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C'est une longue marche jusqu'Uzushiogakure

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Arano Otsuka
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« La route est longue jusqu'à Uzushio
La route est longue pour y aller.
La route est longue jusqu'à Uzushio
Jusqu'à la fille la plus douce que je connaisse !
Au revoir Tetsu
Adieu Konoha !
La route est longue longue jusqu'à Uzushio
Mais c'est là qu'est mon cœur. »


Je joue le refrain à la flûte tandis que mon clone le chante, seule sur un terrain d'entraînement personne n'est la pour nous entendre. Je me concentre sur la musique et continue de m'exercer alors que je referme mon parchemin de partitions pour la jouer de mémoire ; avoir un point de ralliement est un excellent moyen de regrouper les troupes défaites et dispersées. Si je ne peux pas vraiment m'illustrer par mes talents martiaux, je sais que je peux faire la différence au combat en permettant à mes partenaires d'avoir des repères et un rappel constant de ce qui se passe ailleurs sur le champ de bataille.
Une guerre ça se gagne ensemble, ou ça se perd ensemble. Les héros sont la pour inspirer les autres et devenir des martyrs, les musiciens restent en arrière et font le boulot premier des légendes pendant qu'elles se créent en mourant sur le champ de bataille.
Focus. C'est la dernière minute de cette marche militaire, c'est la plus dure mais le grand final en vaut la peine. Ensuite, le refrain.

« C'est la mauvaise manière de chatouiller Nanami
C'est la mauvaise manière d'embrasser.
Ne sais tu pas cela, mon gars
Elles préfèrent comme ceci.
Hourra pour les Konohajins
Adieu Tourbillon.
Nous ne savions pas comment réjouir Nanami,
Mais c'est là que nous avons appris comment le faire »

-Pardon?
-La version grivoise est mieux.

Je rougis en entendant mon clone sortir de telles choses. Si on nous entendait ça ferait scandale, puis je réalise que OUI, on nous a entendu. D'un signe de main fébrile et d'un sourire embarrassé, je salue Kuro.
Regarde ses yeux Otsuka, ce n'est pas le moment de reluquer ses tablettes de chocolat alors que ton alter-ego vient de chanter la version grivoise d'une chanson militaire. Ça ferait mauvais genre. Très mauvais genre.

-Sa... salut. Ça... Ça va bien? Et voilà, j'ai perdu mon sang froid.
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Misatachi Kuragari
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feed the fire

Otsuka & Kuragari

Encore un jour où l’ennui était présent. Être Genin, ça pouvait être sympa dans la mesure où on n’avait absolument aucune responsabilité et qu’on était plus ou moins libre de choisir d’aller chercher un clébard perdu ou de réconforter une âme en peine mais… Ne pas pouvoir sortir du village, c’était chiant. Vraiment très chiant. Qu’est-ce que je pouvais faire dans ces conditions ? Ma mère travaillait chez les riches Fûma, du coup je ne pouvais pas discuter avec elle de la journée, l’aider ou même l’embêter avec mes bêtises. J’aurais pu aller prendre un café, mais tout seul, c’était… pénible. Boire un coup ? Je n’étais pas alcoolique pour aller me pinter seul. Aller m’entraîner ? Bah, c’était peut-être la seule solution pour soigner cette zone grisonnante qui s’emparait de mon esprit un peu plus chaque jour. De toute façon, Haruka n’était pas dispo ; soit elle s’occupait des vieux cons de son clan, soit elle donnait toute la patience du monde pour s’entraîner avec le merdeux qu’était Akai. Il y avait Kin aussi, le petit gars qui m’admirait et avait presque façonné un culte de la personnalité autour de la mienne mais… Je n’avais pas réussi à mettre la main dessus. Et j’avais la flemme de chercher un peu plus longtemps, il fallait bien l’avouer.

Bref, pas le choix. Direction le terrain d’entraînement. Je ne savais pas encore sur quoi j’allais bosser (ou si je n’allais juste pas faire chier le monde – du moins, celui que je connaissais – que je pourrais croiser) donc j’avais tout pris. Mais surtout ma tête. Je n’étais clairement pas un as des arts martiaux (encore que je pouvais clairement mettre de bonnes patates de forains) et encore moins habile pour tout ce qui était arts d’adresse. De fait, je savais à peu près lancer mes kunais et shurikens et… c’était déjà bien. Même très bien vu mon niveau de précision. Je n’avais jamais aimé la subtilité et ne l’étais pas pour un rond, de fait je m’étais surtout cantonné à un style bien plus bourrin. En fait, non. Je pouvais être subtile mais c’était particulier. Cela se ressentait surtout dans les détails offerts à mes quelques œuvres d’arts… desquelles j’étais on ne pouvait plus fier ! Mais bon, peu semblaient réceptifs ou sensibles à mes créations donc je les gardais bien souvent pour moi-même…
Je soupirai en repensant à cela. M’enfin.

J’arrivai peu avant midi à l’entrée sud du terrain d’entraînement. Il n’y avait pas un chat… Encore une fois, la solitude frappait à ma porte et cela avait presque un effet rédhibitoire et dépressif sur moi qui pétais la forme en temps normal. Je visai un rocher tout particulier et avais décidé de me muscler un peu. Je joignis mes mains, les frappant l’une contre l’autre, mes paumes se réchauffant mutuellement. Une aura bleutée, presque glacée, en émanait et je fermai les yeux quelques secondes. Pour mieux visualiser et donc agrémenter le plus de précisions possibles à la réplique que j’avais en tête, il me fallait me concentrer. Après quelques instants, j’avais le marteau slash la masse en tête. Point par point, je m’imaginais façonner cette arme lourde et puissante pour la faire apparaître dans les airs et enfin la prendre au vol. Lorsque mon chef d’oeuvre apparut, je souris, satisfait du résultat. Je tentai de la prendre à une main mais… Ugh, c’était trop lourd. Donc je la pris à deux mains. De quoi augmenter ma puissance, pour sûr ! Je la levai ensuite à bouts de bras, haut vers le ciel, avant d’asséner un terrible coup à ce vénérable rocher qui, d’aussi loin que je m’en rappelais, avait toujours été là. Mais malgré toute l’envie et la force du monde, je n’étais toujours pas capable de ne le fissurer que sur quelques millimètres. Mais je n’étais pas frustré pour autant. Je le savais réputé pour sa résilience et j’étais aussi au fait de ma force physique un tant fut peu… limitée. Il me fallait simplement redoubler d’envie et de détermination !
Mais cela attendrait. Ce coup m’avait sucré le peu d’endurance que j’avais… Il allait vraiment falloir que j’apprenne la demi-mesure… A court de souffle, je me posai sur le rocher galvanisé par les siècles, les jambes écartes, un coude sur chaque cuisse, la main posée entre mes deux mains. Je haletai et me sentis revivre lorsque je sentis le vent frais caresser puis fouetter mon visage rougis et chaud bouillant des suites de ces efforts. Puis j’entendis comme un son angélique, venu de par delà les nuages, par delà les cieux. Sur le coup, je pensais que c’était simplement le hululement du vent mais cela reprit de plus belle… Chaque fois un peu plus fort, toujours les mêmes notes. Un instrument à vent… littéralement.

Surpris, mais surtout intrigué et curieux, je décidai d’en découvrir un peu plus sur l’origine de ce son. De toute façon, j’avais récupéré mes forces et je savais que m’acharner sur ce pauvre caillou n’allait m’avancer à rien. Autant rencontrer des gens, de toute façon. Marchant à bon rythme, il ne me fallut guère longtemps pour arriver à l’opposé du terrain d’entraînement. Au loin, je pus voir une crinière rougeoyante virevolter au gré de la brise qui n’avait de cesse de caresser mes joues pivoine. Aucun doute possible, le son venait de l’autre côté de ces mèches. Je continuai de m’approcher et pus alors m’apercevoir qu’il y en avait une autre. De vue, ces deux silhouettes me disaient quelque chose… Arano Otsuka ? Probablement. On n’avait passé qu’un trimestre ensemble, aussi je ne savais pas trop à quoi elle ressemblait depuis, ni ce qu’elle était devenue d’ailleurs. Ce n’était pas non plus comme si je m’en étais vraiment inquiété non plus.
A présent à quelques mètres derrière elles, je réalisai qu’elle jouait de la flûte et que son clone (ou l’inverse, j’étais incapable de les différencier à vrai dire) s’occupait du choeur de la chanson. Un chant militaire, hein… Puis après quelques solos endiablés de la flûtiste, de nouveau le refrain. Mais, différemment… Elle l’avait bien dit : c’était la version grivoise de la chanson. Je me disais bien que ça me rappelait quelque chose !
Je continuais de me rapprocher, à présent dans l’angle trois-quart de la vue d’Otsuka. Les joues rouges, elle se tournait vers moi et me salua d’un faible geste de la main avant de bégayer, ou au moins bafouiller. Tout sourire, et presque convenablement vêtu (bah, j’avais un short bleu, mes pompes, et une chemise ouverte sans t-shirt, révélant mon buste tracé), je me penchai un peu en avant, la saluant avec respect. Avant d’applaudir.

« Hey, la saluai-je à mon tour avant de me redresser. Ça va ouais, mieux que toi j’imagine ! Répondis-je pour la taquiner, quand bien même je ne la connaissais pas. Bah, vous ne me referez pas. Puis, alors que je me mettais à applaudir : T’sais que t’as un sacré talent à la flûte, quand même ? La félicitai-je. Puis je me tournai vers l’autre Otsuka. Et toi t’as une belle voix, j’adore comment tu chantes ! Je me rapprochai de la copie (ou l’originale, bordel que c’était compliqué de savoir) pour n’être entendu que d’elle. J’avoue bien aimer la version propice à scandale, j’vais pas te mentir, chuchotai-je, souriant toujours. Je me reculai de nouveau, histoire d’avoir les deux dans mon champ de vision. Je joignis alors mes mains, les claquant l’une contre l’autre et concentrai un peu de mon chakra. Une fois mes paumes nimbées, je les fis vrombir à même le sol. Un léger tremblement put se faire ressentir alors qu’une énorme construction de glace commençait à naître sous les pieds des deux donzelles : une véritable scène d’opéra, avec des assises juste derrière moi. Il vous faut une installation du feu d’Amaterasu pour aller avec ton… votre… ton… ouais, votre talent ! M’exclamai-je, encore une fois fier du résultat. En plus, on est dans un environnement clos et devrait pas y avoir trop de retour… Donc ça gênera pas ta voix qui porte déjà super loin ! » Terminai-je, m’installant dans un des sièges juste devant le plateau surélevé, attendant avec excitation la suite de la représentation. En plus, on allait être tranquille, le tout était hermétiquement fermé et bon courage pour faire une percée dans cette forteresse musicale. Et, pour couronner le tout, il n’y avait qu’une petite lucarne à travers laquelle pouvait filtrer la lumière, de quoi donner une ambiance tamisée.

(c) AMIANTE

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Arano Otsuka
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-Merci beaucoup... Kuro. Je frôle de m'évanouir en entendant qu'il préfère la version perverse. Le petit blanc gênant qu'il y en entendant ça, même de la part de ma clone en dit assez long, et quelque part j'aurais aimé que cet instant soit consacré à ma perte de conscience. Mais non, ça ne vient pas. Je ne pensais pas qu'un garçon l'aurait entendu à vrai dire. Si ça avait été mon père il aurait hurlé pour savoir qui est le nom du pervers qui m'a appris cette chanson, puis serait allé foutre le feu au quartier dans lequel il habite.

Je retiens un frisson de surprise en m'asseyant sur un piédestal de glace qui m'est consacré et ma double d'énergie a un grand sourire en constatant qu'elle peut s'installer au devant de la scène. Bien mise en valeur dans l'unique raie de lumière de l'estrade, grâce à une fenêtre bien placée, elle se racle la gorge et nous nous consultons du regard.

Go?
Go!


Je commence à jouer et mon homologue se met à chanter.

Parle moi doucement chéri et serre-moi chaud contre ton cœur.
Je sens tes mots ; l'aube des moment tendres.
Nous sommes dans notre monde, notre petit secret.
Partageant un amour que seuls quelques-uns ont jamais connu.

Des jours couleur de vin réchauffés par le soleil,
De profondes nuits de velours quand nous ne sommes qu'un.

Parle doucement chéri afin que personne ne nous entende, sauf le ciel.
Les serments d'amour que nous nous faisons vivront jusqu'à ce que nous mourions.
Ma vie est à toi, et tout cela parce car
tu es venu dans mon monde avec amour, si doucement.

Des jours couleur de vin réchauffés par le soleil,
De profondes nuits de velours quand nous ne sommes qu'un.

Parle doucement chéri afin que personne ne nous entende, sauf le ciel.
Les serments d'amour que nous nous faisons vivront jusqu'à ce que nous mourions.
Ma vie est à toi, et tout cela car
tu es venu dans mon monde avec amour, si doucement.


Silence, je regarde avec une appréhension non feinte Kuragari alors que je déglutis péniblement. J'ai peur de savoir sa réaction à ma chanson d'amour, j'ai peur que ça n'aie as été assez bien pour ce que je suis censée faire. J'espère qu'il ne m'en voudra pas pour ce choix.
Je papillonne des yeux.
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Misatachi Kuragari
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let me hear



Otsuka & Kuragari


Certains diraient que je l’avais complimentée et flattée juste pour la foutre dans mon lit… Bah, que des mauvaises gueules. J’ai toujours été quelqu’un de spontané, aussi quand je disais quelque chose c’était toujours ce que je pensais au plus profond de moi ! Comme le fait qu’elle avait une belle voix et un sacré talent pour cet instrument à vent. Ah ça oui ! Je n’en avais pas beaucoup connus, des flûtistes, donc je n’avais pas forcément beaucoup de références avec lesquelles la comparer mais… ce son était vraiment magnifique à mes oreilles. En femme polie, douce (je crois) et gentille, elle m’avait remercié. Elle n’avait pas à le faire, c’était normal pour moi. En revanche, la voir aussi… perturbée et timide m’arrachait un sourire, bien que celui-ci fût un peu plus taquin et moqueur (tout en gentillesse hein!) que l’autre. Je m’approchai alors d’elle et lui tapotai l’épaule, doucement, mais avec énergie quand même.

« Ressaisis-toi bon Dieu ! Sois plus convaincue de tes talents. Et j’te le dis, t’en as pour la flûte ! Je regardai le clone, ou ce que je pensais être son clone. Et si ta copie chante aussi bien, c’est que toi aussi normalement ! Je ne cessai pas de sourire. Par contre, faudra me dire qui est la vraie et qui est uniquement faite de chakra… J’m’y perds moi… Déplorai-je en me grattant l’arrière de la tête. Même si j’imagine qu’y a que ton clone pour partir dans le côté grivois d’la chanson. Elle me dit d’ailleurs qu’elle ne pensait pas qu’un garçon l’aurait un jour entendue chanter grivoisement. Faut bien une première fois à tout t’sais… Faut pas avoir honte. Pis ça fait du mien de casser un peu les mythes et les codes, c’est comme ça qu’on rigole autour d’une bonne bière après ! » Putain mais quel beauf je pouvais être.

Finalement, je m’étais assis au beau milieu de la première rangée de gradins, dans cette quasi pénombre. La chanteuse baignait dans le seul rayon de lumière octroyée par la lucarne que j’avais pris soin d’imaginer avant de faire s’élever cette immense construction qui m’avait coûté une bonne partie de mon chakra. Quasiment tout, en fait. Mais cela en valait la chandelle ! Tout sourire, et un peu excité, je plongeais mes yeux dans les leurs avant qu’elles ne les eussent fermés pour se concentrer pleinement. Finalement, les notes angéliques s’éclipsèrent de l’instrument de la jeune Arano, alors je fermai également les miens pour en apprécier la moindre once artistique. Puis l’autre Kunoichi se mit à chanter. j’étais tellement pris dedans que sa voix d’ange me fit quelque peu frisonner. Alors ça, je ne m’y attendais pas du tout ! Puis la chanson était belle. Tellement que j’en eus les larmes aux yeux et je ne m’arrêtais plus de frisonner. Je sentais même un truc bizarre dans mon ventre, comme si ça grouillait. Mais je n’avais pas faim. Bah, ça passerait.
Une fois leur performance terminée, je me levai et applaudis de toute mes forces jusqu’à ce que mes mains n’en pussent plus. Les yeux humides et vitreux, je ne m’étais pas rendu compte que plusieurs larmes avaient tout de même coulé le long de mes joues. Je finis par m’approcher d’elles et les aidai à descendre de leur estrade qui était assez haute quand même.

« Ma. Gni. Fique. Vraiment ! Ah, une autre larme se mit à couler, mais j’étais tellement pris dans mes félicitations que je ne la calculai pas. Bordel, t’as appris ça où ? Et cette chanson… Un frisson s’éleva le long de ma colonne vertébrale, me secouant le buste. Wow. J’l’avais jamais entendue avant et j’regrette d’avoir passé tant de temps sans l’avoir connue avant ! Je les fis descendre, enfin. Merci pour ce spectacle. Vraiment. Par instinct, je me mis à ébouriffer les tignasses rougeoyantes. Ça te dit d’aller manger un morceau ? Demandai-je finalement… Parce que, oui, je commençais à avoir faim et j’avais peur d’y avoir été un peu trop fort, d’avoir un peu trop dégueulé ma joie sur elle, donc je voulais changer de sujet. »

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Arano Otsuka
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-Ça te dit d’aller manger un morceau ? Mon clone s'évapore devant une telle question.

Je vire tomate devant la question, moi? Aller manger un morceau avec lui? Pourquoi pas. J'imagine que je peux bien faire ça, ça n'engage à rien d'autre non? La dernière fois que j'ai mangé avec un garçon c'était mon frère et j'ai réussi à me saouler pour oublier mes problèmes, cette fois-ci essayons d'être sobre hein?
Si un garçon avec de mauvaises manières te demande quelque chose, tu lui tords le cou comme ça! M'avait dit mon père, avant de faire un clef de nuque à un ours.
Définitivement pas une bonne façon d'agir alors que j'essaie de trouver un point de référence à ce genre de question, j'ai déjà vécu ça non? Quand même.
Si un homme veut manger avec toi, ça veut dire qu'il t'aime bien. Tu peux lui laisser sa chance mais attention à... Non. Recalé, nul et non avenu.
Ma mère est peut-être de bons conseils quand on lui étale une situation spécifique, mais en termes de généralité ce n'est probablement pas la meilleure ministre qui soit. Je me racle la gorge, encore surprise par sa demande et tente de fournir une réponse.
Sans bégayer.

-Je... Je suppose que oui. Enfin je veux dire, bien sûr ce serait avec joie. J'ai un sourire et je m'en rends compte un peu tard. Je m'appelle Arano, Otuska Arano. Chuunin de rang C. Je m'approche pour lui faire la bise. Spécialiste du son comme tu as pu le constater.

Une fois les présentations d'usage faites, j'épluche rapidement les différents établissements que je connais en ville avant d'être mise face à mon alcoolisme chronique ; je ne connais QUE des bars ou des brasseries. Evidemment dans certains on y sert de quoi manger, mais... Ce n'est pas le but premier de ce genre de lieux, et je me vois mal suggérer à mon... Mon quoi d'ailleurs? Mon nouvel ami? Mon courtisan? Je chasse très vite cette idée de ma tête, Kuro, c'est comme ça que je vais l'appeler en attendant de trouver un qualificatif plus approprié. Je me vois mal suggérer à Kuro d'aller boire, pas si tôt dans la journée il est presque midi.
En soirée pourquoi pas, mais je me vois mal boire avec autrui alors que le soleil n'est même pas en train de se coucher.
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Misatachi Kuragari
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black nail



Otsuka & Kuragari


Alors que je venais de lui demander si elle voulait aller manger un morceau, son clone s’évapora. Je pris donc ça pour un oui. Ce que je ne comprenais pas, en revanche, c’était ses joues qui tournaient – encore une fois – au rouge. C’était sympa, c’était mignon, ça rendait bien, mais bordel ça n’avait aucun sens. Bah, je haussai les épaules, sans pour autant lâcher mon sourire. Il allait bien falloir qu’elle se décoince la p’tiote, et je comptais bien l’y aider !
Elle me répondit alors par la positive. Ou presque, puisqu’elle « supposait ». De toute façon, il était presque midi, qui n’avait pas faim à cette heure-ci ? Certainement pas moi. Si bien que mon ventre se mit à gargouiller. Je me raclai alors fortement la gorge, comme pour faire passer cet instant de malaise et l’écoutai  accepter pour de vrai cette fois. A cet instant, je pus remarquer son sourire. Ah bah enfin ! Je commençai à me rapprocher d’elle lorsqu’elle commença par se présenter comme le feraient deux inconnus. On  n’était pas si inconnus que ça, puisqu’on avait passé un trimestre ensemble. Mais depuis on s‘était quelque peu perdus de vue et comme je n’avais jamais été doué pour renouer contact avec quelqu’un après longtemps sans nouvelles… Je n’avais jamais cherché à aller la revoir. Et puis son père me faisait peur. A mon avis, si je m’étais pointé chez elle et qu’il m’avait reçu, j’aurai fini crucifié près d’une cascade, ou pendu. Juste pour l’exemple et refroidir ses prétendants (et Ameterasu devait se douter qu’il y en avait un paquet… Du moins, c’est ce que je pensais. Elle avait tout pour plaire!) qui auraient eu le courage – ou la folie – d’aller demander sa main auprès de cette brute.

Et là, elle se rapprocha de moi. Pour le coup, je ne m’inquiétais pas. c’était normal de se rapprocher physiquement quand on marchait vers un seul et même endroit. Surtout pour casser la croûte. Puis elle me fit la bise. ALORS LA. Mes joues devinrent encore plus rouges que les meilleures des tomates. Je n’avais vraiment pas l’habitude que des lèvres se posent sur mes joues. J’étais comme un con, mal à l’aise. Aussi je tentais de me contenir mais seigneur que c’était compliqué. Je perdais mes moyens, aussi j’accélérai le pas, sans forcément prêter attention à elle. Suivait-elle, suivait-elle pas… C’était le jeu du Destin.
Puis je me calmai et ralentis la cadence, afin d’être de nouveau calqué sur Otsuka. Bordel, fallait pas me faire ça ! Et elle n’avait sûrement pas intérêt à se moquer ou à dire que c’était parce que je lui avais bâti un opéra sur mesure. Tututut.

« A moi, j’imagine… Dis-je, un peu forcé à me présenter. Misatachi Kur… C’est chiant à dire, donc appelle-moi Kuro si ça te gêne pas. T’façon, tout le monde m’appelle comme ça ! M’exclamai-je, mon sourire jovial enfin revenu. La gêne était donc enfin partie. Genin de rang B. Spécialiste du Ninjutsu… Je soupirai. J’pense que t’as remarqué que j’étais plutôt fort avec la glace, hein. Puis je me tournai vers elle et plongeai mon regard dans le sien. Mais à côté de ça, j’ai aussi un penchant pour le feu et le vent. Un véritable homme multitâche ! Me targuai-je sur le ton de la plaisanterie. »

Puis je me mis à réfléchir à un endroit où nous pourrions aller manger. C’était anodin vu comme ça, mais je ne pouvais pas non plus l’emmener dans un endroit miteux où toutes les serveuses étaient plus réputées pour leur déhanché et leurs compétences orales (wink wink) que pour autre chose. Je fronçai les sourcils, sans m’arrêter de marcher. Puis je tapai dans mes pains, poing contre paume. J’avais eu une idée ! J’allais l’emmener dans ce petit resto aux allures chiques mais qui n’était pas non plus hors de prix. Bah, je venais tout juste de la rencontrer, ce n’était pas un rendez-vous ou quoi, ,mais elle restait une femme. Je devais donc la traiter et la considérer avec tout le respect qui lui était dû. Mais pas trop non plus, je ne voulais ps avoir à faire au vieux…
Après quelques minutes, nous arrivâmes au centre-ville du village. Je lui intimai de me suivre d’un signe de la tête et ouvris la porte de l’établissement de bouche. J’ouvris la porte et la fis passer devant moi. Par réflexe, mes yeux glissèrent le long de son dos. Elle avait de sacrés arguments quand même, c’était indéniable. Puis une table de deux me sauta aux yeux. Je l’y emmenai et on nous apporta la carte.

« Allez, prends c’qui t’fait plaisir, c’moi qui invite ! M’exclamai-je alors que je bavais presque devant tous ces mets. Puis on vint prendre notre commande, nous demandant si un apéritif nous irait avant de commencer. Une pinte siouplé ! Demandai-je alors, tout sourire et prêt à dévorer un bœuf. »

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Arano Otsuka
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Kuro rougit. Je suis contente de réussir à susciter une telle réaction chez un homme mignon.
Je lui fais confiance pour le resto dans lequel aller, nous nous installons à une table, l'ambiance moderne mais un peu vieillotte fait son effet. J'ai un petit sourire en coin en entendant que l'élémentaliste de glace prend une pinte, je croise les jambes et jette un oeil à ce qui est proposée avant de réprimer mes vieilles habitudes. Je décolle une de mains de la table, faisant semblant de vérifier l'état de mes ongles (impeccables comme d'habitude), je regarde surtout si je ne tremble pas. Résultat? Aucune secousse, aucun spasme, j'imagine que je peux bien me prendre un petit whisky pour fêter ça non? Il est midi tout pile en plus, je n'ai pas touché à une goutte de la matinée, je ne suis pas déprimée et je suis avec un garçon. Ça mérite bien une petite boisson pour fêter ça non?

-Une citadelle rouge, en pinte s'il vous plaît. Un mélange de bière, de liqueur de cerise et de saké.

Délicieux et la sensation de boire ne vient pas, presque un jus de fruit ou alors une boisson chaude. Sauf qu'il y a une certaine quantité d'alcool dedans, un peu plus qu'une bière mais une pinte ne va pas me rendre ivre. Déjà que le saké et le whisky ont du mal, alors juste une pinte.

-Quelle bière? Ne puis-je m'empêcher de demander à Kuro.

Il y en a des milles et des cents des spiritueux à base d'eau.

-Alors depuis le temps? J'imagine que vu tes performances de tout à l'heure tu as dû te faire un petit nom en ville. Pendant ce temps je suis infoutue de maintenir des clones d'ombre plus d'une minute.
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Misatachi Kuragari
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kuusou mesorogiwi



Otsuka & Kuragari


Par Amaterasu, qu’est-ce que j’avais faim ! Je n’en pouvais plus. Et soif aussi. C’est que ça vous creusait l’appétit et la soif d’un homme, de tenter de briser un rocher plus dur que quoi que ce soit ou encore d’ériger une cathédrale pour qu’une gonzesse rencontrée à l’académie vous chantât une seule chanson. Mais bon, j’allais bientôt être sustenté puisqu’on était en train de commander notre premier verre de la journée. Je ne cessais de sourire, d’ailleurs. Comme d’habitude, diraient certains, mais là c’était particulier. Pour une fois, je n’étais pas seul. J’étais en bonne compagnie, quand bien même je l’avais perdue de vue ces dernières années. Ouais, j’étais content, même si je n’allais certainement pas l’admettre devant elle. Je n’avais pas envie qu’elle se mette à s’imaginer des choses ni même qu’elle tombe amoureuse. Ça m’était déjà arrivé par le passé et… Brrr. Rien qu’y penser me faisait frissonner. Une vraie psychopathe. M’enfin, heureusement pour moi, elle avait jeté son dévolu sur un autre. Même si, d’un côté… Je le plaignais. Le pauvre. Se farcir une érotomane comme elle…

Les hostilités allaient donc commencer. Nous prîmes chacun une pinte. Une citadelle rouge – mélange de bière, saké et liqueur de cerise – pour madame, et une bière à la cerise pour moi. D’ailleurs, je ne l’avais pas mentionnée juste avant parce que j’étais un peu un habitué ici. En fait, ma mère m’y invitait à chaque fois que je terminais une mission, et comme je n’aimais pas forcément passer trois plombes à regarder le menu, je prenais toujours la même chose. De ce fait, Otsuka, après s’être regardée les ongles (manucure parfaite, il fallait se le dire) et avoir commandé, m’avait demandé quelle était ma bière. Je pris un air fier et la fixai droit dans les yeux alors que nos deux pintes nous étaient apportées.

« Une queue de charrue rouge. Si tu veux l’amertume de la bière et le fruité de la cerise, v’là ce qu’il te faut ! M’exclamai-je alors que je faisais tinter mon verre contre le sien. A nos retrouvailles ? Demandai-je un prétexte pour trinquer, et pour changer du « santé » habituel. Puis, avant de mettre le verre à mes lèvres : T’veux goûter ? »

Peu de temps après, elle me demanda ce qui m’était arrivé depuis le temps. Et quand on y repense… Pas grand-chose. Comme la plupart de mes camarades, elle avait pu évoluer et même avoir une promotion. Tandis que moi… Je n’étais qu’un simple Genin (puissant, certes) qui n’avait le droit de ne rien faire, à part rester au village et s’occuper des vieilles peaux aigries incapables de garder un chien plus de trois heures.

« Baaaaaaaah… Je me grattai l’arrière de la tête. Pas grand-chose… J’avais presque l’air triste. Comme tu le sais, j’suis toujours qu’un pauvre Genin… J’suis p’tête fort comme ça, mais sérieusement, c’pas hyper utile quand il faut juste aller choper Médor IV, le clebs de la vieille mégère qui vit en autarcie à l’autre bout du bled... Déplorai-je, faisant la moue. Et à part les rumeurs et bruits qui peuvent courir dans tout Uzu, j’me suis pas vraiment fait un nom, hein. Nombreux sont ceux à pester et gueuler quand j’tente de crever un peu l’ennui, c’foutu abcès qui aime m’enserrer quand j’suis tout seul. »

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Arano Otsuka
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T’veux goûter ? OUI. TOTALEMENT.

JE VEUX BOIRE ET JE VEUX GOUTTER DE L'ALCOOL.

-Avec plaisir. Tu veux tester la mienne? Suis-je entrain de lui demander humblement, avant de me retenir de siphonner sa boisson et de prendre une toute petite gorgée, je trempe juste les lèvres par peur de ne pas me contrôler.

Le goût sucré, l'amertume, j'adore. Mais je préfère la citadelle rouge ; on sent mieux le goût de l'alcool, ce petit parfum unique.

Pas grand-chose… Le voir déçu ainsi me fend le cœur.

Je suis toujours révolté en voyant les emmerdes qui peuvent arriver à quelqu'un, peut-être que Kuro était un mauvais élève à une époque mais il a encore aujourd'hui des valeurs. Je préfère être avec des bons à riens qui ont de l'honneur qu'une élite qui n'a cœur qu'à ses intérêts, incapable de faire preuve du moindre altruisme, de la moindre abnégation.
Qu'est-ce que je suis censée dire au fait qu'on l'engueule parce qu'il tente de se divertir comme il peut? Je me traîne comme un boulet une réputation d'alcoolique alors que j'essaie de m'en sortir, mais non certains trouvent drôle de me rappeler que j'ai un faible pour l'éthanol. Qu'ils aillent se faire mettre.

-Je vois tout à fait ce que tu veux dire. C'est la même pour moi et l'alcool. Des remarques et tout ça. Je détourne le regard un instant. Le temps que je reprenne le contrôle de mes yeux. Si tu veux on peut s'arranger ; je suis chuunin mais j'aurais besoin d'un bon binôme pour sortir en expédition à l'extérieur. Ça te fournirait une bonne occasion de sortir à peu de frais ; je demande juste de la bonne humeur. Je regarde le fond de mon verre et en (re)tire une constatation. L'ennui est le père de tout les vices.
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Misatachi Kuragari
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how do you do



Otsuka & Kuragari


J’avais toujours été au courant et au fait de l’alcoolisme d’Otsuka, quand bien même j’en avais toujours ignoré les raisons. D’un côté, tout ce dont j’avais pu entendre à ce sujet n’étaient que des rumeurs, des bruits de comptoir. Rien de plus. Autant dire que je n’y avais jamais accordé tant de crédit que ça et… je n’allais certainement pas juger quelqu’un par de simples murmures lancés entre deux pintes, surtout lorsque cela concernait quelqu’un que j’avais perdu de vue depuis des lustres maintenant.
Néanmoins, je pense que tout cela m’avait fait penser que la rousse ne refuserait pas de goûter à mon verre. De base, je faisais ça pour être sympa, avenant… comme je l’aurais fait pour n’importe qui, en fait. J’avais toujours été comme ça, à être avenant, aller vers les gens et aider ceux qui avaient besoin d’aide. Enfin… De mon aide ; j’avais toujours eu une certaine abnégation et un don pour l’altruisme, même si beaucoup ne comprenaient pas ce que je voulais faire. Bah, c’était l’intention qui comptait, dans tous les cas. De fait, Otsuka avait pris ma pinte et avait trempé ses lèvres afin d’y goûter ce doux parfum de cerise mêlé à l’amertume de la voie maltée. Puis à elle de me rendre la pareille. Je ne voulais pas la priver mais je ne me voyais pas de refuser. Et je devais bien avouer que ma curiosité avait été piquée par l’énonciation de sa boisson. Pour seule réponse, je lui offris un hochement de la tête et m’emparai de son verre pour lui piquer une petite gorgée à mon tour. C’était plutôt bon, bien qu’un peu fort… Ouais, définitivement pas un truc pour moi : je tenais très mal l’alcool.

La voir détourner les yeux à la seule mention, par elle-même , de son propre alcoolisme me fit l’effet d’un poignard. Je n’aimais pas voir les gens mal aller, c‘était dans la nature, et ce n’était sûrement pas uniquement parce que je ne refuserai pas une partie de jambes en l’air avec elle. Mais j’essaye de cacher mon ressenti derrière un sourire – chose qu’elle allait probablement remarquer ; j’avais toujours été un bien piètre menteur. Mais d’un côté, cela fondait les remarques qui avaient déjà fusées en ma présence et, du peu que je la connaissais, je pouvais oser imaginer sans réel crainte de trop me mouiller qu’elle faisait son maximum pour s’en sortir. Personne ne tombe là-dedans par hasard ou par simple volonté. Bon nombre de démons se cachent derrière, sous et dans la bouteille. La preuve était devant moi. Je soupire, dépité par sa propre situation et termine mon verre cul-sec. Finie la déprime, cet aprem on allait s’éclater. J’interpellai le tenancier venu nous servir tantôt et demande une nouvelle tournée – elle n’avait pas intérêt à rechigner, c’était moi qui payais de toute manière.

« Bah, écoute pas ces branques. Juste bons à cracher sur nos gueules mais eux, qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous ? Une famille riche ? Des parents présents et à l'écoute ? Ça nous empêchera pas pour autant de vivre et de s’éclater. Je lui fis un clin d’oeil. Surtout aujourd’hui ! Je marquai une courte pause et réfléchis à sa précédente proposition… Sortir en mission – voire en excursion – avec une Chûnin… Qui avait du caractère en plus ! Comment refuser ? Lui demandai-je alors, bien que j’étais sur l’ironie. Un autre clin d’oeil. Tu pourras toujours compter sur ma bonne humeur. C’est un peu comme une saloperie d’ex, j’suis incapable de m’en débarrasser, tentais-je de faire de l’humour. Gras, mais de l’humour quand même. Le père de tous les vices… Un père, hein… marmonnai-je à moi-même, peut-être suffisamment fort pour qu’elle fût à même d’entendre ma plainte et peine intérieures. »

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Arano Otsuka
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Un père, hein… J'ai gaffé.

Je sais que ça fait longtemps que je n'ai pas vu Kuro, mais j'aurais pu mieux choisir mes mots. Je reprends une gorgée de ma pinte en vitesse, tentant de noyer ma bêtise dedans et de faire ressortir en un geyser de génie par dessus le marché. J'aurais dû me souvenir, je suis capable de jouer à l'oreille la berceuse que ma mère me chantait comme je ne savais même pas encore parler et je suis distraite au point d'oublier... D'oublier que je n'ai pas le monopole des drames familiaux dirons nous.
Kuro a grandi sans père, moi si j'ai eu le luxe d'en avoir un, c'est pour voir en direct la lente destruction du couple de mes parents, ma chute dans l'alcool et mon frère devenir un mafieux pour essayer me voiler la face à propos de nos parents. Je sais que ce n'est la faute de personne, ce genre de choses mais... Le destin est cruel.
Je secoue la tête, inutile de s'apitoyer sur nos sorts, c'est comme ça que j'ai fini à fréquenter des brasseries et à connaître les alcools par cœur et par ordre de consommation optimale. Surtout que ce que nous faisons est optimal, et j'ai un peu peur de comment pourrait évoluer la situation si je continuais de picoler.

-Désolé. Je lâche ça comme j'aurais pu balancer une grenade dans un orphelinat. Heureuse de voir que nous avons un accord. Je finis ma pinte à temps pour la deuxième tournée. Je te remercie beaucoup, si tu en veux une troisième elle sera sur mon compte. Je lui fais un clin d’œil. Je suis chuunin, je gagne moi même ma vie.

J'essaie de me creuser le cerveau en quête de quelque chose de bien à faire après, pour l'après midi. Je n'ai pas envie que ça se termine maintenant ou après un repas et quelques blagues frivoles, ce serait trop bête pour nous.
J'ai le rouge qui me vient aux joues alors que je n'ai encore rien formuler.

Bah ma grande, tu rougis beaucoup en ce moment.

-Après, ça te dit d'aller faire un tour chez moi? J'ai un terrain d'entraînement privé. Au domaine familial, pas chez moi, dans ma chambre de bonne que me fournit l'armée. Histoire de voir à quel point nous avons évolué depuis l'académie.
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Misatachi Kuragari
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Otsuka & Kuragari


Si je ne m’étais jamais vanté de l’absence de mon père, mes pseudo camarades d’académie, eux, n’avaient jamais hésité à lésiner sur les blagues de mauvais goût du type me chanter « Où t’es, papa où t’es »… Ce qui avait tendance à me rendre triste. Dans le fond, il était possible que j’eus sombré dans mes conneries et autres boutades comme s’il s’agissait d’une exutoire à son absence. Le manque affectif, surtout paternel, se faisait toujours ressentir. Quand bien même j’avais toujours trouvé un moyen de faire comme si ça ne m’affectait pas, certains parvenaient à le voir. Après, je n’étais pas de ceux au passé si lourd que porter des masques était devenu une habitude. En fait, j’étais plutôt nature et n’hésitais pas à dire ce qui me passait par la tête ou encore faire savoir quand je n’allais pas bien (du moins, quand on me le demandait ou que je savais que je pouvais me confier sans importuner l’autre). Mais à cinq ou six ans, c’était plus compliqué. Otsuka s’en était peut-être rendue compte et, au vu de ce que je savais d’elle à ce moment, devait probablement s’en vouloir. D’un côté, ce n’était pas sa faute. Elle n’avait pas à porter le lourd fardeau que représentait (quelle ironie) l’absence de paternel digne de ce nom. Mais que voulez-vous, ainsi va la vie ! Au final, il était sûrement préférable d’en être dépourvu qu’en avoir un qui avait cette propension à vous faire chuter dans les méandres des vices. Et surtout, l’Arano n’avait pas à se sentir coupable d’avoir utilisé une expression banale. C’était plus à moi d’apprendre à gérer mes émotions et ne pas sentir un malaise se déclencher à la seule mention du mot « père » ou tout ce qui pouvait s’en rapprocher.

« Bah t’en fais pas, je lui souris et, plus par mécanisme que par tentative de rapprochement, posai ma main sur la sienne (peut-être même n’avais-je pas immédiatement réalisé ce geste et sa potentielle signification sous-jacente. Puis, alors que notre deuxième pinte arrivait : Exactement ! T’sais où me trouver en cas de besoin t’façon ! Je souris encore plus, comme si un rayon de soleil venait d’éclairer ma journée. Même si tu t’ennuies ou autre, ça sera toujours un plaisir de t’apporter ma bonne humeur et mon humour gras au possible ! Je ris. Une troisième… répétai-je. On verra mon état hein, j’suis pas le meilleur des piliers d’comptoir… Ajoutai-je, riant toujours de la même gaieté. »

Encore une fois, nous trinquâmes, ma main toujours sur la sienne. Peut-être avais-je réalisé, mais ça ne me gênait pas tant que ça, quand bien même je n’étais pas habitué au contact physique avec le sexe opposé. Enfin… Pas ce genre de contact, hein. Puis je pris une première gorgée de cette seconde pinte alors que mon interlocutrice semblait occupée à chercher quelque chose dans sa tête. Peut-être de quoi nous occuper après le repas ? S’agirait de commander, d’ailleurs. Mais je devais bien avouer que je n’avais pas envie de partir comme ça après avoir mangé. Je voulais comme… rattraper le temps perdu, dirons-nous. Soudain, elle me demanda si je voulais venir chez elle après. ALORS CA. Je ne m’y attendais pas, mais alors PAS. DU. TOUT. Instantanément, mes joues virèrent au rouge. D’un côté, j’aurais pu aussi lui proposer de passer chez moi mais… j’avais peur que son paternel ne fût au courant. Pour faire simple, s’il apprenait qu’elle avait passé l’après-midi chez moi, j’étais un homme mort. Néanmoins, je lâchai, malgré moi, un soupire de soulagement à la seule mention du terrain d’entraînement privé qui se trouvait chez elle. Bordel, ça allait mieux d’un coup. Embarrassé et gêné d’avoir pu pensé n’aurait-ce été qu’une seconde qu’elle voulait me foutre dans son lit, je regardai évasivement le restaurant, évitant à tout prix son regard, me grattant l’arrière de la tête.

« Oh, ha ha ha… Je n’étais vraiment qu’un con. Eh bien… Ouais, ça peut être sympa ! Puis, je repris un air normal avant de lui lâcher un regard et sourire emplis de défi. Qui est suffisamment allumé pour penser que j’vais refuser un combat t’façon ? »

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Nos regards se percutent.
Puis s'éloignent comme deux aimants.
Je fais semblant de rien alors qu'il me prend la main, agréablement surprise par cette initiative, mais aussi un peu inquiète que les choses aillent un peu trop vite. Puis la mention d'une bagarre l'enchante autant qu'au temps de l'académie, je me rends compte que nous n'avons pas tant changé que cela et je me mets à sourire comme une gamine. C'est rassurant de voir que Kuro adore toujours autant l'action et qu'il ne refuse pas une baston, même si c'est face à une fille.
Je glousse alors qu'il rougit. Puis Kuro le causeur revient en force. Je prends une gorgée alors que c'est la dernière pinte.

-Oh, juste mon père. J'ai un petit sourire en coin, Noda aussi serait capable de piquer le scandale. Mais alors les deux en même temps, c'est à peine si les garçons du village auraient le droit de me regarder. Heureusement qu'il s'est décidé à passer toute la journée dans la forêt.

J'imagine que les ours ne vont pas se chasser tout seul. Ou alors il a décidé par je ne sais quel raisonnement qu'il fallait impérativement que son entraînement devienne plus intense. Déjà qu'il boxe contre des murs de pierre, je n'ose pas imaginer les nouveaux défis qu'il pourrait s'imposer par amour de la compétition.
Puis viennent les commandes. Mais... Nous n'avions pas encore commander.

-Excusez moi mais je crois que c'est la commande d'un autre.
-Ah.
Fait le restaurateur perplexe. Puis jugeant que deux ninjas ne devraient pas être contrariés, il ajoute. Bof, ce n'est pas grave je vous l'offre. Faites vous plaisir les jeunes. Cool.

Moins cool en fait, quand je regarde le plat qu'on vient de nous déposer ; un bateau, un menu pour amoureux. Je regarde le plafond un instant, tentant d'esquiver le moment gênant en sortant une remarque spirituelle à dire, mais envahie par l'embarras je ne trouve qu'une chose à dire, directement dérivée de mes traits d'esprits quand je suis en pleine déprime (cad plein de nihilisme).

-Eh bien j'imagine que ça va bien avec le thème de la journée. L'opéra, le resto, la... Je me rends compte que nous sommes toujours main dans la main. Ouiiii...?! Je suis heureuse de cela mais.

Mais je ne sais pas comment réagir et ma confusion doit se voir. Surtout avec le bateau entre nous deux.
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Misatachi Kuragari
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gone



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Otsuko était vraiment fleur bleue en fait. Je pensais que vu l’environnement familial dans lequel elle vivait, son mental serait un peu plus osé, si ce n’était provoquant, moralement gris. Mais rien n’était. Preuve en était : alors que mon pensée avait dérivé dans les plus grandes débauches du monde, celle-ci gloussait. Cela dit, je ne comprenais pas vraiment. Etait-ce parce qu’elle savait ce que sa proposition avait pu susciter en moi ou simplement parce que je rougissais comme un abruti ? Probablement les deux. Mais d’un côté, j’avais pu comprendre qu’elle était toujours aussi combative qu’à l’époque. Enfin, qu’elle aimait toujours autant se la donner, à l’amiable. Des affrontements en bonne et due forme comme je les aimais ! J’aimais tellement ça que j’étais persuadé que personne n’aurait pu m’empêcher de dérouiller (ou essayer de dérouiller) n’importe qui ayant l’audace de m’affronter. Jusqu’à ce qu’elle mentionne son paternel. Je m’arrêtai de sourire aussitôt. Ouais, lui me faisait peur… Et je n’avais pas envie de l’affronter, car si cela se faisait, cela voulait signifier que c’était contre mon gré. Et donc ma probable mort. Rien de bien engageant. Je pris une gorgée, manquant donc de m’étouffer. Je toussai mes poumons puis le soulagement se fit de nouveau entendre. Je soupirai à cet effet et pris une véritable gorgée de ma poisson.

« Nan, même ton père m’empêchera pas de me battre ! Essayai-je de me persuader. Dans la forêt ? J’en connais une qui va encore bouffer de l’ours pendant trois semaines, ris-je à forte gorge déployée. »

Le serveur ne tarda pas à arriver auprès de nouveau, les mains chargées d’un plateau couronné de victuailles. Mais il ne me semblait pas que nous ayons commandé, ni même songé à prendre la peine de regarder le menu. L’Arano ne tarda pas à lui faire comprendre. Dubitatif et perplexe, le tenancier prit quelques instants de réflexion avant de déclarer ce repas offert. Je haussai les épaules avant d’ouvrir grand la bouche, souriant comme jamais, peut-être même salivant. Qu’est-ce que ça sentait bon ! Puis le tout fut posé sur la table et… c’était tout de suite moins cool. Un. Putain. De. Bateau. Le plat typique des jeunes couples. Sans déconner ? Plus clichée comme rencontre encore, s’il vous plaît. Il ne manquait plus que le bouquet de roses et les violonistes en arrière plan. Ce n’était définitivement pas notre journée, surtout après autant de temps. Je soupirai longuement (je soupirai souvent en sa présence,c ‘était louche, d’ailleurs) et fermai les yeux une demi-seconde avant de les rouvrir tout aussi vite. Ma pseudo copine (d’un repas) regardait le plafond, tandis que je tentais de fuir les regards de ceux qui nous entourait… j’avais toujours ma main sur la sienne. Ceci expliquait cela. Entre temps, Otsuka avait clairement dit que ça allait dans le thème de la journée, énumérant ce qu’il s’était passé (et ce qu’il se passait) avant. Bah, elle n’avait pas foncièrement tort pour le coup. Puis elle m’arracha à ma tentative de Miymoto (aka : fuir) par une longue interrogation. Quoi, « ouiiii ?! » ? J’étais censé répondre quoi à ça moi, hein ? Ma main toujours sur la sienne, je plongeai mon regard dans le sien, mimant un regard aimant. MIMANT, JE RÉPÈTE.

« Quitte à aller dans le thème de la journée… Ma main libre se chargea en chakra Hyôton et un bouquet de roses glacées apparut sous la table. Souriant comme un béat, je les lui tendis, spontané. Tadaaaaa, m’exclamai-je, fier de ma connerie. Bon bah... Mangeons avant que ça refroidisse, hein, suggérai-je finalement. »

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Des fleurs?
Pour moi?
Avec le bateau en compte? Je prends timidement le bouquet gelé dans mes mains, admirant les différentes espèces dedans et ce même si elles sont en glace. Je suis profondément touchée par cette attention, surtout venant de Kuro (je l'aurais imaginé plus bourrin), surtout qu'il a toujours sa main sur la mienne.

Bon bah... Mangeons avant que ça refroidisse, hein Mais, ce sont des sashimis. C'est du poisson crû. Il ne peut pas refroidir.

Comme pour faire semblant de rien, je caresse juste sa main du bout de mon pouce vu que le reste est bloqué sous la sienne. N'osant pas le contredire, je pose le bouquet de fleur à côté de moi là où il ne gênera pas alors que j'attaque d'une main ce repas gracieusement offert par la maison. C'est vraiment une journée unique, et j'imagine que ce n'est pas fini vu le bagout et l'enthousiasme habituel de Kuragari.

-Je commence à savoir le cuisiner à force, l'ours. Quant à mon père j'imagine que de toute façon il ne verrait aucun... MDR, s'il savait que tu allais te battre avec un garçon, Kuro de surcroît, sur son terrain d'entraînement privé, il y foutrait le feu tellement fort qu'il serait figé dans la cendre. Problèmes à ce que nous nous entraînions. Merci beaucoup pour les fleurs Kuro, tu es un ange quand tu veux.

J'adore le saumon.
Le repas se passe sans trop d'encombres supplémentaire dirons-nous. En chemin vers chez moi, emportant les fleurs de glace qui si elles risquent de fondre à un moment donné, formeront une très belle décoration pour ma chambre en attendant. Mais le silence sur le chemin me fait penser à autre chose.

-Alors... Je ne sais pas vraiment comment aborder le sujet. J'imagine que... Je... Je ne m'attendais pas à ce que nos retrouvailles soient dans des circonstances aussi, incitées j'imagine. Je lui souris, un peu gênée de ne pas savoir comment aborder le truc.
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Misatachi Kuragari
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seigi no chikara



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Léger récapitulatif de la journée.
Je voulais augmenter ma force. J’ai donc invoqué un marteau et au final le gros caillou m’a foutu en PLS. Puis j’ai entendu de la flûte. Curieux, je m’y suis rendu. J’ai vu Otsuka pour la première fois depuis quelques années. Puis, j’ai adoré sa voix. Genre vraiment. Donc j’ai eu la magnifique idée de créer un opéra rien que pour elle. Au final, je l’ai invitée au resto et les circonstances ont fait que… maintenant on nous prend pour un jeune couple. C’est presque malaisant. D’habitude, je défouraille juste tout ce qui bouge sans crier gare. Mais là… C’est comme passer du tout ou rien. Je n’y suis pas du tout habitué. Et je suis VRAIMENT mal à l’aise. Comme si ce n’était pas le vrai Kuro qui était face à elle. Je dois me reprendre, mais au final, je lui offre des fleurs alors qu’on nous apporte un plat pour amoureux. Bordel de merde.

Ma main est toujours sur la sienne quand elle reçoit mon cadeau. Bien sûr, je l’avais fait pour la blague. A la base. Je ne pensais pas que cela allait la toucher. Et pourtant, c’est le cas. Je ne suis vraiment pas au fait des manières d’agir avec une fleur bleue. Une fille aussi candide qu’elle. D’habitude, je côtoie des chaudasses. Ou des coureuses de remparts. Donc ouais, je ne suis pas dans ma zone de confort. Peut-être que je devrai prendre ça comme un entraînement en cas de futures missions d’infiltration durant lesquelles je devrai me faire passer pour un gentleman et obtenir des informations ? Ouais, on va dire ça.
Son pouce caresse le dos de ma main, ses autres doigts sont bloqués par ma paume. Elle commence alors à manger d’une main. Je fais de même, puis la libère enfin. C’était particulier comme sensation. Agréable, mais étrange quand même. Je me régale avec les sashimis et… Seigneur, le saumon est excellent ! Puis l’Arano me dit qu’elle commence à savoir cuisiner la bestiole que chasse perpétuellement son père. Je hausse les épaules, souris et rigole légèrement.

« C’est que tu serais presque bonne à marier ! Je plaisante. Bah… C’qu’un entraînement, qu’est-ce qu’il pourrait s’imaginer t’façon ? Je demande, perplexe. C’est vrai que son père est allumé quand il s’y met, mais de là à croire qu’un entraînement pourrait être un rend… Attendez. C’est un peu le thème de la journée quand j’y repense. Je rougis et m’empiffre de tous ces mets, comme pour masquer ma gêne. Un ange tombé du ciel, c’qui expliquerait quelques pertes de neurones, j’ironise une fois encore, riant à gorge déployée. »

Enfin, je paye et nous partons. Direction le terrain d’entraînement privé de la famille Arano. J’ai un peu la boule au ventre : j’espère ne pas croiser son père. Sinon ça va partir en live et personne n’en a envie. Sûrement pas moi. Une chose est sûre, s’il me voit avec la prunelle de ses yeux, je suis un mort mort. Et enterré. Ou carbonisé. Figé dans les cendres. Dans tous les cas, plus de Kuro pour embellir la vie des tourbillons… Je soupire alors qu’elle prend de nouveau la parole.

« J’étais pas prêt, hein. J’te le dis. J’évite son regard. Non pas qu’ça soit déplaisant, j’ajoute. Au contraire, je chuchote. Bah, on dira que c’est l’ironie du destin, je me force à rire alors que nous approchons du domaine familial. En tout cas… J’espère que t’es prête. J’me suis pas touché toutes ces années, j’te le dis ! »

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Arano Otsuka
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-Je suis toujours prête Kuro. Une lueur de défi dans le regard, je me permets de surenchérir. Je vais me montrer digne de mes galons.

Nous arrivons au domaine familial, une grande maison traditionnel plus vide qu'elle ne devrait l'être. J'ai un petit pincement au coeur en constatant qu'elle est vide, je m'étire et fait signe à Kuro de se mettre à l'aise pendant que je prépare ma flûte dans ma chambre. Non pas qu'elle soit introuvable, mais plutôt qu'en la récupérant je me rends compte qu'elle aurait besoin d'un petit peu d'entretien avant le combat.

-Je vais te servir un thé, je dois préparer ma flûte avant le combat. Graisser les clefs, polir la clef d'octave, passer un coup de chiffon à l'intérieur pour m'assurer que le tuyau est propre.

Les bases pour tout musicien qui se respecte, la musique ninja est gourmande en logistique si on veut que les instruments durent longtemps, l'inconvénient d'avoir un style de combat qui se repose sur un objet tiers plutôt que sur soi-même. Je m'installe en face de Kuro à la table basse du salon avec du thé, je fais le service avant de m'atteler à ma tâche ; je jette la cordelette dans le tuyau avant que celle-ci ne ressorte pas l'autre bout, je tire dessus et le chiffon absorbe tout ce qui aurait pu venir l'encrassé. Je passe un petit coup de pinceau lubrifié sur les clefs, m'assure que la clef d'octave fonctionne bien et enlève une saleté qui s'était incrusté dans le métal à l'aide d'une aiguille à coudre.

-Tu préfères quelle octave d'ailleurs pour le duel? Ca ne change pas grand chose à la plupart de mes techniques. C'est plutôt pour le confort de ses oreilles que je dis ça. Si je suis une ange tombée du ciel, je ne vais quand même pas vriller les oreilles de celui qui m'a rattrapé. Je commence à être fleur bleue.
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Misatachi Kuragari
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Otsuka & Kuragari


Otsuka me dit qu’elle est toujours prête, en réponse à ma question réthorique, une lueur de défi dans le regard. Je souris grandement, dents dévoilées, jusqu’aux oreilles. Comment pourrai-je en être autrement ? Moi qui adore tant les combats, challenges et défis en tous genres, me voilà ravi ! En revanche, je n’ajoute rien. De toute façon, nous arrivons au domaine Arano et autant dire que je préfère me faire discret. Ne sait-on jamais, des fois que la brute épaisse du père soit là, ou même le frère… Dans tous les cas, il faut que je me fasse petit… Je ne veux pas mourir maintenant, et encore moins sans réelle raison !
Otsuka rentre, alors je la suis. Politesse oblige. A l’intérieur, je retire mes chaussures en même temps qu’elle et continue de faire le bon, fidèle et loyal animal de compagnie. Je ne veux certainement pas risquer de commettre l’irréparable. Bref, toujours derrière elle, voilà qu’elle m’invite à me mettre à l’aise. Ni une, ni deux, j’enlève mon espèce de chemise. Il fait beaucoup trop chaud dans le caillon pour rester habillé entièrement. Puis elle sort le service à thé et m’en sert une tasse. Bon, soyons honnêtes. Ce n’est clairement pas ma tasse de… Ma boisson préférée. Je préfère de loin le café et ses arômes bien plus prononcés et qui laissent un arrière-goût en bouche. Mais je vais m’en contenter. Je n’ai pas spécialement le choix de toute façon.

« Merci, je réponds à son service alors qu’elle m’annonce qu’elle doit nettoyer sa flûte. »

Je lui souris et opine, elle a raison : elle fait bien de se préparer convenablement, histoire de ne pas trop en chier une fois que j’aurai déployé mon plein potentiel. Enfin, je dis ça mais… Je n’ai, genre, aucune foutue idée de ses aptitudes au final. Juste sur le papier, quoi. Je me doute – et ça a été confirmé tout à l’heure – qu’elle utilise ses instruments pour combattre. Et alors quoi ? Genjutsu ? Fûton ? J’en sais foutrement rien. Et je m’en fous un peu au final. J’ai qu’une hâte, c’est le découvrir à la sueur de mon front ! Puis elle fait ce qu’elle a à faire alors que je porte la tasse à mes lèvres. Au bout d’un moment elle me demande quelle octave je préfère. Probablement une simple politesse pour ne pas trop agresser mes tympans par la suite. Alors je lui énonce celle qui m’est le plus agréable à l’ouï, essayant même de la mimer avec mon propre timbre de voix. En espérant qu’elle comprenne…
Puis je termine mon breuvage. A elle de surenchérir sur ce que j’ai pu dire plus tôt, par rapport à l’ange tombé du ciel… Ce qui me fait rougir. Beaucoup trop. Bien plus que de raison. Je n’assume plus du tout ce qui est en train de se passer et j’ai même plutôt envie d’ignorer la scène. Alors je tente de changer de sujet et posant ma tasse bruyamment sur la table.

« Bon bah j’ai fini ! M’exclame-je. Je la regarde avec des étincelles dans les yeux. Alors, prête ? Ou peut-être que tu souhaites reculer encore un peu plus pour mieux sauter dans mes ergots acérés ? La provoque-je cette fois. »

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Arano Otsuka
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Il rougit.
Je retiens un gloussement amusé, titillée à l'idée de continuer sur cette voie ; il est super chou quand il rougit. Je ne cache pas mon sourire et lui fait signe de me suivre, nous passons à travers le couloir central de la maison pour aboutir dans le jardin ; à côté d'une mare au baigne quelques carpes, un grand terrain de sable fin. Avec une délimitation pour jouer au jeu de paume, nous nous plaçons chacun d'un côté et je consulte Kuro du regard.
Il est prêt.
Je le salue d'une courbette et commence à jouer, profitant de pouvoir ouvrir la bataille pour lui prouver ma valeur.
Première ligne en clef de sol, sans bémol ni dièse, un premier test pour vérifier ses acquis les plus élémentaires en ninpo ; le monde se fige et il ne reste plus que nous deux qui importons. Unique objet de son attention. J

Maintient le dans le secret, plus longtemps il sera dedans plus vite il aura du mal à en sortir. Surtout s'il ne connaît pas le genjutsu!

e profite de mon initiative offerte pour continuer d'attaquer en exploitant au mieux la faille que je créé.
Je continue sur une autre suite de notes, préférant tout de suite installer une pression dont il aura du mal à s'extraire, quitte à ce que je sue un peu au passage. Ce que je vais faire est chaud, très audacieux, mais gagnable si ça passe.

Au feu allez! Une boule de feu suprême dans ses dents! De rang B la boule de feu!

Si ça ne passe pas j'imagine que je pourrais toujours trinquer à sa victoire ensuite. L'énorme boule de feu qu'il ne peut que constater se matérialise au bout de ma flûte avant de lui foncer dessus.

Rapport de situation ::
 
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Misatachi Kuragari
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Otsuka & Kuragari


Prêts, nous nous rendons en dehors, une fois que nous avons fini nos boissons respectives. Encore une fois, je la suis, sans laisser paraître aucune tension qui soit, ni même laisser un mot s’échapper de ma bouche ; je n’ai rien à dire. Je me concentre en avance sur le combat qui va nous opposer l’un à l’autre et nous permettre de prouver notre valeur. Car, contrairement à ce que tout le monde peut dire sur nous, nous sommes tous deux valeureux.
Nous arrivons rapidement sur ce qui semble un terrain de paume, parfaitement délimité. Chacun notre tour, nos pas nous mènent vers ce qui sera vraisemblablement notre partie. Du moins, pour le début. Tout le monde sait que lors d’un combat, les positions initiales ne sont que rarement respectées à la fin… Ou même au début.
Bref. Elle sort de nouveau sa flûte et commence à jouer un air, mais rien ne se passe. Du moins, c’est comme ça que je comprends la chose… Pour l’instant, rien de bien folichon, qu’on se le dise. En revanche, je sens l’atmosphère devenir oppressante, pesante… Une illusion ? Je regarde autour de moi et me rends compte que tout semble figé ; les poissons du bassin semblent figés, le vent n’agit plus avec les feuilles des différents arbres… Une zone figée. M’ouais, je ne suis pas convaincu de l’efficacité de cette technique. A voir, comme dirait l’autre. De fait, je hausse les épaules alors que mon adversaire du moment joue un nouvel air. Air auquel je ne comprends pas grand-chose. C’est à ce moment-là qu’une imposante boule de feu jaillit et me vise. Mais elle est bien plus grosse, imposante et rapide que la mienne. Merde ! Je n’ai pas d’autre choix… Je joins rapidement mes mains l’une contre l’autre et fait jaillir un mur de glace face à moi, de telle sorte qu’il soit juste assez résistant pour contenir l’impact, la déflagration et la chaleur générées par la technique Katon de l’Arano.
Voilà qui commence bien… Derrière ma protection, je n’ai malheureusement aucun moyen de voir où elle est… Ni ce qu’elle prépare. Mais c’est la même chose de son côté, aussi je tiens bien à profiter de ça !

Récapitulatif de combat:
 

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Arano Otsuka
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Le genin pose les mains au sol invoquant un mur de glace, je laisse mon coup de feu disparaître, ne jugeant plus utile de maintenir une illusion qu'il n'est pas en mesure de voir. J'en profite pour reprendre mon souffle et continuer la mélodie de bataille, dressant une horde de doubles qui converge
sur sa position ; je maintiens la dernière note quelque instants, voulant m'assurer que l'illusion tiendra avant de sortir un autre tour de passe-passe de mon sac (à moins que ce ne soit vrai?).
Je pose un genou à terre, remplit mes poumons d'air, notant que l'énorme sarcophage de glace de Kuro a un brin refroidi l'atmosphère avant de faire affluer une certaine dose de chakra dans ma flûte : je profite de la diversion de mes clones pour passer un coup de lance flamme dans tout ça. Un geyser de feu émane une nouvelle fois de ma flûte, venant immoler tout ce qui se trouvait sur mon chemin, incinérant autant Kuro que mes clones.
La langue de feu vient lécher une grande partie de mes effectifs qui n'en tiennent guère compte, la technique trop faible pour réellement venir à bout de mon illusion, je profite de cela pour espérer directement faire mouche.
Après tout, si j'ai bluffé une fois, mon illustre adversaire sera bien capable de croire que je bluffe une nouvelle fois non? Il ne me penserait pas assez bête pour cramer mes propres soldats si? La terre brûlée est une tactique qui marche (et qui, si elle était appliquée aux alentours du village, m'éviterait à devoir manger de l'ours à intervalle régulier).
Je profite du chaos de la bataille pour préparer mes défenses, le secret est roi.

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Misatachi Kuragari
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Le combat bat son plein et la jeune donzelle n’a de cesse de m’impressionner. Outre son talent certain pour la flûte et plus généralement la musique, elle se révèle également être très douée pour l’utilisation d’illusions et la multiplicité de ses éléments de plus ou moins bonne maîtrise. Passer d’un chant de Katon énorme pour me forcer à refroidir l’atmosphère à une plus petite… Il faut le faire. Ou le vouloir. Ou encore tout simplement vouloir me bluffer. Et pour le coup, je pense surtout à la dernière option. Mais ça, je ne peux en être sûr.
Finalement, ma barricade personnelle disparaît et me permet de contempler de nouveau cet avion de chasse, dont la flûte pend toujours au bout de ses lèvres. Je souris alors qu’elle joue de nouveau, ou du moins qu’elle semble jouer. En effet, alors que j’ai fait pousser ce mur, j’en ai également profité pour me mettre des bouchons d’oreille, fabriqués par mon propre avantage personnel. De ce fait, aucune illusion ne pourra jamais plus me faire d’effet… Jusqu’à ce qu’ils fondent. Bah, j’aurai juste besoin de les recréer. Rien de bien méchant. Néanmoins, les illusions visuelles fonctionnent toujours. C’est ainsi que je vois naître toute une armée de clones d’elle, suivis d’une technique Katon que je maîtrise. Et qui fonce sur eux. Sur le coup, je tique et ne comprends pas. Puis je réalise qu’ils ne brûlent pas vraiment. Encore un Genjutsu, great. Bah, je les ignore et me concentre. Aussi, j’attends avec patience sa technique Katon que j’esquive sans mal avec une roulade sur le côté. Sauf que durant cette manœuvre, je joins mes mains et, une fois stable, termine par un dernier signe. La rivière qui coule non loin de nous se voit être utilisée, au même titre que l’humidité, pour former d’innombrables aiguilles de glace qui ont pour seule et unique cible l’Arano.

Récapitulatif de combat:
 

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Arano Otsuka
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Kuro esquive la langue de feu et ignore mes clones, comprenant qu'il a affaire à une illusion, je change de tactique et m'apprête à lui lancer mon deuxième parchemin explosif avant de réaliser que je suis entourée d'aiguilles de glace. Je fais exploser le parchemin explosif que j'avais déposé par sécurité devant moi pour briser les aiguilles qui me font face et me jette dans cette sortie improvisée à la bombe avant de me faire empaler. Je me relève prestement de mon plongeon, dégaine mon kunaï et converge sur mon adversaire avec une vélocité digne de la sienne...

-C'est quoi ce bordel putain? Ciel, mon père. Le monde se fige. MERDE! Explose-t-il. Pourquoi le bassin des Koi est à moitié vide? Il n'y a pas mort de poisson encore.

Puis il se rend compte de Kuro, ou du moins, il prend conscience de son existence, de notre relation peut-être? Qu'importe, l'expression indicible de haine et de colère qui se forme vient s'illuminer d'un petit sourire de satisfaction avant d'être emporté par une marée de profond dégoût, puis les trois mimiques se rejoignent pour former un rictus aussi impressionnant qu'inquiétant. Finalement, il porte un regard lourd de sens sur le genin, puis un autre d'incompréhension sur moi, ensuite, renonçant à comprendre, il prend une grande inspiration.
Pour mieux souffler Kuro? La pierre qu'il tient entre les mains commence à se fissurer sous l'effet de sa poigne monstrueuse.

-Toi! Commence-t-il avec sa très énervée rage de jônin. Puis il a un petit coup d’œil furtif vers moi avant de continuer. Par les kamis, il va le tuer! Je te souhaite la bienvenue dans ma maison. Dit-il tout calme? HEIN? Tu sembles bien t'entendre avec ma fille, sache que si tu lui brises le... Il cherche ses mots. Les shinigami m'en soient témoins il ne va quand même pas ruiner cet après-mi... Si vous voulez briser le quotidien, sachez vous deux que je suis en congé ce soir et demain. Petit repas en famille ce soir? Bien sûr. Toutefois, pourquoi est-ce que je détecte une légère odeur de brûler?

C'est super de l'avoir à la maison pour le dîner. Manger avec Noda ET papa est rare en ce moment, ce sera toujours ça de pris.

-Parfait. Je viens de réaliser que j'ai peut-être répondu à la place de Kuro.

Il le regarde pour confirmer.
Sa réponse (qu'importe quelle soit) semble à peine lui convenir.
Dans tout les cas il retourne à l'intérieur en balançant la pierre portée à blanc dans le bassin des carpes, celle-ci explose à cause du choc thermique. Papa réussit aussi l'exploit de faire claquer une porte coulissante.

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