:: Zone Rp - Le Sekai :: Autres Régions :: Empire de Tetsu Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Il y a de cela bien longtemps…

Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Quand on a seize ans, on est censé être heureux, vivre sous le soleil, profiter de sa famille… Et non pas être enfermé dans une cellule puant ses propres excréments, son sang, à parler avec une entités sombre, à être un chien de combat pour les samouraïs et à tenter de maintenir un semblant d’humanité en racontant encore et encore mes souvenirs avec mes parents ou en mangeant lentement malgré la faim qui me brûle les entrailles. Je fais ce que je peux pour essayer de rester ce que je suis. Alors que mes geôliers viennent copieusement de m’arroser d’eau glacée pour me laver sommairement, j’entends des bruits de pas. Recroquevillée dans un coin de ma cellule, je me plaque plus encore au mur pour devenir invisible. Du haut de mon mètre trente, de mon apparence de crevette sans aucune forme, entièrement nue, mes derniers haillons ont été arraché lors des derniers viols, le corps couvertes de cicatrices… Je n’impressionne personne. Je cache ma tête entre mes bras quand la porte de la cellule s’ouvre. Je suis attaché tout au fond par de lourdes chaînes bien trop épaisses pour que je les tailles avec mes propres griffes. La lumière d’un flambeau me déchire les yeux et je cache d’avantage ma tête entre mes bras. Je suis fatiguée. J’entends la voix de celui qui me retient ici me présenter comme son meilleur chien de combat à … l’Empereur ? Je redresse la tête et plisse les yeux pour essayer de voir l’homme. Il y a trois personnes, mon « maître» l’empereur, et un autre. Je plisse les yeux en essayant de regarder, mais l’obscurité revient bien vite.

Le temps dans le noir s’écoule bien différemment. Je suis trop fatiguée pour empêcher les samouraïs de venir me chercher quelques heures ? Minutes ? Instants ? Après et me traîner par les bras sans que je ne fasse le moindre geste. Je n’en peux plus et j’aimerais que tout s’arrête. Je roule dans le sable de l’arène et mon regard s’arrête sur le ciel bleu que je vois au travers de l’épais grillage qui couvre l’arène. La foule cris, hurle, insulte et j’entends à nouveau mon maître parler. Je préfère me tourner vers l’Autre qui attend, silhouette menaçante, puissante… Ma gardienne, ma protectrice.

« L’Autre ?
- Oui ?
- J’en ai assez… Tu ne veux pas perdre ?
- On ne peut pas perdre chaton, tu le sais.
- Je veux que tout s’arrête…
- L’empereur est là ?
- Oui.
- Dans ce cas… nous ferons tout pour le tuer. C’est à cause de lui si on est là.
- … Oui.
- Laisse moi faire. Ferme les yeux et laisse toi porter, écoute la voix de Nibi. Nous allons leur offrir une danse dont ils se souviendrons longtemps.
- Je t’aime.
- Dors. »

Nous battons des cils alors que les herses de l’arène s’ouvrent. Des tigres géants, plus vifs et plus sauvages que leur homologues. Nous entendons leur hurlement de colère et nous roulons lentement pour les toiser à notre tours, à quatre pattes. Nous penchons la tête sur le côté quand ils rugissent à nouveau pour nous défier, nous petites choses fragiles et douces. Lentement, nos griffes d’acier sortirent de leur écrin de chair et nos lèvres scellèrent pour l’instant notre rugissement. Nous bondissons entre les tigres, avant de grimper contre le mur pour sauter sur le grillage. Plus vive qu’un chat nous grimpions le long des mailles. Le grillade s’enfonce dans notre peau, mais nous nous approchons lentement de l’Empereur en fixant les bêtes. Presque ça !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
Je tire sur ma pipe. Longuement. La fumée me rentre dans les poumons dans une sensation que je déteste particulièrement, mais bon, quand il faut le faire, par honneur, alors tout de suite la douleur se minimise. J’ai l’impression de brûler, mon visage se crispe et ma peau déjà glacée par le maquillage et mes yeux ont envie de tiquer. Pourquoi se pourrir la santé et les poumons lorsqu’ils sont nous principaux outils de travail ? Je n’ai pas envie de me crever car après, je pourrais plus courir derrière les fuyards du rang ou les macchabée mal achevés. Même si le goût est plutôt bon lorsqu’on y met le prix, ce qui pourrait être dans mes moyens, ma conscience professionnelle rattrape mon plaisir égoïste, merci l’armée.

Je retends le bout de bois finement ouvragé, en cerisier teinté de noir, cerclé d’or taillé à la serpe par les artisans les plus qualifiés de l’empire, serti de diamants précieux représentant à eux seuls facilement deux mois de solde, à l’Empereur.

Ce dernier me touche la paume de la mains avec délicatesse, son armure toute neuve et aussi lisse qu’un crâne de recrue me fait frissonner à chaque contact. Peut-être parce que je touche l’homme le plus important de l’Empire ? Probablement.


«-C’est du bon tabac, capitaine. Je l’ai fait venir du fin fond du territoire lorsque j’ai entendu comment se déroulait votre campagne. »

«-Votre attention du détail est aussi formidable que votre bonté, mon Seigneur. »

Je sue à grosse gouttes sous le casque, et je prie tout ce que je peux pour faire en sorte que si le Ki existe, qu’il redirige les gouttes sous mes cheveux de manière à ce que ça ne se voie pas. Mon visage reste figé, et mes lèvres immobiles. Avaler sa salive est un combat de tout les instants à cause de la peur de le faire trop tôt, trop tard, trop fréquemment ou trop bruyamment pour Seigneur Ashikaga.

Il tire sur sa pipe avec infiniment plus de classe que moi alors que nous descendons les escaliers ponctués de gardes se courbant sur notre passage. Nos armures claquent, les corps bougent, et il est parfois compliqué d’esquiver certains trous dans les marches menant aux sous-sols de l’arène, mais le Shogûn semble parfaitement habitué à ça, comme s’il avait été créé à partir de matière supérieure, comme si tout cela n’avait aucune importance face à lui.

Moi ? Je galère, je fais super attention à ce que je fais, la moindre faute dans mes pas pourrait me valoir une remarque, et si je tombe sur mon Seigneur, je peux dire adieu à la liberté et mon grade qui m’ont permis d’être invité aujourd’hui par l’Empereur en personne pour me récompenser de ma bravoure.


«-Vous savez, Capitaine Orochi, que la campagne des Grandes Forêts contre les Onryous n’étaient pas la prioritaire dans nos plans, nous aurions préféré attaquer directement Hi no Kuni »

Quand Ashikaga parle, instantanément tout se tait, comme si le monde se mettait en pause pour lui. Je regarde alors avec amour et intérêt son visage immobile et détendu, ce qui renforce mon impression d’être le seul paniqué ici, et donc mon sentiment d’être sur un siège éjectable à la moindre connerie faite, volontairement ou non. Je lui répond spontanément, la voix teintée de fausse assurance comme les façades politiques l’exigent.

«-Si je puis me permettre Monsieur, ce n’est point une raison pour ne pas montrer force, courage et détermination dans la pacification des terres, peut importe soient-elles. »

Un énorme rictus se dessine sur le visage de mon interlocuteur et quelque peu bourreau, il retire sur sa pipe et laisse ses yeux suivre une volute de fumée, et s’arrête en pleine descente sur une marche peu stable. Je commence à suer, j’ai peur que quelque chose de mal se passe, c’est pas normal de s’arrêter au milieu des escaliers.

«-Voilà pourquoi vous êtes ici, capitaine. Vous menez des milliers d’hommes à travers le feu et le sang de manière à ce que même notre plan de secours deviennent une de nos plus grandes réussites jusqu’ici. »

«-Vous êtes trop bon. »

La sueur se dissipe un peu, mais il est toujours compliqué de prévoir comment Ashikaga va répondre à un compliment. Il sait très bien que s’il sort dans la rue, les paysans vont se pisser dessus ou se mettre à pleurer par l’émotion à cause de leur incapacité à se comporter correctement face au Maître du Glorieux Régime. À l’armée, c’est pire, car on a son portrait peint dans tout les casernements, ce qu’il fait que notre amour pour lui est incommensurable, contrairement au sien qui pour nous est difficile à palper.

«-Peut-être, mais en attendant je vous ai invité ici pour que vous preniez une pose dans votre travail plus que satisfaisant. »

Je souffle un grand coup par les naseaux, en dosant bien le débit pour ne pas que ça s’entende et fasse des vagues. Je ferme les yeux deux ou trois secondes pour me calmer mon stress. C’est toujours un honneur que d’être invité par l’Empereur en lui même, même pour ses proches conseillers à qui cela arrive toutes les semaines. Et pour cause, il met à chaque fois les bouchées doubles niveau honneurs et cadeaux, et derrière se comporte toujours égal à lui même, un chef inné et craint comme personne dans le monde. Peut-être parce que les autres chefs que j’ai croisé dans ma vie étaient soit attachés par des chaînes dans une prison, soit directement vassaux du Shogun.

«-Avez vous déjà vu un combat dans une arène capitaine ? »

«-Pas du tout Seigneur. »

«-Nous allons donc corriger ce problème »

Sa voix m’emporte lorsqu’il dit ce genre de choses, comme si c’était la suite normale des choses qu’il lis et pose délicatement sur la table. Alors qu’il avale les dernières marches ma crainte se change en contemplation. Je suis invité par l’homme le plus puissant du Sekai, et ce dernier me fait des cadeaux en échange de mon simple travail de pacificateur. Je suis probablement en ce moment la dernière personne du monde à pouvoir me plaindre.

Je passe alors derrière le chef suprême drapé de gris anthracite, sa cape volant derrière son armure décorée d’or et de pourpre, me reléguant au rang d’accompagnateur de sa prestance, ce qui est déjà trop pour moi. Le tissu s’envole derrière lui alors qu’il arrive au niveau des portes vers les cages.

L’empereur s’incline alors, bien bassement, dans un angle proche de quatre vingt dix degrés. Le crâne chauve du dresseur qui nous attendait là commence à suer alors qu’il accompagne le Seigneur dans son geste de salutation. Moi, je reste en arrière, dans l’ombre.

Le dresseur se relève, les mains plaquées contre son kimono et le regard près des larmes, braqué dans mes pupilles à moi, tel un appel à l’aide secret et situé entre la peur et la détresse.


«-Bonsoir Akinobu, pouvez vous nous ouvrir les cages je vous prie ? »

Il pince ses lèvres et baisse les yeux rapidement sur la corde derrière lui, la main tremblante et hésitante. Que je le comprends.

«-Bien sûr Seigneur. »

La porte remonte alors lentement, laissant partir des volutes de fumée du sol et des bruits assourdissants du mécanisme. Le bois se meut lentement, et la seule tâche à ce tableau de la gêne est le cailloux venant se déposer sur la botte luisante d’Ashikaga. Je regarde autour de moi pour voir le dresseur une main convulsante devant la bouche, les yeux embués d’eau salée et les jambes sur le point de se rompre. Je ravale ma salive devant la chaussure souillée de la sorte par le fruit du hasard.

Il se baisse, tout le monde retient son souffle, Akinobu ferme les yeux et son front se plie dans une expression proche de la tétanie. L’Empereur époussette sa botte, se relève.

Il donne une tape amicale sur le bras du dresseur.


«-Accompagnez nous, je vous prie. »

Un blizzard souffle dans la salle, pourtant isolée du vent, nos quatre corps avec les gardes se relâchent d’un seul et unique coup discret. L’Empereur doit bien en avoir conscience, de tout ça, mais il se contente d’avancer dans la cage, en face d’une petite adolescence attachée. Nous le suivons.

Akinobu semble se ressaisir alors qu’il se met à côté de moi derrière le Maître de tout les lieux, et m’adresse un regard entre la stupéfaction et le soulagement. Je hausse les épaules et avale silencieusement la salive alors que la noirceur de la geôle nous avale.


«-SALE CHIENNE ! TU OSES MORDRE SA SAINTETÉ, JE TE JURE SUR TOUT CE QUI EST POSSIBLE QUE TU MOURRA ! »

«-Doucement Akinobu. »

L’Empereur se baisse alors lentement à la limite des chaînes de la gamine nue et blanche. Le dresseur se met le visage dans les mains, avalé par sa bêtise involontaire, sûrement avec l’envie de se seppuku en ce moment même tellement la fureur du Shogun est grande et imprévisible. Moi je cours et me penche pour attraper sa pipe qu’il me tend sans me regarder ou quoi que ce soit. Je vais peut-être faire une grosse connerie, mais je tire dessus, comme pour changer le stress en poison respiratoire au lieu de mourir à petit feu à cause des tripes étouffées.

«-Alors petite, comment ça va ? »

Je regarde la scène avec attention. Je ne sais pas lequel des deux va être le plus imprévisible. Faire part de pitié et d’amitié pour une prisonnière de guerre retenue en esclavage est franchement pas quelque chose que quelqu’un de normal ferait, mais le Shogun est formidable. En revanche, j’espère que la gamine sait faire preuve de retenue hors norme aussi, car on lui tend une perche sans lui ordonner de la prendre sous la peine de la prendre dans la gueule. Le seigneur lui tend une main à plat, comme lorsqu’on tend une main à un chien de bataillon pour lui enjoindre de nous rejoindre et de nous offrir son front à papouiller. Je ne cligne pas des yeux devant le spectacle.

«-Bien, aujourd’hui tu vas te battre, comme tu l’a fait vainement pour tes terres. Les meilleurs ne meurent pas, ils continuent d’exercer leur art.

Allons-y messieurs. Ça va bientôt commencer. »


Claquements de bottes, pipe entre les dents, porte qui se referme et escaliers montés. J’ai peur.
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
J’observe l’empereur s’avancer au milieu de mes excréments et des traces de sang. Je reste assise toujours replié sur moi-même. Je le vois tendre la main comme on le fait à un animal et je penche la tête sur le côté. Il ne croit tout de même pas que je vais venir poser ma joue dedans ? Si ? Autant lui faire croire que je suis limitée dans mes capacités de réflexions, même L’Autre me souffle que c’est une bonne idée. Je me déplace souplement, presque à quatre pattes vers lui pour venir renifler sa main, en tirant sur les chaînes. Je renifle doucement sa main, il pue le tabac et le parfum. Comment ça va ? J’ai presque envie de lui cracher à la figure, mais c’est peu recommandé avant un combat. Je bats lentement des cils. Ma voix résonne étrangement déformée, grave, rauque, cassée juste après les paroles du Shogun.

« Aussi bien que possible dans ce trou à rats. Je n’ai jamais eu de terre, je me suis toujours battus pour vivre. »

La stupidité d’un homme. Je reste immobile toujours les mains tirées en arrière à cause des chaînes, à soutenir le regard de l’homme. Je rêve de lui arracher les tripes, de les rependre sur le sol… mais je ne peux pas. Comme je n’ai pas pus combattre pour sauver mes parents. Je tourne le regard vers l’homme au fouet et le désigne du menton.

« Demande lui comment je suis arrivée ici. »

À savoir capturé à l’âge de sept ans après le meurtre de mes parents qui ne faisaient rien de mal à part simplement voyager pour retrouver les leurs. Rien de mal, nous n’étions que es nomades qui ne demandaient rien à personne. Et ensuite, la crise de folie à neuf ans, le massacre de samouraïs et d’esclaves. Je me souviens très bien de la douleur, de la folie qui s’était emparé e mon corps et ma soif de sang. Je soutiens toujours le regard de l’empereur.

Dans l’arène

Nous observons les grilles avec attention. Trop épaisses pour nos griffes et je doute que les tigres puissent véritablement m’aider. Tant pis. Nous ne tuerions pas l’empereur, mais nous pourrions toujours dansé avec les tigres. Nous entendons quelqu’un crier un « P’tite sœur ! ». Tournant vivement la tête, nous voyons Ikki-nii-san nous regarder avec inquiétude. Pas d’inquiétude grand frère. Nous nous laissons retomber au sol pour éviter le bond d’un puissant tigre qui frappe contre la grille. Nous retenons un bâillement et étirons notre corps engourdis par l’immobilité de la cellule comme un chat le ferait. Notre nuque craque et nous observons encore un peu les tigres avant qu’un large sourire fous déforme nos traits. Nous levons les yeux vers le ciel bleu et nos lèvres murmurent une prière pour Nibi. À nouveau ce combat lui est dédié.

Nous roulons souplement sur le côté lorsque le premier tigre, que nous appelons Minou, nous charge. Nous concentrons notre chakra dans notre gorge en attendant Minou et Mistigri, l’autre tigre, se regroupent pour nous attaquer. Le rugissement puissant secoue presque les murs de l’arène et nous répartissons notre chakra à nouveau dans tout notre corps. Nos griffes chantent et le sang éclabousse les murs, les fourrures blanches, le sol et ma figure. Nous grimpons à nouveau jusqu’à la grille et nous suspendons sans mal en observant l’Empereur. Avant de regarder les cadavres encore chauds des tigres. Moins d’une minutes le combat. Et encore : nous avons avec les petits minets. À quand un vrai combat. Nous nous déplaçons en écoutant les cris de la foule alors que le sang dégouline sur nos mains alors que nos griffes ont disparu. Nous nous installons patiemment face à l’empereur, notre sourire toujours sur nos lèvres. Notre voix résonne à nouveau, couvrant un instant le bruit

« Alors petit seigneur ! Le spectacle te plaît ?! »

Nous rions en attendant la suite du combat. Nous savons très bien que ce n’est pas finis. Nous pouvons même combattre d’autres esclaves, mais nous savons que ce n’est pas ce que veut celui qi se croit être notre maître. Notre regard se perd à nouveau dans le ciel et à nouveau nous murmurons une prière pour notre mère Nibi.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
« Alors petit seigneur ! Le spectacle te plaît ?! »

Je croise les pieds sous mon siège alors que le combats vient de se terminer. Partagé entre l’intérêt happant que représente la démonstration de la gamine et son arrogance misérable. Je commence à me questionner quant-à l’existence d’un destin dans ce monde ce qui fait que tout le monde est châtié selon ses actes par une force supérieure, comme une incarnation du Shogûn. Voir la gamine insulter l’Empereur en personne me donne des bonnes raisons de penser que sa place se trouve bien de l’autre côté des grilles.

Je suis interrompu dans mes réflexions par mon hôte indiquant au tenancier de l’arène de s’approcher. Son doigt indiquant en un simple coup une urgence de parler, bien camouflée derrière un visage et un apparat de marbre. Je me penche alors subtilement tandis qu’Ashikaga me pose une main sur l’épaule.


«-Fouettez là quand elle sera rentrée dans sa cage, puis nourrissez là copieusement. »

Je souris en coin alors que je sais où l’Empereur souhaite en venir. Mêler punitions et récompenses est déconcertant lorsqu’on élève des animaux, alors quand ces derniers sont dotés de capacités de réflexions humaines, il s’offre un moyen de briser quelqu’un psychologiquement. L’Empereur ne veut pas mettre à mort ceux qui l’insultent, il veut pire, il veut les faire imploser sur eux même avant.

Je m’adosse alors dans mon siège, radoptant une posture plus formelle maintenant que mon esprit est plein du fond de la pensée du Maître, et je dois avouer que sa réputation n’est point usurpée. Son intelligence et sa capacité à tirer parti des circonstance est bien au niveau des ragots populaires qu’on peut entendre en casernement. Comment douter de sa supériorité et de sa capacité à commander le Sekai lorsqu’on assiste à ce genre de démonstration de force ?


«-Capitaine, ce genre de choses arrivent souvent, sur tout les champs de bataille, vous devez le savoir. »

Je ne regarde surtout pas le Shogûn dans les yeux alors que lui me fixe. Mon regard évasif se braque sur la porte en bois cintrée d’acier s’ouvrant lentement au meuglements d’esclaves au sous sol, une cage en monte. Je secoue la tête de haut en bas pour indiquer à mon hôte que je l’ai entendu, et dès lors j’entame une réponse à moitié cachée par les rugissement des quartes tigres lâchés dans l’arène.

«-Que trop bien seigneur, mais votre exemple nous guide sur l’extermination de ces comportements stériles et présomptueux, n’importe où et n’importe quand. »

Un sourire retenu s’affiche sur le visage du Chrysanthème premier du nom, le spectacle peut continuer.
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Nous poussons un soupire déçu en voyant de nouveaux des tigres. Nous penchons là tête en arrière pour observer le ciel bleu sans nous soucier le moins du monde des quatre tigres. Quatre… C’est quoi pour nous ? Nous baillons à nouveau en nous déplaçant sans quitter le ciel des yeux. Nous aimons le bleu, il rappelle la couleur des flammes. Pas besoin de rugir pour l’instant, nous en n’avons même pas envie. Nous nous déplaçons simplement au-dessus des tigres énervé à cause de l’odeur du sang et un mauvais sourire se dessine sur nos lèvres, même Chaton s’éveille à nouveau à cause de la chaleur du combat. Elle sait ce qu’il se passe, ce qu’il va se passer et d’avance, même elle se délecte de mon idée. Ils ne nous ont pas sentis. Coup de chance ? Nous n’aimons pas la chance : l’odeur du sang sature l’air. Nous attendons encore un peu, nous savons très bien que ce n’est pas dans notre habitude de procéder ainsi. Nous aimons la mêlée, il est vrai, mais nous sommes un démon panthère chat, nous sommes imprévisible.

Nous nous laissons tomber sur le dos de l’un d’entre eux, le plus gros et plantons nos griffes incandescentes dans son dos. Couchée contre lui il ne peut pas nous atteindre alors que nous retirons nos griffes, pas une goutte de sang ne suinte de la blessure. Déjà, il s’est jeté sur un de ses comparse. Nous nous cramponnons à son dos et enfouissons sans le griffer nos griffes dans sa fourrures sale et puant. Il ne faut pas attendre longtemps avant que des flammes se mettent à attaquer sa fourrure voracement. Ce ne sont pas nos belles flammes bleus, mais des flammes rouges, qui grandissent vites et bien. Les autres tigres se sont joint à la mêlée, il est l’heure pour nous de retrouver notre perchoir. Le feu est plus vorace que nous et bientôt il se régale des tigres dont les rugissement de douleur et de peur résonne dans l’arène.

Je, Kameyo donc, reprend la place dans mon corps, l’Autre veut aussi me laisser me défouler et j’accepte avec plaisir cette invitation. Sa sauvagerie éveille ma colère et je dois faire attention. Je n’ai aucune envie d’abréger les souffrances des tigres qui essayent de briser la grille. J’esquive souplement leur attaque et lève le regard un instant vers l’empereur. Je sais très bien que je rêve de l’avoir entre mes griffes. Mais je ne pourrais pas. Je fais un signe de la main à Ikki avant de me pencher à nouveau vers l’arène, l’odeur de chair brûlée est affreuse. Tant mieux. J’attends la suite. Les esclaves qui viennent tirer les lourds cadavres des tigres me jettent des regards anxieux. C’est vrai je suis un monstre mangeur d’enfants. J’entends une voix résonner dans l’arène annonçant enfin le plat de résistance : moi contre une troupe de samouraïs. Je lève les yeux au ciel avant de me laisser souplement tomber au sol. Le sang colle, mais j’ai appris à taire ma pudeur. J’observe la troupe arriver et sens la symbiose envahir mes sens.

« Kokkai.
- Kameyo ?
- Dansons. »

À mes côtés, dans ma tête, se dresse l’immense panthère et je sens sa force couler dans mes veines. J’attends. Mes griffes ont soifs.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
"Prochain combat : Une troupe de samouraïs!"

Heureusement que mon masque me couvre les yeux, sinon ils auraient étés frappés par la lumière diffuse des nuages gris.

On me passe la pipe, alors je la prend et garde mon regard vissé sur le petit animal nu comme un ver se débattant des carcasses de tigre. Mon armure me tient chaud et le tissu commence à me gratter, mais ça n'est rien face à la suspicion que j'éprouve en ce moment même.

Laisser des samouraïs se battre face à la gamine? Ça serait au mieux un gâchis de force, au pire un massacre en règle. J'espère sincèrement qu'ils ont choisi les plus faible pour leur infliger un châtiment aussi inhumain que de se faire bouffer par de la vermine écolo bobo. Je tire sur le bout de bois et essaie d'imaginer la douleur de se faire déchirer par une enfant à côté du sentiment de crasse qui m'emplit les poumons.

Ashikaga se lève alors lentement, et d'un seul coup toute l'arène se tait. Même l'animal blanc du fond du sable semble le regarder dans un silence religieux. Les draps rouges dans son dos volent au vent jusqu'à la tête d'un servant placé derrière, qui ne semble dire mot.


"-Mes chers ami, comment pourrions-nous laisser quelques uns de nos fiers guerriers tâcher leur lame avec du sang aussi impur que celui ci?"

Une longue pause retournant les boyaux est marquée par l'homme qui prend le temps de plonger dans les yeux de chaque spectateur présent. Son visage de fer ne laisse exprimer aucun ressenti, aucune expression, seulement un grain de malice ferme à travers ses pupilles noir clair.

"-Savez-vous ce qui est digne de verser un sang impur?"

Le silence se prolonge, pas un seul toussotement ou même raclement de gorge ne se fait entendre dans l'assemblée médusée. Une question lancée, et pas une seule réponse ne vient en retour, c'est ça la prestance. Je suis captivé par les capacités du Shogun à plier un discours à sa volonté comme s'il s'agissait d'un quelconque esclave attaché à sa botte par des chaînes rouillées.

"-Un autre impur."

Je retend la pipe dans la main du Maître des lieux tendu sans même un regard. Le connaissant un peu, il doit être en train de compter le nombre d'animaux lâchés prochainement dans l'arène, pour l'instant camouflés par les portes en bois de sapin. Il retire sur l'œuvre d'art et esquisse un rond de fumée en parfaite concordance avec les bruits de chaîne qu'on peut entendre. D'un seul coup, comme si l'acier avait parlé après l'homme de fer, le petit peuple s'écrie et s'époumone de remerciements et de mots de furie envers leur père à tous. Les portes s'ouvrent.

De la cage sortent une dizaine de sous homme identiques de loin à leur camarade déjà présente ici depuis une vingtaine de minutes. Tous sont blancs, la plupart sont nus, deux ou trois plus jeunes (peut-être huit ou neuf ans) essuient des larmes de peur, mais tous, tous sans exception, sont hués par la foule et braqués par les naginatas impériales traversant le grillage pour empêcher toute action de groupe dans le but de sortir de leur tourment.


"-Plus de fratrie, de famille ou de clan n'existe sur ce territoire, homir le Grand Empire du Chrysanthème.

Le dernier en vie gagne le droit de revoir le soleil se lever, battez vous."
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Je n’écoute plus le monde, j’écoute les pulsation de mon cœur, la pulsation de la vie qui se repend lentement dans tout mon être. Battement après battement , Kokkai et moi nous nous unissons. L’animal et l’homme ont un point commun, la farouche envie de vivre. Et chacun des battements de mon cœur me le rappelle, la moindre de mes respiration me hurle que je veux vivre. Je n’ai pas peur. Je suis Kameyo du clan Akuma, mon démon se nomme Kokkai. J’oublie ces phases parfois, peut-être que je ne veux pas m’affirmer plus proche d’elle que je ne le suis vraiment. Je danse sur un fil tenu au-dessus d’une mer d’encre.Qu’importe mes adversaires : celui qui en ressortira vivant aujourd’hui, c’est moi. Je ne mourrais pas, je veux toucher le ciel et encore une fois tutoyer le vent. La seule personne que je ne peux combattre est Sera. Mais Sera n’est pas là. Ce ne sont que des morceaux de chair. Je ferme les yeux et ma voix résonne, puissante, forte, humaine, dans l’arène, couvrant les cris.

« Qu’ainsi soit jouée la mélodie silencieuse de la flûte de la mort. »

Je cite un auteur de littérature classique, méconnu du grand public, mais j’ai toujours eut une passion pour ses écrits. Je ferme les yeux, me retrouvant à nouveau près de ma démone et je souris avant d’écarter les bras et de me jeter dans le vide. Ce n’est qu’une représentation mentale d’une fusion entre moi et Kokkai : moi plongeant et nageant dans un océan noir. Je rouvre les yeux : que la danse commence. Nous ne sommes plus qu’un, chacune prend le contrôle brièvement, notre corps passe entre nos mains successivement alors que nous virevoltons entre les corps. Un cris résonne à nos oreilles : griffes brisées. Stupide. Celui qui a crié ça se retrouve bientôt avec quarante centimètres d’acier dans le ventre. Mon regard ne lâche pas le sien alors que je l’ouvre en deux. Les brûlures des blessures n’est qu’une vague information que je me refuse à sentir. Je ne vois plus d’être humains en face de moi, Kokkai se charge de tuer les enfants pour que je ne vois pas leur regard. De toute manière : c’est celui qui à la plus forte pulsion de vie qui gagne. C’est tout aussi simple que ça.

Chair blanche, sang rouge, ma respiration est profonde et calme. Je me force à la garder ainsi malgré mon envie de haleter. Je regarde tristement les corps sans vie au sol, puis mes mains dégoulinantes de sang. Je ferme les yeux et m’appuie lourdement sur un mur, mes muscles me font mal. Je ferme à nouveau les yeux et murmure une prière à Nibi avant de regarder le ciel en sentant enfin la brûlures des blessures. J’ai envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. Je me sens toujours affreusement seule après ces combats, même dans cette arène. Ce ciel bleue m’appelle, me hurle de venir… Et moi je ne suis qu’une tache rouge et je suis incapable de pouvoir le toucher. Je lève les yeux vers l’homme à qui je dois toutes mes souffrances. C’est lui qui décide la suite du programme. Mais pour l’instant… Je me dirige à pas lents vers mon entrée, je veux être seule, je veux qu’on m’oublie, je veux juste pleurer sur ce qu’on m’oblige à faire pour me maintenir en vie. Je n’ai jamais voulu ça, je hais faire ça. Mais la pulsion de la vie et du désirs de liberté est bien trop forte pour lutter contre.

PDV Externe la manière dont se bat Kameyo:
 


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
Le combat se déroule alors sous mes yeux. L’aspect certain de la chose me laisse dubitatif.

J’apprécie voir la danse des muscles, certes, et puis voir quelqu’un se battre au griffes et toujours quelque chose d’artistique à voir. Il n’empêche que je ne peux réprimer des souvenirs un peu trop perturbants en voyant ça. Il y a clairement des mouvements qui ont décimé certains de mes hommes alors qu’on partait capturer des animaux comme ceux que je regarde.

J’ai un doute quant-à l’appréciation de la mémoire de mes homme envers ce genre de chose. Être tué par une danse de spectacle est déjà bien humiliant en soi, surtout lorsqu’elle est exécutée par de la vermine faunesque, mais je pense que le fait que l’outil du meurtre soit apprécier par ses supérieurs peux faire grincer le peu de dents qu’il nous reste une fois sous terre.

C’est un peu comme si le Seigneur se foutait de la gueule de ceux morts de la main de ces esclaves non ? Oh par pitié, qu’on me pardonne d’avoir pensé ça. J’avale ma salive, j’espère que le goût amer du tabac pourra me rassurer quant-à l’incapacité du Shogûn à lire dans les pensées. Auquel cas, je suis foutu.


«-C’est beau de voir tout ça, capitaine, ne pensez vous pas ? »

Réfléchir, réfléchir avant de parler. Toujours. Que lui répond-je ? Que je trouve ça beau en lui même mais que la connotation est mauvaise ? Que c’est cruel ? Que c’est du gâchis d’homme et de puissance ? Qu’on devrait tuer tout ces sous-hommes pour finir plus vite le boulot ? J’ai un code d’honneur, un instinct de préservation, mais surtout des réflexes et un respect sans borne pour mon interlocuteur. Le Shogûn est bon, s’il veut que les choses se déroulent ainsi, il est inutile d’aller contre, car ça serait ignorer ses projets pour la gloire de l’Empire, aussi insaisissables qu’ils puissent être parfois.

«-Évidemment Monsieur. »

Bon, la réponse manque de conviction, mais au moins elle est correctement formulée, je ne prendrai pas de réprimandes pour manque d’articulation de la part de notre Seigneur à tous. Mes yeux esquivent le contact visuel, comme si une guerre allait éclater entre nous si jamais je venais à ouvrir les hostilités d’un battement de pupille.

Pour la simple et bonne raison que le Shogûn peut lire dans les yeux, et parfaitement bien en plus. Je ferme les miens sous le masque pour imaginer ses iris gris acier se plonger dans les miens pour se planter dans les tréfonds de mon âme, rentrer en résonance avec mon Ki et me faire ouvrir tel un coffre dont il pourrait extraire les plus profonds secrets. C’est ce qui fait de lui le chef, je crois. Personne n’ose le défier car personne n’est de taille à pouvoir résister à lui.

«-C’est une bonne chose pour le peuple que d’avoir ce genre de divertissements. Ils permettent de faire passer nos ennemis pour des pacotilles envers les crasseux, ainsi la crainte n’a plus sa place dans le Royaume, et la sécurité règne… grâce à des bras comme les nôtres, et des esprits comme le vôtre, capitaine. »

Ses yeux, et ses talents oratoires, voilà ce qui fait du Shogûn le chef. Un homme avec de bons sentiments et des idées fabuleuse ne reste qu’un paysan s’il ne sait les communiquer. Lui, l’Empereur Ashikaga, sait parler sans même ouvrir les lèvres. S’il a su rassembler les foules avant ma naissance, c’est aussi car sa personne est faite pour. Quand il parle, tout le monde se tait, et écoute. Personne n’ose aller contre lui car tout le monde à intégré que c’était impossible, et ce pour notre plus grand bien.

L’Empereur se lève, ainsi je fais donc. Il attrape le bas de sa toge d’acier pour descendre trois marches, et se met à parler doucement. Le silence se fait, seul le vent souffle

«-Ainsi se termine notre séance, sujets. N’oubliez pas, il ne tient qu’à vous de nous approvisionner en amusement, car c’est votre force et votre engagement au sein de notre armée qui permet de rapporter paix et pureté aux terres conquises. »

Il se tourne et se dirige vers les cages, accompagné de Akinobu quelque peu stressé. On me fait signe qu’il faut que je m’en aille.
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Ikki m’attrape au vol lorsque je sors de l’arène, il me sert avec force contre lui en me berçant lentement. Je ne craquerais pas ici et il le sait. Cependant, il tente de me réconforter un peu. Il finit par me lâcher en voyant les samouraïs revenir. J’ai une idée, j’ai besoin de parler à quelqu’un, d’avoir une conversation avec d’autres gens que ces animaux là. Je m’agrippe à Ikki et cherche son regard pour qu’il s’assure que je ne suis pas folle. Abrutie de fatigue oui, de douleur et de tristesse, mais pas folle. Il me murmure rapidement que ma cage a été nettoyé et je pourrais me reposer dans un environnement plus sain. Je lui attrape le poignet.

« Aniki ! S’il te plaît ! Va dire à l’empereur que je voudrais discuter avec lui ! S’il te plaît ! »

Une mains brutale m’attrape par les cheveux et m’arrache à Ikki qui a juste le temps de me dire qu’il va le faire. Je ferme les yeux, réduisant ma conscience au stricte minimum. Je sens les coups de fouets s’abattre sur mes épaules, qu’on me lave avec soin, mais je ne suis pas consciente, du moins pas vraiment de ce qu’il se passe. Je me nettoie avec soin, enlevant la moindre tache de sang de mon corps et je reste neutre face aux soins brutaux. Pour une fois que j’ai des soins, j’attrape au passage la tunique qu’on me lance. Tunique d’adulte : elle me tombe aux pieds. Je retourne dans ma cage, complètement abrutie de fatigue. Je me laisse tomber sur le sol glacé de ma cellule, propre. C’est toujours agréable. Je me recroqueville sur moi-même dans un cliquetis de chaîne, fermant étroitement les yeux. Les images du combat du jours remontent et les larmes se mettent à couler.

Je voudrais que tout s’arrête… Je voudrais quitter cet endroit, vivre loin d’ici, retrouver les miens… Goûter à la liberté. Je n’en peux plus ! Je veux partir loin d’ici, juste revoir le ciel bleu, sentir le vent sur mon visage et sur mes bras. Je veux respirer l’air libre, je veux goûter de la vraie nourriture. Je veux vivre simplement. Je me recroqueville d’avantage, roulée en boule dans ma tunique trop grande qui me sert plus de couverture qu’autre chose.

***

Ikki se figea en écoutant le dresseur de Kameyo. Il avait entendu l’Empereur qui avait ordonné qu’on nourrisse bien Kameyo. Et là l’homme avait clairement dit que c’était hors de question de la nourrir puisqu’elle avait donné un spectacle médiocre à l’empereur. Il se faufila à toute vitesse, si sa « petite sœur » voulait voir l’empereur, rien que pour discuter avec d‘autres personnes, il se devait de l’aider. Donnant des coups de coudes il se précipita vers l’empereur. Il s’inclina avec un faux respect, pour Kameyo il serrait les dents.

« Votre majesté Impériale, c’est un honneur de vous parler. Je viens vous voir de la part de Kameyo, elle aurait adoré échanger un peu avec vous si bien sûr vous. Et… son dresseur ne veut pas lui donner à manger il affirme qu’elle ne le mérite pas ! »

Il se fichait de le balancer, si l’empereur pouvait même le tuer cela l’arrangerait. Surtout pour Kameyo : il était inutilement cruel avec elle. Il détourna le regard pour le baisser vers les sous-sols où était son amie. Il espérait qu’elle pouvait un peu se reposer et qu’elle soufflait un coup à sa manière.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
« Votre majesté Impériale, c’est un honneur de vous parler. Je viens vous voir de la part de Kameyo, elle aurait adoré échanger un peu avec vous si bien sûr vous. Et… son dresseur ne veut pas lui donner à manger il affirme qu’elle ne le mérite pas ! »

L’Empereur, si brutalement interrompu dans son déplacement vers les cages, balaya d’un revers de la main Ikki qui naturellement se dégagea vers sa droite, laissant une belle marche rectiligne en face du maître de la Grande Nation.
Il était descendu après le combat pour venir mettre un peu de pression et vérifier que tout était bien respecté à la lettre. En effet, le combat avait été agréable quoiqu’un peu basique, mais même ça lui suffisait comme occasion de venir serrer la vis à ses sujets.
Pour lui, le plaisir personnel passe après l’ordre, et s’il y avait un sacrifice à faire (sacrifice ? Quel odieux mot lorsqu’on peut se permettre d’avoir le beurre et l’argent du beurre, en plus de la crémière), ça serait sans doute la joie et le bonheur de l’âme qui passeraient à la trappe.
Son pas s’était fait lent et précautionneux, toujours avec sa pipe finement ouvragée dans la bouche et la cape traînant au ras du sol derrière lui. Il était redescendu par les même marches qu’avec moi, et toujours la même sérénade se déroulait devant lui, avec les même gardes en sueur et le même dresseur sur la sellette. Cela ne lui faisait ni chaud ni froid, c’était juste un indicateur que sa stratégie de commandement fonctionnait, car après tout, quand on a plus besoin de s’affirmer en tant que chef pour que tout le monde agisse comme tel, c’est que ça fonctionne plutôt bien niveau endoctrinement non ?


Maintenant, il marche vers la cage, le visage baissé sur ses pensées et les joues sans ride toujours aussi immobiles. Penser, voilà ce qui lui plaisait de faire, il aime penser, le Seigneur, et surtout, il aime ne faire que ça. Son Empire de machines automatiques obéissantes fonctionne à merveille, alors pourquoi se contraindre à éprouver des sentiments quand on est le seul et unique esprit pensant de tout un pays ?

Sur son passage, de la sueur, des politesse et des courbettes face à lui et son armure noir pristine rutilante d’or poli chaque matin. Ses pas brillants se dirigent vers les cages tandis que ses doigts jouent avec le bois de son petit plaisir constant. Les portes de ferraille s’ouvrent, et c’est bien un des seuls ralentissements qui peut encore arriver dans sa vie qu’il s’affaire à régler pour éliminer toutes les variables.

«-Alors comme ça tu as demandé à me parler ? »

L’Empereur s’agenouille sur le sol en béton poussiéreux, à hauteur de l’animal dont il venait d’apprendre le nom, Kameyo, mais bien en bout de chaîne pour qu’aucun risque ne soit pris. Ashikaga est loin d’être stupide, et c’est tout un jeu pour lui, de sembler proche et à la fois intouchable. Il en a fait sa spécialité, car la proximité attire fidélité et être intouchable donne l’impression d’être au dessus de tout. Devenir fidèle à un être supérieur, c’est une porte ouverte à ce qu’on appelle le fanatisme, et un fanatique n’est plus une variable dans le déroulement d’une situation, c’est une constante qui obéis et qui fonctionne comme une marionnette, reléguant tout le travail de choix où de pensée à la tête suprême à laquelle elle se plie. L’Empereur trouve ça pratique, qu’on se plie à lui.
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Je rouvre lentement les yeux en entendant des bruits de pas. Très lentement, mes muscles hurlant leur douleurs à la moindre de mes respiration. Je tire un peu ma robe autour de moi, cherchant un peu de chaleur. Je bas lentement des cils et détourne la tête lorsque la lumière des torches dans ma cage. J’observe l’homme ridé sans rien dire en m’installant tranquillement en tailleurs. Comme-ci cette situation est normale. Je plisse cependant le nez à cause de son odeur de fumé, je n’aime pas cette odeur. l’Autre grogne et je ferme à nouveau les yeux pour la contenir. Je sens sa fureur au creux de mon ventre, mais je ne suis pas un animal. L’empereur qui se déplace pour une petite esclave ! J’ai presque envie d’en rire. Je joins tranquillement mes mains entre elles sans pour autant lâcher du regard l’homme qui s’est agenouillé face à moi. Aniki a réussit à le faire venir. Je fais craquer mes épaules dans un mouvement brusque alors que mon regard navigue sur les samouraïs qui l’accompagnent et le dresseur. Je reporte mon attention sur l’homme.

« Oui. Je n’ai pas la chance de toujours pouvoir discuter avec des hommes cultivés… Je crains ne pas être une hôte des plus délicates, je n’ai rien d’autres vous proposer que le sol de ma cellule. Je n’ai aucun mets ou boisson à vous offrir. De plus, il me semble que mes repas habituels ne vous convienne pas, vous qui avez l’habitue des mets les plus raffinés. »

De l’eau… par pitié de l’eau ! J’ai la gorge sèche et ma voix est complètement cassée à cause de mes rugissements. Mon regard glisse vers le dresseur et mes yeux se plissent à cause des torches. Je m’appuie lourdement sur le mur derrière moi en observant encore et toujours les hommes devant moi. L’Autre s’agite encore et je ferme à nouveau les yeux pour l’obliger à reculer. Qu’elle me laisse respirer un peu. Face à l’empereur je sais que je ne ressemble à rien : une gamine de seize ans, maigre comme un clou, barrée de cicatrices, vêtue d’une tunique dix fois trop grande pour elle, avec une chevelure hirsute. Mais pourtant, je parle avec presque plaisir avec cet homme à qui je dois ma condition. Cependant, j’ai trop besoin de parler pour ne pas en profiter, je fais exprès de parler poliment. Et j’aime briser cette image de sauvage. J’entends un petit bruits de pas et je souris, c’est Aniki. Je reporte mon attention encore et toujours sur le grand homme assit en face de moi.

« Vous vous déplacez toujours avec des armures comme compagnons de voyage ? Mais puisque qu’un artiste demande bien souvent au spectateur ce qu’il a pensé de sa prestation, je vous le demande. Qu’avez vous pensez du combat ? Ou avez-vous des questions ? »

Je soutiens son regard sans battre d’un cils, je m’amuse à poser des questions. J’entends l’affreuse respiration de l’homme derrière lui et le dresseur est plus que mal à l’aise, je l’entends au rythme de son cœur. Je l’indique d’un mouvement de menton.

« Je crois que vous angoissez mon pauvre dresseur. Lui avez-vous de le laisser entrer tout seul dans l’arène lors d’un combat ? »

Je me jurais de lui arracher la tête la prochaine fois qu’il lèverait le fouet sur moi. Je lui fais un sourire mauvais et il recule d’un pas. Tss… L’homme assit au sol à plus de couilles que les autres réunis ici.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Invité
« Oui. Je n’ai pas la chance de toujours pouvoir discuter avec des hommes cultivés… Je crains ne pas être une hôte des plus délicates, je n’ai rien d’autres vous proposer que le sol de ma cellule. Je n’ai aucun mets ou boisson à vous offrir. De plus, il me semble que mes repas habituels ne vous convienne pas, vous qui avez l’habitue des mets les plus raffinés. »

Enfoncer des portes ouvertes, même pour être sarcastique, L’Empereur avait vu des gens le faire quasiment toute sa vie. Pour lui, rappeler une évidence est ni plus ni moins qu’un aveu de faiblesse, car lorsqu’on doit dire qu’on est le chef, ou que l’on est pauvre, c’est parce qu’au fond on sait qu’on ne l’est pas. Sa paupière cligne tandis qu’il écoute l’enfant, ou plutôt l’esclave, déblatérer ses élucubrations inutiles. Inutiles, ça l’est.

« Vous vous déplacez toujours avec des armures comme compagnons de voyage ? Mais puisque qu’un artiste demande bien souvent au spectateur ce qu’il a pensé de sa prestation, je vous le demande. Qu’avez vous pensez du combat ? Ou avez-vous des questions ? »

Son visage impassible, sa peau froide et aussi dure que le matelas de l’animale, rien ne cille. Pour cause, il sait pertinemment pourquoi la question était posée. Lorsqu’on est réduit à faire ses nuits contre du ciment, une simple réponse à un « comment ça va? » vous flatte l’égo et vous nourris affectivement jusqu’à la fin de votre vie que vous sentez de plus en plus proche.

«-J’ai vu mieux. Et pire. »

Son armure claque alors qu’il se relève lentement, le plat de la main appuyé contre le genou et les visage contracté par l’acier qui lui pèse de plus en plus. Probablement à cause de la fatigue. Il a suffisamment perdu de temps pour estimer qu’il est l’heure de partir. Il était venu voir la gamine pour ne pas lui répondre, ça mettrait suffisamment la confusion dans son esprit pour la briser encore plus. Sinon, il y a toujours les coups de fouet.

Ah oui, ce problème là.

« Je crois que vous angoissez mon pauvre dresseur. Lui avez-vous de le laisser entrer tout seul dans l’arène lors d’un combat ? »

Une bouffée de pipe pour célébrer cette transition parfaite, ses pensées devenant réalité, il daigne lâcher des mots plus intelligibles que les derniers.

«-J’ai vu avec lui, il a bien fait. Quant-au débat sur la nourriture, j’ai tranché. »

Il se retourne alors, la cape faisant une fleur dans le mouvement, et les gardes en armure le suivant de près passent la porte derrière lui. Un soupir quitte ses lèvre alors qu’il compte les secondes passées dans ce tas de merde, il aurait aimé les passer à table, ou à commander quelconque troupe de bataille.

Une fois remonté en dehors des cages, et que le soleil gris lui caresse le heaume de fer, il harangue le dresseur.

«-Nourrissez la copieusement, mais fouettez là pendant qu’elle mange. »

Retour au palais maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
Akuma Kameyo
Akuma Kameyo
Indépendant
Messages : 269
Date d'inscription : 18/12/2017
Age : 20

Fiche du Ninja
Grade & Rang: B
Ryos: 320
Expérience:
Il y a de cela bien longtemps… Left_bar_bleue821/1200Il y a de cela bien longtemps… Empty_bar_bleue  (821/1200)
Voir le profil de l'utilisateur
Je souris et referme les yeux. Je laisse l’empereur repartir sans rajouter un mot. Tant pis. Je me focalise à nouveau sur ma respiration, oubliant l’endroit où mon corps se trouve pour m’enfermer dans mon propre esprit loin de tout. Je revois mon Autre qui grogne, mais j’essaie de me focaliser sur autre chose. J’ai besoin de calme, de retrouver un semblant de paix. Une espèce de transe, de méditation qui ne sert pas réellement à grand chose… L’Autre est plus forte que la moindre de mes tentatives pour trouver la paix. Je soupire et rouvre les yeux pour regarder ma cellule déprimante. Avec un soupire je me mets à chanter tout pas la Mélopée de la Mère. Chant que mon père adorait et que je chante toute seule et à voix basse dans ma cellule. Alors qu’il, le chant célèbre, la liberté. Douce ironie.

J’observe le dresseur revenir avec Aniki derrière lui qui tient un plateau fumant, l’odeur fait gargouiller mon ventre, mais mon regard tombe sur le fouet et je me redresse très lentement sans le quitter des yeux. Je vois Ikki poser sans bruit le plateau et me faire un clin d’œil. Je ne bouge pas et vois le fouet se dresser. L’homme tombe brusquement en avant et un sourire mauvais étire mes lèvres. Mes griffes jaillissent et crèvent la carotide de l’homme qui me regarde avec surprise. D’un coup d’épaule je le dégage loin de moi et Ikki referme en partie la porte avant de m’apporter le plateau. Il fixe le cadavre

« Pas mal. T’as été gentille.
- Je ne voulais pas qu’il cris. Pas sûre qu’on le regrette. Tu te chargera…
- T’inquiète. Il n’y a presque aucun samouraï actuellement. Sont tous au banquet. Mange. »

Je souris à mon grand frère qui disparu avec le cadavre et revient après un long moment. Ikki maîtrise le sable, alors… J’ai pris tout mon temps pour savourer mon repas et lui est revenu avec encore en sceau d’eau pour que je boive et lui nettoie discrètement le sang.

« Aniki ? Tu diras merci à l’empereur ?
- Kameyo ? T’es sérieuse ?
- Non. Je me fous de sa gueule. Tu crois vraiment que j’ai la moindre once d’affection pour lui ?
- Ah… Tu m’as fait peur.
- Tu sais que toi et Sera vous êtes les seuls que j’aime ici. »

Il rit, m’embrasse le front, récupère le plateau et disparaît. Je soupire et m’installe pour la nuit. Combien de temps avant d’avoir un nouveau dresseur ? Quelques jours de repos sans doute. Je ferme les yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dawn of Ninja :: Zone Rp - Le Sekai :: Autres Régions :: Empire de Tetsu-
Sauter vers:

Cliquez sur une technique de la Bibliothèque pour obtenir son code !
Il ne vous restera plus qu'à le copier-coller ailleurs.