!! Tu comprends bien ce que ça veut dire???

Papa a sans doute fini par cracher le morceau. Mais tu ne lui en veux pas, il n'a jamais été très doué pour dissimuler des infos à ta mère. Ou peut être est-ce elle qui est particulièrement douée pour lui tirer les vers du nez. Toujours est-il que rien que le fait qu'il ait tenu jusqu'à aujourd'hui relève du véritable exploit.

-Sérieusement, Shika, t'as des responsabilités...oui oui...DES RESPONSABILITÉS...je sais bien que c'est un mot qui ne te parle pas beaucoup, mais crois moi que tu vas poser ton cul et en écouter la définition s'il le faut...et c'est quoi cette tenue ridicule? Le mot discrétion t'est également étranger?

Bien que ses remontrances t'exaspèrent au plus haut point, tu sais bien que l'excuse de la responsabilité n'est qu'une façade pour exprimer son inquiétude de te voir partir à nouveau. Tu es son fils, et pendant huit ans elle ne t'a pas vu, pleurant ton absence jour après jour en se demandant si tu n'étais pas en train de gésir quelque part.

Tu la laisses s'époumoner plusieurs minutes sans rien dire, concentrant ton attention sur les mannequins que tu frappes inlassablement à l'aide du bâton, dans plusieurs mouvements malhabilement empruntés au utilisateurs de sabres. Enfin, après un semblant d'entraînement, tu déposes le bout de bois au sol, t'éponges le front d'un revers de manche et te retournes vers elle avant de la prendre dans tes bras au beau milieu d'une de ses tirades.

-Ne t'en fais pas maman, tout ira bien...

Des larmes roulant contre ses joues maternelles, tu l'enlaces ainsi plusieurs secondes, puis la relâches pour la laisser respirer.

Reniflant légèrement, elle tente d'articuler.

-Shika...promets...promets-moi que tu reviendras vite et en bonne santé...as-tu au moins idée de ce que nous avons ressenti ces huit dernières idées?

-J'en ai conscience oui...et je te le promet...

Reprenant ton sourire tu poursuis.

-Et ça, c'est une armure de samouraï...et ouais...enfin, pas une vrai, c'est surtout esthétique, mais ça claque tu trouves pas?

Il t'avait donc fallut dix jours pour la fabriquer. Pour ce faire, tu avais récupéré un ensemble de planche de bois assez fine que tu avais taillées, percées, puis recouvertes d'aluminium avant de les assembler les unes aux autres grâce à une corde glissée dans les trous prévus à cet effet. Si l’œuvre final n'assurait bien évidemment aucune protection, elle n'était pas dénuée d'un charme qui faisait ta fierté et tu comptais bien en faire la surprise à tes amis Yamanaka.

Si Ao subodore peut être quelque chose du genre venant de toi, cela fait tellement longtemps que tu n'as pas vu la petite Sayuri que tu te demandes comment elle accueillera la chose. Est-elle toujours la même? Cette gamine maladivement timide et toujours à fleur de peau? Elle a sûrement bien grandi, et il te tarde de voir la kunoïchi qu'elle est devenue. Quand on parle du loup. Quelques coups retentissent à nouveau contre la porte. Reprenant de la contenance, Tami se redresse et te lances un dernier regard empreint de toute son amertume avant de détourner les talons, entrer dans la maison et se diriger vers la porte d'entrée qu'elle ouvre pour voir apparaître un jeune homme déjà rencontré et une femme aux cheveux roses.

-Si c'est mon crétin de fils que vous cherchez, c'est par là-bas! Vous traversez le salon, puis il y a une porte au bout du couloir qui mène sur le jardin...sachez jeunes gens que je désapprouve totalement de le voir quitter cet endroit! Vous avez intérêt à me le ramener vivant...

Un énième regard sombre à leur encontre avant de filer et réunir le reste de la famille afin de te dire au revoir comme il se doit. Tes coéquipiers ne mettent pas longtemps à te rejoindre. Tu restes volontairement de dos pour ne pas dévoiler tout de suite ce que tu considères être une création géniale, puis après les avoir fait suffisamment patienter, tu t'armes du bâton posé au sol et te retournes.

-TADAM...alors, qu'est ce que vous en pensez les Yamanaka ? C'est pas une pure merveille ce déguisement? On dirait pas un vrai Tetsujin? Regardez, j'ai même une imitation sabre...vous voulez savoir comment j'ai fait?

Alors que tu t'apprêtes à te lancer dans un long monologue, tu marques un temps d'arrêt sur la petite fille à présent devenue une femme. Son visage semble marqué par les épreuves. Celles-là mêmes sans doute que tu lui redoutais lors de votre première et dernière rencontre.

-Ao-kun, Sayuri chwan. Oh là là, mon ange à bien grandi....

Tu adresses à la fille un sourire un peu plus appuyé qu'à Ao que tu as fréquemment croisé ses derniers temps.

-Ca me fait plaisir de vous voir ici. J'ai tellement hâte de partir en mission. On va voir si je ne me suis pas trop rouillé depuis la dernière fois...et donc, pour cette armure improvisé, voilà comment j'ai fait...

Allant de digressions en digressions, pendant deux minutes, tu les assommes d'un flux ininterrompu de paroles. Ça ne paraît pas comme ça, mais deux minutes en continu, c'est long, très long. Trop long pour beaucoup. Une fois ton monologue terminé, tu leur demande de patienter encore un instant le temps que tu récupères tes affaires, en t'apercevant que l’entrain mis dans ta création t'as complètement fait oublié de préparer tes affaires. Au plus vite, tu regroupes quelques fringues que tu insères dans ton sac à dos, avant d'y ajouter une dose de salvia divinorum suffisamment importante pour tenir un bon mois, ainsi qu'une bouteille de saké pour passer le temps sur la route plusieurs morceaux de guimauve que tu espères bien faire flamber autour d'un feu pendant les pauses nocturnes que vous vous accorderez. Bien sûr tu t'équipes de ton arsenal, ton regard s'illuminant en ajustant la poche réservée aux makibishis nouvellement acquis. Enfin, tu les rejoins, sac sur le dos.

-Les makibishis, c'est la vie...aller, désolé de vous avoir fait attendre, c'est parti.

Vous traversez tout le domaine pour en atteindre la sortie. Ton père, ta mère et Ranmaru ton petit frère t'y attendent. Ce dernier se rue sur toi et te saute dans les bras.

-Nii-san, rappelles toi, tu m'as promis de m'entraîner, alors reviens vite...

Il serre ses petit bras autour de ton cou jusqu'à t'étouffer, ne voulant plus te lâcher. C'est toi qui le repose finalement au sol en posant tendrement ta main sur sa tête avant de t'accroupir à sa hauteur.

-Je reviendrais Ranmaru, je te le promet...pointant d'un doigt les Yamanaka...tu vois ces deux là...ce sont des shinobis vraiment balèzes, avec eux il ne peut rien m'arriver...prends soin de maman et de papa pour moi...

Tu déposes un baiser sur son front puis te redresses. Il est temps. Après un dernier salut pudique, tu quittes l'enceinte du domaine, accompagné de tes coéquipiers, sans réellement savoir dans combien de temps tu pourras de nouveau fouler le sol d'Inari.

Encombré de ta fausse armure de samouraï, tu progresses plus difficilement que d'ordinaire, et si tes sourires sont sensés faire office d'anti dépresseur pour ceux qui t'accompagnent, le bruit fait par l'entrechoquement des plaques de bois entre elles risque d'avoir raison de leur patience. Les rejoignant à la hâte après avoir fait une pause pour observer le jaunissement inhabituel des feuilles recouvrant certains arbres, tu te glisses pile entre les deux, passant tes bras par dessus leurs épaules.

-Alors Yamanaka team? C'est quoi votre idée pour cette mission? Et toi Sayuri-ange, raconte moi un peu ce qui t'es arrivé depuis tout ce temps? Tu m'as l'air d'avoir bien changé...

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La chute d'un espoir


La colère légendaire d'une mère prise de court... je connais bien. Je le vois dans ses yeux, dans son ton avant même qu'elle n'ait à le dire; si je ne connais pas tous les détails de la vie de Shika, je suis bien au courant de son voyage. Très au courant.

Mes oreilles bourdonnent encore depuis la dernière fois où j'ai pensé à lancer la discussion avec lui à ce sujet. J'écoute le petit monologue de maman Shika, et je suis prêt à y répondre. Je me souviens de l'avoir déjà entendu, quelques fois, du fin fond de mon jardin, et je n'aurais jamais cru être un jour le Yamanaka qui aurait à répondre à ses paroles glaçées. «Ne vous en faites pas, je compte bien le ramener entier et sans blessures. D'ailleurs, c'est bien pour ça que je lui ai demandé cette faveur; je connais bien ses capacités et je sais ce dont votre fils est capable, mais s'il en vient à agir comme un con, je lui remettrai du plomb dans la tête pour vous. Ayez ma parole.» Elle finit par partir en nous laissant entrer, ce qui ... semble être un bon signe?

«Shika?»

Il finit par répondre, mon regard finit par se fixer. Il se retourne, je n'en crois pas mes yeux. Je croyais avoir vu beaucoup d'armures de samouraï dans ma vie, mais il faut croire que, malgré toute mon expertise, je n'étais pas prêt à voir une telle... une telle... une telle. Si l'intention y est, et la créativité du même coup, l'exécution n'est pas là. Je me retiens d'y porter plus ample attention, courbant un peu la tête.

Ange, hein...

Je regarde ailleurs en souriant comme un abruti, laissant Sayuri gérer la situation. Oh, s'il savait ce que je sais...

Puis vient la séance mandatoire et inesquivable du pourquoi du comment du quand du mais si j'avais et puis pourquoi pas et alors ça. J'attends en écoutant à moitié, incapable de fourrer autant d'informations dans cette matière coincée dans ma boîte crânienne. «Prends ton temps, on t'attend ici!» Après m'avoir lancé une migraine à la gueule, il finit par courir récupérer ses affaires. Je prends une grande bouffée d'air et sans même regarder Sayuri, je sens l'aura venimeuse dans mon dos qui dit "tiens. tu l'as voulu, eh bien tu l'as eu."

***

Les adieux se font rapidement, mais de manière très touchante. Ça ne fait qu'en rajouter plus sur les épaules des belles paroles que j'avais lancé un peu plus tôt. J'avais dit ça seulement pour calmer Maman, moi, pas pour finalement avoir à m'ajouter un objectif secondaire qui s'annonce, à la vue et au son du bardas cliquetant, plus impossible que d'avoir cinq minutes de paix dans le bain de la maison familiale quand maman veut se préparer parce qu'elle reçoit des invitées en soirée.

Un jour, ça me tuera.

Et puis qu'on se le dise franchement, ce qu'il a dit au petit sur notre duo est loin d'être réaliste; Sayuri est bien la seule à être "balèze", et je sais qu'elle peut mener à bien cette mission sans mon aide. Je ne fais que mon travail; ma seule responsabilité est d'éviter les embrouilles et d'assurer que tout se passe assez bien pour donner le champ libre à Sayuri.

Si j'arrive assez difficilement à ignorer les bruits du tas de ferraille et d'arbre mort rapiécé par de la magie tenant entre du cordage et beaucoup de courage, je sens que je suis sur le point de craquer. J'essaie de résister, mais c'est très dur.

... Cette cochonnerie est coincée dans mes cheveux.

J'essaie discrètement de libérer mes mèches coincées dans le cordage qui pend sur l'épaule de Shika, sans devoir trop l'obliger à bouger; je ne veux pas le froisser non plus, mais si cette saleté ruine tous mes efforts de féminité en un mouvement de bras, même Jashin sera plus clément.

Ange, une seconde fois. À la demande de détails (et ce moment relativement mal placé pour s'enquérir du passé d'une ninja orpheline entraînée à tuer), je fais tout en mon pouvoir pour répondre, et éviter à Sayuri de se divulguer ainsi. Pas que ça soit un problème pour elle, mais dans l'état des choses, il vaudrait mieux attendre.

L'état des choses étant que Ça tire bordel, Ça tire!

«On en parlait avant (...aie) d'arriver, et on s'est dit que ça serait efficace de laisser Sayuri gérer... (aie) la disparition de la cible, pendant que toi et moi (...aie) on s'occuperait de surveiller la pègre et la milice pour essayer de trouver des informations (aieaieaieaieaie putain d'merde) et discRÉDITER LEMONSIEURSHIKAENLÈVECETTECOCHONNERIE TOUT DE SUITE.» J'agrippe rapidement son bras d'une main, et mes cheveux coincés de l'autre, signe qu'il ne doit pas tirer. J'essaie tant bien que mal de ne pas tirer moi-même et en vinir vite, et je finis par me libérer.

Je finis par me retourner en replaçant ma couette comme il faut, puis je continue: «c'est pas que c'est une mauvaise armure, hein, mais au point où on en est, est-ce que tu en as besoin tout de suite?»

J'attends de voir ce que Sayuri compte ajouter, essayant quand même de prouver mon point et de convaincre Shika d'enlever son armure faite à la main pour au moins éviter qu'un de nous ne meure en chemin, soit par migraine aiguë, soit par scalpage accidentel, soit par accident malencontreux au bord d'un ravin. «On en a pour longtemps avant de rejoindre l'empire, c'est pas la porte à côté. Tu comptes garder ce machin sur toi tout le temps?»

... Et puis merde.

Je me mets à tirer sur un coin de l'armure de fortune, vers le haut pour forcer les bras de l'homme à se lever et sa tête à passer le collet, qu'on en finisse vite. «Sayuri, on lui enlève ce machin! Aide-moi, attrape ton côté!»

Mission rang A – Chute d’un espoir // Ao, Sayuri, Shika
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La chute d'un espoir

Nara Shika, Yamanaka Ao et Yamanaka Sayuri

Mission de rang A 







À votre arrivée c’est la mère de Shika qui vous accueille, vous démontrant tout son amour maternel sous quelques insultes et paroles brusques, mais son commentaire, malgré toute la hargne est bel bien celui d’une mère inquiète. Étrangement, tu n’es pas surprise qu’un homme comme Shika ait ce genre de mère.

Shika … Ce nom est l’écho même de temps révolu depuis longtemps. Rappelant vaguement à quel point tu étais faible, inutile, à quel point tu dépendais d’autrui pour simplement être. Ce nom t’évoque une époque où tes mains n’étaient pas encore rouges, ou tu exprimais librement tes émotions, où tu espérais encore voir ta mère franchir le pas de la porte. Ce nom à lui seul te ramené devant une toi quinze ans plus jeunes, faite de porcelaine, effrayée de tout ce que peut contenir le monde.

Ô comme tu as changé. Est-ce que lui aussi à changer à ce point ? Probablement, il est maintenant le chef de son clan, il n’est probablement plus l’enfant espiègle que tu avais connu. Un pincement au cœur. Comme ce métier est doué pour radicalement changer une personne, lui arracher la lumière de son regard, la tâcher d’un millier de pêchers.  Évidemment, pas tous ne marchent dans tes traces, mais tu n’arrive pas à concevoir un ninja pur et innocent, pas avec la mort, la destruction, la violence de ce métier.

Toi Ao traverser la maison, suivant le chemin qu’a expliqué la femme pour rejoindre le jardin où vous rejoignez votre équipier. À peine arrivez-vous que Shika vous montre ce sur quoi il semble avoir passer plusieurs heures …

Peut-être n’avait-il pas changé finalement. Cette idée ne te semble pas vraiment être pour le mieux. Mais tu te contentes de le fixer, sans laisser transparaître sur ton visage tes pensées. Tu laisse Ao gérer la situation, de toute façon, le relation inter-clan son de son ressort pas du tien.

Mais tu ne peux jouer ce jeu lorsqu’il t’interpelle directement, t’appelant par le ridicule surnom qu’il t’avait donné il y a de ça si longtemps. Il s’en rappelle. Il n’a pas oublié la petite fille qui avait peur de tout, même de son ombre, dont la peur du rejet la dévorait toute entière. Il se rappelle la fillette qui attendait avec impatience le retour de sa mère … non, il ne faut pas se laisser envahir pas ici, pas maintenant.

Puis il enchaîne dans un flot ininterrompu d’explications … de mots que tu n’écoutes en réalité aucunement attendant simplement que l’instant passe que la discussion devienne sérieuse de nouveau pour ensuite assister aux au revoir du chef Nara avec sa famille. À chaque que tu vois une scène de genre, tu détourne les yeux. Ta mère ne t’avais pas dit au revoir avant de partir et tu sais que tu en veux à l’univers pour te l’avoir arrachée cette seule fois où elle ne t’avait pas bordée te disant qu’elle reviendrait rapidement. Alors, assister à ses moments te laisse toujours un peu amère, te fais mordre l’intérieur de ta joue, détourner le regard.

Sur le chemin, le son de l’armure t’énerve, mais tu l’ignores, de toute façon, tout t’énerve, mais ayant l’habitude du comportement légèrement déraisonnable de ton équipier, tu penses pouvoir supporter ce désagrément plus longtemps, mais la réaction d’Ao te convainc que non. Il exige que Shika retire l’armure te demandant même de l’aide pour le déshabiller. Tu soupires et secoues la tête. Non, ça ne commence pas. Pas maintenant. Première fois que tu ne prends pas la parole depuis que vous avez rejoint Shika et tu lui lance déjà des bêtises :

« Je crois que de te faire passer pour un samouraï ne nous entraînera que de l’attention supplémentaire … si on doit te demander de te battre avec un sabre, y arriverais-tu ? Si non, cette idée est ridicule. »

Il n’est pas question de mettre la mission en danger. Tu refuses catégoriquement que la situation dégénère avant même d’arriver sur les lieux de la mission. Ton regard bleu clair se pose sur le Nara, ton visage entièrement fermé tu le regarde avec insistance sans bouger. Tu ne bougeras pas de ta position tant qu’il ne retire pas son armure. Bras croisé, tapant rapidement du pied, même ta position, montre ta réticence face à l’objet fait maison.

Tant pis pour la cordialité.  





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Sayuri en regardant Ao et Shika à la fin du poste:
 


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La chute d'un espoir


«On en parlait avant (...aie) d'arriver, et on s'est dit que ça serait efficace de laisser Sayuri gérer... (aie) la disparition de la cible, pendant que toi et moi (...aie) on s'occuperait de surveiller la pègre et la milice pour essayer de trouver des informations (aieaieaieaieaie putain d'merde) et discRÉDITER LEMONSIEURSHIKAENLÈVECETTECOCHONNERIE TOUT DE SUITE.»

Tandis que tu écoutes tranquillement le plan énoncé par Ao en acquiesçant l'acceptabilité de celui-ci, le ton de sa voix change subitement, laissant poindre l'euphémisme d'un soupçon d'agacement. Il te fait sursauter le con, ton armure tirant un peu plus sur sa tignasse dans le mouvement. Oh merde. Ses cheveux. Malheureux, tu le sais bien pourtant qu'il ne faut pas toucher aux cheveux d'Ao. C'est l'un des trucs qui le rend nerveux, et l'un des rares qui peut lui faire péter les plombs.

-Woh woh wooooh...Ao san, gomen gomen...dis-tu en t'inclinant maladroitement, ce qui a pour effet de tirer un peu plus sur la mèche coincée, en offrant un mouvement symétrique de balancier des plus ridicules entre vous deux.

-Rrraaaaa, merde...Shika pas bouger on t'a dit...mais bon Ao-san, quelle idée de crier comme ça aussi...ça m'a fait peur à moi...et euh...dis-moi, j'ai rêvé où t'as utilisé le terme cochonnerie pour décrire mon armure?

Devant son absence de réponse immédiate, enchaînée par une tentative approximative de rattraper le coup en justifiant que ''ce n'est pas une mauvaise armure mais...'', tu es maintenant sûr que c'est bien le mot cochonnerie que tu as entendu. D'une moue boudeuse, tu croises les bras et détournes la tête en bombant fièrement le torse, menton relevé, au moment même où il tente de s'assurer le soutien de Sayuri pour t'enlever l'armure. Après avoir un instant résisté en gardant les bras croisés, tu te retrouve désormais comme un con, une main tendue vers le ciel.

-Sache môssieur Ao, que j'ai passé des heures à faire ce costume en espérant qu'il vous plairait, que tu voudrais peut-être même l'essayer, et voilà ce que j'ai comme récompense? Une cochonnerie...sans déconner, une cochonnerie...

Sous l'effet de la colère tu es à deux doigts d'ajouter un ''pourtant t'aimes bien te déguiser toi, non?", mais tu t'abstiens, de peur de trop froisser ton camarade spécialiste en gengutsu. Heureusement pour tout le monde tu es le contraire de la rancune et disposes de cette capacité étonnante à passer très rapidement à autre chose. Ce que tu fais en entendant les premières paroles décrochées par Sayuri. Il faut dire que tu commençais à te demander si elle n'était pas devenue muette depuis tout ce temps. Certes elle n'était déjà pas bavarde à l'époque mais elle trouvait malgré tout le temps de décrocher quelques mots entre deux crises larmoyantes. C'est donc avec satisfaction que tu accueilles la mélodie de son timbre de voix, en lui octroyant un grand sourire amical. A dire vrai tu espères même qu'elle va te défendre. N'est-elle pas ton ange après tout même si cela relève plutôt de tes lubies d'enfant que d'une réalité présente?

«Je crois que de te faire passer pour un samouraï ne nous entraînera que de l’attention supplémentaire … si on doit te demander de te battre avec un sabre, y arriverais-tu ? Si non, cette idée est ridicule.»

Ton sourire conquis est de courte durée, un rictus blasé s'installant à sa place. Elle te lâche elle aussi. D'une voix finalement plus grinçante que mélodieuse et son visage ne laissant transparaître aucune émotion, ou presque, et ce depuis le début de votre voyage. A t-elle perdu ses ailes? Son auréole? Le temps a t--il finalement apporté à la petite Sayuri ce qu tu craignais le plus pour elle à cette époque? Le monde shinobi l'a t-il transformé en démon? Tu lâches un regard triste dans sa direction en pensant à cette couronne de fleur, à cette gamine en apparence si pure, bien que pleine de doutes, que les aléas de la vie ont semble t-il amochée pour faire d'elle la kunoïchi qu'elle est aujourd'hui. Cela ne fait que te conforter dans ton idée qu'il ne faut pas laisser les jeunes pousses entre les mains de n'importe qui. D'un air dubitatif, tu tournes plusieurs fois la tête de l'un à l'autre des Yamanaka pour t'enquérir de leur degré de tolérance actuel. Manifestement il est au plus bas.

-Bon ok ok...tu peux me lâcher Ao, je vais l'enlever cette armure...à moins qu'en fait tu sois jaloux et veuilles juste me la prendre...poursuis-tu malicieusement.

Si enfiler la protection improvisée est un jeu d'enfant car il suffit de la laisser glisser par dessus la tête, il te faut trois bonnes minutes pour réussir à t'extraire de ce corset, tes bras s'empêtrant allègrement ici et là entre les différentes plaques. Mais enfin ça y est, te voilà redevenu un shinobi, délivrant à tes comparses une mine déçue de devoir quitter ton habit de samouraï. Alors que vous reprenez votre route, tu ne peux t'empêcher de t'approcher d'Ao pour lui murmurer à l'oreille quelques mots.

-Dis Ao-san, elle est toujours comme ça Sayuri? Ou alors c'est clone? Non parce que là je ne la reconnais pas... elle a tellement changé...termines-tu dans un soupir de dépit.

Le reste du trajet se passe sans encombre notable, les Yamanaka continuant de t'exposer le plan établi que tu approuves en grande partie même si tu notes l'absence de toute forme ludique. Mais après tout c'est une mission d'un rang élevé qui vous a été confiée, et tu sais bien qu'une fois dans l'action, ton masque d'assassin reprendra naturellement le dessus sur celui de l'enfant que tu t'efforces de rester le plus possible afin d'éviter d'être confronté aux affres de ton destin de ninja.

Tetsu n'est pas si loin que cela, mais vous jugez qu'un pause s'impose lorsque la nuit commence à tomber au dessus du territoire de Beheko situé dans l'enclave. Peut être aura tu la chance d'y croiser Towa et Kumako qui y ont été envoyées en mission il y a peu. Défaisant ton barda, tu gères la préparation du feu et l'installation du campement en sécurisant le tout par la mise en place des trois parchemins du Sanfu kekkai de manière triangulaire, puis demandes à tes coéquipiers s'ils sont d'accord pour s'occuper de la chasse. Un ninja se doit d'avoir le ventre plein pour réfléchir correctement. Tu sors ta bouteille de saké, celle de rhum, mais également  une bouteille de jus de fruit, produit par tes soins en récoltant quelques baies rouges dans la forêt d'Inari, après t'être rappelé qu'Ao ne buvait pas d'alcool, ou très peu. Une fois le camp installé, tu profites également de leur absence pour te rouler une cigarette de salvia divinorum qui sera le complément idéal pour t'accompagner dans le monde des rêves.

Une fois que vous serez réveillés, il ne vous restera tout au plus qu'une demi journée de marche hâtive pour parvenir à la frontière de Tetsu. Tu sens déjà l'excitation monter en toi.


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La chute d'un espoir


La colère subite se résorbe d'un revers de main, celle-là même qui détend sa poigne sur l'amas de bois, métaux clinquants et d'autres ingéniosités trop farfelues pour que l'esprit bénin et sobre ne puisse ne serait-ce que se risquer à imaginer. Les excuses noient rapidement le brun à la langue malhabile et absolument déliée. Peut-être qu'il avait raison, que la jalousie est un défaut attachant, ou peut-être qu'il faisait affaire au côté rationnel et instrumental des Yamanaka. À voir plus tard.

Au retour de quelques pas, l'oreille chauffée par une question traitre, mais claire, Shika ressort une réponse de mains et d'esprits, alors que des doigt discrets se lient et que l'un deux vient se poser distraitement dans ses côtes; tout ça au nez et à la chevelure de Sayuri. Tout se vaut, tout est beau, si peu qu'il ne touche jamais la bleue.

«Tu l'as connue autrement, pas vrai? Je ne suis pas celui qui peut te renseigner là-dessus, mais tout ce que je peux te dire, c'est que si la vie peut tailler un corps, la mort peut tailler un être en entier. Sayuri a vécu des coups durs, et son nindo n'est pas voie de n'importe qui. J'ai vu ce que c'est, et je peux aussi te dire qu'un ange s'envole très vite.»

Les coeurs se noient, mais ses liens ne s'étiolent jamais. Les souvenirs ne partent jamais au vent, si de telles paroles peuvent rassurer l'homme aux nouveaux habits classiques, et dirons-nous, plutôt élégants. Les marcheurs alignent leurs pas une nouvelle fois, jusqu'à finalement pauser.

Très probablement parce que l'un d'eux, sans explicitement pointer du doigt, A Obligé un temps de paix pour reposer ses petites pattes de sainte-nitouche en manque d'attention, ou en froussard des soirées. Hors de question de s'user trop rapidement. La nuit s'avance timidement, prête à faire connaissance en douceur.

Quelques minutes passent à coup de nature curieuse, la nature des trois bouts de papier étant particulièrement fascinante pour un jeune assez averti dans l'illusionnisme. Peu commun, très peu commun. «...» Une seconde courte laissera la chance au message de se faufiler jusqu'au cortex de l'homme à la peau exotique; «qu'est-ce que tu fais? Comment sa fonctionne?»

Les habitudes ne changent pas; la curiosité a fini par décoincer, en quelque sorte, cette discrétion naturelle et ce mutisme pratiquement éternel, seulement coupé par des éclats de rires ou de colères terrifiantes. Ou pire.

Jashinistes.

La gestuelle habituelle de la partenaire sont mis de côté, pliés par la nouveauté de la présence d'un autre dans leurs maigres rangs. Quelqu'un d'autre à découvrir, voir et comprendre. Quelqu'un qui, comparativement à l'unique collègue, se permettra de briser le silence une fois de temps en temps.  «Tu sais dépecer et cuisiner? On peut bien trouver du gibier, mais la préparation... c'est plus difficile.»

Alors que la barrière s'élève, que les noisettes oculaires se ferment, le bleu humain et caractéristique des shinobi collent ma peau, se voit même sans les yeux. C'est avec une toute nouvelle compréhension des talents de l'autre que je finis par rejoindre Sayuri, prêt à lui transférer le message, le plan.

Autant mettre à profit ses enseignements, histoire de pratiquer un peu.

«Shika voudrait qu'on aille trouver de quoi manger; on peut fouiller aux alentours pour un peu de gibier. Si tu veux utiliser un peu de fil, pas besoin de tendre un piège. Je trouverai un animal et je l'attraperai avec la transposition. Il faut bien que je pratique un peu, depuis le temps...»

***

La soirée se déroule tranquillement, les autres éléments du trio s'affairent pendant que, de mon côté, j'installe quelques épaisseurs de toile (ou tissu quelconque) que j'ai agrippé des affaires de l'homme du lot pendant qu'il avait le dos tourné. À défaut d'avoir mon lit douillet, je m'accomode. Je fais sortir de mes affaires le petit coussin plat remis lors d'une mission symbolique; montrant que je l'ai encore, et que je ne m'en déferai probablement jamais.

Le geste attentif et presque habituel, le rituel de la boisson, ne m'est encore une fois pas passé sous le nez, et malgré les remerciements peu limités, je n'ai eu aucun scrupule à fouiller dans ses sacs, fournissant les maigres excuses -pourtant véridiques- du «pardon, j'ai vu le tissu dépasser de ton sac et je n'ai pas pu résister; j'ai pas envie de dormir par terre, les insectes m'inquiètent et j'ai peur d'avoir froid...»

Par contre, si je devais mettre en avant un très bon côté de dormir à l'extérieur en compagnie de Shika, c'est que je n'ai pas à rester sur mes gardes pendant la nuit; ça me change de la garde du sommeil mandatoire...

Autrement, le lendemain, pendant la dernière marche, je proposerai de séparer le groupe en deux lorsqu'on devra véritablement poser pied sur le sol de Tetsu où se déroulera notre mission, en laissant Sayuri passer après Shika et moi. Aussi, avant d'arriver je ferai l'effort (si on peut appeler ça comme ça) de me changer et de m'apprêter un peu, pour laisser les apparences tromper un peu mieux. J'ai même pris le temps de choisir quelques kimono d'été légers d'une facture un peu exotique de ma garde-robe, juste pour éviter d'avoir des vêtements similaires (pratiquement identiques au vu des boutiques autour du domaine et sur le territoire où réside le clan) à ce que Sayuri peut avoir décidé d'emporter.

Mission rang A – Chute d’un espoir // Ao, Sayuri, Shika


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La chute d'un espoir

Nara Shika, Yamanaka Ao et Yamanaka Sayuri

Mission de rang A 







Si de prendre une mission d’envergure t’alléchais les papilles, il faut avouer que tes ardeurs se voient refroidies face aux surprises que ton inhabituel équipier lance. Tu dois bien admettre que tu n’es pas patiente, que l’humour ne plait pas particulièrement, surtout dans un moment où le sérieux est d’ordre. Alors peut-être que, peut-être que tu as la mèche courte, mais

Ton commentaire n’avait rien de sympathique, rien de drôle, il n’était même pas réfléchi pour paraître cordial. Alors, lorsque le visage du Nara se décompose, tu n’es pas surprise. Le pauvre homme. Il n’a littéralement rien demandé, mais te voilà déjà à lui lancer des paroles empoisonnées.

Alors que tu marches en têt du petit groupe, totalement ignorant de la discussion entre Ao et Shika (bien que tu te doutes qu’ils doivent être plongés dans une discussion mentale, puisque tu n’as pas souvenir d’un Ao aussi silencieux) tu repenses à ta première rencontre avec Shika. Il était si gentil, tout de suite venu t’offrir sa compagnie, enchaînant pitreries après pitreries, jusqu’à finalement arracher un sourire à l’enfant maladivement timide que tu étais à cet époque.

Tu n’es donc pas surprise lorsque le silence est brisé, lorsqu’Ao t’indiques que Shika souhaiterais que vous cherchiez à manger. Tu prends immédiatement le chemin de la forêt appliquant le plan de ton équipier. Ce n’est donc pas très difficile de ramener le gibier au campement. Tu dépèces l’animal sans grand état d’âme sachant pertinemment qu’Ao n’osera jamais le faire lui-même. C’est donc les mains couvertes de sang que ton regard se pose sur les bouteilles sorties par Shika. Intéressant. Il a donc le goût pour l’alcool, comparativement à Ao. C’est un détail bien intéressant que tu prends soin de noter. Peut-être qu’un fois la mission terminée, tu lui proposerais un verre, pour le remercier. Non seulement pour la mission, mais également pour les quelques instants qu’il t’avait accordé quinze ans plus tôt, alors que tu étais si seule. Cette rencontre avait tout de même égayé les jours où d’attentes qui avaient suivis.

Ce n’était pas le temps d’y penser. Tu repoussas cette pensée dans un coin de ton esprit pour de concentrer sur la carcasse devant toi. Il y aurait des restes. Tu détestes ça, ne serait qu’une preuve de plus de votre passage. L’animal était bien trop gros pour trois.

« Faudra faire disparaître la carcasse après. »

C’est sur ces paroles que tu entreprends de préparer le repas, sachant que c’était également une chose qu’Ao ne ferait pas et qu’il fallait se nourrir avant d’arriver à destination. Il te faut tout de même quelques longues minutes pour terminer les préparatifs avant d’offrir leur portion aux deux hommes.


***

Une fois repue, tu es directement allée dormir, Tu en aurais bien besoin pour le reste de la mission, n’étant pas encore certaine de comment tu t’y prendrais pour discréditer et tuer l’homme. Évidemment quelques idées par-ci et par-là, mais pas toutes n’allaient avec un corps bien reposé.

Tu t’installes donc dans tes couvertures pour fermer l’œil. Il n’est pas très long avant que le sommeil ne te trouve, mais il n’a rien de réparateur, il n’a rien de confortable. Agitée, toute la nuit, tu t’es retournée alors que cerveau encore endormis te renvoie sans cesse à des cauchemars que tu aurais voulu avoir effacer de ta mémoire. Pourtant, à ton réveil, tu n’es pas surprise de n’être aucunement reposée. Rare sont les moments où ton sommeil est réellement paisible.

Tu es debout à l’aube, rangeant déjà un peu le camp lorsque les deux hommes se réveillent. Tu agis discrètement, sans faire de bruit pour ne pas justement causer leur éveil. Mais tu veux être prête à partir le plus rapidement possible.

« Ao, nous nous retrouvons dans un salon de thé en arrivant, je te ferai part de ce que j’aurai réussi à trouver. »

Sans plus d’explication, tu prends de l’avance te dirigeant vers la ville sans plus attendre. Tu voulais faire un peu de repérage. Pour être bien certaine de ne pas te faire prendre en arrivant, tu décide d’user de tes talents furtifs pour camoufler ton chakra, alors que tu portes déjà un un élégant kimono. Première approche, se faire passer pour une dame et approcher la cible, en tirer le plus d’informations possible. Informations que tu transféreras d’une façon ou d’une à ton équipier et le chef de Nara.






CSS par Gaelle



récap:
 


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Tes inquiétudes se confirment lorsque Ao t'explique que les coups durs ont fait parti du quotidien de la jeune femme aux cheveux roses. Elle en a apparemment bien bavé et l'ange aux allures ingénues s'est peu à peu métamorphosée en un bloc de glace que rien ne semble capable d'émouvoir. Même si tu trouves préférable de ne rien exprimer, tu as de la peine pour elle. De la peine pour tous ces apprentis humains torturés par des schémas de vie peu communs et entraînant la perte de cette humanité qui fait de chacun un être vivant singulier. Si l'essence même de votre condition de shinobi tient ses racines du meurtre, de la tromperie ou de tout autre chemin tordu, il n'est rien qui vous oblige a prolonger l'alexithymie au delà des frontières de cet état de fait. Tu t'en veux presque de ne pas avoir été là. Peut-être est-ce toi qui aurait dû prendre ce rôle d'ange gardien, peut-être en avait-elle finalement bien plus besoin que toi depuis toujours. Qui sait, une présence régulière aurait peut être pu changer la donne. Tu te laisses emporter au gré de tes pensées lorsque ton estomac te rappelle à son bon souvenir. Ce que tu indiques immédiatement à Ao qui s'empresse de faire cheminer l'information jusqu'à sa partenaire. Leur relation à l'air solide. Peut-être parvient-il, lui, à la rendre plus humaine lorsqu'ils se retrouvent dans l'intimité de leur amitié.

Alors que tu sécurises le campement, en prenant le temps de répondre aux interrogations du Yamanaka concernant le fuuinjutsu préventif, tu observes la femme du groupe, déjà prête à partir en chasse. Prise d'information, optimisation des données, mise en place et action. Tout semble mécanisé dans un schéma ourdi en amont et répété maintes et maintes fois. Une organisation qui ne souffre pas le moindre défaut, du moins en apparence. Ao ne tarde pas à la rejoindre et c'est finalement aux premiers flamboiements du feu de camp allumé par tes soins que les deux reviennent, chargés de l'animal qu'ils ont habilement capturé. De nouveau, Sayuri fait preuve du peu d'états d'âmes dont elle est capable en dépeçant la bête de manière chirurgicale. Tu la regardes faire, dubitatif. Vous faites cuir la viande que tu accompagnes de quelques baies et autres plantes aromatiques récupérées aux alentours, pour lui donner un peu plus de goût. Le repas est copieux et tu n'hésites pas à te servir plusieurs verres de rhum en en proposant à tes comparses. Le moment est agréable, mais bien loin des festivités imaginées avant de rentrer dans le vif du sujet. Car pour toi, la mission ne débuterait qu'après avoir franchis les frontières de l'empire. Avec toujours la même rigidité apparente, la fille pense directement à faire disparaître la carcasse et ainsi éliminer toute trace de votre passage. Si tu souffres de la voir ainsi, tu dois reconnaître qu'autant de méticulosité ne peut qu'être bénéfique au regard des dangers qui vous attendent.

Tu contemples tes coéquipiers se mouvoir. Vous êtes tous les trois si différents. Trois éléments d'une charpente qui pourrait bien donné un bâtiment fiable une fois assemblés correctement. Tu serais les fondations, Sayuri l'armature et Ao le ciment qui lie tout ça. Cette idée te fait sourire lorsque subrepticement tu personnifies un édifice quelconque, en remplaçant les différents éléments qui le composent par vos bouilles, collées les unes aux autres. Alors que tu est en train de te rouler ta dernière cigarette de salvia de la journée, c'est la princesse Yamanaka qui te tire de ce mirage, en s'excusant de t'avoir soutiré quelques tissus pour aborder sa nuit de la meilleure des manières. D'un geste de la main, tu lui indiques que c'est avec plaisir que tu le laisses en disposer à sa convenance.

-Pas de souci Ao-san, de toute façon, je préfère le contact direct avec notre terre mère...et merde...

Un large sourire amusé pour ta bêtise. Pas de bol, c'est la main dans laquelle se trouvait ton herbe que tu as agité. La clope à moitié constituée vole droit devant pour être consumée par les flammes. Rebelote. Avec dépit, tu ressors tout le nécessaire à fumer et reprends ton roulage, jusqu'à le terminer et allumer l'ensemble fini.

Le cul posé sur un rondin de bois, ton regard se perd dans le brasier face à toi, en même temps que tu aspires puis recraches de grandes salves de fumée. Tes compères du moment partent se coucher. Tu ne les rejoindras pas tout de suite. Si tes nuits sont la plupart du temps baignées d'un sommeil de plomb, ton endormissement est plus cruel, des photographies à la netteté  impeccable s’immisçant régulièrement  dans ton cerveau au moment de fermer les yeux. Toujours les mêmes. Les flammes ondulent. Elles réverbèrent sur ton visage la part d'ombre qui t'habite, au delà de tes frasques, volontaires ou non. Ton regard se perd au milieu de leur danse macabre. Un peu à l'écart, les deux autres sont étendus de tout leur long. La manipulatrice d'esprits ne semble pas sereine. Du peu que tu sais, comment pourrait-elle l'être?

*Shika...je...je...pardonne moi*

Tels un long purgatoire, ces mots résonnent chaque soir dans ton crâne, livrant un duel acharné à Morphée. Le sourire qui accompagne ces paroles te martyrise tout autant. Mayä. Ça fait pourtant si longtemps. Tu n'as jamais réussi à t'ôter cette image de ta tête, à écarter ce moment où, un kunaï dans la poitrine, elle a chuté. Où tu as chuté. Entraîné dans les méandres d'une tristesse mal contrôlée autant que d'une colère qui a consumé ton âme, jusqu'à ourdir une vengeance sanglante. Ce jour là...pourquoi t'a t-elle demandé pardon alors que tu avais tant à te faire pardonner?

Tu aspires une bouffée de salvia plus importante que d'ordinaire, la recrachant par petites volutes successives, auxquelles tu tentes de donner des formes. Sans grand succès. Tu jettes un nouveau coup d’œil aux Yamanaka. La femme paraît toujours préoccupée. Qu'en est-il d'Ao? Si tu le sais doté d'une forte résilience, tu le connais suffisamment pour savoir que rien n'a jamais été facile pour lui non plus. Vous avez l'air malin tous les trois. C'est pour ressembler à ça que vous avez décidé de devenir shinobi? Tu tires une dernière latte sur ta cigarette avant de l'écraser et de jeter au feu le morceau de papier restant. Tu t'allonges sur le sol puis te couvres d'un fin tissu. Un ultime regard dans leur direction avant de murmurer pour toi-même.

-Je ferais tout pour que cette mission soit un succès et que nous rentrions tous en bonne santé...c'est une promesse mes amis!

Tes camarades d'infortune sont déjà debout lorsque tu ouvres les yeux. Sayuri prend les devants. Comme souvent lorsqu'il s'agit de faire face à vos responsabilités de ninja. Elle prendra les informations nécessaires, se fondra dans le décor, puis vous la rejoindrez. Tout ceci te convient. Tu ne tardes pas à plié le camp, prêt à en découdre, un regard affranchi sur l'horizon et plusieurs clopes d'herbes roulées à l'avance.

-Allons-y Ao!

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Rainbow in the dark


Ginkôgan avait été en plein essor des années durant, offrant un point d’entrée sur le marché du Fer à quiconque ayant un tempérament d’acier et qui souhaitait devenir un des exportateurs privilégiés de Tetsu. En revanche, au regard de sa disposition géographique (elle était très éloignée de la capitale et proche de la pauvreté des monts escarpés du Nord-Ouest du Sekai), la criminalité, le trafic (de quelque nature qui fut) et la corruption fleurissaient en tous points, ne laissant que peu de place à l’impérialisme. Bien sûr, les ninjas y sont malgré tout mal vus (et proscrits), comme l’avait toujours voulu la politique de l’Empire. Ainsi, le Shogunat s’était toujours débrouillé pour empêcher ces démons de pénétrer en cette terre jugée « sacrée », même s’il n’était pas impossible que quelques malins eurent pu passer entre les mailles du filet.

Mais, depuis peu, voilà qu’une jeune samouraï de bonne famille était parvenu à se hisser à la tête de cette plaque tournante. Droit dans ses bottes, incorruptible et aux valeurs indéfectibles, ses valeurs se font malheureusement ressentir dans la globalité de la bourgade. En effet, la corruption se fait de plus en plus punir et nombre de ses (anciens) acteurs en chef en pâtirent et continueraient d’en subir les conséquences tant que Jundo Tatsui siégerait au pouvoir. Non content de voir l’économie dégringoler en flèche, force était de constater que même des préceptes et établissements (que l’on pourrait considérer comme légendaires et intemporels sans grande crainte) se déclinaient, voire même se faisaient remplacer par d’autres en faveur dudit régime, avec quelques « élus » à leur tête.
Tout ça était bien fâcheux pour l'Honorable Combinat des Marchands&Forgerons de Tetsu no Kuni qui s’était récemment empressé de demander de l’aide au sempiternel ennemi du Shogun : les Shinobi.

A cet effet, deux Yamanaka et un Nara – et pas des moindres ! – avaient formé une alliance pour venir en aide à la guilde ferreuse. Après quelques temps de préparation et planification, tantôt à parler de la mission, tantôt à rattraper le temps perdu, les voilà fins prêts à se mettre en branle !
La première nuit se passa sans réels soucis, si ce n’était une rosée de la nuit qui se faisait plus fraîche, témoignant que la fin de l’été était proche. En parlant de rosée, en voilà une autre qui avait été agitée, repensant à ses anciens démons. Mais elle était habituée, aussi cette fatigue n’était pas étrangère, bien au contraire. Levée plus tôt que ses camarades, elle eut bien rapidement rangé le campement avant que les deux autres ne se levèrent. Vêtue de son kimono hors de prix (une Geisha de luxe en devenir ?), elle savait déjà ce qu’elle avait à faire.
Une fois que les deux autres l’eurent rejoint, elle les abandonna « à leur sort » et activa sa Furtivité et commença à emprunter les différents cols escarpés, ralentissant drastiquement sa course. Si Sayuri était intelligente, il fallait croire que les récents événements qui lui étaient arrivés lui avaient retiré une partie de son discernement et de sa capacité à établir moult stratagèmes en avance.

Cela ne l’empêcha néanmoins pas de rejoindre la frontière en milieu d’après-midi.
Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Ginkôgan étant un véritable hub commercial, permettant aux contrebandiers de s’installer au nez et à la barbe des autorités, Tetsu avait dû sévir, quitte à se mélanger à ceux qu’ils détestaient le plus. Aussi, la Yamanaka n’eut d’autre choix que de passer par un poste de douane physique (et donc frontalier). Sa tenue richissime, quand bien même fut-elle de première main, ne manqua pas de taper dans l’oeil du douanier en question. Une noble, donc une personne importante et probablement dans les petits papiers du Capitaine, qui se promenait sans ses sujets, serviteurs et autres gardes ? Voilà qui était anodin. Plus pour la protéger elle que la ville (elle – car c’était une femme – détestait autant les ninjas que les contrebandiers et autres trafiquants), la chargée du contrôle entrant s’était placée à sa hauteur pendant que ses gorilles s’occupaient de quelques récalcitrants, ne lésinant pas sur les moyens (ni la force) à employer.

« Une noble sans garde rapprochée ? Voilà qui est rare, surtout à la frontière de deux territoires aux antipodes l’un de l’autre, dit-elle sur un ton on ne pouvait plus formel, dénué de sentiment. Elle ne faisait que son boulot, de toute façon. Merci de vous identifier, de me présenter vos papiers et de procéder à la fouille par palpation, indiqua-t-elle par la suite. Restait à savoir si elle serait suffisamment douce et pointilleuse pour remarquer la présence de fioles de poison et autre senbons dans les plis du kimono… Il s’agit de la procédure, je pense que vous comprenez – il s’agit d’une mesure préventive aussi bien pour le Shogunat que pour votre propre sécurité, mademoiselle. »

Récapitulatif combat:
 
         

Feat.
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