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Et la mort lui sera légère (Akihiko)

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « un rendez-vous avec les étoiles »

Longtemps après cela, elle prétendra pester contre les circonstances qui l'ont amenée à Suna en plein milieu d'une période des tempêtes de sable. Il est possible qu'elle ait copieusement ignoré les conseils des anciens à ce sujet, mais bon, ça leur apprendra à être... Eux. De manière générale. En plus de ça, elle leur a préparé un méchant tour pour se venger de... De quoi déjà ? Bha, ça n'a pas d'importance ; au pire, c'est pour quand ils feront quelque chose. Sauf qu'elle aura oublié qu'elle en avait un d'avance à ce moment-là. Ce tour, c'est Kuragari qui était en charge de le déclencher, et elle espère pour lui qu'il s'en sera souvenu, sinon elle va devoir le punir, et c'est toujours l'escalade avec lui.
Enfin, ce qui se passe à Uzushio est bien joli, mais y penser ne l'aidera pas à se sortir de cette situation bien merdique dans laquelle elle s'est fourrée. Elle a pourtant embauché un guide avant d'entrer dans le désert, mais c'était le genre ennuyeux, qui n'arrêtait pas de parler, donc elle marchait de plus en plus loin de lui ; jusqu'à ce que le vent se lève, et le sable avec lui, le dissimulant définitivement à sa vue. Contrariant.
Contrariantes aussi ses réserves d'eau, dont deux outres sur cinq ont été contaminées par les vers à la dernière oasis qu'elle a croisée, plusieurs jours plus tôt. Elle commence à avoir la langue sèche et collante, ce qui n'est jamais bon signe. Elle aurait pu se délester au milieu du désert d'une partie de son chargement et prier pour que les mouvements du sable enterrent les fumigènes qu'elle devait vendre à Suna, mais elle est bien trop fière. Son travail mérite mieux que de dormir dans un tombeau de sable.
Voilà donc comment elle s'est retrouvée, seule dans le désert le plus meurtrier du monde connu - pas autant, cela dit, que les ninjas qui en ont fait leur maison, ces espèces de malades coriaces - à continuer de marcher tout droit en espérant tomber sur la civilisation, tout son barda sur le dos. Heureusement, elle a eu l'intelligence de tout empaqueter dans des sceaux de stockage spéciaux - les normaux ont parfois eu des réactions spéciales à ses adorables composés chimiques - mais quand même, tout ça pèse lourd. La prochaine fois, elle se payera une place dans une putain de caravane.
Elle ne peut s'empêcher de se tendre quand elle commence à tituber. Le soleil caresse l'horizon, et elle sait qu'elle devra bientôt s'arrêter pour la nuit, car son corps n'est pas fait pour endurer les températures glaciales qui règnent ici sous le regard distant des étoiles. Le problème se fait cela dit bien vite sentir : si elle s'arrête, elle ne repartira pas. La soif lui ronge la gorge et le sable a depuis bien longtemps envahi ses poumons, provoquant des toux rauques et épuisées qui lui donnent envie de s'arracher tout l'appareil respiratoire pour faire bonne mesure et avoir la paix. Cela dit, comme elle est civilisée, elle évite.
Ses pensées s'égarent vers son père et Akito - là, elle sait qu'elle commence à délirer. Parce que jamais il ne lui viendrait en tête, dans cette situation, de penser aux deux personnes qu'elle aime le plus et qui la font le plus terriblement souffrir, bien que dans des manières complètement opposées. Tout son corps brûle du fantôme des étreintes d'Akito, de sa main dans ses cheveux et de ses promesses, vides de sens et toujours, toujours réconfortantes. La blessure de la trahison est toujours aussi cruelle.
Pour son père, c'est différent. Il ne sait pas comment montrer qu'il l'aime, si ce n'est en la poussant à relever des défis toujours plus complexes - son amour demeure dans l'estime qu'il lui voue. Il la voit comme un soldat, et pas comme sa fille, plus en tout cas depuis qu'elle est capable de tuer de plus de cinq manières différentes - elle a arrêté de compter ce genre de choses. Maintenant, elle est un soldat, un membre du clan, quelqu'un qui veille sur lui et qu'il veut protéger, mais il n'y a pas d'amour profond ou absolu dans ces idées. Juste de l'affection. Et l'affection n'est pas assez, n'est plus assez. Elle en veut plus. Elle mérite plus.
Ou peut-être pas ? Après tout, elle a fait des choses bien honteuses. L'une d'elles est bien évidemment la cicatrice qu'Akito porte comme un talisman sur la joue, de sa main. Comme si de telles choses pouvaient le protéger de la vie de ninja renégat. Il a toujours cru en des choses absurdes. C'était le rôle d'Eien d'apaiser certaines de ses craintes et de le guider vers un terrain plus rationnel. Elle a failli à son devoir envers lui, pas seulement en le blessant, mais aussi en ne parvenant pas à le ramener sur le droit chemin.
Soudain, ses genoux cèdent, et elle est surprise quand ils touchent le sable avec un bruit mat. Elle sort de ses pensées - les derniers rayons du soleil se fondent dans la ligne infinie de l'horizon - une belle vue, vraiment. Aurait-elle poussé si loin au-delà de ses forces ? Ses mains tremblantes décrochent la dernière outre de sa ceinture, et quand elle l'ouvre et tente de boire, seules l'odeur du cuir surchauffé et une unique goutte d'eau roulent sur sa langue. Elle soupire et se résigne - elle aurait dû le faire il y a déjà des heures.
Elle regarde sans avoir l'impression qu'elles lui appartiennent ses mains rompre le sceau d'une bombe fumigène. Elle lance haut le fumigène, aussi haut qu'elle peut - et comme elle est affaiblie, peut-être que ce n'est pas si haut que ça finalement - et quand il atteint presque le paroxysme de sa courbe, il explose en fumée vert mousse. À Uzushio, elle a donné une classe spéciale à certains élèves de l'Académie pour leur apprendre à utiliser ces fumigènes comme un code d'urgence. Un cauchemar. Vingt gamins dans une classe. Ugh.
Eien frémit dans ses vêtements aussi bien adaptés que possible au désert. Ce ne sera jamais aussi bien que ce que les Sunajin ont à disposition, mais c'était le mieux qu'elle avait pu trouver avant de partir. Le reste de son corps suit ses genoux sur le sable. Elle utilise ses dernières forces pour se retourner, et ses yeux se ferment sur la vision d'un ciel interminable, comme moucheté d'une traînée de diamant. Les étoiles sont vraiment splendides cette nuit.
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Kayaba Akihiko
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Eien & Akihiko


Si le désert semble plutôt humble et paisible pour quiconque l’ayant côtoyé suffisamment longtemps, il en est tout autre pour quiconque un tant soit peu plus fragile (ou éloigné). Aussi, prévoir les tempêtes est une tâche ardue pour quiconque vivant hors des terres parsemées de dunes et autres collinettes ensablées. Tantôt apaisé, tantôt courroucé, l’Empereur n’est guère aisément cernable, même pour ses fidèles Kaigan. Ces derniers, tapis dans l’ombre des ergs ont d’ailleurs cette propension et faculté à prévoir les accès de colère du Maître des Lieux. Aussi, chanceuse est Suna d’être parvenue à étendre l’influence de son réseau d’espionnage jusqu’aux confins du désert. Ainsi, ses habitants également peuvent jouir d’une certaine anticipation et donc ne pas être confronté à pareils cataclysmes.
En effet, en ses heures les plus sombres, l’impitoyable Seigneur peut dévaster nuits et jours les quelques insensés qui seraient tentés de passer par là. Heureusement, peu étaient suffisamment courageux pour s’aventurer d’ordinaire en cette contrée reculée – à en croire les rumeurs et « on dit ». Après tout, la simple idée de pouvoir croiser un Sunajin peut en refroidir plus d’un… comme la peur de se retrouver perdu et piégé toute la nuit, à devoir affronter les températures glaciales des lieux, aux totales antipodes du climat aride présent en journée, lorsque le zénith est à son paroxysme.

Aujourd’hui, le tumultueux semble apaisé et doux. Mais pour combien de temps ? Akihiko a récemment eu des remontées de son réseau comme quoi cela ne tarderait pas à éclater, voire imploser. Aussi avait-il déclaré le code d’urgence au sein du village pour éviter toute perte débile impromptue – notamment au sein des milices. Des numéros à envoyer au casse-pipe, en prévention, en éclaireur, sans ne jamais avoir aucune certitude quant à leur réussite. De la chair à canon, en somme. Est-il seulement d’accord avec cette politique ? Tant qu’il peut en tirer avantage, oui. En tous les cas, Senshi semble toujours aller dans son sens,  quelle que soit la situation. Ce qui lui va bien, pour le coup. Cela dit, il en vient même parfois à se demander si ce n’est pas lui qui décide, tant sont nombreuses les décisions qu’il a pu souffler au creux de l’oreille de son dirigeant.
Quand bien même les informations remontées ne laissent pas présager l’imminente arrivée d’une série meurtrière de tempêtes de sables, Akihiko reste sur ses gardes. Si les fanatiques de Shukaku sont somme toute assez précis quant à leurs prédictions, cela n’en reste pas moins une science inexacte. Aussi reste-t-il aux aguets. Sait-on jamais. Prévoyant et prévenant, il décide également de se rendre auprès des Kusaribe, afin de s’assurer qu’elles aussi sont en sécurité (non pas qu’il doute de la fiabilité de leur cache souterraine), ou qu’au moins la Mère a eu vent des prévisions et qu’elle se soit assurée que ses filles n’ont pas prévu d’aller faire quelque cueillette qui soit dans les prochains jours.

Peu de temps après sa prise de décision, le voilà parti pour les portes principales du Village. Bien sûr, les gardes qui y sont attitrés jours et nuits ne veulent le laisser passer à cause de l’état d’urgence que lui-même a décidé de mettre en place, en vue des circonstances actuelles. Après quelques mots bien placés et surtout après avoir exposé ses raisons et avoir rassuré la milice qu’il ne tarderait pas à revenir, il peut enfin s’élancer – et au pas de course – vers le clan de soigneuses émérites de Suna.
A peine a-t-il franchi la zone de surveillance de la sentinelle (au poste depuis quelques années déjà) que cette dernière l’alpague du haut de sa tour de contrôle. Encapuchonnée, l’Onde Bleue de Suna décline rapidement son identité ainsi que l’objet de sa visite. Rapidement, l’entrevue demandée (ou plutôt, imposée) est organisée et Alexstrasza s’empresse de recevoir son invité de marque. Brièvement, la situation est exposée et la Matriarche comprend qu’elle doit rapidement faire rapatrier ses quelques progénitures qui errent encore au-delà des limites de sa surveillance. De toute sa prestance, la Mère se lève et se dirige au centre de la pièce, trois de ses filles levant sa longue traîne rouge et nacre.
Ses yeux se ferment et l’étendue de ses pouvoirs se concentre d’un coup d’un seul, faisant frémir les sens du Kayaba au passage. C’est toujours un spectacle et un honneur de la voir se concentrer de la sorte. Toujours souriant, Akihiko attend que la mère d’Hakaze ait atteint le summum, résultant en un foudroyant pique de chakra qui éblouit l’ensemble de l’énorme pièce dans laquelle ils se trouvent. La projection est si puissante qu’il doit masquer ses yeux d’un revers de manche (ou de cape) et manque de tomber, trébucher en arrière.

« Mes filles ne sont pas loin et ne tarderont pas à rentrer, annonce la femme aux cheveux de feu. En revanche, d’autres soucis risquent inéluctablement de venir s’accrocher à tes épaules, Akihiko. J’espère me tromper, mais… Elle soupire. L’Artificière n’est pas très loin. Une sentinelle vient lui chuchoter quelques mots au coin de l’oreille. Les tempêtes de sable se dirigent vers nous, clame-t-elle alors que son visage s’assombrit. De plus, un Sunajin te quémande. File, ordonne-t-elle de sa voix calme et douce. »

Sans même prendre le temps de répondre, le blond s’incline face à elle, respectueux, et se hâte de sortir du domaine de clan. Un peu plus loin l’attend en effet un des sbires de l’impitoyable Serika. Encapuchonné lui aussi il se protège tant bien que mal du vent qui n’a de cesse de les assaillir. Pas gêné par ces quelques bourrasques, le Haut Conseiller en profite pour s’allumer une cigarette – qu’il se garde de laisser à l’abri grâce à sa cape. Là, il écoute avec attention et intention le fidèle messager. Apparemment, un chakra a été repéré aux abords de Suna – à deux kilomètres de leur position actuelle, tout au plus – et un fumigène vert aurait explosé haut dans le ciel. Enfin, haut… Tout est relatif. Quoiqu’il en soit, l’homme demande à son Eminence d’aller enquêter et de voir ce qu’il se trame. Akihiko soupire – comme s’il n’avait que ça à faire.
Néanmoins, il accepte tout de même ; si, comme il le pense, Uzumaki Eien est la victime susmentionnée, alors il peut potentiellement tirer son épingle du jeu… ce qui le motive grandement. Sourire carnassier aux lèvres, il se laisse guider par le Chûnin. Après une heure de marche (ce qui est néanmoins très long, surtout à travers les fameuses tempêtes), le duo arrive à destination. Emmitouflé jusqu’au cou pour ne pas subir une attaque traître de l’hiver qui s’installe doucement dans la nuit, ni subir plus de dommages de la tempête que ce qu’ils prenaient déjà, les yeux océans du Sunajin repèrent rapidement une masse noire coiffée d’une chevelure blanche : aucun doute possible. D’un hochement de tête, il fait comprendre au messager qu’il va falloir la porter jusqu’au domaine Kusaribe. Hors de question de la laisser pourrir ici quand sa convalescence peut être ô combien utile à la Sainte Patrie.

A l’unisson, les deux Shinobi portent la désolée Kunoichi, définitivement dans les vapes. Intérieurement, Akihiko espère que son pronostic vital n’est pas engagé. Comment lui soutirer la moindre information dans ce cas ? Les deux hommes reprennent le sens inverse de leur course et se hâtent de l’amener à l’abri, au sein même du domaine Kusaribe. Encore une fois. Là, ce n’est pas une fille qui s’enquiert de l’état de l’Uzushiojin. Ni Hakaze. Non. C’est la Mère elle-même, et ce, pour plusieurs raisons. En premier lieu pour s’assurer que le sable ne s’est pas infiltré dans ses voies respiratoires et n’a pas engorgé ses poumons. Ensuite, parce qu’elle est somme toute dangereuse et a une certaine réputation qui la précède à travers le monde. De cette manière, elle s’assure qu’Eien ne fera de mal à personne et ne risque pas de faire exploser ses appartements. Et enfin, si Suna venait à apprendre de la langue pendue d’une des filles d’Elune que le Haut Conseiller a ramené une étrangère (et d’une autre nation, a fortiori) en tout état et connaissance de cause, alors il risquait bien pire que la peine capitale, jetant l’opprobre sur la nation par la même occasion.
Donc, Alexstrasza fait ce qu’elle a à faire. Pendant ce temps, le blondin s’occupe comme il le peut, tantôt squattant l’espace fumeur du bunker, tantôt s’offrant une coupe de saké, tantôt discutant avec les femmes présentes. Les heures passent et la blessée est menée en chambre de convalescence. Totalement sortie d’affaire, il ne lui reste qu’à prendre beaucoup de repos, selon sa bienfaitrice. Aussi reste-t-il à ses côtés, prêt à l’assaillir de questions à son réveil… ou quand elle en sera capable. Puis il l’entend gémir et bouger un peu.

« Ainsi vous voilà de nouveau parmi nous, l’accueille-t-il. Ne faites pas de mouvements brusques, vous avez encore besoin de recouvrer vos forces, lui conseille-t-il alors qu’une des soubrettes lui apporte une tasse de thé pour qu’elle se sente mieux. Dites-moi… Quelle obscure raison a bien pu vous pousser aussi loin en mes terres ? Demande-t-il, souriant chaleureusement. »

(c) AMIANTE

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « Ok la douleur tu peux t'en aller maintenant ? »

Elle a froid dans cette inconscience, elle se sent petite et perdue, épuisée alors même que son corps devrait user de ce temps pour se reposer. Elle a l’impression d’être très près de se réveiller parfois, et puis de replonger, peu importe combien elle lutte. Plus tard, elle sera horrifiée d’avoir été vulnérable si longtemps. Elle est chanceuse de ne pas avoir été tuée. Les Sunajins auraient pu le faire, et jeter le blâme sur le désert. La noyer dans du sable aurait été si facile.
Et finalement, elle parvient à percer la bulle de brouillard et d’inconscience qui l’entoure. Sa première inspiration est une agonie qui réveille toutes les petites douleurs de son corps. Elle succombe à l’impulsion de hurler mais ne produit qu’un faible gémissement éraillé. Une faible toux lui échappe peu après. Si elle pouvait elle-même s’arracher la gorge à cet instant, elle le ferait. La douleur la crucifirait tout autant, mais au moins, elle serait brève.
Elle aperçoit entre ses paupières entrouvertes une silhouette haute et élancée, de longs cheveux dont à contre-jour elle ne peut distinguer la couleur, et son esprit s’accroche immédiatement à une idée douloureuse et libératrice.
« Akito… »
Sa voix est un soupir gommé par le sable, chargé de tendresse et de langueur. Il lui manque tant qu’il mange ses rêves et hante ses jours. Puis sa vue revient, ou peut-être que l’homme bouge juste assez pour qu’elle voie que ses cheveux ne sont pas noirs de nuit mais dorés par le soleil, et elle…
Merde.
Avoir l’un des Hauts Conseillers de Suna à son chevet ne peut être une bonne nouvelle. Elle ne l’a jamais fréquenté en personne, mais bien entendu, elle a entendu parler de lui. De ses fureurs impitoyables et torrents de tourments prêts à être jetés à la figure de ses ennemis. De son manque de pitié et de son absence de faiblesse. Il est une légende au-delà des frontières, d’une ampleur bien différente que la sienne ne pourra jamais atteindre. Eien ne sera jamais intrinsèquement terrifiante aux yeux de ses ennemis.
Pourtant elle ne montre pas de signe de peur. Au contraire, elle force ses muscles à se dénouer et fait tout pour paraître l’inverse d’une menace. Toute Artificière qu’elle soit, Eien n’a aucun de ses adorables jouets à portée de main. Même les petits morceaux de parchemins qu’elle porte d’habitude entre les couches de ses vêtements - sur lesquels elle a dessiné des sceaux de stockage - ont disparu. Ce qui signifie que quelqu’un l’a fouillée. Euh. Faites que ce ne soit pas ce type. Il est beau ; elle préférerait être consciente s’il vient à la toucher.
« Ainsi vous voilà de nouveau parmi nous, l’accueille-t-il. Ne faites pas de mouvements brusques, vous avez encore besoin de recouvrer vos forces. Dites-moi… Quelle obscure raison a bien pu vous pousser aussi loin de mes terres ? »
Elle ne prend pas la peine de lui répondre tout de suite parce qu’un joli petit brin de femme vient d’entrer dans la chambre et de poser à sa portée une tasse de thé. Avec une adorable paille en bambou, pour qu’elle puisse boire. Comme c’est mignon. Chaque geste lui donne envie d’arracher ses membres et de les jeter au loin, mais elle parvient à tendre la main et prendre la tasse. Un peu de liquide tiède tombe sur les draps, juste quelques gouttes - quel gâchis. Elle en veut chaque atome pour rouler sur sa langue sèche.
Eien prend à peine le temps de sonder la tasse à la recherche de poison - s’ils la voulaient morte ils ne l’auraient pas sauvée de toute façon. La première gorgée est un tourment et une bénédiction. La douleur elle-même ne la dérange pas plus que cela : en tant que shinobi, elle y est habituée. Elle s’est déjà retrouvée dans un état infiniment pire que celui-ci. Être poignardée, par exemple, fait beaucoup plus mal que de quasiment mourir de soif.
Eien boit le thé avec avidité, chaque goutte détendant un peu plus sa gorge martyrisée, et quand la tasse est vide, elle laisse échapper un soupir. Pas vraiment un soupir satisfait d’ailleurs. Elle en veut plus. Une étincelle d’humour pousse la jeune femme à tourner à nouveau son regard vers l’homme qui a manifestement décidé de s’accrocher à son chevet comme une tique au pelage d’un chien. Il est connu pour ses techniques Suiton. Il pourrait lui donner encore à boire. Ou la noyer. Elle préfère ne pas prendre le risque de demander, du coup.
« Je… »
Elle se racle la gorge et résiste à l’impulsion de jeter sa jolie tasse par terre de frustration quand le simple geste lui amène un goût de sang dans la bouche. “D’accord, j’ai abusé, mais est-ce que mon corps est obligé de me le faire payer ?
« Je suis ici pour du commerce, Kayaba-dono. »
Et qu’est-ce que le titre lui arrache la langue… Elle est parfaitement capable de respect, mais le donner gratuitement à cet homme qui n’a encore rien fait pour s’en montrer digne - bon, il n’a rien fait non plus qui conduise au résultat inverse, elle doit bien l’admettre - est tout à fait contre son éthique, pour peu qu’on puisse nommer ainsi sa manière d’appréhender le monde. Cela dit, elle se souvient qu’elle est à sa merci, si l’absence de son matériel chéri n’en est pas une indication claire. Ne pas percevoir les murmures du parchemin entre ses bandages et vêtements quand elle bouge lui manque - une couche de son armure disparaît.
« Je ne doute pas que cette information vous intéresse, donc autant vous la donner tout de suite : je suis venue dans un but pacifique et n'ai donc pas emporté les plus merveilleuses de mes créations. »
Essentiellement pour qu'on ne puisse les lui voler, mais cela, il n'a pas besoin de le savoir. Ou alors il s'en doute. Et elle, elle s'en fiche comme de son premier shuriken. La jeune femme tente de se redresser et, avec un grognement de douleur qu'elle ne peut étouffer tout à fait, décide que finalement elle est bien, là, allongée sur le flanc. Elle peut voir le danger potentiel, la porte, et ne pas avoir trop mal. C'est chouette. Elle resterait bien là un petit temps, à la réflexion.
« Sans doute avez-vous pu observer dans les archives du village que je viens régulièrement faire du commerce à Suna. Vos légions de marionnettistes apprécient mes créations et, quant à moi, j'apprécie l'argent qu'ils sont prêts à payer pour les posséder. »
Eien hausse négligemment une épaule, puis laisse échapper un autre petit grognement de douleur. C'est l'inconvénient avec les médics : quoi qu'ils fassent, ils ne peuvent totalement supprimer les conséquences d'une blessure, à moins qu'elle soit totalement bénigne. Comme en réponse à ses pensées, la cicatrice qui lui barre le ventre pulse de douleur et elle y porte la main, les traits marqués d'un mélange de douleur et de tendresse. C'est tout ce qui lui reste d'Akito, après tout. Elle aime cette blessure comme elle aime chaque part de lui, chacune des bontés qu'il lui a dispensées. Ici, loin du regard désapprobateur des Anciens, elle n'a pas besoin de cacher à quel point son meilleur ami lui manque.
« Dites-moi, Kayaba-dono, je comprends bien que des ninjas étrangers marqués au Bingo Book n'entrent pas tous les jours dans vos frontières et qu'il s'agit d'un problème préoccupant, mais cela me paraît bien peu pour le plaisir de votre compagnie. Serait-ce ma légendaire beauté qui vous a amené ici ? »
D'accord, peut-être y avait-il un antidouleur dans ce thé finalement. Il n'est pas possible qu'elle se mette à draguer son potentiel tortionnaire. Pas vrai ?
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Kayaba Akihiko
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Eien & Akihiko


« Nani ? »

Veut s’exprimer Akihiko, mais aussitôt cette envie se voit réprimée. Après tout, l’erreur est tout à fait compréhensible. Ce sont deux prénoms qui se ressemblent et, au regard de l’état dans lequel l’Artificière a été retrouvé, ne pas être à même de répéter proprement le nom de son bienfaiteur est, somme toute, logique. Ou au moins cohérent. Néanmoins, quelque chose chagrine le bel éphèbe de Suna. Une personne capable de manier les explosifs et autres composés chimiques (et ô combien rares !) serait vraiment capable de commettre pareille erreur, quand bien même est-elle en mauvais état ? Il en doute quelque peu. A cet effet, les questions fusent très rapidement dans son esprit et il ne peut que constater que l’étendue des possibilités est immense. Un ancien petit-ami ? Son petit copain actuel ? Un fiancé décédé (bah, tant qu’à faire, autant transposer sa propre histoire, hein) ? Tant de question auxquelles il ne saurait trouver réponse dans l’immédiat… Hors de question pour lui de s’abaisser à pareilles interrogations de manière totalement brutale, gratuite et frontale. Ah ça non. Elle reste et restera une ennemie (quand bien même ce soit de manière indirecte et malgré les différents échanges déjà orchestrés avec les grands instances de Suna). Aux yeux de la Sainte Patrie.

Pour l’heure, Eien vient de se réveiller et il est tout à fait légitime pour sa personne meurtrie de vouloir hurler tout le saoul de sa douleur. A la grande surprise de son autoproclamé sauveteur, seul un gémissement s’échappe de ses lèvres. Néanmoins impassible, le grand blond reste là où il est, sans prendre la peine de bouger. Pourquoi s’évertuer à ceci alors qu’elle n’est même pas en pleine possession de ses moyens et, pire encore, qu’elle est incapable du moindre mouvement sans hurler mentalement à la mort de l’achever ?
Pour un léger dixième de seconde, Sa Grandeur perçoit une micro-expression typique sur le faciès de son interlocutrice : vient-elle de réaliser à qui elle va avoir à faire ? Après tout, sa réputation ne cesse de le précéder et les légendes qui l’accompagnent ont pour effet de générer la terreur et le mutisme chez quiconque croisant son chemin. Sauf les plus fous. SURTOUT ceux-là. Ceux qui veulent sa tête en échange de quelques maigres Ryôs, quand bien même ils sont supposés être au courant de l’efficacité et de l’aura qui s‘échappent de la Terreur des Profondeurs (bien souvent créées par ce dernier, soit dit en passant). En revanche, le der nier à l’avoir essayé s’en était tout de même bien sorti. Un peu trop bien au goût du Haut Conseiller dont les côtes ne cessent de lui faire mal au possible, et les difficultés respiratoires qui ponctuaient ses crises n’aidaient en rien sa condition.
Mais il persiste. Il persévère. Il lutte de tout son être pour ne rien laisser paraître. Bah, en un sens, c’est l’histoire de sa vie. Ne rien laisser paître. Mentir sur ses émotions et ressentis. Ne jamais être en accord avec ce que lui dicte son coeur ou ses plus profondes envies, ses désirs les plus inavoués… Si son paternel fait partie des pires que quiconque ne souhaiterait jamais avoir, il l’avait quand même forgé (contre son gré, ugh) et fait de lui l’homme qu’il est actuellement ; un roué manipulateur, calculant chaque coup en avance et n’hésitant pas à sacrifier une minorité pour remplir les intérêts et objectifs de la nation pour laquelle il est tant dévoué.

Bref. La macro expression d’Eien, comme son nom l’indique, n’aura duré qu’un dixième de seconde. Un rien, pour le commun des mortels, mais suffisamment longtemps pour une personne de sa stature qui analysait le moindre mot et le moindre geste de ses interlocuteurs. A cet effet, il remarqua également combien elle s’efforce de sembler détendue et décontractée, comme si sa présence la laissait si indifférente. Dans l’absolu, c’est probablement le cas ; Akihiko se refuse d’y croire, tout simplement parce qu’il intimement persuadé d’être le meilleur et que personne, PERSONNE ne saura jamais lui tenir tête de la sorte et reste stoïque face à son aura oppressante et son charisme légendaire… Personne exceptés ses proches et les personnes en qui il est parvenu à placer un semblant de confiance. Mais ça, c’est le sujet d’une toute autre histoire.
En tous les cas, la notoirement célèbre Uzumaki n’est certainement pas une menace : elle a été dépouillée de tout son attirail une fois sauvée et mise sur le billard – simple mesure de sécurité. De plus, la Mère déteste la violence… Elle aurait probablement convulsé à la simple vue de tous ses explosifs et autres objets disséminant la mort sur le sillage.
Une autre question vient d’ailleurs à l’esprit du Kayaba. A-t-elle seulement remarqué ne porter plus que ses bandages autour de sa poitrine ? Si non, alors le résultat promet d’être marrant. Ou détonnant.

Il lui a donc posé les quelques question de bienvenue, celles qu’il aime particulièrement posé à quiconque croise son chemin, soit-il ami ou ennemi. Cela fait toujours son effet, à l’écouter, même si  beaucoup doutent de l’utilité de pareilles palabres, selon le contexte dans lequel elles sont invoquées. Son interlocutrice ne répond pas directement – la jeune Kusaribe qui lui apporte son thé au miel sembler capter toute son attention, surtout avec la paille faite de bambou. Non sans peine, la convalescente parvient à attraper le contenant fait de porcelaine typique du clan mais fait tomber quelques goûtes de sa précieuse boisson sur les draps immaculés. Bah, c’est Hakaze qui risque de gueuler qu’une « autre femme qu’elle ait osé souiller les draps en présence » en présence de son « cher Akihiko d’amour ». Ce n’est pas facile tous les jours, et ça, il n’a de cesse de le penser… Au moins, ça lui fait un peu d’animation entre deux piles de dossiers. C’est toujours ça de pris.
Puis elle boit la tasse jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une seule once, plus un seul soupçon. Parfaitement vide, donc. La Kunoichi soupire longuement (lassitude ou soulagement ? Telle est la question) et tente de répondre aux questions du blond, avant de se racler la gorge. Dans l’absolu, Akihiko pourrait lui donner de l’eau fraîche avec son Suiton. Mais au regard de l’état de la rescapée, il est difficile de dire si elle survivrait à une ingurgitation directe de son chakra hautement condensé.
Elle est là pour du commerce. Mais sans avoir pris la peine de se renseigner sur les différentes catastrophes naturelles en pareille saison. Akihiko haussa les épaules ; une erreur de débutante, mais peut-il seulement la blâmer ? Lui aussi s’est retrouvé à deux doigts de s’ouvrir au terme il y a deçà quelques années. Cette fois-là, c’était d’ailleurs le clan Kusaribe qui l’avait également sauvé. Est-ce là un schéma qui se répète ? Il en doute.

L’Uzumaki est donc venue ici pour commercer, dans l’optique la plus pacifique qui existe. C’en est presque louable et Akihiko serait quasiment touché s’il n’était pas l’homme qu’il est véritablement. Aussi il se contente de simplement opiner et ponctuer ses gestes de quelques sons provenant de sa bouche, tels que « Hm », sans pour autant lâcher son sourire. C’est à ce moment-là qu’il remarque autre chose chez son interlocutrice : ses pupilles sont légèrement dilatées. Rien de bien étonnant : les Kusaribe ont cette fâcheuse tendance à vous bourrer d’antidouleurs et autres antalgiques quand vous êtes en convalescence totale. De quoi la faire se rétablir bien plus rapidement. Il peste intérieurement : voilà qui lui laisse moins de temps que prévu pour fomenter son plan avec un réceptacle de Kekkei Genkai. Voilà qui est tout de même fâcheux…
Il lui faut donc improviser. L’endroit où il pêche le plus. Il est fin stratège mais véritablement aux pâquerettes quand cela concerne la tactique. Sauf en combat. Là, il est plus axé tacticien que sur la stratégie. Kayaba Akihiko est donc un paradoxe vivant.

« Il semblerait, acquiesce-t-il d’un simple hochement de tête. ENCORE. Une question me taraude tout de même : comment une ingénieure aussi brillante que vous peut ne pas s’être renseignée sur les probabilités pour que pareilles tempêtes de sable viennent à tourmenter les terres plus fragiles – et donc ceux qui oseraient les fouler ? Demande-t-il, véritablement curieux. »

Vient ensuite le moment où les antidouleurs commencent à parler à la place de la victime de la posologie visiblement inadéquate – elle semble toujours aussi endolorie mais commence à dérailler.  Ce qui reste quand même assez drôle en un sens. Et si le blondin décide d’en jouer ? Bien sûr qu’il va le faire. En effet, Eien mentionne sa beauté légendaire qui aurait conduit le bellâtre des dunes à venir à elle. Il ne peut s’empêcher de rire à pareille blague et s’approche langoureusement d’elle pour venir placer son pouce et son index autour de son menton, avant de la fixer avec intensité, invitant les yeux de son interlocutrice à se perdre dans l’immensité de son regard océan.

« Pour sûr, votre beauté n’a d’égal que mon charisme. Mais êtes-vous seulement certaine de ne pas avoir été portée par quelques profonds désirs de passer un moment privilégié avec ma personne ? »

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « Ok la douleur tu peux t'en aller maintenant ? »

La soif revient déjà, petite terreur rampante au fond de sa gorge, plantant ses crocs dans sa gorge en se riant de la souffrance qu'elle provoque sur son passage. Eien l'accepte, comme elle est venue à accepter bien des choses ces derniers mois. Un nouvel élancement parcourt sa cicatrice. Son pouce suit la ligne rugueuse et régulière qui à jamais marquera la peau pâle. Elle a failli arracher les yeux de la médic qui a proposé d'effacer cette cicatrice, et ne changera pas d'avis : elle porte une part d'Akito en elle, et il porte une part d'elle en lui.
Elle se rend peut-être un peu compte qu'elle a fait ou dit une bêtise quand il s'approche avec cette démarche de grand chat sauvage et pareil éclat dans le regard. Il doit donner envie aux femmes de son pays de pleurer de convoitise. Akito avait très exactement cet effet sur certaines des filles de leur génération, qui ne comprenaient pas qu'Eien serait toujours sa préférée, sans même avoir à essayer. Elle lui rend paisiblement son regard, bleu pur se confrontant au vert froid. Elle n'a jamais eu un regard très chaleureux, la faute à une couleur tranchante comme une lame. Tant pis. S'il veut regarder, qu'il regarde.
« Pour sûr, votre beauté n’a d’égal que mon charisme. Mais êtes-vous seulement certaine de ne pas avoir été portée par quelques profonds désirs de passer un moment privilégié avec ma personne ? » Elle ne peut s'empêcher de rire, et ce son d'habitude beau et sauvage comme le vent dans la crinière d'un étalon est éraillé et fatigué. Son rire a mis des hommes à genoux de désir ou de terreur. Il lui manque. Elle veut qu'il revienne, maintenant. Elle avale le goût de sang et de sable qui revient sur sa langue, amer et ferreux à la fois.
— Si je dois être honnête, très cher, je dirais que l'idée a caressé mes pensées quand j'ai vu votre visage. Vous avez le genre de beauté que j'aime observer et... Je... Devrais peut-être me taire maintenant ?
En tout cas, c'est exactement ce qu'elle fait. Elle ne rougit pas, pas du tout, ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? Avec une moue, elle tente sans succès de cacher ses joues sous sa couverture. Il est hors de question qu'elle couche pour la première fois de sa vie avec un ennemi théorique de son village, même si en pratique, elle s'en fiche complètement de son village d'origine. C'est sans doute stupide, mais elle a toujours pensé que le premier homme auquel elle offrirait son corps serait Akito, et que ce serait doux, lascif, avec ses longs cheveux dérobés à la Nuit pour murmurer des promesses de plaisir sur sa peau et sa voix pour danser dans ses oreilles. Un stupide rêve de petite fille. Elle n'est même plus amoureuse de lui, depuis longtemps maintenant, et pourtant elle s'est accrochée à cet idéal. Elle a toujours eu ce genre d'idioties dans la tête ; son avantage par rapport à d'autres kunoichis est qu'elle, elle a toujours su le cacher suffisamment bien pour tromper son monde.
— Vous ressemblez beaucoup à quelqu'un que j'ai connu. Et en même temps, d'une certaine manière, vous êtes son opposé - dans l'apparence, en tout cas. Comme le jour et la nuit.
Littéralement, si on s'accroche seulement à la couleur de leurs cheveux. Avant de se rendre compte de ce qu'elle fait, elle tend la main pour en toucher une mèche - l'or sombre roule entre ses doigts comme de la soie. Les doigts du Haut Conseiller sont tièdes contre sa peau. Leur contact est doux et fort ; elle ne peut s'empêcher de se demander pourquoi il a choisi cet endroit pour initier le contact. Le visage est une zone infiniment plus intime qu'on ne le croit. La peau y est particulièrement sensible, et la mémoire tactile prolongée. Une sombre impulsion lui dévore un instant le coeur et elle détourne le regard, enfin. Qu'il garde ces petites victoires. Dès qu'elle pourra partir d'ici, elle fuira aussi loin que possible. Après avoir vendu son stock, bien entendu. Ses priorités ne changeront pas.
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Eien & Akihiko


C’est un océan de malice qui se confronte et se mêle à un tourbillon tranchant de lames lorsque les quatre pupilles semblent se livrer leur bataille du siècle. Sans réelle arrière penser – si ce n’est de tenter de gagner le plus de temps possible afin que son esprit ingénieux soit en mesure de fomenter quelque chose digne de ce nom – l’éphèbe persiste à percer sa proie de son propre regard, tentant même de pénétrer en son esprit et âme. Aussi continue-t-il de regarder avec cette insistance dont seule sa personne connaît le secret… Cette intensité même qui en a fait craqué plus d’une par le passé – et qui en fera en craquer une infinité d’autres. Bah, il ne faut guère le blâmer ; il n’a jamais voulu avoir pareil effet sur la gent féminine. Si toutes craques, c’est qu’elles sont bien malheureuses ou qu’elles n’ont jamais pu contempler la beauté, la vraie. Déjà adolescent, il se rappelle avoir été convoité par moult damoiselles – même des mariées. Beaucoup voulaient (et peut-être en rêvent-elles encore) quelque rendez-vous secret en compagnie du Seigneur des Eaux, une relation tabou, une amourette secrète, une nuit interdite. Hélas, aucune n’a pu jouir de la satisfaction tant escomptée et toutes ont été obligées de trouver consolation et réconfort autrement. Tantôt dans l’alcool, tantôt dans le combat. La mort ? Ce n’était pas impossible, pour les plus désespérées d’entre elles. Mais si tel était le cas, alors Akihiko n’a jamais été mis au courant de si sombres rumeurs.

Le Haut Conseiller, dans sa grande mansuétude, a décidé de faire de l’esprit suite à la rhétorique de l’Uzushiojin, inversant à son tour les rôles. Il sait pertinemment que l’opale ne prendra pas de telles paroles au sérieux, mais il ne peut s’empêcher d’enclencher cette sempiternelle spirale infernale qu’est le jeu de la séduction. C’est une qualité intrinsèque chez le grand blond, pourtant conscient de la dangerosité de ses paroles. Bah, il ne risque rien tant que ce n’est qu’un jeu, n’est-ce pas ? D’autant plus qu’il a définitivement perdu son attrait pour l’Amour avec un grand A, sentiment qu’il se devait de réprimer par le passé et qui s’est envolé en même temps que sa fiancée lui a été ôtée.
Quant à Eien… Cette dernière commence à rire à l’humour du Sunajin. Un rire éreinté et rauque, presque crispant. Serait-ce la faute au sable aux différentes lésions internes subies au sein des répétitions sableuses quelques heures auparavant ? Probablement ? Elle ne devrait pas le récupérer avant quelques temps, le temps que tout son corps l’apaise et arrête de lui donner envie de hurler au martyr. Mais pour combien de temps devra-t-elle encore supporter ce qui l’accable ? Ça, personne ne sait le dire. Une chose est sûre : ce n’est clairement pas le rire qui a déjà tan suscité de l’intérêt auprès de l’Onde Bleue de Suna. Ce triste ne l’avait néanmoins jamais entendu directement ; tout ce qu’il sait de ces éclats n’est que ce que ses agents et autres commerciaux ont pu lui rapporter par le passé. Ni plus ni moins. Néanmoins, son imagine fertile lui a toujours permis de se l’imaginer à la perfection… si tant est qu’il pourrait l’écouter un jour.
L’Artificière se permit ensuite de lui répondre avant de réaliser la situation. Elle drague littéralement et en full frontal son potentiel tortionnaire, mais ça c’est acté depuis déjà quelques instants. En revanche, elle ne semble pas certaine de la pertinence d’avouer ses fantasmes inavoués rien qu’à la vue de son visage. Bah, au final, le concerné en rit simplement et lui tapote le haut du crâne. La Kunoichi rougit et tente – vainement – de masquer sa gêne derrière les draps blancs qui lui ont été gracieusement offerts, faisant la moue. Là, le Haut Conseiller se pose une vraie question : quel âge a-t-elle vraiment ? Au final, ses réactions lui rappellent un peu celles de Hakaze mais… elle a l’air aussi plus ingénue et innocente. De fait, est-elle de beaucoup sa benjamine ?

Enfin, la brebis égarée semble à même d’en dire un peu plus, de se confesser. Son menton toujours entre ses mains, elle ne cesse de le regarder. Pour l’instant. Lui non plus, d’ailleurs. S’il s’agit d’une bataille, alors il la gagnera. C’est inéluctable. Il est bien trop faire pour s’arrêter en temps normal, alors stopper quelque chose qu’il a lui-même commencé ? Ce n’est clairement pas envisageable.
Bref, le numéro deux de Suna apprend qu’il ressemble à quelqu’un qu’elle connait (connaissait ? Impossible pour lui de savoir si elle en parlait avec positivité ou négativité), mais que, paradoxalement, il en est le total opposé. C’est là qu’elle s’empare d’une de ses longues mèches blondes, la faisant glisser entre ses doigts, avant de finalement détourner le regard. Akihiko, lui, finit par s’abaisser un peu – ses côtes commencent de nouveau à le lancer à force d’être baissé de la sorte. Accroupi, il devrait mieux se sentir. Ce qui est le cas. Mais il repasse toute leur (courte) rencontre dans sa tête, mentalement. Ils e demande qui est cette fameuse personne quand, soudainement, une idée lui vient d’un coup, telles des étoiles dans ses yeux. Doucement, il relâche la légère pression exercée sur le doux visage de la maîtresse des artifice, pour au final s’asseoir totalement à même le sol. Il attrape la tasse de sa conviée (de force) et y verse un peu de Suiton dedans. Peut-être que cela aidera sa gorge à se dénouer, et donc que ça l’invitera à se confier d’autant plus.

« Quelqu’un qui me ressemble, répète-t-il. Akito ? Demande-t-il alors en toute innocence. »

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Et la mort lui sera légère
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Enfin il la lâche et elle soupire presque - de soulagement, bien entendu. Elle n'aime pas trop qu'on la touche. Seul Akito avait ce droit. Il l'a sans doute encore toujours d'ailleurs. Elle n'a pas encore décidé. La seule chose dont elle soit certaine à ce sujet est que leurs étreintes lui manquent. Lui seul chassait ses cauchemars quand ils étaient en mission, avec des baisers-soupirs sur ses joues et son front, ses longs doigts peignant ses cheveux blancs jusqu'à ce que la sensation la rende au sommeil, paisible cette fois.
Elle entend plus qu'elle ne voit le Haut Conseiller s'accroupir. Avec sa haute stature, il la garde sans doute toujours dans son champ de vision. Elle a toujours trouvé sa propre taille injuste. C'est compliqué de terrifier ses ennemis quand on mesure à peine plus d'un mètre cinquante. Elle a dû travailler deux fois plus fort pour y arriver. Maintenant, il est acté que l'entendre rire ou hurler sur un champ de bataille n'est pas une bonne chose, et que le chant cliqueté des mécanismes de ses bombes est un chant de mort et de dévastation. Elle a bien travaillé.
Le bruit d'eau qui coule attire son attention. Elle regarde ses mains et la tasse comme un loup affamé le ferait, le même éclat dangereux et avide dans les yeux. Enfin, dangereux... Tout est relatif. Ses muscles protestent toujours autant contre le moindre de ses mouvements. Joie, allégresse et petits papillons dans le monde des ninjas. Bon, la jeune femme doit bien admettre que la douleur s'atténue, mais elle sait aussi qu'on ne peut attribuer ce genre de rétablissement à autre chose qu'à des antalgiques, ce qui signifie qu'abuser de son corps maintenant serait une grave erreur. Elle en payerait dix fois le prix quand les antidouleurs ne feraient plus effet.
— Quelqu’un qui me ressemble. Akito ?
Eien n'a jamais été douée pour dissimuler ses émotions, plutôt l'inverse. Très tôt, elle a dû trouver le moyen de transformer cette faiblesse en arme, et ce n'est pas toujours possible, comme maintenant. Dès l'instant où elle entend le nom de son ami, ses traits sont envahis d'une douleur au-delà de tout ce qu'on peut éprouver de physique, et son regard s'éteint. Elle se recroqueville autour de la cicatrice qui lui barre le ventre, comme pour protéger le souvenir qu'elle porte.
L'Artificière a envie de pleurer, de hurler à la face du monde les larmes qu'elle a dû taire dans les murs de son village - on ne pleure pas les traîtres. Elle retient au moins cette impulsion, son regard désormais terni fixant un point au loin. Même elle, elle est consciente qu'on ne pleure pas devant l'ennemi. Ou le pas-ami. C'est toujours compliqué de déterminer les rapports entre deux nations quand elles ne sont pas en guerre ouverte, mais pas en paix non plus.
— Je n'ai pas envie de parler de lui, Kayaba-dono. En fait, je me sens fatiguée. Pourrais-je dormir ?
Un pieux mensonge - elle est encore douée pour cela au moins. Elle n'a aucune envie de dormir dans un endroit qu'elle ne connaît pas, entourée de non-alliés. Mais s'il sort de cette chambre, elle pourra au moins libérer les larmes qui supplient au coin de ses yeux pour la délivrance. Pleurer est cathartique, surtout pour elle. Elle a beau savoir que les ninjas ne devraient pas avoir d'émotions, cette vision de sa profession la dégoûte. Elle n'est pas un outil, ni une arme. Elle est une personne. Peu importent les implications de ce statut. Elle n'y a même jamais vraiment réfléchi. Elle ne veut juste pas être encore et encore réduite au rang d'objet qu'on use puis jette. Ne mérite-t-elle pas un peu mieux que cela ?
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Eien & Akihiko


Si Akihiko ne se trouve plus dans le champ de vision d’Eien, elle reste à portée de son regard, quand bien même ce dernier se trouve bien plus bas qu’auparavant puisqu’il s’est accroupi. Aussi n’est-il par surpris de voir que le bruit de l’eau qui coule dans la tasse de la rescapée attire l’attention de la concernée ; voilà qui devrait pouvoir faire un bien fou à sa gorge. Encore une fois, le but n’est très certainement pas de l’accoutumer à l’endroit ni de la faire se sentir bien – elle n’est et ne sera jamais chez elle en ces terres, malgré la politique très pacifiste, accueillante et chaleureuse du clan qui a établi son domaine et prêté allégeance (contre concessions) à la grande Nation militariste qu’est Suna.  
Son avidité pour un liquide tel que celui-ci (et relativement déchargé en chakra, d’ailleurs) se fait également remarqué. Telle une louve blessée et affamée, ses yeux verts ne cessent de lorgner sur la tasse qui se remplit petit à petit. Surtout une fois tendue. Tentant d’ignorer au possible la douleur qui n’a de cesse de lui rappeler qu’elle s’est quand même sortie vivante du merdier dans lequel elle s’était fourrée.
Il fallait tout de même avouer que cette tentative désespérée de sa part continue de le tarauder. Encore une fois, comme une fille aussi brillante (à en croire les bruits qui courent et ce dont elle était  vraisemblablement capable) pouvait bien avoir été ainsi lourdée par un simple manque de précaution ? Finalement, peut-être que le réel but de sa venue ici était de se faire sauver par l’étalon des Sables… Bah, il y a quand même peu de chances. Aussi brillant, charismatique et belle gueule soit-il, il reste et restera le Second de Suna… ce qui pouvait refroidir quiconque n’appartenant pas aux régions limitrophes. Ou aux habitantes des grandes Nations ennemis (car oui, ne nous mentons pas, quiconque faisant partie d’une autre puissance est destinée à être écrasée par la soldatesque Sunajin).

Dès qu’Akihiko prononce le nom qu’il a entendu quelques minutes plus tôt, il voit le visage de son interlocutrice se déformer en un rictus mêlant plusieurs émotions intenses, notamment de la douleur et une incurable tristesse. Malheureusement, il est à même de comprendre mieux que personne l’effet que fait d’entendre le patronyme d’une personne qu’on ne sera probablement jamais capable de revoir. Douze ans. Déjà douze longues années que les rêves, espoirs et une partie de sa vie avaient été éradiquées, lui avaient été enlevées, soufflées. Anéanti, il a toujours su montrer le contraire. Mais en vérité, voilà une blessure de laquelle il ne pourra jamais se débarrasser ni se libérer, et encore moins se délivrer. Contrairement à ce que l’on peut dire, le blond mentira à jamais. Surtout à ce propos.
Il sera pour toujours incapable d’oublier son parfum. Ses traits. Le contact de sa peau sous ses doigts. Les siens qui parcouraient sa crinière blonde de Roi du Désert. Le contact de leurs lèvres respectives, cette explosion de sentiments, de saveurs, de douceur, de passion… Toutes ces petites choses qui, mises les unes au bout des autres, formaient le lien qui les unissait jusqu’à ce que l’irréparable ait été commis. Comme ça. Sans raison. Du jour au lendemain. Morte. Gisant dans son sang. Aucun indice, aucune preuve ne leur sautant aux yeux. Ont-ils été si débiles pour laisser un potentiel (dur d’affirmer ceci sans rien qui ne soit véritablement probant et concret) traître.
Aussi Akihiko peut-il comprendre la peine et la douleur qui envahissent la douce (de menton, en tout cas) Eien. Puis elle demande l’autorisation de son soi-disant geôlier pour pouvoir se reposer un peu. Non pas qu’elle le mérite (elle n’avait aucun privilège ni droit dans ces lieux), mais elle doit recouvrer davantage ses forces si elle veut être utile au Don Juan des Sables. Aussi il s’approche une nouvelle fois d’elle, s’incline quelque peu et prends sa main droite entre les siennes. Avec l’attitude d’un véritable gentleman (quel vilain charmeur, voilà qu’il lui baise la main avant de s’éclipser avec grâce.

« Reposez-vous bien, Uzumaki-chan, ponctue-t-il l’ouverture de la porte, de sa voix langoureuse et enjôleuse. Là, il s’en va fumer (depuis le temps qu’il en a envie, quelle libération), adossé à la porte, tentant de voir si elle va finir par craquer ou si elle est véritablement fatiguée. Les minutes passent, aussi se décide-t-il à réellement se désaltérer. Il s’en va chercher une bouteille de saké qu’il n’hésite pas à partager avec les autres Filles, pour au final revenir une heure plus tard, sans faire un bruit… »

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « C'est pas moi c'est ma main »

Elle a refusé de percevoir le courant de compréhension mutuelle qui a un instant saturé l'espace les séparant. Sa peine est une compagne jalouse, violente et exclusive, elle repousse tout ce qui voudrait bien s'approcher d'Eien pour régner sur son coeur sans partage, avec toute la brutalité glaciale de son emprise.
Quand le Haut Conseiller s'approche d'elle encore une fois et prend sa main entre les siennes - pour une kunoichi, elle a les mains calleuses, la faute aux explosifs qui ne font pas toujours ce qu'ils devraient, les petits chéris - elle laisse échapper un petit bruit de détresse et d'étonnement mêlé. Les fantômes qui la hantent ne veulent pas qu'on la touche, ils désirent plus que tout l'espace pour hurler et les lieues qu'il reste encore à courir et parcourir. Un jour, sa fierté finira par plier et elle fuira, éveillant son âme à toute la lâcheté qui lui murmure des promesses creuses en trame de fond de ses pensées. Et quand ce jour viendra, personne ne pourra la rattraper.
— Reposez-vous bien, Uzumaki-chan.
Elle récupère sa main d'un geste sec avant qu'il ne la lâche, peut-être ses ongles égratignent-ils légèrement son menton - elle s'en fiche. Qu'il la laisse, qu'il s'en aille avec ses longs cheveux doux et son odeur d'épices et de soleil qui ne devrait pas lui rappeler Akito. Quand il referme la porte derrière lui, elle compte jusqu'à cinq dans sa tête et, quand le dernier chiffre est passé, enfin, elle laisse la bride dans laquelle elle s'enferme elle-même se relâcher, juste un peu.
Le long soupir qui franchit ses lèvres est torturé, rauque, mais elle ne parvient pas à vocaliser la douleur en la longue plainte qu'elle aurait pourtant aimé laisser sortir. La course de son souffle s'accélère, galopant dans sa poitrine serrée comme un étalon sauvage. Ses ongles, quant à eux, se plantent dans les paumes de ses mains jusqu'à y creuser des sillons en croissant de lune. Les souvenirs qui dansent dans son esprit ne sont pas seulement ceux d'Akito, mais aussi ceux de tous les morts qu'elle a laissés dans son sillage, certains ennemis, d'autres amis, certains condamnés, d'autres qu'elle aurait pu sauver.
Si elle avait été différente.
Plus forte.
Après de longues et agonisantes minutes, elle finit par s'endormir, épuisée par ce torrent d'énergie bien décidé à la submerger. Il lui reste toujours une retenue, un mur à ne pas franchir. Elle n'a jamais trouvé la clé pour desceller les pierres de celui-là, qui lui soutire en permanence le niveau le plus pur de la sincérité et de la spontanéité. Même Akito n'y est pas parvenu - il aurait fallu pour cela qu'il perçoive l'existence de ce dernier blocage. Pour autant, elle n'est pas habituée à s'écouter, à accepter sa détresse comme le monstre affamé de destruction qu'elle est, et s'ouvrir à elle ne serait-ce que ces quelques minutes perdues dans une chambre ennemie l'épuise.
Elle se maudirait plus tard pour avoir dormi.
Les souvenirs ne la quittent pas dans son sommeil : ils se muent en cauchemars. Elle s'agite dans les draps froissés, les traits crispés dans une expression de douleur, avec l'impression que son corps est couvert de sang, son sang ou celui de ses amis - qu'importe lequel est le plus terrible ? Des petits sons de détresse lui échappent comme toujours, elle n'a jamais réussi à les faire taire depuis que ces cauchemars la hantent - ça a commencé quand le senseur de son équipe est mort et quand, pour le venger, elle a tout détruit autour d'elle. Ca ne s'arrêtera sans doute jamais.
Quand dans son rêve ou dans la réalité peut-être elle entend le bruit d'une porte qui s'ouvre trop près tous ses sens de kunoichi se cristallisent et, encore à moitié éveillée elle se redresse, ignorant la douleur qui gronde dans ses muscles et la couverture ramassée en tas à ses pieds, sa main gauche attrape la paille, la seule arme à portée, et lance vers la menace aussi fort qu'elle peut...
Et soit les murs sont très fins, soit les pailles sont très dures, parce que la tige de bambou se plante de plusieurs centimètres dans la paroi, accrochant au passage
une mèche
qui appartient
au haut conseiller.
Elle va tellement finir ses jours en prison qu'il va falloir inventer un superlatif à "perpétuité".
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Eien & Akihiko


Une bonne heure passe. Durant ce temps, le Haut Conseiller de Suna vagabonde ci et là, à la recherche de quoi passer le temps. Bah, Eien ne risque pas de bouger, elle est bien trop meurtrie pour ça et suffisamment sensée pour comprendre que la moindre tentative inespérée la conduirait directement à l’échafaud. D’un côté, cela fait un bon moment que Suna n’a pas eu le loisir d’exercer quelque décapitation et peine capitale en place publique. Pour l’exemple (et amuser les grands pontes), bien entendu. Néanmoins, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, Akihiko n’est que très rarement de l’autre côté ; ce n’est, pour ainsi dire,  jamais lui qui tient le manche de la hallebarde, de la hache, ou le levier de la guillotine (selon les exigence de Senshi). En effet, ce sale boulot est bien souvent confié à un bourreau qui est tout simplement payé pour expier les pêchés de ces âmes égarées.
Mais bon, c’est le côté officiel de ses fonctions. De l’autre côté de la barrière (ou du plafond de verre, appelez ça comme vous voulez), il est souvent caractérisé comme un monstre sans pitié, impitoyable et avide de sang et de douleur. Le soucis est qu’il ne comprend toujours pas d’où peuvent venir pareilles palabres. Après tout, il s’arrange en général pour commettre ses méfaits et autres axés sanglants à l’abri des regards… La seule chose sur laquelle la plèbe peuvent avoir raison, c’est sa propension à ne pas savoir faire dans la dentelle. La demi-mesure est probablement sa bête noire, son Némésis. Bah, il est tout de même mondialement connu pour sa capacité à noyer des quartiers entiers et détruire moult établissements de luxes… et les coureuses de remparts qui vont avec.

En tous les cas, pour  passer le temps, le Kayaba s’est décidé à simplement aller chercher quelque alcool secret (bon, pas tant que ça au final) dans la réserve de la Matriarche directement. Il ne se gêne pas, elle lui a elle-même dit avoir tous les droits en ce territoire tant qu’il fait en sorte de protéger les intérêts du clan, et surtout ceux de ses filles. Ce qui peut souvent mener à des situations on ne peut plus… grotesques, et aux quiproquos quelque peu dérangeants quand même. Pas forcément pour lui. Jamais, en fait. Akihiko sait en rire. Les concernées, un peu moins. Au moins, elles comprennent qu’il est ce genre d’homme que l’on peut caractériser de forteresse imprenable.
Pour résumer, il s’est enfilé une bouteille de saké en une heure, mais marche toujours droit. Il est tout aussi lucide qu’auparavant, pourtant il sent comme un changement en lui. Pas déjà, non… N’est-ce pas ? Il n’est pas déjà en train de se désinhiber ? Voilà quelle est sa plus grande faiblesse. L’absence de masque et de filtres. Redevenir lui-même est sa plus grande peur et aussi le comportement le plus autodestructeur qu’il peut avoir.

Après avoir fait sa petite ronde et fumer ce qu’il devait fumer, il revient jusqu’à la chambre dans laquelle repose Eien, probablement profondément endormie. Bouteille à la main, il se fait le plus discret possible pour ne pas la réveiller – osez dire que le blond n’est rien d’autre qu’un monstre qui n’hésite pas à noyer ses victimes, après ça. Mais… l’Uzumaki semble être hypersensible, même en dormant. Aussi entend-elle probablement le léger cliquetis de la porte qui s’ouvre, de la poignée qui actionne le mécanisme lui permettant de se refermer. Ni une, ni deux, voilà qu’un sifflement retentit auprès des oreilles du politicien… qui voit son incroyable chevelure plantée dans le mur. Ces derniers n’étant pas du tout reconnus pour leur fragilité, il faut admettre que la lanceuse possède une certaine force, ce malgré son état pitoyable, et que le bambou est un matériau très largement sous-estimé.
Mais ce n’est rien comparé à la surprise qui habite le regard de la victime de cette attaque. Encore un peu et voilà qu’il perdait un œil. Triste. Pour le coup, il hésite entre la respecter, lui infliger le courroux dû pour avoir osé abîmer sa crinière sauvage ou…
Ouais. Il rit. A gorge déployée. Et dire qu’il est supposé bien tenir l’alcool. Bon, dans l’absolu, c’est le cas. Mais là, il est plus désinhibé qu’il n’oserait jamais l’avouer. Puis, pour couronner le tout, voilà que d’horribles souvenirs surgissent de nouveau. En une fraction de seconde, il peut de nouveau contempler une scène qui s’était passée avec Aika il y a quelques années déjà. En effet, feu sa fiancée avait encore subi les blagues (idiotes) de son idiot de futur mari. Aussi, pour se venger, elle avait pris un stylo entre ses mains qu’elle lança droit sur une des mèches blondes pendant près du mur, pour planter le tout dans sa cible. Puis, comme elle l’avait fait, Akihiko prend la paille entre ses doigts et la pète en deux, y mettant toute sa force – tout comme la Fûwa. Puis il laisse échapper un autre éclat de rire. Un vrai. Un sincère.

« Je vois que vous récupérez déjà vos forces, Eien, constate-t-il. J’imagine cependant que le sable dans votre gorge doit toujours autant vous irriter. Il soupire, regardant sa bouteille vide. Ne bougez pas, je vais vous chercher ce qu’il faut. Ni une, ni deux, le voilà parti à l’autre bout des baraquements, à la recherche d’une de ces bouteilles vertes avec un dessins de gueule de cerf dessus. Le meilleur anesthésiant pour la gorge qui soit, pour sûr ! Après quelques minutes, le voilà de retour dans l’imposante chambre aseptisée. Il sert ensuite deux verres, un pour lui et un pour elle, puis il lui en tend un. Buvez, cela devrait apaiser ce qui vous démange tant, annonça-t-il, souriant, prêt à trinquer avec elle. »  

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « euh, alerte générale ? »

Le rire la désarçonne, elle doit bien l'admettre. Elle s'attendait plutôt à ce qu'il la noie dans un dragon d'eau, ou une autre technique monstrueuse du genre - les utilisateurs Suiton ont les meilleures techniques, c'est indéniable, enfin, juste après les choses qu'elle fait avec ses créations chéries. Et vous savez quoi ? Elle aurait accepté. Même si ça signifie crever, et d'une manière bien moche, elle sait qu'on n'attaque pas juste un Haut Conseiller comme ça, même avec un projectile pourri sur l'échelle des dégâts potentiels.
Et puis il y a le silence, et quelque chose qui se tend dans l'air. Cela n'aide pas sa respiration encore laborieuse du cauchemar - et douloureuse, merde, ça pique d'avaler du sable, on dirait pas comme ça mais ça fait un mal de chien - à s'apaiser. Elle perçoit un éclat de son regard, hanté comme le sien. Ainsi donc, ce qu'elle avait ressenti quand il avait prononcé le nom d'Akito et vu sa réaction n'était pas un produit de son imaginaire souvent trop fertile. Il a bien, lui aussi, perdu un être cher, le genre pour qui on mourrait sans y réfléchir une seule seconde.
Il rit encore et elle autorise ses muscles noués - aïe - à se détendre, s'asseyant en tailleur sur les draps froissés. Pour toute protection, sa dignité se pare de la couverture qu'elle a fait tomber en se redressant en sursaut, drapée autour de ses épaules comme la cape d'une princesse. Cela ne fait rien pour cacher ses longues jambes minces, dont les lignes sont semble-t-il encore allongées par des bandages qui entourent ses cuisses - et auraient dû cacher une partie de ses parchemins de stockage. Elle espère qu'on lui rendra tout ça quand elle pourra partir. D'accord, elle se baladait avec un arsenal capable, à force de petites charges, de raser un pays, mais c'était uniquement pour vendre.
— Je vois que vous récupérez déjà vos forces, Eien. J’imagine cependant que le sable dans votre gorge doit toujours autant vous irriter. Ne bougez pas, je vais vous chercher ce qu’il faut.
Avant qu'elle puisse répondre, il s'en va déjà. Il y a un joli trou rond dans le mur, maintenant. C'est parfait, cette pièce manquait sincèrement de décoration et maintenant ils peuvent y suspendre un cadre ou quelque chose du genre. Elle est vraiment beaucoup trop serviable quand elle s'y met.
Il revient et lui tend un verre, qu'elle regarde avec un sourcil haussé. Vont-ils vraiment boire de l'alcool ? Elle y réfléchit quelques instants puis hausse les épaules. La vérité est qu'elle se fiche un peu de ce qu'ils vont faire tant qu'elle reste relativement en un seul morceau.
— Buvez, cela devrait apaiser ce qui vous démange tant.
Elle ricane, trinque bien sagement, et avale cul sel. Elle se serait attendue à ce que ça brûle au point de lui donner envie de pleurer, mais non, ça glisse tout seul dans sa gorge et quand ça arrive au niveau de sa poitrine, ça y installe une douce, douce chaleur qui s'épanouit comme le nuage de fumée après une explosion digne de ce nom. Elle soupire, ferme les yeux, et tend son verre pour être resservie. Une fois qu'elle sent le poids du liquide dans sa main, elle recommence la manœuvre. Ce n'est qu'à ce moment qu'un ronronnement satisfait roule quelques instants dans sa gorge.
Et puis.
Et puis il y a comme une sensation de chatouillis dans son ventre et oh merde, elle est ivre. Bon, ce n'est pas comme si elle était en mission. Juste affaiblie et coincée chez un non-allié pour une durée indéterminée. Mais eh, peu importe le flacon tant qu'on a l'ivresse. Non, attendez, c'est pas ça la phrase. Elle glousse faiblement et se laisse tomber en arrière, le mouvement incroyablement gracieux malgré ses sens qui s'altèrent doucement.
— Eh, j'ai plus touché une goutte d'alcool depuis qu'il est parti parce que j'avais peur que ça réveille des sales trucs, mais ça va en fait, c'est sympa. Et toi aussi, hein, enfin je sais pas mais en tout cas tu m'as pas fait tous ces trucs horribles qu'on dit sur toi dans le bingo book alors j'imagine que c'est un bon point.
Elle rit encore, pas tout à fait son rire à faire trembler tes genoux, mais déjà mieux que tout à l'heure, et passe une main négligente dans ses cheveux. Elle ne sait pas qui les a débarrassés du sable du désert, mais ça aussi, c'est sympathique. Il va sans doute falloir qu'elle remercie les gens qui l'ont soignée. Ew. Communiquer. Quelle drôle d'idée. Elle pourra les remercier plus tard en leur offrant des trucs qui font de la lumière et de la fumée. Pas besoin de parler. Meilleure idée donc.
Avec un soupir, elle tend à nouveau son verre, et cette fois, elle lui fait les yeux doux, ceux qui ont affaibli des dizaines d'adultes du village quand elle était petite et qu'elle faisait des bêtises - prétendument par accident, en réalité tout à fait volontairement. Le regard fonctionne toujours aussi bien, parce qu'elle est toujours petite, que son visage est resté joli malgré la cicatrice, et qu'elle a de grands yeux. Une alchimie presqu'aussi satisfaisante que celle du sodium pur au contact de l'eau.
— S'il te plaît ? J'ai encore soif.
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Kayaba Akihiko
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Eien & Akihiko


L’alcool le désinhibe plus que prévu, et les souvenirs d’Aika n’aident en rien sa condition. Pourquoi faut-il qu’Eien ait les mêmes réflexes qu’elle, provoquant quasiment la même scène humoristique que douze ans auparavant ? Il n’en peut plus, de tout ça. Il aimerait tourner la page, mais il ne peut pas. Dans l’absolu, il en a les capacités – latentes – mais il vit sans cesse dans le passé, sans s’en rendre compte. Amaterasu sait pourtant combien sont celles qui donneraient tout pour vivre avec elle, pour passer un peu de temps  avec, pour apprendre à le connaître véritablement. Mais il ne comprend pas. Il se sent coupable dès que ses yeux se posent sur une femme – pas lorsqu’il parle avec le sexe opposé en tout bien tout honneur, bien évidemment, cela serait compliqué vu ses fonctions après tout.
Son esprit partant dans tous les sens et repêchant des souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres, il finit par sortir de sa pseudo torpeur, de ses pensées profondes lorsque le souffle lourd et la respiration laborieuse de la « captive » lui parviennent de nouveau aux oreilles. Il ne DOIT PAS montrer le moindre signe de faiblesse, mais c’est là que leurs regards se croisent.
Et merde. Elle a probablement capté la perte de vivacité et de vie au plus profond de son âme, et pourquoi il avait tout de suite mentionné Akito lorsqu’il l’avait questionnée avant qu’elle ne s’endorme.

Finalement, l’Artificière décide de se détendre à son tour et s’assit sur les draps froissés (et humides, de son fait), jambes croisées. Les muscles apparemment détendus, Akihiko remarque enfin (bah, on blâmera l’alcool pour son temps de réaction) qu’elle porte une brassière faite de bandages et que le drap a quelque peu glissé. Probablement dû à son réveil en sursaut. Alors elle la remet, à la manière de la friperie d’une princesse, et c’est là qu’il remarque d’autres bandages entourant ses cuisses et jambes. Voilà qui est pour le moins surprenant. Blessure de guerres et permanentes ? Cicatrices non assumées ? Stratégie de combat ? Il n’en saurait jamais rien.
Et il a encore soif, le gaillard. L’anesthésiant pour la gorge de la Kunoichi explosive  n’est, en soit, qu’un simple prétexte, une vieille excuse pour justifier son alcoolisme latent (il en avait besoin de temps à autre, histoire de condamner ses souvenirs et  oublier ses démons l’espace de quelques heures). Aussitôt dit, aussitôt fait, il court jusqu’à la réserve et se ramène avec sa bouteille de bonheur liquide. En bon gentleman, il la sert en première (femme et invitée – forcée – aussi c’est bien la moindre des choses), puis se sert à son tour. Le duo trinque et la jeune femme le boit d’une traite… Sous le regard quelque peu ébahi du Haut Conseiller. Finalement, elle glousse et tend de nouveau son verre. Second round. Il opine et la ressert. Sans surprise (cette fois), elle l’avale cul-sec et on peut entendre un ronronnement provenir de sa gorge, quelques secondes. Un doux bruit, pour sûr. Puis elle se laisse tomber en arrière, sans même bloquer sa poitrine, avec une grâce qui lui semble propre. Le blondin sourit et chope une chaise qu’il approche de son lit avant de poser la bouteille sur un tabouret proche d’eux.

Et là, c’est le drame. Elle commence à empiéter sur un terrain un poil trop direct et sensible pour Akihiko qui est tout sauf motivé à faire dans le social. Surtout ce soir. Surtout avec une « étrangère ». Surtout vu tout ce qu’il a en tête et ce qu’il prévoit bien de lui faire subir. Mais d’un coté, si elle vient à se confier, alors il pourra en jouer et ajouter tous ces éléments à la stratégie qui, tout doucement, naît dans son esprit. Que faire… Il soupire discrètement, s’enquille son verre, se ressert et réitère. Deux versus deux. Ils sont bien, là. Il se racle la gorge alors qu’elle commence à le tutoyer. Si lui s‘est rapidement affranchi de quelques masques, la fille des tourbillons aura été bien plus vite… mais aussi plus loin que lui.  Bah, ils peuvent bien se le permettre pour une soirée, n’est-ce pas ?
Il n’en revient toujours pas des légendes qui n’ont de cesse de le faire exister par delà les dunes. A en croire tout ce qu’il pouvait bien écouter ou entendre, il est vu comme la terreur des océans, le maître impitoyable des torrents, le roi des tsunamis (encore que pour ce dernier point, ce n’était pas totalement faux). Les paroles d’Eien confirment également ceci, puisqu’elle constate qu’il est totalement différent de ce qu’elle a pu voir dans le Bingo Book de sa nation.

La demoiselle rit de nouveau et passa sa main dans ses cheveux. Avec une attention qui lui est propre, Akihiko la regarde faire  avec minutie et remarque qu’il n’y a plus un seul grain de sable dans ses cheveux. Il hoche la tête. Les Kusaribe ont vraiment été efficaces pour le coup. Comme toujours, en fait, quand bien même il se rappelle qu’il en restait quelques uns quand lui-même avait été retrouvé sous ce soleil de plomb, agonisant après s’être entraîné TROP dur. Foutu cancer.
Enfin, son verre est tendu, après qu’un soupir ait atteint les tympans de Son Eminence (merci Nobushi). Il arque un sourcil, se demanda si cela est vraiment sage pour elle de boire autant en si peu de temps, d’autant plus qu’elle n’a pas l’air de véritablement tenir ni d’y être vraiment habituée. Mais il soupire et les yeux doux qui lui sont ainsi destinés lui procurent un effet bizarre, étrange, familier. Mais il secoue vivement la tête  avant que d’autres souvenirs ne viennent polluer ses pensées déjà vastes. NON. Il est hors de question qu’il ne profite pas de ce moment avec l’alcool. HORS. DE. QUESTION.

« Il ? Répète-t-il. Akito, est parti ? Souffle-t-il cette fois. Serait-ce un traître ? Il n’en sait rien et peut-être ne voudra-t-elle pas lui dire l’absolue vérité. Bien sûr que je suis sympa, scande-t-il en haussant les épaules. Mais il faudra un jour m’expliquer pourquoi tout le monde me prend pour un monstre sans déconner. Au début, c’est amusant, mais au bout de plusieurs années, c’est d’une lassitude… Il soupire. Wow. »

« Bah, si t’insistes, claque-t-il du tac au tac, son verre lui aussi rempli. Kanpai ! Scande-t-il en faisant tinter son récipient contre celui de sa camarade de beuverie. »

Lui, qui ne fait plus d’effort pour marquer son titre via ses paroles ? L’alcool l’a  véritablement atteint. Le pire est à craindre… Enfin bref. Le problème qui commence à naître, en revanche, c’est que l’alcool appelle le tabac. Cela fait une heure qu’il n’a pas fumé, aussi son addiction commence à hurler au plus profond de son cerveau et appuie sur tous les boutons possible pour se manifester. « Hey, j’suis là ! Lâche-la voir un peu et occupe-toi de moi, grand dadais ! » Aussi, pour être tranquille quelques temps, le voilà qui se recule du lit d’Eien et se dirige vers l’unique fenêtre à travers laquelle il peut admirer les étoiles brillantes de cette fraîche nuit. Puis, une fois posté devant et sans pour autant piper mot, prenant l’air mystérieux qu’il affectionne tant, il l’entrouvre et herche son paquet de cigarettes dans ses poches, à tâtons, tapotant sur l’ensemble de sa tenue. Un sourire satisfait s’empare de son faciès une fois qu’il met la main dessus (ou les doigts, pour le coup). Il se l’allume doucement, guettant la captive en coin, regardant par-dessus ses lunettes fictives. Puis il reprend la boîte cartonnée (enfin, boîte…) et la lui jette avec rapidité et précision, juste entre les sens. Vengeance pour la paille dans les cheveux.

« Fumeuse ? Demande-t-il, avant d’ajouter avant qu’elle n’ait le temps de répondre : bah, sers-toi si tu veux, maintenant que t’as le paquet entre les mains. Tout sourire, il attend de voir sa réaction et sirote une goutte du verre fraîchement (re)servi. »

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Et la mort lui sera légère
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Il y a une sorte de règle tacite parmi les autres ninjas de l'âge d'Eien. Une règle qu'ils se sont assurés de transmettre aux bars du village, avec un kunai pour menace si c'est nécessaire : on ne laisse pas boire l'Artificière si on n'est pas sûr qu'elle est totalement désarmée. Ou mieux, on ne la laisse pas boire tout court. Au début, les taverniers ne prenaient pas trop cette consigne au sérieux ; au fil des ans, ils ont compris la raison de l'existence de la règle et elle a dû commencer à aller boire sous Henge. C'était ridicule. Ca l'est toujours.
Cela dit, depuis la désertion d'Akito, personne n'a essayé de se mettre entre la bouteille et elle, comme si elle risquait de perdre le contrôle à la moindre contrariété. En toute honnêteté, ce risque n'est pas à négliger, même encore maintenant. Parfois, elle a l'impression que toute sa colère, toute sa détresse et toute sa solitude vont exploser comme les plus belles de ses bombes et la changer en monstre glacé et cruel. Serait-ce vraiment mal ? Si elle ne peut plus ressentir, elle ne peut plus souffrir. Et elle est lasse de toute cette douleur.
— Il ? Akito est parti ?
Un petit grondement bas franchit la barrière de ses lèvres quand elle entend son nom, encore. Elle n'est pas assez ivre pour supporter sans broncher la sensation de déchirure qui l'étouffe quand elle pense à lui. La part de son âme qui se rebelle contre ce qui est injuste, ce qui est mal, hurle sans discontinuer depuis qu'il est parti. Depuis qu'il n'est plus à ses côtés. Depuis qu'elle a fait couler son sang.
— Bien sûr que je suis sympa. Mais il faudra un jour m’expliquer pourquoi tout le monde me prend pour un monstre sans déconner. Au début, c’est amusant, mais au bout de plusieurs années, c’est d’une lassitude… Wow.
Elle hausse les épaules mais ne répond pas particulièrement, pas tout de suite. D'abord parce que son verre est toujours vide, ensuite parce que... Eh bien, elle comprend. Au début, l'idée de s'être fait un nom d'ampleur internationale la remplissait de fierté, mais maintenant... Elle est fatiguée des regards chargés de terreur de ses opposants quand ils prennent la mesure du blanc nacré caractéristique de ses cheveux et de la cicatrice sur sa joue. Même ses prétendus alliés la traitent avec prudence, comme si elle était aussi instable que ses bombes. Elle doit bien admettre qu'ils n'ont pas tort, surtout en ce moment, mais ce n'est pas en agissant de cette manière qu'ils arrangeront les choses.
— Bah, si t’insistes. Kanpai !
Elle trinque avec lui et, cette fois, elle prend à peine plus de temps pour goûter réellement l'alcool. Il est bon, et doux sur sa langue. Elle se demande un instant s'il lui sera possible d'en acheter avec l'argent de la vente de ses produits. Si on les lui rend pour qu'elle aille en faire commerce. Cela dit, tenter de lui voler ses créations serait, aux yeux d'Uzushio, une sorte de crise diplomatique. Ils ne respectent rien tant que le commerce. C'est la seule raison pour laquelle elle peut vendre ses oeuvres à un autre village - à condition que les plus récentes, les meilleures, soient toujours réservées au Village des Tourbillons. Ce qui est assez juste, en soi. Elle s'en fiche, tant qu'elle peut se faire de l'argent, et voyager. Être respectée pour autre chose que pour les dommages terribles qu'elle cause sur n'importe quel champ de bataille.
Son champ de vision périphérique capte le mouvement et tente de l'intercepter, mais l'alcool a déjà commencé à refermer son étreinte langoureuse sur ses membres et le geste est trop lent. Elle couine tout de même quand le paquet de cigarettes la heurte entre les seins et s'accroche un instant aux bandages avant de tomber pile dans le creux entre ses jambes en tailleurs. D'accord. C'est bien visé.
— Fumeuse ? Bah, sers-toi si tu veux, maintenant que t’as le paquet entre les mains.
Sans la moindre once de gêne, elle lâche la couverture qui lui servait de cape, laissant le tissu glisser le long de son dos dans un doux murmure, et attrape de cette main le paquet échu entre ses cuisses. Elle le regarde un instant puis secoue la tête et le renvoie sur la table de nuit d'un geste tout de même plutôt assuré pour quelqu'un qui vient de s'enfiler trois verres d'alcool fort.
— Nope. Aucune envie de me trimbaler une toux affreuse si je vis assez longtemps pour connaître mes petits-enfants.
Elle a toujours été négligente avec l'idée de sa propre mort, qui ne l'émeut absolument pas. Après tout, elle avait déjà accepté l'idée, le jour de la désertion d'Akito. Il aurait pu la tuer, elle aurait été heureuse et soulagée que ce soit de son fait, qu'il la soustraie à l'agonie de son absence. Cela explique peut-être pourquoi elle a vite mis de la distance entre son guide et elle, dans le désert. Elle ne supportait pas ses bavardages, ses coups d'oeil amicaux et la manière dont il blaguait sur l'idée de se rapprocher pour se tenir chaud dans les nuits glaciales de la mer de sable. Franchement, quand on a les cheveux couleur pisse et une voix qui part plus du nez que de la gorge, vaut mieux fermer sa gueule et se faire moine.
— Tu sais, je crois que les gens pensent nous faire une faveur en disant ce genre de choses de nous, en nous élevant presque au rang de légende. Comme si les ninjas avaient besoin d'une réputation...
Elle le regarde encore, sous la douce frange de ses cils, toujours pratiquement nue. Elle s'en fiche. Elle sait qu'elle est belle d'une certaine façon, qu'elle n'a pas à avoir honte de ce corps. Et de toute façon, elle a toujours manqué de pudeur - avec l'alcool, c'est juste pire.
— Par contre, un truc sur lequel les racontars ne mentent pas, c'est ton apparence, hein ? Il y a des filles par chez moi qui rêvent de dompter le prince du désert. Maintenant que je t'ai vu, je pourrai leur dire que tu n'es pas du genre à te laisser apprivoiser, plutôt l'inverse, hm ?
Elle est observatrice après tout, et certains signes ne trompent pas. La force dans ses mains, la manière dont il se tient, dont il bouge. Tout en lui est force et assurance, et tous ces indices l'appellent plus sûrement que le chant d'une sirène pour un marin.
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Eien & Akihiko


Si Akihiko semble n’avoir cure de sa condition de cancéreux, il n’en est pas forcément de même pour tous ceux qu’il côtoie. Au contraire, même. Peu de se ses connaissances ne sont très enclines à accepter de partager la moindre cigarette en sa compagnie – non pas à cause de cette dernière, mais à cause des risques engendrés par le tabac ainsi inhalé. Mais le Haut Conseiller est intelligent et gentleman, aussi comprend-il parfaitement lorsque ses propositions sont déclinées – il fait l’effort et a la politesse d’offrir, on ne peut certainement pas lui enlever ça.
Bah, d’un côté, lui aussi devrait arrêter. Il en demeure, malheureusement incapable. Un vice est un vice et, une fois celui-ci bien ancré dans les affres de notre psyché et de notre train de vie, il est bien trop compliqué de s’en débarrasser. Pour certains, ce n’est pas le tabac mais l’alcool. Pour d’autres, le sexe ou encore la baston. Les exutoires de la vie quotidienne restent somme toute variables et dépendant surtout de ce dont nous avons véritablement envie, dans le fond.

Malgré toutes ces histoires de vices, le blond ne parvient pas à trouver totale délivrance – c’est peut-être d’ailleurs pour ceci qu’il fume toujours autant et s’aime, souvent, à baigner de tout son être dans l’Ivresse, la grande. Celle qui lui a fait oublier, momentanément, des souvenirs dont il voudrait bien se débarrasser. Celle qui lui a également permis de profiter d’autre chose que de ses fonctions et de son esprit surdéveloppé pour se contenter uniquement d’assouvir ses envies les plus primaires et bestiales… Quitte ce que son esprit les occulte totalement.
Grave erreur. Cela n’aurait dû jamais arriver et, le jour où Son Eminence s’en rendra compte, toute sa vie basculera du tout au tout.
En tous les cas, Eien également semblait incapable de se défaire du traumatisme subit il y a quelques années. Le simple grognement à l’énonciation du nom d’Akito le lui fait comprendre. Désolé ? Pas le moins du monde. Bien trop fier pour ressentir ceci à l’égard d’une inconnue (ou même de quelqu’un qui connait, en fait). Mais il reste compréhensif et n’aborde pas plus le sujet. De toute façon, l’Uzumaki ne répond pas et elle le lui a dit plus tôt : elle ne veut pas en parler. En attendant, l’Onde Bleutée de Suna comprend pertinemment que le fameux Akito est (ou au moins, était) proche d’elle. Est-il mort ? Simplement déserteur ? Il ne saurait trop le dire. En revanche, émettre des hypothèses est tout à fait dans ses cordes. Mais comme il n’en a pas particulièrement grand-chose à faire, il décide de ne pas s’attarder plus longtemps sur ce détail.

Enfin, revient le sujet de la notoriété, soit-elle légitime ou non, de chacun d’eux. Elle est connue à travers le monde pour sa propension à tout faire exploser sans état d’âme ni scrupule, à être aussi instable que ses jouets ô combien prolifiques alors qu’en réalité… elle semble vraiment différente. Ou peut-être est-ce dû à sa récente convalescence et rencontre avec les tempêtes courroucées du désert ? Bah, peut-être un peu des deux. En tous les cas, le Kayaba ne s’est jamais trop basé sur les racontars, comme elle le dit si bien, pour juger untel ou untel. Non. Il préfère largement se faire son propre avis sur les personnes ainsi rencontrées et donc en tirer profit à sa manière. Après, il ne va certainement pas cracher sur des informations en amont afin de savoir directement sur quels points appuyer pour faire plier ses proies mais les risques que cela ne soit en aucun cas vrai avait tendance à le rebuter. Heureusement qu’il possède un vaste et puissant réseau d’espionnage !

Enfin bref. Tous deux finissent par être resservis des doigts d’ange du Haut Conseiller avant que les deux contenants ne se heurtent en un tintement cristallin. Puis elle manque de faire un (nouveau) cul-sec tandis que le serveur d’une nuit se lève pour aller fumer. Puis il lui jette le paquet, pile dans le clivage de sa poitrine. Quelle précision ! Et ce, malgré l’alcool qui commence à embrumer ses sens et le désinhiber totalement. Danger ? Peut-être, peut-être pas. Tout dépendra de l‘Uzujin. Pour en revenir au paquet, ce dernier s’accroche désespérément aux bandages qui recouvrent ses monts pour enfin entre ses jambes en tailleurs. De mieux en mieux !
Comme dit précédemment, en gentleman (et don Juan) qu’il est, le Sunajin lui propose une cigarette, maintenant que le paquet est en sa possession. Sans grande surprise, elle refuse et envoie le paquet sur la table de chevet situé non loin de son lit de soin.

« Bah, comme tu veux. Puis, à propos des racontars susmentionnés : Mais je SUIS une légende, dit-il avec un grand sourire aux lèvres, jouant avec la fumée précédemment inspirée pour en faire quelque forme qui soit. »

Et là, quelque chose se passe qu’il n’a certainement pas prévu. Un regard de braise et un langage non verbal qui en signifie énormément. Vraiment énormément. C’en serait presque malsain s’il n’avait pas été l’homme qu’il est réellement. Il le lui rend ce même regard en s’approchant doucement d’elle, mais toujours avec une assurance qui lui est propre, comme pour l’intimider.

« Parce qu’elles me pensent réellement domptable ? Demande-t-il avec rhétorique, plaquant de nouveau ses doigts sur ses joues et son menton, comme il l’a fait la première fois, quoiqu'avec un peu plus de force. Puis, de l’autre, il invoque un fouet aqueux grâce à son affinité primaire, sans même en faire les mudras. L’arme temporaire se tord dans tous les sens, se frottant et chatouillant les cuisses découvertes de sa proie. Penses-tu vraiment qu’une seule âme soit capable de me dresser ou de m’apprivoiser ? J’espère que tu sauras leur faire passer le message que jamais elles n’auront l’ascendant sur moi autrement que dans leurs rêves et fantasmes les plus dévergondés, jamais... siffla-t-il d’une voix pernicieuse et lascive, son regard planté dans le vert tranchant de la Kunoichi. »

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Et la mort lui sera légère
ft. Akihiko | « oups »

La conversation légère, un peu badine, lui convient parfaitement. Il y a peu de risques de glisser à nouveau sur des terrains plus déplaisants. La séduction est après tout un moyen comme un autre de se protéger. Son regard vert pâle décrypte les informations données par la gestuelle du Haut Conseiller, se perdant en hypothèse au milieu de faits avérés - pour combler les trous.
Il s'approche, toute son attitude hurlant la brutalité refoulée, la puissance et le désir plus ou moins secret de faire plier quelqu'un, mais elle, elle ne recule pas. Pas le moindre mouvement pour fuir. Sans doute parce que son instinct de survie s'est brisé quelque part sur la lame d'Akito. Cela lui a posé quelques problèmes dans les deux missions qu'elle a prises depuis la désertion de son ami, mais jamais de ce genre. D'ailleurs, est-ce que ce sont vraiment des ennuis ? Pour l'instant, elle n'en est pas convaincue.
— Parce qu’elles me pensent réellement domptable ?
Elle hausse légèrement les épaules. Ce que pensent ces filles, ce n'est pas ses affaires, pas vrai ? Et leurs fantasmes stupides de gamines qui n'ont jamais vu la laideur du monde... Non plus. Elle est d'avis, bien entendu, qu'on devrait interdire aux futurs ninjas de lire des romances vides de réalité et de sens, qu'on ne les envoie pas sans préparation dans un monde prêt à toutes les atrocités pour les faire souffrir. Mais qui écoute son avis ?
Cette fois, les doigts du Haut Conseiller s'enfoncent légèrement dans la peau douce qui recouvre la ligne de sa mâchoire. Ca ne fait pas vraiment mal. Et même si c'était le cas, elle n'est pas sûre de ce qu'elle aurait fait. Se soustraire à sa prise semble futile. De toute façon, ce n'est pas son genre de fuir. Elle est trop fière. Le genre à ne jamais accepter de rester à terre.
Elle écarquille légèrement les yeux quand un fouet aqueux naît dans l'autre main du Sunajin. Une inspiration brève et sèche lui contracte la poitrine. Son instinct, ce traître, ronronne au lieu de hurler. Quelque part au fond d'elle, une petite voix trop faible supplie qu'elle se défende contre cette menace, qu'elle détruise. À quoi bon ? Elle n'en a même pas envie. Elle laisse la mèche du fouet lui caresser la jambe et frémit sous ce contact étrange, intime.
— Penses-tu vraiment qu’une seule âme soit capable de me dresser ou de m’apprivoiser ? J’espère que tu sauras leur faire passer le message que jamais elles n’auront l’ascendant sur moi autrement que dans leurs rêves et fantasmes les plus dévergondés, jamais...
Elle hoche doucement la tête parce qu'il ne fait que répéter l'évidence. Personne ne le bridera jamais. Elle doit douloureusement pencher la tête en arrière pour ne pas quitter son regard du sien et elle sait qu'il l'a fait exprès. Tous ces petits signes subtils sont présents à dessein et parfaitement maîtrisés. Sur combien de femmes a-t-il exercé cette attitude avant de la lui confronter ? Elle s'en moque. Elle ne sait pas elle-même qu'en faire. Si elle ouvre ses cuisses, il n'y a pas de retour en arrière, surtout pour elle. Le trésor sans valeur qu'elle garde un peu comme on traîne une charge sera parti. Elle n'est pas sûre que ce soit une mauvaise chose, mais si cela se savait, elle aurait sans doute son lot d'ennuis.
— Bien sûr que non, je ne pense pas que tu puisses être dompté. Regarde-toi...
Elle soupire, et peut-être, peut-être que ce soupir est langoureux, peut-être que dans sa voix il y a cette pointe de désir qu'elle n'a jamais exprimée auparavant, à quiconque. L'alcool est un bon compagnon, qui presse juste là où il faut pour que ses murailles s'écroulent et qu'un feu doux, d'une autre nature que celui de la boisson, lui ronronne au creux du ventre. Elle veut, elle veut...
Quoi, exactement ? Et comment prendre ce qu'elle veut et dont l'idée lui échappe ? Sous l'impulsion d'un instinct assourdi, elle appuie brièvement sa joue contre la main qui tient encore en place son visage et ouvre les jambes, se défaisant de la position de tailleur dans laquelle elle se trouvait auparavant. À présent, le Haut Conseiller se trouve entre elles, même s'il est encore trop loin.
Ce n'est pas assez.
Ses deux bras se lèvent, les mouvements volontairement lents et dénués de toute menace, pour s'accrocher au poignet et au biceps du membre qui l'empêche toujours de baisser les yeux. Elle n'essaye pas de l'écarter, se coulant plus encore dans l'étreinte distante et intime. Aucun de ses muscles ne montre de résistance, et elle ne se soucie pas du fouet toujours dressé comme une promesse contre elle. L'idée est toujours diffuse, mais elle sait un peu mieux maintenant ce qu'elle veut.
— Tu es plein de promesses, Haut Conseiller, mais vas-tu me donner ce que tu me montres là ?
Son ton est joueur, doux, son sourire paisible. Seuls ses yeux sont parfaitement sincère, la nuance de vert plus du tout froide, mais enflammée de désirs sans doute honteux.
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Kayaba Akihiko
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the shattering



Eien & Akihiko


Si certains peuvent penser que le Haut Conseiller n’est bon qu’à coucher à droite à gauche et profiter de sa position pour simplement se dévergonder, ils se mettent le doigt dans l’oeil. A vrai dire, le simple fait de poser les yeux sur une autre femme le rebute, d’autant plus dans un contexte qui se veut plus intime qu’il ne devrait l’être. Mais être Shinobi et numéro deux d’une nation implique de choisir entre sa dignité et les informations. Akihiko a choisi ces dernières. Pourquoi ? Pour le bien de Suna. Pour la notoriété de son Kage. Au diable sa propre image (quand bien même cette dernière est tout de même bien plus forte et grande que ce qu’il n’aurait jamais pu espérer quelques années en arrière). Le Monstre des Mers, comme beaucoup l’appellent, est connu mondialement et sa réputation n’a de cesse de le précéder. Les légendes mystifient son  nom qui, dans les peuplades les plus reculées, est même considéré comme tabou. Qu’est-ce que cela serait s’il avait fait le choix de préserver sa dignité aux dépens des renseignements ?
Occuper ses fonctions implique donc moult tâches, comme la paperasse administrative. Honnêtement, il y a plus stimulant et il ne lésine pas sur les plaintes à ce sujet. Ensuite, il lui arrive fréquemment de devoir réparer les pots cassés, que cela soit en interne ou en externe. Par la diplomatie ou la force. Ah, la diplomatie… Sa bête noire. Lui qui a horreur d’établir des concessions et caresser dans le sens du poil, voilà qu’il doit en user pratiquement tous les jours pour permettre à Suna de ne guère trop pâtir des excès de zèle de ses compatriotes… Bah, d’un côté, c’est aussi cette même éloquence qui lui a permis d’atteindre son poste actuel et de se forger pareille notoriété. En un sens, il doit probablement aimer se jouer de ses interlocuteurs, quand bien même il réfute son attirance pour l’art de la langue.

En tous les cas, là, entre quatre murs avec pour seul public Eien, il peut se permettre d’ôter quelques masques qui le gênent habituellement, laissant ainsi ses pulsions prendre le dessus. Oui, l’Uzujin a un corps que beaucoup de femmes rêveraient d’avoir, ou d’hommes qui raffoleraient de le toucher, de passer une nuit avec. Si l’alcool avait, jusque là, permis aux deux de se sentir mieux (et surtout de faire passer les maux de gorge de la nacrée), il semble avoir quelques propriétés bien plus profondes et libératrices pour la Kunoichi. Qui, d’ordinaire, n’aurait que pour seule réaction des yeux qui s’écarquillent à la manifestation d’un fouet aqueux qui peut tout simplement vous étrangler jusqu’à ce que mort s’en suive ? Seuls les plus téméraires. Ou les masochistes. Est-elle de ces dernières ? Il va sans doute bientôt le découvrir. Mais pourquoi toute cette mascarade s’il se refuse à toucher une femme ?
Grand débat qu’est l’acceptation du corps d’autrui, pour le Kayaba. Coucher avec l’une ou l’autre le fait se sentir coupable vis-à-vis de feu Aika, cette fiancée qu’il n’oubliera jamais. Tous les jours, il pense à elle. Toutes les nuits, elle hante ses rêves, soient-ils apaisants ou, au contraire, destructeurs. Mais alors, pourquoi agir de la sorte avec l’Uzumaki (qui est on ne peut plus réceptrice à la stature dominante du blond, qu’on se le dise) ? Encore une fois, pour Suna. Excuse générique ou véritable abnégation de la part du blond ? Seconde option. Elle est détentrice du Kekkei Genkai Uzumaki. l’art des Sceaux et des Chaînes a, à de nombreuses reprises, prouvé son efficacité. Imaginez si la Sainte Patrie, la Grande Nation, pouvait mettre la main sur ces gènes aussi puissants que complexes… Elle ne s’en rend probablement pas compte de par le contexte qui les lie, mais Akihiko a bel et bien décrété de l’enfante pour en faire la poule aux œufs d’or, SA poule aux œufs d’or. Non content de rendre Suna la belle encore plus puissante et imposante, il s’imagine déjà élevé une armée d’enfants soldats aux propriétés sous-jacentes à même d’empêcher toute une armée d’avance ou de se battre.
Bien sûr, cela revient à miser sur le long terme. Mais le Haut Conseiller est un roué stratège, aussi préfère-t-il gagner la guerre, quitte à perdre une bataille. Un plan sur plusieurs années mais qui, il le veut, portera ses fruits. Il n’a d’autres choix. Et si Eien n’est pas capable de donner naissance au même rythme qu’Alexstrasza, il n’aura qu’à utiliser les premiers réceptacles et tributs pour implanter les propriétés intrinsèques à sa descendance pour les implanter en d’autres enfants. Bien sûr, il sait également que Suna n’a pas encore les meilleurs qualifications pour ça et, contrairement à ce qu’il peut imaginer, il pourra potentiellement engendrer une nouvelle ère de la médecine… jusqu’à surpasser les progressistes immoraux de la nation des Tourbillons.
Bon plan ? Cela en a l’air, en tout cas. Et si les bambins ne récoltent pas ce qu’il souhaite, alors il y a de grandes chances pour qu’eux aussi deviennent de grands maître du Suiton. En tous les cas, il ressort gagnant de ce machiavélisme qui a de quoi faire pâlir le plus dérangé des psychopathes. Si pour lui, tout semble être normal et figé dans les mœurs, il y a malgré tout de grandes chances pour que moult âmes des Sables refusent d’être solidarisés à son entreprise… Sauf peut-être Senshi (il a intérêt à approuver, de toute manière), voire Takeshi.

Pour l’heure, le bellâtre se doit de reprendre l’ascendant… Ou, plutôt, de l’affirmer encore un peu plus. Si la belle ne s’est pas (encore) défaite de son emprise, lui prend plaisir à la maintenir dans cette position de faiblesse et asseoir encore un peu plus sa suprématie naturelle. La tête penchée en arrière, il sait combien cela lui demande de ne pas gémir de douleur – après tout, son corps entier est encore meurtri, malgré les antalgiques et autres décontractants musculaires dont elle a été gavée avant de reprendre véritablement connaissance et conscience.
Soudain, la voilà qui soupire. Mais elle n’est pas lasse. Bien au contraire. Une pointe de désir ponctue sa voix tandis que le souffle ainsi libéré de ses lèvres semble langoureux et demande plus qu’une simple poigne sur le menton. Sa main prenant pleinement appui sur son doux visage (et sa cicatrice), Akihiko la regarde avec intensité sans pour autant sourire. Non… Le temps des jeux est révolu et l’heure de passer au sérieux semble être de mise. Le regarde austère mais avide de désir, il n’a de cesse de lorgner sur sa proie qui a l’air d’en vouloir même plus que lui – le ronronnement de son ventre en témoignant. Puis elle ouvre les jambes, laissant le soin à son tortionnaire de prendre place entre elles, restant toujours froid et distant alors que le fouet joue sempiternellement avec sa cuisse.
Ses doigt fins viennent ensuite prendre appui sur les muscles du Sunajin qui ne relève pas la lenteur (du moins, il le fait exprès) de ses gestes. Il apprécie particulièrement cette notion de domination qui lui est propre et la voir ainsi soumise a la propension à réveiller et déclencher quelques bas instincts en lui. Elle se veut joueuse ? Alors lui aussi va jouer, mai probablement pas selon les mêmes notions et critères. Le Suiben enroulé autour de son bras gauche vient légèrement claquer sa peau immaculée avant de s’emparer lentement de ses poignets… pour les contraindre l’un contre l’autre en un claquement et la priver de leurs mouvements et liberté.

« Est-ce que tu désires réellement, profondément, l’Artificière ? Lui demande-t-il à son tour, pernicieux mais désireux également, son front se plaquant contre le sien. »

(c) AMIANTE

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