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Fouiller ses ténèbres [Ft. Yamanaka Ao]

Yamanaka Sayuri
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Fouiller ses ténèbres

Yamanaka Ao et Yamanaka Sayuri

Une technique pour fouiller les ténèbres des autres. Pour les connaître, dans leur lumière, comme dans leur ombre, avec ou sans leur permission. 







Ao avait déjà mentionné à plusieurs reprises vouloir apprendre la technique de l’interrogatoire mental. Tu ne t’y étais jamais opposé, mais l’occasion vous avait échappé entre mission, entraînement et nouvelles responsabilités. La soirée précédente, tu avais réussi à donner rendez-vous à ton équipier pour lui offrir de lui enseigner ladite technique.

Suite à cette décision, une boule d’angoisse s’était formée au creux de ton estomac. Tu avais peur du résultat, mais tu te faisais un point d’honneur d’ignorer la façon dont tes entrailles se tordaient à l’idée des possibles résultats de cet entraînement. Pour oublier, tu te concentras sur la fabrication d’onigiris. L’heure du rendez-vous était encore loin lorsque tu terminas de préparer votre repas de midi. Tu décidas donc de te lancer dans la préparation de petites collations.

Les heures s’engrenèrent rapidement alors que tu avais l’esprit absorbé par leur fabrication. L’heure de quitter ta demeure arriva, tu emballas alors le petit festin et saisis une bouteille de saké que tu avais spécialement choisie pour cette occasion. Tu désirais que tout soit parfait. Tu savais ce que signifiait de transmettre cette technique. Elle avait un côté «intime» non-négligeable. Tu allais te servir de toi-même comme outil. La personne que tu étais, comment tu en étais venue jusque-là, où tu te dirigeais, l’essence même de ta personne. Cette idée était un peu embêtante, mais tu n’avais pas réussi à trouver un étranger volontaire pour cette expérience. Après tout, tu n’étais pas très douée pour demander de l’aide.

Tu te rendis d’un pas rapide au lac, derrière le domaine. Tu installas le petit piquenique précautionneusement. Tu attendais ton équipier dans une nervosité qui ne t’étais pas familière. Les doigts de ta main ne tenant pas ton alcool, s’agitaient et martelaient le sol dans un rythme irrégulier. Tes yeux ne restaient jamais bien longtemps sur le lac alors que tu guettais la tête bleue d’Ao.

Il fallut quelques minutes, mais, tu la vis entre les branches. Grande inspiration. Puis, prenant tout le courage que tu pus trouver, tu ouvris la bouche :

« Ao ! Par ici. Je nous ai préparé un repas avant de commencer. »






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Technique enseignée:
 


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Rattraper des souvenirs au vent

Raide, transi de froid, courbé. Il fait chaud, pourtant. Mon dos s'étire, encore un peu engourdi. Elle était prête à m'aider, m'apprendre ce que j'ai vu se faire des centaines de fois. Les réponses qui s'alignent sans aucun mot, qui se cramponnent au bout de la langue. Ce n'est que quelques heures avant que mes méninges se sont mis à danser avec le doute.

La couleur du rouge sur tes joues. Son nom.
Ton moment préféré. Le thé qui vient avec.
Ta première mission. Le chemin de ta maison.
L'allure de ton premier cerf-volant. Ton premier bouquet de fleur.
La fête de ta maman. Tes souvenirs d'avant.
Ta première victime. Ta première bouteille de saké.
Ton nom. Mon nom.

Je ne te connais pas. Du moins, pas assez.
Je ne suis pas prêt. Du moins, pas aussi simplement.

Sorti du lit, je finis de me préparer. J'avais mal dormi, il m'a fallu les bonnes grâces de la matinée pour me donner la force d'enligner la porte. Pas par mauvaise foi, non. Plutôt par appréhension. On parle d'un exercice de confiance plus que d'entraînement pourtant, et c'est bien pour ça que je me demande autant de choses. Ça n'a pour but que de me faire réaliser à quel point je ne la connais pas.

On me dira que c'est mieux comme ça, que ce n'est pas le devoir d'un ninja. Les secrets se doivent d'être gardés, mais je n'ai pas cette pudeur pour moi-même. Ce que je crains, c'est à quel point son passé peut être trouble. À quel point je me rendrai compte que je n'ai rien vécu, que je ne fais qu'apprendre des autres sans apprendre de moi-même.

J'ai peur de voir à quel point elle et moi sommes différents.

J'amène avec moi un peu de thé sucré, j'ai pris soin de bien m'habiller pour ne pas avoir l'air débraillé, je ne veux pas qu'elle pense que je m'en fous. J'évite tout autant d'être clinquant, tuant directement la possibilité qu'elle se dise que je vois ça comme un gros geste. Ce qui, pourtant, pour moi, que je ne le veuille ou non, malgré tout, sans vraiment pouvoir le dire, si j'y pense vraiment... est le cas.

«Salut!» Je m'approche, un peu plus timide qu'à mon habitude, cherchant à regarder plutôt les efforts que tu as fourni à préparer notre rencontre plutôt que te considérer toi. Ce qui, du tout au tout, ne me ressemble absolument pas. «Ça a l'air bon, tout ça! J'ai apporté un peu de thé froid, si ça te dit.»

Je finis par m'asseoir, tendant mon regard tantôt sur le lac, tantôt sur la nappe et la nourriture. La nervosité ne descend pas d'un cran. Puis...

«...» Mutisme.

Frigide, rigide, fuyant. Pendant quelques minutes, j'en reste là,à regarder autour. Je ne pensais pas que ça irait aussi loin, mais je n'arrive pas à dire un mot, ni même te regarder dans les yeux. Ce que j'ai, pourtant, fait plusieurs fois. «... Pardon. Je suis un peu nerveux... Merci de vouloir m'aider à apprendre, quand même.» Je n'en dis pas plus, pensant que tu comprends ce que j'essaie d'exprimer, mieux que je ne le ressens moi-même. Pourtant, mes doutes me crient que ce n'est pas le cas, que je ne sais même pas si tu sais que... Je ne sais pas...


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Fouiller ses ténèbres

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S’il était nerveux, tu l’étais encore plus. De transmettre cette technique c’était s’engager dans votre amitié, c’était de faire tomber tous les murs que tu avais ériger, mettre ton âme à nu et partager absolument tout ce que tu étais. De lui enseigner toi-même cette technique en t’offrant comme objet de pratique, c’était de témoigner de toute la confiance que tu lui portais.

La boule d’angoisse formée au creux de ton estomac te semblait de plus en plus lourde. Tu avais peur. Peur que tes ténèbres l’éloignent, qu’elles avalent sa lumière. Il fallait se l’avouer, Ao et toi n’étiez pas du même monde, malgré que tous les deux apparteniez au même clan. Il était lumière et toi ombre. Alors que ses journées étaient faites de conversation et d’échanges diplomatique, les tiennes étaient remplies de mensonges, de sang et violence.

Vous n’étiez pas le même genre de Shinobi, ou même de personne tout simplement. Vos personnalités étaient opposées, mais tout le temps que vous aviez passé ensemble vous avait inexorablement rapprochés.  Le chemin pour atteindre une telle amitié, une telle confiance n’avait pas été facile. D’étrangers vous étiez devenus équipiers au fil des missions. Jusqu’à ce que vous explosiez, jusqu’à ce que vos caractères opposés vous avalent et que vous cherchâtes à régler vos problèmes par la violence. De cet affrontement, tu avais réalisé que tu tenais à ton équipier, qu’il était devenue ton premier ami. Ton premier lien humain autre que ta mère, ta première ouverture au monde.

Tu étais pleinement consciente de la raison de ton angoisse. Tu savais qu’elle était dû à l’angoisse du rejet, de perdre ton ami le plus précieux pour une technique.

Alors qu’il s’approchait timidement, tu avalas le contenu de ta coupe de saké. Il parlait de thé sucré, tu souris légèrement à cette mention. Évidement. Tu n’étais pas particulièrement amatrice de sucre, mais tu décidas tout de même de faire l’effort d’an prendre.

« Oui, j’apprécierais. Veux-tu des onigiris ? Ou peut-être du saké ? C’est le même que nous avons bu lorsque …. Hum … tu as appris la technique du caméléon.»

D’une main, tu lui faisais signe de s’installer alors que l’autre se crispait sur ton kimono. Tu ressentais sa nervosité avant même qu’il ne la communiqua. Lorsqu’il s’installa, tu lui tendis un onigiri et une coupe.

« Hum. Pour la technique, je pensais que l’on peu prendre notre temps, ce n’est pas une technique très compliquer à comprendre. Les étapes sont simples, mais d’aller dans la tête d’un autre … ce n’est pas toujours quelque chose de facile à faire. Enfin, surtout lorsque l’on connait personnellement la personne je veux dire … Mais ça tu le sais, n’est pas ? »

Tu pris une pause, inspiras et expiras.

« Est-ce que tu te souviens du mudra ? »

En attendant sa réponse, tu pris une bouchée d’onigiri, le fixant dans les yeux, malgré son fuyant.






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Le contenant s'ouvre, les coupes s'alignent et s'engorgent finement. Les pensées fusent, s'étirent et se tordent dangereusement, finissent sur le bout d'une langue liée par la peur de quelqu'un qui n'a jamais rien vu.

Et qui, au fin fond de lui, n'est probablement prêt à ne rien voir.

Mon eau de vie se tend avec mon bras, se retrouvera sans mal entre tes doigts après quelques mastications rapides. Ton eau de vie est trop dévastatrice pour y tomber aujourd'hui; c'est un cadeau empoisonné, mais sans idée maligne. Je préfère garder les idées claires pour cette fois, éviter de déborder. Sans me faire prier, je grignotte un peu l'onigiri à ma portée. Une dernière bouffée, je finis par me lancer.

«Merci beaucoup, ils sont très bons. Oui, je me souviens;»

La graille posée doucement, les doigts se touchent et se relient. La forme est là, imagée par deux mains fragiles et pâles; c'est le mudra clé qui suivait ceux du Nirvana avant que je ne fasse la lecture d'un nouveau chapitre sur la discrétion. On s'est assez servi de ce coup bas pour que je puisse m'en souvenir complètement.

Ce que je n'ai jamais su, par contre, c'est le secret que tu veux bien partager, c'est... Ce qui se passe ensuite. Ce que tu réussis à voir, entendre, chercher, examiner...

Attraper.

Copier.

Voler.

«Je ne te le dis pas très souvent, mais...»

On cherche les bons mots, cette fois. Pas qu'ils pourraient être source d'une quelconque bêtise (du moins, pas plus que d'ordinaire), mais seulement pour bien peser l'étendue de ce que je veux partager. «J'admire tout ce que tu es capable de faire. Je ne sais pas comment tu as appris à faire tout ce que tu fais, mais si c'est aujourd'hui que je le découvre, je te jure que je garderai ton secret.»

Tête basse, joues rosies par la gêne, les yeux de plus en plus à l'aise, je réussis à dire ce qu'il me fallait. Faire cette promesse est suffisant; je sais que je m'y tiendrai, et c'était l'objet de mes inquiétudes enfouies.

Si je voyais quelque chose d'impossible à ignorer, qu'est-ce que je pourrais faire?

C'est simple: garder le secret. «Est-ce que tu connais un moyen de me montrer comment faire la connection pour fouiller? Je ne m'y connais pas vraiment là-dessus, d'habitude c'est moi qui pousse des choses dans la tête des autres, alors...»

J'y repense vaguement; mes connaissances sur le Hiden Yamanaka sont très centrées sur "moi vers l'autre", et jamais l'inverse. Transposition, Échange corporel, Télépathie, Confusion, Choc... Pas que je m'inquiète de ne pas pouvoir y arriver, mais le concept de me faufiler dans la tête d'un autre est très différent que d'imposer des effets.

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Fouiller ses ténèbres

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Nervosité à son comble, tes paroles inhabituelles en témoignaient. Ses réponses aussi. Un thé sucré entre les mains, le regard poser sur la surface du liquide dansant avec tes mouvements. Tension insoutenable. Tu voudrais fuir, toi qui ne fuyais jamais. Mais aucune préparation à un moment de ce genre ne t’avait été donnée plus tôt. Tu ne savais pas comment accorder ta confiance, comment accepter un autre être humain.

Jalouse. Peut-être serais-tu jalouse si tu venais à connaître les détails de sa vie ? Serais-tu capable de le tolérer ? Il le fallait. Ce n’était plus le temps de reculer, de retourner se cacher ou de simplement se laisser aller à la situation

Regard fuyant, tu écoutas les paroles, touchantes, même pour quelqu’un comme toi, qui se fermais à toutes émotions et qui ne cherchait jamais à les comprendre. Et sa promesse, bien que maladroite selon toi, venait faire trembler tes peurs, secouer tes anxiétés. Il n’était pas là pour juger. De le savoir et de la réaliser était deux choses bien distinctes.

Un soupir, calme, apaisé.

« Merci »

Une voix faible, presqu’éteinte, nouée au fond de ta gorge par l’émotion, mais tu n’ajoutas rien de plus, ne sachant que dire, que faire, te contentant de siroter le thé et de trier le tourbillon dans ta tête.

Et il continua, te posant une question, exposant son inquiétude technique. Facile à comprendre, le processus n’étant pas exactement le même … mais il n’était pas si différent d’une transposition.  Et tu eus l’idée parfaite pour le rassurer, du moins, tu pensais qu’elle était parfaite.

« Écoute, si tu veux, je peux faire la technique d’abord pour te montrer comment elle est vécue par ceux qui se la font faire. Mais ne t’inquiète pas, je ne te brusquerais pas. J’irais doucement et si c’est trop pour toi j’arrêterai immédiatement. Qu’en penses-tu ? »

Tu avais détourné les yeux pour lui faire cette proposition. Tu n’étais pas certaine de la réception de ton idée, aussi bonne soit-elle, ce que cette proposition impliquait était une confiance aveugle en ta personne et pourtant, ton équipier accepta tout de même de se prêter au jeu.

Hochement de tête et tu posas le thé dans l’herbe et t’approchas de lui. Tes doigts de positionnèrent, exécutant les mudras requis avant de venir se poser sur son front. Ton esprit vient effleurer le sien demandant la permission d’entrer plutôt que de tenter de forcer le passage. Le secret de l’interrogatoire n’était pas de faire passer ce qui appartenait à autrui vers toi, mais d’aller chercher ce que tu voulais et le ramener avec toi. Comme une transposition … plus ou moins.





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C'est d'accord. Un non-dit très explicite et évident, sinon je ne serais pas ici. J'ai moins peur de la savoir fouiner dans mes pensées que d'avoir à le faire pour elle; je ne crois pas avoir quelque chose à cacher, j'ai appris à être honnête envers moi-même. «Ça me va,» paroles accompagnées d'un léger hochement de tête. Je m'approche un peu en décalant mon fessier, me délogant de devant le repas. Je mémorise une fois de plus les signes puis j'approche mon front de ta paume. Une dernière bonne respiration pour me donner du courage, et puis «c'est bon, je crois que je suis prêt.»

Immédiatement, je constate la similarité entre les fondamentaux du clan et la méthode d'exécution; je me suis trompé, et ça devient facilement clair. C'est une intrusion, une sorte de Transposition partielle contrôlée. Ça fait sens quand on le vit et qu'on s'y connait un peu. Je ferme les yeux et me contente alors d'observer, à partir de mon propre esprit, ce qui se passe à l'intérieur. Instinctivement, mes mains posées sur mes jambes finissent par se lier, former le mudra classique de la transposition.

Je sens Sayuri plonger directement dans ma tête, une fois ceci fait; c'est mon truc pour rester en contrôle. Le mudra de base du clan m'aide à me concentrer, me recentrer quand je doute, et me rappelle ce qui fait de moi un ninja à part entière; mon expertise et mes connaissances, pas ma force.

Si elle plonge un peu plus loin, elle verra une partie de mon quotidien; les gens qui entrent dans mon bureau en fin d'après-midi, ma petite table de travail dans ma maison vide, dans laquelle il manque un élément essentiel et mortellement désiré.

Je veux avoir un petit chien.

Plus loin dans les couloirs de mes pensées, elle trouvera la porte de ma chambre. En rentrant, elle peut voir que ce matin j'ai peu pris le temps de faire mon lit. Si elle fouille, elle pourra facilement trouver un goban caché dans un coin de mon esprit. Ça fait longtemps que je n'ai pas joué.

Très longtemps.

Sur le bord de ma fenêtre, un bonzai en pleine déshydratation, signe que j'oublie de m'en occuper, faute de priorités. En fouillant un peu plus, sur une petite table isolée, un rouleau. Si elle décide de le dérouler, de découvrir ce qui se retrouvent a l'intérieur, elle trouvera probablement mes quelques péchés mignons.

Il vient de Konoha. Il fume trop. Il parle beaucoup trop. Il a un très beau sourire, il est à croquer. Son nom reste un mystère, mais en repensant à ma propre équipière, je me souviens qu'il aime beaucoup le saké. C'est... lui.

Un autre portrait, abrillé par les ombres. Il fume beaucoup, lui aussi. Il parle aussi beaucoup trop, mais il ne serait jamais intéressé par quelqu'un comme moi. Son visage est très familier, mais son nom ne pourra jamais atteindre les oreilles de quiconque. Il a déjà joué au go avec moi, il y a de ça des milliers d'années.

Lui aussi, le visage le plus carré d'entre tous, vient de Konoha. Teinté de toute la saveur de la terre, une poigne ferme et à la fois tendre. Une petite erreur de parcours aux mémoirs d'un bain chaud et de secrets bien gardés. Elle s'appelle «...Aoko Amazake. Tu me dois un massage maintenant, pas vrai?»

Il s'appelle «S... Senju D-»

Le reste ne vient pas. Un souvenir juteux mais avec un gros prix; loin d'être gratuit, il faudra chercher bien plus loin que ça pour trouver. Le coeur bat vraiment vite, les sensations remontent de mon ventre jusqu'à mon coeur. Ta main auparavant chauffée par le thé semble frigide en comparaison. Une autre bouffée d'air, puis je réussis à articuler un peu plus. Je n'ai aucune idée de sur quoi tu as bien pu tomber, mais j'arrive à ressentir la pression sur mon cortex, le chakra intrus qui le parcourt.

«Tu t'en sors? Tu ne t'es pas perdue dans mes papiers?» Je sais que j'ai beaucoup de paperasse sous les yeux ces temps-ci, mais je m'attends à ce que tu ne réussisses à trouver que ça. Pourtant, ça continue...

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Devant toi, partout des fragments de lui, plus complexe que soupçonné par un œil extérieur, visages et souvenirs entremêlés. Les quelques mots voler au détour d’un sourire ou dans le secret de la vapeur d’un bain. L’intriguant labyrinthe d’un esprit à chaque tu t’y perdais, mais là, devant la boîte de pandore, tu n’osais avancer et fouiller. Derrière tes paupières closes dansaient les secrets de ton ami le plus important. Tes sens transportés dans ses souvenirs.

Tu suffoquais. Il s’ouvrait à toi, te laissait pénétrer son âme, fouiller sa tête, fouiller ses ténèbres. Un après l’autre, faisant sauter les limites de l’amitié régulière, ses souvenir, sa personne, ses secrets, tout t’envahissait. Aucune lutte. Déstabilisant. L’habitude était de forcer ta présence d’arracher les murs et les secrets un par, d’être sans pitié, d’abattre le silence d’un autre, de lui arracher son intimité. Mais ici, ici ce n’était pas la même chose. Il s’offrait, oui bien sûr pour l’apprentissage, mais il offrait à toi tout ses secrets.

Tu voulais vomir. Tu te sentais sale. Tu ne pouvais t’empêcher de comparer son monde au tien. Le prix de ton nom au sien. Comme tu l’avais prédit, d’entrer dans sa tête faisait écho à ta douleur, chatouillant impitoyablement ta jalousie. Tu voulais sentir de l’horrible, son horrible, tu ne voulais pas être la seule à en avoir, à l’être. Tu voulais voir ses blessures, sa douleur, car ce n’était pas juste. Tu ne pouvais pas être la seule à avoir mal tout le temps. Il devait y avoir quelque chose qui le torturait, non ?

C’était ton ami. Pourquoi ? Pourquoi lui souhaiter ça ? Tu étais un monstre, tu le savais depuis le jour où le maître de ta mère t’avait pris sous son aile et pourtant, tu étais laide, archi-laide. Tu lui souhaitais du mal pour ne pas être seule dans ta douleur. Tu espérais qu’au détour de deux souvenir tu pus y voir quelque qui s’apparentait au passé qui était tien.

Geste brusque, ta main s’arracha à son front. Tu te dégoutais, comme toujours. Tes pensées t’échappaient, tu ne n’étais plus humaine … l’avais-tu seulement déjà été ? N’étais-tu pas née pour servir ton clan et pour aucune autre raison ?

« Non. Je n’irai pas plus loin. Pas maintenant. Toi, essaie. »

Détachée, froide, fermée. Tu savais qu’il pourrait le noter, c’était Ao après tout et ces détails ne lui échappait pas. Tu priais pour qu’il ne demande pas ce qu’il y avait. Tu voyais mal lui dire que tu le jalousais. Quoi qu’il le verrait aussitôt qu’il tenterait d’entrer dans ton esprit, cette pensée, ce sentiment froid et dur flottant déjà dans l’espace accessible de ton esprit.




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C’était ainsi terminé, sans plus qu’un retrait célère et spontané. Assurément, elle n’a pas apprécié ce sur quoi elle est tombée; ça se voit d’ici. Je n’oserai pas demander, bien plus finaud me vient à l’esprit. Notre présence sert à ça, trop de lexie tuera l’exercice; l’objectif serait de le voir par moi-même, apprendre à reconnaître ce genre d’indice plus intuitivement.

«D’accord, je vais essayer...» Les doigts dansent rondement, signés par des années d’enseignement rodés. D’abord, le contact de la main sur le front; j’établis la connexion comme pour la télépathie. Sous ma main, je sens déjà les influx essayer de s’infiltrer dans mes veines. Puis, transposition contrôlée; je m’immobilise pour me concentrer et je sens mon esprit s’avancer jusqu’à ma main, prêt à infester le sien.

Les yeux s’ouvrent, je la vois un instant devant moi. Je l’entends, comme quand on parle ensemble au travers de mon esprit, mais cette fois la donne est différente. Je sens que ce n’est pas elle, sa restreinte n’est pas là; c’est Sayuri, réduite à sa plus simple expression. «Je suis jalouse… J’ai mal… J’ai peur d’être la seule à avoir mal. Je me sens méchante de vouloir voir ta souffrance. J’ai peur d’être toute seule à avoir souffert.» L’inaltéré, la parole véritable qu’on ne dit jamais.

Et moi aussi j’ai peur. Du plus loin que je peux me souvenir, je n’ai pas souffert. On m’a caché, mis à l’abri des souffrances du monde ninja. Pour certains, les pertes sont un commun ou une trivialité en plus, et pour moi, elles n’existent pas.

Pourtant, maintenant, ce qui me fait le plus peur… c’est de voir Sayuri devant Jashin, l’entendre lui dire «je n’ai pas besoin qu’on me montre comment bien faire, assieds-toi, je suis une sauvage, je vais te montrer». Me rendre compte qu’il ne reste rien d’elle en dessous de ce qu’elle a vécu. Voir que je n’aurais pas pensé au pire, d’avoir négligé mon opinion sur sa vie, sur ce dont elle est capable.

Juste par sa jalousie, c’est ce que j’imagine. J’entre, je continue; mon chakra se faufile lentement dans son crâne, les portes finissent par s’ouvrir. Je me vois avancer dans son antre, le temple de son esprit. C’est rougi, peu invitant, la lumière du jour ne s’y rend pas…

Macabre.

Pourtant, je sens que je ne peux pas y entrer avant d’aller voir la surface, parcourir le jardin de son quotidien, de savoir la base. Les secrets sont cachés loin. «Tu n’as pas à être jalouse d’une personne comme moi… tu as du mérite à ton titre de ninja, et tu es mieux placée que moi pour comprendre la souffrance.» Pourtant, je sais que je ne manque pas d’empathie… À côté, je suis certain de n’avoir aucun vécu. D’être vide en comparaison. J’ai vu des choses, mais je ne les ai pas vécues.

Finalement, je choisis de plonger; je vais voir, je vais comprendre, je vais savoir qui elle est, ce qu’elle fait, ce qu’elle a du faire pour en être là; ça me prendra la journée, mais une journée n’est rien à côté d’une toile complète de l’esprit de quelqu’un.

Encore moins quelqu’un avec autant d’atomes crochus.

Quelqu’un de si près.

Mais pourtant si loin.

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Jalousie poignante, étouffante, injuste et injustifiable te serrant les entrailles, te dévorant de l’intérieur. Une question : Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi toi ? Chute sans fin dans les abimes sombres de tes secrets. Secrets enfouis à la surface de tes pensées. Une saveur … amer. Comme le saké, comme le thé, comme le goût d’un homme. Amer mêlé de rouge. Celui de ton rouge à lèvres, celui de ton fard à paupières, celui du sang de tes victimes. Un frisson. Le froid, en maître suprême dans les méandres d’un espace virtuel, intangible et pourtant on ne peut plus vrai, comme de la sueur refroidie par le vent de la nuit, sur un lit de satin ou dans les rues glacées aux petites heures du matin.

Flottant à la surface de ton esprit, stagnant, omniprésent, un visage. Une femme aussi blonde que les autres. Traits délicat, un ange tombé de son sanctuaire céleste, ses ailes autrefois blanches, maintenant ternies par les années de service à un nom, un symbole. Accablée, plaquée au sol, incapable de se relever. Jamais plus. Abandonnée ou oubliée … les détails de sa chute perdus à jamais entre les mailles du filet de le la réalité.

Tombant du ciel, ordres et corps se mélangeant à tes pieds dans une cascade infinie, s’ajoutant aux visages flous ou inconnus, telle une mer de tes pêchés. Autour de toi, les limbes d’un passé tu, ignoré, à jamais grandissantes, apportant sur d’infinies kilomètres l’étendu de ta personne, du malheur causé par tes mains, pour une gloire ne t’appartenant même pas. Ton nom, ton visage gardé sous silence tel le secret de polichinelle que tu es.

Éclair de bleu, lueur claire et aveuglante, dans ses mains, une broche en camélia. Tes mains tâchées de rouges toujours maintenues à bonne distance. Non. Égoïste dans l’âme, jalousement garder, ce fardeau n’appartenant qu’à toi, qu’à l’enfant sans père et sans nom. Le protéger, les protéger. Tes mains tâchées à jamais de mort devant toi, devant eux dressées en bouclier bien trop petit. Armes dociles, domptées, gardiennes du jardin de fleurs sans saveur.

Chute abrupte. Arraché à l’univers irréel, absorbé dans le monde tangible, loin de ton univers secret, le bleu de tes yeux croisant l’or de son regard. Silence chargé de non-dits.

« Passons à la suite. Collecte précise. Essaie de te concentrer sur la sensation, comment mon esprit filtre ta mémoire et tes pensées. »

Danse des doigts, ta paume froide contre son front, ton esprit tendu vers le sien, fouillant les recoins les sombres, les plus secrets. Ceux lui appartenant, le plus loin de tes propres ténèbres.




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Rattraper des souvenirs au vent

Les images fondent, tristes et rougies dans la mort et la douleur. Le visage d’une femme étrangement similaire, si on mettait de côté une petite touche d’exotisme. Exactement comme je l’aurais imaginé. Au travers ces restes inanimés, à chaque pas dans l’enfer mortel d’un esprit brisé et envieux, je retrouve par moi-même les fragments que je suis venu chercher, cachés sous les décombres des corps qui tombent et du sang qui gicle.

Comme neuve, une broche rouge.

C’est moi qui lui ait donné ça, je m’en souviens très bien. En traversant tout ce noir, ce sang et ces bouteilles vides, je me surprends à réaliser que les souvenirs au vent, qui la ramènent à moi, sont encore tous blancs… S’il y a une chose debout dans sa vie, c’est son clan. C’est la raison de son dévouement. C’est ce qui lui permet de traîner son coeur mort hors de chez elle, à chaque fois, à être prête à tout et à châtier ses cibles avec toute sa hargne.

«...»

Repris très hâtivement de la rêverie anxieuse, c’est mon tour; je suis prêt. Signe affirmatif, puis plongée à froid. À la demande, j’analyse; la force est la grande différence. La première tentative était un effleurage docile, maniéré pour connaître toute la simplicité, la platitude d’un Yamanaka. Comme n’importe quel autre Yamanaka, avec une vie fade, sans texture, sans grande couleur, sans saveur.

Mais pourtant si belle. Remplie. Complète.

Le dos d’une petite chose fragile, docile. Blonde. C’est la faute à autrui, si les joues se remplient de rouge. C’est la faute aux porte-bonheurs, c’est la faute du thé au sucre, c’est la faute au tissage chaud d’une femme, blonde, aux yeux ornés de fleurs. C’est la faute aux mots et aux images, pas celle du fer et du devoir…

Sottises!

Caché derrière deux portes en papier, quelque chose se libère sous la facture d’élégants tissus chauds. Là où l’on cache des vêtements. Là où l’on cache le bleu. Un enfant sans visage, sans couleur, sans texture, sans saveur. Sans vie.

À la fenêtre d’une chambre commune, intime, un homme, arme scellée à la main, se met à pleurer.

Au fond, dans un grand jardin, un bouton bleu a commencé à sortir de terre. Assise dans l’herbe, à la chaleur du soleil, ornée de fleurs, une femme souriait, cachant quelque chose sous un petit bout de tissu rose. Elle était heureuse.

C’était un échec.

Dans les yeux de l’homme, flanqué entre deux larmes, l’éclat des feux de l’été, l’image d’une créature inconnue, pourtant sereine et dont les cheveux coulaient un ruisseau tacheté de ciel. Un sourire. «J’aurais voulu ne pas l’avoir. »

Il était malheureux.

Il pleuvait dans la maison.

Pourtant, la silhouette bleue, au travers les replis du domaine, tenait dans ses mains des sourires faits d’arc-en-ciel, capables de déchirer les nues insistants d’un monde grisé par la violence et la peur, capables de tuer la pluie. Dommage qu’il n’atteindrait jamais l’oeil de la tempête qui tonnait au fond du coeur de son père.

Le reflet clair, vivace de la seconde tentative; un enfant prêt à changer le monde, maniant plus habilement l’art du sourire qu’une lame foncièrement blessante. Un enfant aimé, presque admiré par ceux qui ont la chance de le croiser, mais brimé par l’une des seules personnes dont il cherchait activement une petite trace d’amour.

Un enfant qui n’a jamais vu de mérite à la force, noyé par les envies meurtrières, cinglantes, d’un père rendu amer par les conflits et la guerre. Un unique shuriken à la main, il demande : «est-ce que c’est mon tour?»

Les mots sonnent creux, l’enfant se tient devant le pantin d’entraînement. Pas de réponse, il attendra, patient. On finira par lui crier dessus, qu’on a pas le temps pour ce genre d’inutilités sur un champ de bataille. Lance vite, lance bien, lance tout de suite. La même voix revient.

«Sayuri? Est-ce que c’est mon tour?»

Je suis prêt à essayer, je crois que j’ai compris comment mieux naviguer à travers l’esprit de quelqu’un, jusqu’où il faut aller chercher, mais je n’ose pas l’arrêter… Si elle finit par me répondre que oui, je le ferai à mon tour, pratiquant une fois de plus l’enchaînement et la première étape pour bien l’assimiler.

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Fouiller ses ténèbres

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Une technique pour fouiller les ténèbres des autres. Pour les connaître, dans leur lumière, comme dans leur ombre, avec ou sans leur permission. 







À ton équipier tu découvrais un aspect, un secret laisser pour contre dans un coin de son esprit. Est-ce que tout les shinobis étaient des enfants brisés ? Peut-être. Cette pensée avait quelque chose de rassurant, de sécurisant. Mais tu la haïssais. À quoi bon te donner corps et âme pour quelque chose si tes efforts ne bénéficiaient personne, pas même cet être qui te donnait l’opportunité d’être humaine de temps à autre, lorsque tu baignais dans sa lumière bleue, lorsque la broche de camélia ornait ta poitrine.

Ta main retomba et tu l’invitas à fouiller ton esprit à fouiller un peu plus creux, un peu plus loin dans ton esprit. Âmes mises à nues, les secrets voulaient en éclat. Tu avais eu peur, mais … mais de laisser quelqu’un caresser des doigts toutes ses choses qui régnaient dans ton esprit, apaisait le brasier dans ton cœur te faisant sentir moins … moins horrible.

Son esprit s’insinua dans ta tête une fois de plus. Et tu le laissas fouiller à sa guise, gardant pour ton secret le plus précieux.

***

Je te hais.


Tu es faible.


Maman me manque.


Elle ne reviendra pas, grandit. Plus vite que ça. Tu ne peux pas rester une enfant pour toujours.


Ça fait mal grandir. Ichizo me fait mal. Les autres sont méchants. Je ne veux pas ...


À moi du futur,
Je veux être comme maman. Elle est forte, gentille. Chaleureuse. Elle prend soin de moi et me protège de tout. J’aimerais avoir une fille un jour et une aussi bonne maman qu’elle. J’aimerais être Yamanaka, rendre maman fière. Tu sais, être kunoichi et maman, ce n’est pas facile. Et on a la meilleure, c’est aussi simple que ça.

Hier, elle m’a prise dans ses bras quand je me suis fait mal et après avoir soigner tout ça, elle a caressé mes cheveux et m’a dit : les petites qui aiment leur maman ne laissent pas les petits bobos les faire pleurer. Elle a embrassé mon front et elle est partie en mission.


À l’enfant stupide que j’ai pu être,
Que penses-tu qu’elle fasses en mission ? Pourquoi te dire de ne pas pleurer si c’est pour noyer son propre chagrin dans l’alcool. Elle te prenait dans ses bras, ses bras qui venait de tuer, ou mettre un homme dans son lit. Maman n’était pas un sainte si elle était comme moi, comme la moi de maintenant. Un monstre froid qui se mentait à elle-même. Non, plus que ça. Elle n’était pas une bonne mère. Elle est morte. Elle t’as abandonné. Elle partait en sachant qu’elle pourrait mourir et qu’elle était la seule personne dans ta vie, la seule sur qui tu pouvais compter. Elle était la seule qui te gardait d’Ichizo … de la réalité.

Mais elle t’aimait.


Aimer ce n’est pas assez, jamais assez.


Tu as mal, c’est normal.


Mal ? Non, non je ne ressens rien. Rien du tout.


Alors pourquoi je te hais ? Pourquoi je hais ces mains qui tuent tous les jours, ce poison que tu aimes tant ? Pourquoi est-ce que je hais le futur que tu dessines.


Faible. Tu ne sais pas ce qui es pour le bien du plus grand nombre. Nous sommes une arme. Remplaçable. Tu n’as pas le temps d’haïr, il faut bouger, passer au suivant, tu vas voir, avec le temps, les visages disparaissent, les cris s’estompent, le sang n’a plus le même goût. On s’y fait. Tu vas t’y faire, comme je m’y suis faite.


Non. Tu n’es pas humaine. Je ne veux pas devenir ce genre de chose. Pas moi ! Pas toi. Je vais grandir et devenir une femme que maman sera fière d’avoir élevée. Je trouverai un homme gentil et nous serons heureux. Quelqu’un comme Shika. Shika est gentil … Se serait bien, non ?


Tu es naïve et stupide. Aucun homme ne voudra d’une femme comme toi. Tu es une enfant bâtarde, tu ne vaux rien. Remercie ton clan de t’avoir gardé après la mort de maman. Remercie-les de te donner un sens à toi qui ne vaut rien.


Mais si je ne peux pas être comme je le souhaite à quoi bon ? Maman … maman s’est-ce qu’elle disait. Je peux devenir tout ce que je veux.


Tu verras. Tu grandiras. Tes rêves, ils seront broyés, ton existence ne veut rien dire si tu ne sers pas ton sang, leur nom, leur gloire.


D’être une ombre, ça ne te dérange pas ?


Pourquoi ça me dérangerait ? Je sers à quelque chose en ce moment, non ? C’est mieux que d’être un poids mort …


***

Ta main se leva repoussant violemment celle de ton partenaire. Tu ne savais ce qu’il avait vu ou entendu, mais … Mais tu étais chamboulée Tu ne pouvais plu le tolérer. Il te fallait respirer. Ton regard clair chercha le sol, ton souffle se calmait lentement.

« Je … »

Ta voix mourrait dans ta gorge et ce n’était pas fini. Rien de tout ça n’était fini. La technique n’était pas terminée, ni pour lui, ni pour toi.

« Dernière étape. Aller chercher les secrets que même la cible refuse de s’avouer … Pousser l’intrusion au maximum, déverser son chakra de toute ses forces, faire exploser les barrières mentales. »

Refaisant les mudras de la technique tes doigts trouvèrent son front avec un peu plus d’agressivité que tu ne l’aurais cru.





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Rattraper des souvenirs au vent

À la hâte, pressée, nerveuse. Elle se place pour le coup final, j’accepte de la laisser faire même si je la trouve un peu trop agressive. Ma première remarque; s’y rendre prend beaucoup de temps, et malgré tout elle ne bouge pas. Je refais l’effort de me détendre après ce lancement brusque.

***

Et si le ciel changeait de couleur?

Et si, en dessous de tout, dans le recoin d’un esprit simplet, se cachait un véritable danger? S’il existait un être assez fou pour jouer avec la vérité, plus gravement encore qu’avec des petits mensonges factices, et qui prendrait plaisir à le faire…

Un potentiel gaspillé, gardé loin des yeux; si on ne peut pas le voir, alors on ne peut pas donner vie à ce secret. Invisibles, les envies sont pourtant réelles; le visage d’une grande famille qui s’amuse dans le jardin, la lueur du soleil abrille chacun, fait éclore les fleurs encore timides du fond d’un coeur commun.

En attrapant les mains de chacun, une après l’autre, la nature finit par se montrer. C’est moi.

Ce que je veux, au fond de moi, c’est protéger mon clan. Je veux servir, être utile, faire s’étendre notre jardin par delà les montagnes, d’un bout à l’autre des forêts. Je choisis, même si ça fait un peu plus mal à chaque pas, d’avancer dans la voie du ninja. J’ai choisi de marcher au milieu de mon clan, d’y tendre mes deux mains, je sais qu’on les attrapera et que j’aurai toujours quelque part où revenir si j’en viens à me perdre au travers les peurs qu’amènent le monde du shinobi.

Je l’ai toujours fait exprès.

Je n’ai jamais cherché à être vu comme une grosse tête, l’arme parfaite, le prochain sage des six chemins... j’ai toujours préféré m’effacer; je n’ai pas de mauvais souvenir, de secret douloureux d’une époque lointaine, de sentiments cachés… Et c’est fait exprès. Les gens recherchent ce qu’ils ne peuvent pas voir, ce qui peut ne pas exister; mes émotions sont juste là, devant tout le monde, et personne n’a encore réussi à les trouver…

Les secrets se cachent bien mieux à air ouvert; j’ai toujours fait exprès, j’ai toujours joué les imbéciles. J’ai vite compris qu’on en demande moins à ceux qui ne savent rien, alors j’ai arrêté de vouloir savoir. Les erreurs ont été laissées derrière, et c’est comme ça que j’ai arrêté de m’effacer; ma langue est liée, les mots ont une force et je sais la peser. Ainsi, sans grandes paroles, c’est mieux que de ne jamais rien dire.

«Si tu veux, je peux perdre...»

«Tu le fais exprès!?»

Oui.

Rien ne sert de gagner, tant que le travail soit bien fait.

Indéfectible, conciliant, efficace, utile. Après tout ça, on peut bien se foutre de ma pomme, ça importe peu. Pourtant, en secret, je serais bien capable de mordre. Vicieux, hargneux, impatient, dangereux. Si les nombreux enseignements du père sont tombés dans le vide, le résultat est le même, j’ai hérité de ce petit brin de folie que j’entretiens paisiblement dans les tréfonds d’un jardin d’amour et de bonne volonté. Je ne suis pas une méchante personne, mais moi aussi j’ai mes colères, mes pulsions...

Certains ont un passé plus trouble ou tumultueux que d’autres; j’ajoute à ma liste de secrets, juste à côté de ma sombre envie de poignarder mon père dans la nuit, ceux que j’apprends de toi. Ils resteront dans la boîte à malice, invisibles, infaisables mais bien réels. Je ne ferais jamais ce genre de chose à mon père, et jamais je n’oserais trahir ton secret.

Si la forme ne peut se joindre et que le fond se tord, si le ciel change de couleur, si j’agis comme un enfant et toi comme un bourreau, si je t’ai bombardé d’un millier d’étoiles, si je n’ai pas la science infuse, si je ne peux pas tout comprendre et si mon imagination échoue à voir tes blessures, j’ai assez de sagesse pour te tendre les bras.

Jamais je ne rejetterais un des miens. Je les aime trop pour ça. Quitte à m’effacer, me perdre, au moins je pourrai être là. C’est tout ce qui compte.

***

Toujours assis, toujours concentré, j’ai pris le temps d’observer la sensation du chakra qui coule dans mon cerveau; je peux ressentir la pression sur mes lobes temporaux, je comprends bien rapidement qu’avec le temps, on forme une connexion avec le cerveau de l’autre. C’est en accrochant son esprit à ces lobes qu’on réussit à obtenir des informations cachées; avec une pulsation constante de chakra, les informations finissent par se délier. Le reste du cerveau donne, après coup et petit à petit, les informations quand son système de mémoire est pris en charge par l’esprit de l’autre.

En faisant toute la réflexion, je laisse Sayuri fouiller les recoins de mon esprit; je ne crois pas avoir quelque chose de bien lourd à cacher…

«Pas trop déçue..?»

Un peu nerveusement.

Est-ce qu’on ressent une différence à avoir quelqu’un à ses côtés?

Je n’ai pas cherché à l’arrêter, je n’ai pas peur qu’elle sache; bien au contraire, je suis certain qu’elle verra que je suis humain et que je ne la juge pas. J’étire un bras pour prendre une gorgée de mon thé, sans trop bouger; je ne veux pas l’empêcher de finir sa fouille.
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Fouiller ses ténèbres

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Une technique pour fouiller les ténèbres des autres. Pour les connaître, dans leur lumière, comme dans leur ombre, avec ou sans leur permission. 







Jeu d’ombre et de masque, un Yamanaka comme je les ai toujours imaginés. Tromper et mentir, cacher son véritable visage dans une mascarade de mots et d’action insensées. L’image n’importe pas. Derrière sa gentillesse se cache sa part d’ombre, rassurant, tellement rassurant. Quelqu’un comme Ao n’est pas entièrement bonté et bonne volonté. Derrière son sourire se une colère similaire à la mienne.

« Non. Non je ne suis pas déçue. Pourquoi le serais-je ? »

Je sais exactement ce qu’il trouvera en poussant la dernière porte. Mon secret, ma faiblesse, mon égarement sous le regard omniscient de la Lune. Il saura tout, verra tout. Il saura ce que je oublier, ce que je ne veux plus sentir ou me rappeler.

« C’est terminé. Tu as … Tu as vu ce que je voulais dire, quand je te disais de te concentrer sur la sensation de se faire fouiller l’esprit. La connexion établie avec ton esprit, c’est intrusif, c’est toi qui te pousses dans l’autre et pas le contraire. J’ai une technique l’échange est mutuel et la sensation est moins … comment dire, moins agressive ? Ici, c’est de l’invasion, tu ne demandes pas la permission, tu prends, tu prends tout, absolument tout tu vide la personne de ses secrets.»

Chamboulée. Ce dernier fragment de ciel, de bleu que j’ai attrapé, si pareil et si différent. Il n’y a rien que je n’ai pas fais au nom de mon clan et lui s’effacerait au nom des siens … Quelle est la différence entre nous, réellement ? Je secoue la tête une seconde.

« Aller. C’est à toi. »

***
Rien ne faisait de sens. Pourquoi ? Pourquoi m’avait-on fait ça ? Pourquoi me suis-je fait ça ? Je me suis autorisée qu’une seule fois à ressentir ce genre de choses et me voilà hanter, hanter par des souvenirs que je voudrais effacer. Une chevelure couleur claire, des yeux comme de petites lune ou d’immenses perles, un regard charger d’affection, des caresses qui m’ont fait croire qu’il pouvait y avoir plus au sexe que le l’acte en soit.

Chaque fois que je ferme les yeux, je le vois lui, la lune, le drap d’étoile et le jardin qui nous entourait. Je sens ses mains sur moi, le temps figé, comme si je m’étais oublié là-bas. Oublier. Je veux l’oublier. L’ignorer. Je veux l’ignorer, l’effacer, mais l’alcool n’y fait pas. Misérable. Je suis misérable et seule, je n’ai rien, plus rien, même plus ma fierté. Il m’a déconstruite et refaite, à l’image de quelqu’un qui s’encombre de l’inutile. Suis-je dans la même voie que ma mère ? Ai-je vendu mon âme à une cause perdue ?

Je me suis fait prendre à mon propre jeu et je me suis brulé toutes mes plumes. J’ai l’impression de plus respirer. J’entends déjà les voix murmurer dans mon dos que je fais exactement les erreurs de ma génitrice. J’apporte la honte et la pitié à ce nom que je me suis jurer de protéger.

J’ai été arrogante. Mon plus gros secret, c’est que je suis arrogante, que je me suis moi-même pousser dans ce ravin et que le chute n’en finis plus. Je tombe, tombe, tombetombetombetom --- il n’y a pas de filet de sécurité, pas d’eau, pas de bras pour me rattraper. Je suis seule et je l’ai toujours été. Il fait noir, si noir, mais ce n’est pas grave, quelqu’un comme moi ne mérite pas le soleil, son soleil. Un soleil comme le sien serait avaler dans mes ombres et mensonges. C’Est mieux de cette façon.

Je dois y croire. Je n’ai pas le choix de le croire, c’est réconfortant, rassurant, moins triste. Un jour je l’oublierai et je pourrai redevenir ce que j’étais. Je pourrai redevenir et ne rien sentir. Non, il me faudrait aussi chasser Ao. Et Yuriko. C’est le meilleur choix. Je le sais, mais je n’arrive pas à m’y résoudre.

Mon plus grand secret … J’ai peur d’être seule, d’être abandonnée.
Je suis abrasive, j’ai peur de m’attacher … j’ai peur de perdre et je perds. Je perds sans cesse quand je n’ai déjà rien à perdre. Je ne comprends pas.

La solitude est tellement froide … j’ai froid et rien ne me réchauffe assez longtemps.




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Prendre tout, ne rien laisser. S’introduire, forcer la main aux neurones jusqu’à obtenir ce qu’on veut, sans pour autant s’appliquer à un plaquage mental comme on le fait lors du transfert de l’esprit. Au fond de moi, je suis rassuré qu’elle ne soit pas déçue. Que la vérité ne viendra jamais à ressurgir. L’idée qu’on puisse – que je puisse, par extension – si facilement fouiller la tête de quelqu’un comme si on fouillait dans un tiroir est fichtrement terrifiante.

Le concept est simple; comme pour la transposition, le contact se fait par impulsions pour bloquer l’esprit de l’autre pour le surcharger de nos propres intentions. Je comprends qu’on peut lutter de la même façon, mais je comprends aussi rapidement que le contact est maintenu, qu’on ne peut pas le cesser à moins de se libérer physiquement (insinuons donc qu’il faut immobiliser notre cible).

«C’est comme ça que je l’ai vu, oui. Je n’ai pas résisté, j’ai bien vu que toi non plus, mais je sais comment tu aurais pu. Si on se ferme assez bien, qu’on se concentre et qu’on relâche assez de chakra, on peut bloquer le chemin de notre esprit. Enfin... pour un moment, je crois. La connection est assez facile, comme quand on exécute la transposition, c’est juste que notre esprit ne se faufile pas hors du corps, on peut parler tant qu’on reste concentré.»

Par contre, établir la connexion est une toute autre paire de manches... La maintenir, c’est peu de chose,  mais l’activer reste un défi; on parle de chercher une zone précise du cerveau et de la noyer de notre propre énergie. Contrairement à la transposition, où on prend contrôle du corps de façon presque mécanique, des facultés motrices, la mémoire est une source colossale et abstraite en comparaison.

Je refais le processus une troisième fois, m’éveillant à chaque étape pour essayer d’atteindre ce tout qui se cache dans le lobe préfrontal et dans l’hippocampe (c’est d’ailleurs pour ça qu’on pose la main sur le front et pas derrière la tête; l’une des zones principales de la mémoire se situe à l’avant, au niveau du front). Allons, une dernière étape!

***

Une femme cachée derrière une personnalité qui n’est pas la sienne, qui vit dans la peur d’être vue comme un fantôme, une chimère au mauvais nom et pourtant aux souvenirs radieux. Quelqu’un qui cherche, à sa façon, quelque chose pour réchauffer son coeur, à la manière d’un rayon de soleil; elle n’a pourtant rien trouvé de mieux pour attendre que la tenue noire de l’ombre, la chaleur des cadavres qui ne se savent pas encore finis, de ce liquide perturbateur et désinhibant.

Forcée de se dire qu’elle ne comprendra jamais les siens, coincée entre sa propre identité et celle de son sang, elle ne peut que se perdre d’un coin à l’autre, à contempler les restants de ses sentiments et de ses rêves, entretenant un espoir secret qu’on puisse la retrouver pour elle...

Souillée au point de voir en noir, incapable de penser au visage de ceux qu’elle doit à tout prix sauver de son propre esprit, de ses mains rougies par le carnage qu’on lui commande. Sayuri est un objet, une machine émotionnelle, elle commence à perdre pied, et même si je sais ce que c’est... Je ne peux pas l’aider.

Elle tombera de très haut, en coupant la propre corde qui la pousse à s’étouffer; elle coupera sèchement ses sentiments et son prestige, son orgueil, ou elle restera plongée dans l’illusion d’être abandonnée de tous. Le potentiel se réveille quand la menace est réelle, je le sais bien; à la croisée des chemins, l’enfant au fond de son coeur tuera le bourreau, brisera la machine infernale.

Elle doit apprendre d’elle-même, je ne peux pas la guider, seulement l’écouter. Quand elle tombera, je devrai la rattraper, quitte à ce qu’elle me tombe dessus. C’est mon travail.

***

Le sentiment d’en avoir terminé avec les derniers mots d’un livre dont la suite n’est pas encore écrite. La main se retire, le chakra s’efface et les secrets se cachent. Un sourire, les mots ne sortent pas; elle n’a pas besoin de m’entendre le dire, elle sais très bien ce que j’ai vu, tout ce qu’elle a pu me donner. Lui confirmer ferait probablement plus mal qu’autre chose, rien ne sert de blesser quelqu’un qui se sent déjà à terre.

Je n’ai pas de pitié pour ce que tu ressens, tu ne voudrais jamais que j’en aie. Ce que je dois avoir, c’est assez de moral pour te soutenir, pour te dire en te faisant un câlin que «tu n’es pas toute seule, tu n’as pas besoin de te cacher...»

Je l’ai dit, et je l’ai fait.

Je ne la tiendrai pas longtemps dans mes bras et je ne la forcerai pas à l’accepter, mais c’est un moment important. «C’est normal d’être fatiguée et fâchée, au moins quelqu’un doit l’être. Je sais que tu n’as pas de temps à perdre avec des trivialités comme ça, mais souviens-toi que les sentiments sont une preuve de force, pas de faiblesse. Un jour, tu en auras besoin et on pourra te donner les nôtres. Je te le promets, je m’arrangerai pour que tu puisses être heureuse sans avoir peur de tout perdre.»

Après ce moment de mélancolie, quand je jugerai le moment opportun de le faire, je reprendrai de la distance et un onigiri. «...Faim?»

Et je sourirai.

Enfin, je sais qui est en face de moi, je sais à qui je parle, sans m’empêtrer dans le voile d’une machine fantôme, frigide. Ça fait du bien de savoir qu’au fond, l’humanité se repose et attend son moment.
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Yamanaka Sayuri



Fouiller ses ténèbres

Yamanaka Ao et Yamanaka Sayuri

Une technique pour fouiller les ténèbres des autres. Pour les connaître, dans leur lumière, comme dans leur ombre, avec ou sans leur permission. 







Le sol s’ouvre sous moi, ma tête tourne sous l’émotion. Je me connais et je sais exactement ce qu’il a vu, entendu, ressentit. Ces choses que je ne m’admets pas à moi-même, ces choses qui hantent les coins les plus sombres de mon esprit. Mon poids, mon secret, ma douleur. Si Kyoshiro avait laissé une marque indélébile sur mon âme, Ao l’a ouverte, l’a mise à nue. Maintenant, il la désinfecte. À la force de ses mots, ses mots dont il a le secret. Ceux qu’il m’a dit lorsque nous nous sommes réconciliés la première fois, ceux qui m’ont chamboulée, ceux qui m’ont offert cette foutue broche que je garde tout le temps dans la manche de mon kimono.

Alors que je le fixe, statufiée, mortifiée à l’idée de … tout, soyons honnête. Il est là et il a tout vu, il sait tout. Ça fait mal, mais c’est … des fers ont été retirés de mes poignets. J’ai honte, mais je me sens plus libre, plus légère et pourtant …

Rien dans tout mon existence ne m’avait préparé à ce qui suit. À cette chaleur qui se répand sur mes épaules et contre ma joue. L’odeur sucré de mon ami chatouille mes narines. C’est réconfortant. Et ses paroles. Ses paroles m’arrachent tout ce que je suis, tout ce que je sais, tout, absolument tout. Je suis mise à nue, vulnérable, fragile. Je me suis transformée en porcelaine et Ao vient de me fracasser au sol … Non. Non ce n’est pas ça, pas exactement. J’étais déjà fracassée, en pièce …

Contre lui, je ne bouge pas, je me laisse aller. Je ne remarque même pas que joues sont humides, que mes mains serrent sont kimono avec force. La seule chose que j’enregistre sont ses mots.

Heureuse ? Non, pas moi, mais l’idée que quelqu’un s’en soucie. J’étouffe. Mon souffle se coupe par instant. Insouciamment, je tente encore de le retenir, ce froid, cette solide, cette peur. Le savaient-ils lorsqu’ils m’ont dit qu’Ao serait mon équipier ? Le savait-il que j’allais briser ? Que j’allais ressentir.

Non. Non. Je ne dois pas … Je ne peux pas … et pourtant.

Pourtant il est plus tenace que tous mes poisons réunis. Il s’infiltre partout, ne pars plus, me consume toute entière. Trop humain à côté de moi qui ne le suis pas assez. C’est mon problème si je suis seule, pas le sien. Pourquoi ? Pourquoi me réconforter ? Pourquoi me promettre le bonheur ?

Dire que je ne cherchais qu’à me reconstruire …

Est-ce que je peux encore être moi après ça ? Est-ce que je peux me relever et redevenir un assassin sans pitié ? J’ai peur de la réponse. J’ai peur de m’être égarée … non. J’ai peur de m’admettre que je me suis perdu dans un ciel clair aux infinis tons plus complexes les uns que les autres. Je me suis perdue avec cette personne qui ne connait pas las malice, cette personne si innocente et si forte et si puissante à la fois.

Ma tête reste contre son épaule alors que je serre de toutes mes forces son kimono. Je reste contre lui, je l’écoute.

« Vraiment ? Tu seras là ? Toujours ? Tu ne vas pas partir comme Kyoshiro et maman ? »

Questions après questions, les seuls mots, les seules phrases que mon esprit ose former.

« Je … Non. »

Je m’éloigne d’un bond et regarde autour de moi. Il ne faut pas être un génie pour savoir que je cherche du saké. À ce point-ci, ce n’est pas par envie, mais par nécessiter. Je dois l’étouffer, cette lueur d’espoir qui nait dans ma poitrine. Je ne peux pas me le permettre pas encore.

Ma main s’étire vers un bouteille, j’en ai toujours avec, ou presque, aujourd’hui n’est pas une exception.




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