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Time to move on, old friend [PV Tadake Yuriko]

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Tadake Kyoshiro
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Time to move on, old friend
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Au lieu de se lever et d'aller courir sous la douche comme il le faisait chaque matin, pour commencer la journée du bon pied, le jeune homme restait là dans son appartement silencieux, assis sur le bord du lit, ses pieds nus posés sur le sol glacial de sa chambre. Les mains refermées sur ses genoux, légèrement voûté, le jeune homme était resté dans cette position inhabituelle depuis son réveil, une bonne demi-heure plus tôt. Sa respiration était lente à en juger par le rythme avec lequel sa poitrine nue se gonflait et s'affaissait, on aurait pu croire qu'il avait du mal à se réveiller mais ce n'était pas du tout le cas. Il était parfaitement réveillé et conscient de son environnement, il était en pleine possession de ses moyens et pourtant il lui était aussi difficile que pénible d'envisager l'idée de se lever. Pourquoi ? Non pas à cause d'une quelconque incapacité physique de plus mais bien parce qu'aujourd'hui allait être une journée très spéciale, une journée dont il avait redouté l'approche mais qu'il ne pouvait désormais plus fuir.

Alors qu'il serrait les dents, rassemblant ses forces pour enfin se redresser après une immobilité presque éternelle, le jeune shinobi passa une main absente dans sa chevelure avant de se diriger vers la salle de bain d'une démarche lente et pesante, tentant de maintenir une statuée droite malgré le poids sur ses épaules ne demandant qu'à voûter son dos. Il savait très bien que traîner ne changerait rien car il devait le faire, il devait effectuer ce petit rituel aujourd'hui afin d'aller de l'avant et ne pas rester bloqué dans le passé. Plus facile à dire qu'à faire, sans doute était-ce la raison pour laquelle tout  lui semblait plus pénible spécifiquement aujourd'hui.

Délaissant son habituelle bande de tissu rougeâtre qui ne l'accompagnerait pas aujourd'hui, Kyoshiro prit une profonde inspiration avant de se préparer sobrement pour ce rituel. Sa tenue du jour ? Un pantalon noir et un t-shirt  à manches courtes de la même couleur : sobriété avant tout.

« Putain, déjà 8 ans. »

Cette phrase claqua et brisa le silence qui s'était installé dans ce modeste appartement, rappelant au jeune shinobi – si cela était encore nécessaire – qu'aujourd'hui était le huitième anniversaire de la mort de son plus fidèle et proche frère d'armes. À cette idée sa main gauche se referma nerveusement sur l'objet longiligne entouré d'un tissu blanc qu'il tenait à amener avec lui là où reposait son défunt compagnon. Chouette journée,  hein ? Si cela se passait comme les autres anniversaires précédents, le Tadake finirait par noyer sa douleur et le reste de sa culpabilité dans la bouteille de toute façon.

Serrant son autre main jusqu'à ce que ses jointures ne se mettent à blanchir, le guerrier de l'ombre sortit de chez lui en claquant violemment la porte derrière lui, amenant avec lui l'objet longiligne attrapé un peu plus tôt ainsi qu'une bouteille de saké et trois sakazukis. Aussi pénible et douloureuse que puisse être cette célébration morbide il devait le faire, il le devait à son camarade car ce serait la toute dernière fois qu'il viendrait visiter sa tombe.
Contournant les artères principales du village pour n'être dérangé par personne, étant certain de ne pas être de bonne compagnie aujourd'hui, l'aveugle ne mit que quelques minutes à arriver jusqu'à ce rassemblement ce stèles funéraire où il n'avait pas mis les pieds depuis une année complète. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi ne pas se noyer dans l'alcool ou le travail comme il avait si souvent l'habitude  le faire ? Non, c'était pénible mais son ami méritait au moins cet égard.

Silencieusement, comme toujours en ce lieu, le jeune homme arpenta les allées pour se diriger vers la droite, là où reposait le jeune Adachi depuis maintenant huit années. Il sut instinctivement où s'arrêta et posa deux doigts timide sur la petite stèle devant lui, comme une poignée de main discrète ou un premier contact après une longue séparation. Où était sa sœur, d'ailleurs ? Pas encore arrivée apparemment mais cela ne saurait tarder, elle non plus n'allait pas rater cet événement.

En attendant le jeune shinobi resta donc assis devant cette stèle, les mains posées sur ses cuisses et la tête légèrement penchée vers le sol comme s'il rassemblait ses pensées, ce qui était d'ailleurs le cas. Pourquoi ? Parce qu'il devait dire un dernier adieu à son ami, jusqu'à leur prochaine rencontre de l'autre côté du voile tout du moins, ce qui n'était pas chose facile et demandait un minimum de concentration.

« Il fallait bien que ça arrive un jour. Ne m'en veux pas. »

Oh que cela allait être pénible.




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Tadake Yurikô
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" La gloire est le deuil éclatant du bonheur. "




Il existait des jours où le sommeil se refusait à vous., qu'importait la fatigue qui vous rongeait le corps, le cœur et l'esprit. Il vous obligeait à vous retrouver face au vide et à la vacuité de votre propre existence qui ne tenait à rien. Morphée vous privait de ses bienfaits, de l'oubli et du repos. Cette nuit là, ce fut la malédiction de Yuriko. Allongée négligemment sur son lit, son regard noir se portant sur un plafond froid et dépouillé, ses longs cheveux ruisselaient en suivant les pliures de ses draps froissés. Elle était pâle et ressemblait à la mort, couchée sur son linceul glacé. Elle se demandait où étaient ses promesses, si elle avait réussi à les tenir tout au long de ses années. Du chemin avait été parcouru et pourtant, la douleur agissait toujours comme un étau dans sa poitrine lorsque la date de sa disparition s'approchait. La jeune femme n'était pourtant pas une personne de particulièrement sentimentale, pas dans le sens romantique dont elle ne connaissait que les contours des visages heureux ou amers de ceux qu'elle pouvait observer. Cela lui avait toujours semblé étranger jusqu'au jour de leur dernière discussion. Puis elle y repensait à chaque anniversaire.

La kunoichi finit par se détourner de la voûte de son appartement pour enfouir son visage dans son oreiller. De drôles d'images la saisissaient, dont beaucoup était gouverné par des "et si...". Elle savait pertinemment qu'il n'y avait rien de plus ridicule car elle se tourmentait pour rien. Elle ne pourrait pas revenir en arrière et elle ne referait pas le monde. Il fallait qu'elle avance. Encore et toujours. Son esprit cartésien reprit alors le dessus pour forcer les mauvaises pensées à s'en aller... jusqu'à ce qu'elle fusse rattraper par ses songes somnolents... et que le soleil se leva.

Ce matin là, ces rituels étaient toujours les mêmes. Elle s'observait devant un miroir, elle et cette figure qui lui paraissait inerte. Elle s'entrainait à sourire pour que cela fasse vrai, tirant sur ses joues pour mimer l'esquisse qui ne venait pas toujours naturellement. Cela finissait toujours par un long soupir avant qu'elle ne s'attelait à peigner ses cheveux d'ébène, puis à les coiffer. Elle choisit de se vêtir d'un kimono aux couleurs sombres qui arborait tout de même un motif fleuri. Il était à la fois sobre et élégant mais on sentait que le choix n'était pas anodin. Tout était dans les détails. Lorsqu'elle quitta sa demeure, elle avait emmené avec elle une sorte de petit panier. Elle prit le chemin du centre ville où elle acheta un bouquet d’œillets jaunes. C'était un cadeau qui lui rappelait la couleur de ses cheveux. Un détail de plus.

Sans plus attendre, elle se rendit à son point de rendez-vous où semblait-il, son frère se trouvait déjà. Kyoshiro était assis devant la tombe, silencieux et toujours habité par une sombre culpabilité. Dans ces moments là, il perdait toute sa lumière. Sans véritablement chercher à se montrer furtive, Yuriko arriva à la hauteur de son jumeau.

" Bonjour Kyo. "

La jeune femme ne dit rien de plus et s'agenouilla devant la stèle, posant son petit panier à ses côtés. Muette, il y plongea les mains pour en sortir un petit vase qu'elle déposa devant avant d'y ajouter le bouquet qu'elle venait d'acquérir. Dans un autre geste, elle sortit aussi des bâtonnets d'encens qu'elle alluma et plaça à côté des fleurs. Elle ferma les yeux et porta ses mains en prières. Yurikô demeura quelques instants ainsi avant de prendre la parole.

" Huit ans... Combien de temps comptes-tu encore te le reprocher? "

La jeune femme tourna son regard vers Kyoshiro. Elle n'exprimait pas d'émotion particulière, mais elle voulait que lui aussi avance.... tout comme elle s'efforçait à le faire.... bien qu'elle avait accepté de vivre avec son fantôme.

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Tadake Kyoshiro
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Tout individu normalement constituée faisait tout son possible pour fuir la mort comme la peste, sachant pertinemment que son étreinte glacée le changerait à tout jamais et pas de la meilleure des façon. En effet la mort d'un être aimé semblait emporter une partie de l'âme de celui qui était laissé tout seul dans ce monde, comme si une partie de lui était morte avec l'être aimé et, si certains grands écrivains avaient décrit le deuil comme étant composé de 5 étapes, en vérité chaque personne réagissait différemment à ce genre de perte. Mais dans ce domaine-là les guerriers de l'ombre, les shinobis étaient des individus véritablement hors catégorie car ils n'avaient de cesse de frôler la mort tout au long de leur périlleuse existence. Certains pourraient trouver cela stupide et suicidaire que de chercher à se mettre en danger pour une cause soi-disant plus grande qu'eux, certains y voyaient-là une addiction à l'adrénaline mais, quelle que puisse être leur raison, chaque shinobi connaissait forcément le deuil à un moment de son existence. C'était inévitable.
Certains shinobis restaient bloqués dans le passé et visitaient très régulièrement la tombe de leurs défunts camarades, comme Kyoshiro l’avait lui-même fait lors des premières années qui suivirent la disparition de son camarade, mais d'autres parvenaient à se couper de toute émotion pour éviter de souffrir. Avec du recul le jeune aveugle aurait aimé pouvoir tout enterrer en lui, il aurait aimé ne plus rien ressentir mais il ne savait pas faire autre chose que vivre les choses pleinement. Il vivait sa vie à cent à l'heure, à 200%, se prenant en pleine figure le bon comme le mauvais en essayant de faire le tri avec plus ou moins de sucés.

Il avait donc encaissé la nouvelle au point de se retrouver jeté à terre et avait fait du bien qu'il pouvait pour continuer à mettre un pied devant l'autre. Devant cette tâche colossalement difficile il avait triché, il avait noyé sa peine dans toutes les boissons alcoolisées à sa portée afin de ne plus rien ressentir que cette lourde transe, que ce sentiment de décoller du sol plutôt que de s'écraser face contre terre. Il s'était isolé pour masquer sa peine aux yeux du monde mais n'avait jamais vraiment pu tourner la page, peut-être en l'avait-il tout simplement pas souhaité comme si fuir cette responsabilité pourrait faire disparaître les souvenirs de cette tragique journée.

Ses sombres pensées furent légèrement repoussées par l'arrivée de sa moitié, sa sœur de corps et de cœur, qui le salua assez sobrement compte tenu des circonstances. La réponse du mâle fut à peu près sur le même ton :


« Sœurette. »

D'habitude il était le soleil alors qu'elle était la lune. D'habitude il était fort et souriant, la stature droite et la tête relevée, tout l'inverse de la posture qu'il présentait aujourd'hui et la belle Tadake l'avait sans doute déjà remarqué. Kyoshiro écouta bien sûr la question de sa moitié mais n'y répondit pas pour autant, déjà parce qu'elle lui était très familière et aussi parce qu'elle était quelque peu déplacée. Sans un sourire ou aucune autre réaction, le jeune homme se tourna vers sa sœur et croisa son regard en levant ses deux paupières, dévoilant ses deux orbites immaculées dont la vision mettait mal à l'aise pas mal de gens.
Elle voulait lui poser une question personnelle et directe, cela impliquait de la regarder dans les yeux même s'il ne « voyait » pas vraiment comme tout le monde.


« Ceci est le dernier jour où je viens ici, si cela répond à ta question. »


Puis, au bout de quelques secondes ainsi passées, il ferma ses paupières et posa sa main sur la bouteille de saké et les coupelles amenées avec lui pour l'occasion. Tour à tour il posa les trois coupelles sur le sommet de la stèle funéraire avant de laisser couler l'alcool dans chacun de ses récipients. Puis, alors que les trois coupelles étaient finalement remplies, Kyoshiro coupa le silence qui s'était de nouveau installé pour lâcher ce qu'il avait sur le cœur depuis un petit moment.

« Je...je ne crois pas t'avoir déjà raconté les circonstances exactes de sa mort. Tu l'as découvert alors qu'il rendait son dernier souffle, c'est une chose, mais veux-tu que je te dise le reste ? Je lui dois au moins ça. »

Le groupe avait été divisé en deux lors de la mission fatidique, sa sœur était restée avec le chef d'équipe et les deux parties n'avaient été réunies que trop tard. Peut-être était-ce même le cri de désespoir du jeune Kyoshiro de l’époque qui avait attiré ses deux autres co-équipiers vers lui mais, au final, il avait été le seul à savoir vraiment comment Tetsuo était décédé.
Même dans son rapport il avait été volontairement flou, même quand on lui avait posé la question il avait toujours passé sous silence les détails de la mort de son ami en donnant pour seule réponse que c'était un sabre qui avait à travers la poitrine qui avait été le coup mortel. L'auteur de cet acte était connu, peut-être toujours en fuite encore aujourd'hui, aussi le rapport fut accepté et le jeune Tadake fit tout son possible pour ne plus évoquer ce jour-là durant les années qui suivirent.
Seulement voilà aujourd'hui était la journée où il allait tourner la page. C'était une journée très spéciale et, compte tenu de la situation, l'honnêteté était le mort d'ordre. Il ne pouvait pas garder cette vérité pour lui et lui seul, il voulait la laisser ici...Derrière-lui.




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Tadake Yurikô
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Kyoshiro ne se montra pas particulièrement bavard à son arrivée. Il avait le visage morne et attristé, un visage qu'elle n'aimait pas à avoir contempler animé par de telles émotions. Aussi loin qu'elle se souvenait, elle avait toujours souhaité que son frère soit un homme heureux, qu'importait ce que cela pouvait impliquer. Bien qu'elle ne soit pas la première née, elle agissait toujours comme l'aînée, protectrice et à veiller sur lui. Il n'en avait certainement pas besoin mais cela était dans son tempérament. Elle n'y pouvait rien. Il était son frère. Point.

Lorsqu'elle s'agenouilla, les prières qui furent les siennes étaient destinés à Tetsuo, leur ami perdu. Elle le traitait encore d'imbécile, encore et toujours. Elle n'avait jamais cessé comme s'il y avait en cette invocation quelque chose de rassurant, une manière de conserver son souvenir encore vivant. En réalité, elle ne lui pardonnait toujours pas son geste, même les années passant. D'ailleurs, elle n'en avait jamais parlé à qui que se soit, même son frère. Qu'elle eut pu être troublée par le passé n'aurait rien changé à leur présent.

Quand elle eut fini et qu'elle interrogea directement Kyoshiro, ce dernier prit la peine de la regarder droit dans les yeux. Si cela avait été quelqu'un d'autre, peut-être aurait-il détourné le regard. Pas Yuriko. Elle connaissait ses orbites opalescentes mieux que n'importe qui puisqu'elle cherchait à ce que ces dernières soient habitées par la couleur.

« Ceci est le dernier jour où je viens ici, si cela répond à ta question. »

Pour elle, ce n'était pas forcément une bonne justification. Ne plus venir porter le deuil ne signifiait pas ne plus en ressentir la culpabilité. Cette dernière pouvait vous suivre n'importe où, elle ne possédait aucun lieu de culte si ce n'était celui de son esprit. La kunoichi haussa simplement les épaules, sachant pertinemment qu'il ne verra pas ce geste mais elle se contenterait simplement de ces mots. Elle l'observa ensuite poser les coupelles de saké et les remplir comme un rituel d'amitié.

« Je...je ne crois pas t'avoir déjà raconté les circonstances exactes de sa mort. Tu l'as découvert alors qu'il rendait son dernier souffle, c'est une chose, mais veux-tu que je te dise le reste ? Je lui dois au moins ça. »

La jeune femme resta silencieuse et porta son attention sur la stèle de leur camarade.

" C'est donc cela qui te tourmente? Les circonstances qui l'ont conduit à la mort? "

Yuriko soupira. Elle n'était pas certaine d'être désireuse de le savoir, elle ne l'avait pas été à l'époque. Si tel avait été le cas, il y a bien longtemps qu'elle lui aurait posé la question. Cependant, la mort de Tetsuo avait touché son frère plus violemment qu'elle-même car ils étaient incontestablement plus proche. Toutefois, si Kyoshiro était prêt à parler aujourd'hui, elle ne pouvait manifestement pas lui refuser de l'écouter, ne serait-ce que pour le libérer de son secret.

" Et bien parle. Je t'écoute. "

Son regard n'avait pas quitté la tombe glacée de leur ami.


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Tadake Kyoshiro
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Les parents faisaient toujours leur maximum afin de préparer leurs enfant à une future vie qui ne serait pas toujours juste et merveilleuse, ils faisaient de leur mieux pour transmettre leurs propres valeurs à leurs progénitures afin d'établir des bases sur lesquelles l'enfant pourrait grandir ensuite. Voilà ce que des parents étaient supposés faire mais, malgré tous les conseils et les leçons du monde, il y avait une poignée d’événements que même les plus beaux discours ne préparaient pas à encaisser sereinement. La mort venait au sommet de cette liste, elle était le plus fort et terrible événement qu'une personne n'aurait jamais à affronter dans sa vie et, malgré tout le soutien que l'endeuillée pouvait recevoir, il n'y avait que cette personne et cette personne seulement qui pouvait lutter pour ne plus être paralysée par le désespoir. Kyoshiro n'avait pas réussi à passer ce cap, pas tout de suite en tout cas. Au lieu de chercher le soutien de sa sœur, de ses parents ou ses autres frères d'armes il s'était isolé et avait opéré un silence radio total pendant plusieurs semaines, ne sortant que très rarement de chez lui.
C'était sans doute sa fierté masculine qui l'avait empêché de se montrer en public, de se montrer comme l'épave qu'il était alors et, bien égoïstement, il avait laissé sa jumelle traversée cette épreuve toute seule. Même s'il n'en parlait jamais il savait très bien que la belle avait mis sa vie entre parenthèse depuis sa naissance dans le seul but d'aider son incapable et aveugle frère, ce dernier savait donc qu'il n'avait rien à demander ou exiger de sa moitié car elle avait bien assez donné en deux décennies et demi d'existence. Mais non, malgré ce constat il avait encaissé la perte de plein fouet sans chercher à se protéger, il avait laissé son désespoir le noyer sans même à chercher à aider sa sœur et, clairement, c'était aussi impardonnable que la faute qui avait mené à ce deuil. La faute qu'il n'allait pas tarder à expliquer.

Il laissa de côté le ton de Yuriko qui relevait presque de l'impertinence, comme si ce que Kyoshiro allait dire semblait presque futile, de l'ordre du détail sans importance. Essayant de ne pas laisser cette irritation prendre racine, le jeune homme prit une profonde inspiration tout en plongeant dans ses souvenirs formés de sons et d'odeurs, de sensations et d'émotions depuis longtemps enfouies en lui.

« Tu te souviens de la mission ? Tetsuo et moi avons été séparés du reste de l'équipe ? Nous sommes tombés sur celui que nous cherchions. »

Au bout de quelques instants il parvint à extirper cette scène à la surface, à la sortir de ses entrailles alors qu'il se repassait le cours de cette mission seconde après seconde. Il se remémorait la traque du samouraï qui faisait l'objet de leur mission, il se rappelait de la course effrénée et surtout les tout premiers échanges qui eurent lieu lorsque le bretteur réalisa qu'il était poursuivi.

« Ce samouraï dominait largement Tetsuo et mes jutsus ne semblaient pas l'inquiéter plus que ça. Et pourtant, tout impétueux que j'étais, j'ai laissé mon égo prendre le pas sur ma raison. J'ai insisté pour que nous repartions à l'assaut, plutôt que de se replier et de vous rejoindre pour repartir à l'attaque en force. C'était la suggestion de Tetsuo en tout cas. »

Kyoshiro se rappela avoir serré les poings de frustration à en faire blanchir ses extrémités, il se souvint de ses dents serrés en écoutant son frère d'armes suggérer le repli, la fuite pour mieux revenir à la charge ensuite. Dans n'importe quelle autre situation cette suggestion aurait été logique, l'accomplissement de la mission passant avant tout le reste, mais ici le jeune homme s'était laissé submerger par cette frustration de ne rien pouvoir faire contre cet individu. Il avait laissé sa fierté avoir le dessus et, malgré les supplications de son camarade, était reparti à l'assaut sans réfléchir à la moindre stratégie. Comme si sa seule motivation suffirait à faire la différence.

« Je suis reparti à l'assaut parce que...bref, j'ai foncé dans le tas. Le samouraï était plus expérimenté, plus rapide, meilleur que moi sur tous les tableaux mais j'ai quand même foncé. Tu devines la suite ?  »

À l'évocation de ce moment les poings du garçon se serrèrent de nouveau, sentant son rythme cardiaque augmenter malgré les profondes inspirations prises pour se calmer. Rien n'y faisait, même huit années après cette scène était aussi vivace que si elle s'était passée le mois dernier. Il laissa le silence s'installer pendant quelques secondes avant de lâcher la nouvelle, pareille à un coup de fouet dans le vent.

« Tetsuo m'a poussé sur le côté, au dernier moment. Il a pris le coup à ma place. »

Il se releva presque aussitôt, comme s'il essayait de fuir ce souvenir ou que son esprit refusait de rester en place. Il passa une main absence dans sa blanche chevelure, comme pour rassembler ses pensées et prendre quelques secondes pour réellement se calmer, avant de poursuivre par :

« Donc pour répondre à ta question il ne s'agit pas de la culpabilité du survivant. Si je te dis qu'il est mort par ma faute, c'est parce que c'est littéralement le cas. Maintenant je suis ici pour tourner la page, pour accepter cette faute et recommencer à mettre un pied devant l'autre. »

Il ne pouvait pas faire semblant, il ne pouvait pas oublier et faire comme si rien ne s'était passé car cela serait une insulte à la mémoire de son ami. Au lieu de cela il pouvait puiser dans cette culpabilité pour ne plus jamais laisser son égo interférer avec son travail et, surtout, pour faire en sorte que la prochaine fois il serait celui qui se sacrifierait pour autrui. Fort de ce constat et de cette idée qui germait dans sa tête, il plongea ses mains dans ses poches et fit demi-tour, tournant le dos à la stèle et levant le visage vers un ciel plein de promesse, avant de lâcher sa conclusion :


« Je ne te demande pas de comprendre. »





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Yuriko avait toujours eu une certaine liberté de ton avec ceux dont elle était proche. Elle était capable d'être incisive, froide, et cynique. Cela collait à son image de jeune femme qui semblait inébranlable comme du marbre. Les expressions de son visage étaient figées même si elle était aujourd'hui capable de sourire plus facilement. Elle ne s'était jamais octroyée le droit à la décontraction ou à la banalité des rires de bonne humeur. La kunoichi était parfois... trop sérieuse. Même avec son frère. Il était facile d'imaginer que tous les deux étaient proches et cherchaient à se protéger l'un et l'autre, toutefois, il y avait tout de même un fossé qui les séparait : leur caractère. Le contraste était aussi net que la couleur de leurs yeux. Kyoshiro assumait ses émotions, elles l'habitaient même parfois. Son cœur était grand et il se laissait déborder par lui et les hautes ambitions qu'il souhaitait atteindre. C'était pour cette raison qu'il ne se pardonnait pas, pour cette raison qu'il avait sombré un temps dans la boisson. Mais c'était aussi pour cela qu'il était capable d'être pure lumière, d'aller vers les autres, d'éclater allègrement de rire. Il était capable de donner de sa personne sans rien en retour.

La sensibilité de Yuriko était à l'opposé. Elle intériorisait ses sentiments, les plaçant de côté, parfois, elle les chassait comme elle pouvait fuir le monde et sa foule. Elle refusait de se laisser parasiter par des émois qu'elle n'était pas apte à contrôler ou comprendre. Elle n'était pas habitée par la spontanéité joviale de Kyoshiro. C'était comme lui tendre un jouet dont elle ne saisissait pas le fonctionnement... mais elle copiait ce qu'elle voyait, par mimétisme. Cependant, il aurait été un tord d'imaginer qu'elle ne ressentait rien. Elle ne savait simplement pas l'exprimer. Tetsuo avait fini par le comprendre et était venu bousculer tout cela.

Toujours les yeux rivés sur la tombe de leur camarade, la jeune femme écouta attentivement son frère dans le silence. Elle le laissa librement énoncer les faits comme s'il revivait cet instant fatidique. Au son de la voix de Kyoshiro, elle devinait que sa colère était toujours présente, qu'il continuait à s'en vouloir malgré ce qu'il pouvait dire. Ce n'était pas comme si elle ignorait, elle avait seulement fait en sorte de respecter sa manière de faire son deuil. Puis elle tiqua sur les mots de son frère, de la même manière que l'on réagirait si on venait de poser son pied sur une mine.

« Je ne te demande pas de comprendre. »

A cet instant, les mâchoires de Yuriko se crispèrent. Jusque là, elle s'était tenue muette. Ici et maintenant, mais aussi pendant les années qui se trouvaient derrière eux. Ne pas comprendre? Cette seule phrase eut raison de toutes les barrières qu'elle s'était forgée jusque là. Elle serra ses poings et se releva lentement. Elle se mordit même la lèvre comme pour s'empêcher de parler, mais cela en était trop.

" Tu me demandes de ne pas "comprendre"? "

La voix de la jeune femme n'était pas aussi calme que d'habitude. Il y avait une certaine modulation dans son timbre qui laissait entrevoir de la colère.

" Je crois que c'est toi qui ne comprend pas. "

Yuriko se plaça alors devant son frère et lui donna un coup de poing au visage. Bien entendu, elle s'était retenue car dans ce frêle bras se cachait une force insoupçonnée. La jeune femme n'avait jamais levé la main sur son frère mais cette fois-ci, c'était sa manière de lui remettre les idées en place.

" Tu n'es qu'un foutu imbécile. Rappelle-moi combien de personnes étaient impliquées dans cette mission, hein? ON était QUATRE! ON était une équipe. NOUS avons commis l'erreur de se séparer. "

Des sanglots commencèrent soudainement à s'emparer de la jeune femme. La digue venait d'être brisée. Dans son agacement, la jeune femme redonna un coup dans la poitrine de son frère. Pas dans le but de faire mal, simplement par frustration. On pourrait plutôt parler de petite tape, plutôt que de frappe.

" Nous sommes des shinobis de Konoha. Nous connaissons les risques de nos missions. La mort nous attend toujours au tournant. Tu n'as pas à porter ce fardeau tout seul pauvre idiot! Nous sommes tous fautifs. Toi, moi et lui. Tu as été trop impulsif, moi trop aveugle et lui trop imprudent. Ne salit pas sa mémoire en imaginant que sa mort n'est le résultat que de ta seule erreur d'appréciation. Tu l'insultes. C'était un imbécile lui aussi. Tout comme toi. Mais cet imbécile a sauvé la vie de mon frère. Je ne le prie pas pour le pleurer... mais pour le remercier. "

La jeune femme releva la tête vers son frère, des larmes perlaient sur le coin de ses yeux.

" C'était un brillant shinobi de Konoha... il a juste voulu sauver un ami. Tu en aurais fait autant pour lui. En quoi son sacrifice vaut plus que le tien? Vous êtes des idiots tous les deux... "

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Tadake Kyoshiro
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Si la mort était une chose qu'un individu devait affronter et surmonter seul, on pouvait observer des réactions relativement similaires chez bon nombre d'êtres humains, en commençant par la culpabilité du survivant. Si le titre semblait relativement explicite par lui-même, ce sentiment n'avait véritablement rien de rationnel et demandait donc énormément de temps avant de pouvoir être surmonté. Un individu pouvait s'en vouloir d'observer la mort de ses amis tandis que lui, indemne, était condamné à rester seul pour porter la mémoire de ses proches défunts. C'était donc généralement avec le soutien de ses proches restants qu'il parvenait à ouvrir les yeux, à accepter la fatalité, à accepter le fait qu'il n'aurait rien pu y faire et que sa propre survie ne devait pas être considérée comme une faute personnelle.
Kyoshiro aurait aimé être dans cette situation-là, il aurait aimé que sa culpabilité soit déplacée afin qu'il puisse réaliser son erreur, mais malheureusement ce n'était pas le cas. Il avait beau repasser cette scène en boucle dans sa tête, encore et encore, il ne voyait aucune erreur d'interprétation ou aucun élément qu'il aurait oublié au fond d'une bouteille. Il avait été téméraire, il avait été stupide et cet entêtement avait causé la mort de son plus vieux frère d'armes : il n'y avait aucune autre façon de décrire cet événement. Certes avec le temps il avait compris que ressasser cette scène ne changerait rien au passé, qu'il ne pouvait pas ramener un mort à la vie et avait donc organisé un travail intérieur de guérison aussi long que difficile.

La douleur était toujours présente, un peu plus suffocante à chaque anniversaire comme aujourd'hui, mais elle ne le maintenait plus cloué à terre comme cela avait pu être le cas par le passé. Comme une vieille blessure mal guérie le shinobi avait appris à vivre avec cette perte, à la supporter sans l'oublier, à y passer de la pommade sans réussir à faire partir la cicatrice, car cette marque le suivrait jusque dans son tombeau.
En ce jour était venu le moment d'arrêter de lutter, d'accepter cette marque et de continuer à vivre avec, d'oublier la douleur présente à chaque réveil pour recommencer à vivre et plus seulement survivre à travers ce souvenir. Certes cela commençait par aller voir une dernière fois son ami mais, surtout, à faire connaître la vérité à celle qui le connaissait le plus au monde. Elle méritait au moins de savoir, elle avait au moins gagné cela.

Il avait donc été aussi concis que possible, rapide pour éviter que les souvenirs ne remontent trop à la surface, court pour éviter de replonger jusqu'à l'année prochaine. Le discours partait plutôt bien mais, dés que sa toute dernière phrase fut extirpée de sa bouche, il sut aussitôt que ce fut une erreur que de croire que sa sœur n'était pas capable de comprendre. Elle aussi avait encaissé cette perte, elle aussi avait été forcée de faire son deuil et, par-dessus tout, elle aussi célébrait cet anniversaire morbide année après année.
Fait relativement contraire à ses habitudes, il était sur le point de se tourner pour s'excuser mais, au moment d'ouvrir sa bouche, son monde s'effondra presque littéralement en même temps que sa mâchoire. La tête rejetée en arrière, il fallut au Tadake une bonne dizaine de secondes pour réaliser ce qu'il venait de se passer car, si sa sœur avait toujours été trop prévenante envers lui, c'était bien la première fois que les mots de son aveugle de frère faisaient mouche à ce point-là.

Le premier réflexion qu'il eut, au-delà de se masser la mâchoire douloureuse, fut de cracher quelques gouttes écarlates qui vinrent tâcher le sol, montrant ainsi que la belle n'y allait pas avec le dos de la cuillère. À quand remontait la dernière fois où elle avait craqué ? Où elle avait laissé parler ses émotions ? Où son ressenti avait pris le pas sur son pragmatisme habituel ? Trop longtemps, beaucoup trop longtemps et ce constat fit réaliser au jeune homme à quel point il avait été stupide et égoîste.

Cela lui faisait mal d'admettre que sa moitié avait raison, qu'il était stupide d’essayer de porter tout ce poids tout seul, mais cela lui était encore plus douloureux de comprendre qu'il avait une fois de plus heurté Yuriko. Pouvait-il être encore plus ingrat que cela ? Encore plus égoïste ? Sans doute que oui mais pas ici, plus maintenant.

« Fais gaffe, je crois que t'as épuisé ton quota de mots pour l'année. »

Il aurait pu s'excuser pour s'être comporté comme un débile mais quelle aurait été la différence ? Il préférait nettement détendre l'ambiance comme lui seul savait le faire, en pointant du doigt l’aspect habituellement discret et presque taciturne de sa moitié. Oh oui elle allait encore le traiter d'idiot mais au moins elle oublierait sa peine l'espace d'un instant, c'était le principal.
En sentant les sanglots de sa sœur à travers ses paroles hésitantes, Kyoshiro retrouva un semblant de sérieux et s'approcha de l'a demoiselle, tentant de la réconfort en la prenant dans ses larges bras protecteurs. À quand remontait leur dernier geste d'affection ? Trop longtemps. Au bout de quelques secondes, ne s'écartant pas de sa sœur, il lui murmura à l'oreille.

« Il sacrifie sa vie, tu mets la tienne entre parenthèses. Tout ça pour moi, pour le boulet que je suis. Tu peux m'expliquer comment je suis censé être cool avec ça ? »

Malgré tous ses sacrifices et tout le temps passé à s'améliorer, il était condamné à rester un handicapé, privé de lumière et avançant à tâtons. Comment pouvait-il être à l'aise avec cette situation ? La réponse était simple, il ne l'était pas et ne le serait jamais. Ses dernières paroles en furent le reflet.

« À croire que je resterai un poids toute ma vie. Ce que ça me soûle... »




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